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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 3 octobre 2025 55 minAutoproduit

« Nouveau peuple, nouvelle gauche » - Conférence de Jean-Luc Mélenchon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous et à toutes. Euh je suis Thomas von Dercher, éditeur et j'ai le plaisir de d'animer cette rencontre. Alors, il y a des rencontres littéraires pour lesquelles il faut présenter l'auteur à son public.

Je crois que cette étape, elle aurait pu être enjambée ce soir, mais on peut quand même lire. Voilà, les compliments qui sont dans votre biographie. Par exemple, à la fin du livre que je vais lire.

Donc, Jean-Luc Mélenchon, vous êtes coprésident de l'Institut Laabéie. sur lequel on va revenir. Fondateur de la France insoumise, triple candidat à l'élection présidentielle française et auteur de nombreux ouvrages dont l'air du peuple en 2014 est faite mieux vers la révolution citoyenne en 2023 qui est traduit en trois langues.

Et on peut mentionner aussi peut-être deux autres éléments biographiques significatifs. le premier votre choix de quitter en 2008 le parti socialiste parce que vous vous opposiez à une ligne jugée trop libérale et loin des perspectives sociales. Puis en 2012, ces mots que vous avez prononcé lors d'un entretien dans les incroibles, vous disiez "Le parti socialiste n'a pas trouvé le chemin qui le mènerait au cœur du peuple.

Il y a une déconnexion entre son programme et les classes populaires. Excusez-moi, on entend tout. On va entendre.

Ouais. Je pense tellement que fort que ça s'entend. Et donc dans le cadre de votre première campagne présidentielle, c'était en 2012, vous aviez ainsi conclu sommes la relève.

Alors, c'est intéressant de se retrouver aujourd'hui avec ces deux éléments qui me semblaient bien introduire le thème de cette rencontre qui porte donc sur ce livre Nouveau peuple nouvelle gauche consacré aux classes aux classes populaires. Alors, on verra rapidement si le public de la librairie est plutôt insoumis ou plutôt opposant, mais en tout cas, ce sera pas ce sera pas un entretien politique à parler parce que c'est une discussion sur un livre constitué en grande partie de contribution de chercheurs venus des sciences sociales. Euh c'est le troisème livre issu de la collaboration entre l'Institut Laboie et les éditions Amsterdam.

Alors, il y a eu les deux premiers livres. Le premier qui était extrême droite, la résistible ascension coordonnée par Hugo Paletta et le deuxième faut-il se passer du numérique pour sauver la planète de Cédric Duran. C'est en revanche le premier livre dans lequel vous apportez une contribution.

Donc ma première question c'était est-ce que vous pouvez nous présenter rapidement ce qu'est cette fondation insoumise qu'elle institut la Boessie et pour le 3ème livre pourquoi ce choix des classes populaires ? aussi. Bon, d'abord, moi je ne suis qu'un des contributeurs.

C'est pas moi qui a fait le livre ni même qu'il est qui a organisé l'assemblage parce que c'est un travail important. C'est Julien Talpin qui a fait ce travail là ni qui est qui se soit assuré de la cohésion puisque j'étais tellement protagoniste dans l'affaire que on peut pas confier aux joueurs le rôle de l'arbitre quoi. Et et il y avait des choses à arbitrer comme pour toutes les questions théoriques.

Donc c'est quand même un livre qui a une c'est un livre qui a une vocation théorique. Alors je commence par la première partie de la question. L'Institut Labo s'appelle Institut où nous on veut en faire une fondation et l'idée c'était de faire une fondation pour répondre à un des problèmes qu'on a discerné quand on a mis en route toute cette mécanique du renouveau de l'organisation politique de gauche en créant le mouvement insoumis qui n'est pas un parti mais un mouvement en le rectifiant continuellement au fur et à mesure de nos aventures politiques et des faits qui surgissaient.

Euh bon, tout ça remué sans arrêt, mais on avait une ambition absolument et on a toujours une ambition qui est on on a commencé en disant on reprend tout à zéro, tout à zéro. L'analyse matérialiste de la société puis tout le reste. Qu'est-ce que c'est qu'une organisation politique ?

Comment on s'y prend ? Bref, et parmi les la liste interminable des problèmes qui étaient posés à la gauche politique, hein, je je vous je là je ne vise pas les gens qui sont dans cette salle, je parle des États-majors, des organisations et cetera. il y avait euh la perte quasi totale justement de ce travail de contact entre la production intellectuelle et les dirigeants politiques dont peu de gens aujourd'hui se rendent compte de à quel point c'était un phénomène nouveau dans l'histoire du mouvement socialiste.

He quand je dis mouvement socialiste, c'est au sens large depuis le début de ce qu'on appelle sinon le mouvement ouvrier. Ça n'existait pas des leaders du mouvement socialiste qui n'est pas écrit au moins un livre. Ça n'existait pas.

Un leader du mouvement socialiste, homem qui n'est pas voyagé au moins une fois dans sa vie pour aller voir ailleurs comment ça se passe et donner le coup de main. Tout ce qu'on a vu ensuite avec une forme de professionnalisation de la politique, c'était pas comme ça. Et tous les en tout cas moi, tous ceux que j'ai connu étant jeune homme et moi mittan étaient tous des auteurs de livres, tous des théoriciens euh femmes et hommes, hein.

Moi, j'ai eu le le bol d'avoir pour ma formation féministe Colette Audre qui est la seule femme qui soit cité dans le bouquin de Simone de Beauvoir le le deuxème sexe. et on était entouré de gens comme ça. J'ai appris à me dépatouiller avec un marxisme moins théorique et plus inclus dans les choix stratégique avec Jean Popren qui était un des dirigeants du Parti socialiste et un marxiste éminent.

Et on était plutôt je dirais à 9/10 matricé par le marxisme. Je bon à cette heure-là on laisse tomber de savoir qu'est-ce que le marxisme parce que même ceux qui sont marxistes sont pas d'accord entre eux. Donc, on a abandonné le mot pour passer à matérialisme historique pour décrire une école philosophique ample à l'intérieur de laquelle évidemment il y a Marx, mais il y a pas que Marx et c'est d'ailleurs un des objets de de du contenu implicite de ce livre.

Alors, l'institut la Boesséie devait répondre à la reconnexion entre les intellectuels et le mouvement politique. Mais comment on fait ? On savait rien.

On savait parce qu'on était un certain nombre à être resté des gens qui lisaient de la théorie, qui en écrivaient, euh on savait comment nous-même on procédait. OK. Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est quoi Émilien ? Je suis là-bas ici. [Applaudissements] C'est tout.

Tu viens juste pour nous changer le micro de place ? Mais tu es pas technicien mon pote. Mais non mais bon moi aussi je suis unello.

Je sais pas comment ça marche. Merci Émilien. Et donc le le l'idée fondamentale, je vous l' dit, au début tout le monde se méfiait de nous euh en disant "Oh, d'abord on avait pas déjà une réputation fameuse au point de départ ?

Depuis ça s'est aggravé. Mais bon, non mais il faut comprendre pour plein d'intellectuels, c'est une prise de risque euh de venir de se montrer avec nous parce qu'après bah pour les subventions on dit bah tu as qu'aller voir chez les islamogauchistes pour qu'il donnent des sous, le coup d'après c'est autre chose. Bon bref, il y a toujours un article en circulation qui fait que c'est une prise de risque.

Moi je leur en veux pas du tout. Et puis il y avait une autre prise de risque, c'est l'utilisation grossière de l'intellectuel pour un transfert d'autorité. Tu vois, genre monsieur Machain prix Nobel de je sais pas quoi euh est avec nous.

