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interviewBLAST· 12 juillet 2026 22 min

🦏 MÉLENCHON, LE NOUVEAU LE PEN ? LE PLURALISME EST UNANIME

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour, bienvenue dans rinoceros. On n'est pas en plateau parce qu'il fait hyper chaud, vous l'aurez compris mais on n'allait pas vous laisser sans faire un petit épisode bilan de cette folle saison médiatique. On en est où sur la question du pluralisme ?

Oui, en plus ça va être la présidentielle. Les grands médias se préparent. À quoi on va avoir le droit à la rentrée, hein ?

Est-ce que ça va être comme cette année ? Est-ce que ça va être pire que cette année ? Est-ce que c'est possible de faire pire que cette année ?

Vous savez que c'est la dernière de la saison ? Ah non mais pour nous trois vous allez continuer vous de bosser ? Mais moi nous on sait pas hein.

On sait rien nous. Ah bah écoutez moi je sais on lit la on lit les rapports de l'arcom. Alors on sait pas bien.

Et vous vous avec l'ARCOM faites attention. Gill William Goldenadel et Julien André s'interrogent aussi ils sont comme nous. Est-ce qu'ils vont pouvoir continuer à participer ensemble à cette émission pluraliste présentée par Elliot d'Aval ?

L'émission s'appelle face- à face et oppose donc ces deux mecs, un avocat d'extrême droite et un ancien socialiste. Julien Dr n'est plus adhérent au Parti socialiste depuis 2018, mais vu que c'est un ancien socialiste, quand il nous explique que les insoumis sont antisémites ou qu'il faut arrêter de traiter boloré de fasciste, son temps de parole est décompté du temps de parole de la gauche. Mais je j'ai moi je vous donne source proche du dossiercom.

Oui, Julien Dray oui est désormais classé à l'extrême droite. Aux heures de très forte audience, Julien Dray monopolise près de la moitié du temps d'antenne accordé à la gauche. Dans un papier paru en juin, Youes Abzuz et Donatien UT de Mediapart nous expliquent que c'est grâce à Julien Dray que ces news grugent l'arcom, ce dont il s'amuse lui-même à l'antenne.

Il ont expliqué que j'étais plus socialiste. Bon ça c'est leur droit. J'étais socialiste avant même qu'il soit encore conçu euh vu leur âge son voilà qui donc désormais j'avais des positions réactionnaire anti c'est pas vrai vous êtes réactionnaire vous êtes un audioréac et alors et alors je me suis dit vous savez ce que je me suis dit des jeunes comme ça j'en ai vu qui me traitaient de tous les noms et en général ça finissait comme des bons petits bourgeois bien rangés et dans votre gueule les petits cons de médiapart aujourd'hui quand on veut être un punk un vrai punk il faut rejoindre la croisade de Boloré contre le système et il faut le soutenir fran Franchement, pas timidement comme Tuc Duel deis.

Alors lui, on l'a pas mal vu à la télé ces derniers temps parce qu'il a un bouquin à vendre. Un bouquin qui revient sur l'entreprise de normalisation de l'extrême droite à laquelle on a assisté ces dernières années. Un livre qui a beaucoup plu au philosophes, chroniqueur, animateur Nathan de Vert.

Moi, je dois vous dire quelque chose. Je suis très heureux de vous recevoir parce que j'ai trouvé votre livre très beau et très émouvant. Dans ce livre très beau et très émouvant, le directeur de la rédaction de valeurs actuelles nous dresse un charmant tableau de ses faits d'armes comme la publication en 2020 d'un texte raciste qui nous invitait à imaginer Daniel Obonau en esclave du temps de la traite négrière.

On y apprend qu'à l'époque celui qui n'était alors que directeur adjoint de la rédaction avait reçu un message de félicitation de la part de Philippe Deviler qui lui disait "Tuel, je voulais simplement te dire que je te considère désormais comme un chevalier." C'est Mathieu Dejan qui a pris la peine de lire tout le bouquin pour nous raconter ce qu'il y avait dedans. Au fil des pages d'apéro dinatoire mondin en concert de Jean-Pax Mefret, ces liens de conivance entre communiquants, politique et patron d'industrie, souvent issus des mêmes écoles et du même milieu, témoignent de la banalisation de l'extrême droite.