Bah non, il est pas avec vous, il est venu à votre réunion, c'est pas pareil. Et en se disant "Ben puisque monsieur Machain est d'accord avec madame Bidule ou monsieur Duchemol, donc ça veut dire qu'ils sont tous d'accord et que monsieur madame Duchemol a raison." Bah non, ça s'appelle le transfert d'autorité, vous savez.

Bon non, c'est pas parce que on a on a en tout cas depuis le départ, on n' pas vu le problème comme ça. On s'est dit notre but c'est pas de récupérer des intellectuels parce que d'abord d'une manière générale le mouvement insoumis souhaite pas récupérer qui que ce soit. Il souhaite être récupéré.

C'est ce qui change dans le l'équation habituelle. Mais surtout l'idée c'était il faut étendre la surface de de sur laquelle les gens s'intéressent à telle ou telle idée ou à tel ou tel intellectuel. Donc c'est plutôt augmenter la capacité d'expression et donc de l'autre côté d'écoute des intellectuels critiques dont la plupart des même des cadres intermédiaires de l'organisation n'avaient jamais entendu parler.

Alors je peux dire moi je suis un bénéficiaire de cet exercice. Je suis marxiste à l'ancienne peut-être un peu moins qu'à l'ancienne parce que j'ai écrit un bouquin euh le premier que j'ai écrit qui s'appelle la conquête du chaos. Et dans ce livre, bah précisément, je j'entreprends une réflexion par rapport aux sciences de mon époque qui à l'époque bah met à l'ordre du jour pourquoi un déterminisme peut être probabiliste ?

Pardon, c'est bac + 12 pour non mais bon bref, c'est comme ça quoi. Alors quand je dis ça, il y a toujours un malin pour me dire "Bah le jour où une tasse qu'on aura fait tomber par terre remonte au plafond, tu viendras nous dire qu'une loi scientifique est probabiliste." Mais non.

Bref, ça a interrogé le probabiling. Pourquoi ? Il y a des gens ici qui sont où de ma génération juste avant, mais moi je faisais partie des gens à qui ça je pouvais pas m'y faire.

On dit qu'on va faire le socialisme. On met au point un programme, on met au point une coalition, on est socialiste français, on refuse de se dire socio-démocrate. On a une déclaration de principe qui dit qu'on est un parti révolutionnaire, que il y a pas de démocratie dans le capitalisme, on s'allie avec des communistes.

Et résulte quoi ? Il y a pas le début du commencement de socialisme est ce qu'on a fait. Donc c'est une interrogation terrible.

Alors il y a l'explication simple. Ah c'est les traîtres. Alors bon les traîtres, ils ont pas fait Oui, OK.

L'histoire est faite de bons et de méchants. S'il suffit de fusiller les traites, depuis le temps qu'on fusille, le problème devrait être réglé hein. Donc c'est pas le sujet.

C'est donc bien que le problème est dans la doctrine, dans la théorie dont on déduit ensuite une tactique pardon une stratégie des tactiques et le reste. Et moi, je me suis attelé à ça en reprenant depuis le début qu'est-ce qui n'a pas marché dans ce qu'on avait prévu sur qu'est-ce qui dans les règles qu'on mettait en œuvre ? Qu'est-ce qui était faux ?

Qu'est-ce qui était faux qui fait que ça conduisait pas au socialisme ? Alors ça c'est pour la démarche des le contact entre des intellectuels et des cadres politiques. Puis après on est passé à une activité plus industrielle.

On a commencé à faire des cycles de formation euh bon sur un an, tu vois, on prend le temps et on on fait passer comme ça des promotions de de gens qui sont triés d'après leur appartenance sociale. Bref, pour que tout le monde soit représenté, les garçons, les filles, les gens des quartiers populaires et le reste. Et on en est maintenant à la 4e ou 5e génération.

Non, la 6e il me dit mais moi je m'en fous parce que dans le bureau de Paola, il y a les tableaux où il y a vos vos promos et il y en a que quatre. D'accord. Toi, tu me dis qu'il y en a six. c'est ton affaire.

Alors, ils sont ils se choisissent en nom et tout. Voilà. Ça c'est pour ce qu'on fait.

Et puis après, ça s'appelle Institut la Boessie. Alors, je peux pas faire moi que de dire en mot de qui est la Boessie. Euh la Boessie, c'est 1530.

Donc pour le socialisme, c'était pas trop le moment. Les conditions initiales n'en étaient pas réunies. Mais on est dans un moment terrifiant des guerres de religion en France.

Et ce moment terrifiant dans nos bouquins d'histoire ou de littérature, il apparaît séparé de la Renaissance. On nous souvent on perd de vue que ce dont on parle, c'est d'un moment où il y a la guerre de où il y a les guerres de religion. Et les guerres de religion, c'est tout sauf sympa.

Des guerres propres, ça existe pas. Mais des guerres de religion, c'est le comble de la barbarie parce que chacun de ceux qui agit est persuadé que l'autre est une sucursale du diable. Alors, avec ça, euh vous êtes garanti de la violence terrifiante et sans limite.

Donc euh entre-temps est né en Italie, faut bien donner une date, 1487, c'est un bouquin de pic de la Mirando qui s'appelle de la dignité de l'homme. Pic de la Mirandole est quand même un gros prétentieux et un pédant. Mais bon, c'est l'idée qui compte, hein.

Euh et l'idée, elle aboutit à une conclusion pour x raisons pourquoi à ce moment-là, ça s'est produit. Euh ça vient de la fin de l'Empire romain d'Orient. Donc les types arrivent avec les valoches et les bouquins dedans.

Ça c'est la version officielle. La vérité c'est que euh les musulmans euh faisaient des collections de livres savants et que c'est eux qui ont remis tout ça en circulation euh dans le monde de l'époque. Bref, et on aboutit à cette thèse : "L'être humain est l'auteur de son histoire." C'est-à-dire que il c'est sa propre il est sa propre création.

Al faut faire attention au mot. C'est pour ça que je trbuche un peu parce que je veux pas offenser les gens qui ont la foi, qui pensent que euh les êtres humains sont des créatures de Dieu et que c'est donc lui. Et puis il y en a d'autres qui pensent que Dieu a été plus loin et tout préfabriqué et tout.

Moi, je me mêle pas de religion. C'est pas mon c'est pas mon sujet, je n'en parle, je ne critique rien en disant ça, mais dans l'humanisme, c'est comme ça que ça se présente. Alors, la soudure entre les croyants et les humanistes radicaux dans mon genre, euh c'est que dans la foi chrétienne ou dans la foi musulmane, qui sont les deux que je connais le mieux, le libre arbitre fait que en effet, comme par tes décisions, tu es l'auteur de ton histoire et en particulier que par tes actes, tu fais le bien et le mal qui n'est pas une invention de Dieu.

Donc on a un endroit où on raccroche les deux wagons et on peut fonctionner ensemble. Bref, ça c'est 1487. Alors le la Renaissance fait naître l'humanisme.

Alors par pitié ne vous laissez pas parce que il y en a ils comprennent l'humanisme comme humanitaire mais non ça n'a rien à voir. L'humanisme c'est un courant donc qu'on a nommé humanisme au 19e siècle parce qu'on savait pas comment appeler ça. Il y avait toutes sortes d'écrit et de choses différentes.

Et puis après ça va donner le courant de la philos des philosophes des Lumières. D'accord. Bon et puis après la philosophie des Lumières, elle se traduit en acte et en politique.