Jusqu'à François Bairou qui confie à Tucual de Nis qu'il aime beaucoup, Vincent Boloré. Sauf qu'étonnemment, tout ça n'a pas convaincu Pascal pro qui aurait aimé qu'on le défende un peu mieux, lui, les siens et surtout son patron. Vous nous avez pas beaucoup défendu, je trouve.

Non, c'est pas vrai. Si. Non, non, c'est pas vrai.

Moi, ça m'a j'étais franchement je me suis dit de il est pas très courageux pour nous. On vous montait pas beaucoup dire, regardez toute la promo que j'ai faite. J'ai fait un certain nombre de plateaux.

On a parlé de Vincent Bolloré sur France Culture la semaine dernière. J'étais face à un prof de sciences politiques de l'école polytechnique qui caricaturait à outrance la pensée de Valoré et je l'ai tout à fait défendu. J'ai Et oui pour sa promo Tuc Duel le Versaillet a eu le droit à France info et à France Culture.

Alors on va écouter ça. Bon il avait dit quoi sur Boloré ce prof de sciences politiques ? En l'occurrence il s'agit de l'historien et politologue Vincent Martini.

Mais est-ce que Vincent Boloré pense vraiment que nous vivrons demain dans un pays où les églises redeviendront pleines dans lequel les femmes reviendraient une place subalterne ? dans lequel la société traditionnelle vantée par le général de Gaul dans les années 50 reviendra aujourd'hui. Je crois que personne ne le croit sincèrement.

Moi, je pense que Boloré croit sincèrement qu'en France, on pourrait faire comme Trump, des expulsions, des cand de rétention pour les étrangers et les noms blancs, une régression des droits des femmes et des minorités et cetera. Mais bon, admettons, pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'œil à la dernière grosse production du groupe Canal. Ce sont quatre épisodes de 52 minutes qui vont créer l'événement et sans doute jeter quelques bombes dans l'espace politique.

Éric Zemour travaille depuis plusieurs années sur ce format inédit, l'adaptation visuelle de son livre à succès, le suicide français. On y retrouve le même ton, la même gravité, le même diagnostic singlant sur ces décisions qui ont conduit notre pays dans le mur. Sauf que cette fois chaque démonstration est ponctuée d'extrait.

Chaque raisonnement s'appuie sur des archives. Oui, ça s'appuie sur des archives mais pour dire un petit peu toujours la même chose. Tout est parti en couille, pays finito.

Et c'est de la faute de la gauche, des immigrés, des féminites et des homosexuels qui ont émasculé ce pauvre homme blanc riche. Et l'homme blanc, hétérosexuel de la bourgeoisie française sera un coupable à jamais. Un coupable de tout, un coupable pour toujours.

Et il en a marre de se laisser faire l'homme blanc parce qu'en plus, il a plein de tunes et donc attention au tunes, l'homme blanc compte pas pour des prunes. Voilà donc ce que nous propose Boloré 1 an avant la présidentielle. Une présidentielle dans laquelle on retrouvera peut-être Éric Zemour qui avait été son champion en 2022.

Euh vous caricaturez quand même un peu la pensée de Vincent Boloré et d'ailleurs c'est quand même un des problèmes aujourd'hui dans le débat public euh de euh caricaturer euh ses adversaires quand vous dites que il est pour la rétrogradation de de de la femme euh la place de la femme dans la société. Ça je pense qu'on Non des rôles traditionnels, on va dire. Oui, mais vous trouverez aucune phrase Vincent Boloré disant ça.

Ce que j'attends ce que j'attends des gens comme vous c'est ce qui est important c'est votre avis à vous. C'est ça de parce que demain c'est aujourd'hui c'est nous mais demain ce sera vous comme dit l'autre. Vous avez peut-être pas le temps mais regardez mes interventions sur BFM sur sur France info sur France Culture le dernier chapitre de mon liv je je défends extrêmement ce que vous faites enfin ce que vous faites tous globalement dans la la famille du groupe Bolloré.