Ça donne la grande révolution de 89 et le reste. Bon euh alors la Boessie là-dedans, c'est je vous ai dit qu'en 130, c'est un peu plus tard. Mais par justice, je veux d'abord dire une chose, c'est que si l'être humain est le créateur de son histoire, évidemment la similitude des êtres humains est proclamée au point de départ.

Et cette similitude reposant sur des besoins qui sont les mêmes donne donc petit point de suspension jusqu'à 1789 enfin avant hein. C'est bah puisqu'ils sont égaux par leurs besoins et ben donc ils sont égaux en droit pour les satisfaire. Voilà sinon ils peuvent pas vivre.

Ça c'est l'équation de départ qui va amorcer la grande révolution de 89 puis la conviction du socialisme puis celle du collectivisme qui est le nôtre de manière contemporaine. C'est là-dedans que ça se passe. Mais le premier texte qui le dit pour nous dans la littérature, c'est Christine de Pisan 1405 un bouquin qui est à mon avis lisible pardon pour les les puristes mais c'est la cité des dames.

Donc et c'est si vous y réfléchissez, c'est assez normal que le féminisme soit le premier acte de l'humanisme. Et elle, qu'est-ce qu'elle dit d'essentiel ? Je résume en une phrase hein.

Elle dit "Si vous éduquez vos filles comme vous éduquez vos garçons, alors elles seront capables des mêmes exploits." Ce qui veut dire il y a pas de déterminisme biologique à l'intelligence et cetera et cetera. C'est ça.

Aujourd'hui, ça passe comme ça mais dans le moment c'est absolument révolutionnaire. Et c'est pourquoi tous les textes de l'humanisme jusqu'à jusqu'à la fin du du de de de jusqu'à la révolution toujours mettront la question de l'éducation des filles dans le programme. Ce qui est au l'époque aussi inoui que de dire aujourd'hui tout le monde paye des impôts en fonction de ses moyens hein.

Ça reste aujourd'hui inoui. Bah ça aussi c'était inoui à l'époque. Alors la Boessie donc c'est 1530 c'est l'ami de c'est comme ça que on appelle la chose l'ami de Montagne du philosophe Montagne qui est considéré comme un des piliers fondateurs de l'humanité.

Personnellement je considère que le vrai grand humaniste français c'est François Rablé. Euh pourquoi ? Parce que c'est en toutib.

Donc déjà il parle de choses comme une réalité matérielle. Et deuxièmement il introduit une idée qui va disparaître jusqu'à Baru Spinoza. Euh c'est il faut se marrer et le rôle ça dire oui non mais pareil c'est ou bien ce monde est une vallée de larmes où par nos souffrances et nos contritions nous allons gagner notre salut éternel ou bien non ce monde vaut la peine d'être vécu.

La vie est assez belle pour que ça vaille la peine qu'on en propage la beauté aux autres et cetera et cetera et cetera. C'est pourquoi pour moi Rabel est un un un un le fondateur. Alors après bon pardon, je vais pas faire un cours sur le 16e siècle, c'est ma passion.

Et Rabblé bon 40 pages pour pardon mesdames messieurs de la vulgarité du meilleur torchecu. Si vous voulez savoir, vous avez qu'à acheter Rablé et vous verrez lequel est considéré par RBL. Puis on a des pages et des pages de conneries vraiment au sens littéral du terme pour faire rire au milieu de choses qui elles sont très sérieuses.

Et il nous dit il faut attention à ce que je vous écrit, c'est pas ce qui est marqué dessus qui compte, il faut prendre la substantifique moelle. Ça ça veut dire attention mon message il est en deux niveaux. Bon voilà.

Alors la Boessie lui c'est un homme jeune qui va mourir très jeune. Il a même pas 35 ans d'une maladie je sais plus laquelle. J'ai oublié le nom.

Ça porte un nom bizarre. Et il a pour lui que entre 18 et 24 ans, donc c'est c'est un homme très jeune, il écrit un petit manifeste qui s'appelle le contre un. Contre un hein, ça ça marche bien avec la 5e République aussi mais bon, comme ça faisait bizarre comme titre, l'habitude s'est prise d'appeler ça puisqu'il traitait du thème de notre servitude volontaire. et il pose une question qui est un peu iconoclaste, hein, enfin qui brise une image qu'on a nous autres les gens de gauche, souvent comme on pense que ce sont les règles de la société qui font le destin individuel, nani nana, au fond, personne n'est jamais vraiment coupable, hein.

Combien d'engueulade entre nous sur le sujet ? Alors, moi, comme je suis de la branche plutôt philo, non, j'y crois pas. Je pense qu'on est tous responsables de nos actes.

Bien sûr, on est enfants, le produit d'une situation matérielle et tout ça, mais à la fin, c'est bien nous qui décidons. Et je ne trouve aucune excuse au meurtrier, euh à l'assassin, aux génocidaire qui acceptent de participer à un meurtre collectif au prétexte que c'est quelqu'un d'autre qui l'a décidé, que bon, le devoir d'obéissance, j'étais au procès du général Viola. Chaque fois qu' il y avait une rampouille qui arrivait, il se mettait au garde à vous, on lui disait "Pourquoi vous avez tué monsieur machin et Bidule et pourquoi vous l'avez jeté à la mer ?" Devoir d'obéissance.

Bah non. Non. Qu'est-ce qu'un devoir d'obéissance qui fait de l'obéissance elle-même ?

Sa fin, ça n'a pas de sens. Tu obéis pour faire quelque chose. Bref.

Alors euh donc qu'est-ce qu'il y a dans de notre servitude volontaire qui est révolutionnaire ? c'est qui dit comment ça se fait que les tyrans y arrivent alors que c'est nous le grand nombre et que si on désobéit le tyrant il devrait être rien du tout. Et donc le bouquin s'appelle le petit manifeste de notre servitude volontaire et ça implique votre responsabilité personnelle.

Voyez, je suis sympa. Je vous préviens de la critique qu'on peut faire qui dire "Ah non mais c'est trop facile si chacun est responsable, tu oublies les conditions sociales et le reste." Non, je les oublie pas mais je dis que je n'oublie pas la liberté du jugement. euh de chacun et des valeurs qu'il porte avec lui, des principes qui organisent sa vie.

Voilà pourquoi on a choisi la Boessie alors que c'était pas la plus pure figure qu'on pouvait faire de l'être social. Euh bon, je vais en rester là. Il est mort, il était pote de Montagne.

Montagne était un bourgeois juriste. Bon, il pense très bien, c'est très intéressant mais en face par un révolutionnaire. Et non.

Oui. Non, à un moment il dit en gros ils en avaient tellement marre du massacre général. Montagne en gros, il dit "Bon, écoutez, on sait ce qu'on sait mais c'est pas la peine d'en faire des histoires parce qu'il y en a déjà assez comme ça." Mais Montigne était politiquement engagé pour réussir quelque chose qui à mes yeux fait partie du fil fondateur de la laïcité dans l'histoire de France.

Il y a Philippe Lebel contre le pape et après vous retrouvez dans Montaigne c'est qu'ils veulent faire roi de France un gars qui était protestant Henri I et ils savent que quand Henri II va mourir qui n'a pas d'enfant le suivant dans l'ordre c'est Henri IL il y a des gens qui disent non mais ça c'est absolument impossible c'est pas un protestant qui va être roi de France qui un royaume catholique et d'ailleurs les rois de France sont rois de France par la volonté de Dieu donc pas question et évidemment sur notre territoire se battent d'un côté les espagnols qui payent les condé pour imposer un autre que que Henry I et puis tous les alors tous les protestants du reste de l'Europe qui eux banquent pour aider pour 104 et puis au milieu vous avez un petit groupe qui est là qui dit "Nous de toute façon on s'en fout, il est catholique ou il est protestant ou ce qu'il veut mais pour nous comme il est l'aîné de la branche aînée c'est lui le roi. Point ça a l'air de rien comme ça. Sauf que c'est la première fois qu'une loi laïque est opposée à une loi dite divine.

Donc c'est plus important la tradition politique qui dit l'aîné de la brancheînée est roi de France que celle qui dit c'est Dieu qui désigne le roi de France. Donc c'est révolutionnaire. Alors voilà pourquoi je fais la fleur à montagne euh de dire que vraiment c'est c'est à la classe quoi.

Et euh comme il était malade, il était tout le temps à cheval pour monter les combines et des complots pour que ça finisse comme ça. Il a encore plus grand mérite. Mais la Boie par sa jeunesse nous parle parce que ça fait 4 siècles que ce texte circule hein la servitude volontaire.

Et depuis 4 siècles, il a des tas de gens qui trouvent que c'est vachement bien dit et qu'on veut dire pareil. Donc là on se prépare à faire un crime. Je termine là-dessus.

Dans mes études, j'ai fait une petite partie qui s'appelait texte ancien traduit, mais seulement quand j'étais en en terminal et ça m'avait j'avais adoré hein comporer, tu vois, comparer Antigone d'anouille, celle de Sophoc. Waouh ! Quand tu as 16 ans, il y a rien au-dessus.

Et puis euh et puis après on arrive à la fac et on vous dit vous voulez alors il y a des études de textes anciens traduit moi oui oui moi moi moi j'y suis allé ou ou je suis reparti au courant parce que ça me coupait de ce qui m'intéressait moi. C'est le contenu du texte passer des heures à me battre avec alors pour vous faire plaisir et avec votre permission nous avons décidé un qu'on allait traduire une version en vie français. C'est illisible he la Boessie en français du 16e siècle.

Non, parce qu'il y en a qui me font des leçons sur euh la langue française et tout ça là, il connaissaient rien du tout. Ils croient que c'est la même depuis euh 4 siècles. Et puis euh on va le traduire et le et le maltra pas maltraiter le traiter c'est-à-dire faire comme si c'était du français contemporain.

Et puis après tout bah il y a des gens qui me jetteront des pierres et puis les autres ils liront le texte en disant "Waouh, c'est bien la Boessie." Si quelqu'un dit c'est bien la Boessie, j'ai gagné. Voilà.

Euh voir, c'était un peu long pour répondre à une question simple. Et c'était alors on va devoir partager. Attends, j'ai oublié quelqu'un.

Excuse-moi. La deè la question. Non non non.

La toujours pour le même moment, il y a une femme dont je veux que tout le monde connaisse le nom à nouveau parce que je vous ai parlé de Christine de Pisan, mais il y a une autre femme qui elle est contemporaine de ces gens. Elle s'appelle Marie de Gournet. Et cette femme outre qu'elle a aidé à la publication, si elle était pas là, il y a pas d'essai de Montagne, personne sait qui est Montagne ni n'accède à ces textes.

Donc c'est elle qui a qui a qui a fait les dernières éditions de de Montagne de de du vivant de Montagne, non après la mort de Montagne. Mais surtout, elle écrit un une lettre qui est le premier document féministe en France, hein. Je vous rappelle qu'on est en 1500 et des brouettes, hein. et elle écrit une lettre à l'arène médicis et qui s'appelle de l'égalité des femmes et des hommes.

Donc c'est la première fois que ça se présente comme ça avec cette appellation, ce label et c'est Marie de Gournet. Alors peut-être que vous trouverez ici sinon demandez-lui, il va passer commande. M'autoriser à emprunter le micro.

Ouais. Ouais, vas-y. Défectueux.

Vas-y. Ah bon ? D'accord.

Ben peut-être pour préciser la deuxième partie de la question. Là, on a le panorama global donc de pourquoi la Boie, pourquoi les classes populaires et surtout pourquoi ce titre donc avec le mot peuple au singulier alors que la plupart des contributeurs en sciences sociales parleront de classe populaire et c'est quelque chose que vous abordez beaucoup avec Nancy Freer dans votre dialogue introductif. Oui.

Alors, d'abord, je m'empresse de dire que on fait une introduction en commun comme en échange, hein, mais il y a pas un signe égal entre Nancy Frazer et moi. Nancy Fraser est un monument. C'est comme si j'avais croisé Carl Marx en personne qui accepte un interview croisé quoi.

Euh c'est une penseuse du féminisme euh marxiste euh et elle a une contribution à la pensée matérialiste qui moi me m'intéressait beaucoup comme comme homme politique, comme stratège, comme comme tout ça et comme historien, comme j'ai repéré. Moi, j'aime bien étudier les révolutions dans leur déroulement concret en plus de tout le reste, mais à un moment donné, comment ça se passe ? Qui décide quoi ?

Qui fait quoi ? Or, vite, j'ai vu une chose qui m'a immédiatement fait signe, c'est que toutes les révolutions de type populaire qui qui commence passent le point de radicalité quand les femmes s'emmêlent. Alors, vous avez toujours les explications psychologiques, les femmes ceci, les femmes cela, et cetera.

Donc les hommes ceci, les hommes je je n'adhère pas à ça. Je sais que ça existe. Mais la psychologie des uns et des autres est souvent un résultat genré des relations sociales que soi-même on entretient avec les autres et qui nous sont injectés.

Bon maintenant ça existe moi mais par exemple de mon tante apprenais ce que c'était que d'être un homme hein. Mes oncles, tout ça, mon père m'ont dit comment je devais me comporter pour être un homme ? Je devais pas pleurer, je vais pas faire ceci et cela.

Bon, je donne je donnais les meilleurs coups de boules du coin, hein, compte tenu de l'entraînement que j'ai eu sur le sujet. Mais c'était il fallait être un homme, quoi. Alors, pour les filles, c'était pareil.

Mais les hommes aussi hein euh parce que il y avait des petits garçons qui exprimaient leurs sentiments. Alors tu es un homme quoi. Ou alors tu pleures, tiens pas maintenant tu sais pourquoi tu pleures.

Bon j'ai c'était des gens aimants hein. Je suis pas en train de dire qu'on était brutalisé hein. C'était plein d'amour tout ça.

C'était pour que moi je réussisse bien comme homme hein. Alors Nancy Fraser, elle elle explique alors deux choses qui sont des des points dont on a discuté tous les deux parce qu'ils sont fondamentaux. Dans le marxisme version Marx, tel qui est le capitalisme au moment où Marx s'écrit.

Première alinéa, le capitalisme a une histoire, ce n'est pas toujours le même. Le capitalisme, c'est pour ça vous trouvez pas de point de départ ou quand commence le capitalisme ? Chacun y va de sa de sa date.

Alors vous pouvez dire bah le capitalisme par exemple il commence dans Venise commerciale. Des types ont accumulé du blé achète un bateau, le charge. La la la cargaison va être filée contre des marchandises qui reviennent et qui rapportent plus.

Vous avez une préfiguration du cycle capitaliste qui est là. Argent, marchandise, argent, marchandise, argent qui va donner une dynamique interne. Faut que ça tourne et toujours plus vite.

C'est pourquoi ça ça sera une question que vous trouverez dans un autre demire qui s'appelle Faites Mieux, hein. Pourquoi le temps est en rythme et pourquoi celui qui dirige le rythme dirige le temps et la vie des gens ? Fondamentalement, c'est de ça dont on parlait.