Il défend si bien Boloré qu'on pourrait croire que son livre a été édité par une des maisons d'édition appartenant à Boloré. Ce serait logique. Et ben même pas, il est sorti chez Robert Lafond qui appartient au groupe Editis, un groupe dirigé par Denis Olivien, le fondé de pouvoir d'un autre milliardaire important du capitalisme français qui a racheté edit à Vincent Bolloré en 2023, Daniel Kettinski.

L'homme d'affaires tchè soutien d'Emmanuel Macron détient aujourd'hui Marianne et Fran Tireur de publications dont on connaît les obsessions et qui tapent sur Mélenchon toute l'année. Et c'est aussi Kretinski qu'on retrouve derrière la chaîne T18, une chaîne de la TNT qui diffuse toute la journée des programmes sans intérêts, des redifs d'émission de fait d'hiver ou des redifs de programmes sur la maison ou le jardin mais qui diffuse surtout le soir un talk show d'actualité à la C dans l'air. Un programme animé par le journaliste Mathieu Croissando.

Un mélangon plus rond, moins clivant. Est-ce qu'un mélangon gentil ça intéresse quelqu'un ? Euh euh Adrien Matou, je je pose cette question parce qu'il y a une époque Jean-Marie Le Pen disait un Front National gentil, ça n'intéresse personne.

Un programme dans lequel évidemment on va comparer Mélenchon au vieux Le Pen et même interroger là-dessus Adrien Matou de Marianne qui travaille lui aussi pour Kinski. Le milliardaire tchèque avait remporté l'appel d'offre en promettant à l'arrcomalisme. Pour l'instant, il nous propose du True Crime et des plateaux sommes toutes assez convenus.

On a jeté un œil là-dessus un peu toute l'année. Bah, ça ressemble quand même énormément à ce qu'on peut voir ailleurs. Bah alors, le mélangchon nouveau n'est peut-être pas encore arrivé.

Euh, peut-être qu'on va le voir évoluer pendant toute cette année de campagne. Merci beaucoup Arnaud Champier Trigano. À très vite sur le plateau de P pourtouier.

On va parler maintenant d'un sujet qui occupe évidemment toute la campagne présidentielle qui commence, l'immigration. Quand on parle du groupe Boloré, on cite souvent les synergies entre ses chaînes de télé, ses journaux, ses bouquins et les boutiques relais qu'il possèdent. Et bien, sachez que cette méthode a sans doute inspiré Daniel [musique] Ktinski puisque celui-ci a racheté la Fnac il y a quelques mois.

On espère que le livre de Tuc du Aldoni pourra y bénéficier d'une belle mise en avant. On fait ce petit détour par Kretinski pour vous montrer qu'on commence à être bien cerné. Quand Nathan de ou Guillaume Erner choisissent de recevoir Tucdual de pour une interview complaisante, Boloré n'y est pour rien.

Tout ça se fait sans lui. Le bouquin c'est Kretinski et les médias ce sont ceux du service public. On emploie beaucoup dans le débat public aujourd'hui le mot extrême droite.

Comment vous le définiriez vous aujourd'hui pour vous poser une question simple et est-ce qu'elle existe encore aujourd'hui en France ? Est-ce qu'il existe encore selon vous une extrême droite ? On va revenir sur cette émission.

Le pour et le contre sur France info avec lui là Paul Melin un genre de souverainiste réac à la Michel Onfray et ce séan jeune homme Nathan de vert qui serait plutôt un héritier de BHL dont il a été un protégé avant de voler de ses propres ailes et vous êtes assez inséparable avec Nathan de vert parce que vous étiez ensemble chez C News ça fait un peu penser à Eric et Nolo. [rires] Ah oui à Zourolo, pardon. Et c'est quoi votre relation un petit peu ?

Bah on est on est on est très amis. Euh moi j'aime j'aime beaucoup Nathan de verre, vous savez. C'est un un coup de cœur amical euh avant d'être un coup de cœur professionnel et je trouve et je pense que ceux qui nous écoutent, qui travaille avec des amis, quel que soit leur métier, savent ce dont je parle.