La crise écologique, c'est la contradiction des cycles entre le cycle de la production et de la vente et le cycle qui est celui on va mettre des grosses guillemetés de la nature. D'accord ? Ce ne sont pas les mêmes cycles.

Exemple 4 secondes pour créer un sac en plastique, 4 siècles pour qu'il se dissolve. Il est clair que si vous continuez à produire des sacs en plastique dans une des quantités pareilles, jamais vous aurez le temps de voir la dissolution mais il restera plus personne. Bon, d'ailleurs c'est en route.

Tout le monde a du plastique partout, il paraît dans le cerveau. Ça, j'avais remarqué qu'il y en avait pas mal qui avaient l'air d'avoir surtout du plastique dans le cerveau. Mais bon, pour le reste, voilà.

Alors, ce que ce qu'explique alors mais il faut se représenter le capitalisme analysé par Carl Marx. Donc tout ce qu'il dit de la façon avec laquelle se fait l'accumulation capitaliste, comment c'est le vol du travail gratuit du producteur qui ne reçoit pas en salaire la richesse qu'il a créé. Évidemment, le capitalisme est un système qui fonctionne sur la gratuité.

Vous avez pas l'impression comme ça parce que vous passez votre temps à payer. Mais lui, il se sert gratuitement de ce qu'il va vous donner à payer. Et c'est ça le tout ça n'est pas mis en cause.

On est absolument C'est ça la base de ce que nous racontons. Mais le capitalisme n'est pas une chose. C'est pas un un objet.

C'est pourquoi le capital et la richesse, c'est deux concepts différents. Bon, le capital c'est un processus. Et Marc dans les dernières choses qu'il écrit, il appelle la phase ultime, c'est-à-dire le moment où vous achetez, il dit que tout d'un coup l'objet va prendre le risque, le péril de son passage en marchandise.

Si la marchandise n'est pas vendue, il n'y a pas de plusvalue réalisée, donc il n'y a pas d'accumulation capitaliste. Cette idée a l'air comme ça un peu simple. elle est un peu faut réfléchir quand même mais c'est fondamental parce queà partir de là on va avoir d'autres définition de ceux qui participent à quoi ?

À la circulation qui elle va engendrer le profit et réaliser la plusvalie. Le capitalisme est une circulation et elle s'accomplit dans la vente. Alors, tout ce qui rentre dans la circulation du capital participe du capitalisme.

Mais ça c'est indétectable en 1850 ou ou 48 ou 49, c'est indétectable parce que la société est massivement une société paysane. L'ultra majorité de la population de tous les pays est population paysane vivant dans des conditions souvent d'autarsie. Marx compare les paysans français un sac de patat parce que il dit les gens tirent plus de s'humanisent davantage dans leur relation à la nature que dans leur relation mutuelle.

Bon, pour relation en nature, je labour, je récolte, je hein voilà euh je vais à la chasse, je vais à la pêche que dans les relations avec les autres êtres humains pour la raison qui vivent séparés mais dans le même bain. C'est pour ça qu'il compare ça à un sac de patate. C'est pas très flatteur mais enfin bon, c'est un allemand qui parle de français.

Alors euh qu'est-ce qu'il y a ? Bonb mais alors justement Strasbourg d'habitude il me semble. Alors euh donc cette circulation et Nancy Frazer, elle apporte une contribution qui est très importante parce qu'elle dit "Les femmes produisent un travail gratuit spécifique sans lesquels il y a pas d'accumulation capitaliste possible." Et ce travail gratuit spécifique, c'est les tâches qu'elle appelle de reproduction sociale, c'est-à-dire toutes les tâches de soin à la personne depuis les bébés qu'elle mettent au monde en passant par les petits-enfants, les anciens dont on s'occupe et cetera et cetera.

Si tout ça n'existe pas, il y a pas de force de travail disponible. Donc ce que fait Nancy Fraser, c'est que elle introduit un concept à l'intérieur de l'idée de la circulation capitaliste qui est essentiel pour comprendre pourquoi quel que soit leur condition sociale par ailleurs qu'elle soit ouvrière ou pas. Et du coup ça va nous permettre de voir une différence.

Les femmes participent par leur tâche de reproduction sociale à être la première marche de l'accumulation capitaliste, mais la première marche existentielle, c'est-à-dire quand elles ne peuvent pas acroupir les tâches de reproduction sociale, peu importe que ce soit pour le capitalisme ou pour ce qu'on veut, mais quand on dit les tâches de reproduction sociale, c'est une grande phrase pour dire s'occuper des autres, et bien la société ne peut plus fonctionner. Et si elles se mettent en mouvement, c'est parce qu'elles sont arrivées à ce moment-là, le moment où tu peux plus nourrir, tu peux plus faire c, tu peux plus faire là. Et ça se passe toujours de la même manière.

Quand la société se met en mouvement pour x raisons, à un moment donné, elles arrivent et tout le monde commence par dire ça suffit. Donc toutes les révolutions, 1789, c'est les journées d'octobre. Elles se mettent en mouvement pour aller à Versailles récupérer le roi la ramené de force qui rien rien que l'idée de ramener de force le roi de son grand palais à Versailles pour le ramener à Paris rien que ça c'est un attentat dont dont on n' pas idée aujourd'hui.

Je veux dire le reste du temps il les écartel quand quelqu'un s'en prenait à la personne physique du roi et elles y vont et alors évidemment on a dit non non mais c'était pas vraiment des femmes. Il y avait des hommes là-dedans. Ouais il y avait des hommes mais c'était pas c'est pas eux qui ont ouvert la griille de Versailles.

C'est pas eux qui ont tué trois gardes françaises qui étaient là. C'est pas eux qui ont bouffé un cheval le soir et ni qui l'ont attrapé. Ni eux qui ont rattrapé la reine quasi par les cheveux dont peu l'emmener en la tirant par la tête dans le palais de Versailles.

C'est ça qui s'est passé en les journées d'octobre. Et elle ramène la reine, le roi, le le boulanger, la boulangère et le petit mitron. D'accord ?

Pourquoi ? Parce que c'était la crise du pain à ce moment-là. Ils ont voulu les juger.

Celles qu'ils ont ramassé, ils se retrouvent avec des kirrielles de jeunes femmes de 15 ans, 16 ans, 18 ans avec des gamins sur les bras. Alors, si bien que le procès n'avait plus ni que ni tête de savoir pourquoi ont jugé ces femmes euh plus de 2 mois après toute cette histoire, il ont foutu tout le monde dehors et le procès s'est arrêté comme ça, hein. Mais ça c'est 89. 1917, la glorieuse révolution de 1917 et j'ironise pas en disant glorieuse, ça commence par une manifs et le premier jour elles sortent les parties disent "Bon, c'est bien, c'est bien.

Le lendemain reviennent dit bon c'est bon, on a compris euh c'est bon mais enfin non provoquez pas, vous allez provoquer un désastre, ils vont emmener les cosaces et on est à à Saint-Pétersbourg." D'accord ? Et il restait plus d'usine ouvertes, il restait que les usines de tissu et de où on filait.

D'accord ? Et c'était rempli de femmes parce que c'est les femmes qu'on mettait à ces emplois là et évidemment elles y étaient particulièrement maltraité. Donc c'était pas des braves filles qui avaient jamais rien vu ni personne hein.

C'était des femmes qui avaient l'expérience du combat social d'une relation extrêmement vigoureuse aux hommes et les voilà qui partent retournent là-bas pour faire la manife. Il faut se rendre compte parce que j'ai lu un petit bouquin, je sais pas si c'est Villard qui fait ça, où quelqu'un raconte les cadavres à la morgue, faut le dire hein. Bon et ce sont des femmes qui font 1,50 1,60 au maximum.

C'est des gens du peuple qui mangent peu, qui mangent mal. Ce sont des femmes petites, enfin à la taille parfaite puisque 1,61, c'est le nombre d'or. Mais enfin bon, non mais je dis ça pour rassurer tout le monde dans la salle.

Et donc imaginez-vous une femme de cette taille qui se met en face d'un cheval sur lequel il y a un coszaque. Lequel coszac a un chapeau ? Entre le chapeau et la tête de la fille, il y a au moins 2 m aux alentours de 2 m.

D'accord ? Et donc il faut avoir une un une rage particulière pour faire ça pour pour pas être mort de trouille avant d'avoir commencé. Et le 3è jour les revoilà.

Alors là pour le coup les partis classiques dont le parti social-démocrate dont étit membres les bolcheviques dit "Non mais ça va, on a compris ce coup là arrêtez, vous allez provoquer un désastre. En fait de désastre un caque sort son revolver, un officier coszac pour tirer sur les femmes et un autre ca qui voit ça. Il sort le sien et tire sur l'officier.

Début de la révolution. Et en 3 jours, l'empire s'effondre. Pas à cause d'une balle parce que bien sûr l'empire était au bout du rouleau.

Mais il lui fallait il lui fallait ce petit choc qui fait tomber. Ça se passe toujours comme ça. Les révolutions, des conditions générales se réunissent et un événement fortuit déclenche la révolution elle-même comme une énorme rat de marée.

Et je pourrais à la commune de Paris pareil, c'est Louise Michel et les autres qui montent pour récupérer les canons à Montmart puisque les Parisiens les avaient payé avec leur côtise. Donc elles vont chercher et elles savent pourquoi c'est elles qui y vont parce qu'ils ils osont jamais tirer sur des femmes. Ils auraient mieux fait tirer dessus si c'était ça qu'il voulait faire parce que quand elles les ont chopé après on leur a tiré dessus pas elle à eux.

Bon alors ça a mal tourné comme vous le savez mais c'est la glorieuse commune de Paris à nouveau. C'est un événement de de mobilisation féminine. J'ai pris le temps de ce cette cette sortie pour montrer comment le cadre intellectuel nouveau qui analyse le capitalisme comme un processus intègre et explique les comportements et les raisons d'agir de toute une série de gens que sinon on passe son temps hein avec bon nos amis sociologues c'est pas leur boulot de faire de la théorie et de la stratégie politique mais nous si donc vaut mieux pas qu'on se trompe trop donc il y a un acteur nouveau que nous on va appeler le peuple C'est tous ceux qui quel soit leur position particip à la circulation du capital.

Et en partant de cette idée-là, on a trouvé toutes sortes de choses. La première était pourquoi tout le monde y participe ? Bah pour une raison, vous vivez tous en ville.

Ça paraît bateau ce que je raconte là, mais c'est seulement depuis 2008 qu'il y a plus de gens en ville qu'à la campagne. 2008, c'est une rupture avec des millénaires d'histoire. Il y a toujours eu des villes depuis au moins 6000 avant notre ère.

Donc la ville va installer la vie des êtres humains en réseau dont les relations numéro 1 sont des relations interhumaines et pas des relation numéro 1 avec le rapport à la nature et cetera et cetera. Et la ville en même temps qu'elle existe, elle crée un objet nouveau dans l'histoire, le réseau. Le réseau, c'est le réseau de l'égût, le réseau pour avoir de l'eau parce que sinon bah allou il y en a pas.

Euh maintenant, c'est l'électricité, le gaz, tout est en réseau finalement. La nourriture, la santé, l'école. Donc ce que nous appelons peuple et l'acteur.

Ça, je reviens sur ce que vous avez dit il y a un instant sur classe populaire. Bon, le peuple est le nouvel acteur politique et qui est-il ? est l'ensemble de celles et ceux qui doivent accéder au réseau collectif pour produire et reproduire leur existence matérielle.

C'est donc une définition matérialiste de la condition humaine déterminée par un rapport social particulier, le rapport urbain au réseau. Et le capitalisme lui-même s'est mis en réseau. Alors voilà comment le peuple surgit.

Ça c'est la version j'ai commencé par la théorie, je termine par comment c'est venu. C'est venu qu'à partir de l'effondrement de l'URSS. Quoi qu'on pense de l'URSS.

Et moi j'en pensais pas que du bien car vous savez comme moi que j'ai été trotskis dans ma jeunesse. Donc j'avais un rapport critique à l'URSS mais c'est pas le sujet. À partir du moment où l'URSS s'est effondré, on est passé d'une époque où il y avait une révolution socialiste par an quelque part dans le monde à zéro.

Donc il y avait un problème. Et quoi ? Quel était le problème ?

Et puis aussitôt alors certains ont dit c'est la fin de l'histoire. Peut-être que parmi vous il y a des gens qui se rappellent de cette glorieuse déclaration. Et puis bon tous les services de sécurité de l'armée et du reste ont dit doucement doucement la fin de l'histoire.

Non, nous avons toujours un ennemi. Un Dieu lequel on est en train de chercher. Les musulmans.

Ah voilà, c'était les musulmans. Ça vous donne le choc des civilisations. Un livre de Samuel Uninton qui date de 1996.

La chute de l'Union soviétique c'est 91. La fin de l'histoire c'est 93. D'accord ?

Tout ça se tient. Il y a donc un appareil central qui défend une bureaucratie, la bureaucratie militaire et des services qui invente une latéralisation du monde pour donner une justification au pouvoir de l'empire. Vous voyez comment tout ça se tient, hein ?

Donc les États-Unis ont absolument besoin d'un ennemi mondial qui justifie sa direction politique sur la coalition mondiale. Alors ça ça ce moment de l'histoire pour autant il y avait plus de révolution socialistes mais il y avait quand même des révolutions. Alors elles étaient quoi ces révolutions ?

Alors ça donne n'importe quoi dans nos rangs hein les rangs des gens de gauche. Alors je vois par exemple la crise de la coupe de monde de foot. Si je parle de ça, c'est que vous verrez un rapport avec une actualité.

C'était au Brésil, coupe du monde de foot, ils font des beaux stades, tout ça. Il bah des milliers de gens dans les rues, faut protester en disant "nous, on s'en fout du foot. Ce qu'on veut c'est des transports en commun qui marchent, des hôpitaux qui marchent et cetera." Alors la terre entière quoi, les Brésiliens, le foot ça leur suffit plus.

Déjà, tu sens le truc raciste parce que le Latino c'est un qui joue du guitaron en fumant des cigares et en se tapant du RH. Donc et en plus il joue au foot. Voilà, donc comme ça la caricature est faite.

Mais je vous jure, je pourrais vous passer plein d'articles parce que je ça m'a frappé de voir comment on s'étonnait que les Brésiliens puissent vouloir ça. Et nos camarades sont incapables d'analyser ce qui se passe mais y compris des militants admirables. Et alors je pense à un pote, on lui dit "Mais monsieur, vous dites que c'est des manifestations de gauche mais il se passe rien dans les usines.

Alors pourquoi vous dites que c'est de gauche ?" Et le gars, il sait pas quoi dire. Alors il dit "Ouais, mais dans mon usine, il y a une pétition." Bon, la réponse était simple, c'est que les gens, ils étaient pas à l'usine, étaient dans la rue, ils sont avec les autres et que ce qu'il y a là dans la rue, c'est le peuple.

Donc nous nous sommes mis à analyser le peuple en révolution, on va dire populaire. Pour l'instant, ce qui est ennuyeux, c'est que le mot peuple, il y a le même au 20e siècle, il y a le même au 19e, il y a le même au 18e. Or, c'est pas la du même peuple dont on parle, si vous vous souvenez de la définition j'ai donné il y a un instant.

Donc la réflexion pour nous, ce sont des révolutions populaires. Quel est leur enjeu ? Qu'est-ce qu'ils veulent ?

Ils veulent pas le manifeste du Parti communiste ou je sais pas. Non, ils veulent contrôler, décider qui décide à d'autres place. Et ça passe.

Nous avons donc étudié les phases. Bon, phase de la révolution numéro 1 instituante. Ils arrivent avec les drapeaux nationaux, des gilets jaunes dans tous les pays du monde.

Maintenant, c'est la mode. Chaque fois qu'il y a un truc, on se réfère au gilets jaunes français et cetera et cetera. 2e phase, les gens étant là disent "Mais c'est encore vous qui commandez ?

On vous payez combien à la fois qu'il y ait pas de flotte, pas d'électricité, pas de prof dans mon école ? Allez, dégager. C'est le dégagisme qui entrait dans le dictionnaire français comme vous le savez maintenant.

La phase dégage, c'est celle dans laquelle on est en France en ce moment. Alors, elle a des formes plus ou moins aigues. Vous avez carrément les manives de masse avec des gens parce que c'est passé d'Amérique latine ensuite au Maghreb.

Alors, en Tunisie, en français, s'il vous plaît, dégage ! Dégage ! do tendu comme ça hein.

Dégage machin, dégage. C'est c'était le grand slogan. C'est passé ensuite en Égypte et puis dans des tas de pays du monde.

Et là ça revient grève blocage Macron. Voilà donc le Mais je vous jure c'est pas nous qui avons inventé ça hein. Mais parce que vous mais tout le monde comprend comme ça plus facilement.

Et puis la troisème phase, elle est constituante, c'est-à-dire bon on va plus faire tout ça, ça marche pas. On va maintenant établir une autre règle du jeu. Là, c'est pareil.

Il y a des niveaux différents. Il y a le niveau A, on va faire si et ça. Il y a toujours un gars qui dit "Ah ben non, non, non, fais pas ça, c'est interdit.

Interdit, on s'en fout, c'est mieux qui faisons la loi." Ça ça s'appelle du double pouvoir. Ça ça s'appelle du constituant.

Et puis ça peut finir dans une assemblée constituante. Voilà. Donc là, je viens de vous décrire le peuple, ses modes d'action et les étapes.

Alors pourquoi c'est pas classe populaire ? C'est vous qui êtes sociologue, c'est pas moi. Alors non, mais ils sont sympas.

Ils mettent des partout. Moi je me rappelle d'une discussion, j'étais socialiste à l'époque, c'était le front de classe. Il y a des gens qui ont entendu parler de ça ?

Non, personne. Bon bah, il y a plus que moi. Alors euh si toi Ah ben alors, faut lever la main sinon moi je reste comme un con tout seul.

Alors bon, alors le front de classe au PS. Alors très bien, on commence à discuter. Qu'est-ce qu'il y a dans le front de classe ?

Alors là commence la Samb déjà. Combien il y a de classe ? Deux.

Alors s'il y en a que deux, les prolées et les bourgeois. Bon ben pourquoi on met un S ? On va pas faire un front avec les bourgeois.

D'accord. Non non, c'est qu'il y a des différences. D'accord.

Ou il y a des différences. Alors dans le langage ordinaire, couche, classe, peuple, tout ça, c'est à peu près pareil. Et il y a pas de mal à utiliser n'importe lequel de ces mots.

Mais si vous voulez être précis et travailler de manière précise, vous pouvez pas renfiler le prolétariat révolutionnaire ultra minoritaire dans la société du 19e siècle et le remettre dans la même situation au 21e siècle où il est une composante de quelque chose de plus vaste. Donc nous, moi je je n'utilise plus que le terme peuple parce que je suis capable de vous dire qui c'est. Quand on dit classe populaire et qu'on y met, je ne sais pas de qui on parle.

Si on parle de classe couche, si vous voulez, comme ça, ça veut rien dire, c'est pas mal. Euh bon, mais classe, quelles sont les classes à laquelle vous mettez un S ? Vous devez les décrire par une relation sociale spécifique, matérialiste.

Bon, si vous parlez de la paysannerie, ah oui, c'est une classe. Au 19e siècle et au début du 20e siècle, on avait beaucoup de mérite parce que il s'agissait de faire une alliance avec eux. Il s'agissait d'aller expliquer aux paysans pourquoi pour leur bien on allait leur piquer leur terre et qu'ils allaient quand même continuer à bosser.

C'était pas simple. Donc toutes les discussions du 19e siècle et du début du 20e siècle sont obnibulées par les questions de stratégie. Comment on fait ?

Parce que dans les mêmes sociétés, vous avez des paysans et puis vous avez des artisans qui sont propriétaires de leurs moyens de production. L'artisan bijoutier, l'artisan de dans leur logerie, ceux qui fabriquaient des pièces, ceux qui fabriquaient la monte en entier. Donc oui, il y avait une relation différente à la propriété du moyen de production.

Où c'est tout ça ? Aujourd'hui, il reste 400000 paysans, ils étaient 7 millions en 1946 et vu les chefs géniaux qu'ils ont, ils sont plus de 400000. Ils ont qu'à continuer comme ça, ils sont bientôt zéro.

Ce qui va être un problème pour nous parce que comment on fait nous pour faire de l'agriculture bio sans paysan ? C'est pas possible. Donc ça nous oblige à quelques défis.

Mais de grâce qu'on arrête de mettre un qui n'éclaire rien du tout, qui rend la question encore plus compliquée, le peuple évidemment n'est pas fait d'un bloc, mais entendez bien la différence. Une chose est la relation sociale, le rapport social au réseau du collectif et cetera et cetera. Autre chose est l'échelle des revenus.

Et c'est ce que dit Nan Fraser et c'est ce qu'on dit tous. L'échelle des revenus ne définit pas des classes. C'est la relation sociale et le rapport à la propriété privée des moyens de production et à la circulation du capital.

Donc voilà de quoi est partie l'idée que on devait appeler les choses par leur nom mais pour nos besoins. C'est pas interdit de parler si vous voulez parler de couche ou de classe ou vous parlez bien de ce que vous voulez mais on a eu la discussion quand on a fait le bouquin parce que tout le monde n'était pas branché sur le terme. Donc c'est pour ça votre question est abuste.

Et bon il y en a plein là-dedans qui parlent de classe de catégories. Il y a des s par-ci par là et cetera. Bon, mais on a quand même une discussion entre nous pour dire c'est quand même nous qui éditons le bouquin.

Donc on va pas créer la confusion au début pour la démêler à la fin. On va respecter tout le monde. Les gens parlent comme ils veut.

Ce qui nous importe, c'est que ils amènent les idées qu'ils ont amené et ils décrivent des choses qui ont une très grande importance. Les producteurs ne sont plus dans la même situation que le salariat. Le prol le salariat c'est pas le prolétariat.

L'ubérisation c'est pas tout à fait le capital individualisé et cetera et cetera. Il y a donc bien sûr des différences fondamentales dans les revenus, dans le rapport social au travail, dans les protection sociale et cetera. La question c'est pas de nier tout ça mais c'est de le prendre en compte sans se prendre la tête pendant des heures pour savoir comment on organise l'alliance de classe entre la personne ubérisée et l'instituteur ou l'institutrice.

Cette question ne nous est pas posée parce que mais elle nous est quand même posée par la vie. Alors qu'est-ce que vous faites ? Et ben justement rien.

Voilà, on on m'a posé la question le 2 octobre, non pas le 2 octobre, samedi dernier. Alors c'était la manife climat. La manife climat des gens avec des pancartes Macron dégage.

Qu'est-ce que ça à voir avec le climat ? L'autre c'est un drapeau palestinien. Et alors évidemment toute la presse qui avait là, comment vous expliquez ?

Dommage pour une manif climat. Les gens ils viennent, ils parlent d'autres choses. Bah je dis ouais faut vivre avec votre temps quoi.

Aujourd'hui les revendications, elle ne elle ne se fusionne plus parce que la masse de notre peuple n'a pas un cadre de penser comment. Même s'il sait de quoi il retourne, qu'est-ce qu'il y a de comment ? C'est que tout le monde sait qu'on a affaire au capitalisme, que ce soit la question du climat, que ce soit la question du pouvoir politique et cetera.

Et donc chacun est entré dans la lutte par une porte différente et n'a pas l'intention de la lâcher. Donc quelle est la caractéristique des luttes de notre époque ? Mais ça on ne peut le savoir tranquillement que si on adhère à la théorie de l'air du peuple et de la révolution citoyenne.

Mais de l'air du peuple pour commencer. Les mouvements se fédèrent. Vous venez et personne n'est mal à l'aise dans la manife.

Il y a que ceux qui regardent et qui comprennent pas. C'està-dire les journalistes. Sinon tous ceux qui voient passer les gens voient très bien le rapport qu'il a et pourquoi ils sont fâchés.

Voilà comment vient l'affaire de de peuple et de classe populaire. Donc je ne vous propose pas une lutte pour la virgule hein. Je vous explique pourquoi nous avons choisi ce cadre de pensée correspondant à ce que nous voyons.

Les révolutions que j'ai observé parce qu'on a été plusieurs à dire on va pas se contenter d'en parler, on va y aller. Qu'on a vu en Amérique latine était des révolutions populaires qui étaient des révolutions de l'air du peuple. Alors évidemment l'ennemi aussitôt le peuple.

Alors, ils ont inventé un mot populisme. On a raté le coche. Il fallait choper le mot au début et dire oui oui tout à fait.

Moi, j'ai essayé une fois, c'est la fête de l'huma paraît une interview dans l'Express et je dis vous assurez. Ouais, ouais, populiste, ça me va. Bon, trop tard, c'était dans l'exprès.

J'en ai pris plein la tête pour pas un rond. y compris mes camarades communistes ont commencé à critiquer. Je dis : "C'est bon, une des règles du populisme de l'époque tel qu'il avait été formulé par Laclo et Chantal Mouf, c'était on se bat pas pour les mots." C'est pas la peine d'aller expliquer qu'on est la vraie gauche.

Vous passez 2 heures à expliquer qui est la fausse gauche et pourquoi et pourquoi c'est vous la vraie. Donc laissez tomber. Au début, on se réclamait même pas du mot gauche, hein.

On disait "Écoutez, je reviens autre chose un autre jour." Évidemment, la force des choses a ramené le flop dans son lit, hein, ça va de soi. Mais c'est pour vous dire queil y avait un enjeu sur les mots.

Populisme a chopé une connotation négative contre laquelle nous ne pouvons plus rien aujourd'hui. Donc dans dans le bouquin Fitme, je dis bah on va s'appeler peupliste. Vous pensez que quelqu'un tomberait sur le dos ?

Non, rien. Ça les a pas intéressé. Donc faut dire que j'ai pas eu de bol hein.

Publier un livre le 28 septembre, une semaine après, c'était le 7 octobre, j'étais mort. Bon, donc pour ce qui est d'avoir de la presse, donc le le le concept euh de de correspond à ce que nous avons observé. Et à partir de là, on s'est mis au travail à découper des articles de journaux du monde entier pour examiner les photos, regarder qu'est-ce qu'on voyait, qu'est-ce qui était expliqué.

Et là-dedans, toute la discussion va détailler contribution par contribution le concept de classe révolutionnaire, hein. Parce que si tout ça, on discute de tout ça, c'est parce qu'on veut savoir qui fait la révolution pour euh bon, nous sommes anticapitalistes, j'espère que tout le monde a retenu ce détail euh dans l'affaire, mais comme on est anticapitaliste, qui c'est qui va se charger de renverser le système ? Donc ça a quand même de l'importance.

Alors si on court après un messianisme politique attribué à une catégorie sociale qui s'est complètement volatilisée, pas disparu. Il y a jamais eu autant d'ouvrier, ni jamais autant d'employés. Puis faire la différence entre un ouvrier un employé dans l'état de métier, c'est absolument impossible.

Ça existe que à l'INC truc mais dans la vie non. Alors bref, c'est pour ça que c'était si important. Alors pourquoi je le précise hein ?

Et pour terminer, en m'en excusant auprès de ceux qui trouvent que ça fait bien des paroles et bien des pages pour décrire une réalité qu'on a tous sous le nez, c'est-à-dire que vous avez tous soule qu'on est plus nombreux que jamais. On a tous soule que tout le monde vit en ville et qu'il y a plus de vie autarchique possible. On est tous dépendants de réseau.

Essayez de planter vos patates sur votre balcon et d'élever votre vache dans votre salle de bain. Vous allez avoir une idée. Non, c'est pas possible.

Donc n'en parlons plus. Et donc toutes ces choses sont des choses qui étaient évidentes mais dont le sens par rapport à la critique matérialiste du matérialisme historique n'était pas éclairé. La ville, bon bah vous en parlez qui vous voulez, c'est un décor.

Des fois il y a des vieux bâtiments, alors on pense que ça ouais ça a toujours été comme ça quoi. Non, la ville a été dès le point de départ un projet politique. La ville c'est pas un village qui a grossi.

C'est des gens ont décidé qui peut-être vivaient dans des villages ont décidé de faire des villes. Donc toutes les villes qu'on connaît, elles ont un plan au départ et un plan quadrier. Et c'est un français qui a trouvé l'explication parce qu'on pensait tous que c'était l'élevage et l'agriculture qui avait créé la ville.

Et le le sociologue ou l'ethnologue qui s'appelle Jacques Testard montre comment la ville est née autour de l'idée qu'on stockait. On stock et si tu stockes bah tu gardes le stock. Donc faut des gens qui fassent que ça et il faut produire plus que pour soi-même sinon ça vaut pas la peine hein.

Et le stock bah le stock il va créer tout le reste. Le marché où on échange. Les gens qui distribuent c'est les bureaucrates.

Les gens qui protègent c'est les militaires plus les curés dans toutes les situations pour expliquer que c'est Dieu lui-même qui a voulu tout ça. Ça va ? Je me permets de vous reprendre le micro mais pas pour poser une troisième question.

Il y en a plus. Donc voilà, là vous avez on va dire l'échafaudage de ce livre et puis bah pour visiter le bâtiment, vous pouvez acheter le livre et le lire et Jean-Luc Mélenchon va maintenant se faire un plaisir de vous dédicacer des exemplaires. Je pense qu'on peut l'applaudir.

Merci. Trois questions. [Applaudissements]