C'està c'est très agréable de travailler avec quelqu'un en qui vous avez confiance, sauf quand il veut faire un épisode en voix off parce qu'il a un peu chaud, mais ouais dans l'ensemble, ouais, pourquoi pas ? Et donc le pour et le contre, c'est une émission hyper originale puisque comme Zemour et Nolo, c'est deux mecs et ils donnent leur avis sur tout comme dans face-face avec Julien André et Gold Nadel sur C News. Oui, tiens aussi.

Oui, et comme le duel avec Luc Ferry et Daniel Conbandit sur LCI, c'est ça aussi le pluralisme. Chaque chaîne a le droit à son petit duo d'hommes blancs qui savent tout mieux que tout le monde. Et vous remarquerez que chacun de ces duos répond à la même logique.

Le truc nous est vendu comme un duel entre un gars de droite et un gars de gauche. Et au bout d'un moment, surprise, le mec de gauche en fait, il est plutôt centriste. Et le mec qu'on nous présentait comme un mec de droite s'avère à l'usage avoir un avis de fachot sur à peu près tous les sujets.

On va faire un mélange au test pour voir si c'est pareil avec le duo de France info. On va écouter ce qu'on dit Deers et Melin au lendemain du mythique de Saint-Denis. C'était un gros succès.

Ils ont été obligés d'en parler. C'est-à-dire que la pensée universaliste propre à la gauche, c'est pas euh les races, c'est pas les distinctions entre les immigrés, les Français, les je ne sais quoi. Là, Mélenchon parle comme Zemmour inversé.

Bon, déjà, il a retenu que le truc sur la Nouvelle-France. Il dit rien du reste. C'est pas bon signe.

Oui, il a l'air d'avoir peur de se faire grand remplacer ce garçon. Donc je trouve que il est sur une dérive absolument dangereuse. Mais bien sûr qu'il le fait si est pas sur une ligne de crête.

Est-ce que c'est pas Ah mais il est plus que sur une ligne de crête là. Il est au fond du ravin de la de la descence humaine. Ce qu'il fait c'est indécent totalement indécent.

C'est-à-dire que c'est plus que du raccolage. Il dit en gros un/ tiers des Français sont issus de l'immigration, on est chez nous. Voilà.

Voilà. Je je veux pas si vous voulez, j'ai même pas besoin de donner une longue explication. Non non, c'est bon, on a compris.

Bon bah lui, il passe pas le mélange au test. Mon fâchètre s'affole. Bon Nathan de vert, lui il en a retenu quoi de ce meeting ?

Oui, ça aussi ça fait partie du test hein. Ces fins observateurs de la vie politique ont une heure entière de meeting durant laquelle Mélenchon a fait un discours assez généraliste. Il a parlé des corions, il a parlé des riches, il a parlé de plein de trucs.

Mais eux, ils en ont retenu quoi ? Sur quoi ils ont siamment décidé qu'on allait s'attarder ? Jean-Luc Mélenchon choisit d'être le candidat de l'antiracisme.

Merveilleux, magnifique. Moi, je signe l'antiracisme. Le seul problème, c'est comment voulez-vous être antiraciste quand vous et votre parti mouvement reprend une propagande raciste s'agissant des [musique] juifs, c'est-à-dire une propagande antisémite, une rhtorique, une phrase éologie, enfin pardon, je retire le mot.

Enfin, c'est plutôt phraséologie ou rhtorique que propagande, mais antisémite et donc raciste vis-à-vis des juifs. Et là, c'est un des avantages de ce format, le duel, le duo dans lequel deux hommes finissent par tomber d'accord. Ils n'ont à répondre de rien et personne ne peut leur répondre puisqu'ils parlent entre eux sans contradiction.

Oui, ça s'appelle le pour et le contre, mais je crois que les deux sont contre Mélenchon. La dynamique est un peu la même que sur ces news où on a des heures de plateau de gens qui parlent tous les jours des insoumis, qui salissent les insoumis alors que les insoumis en question sont rarement là pour se défendre. Et on peut même continuer quand il y a des invités d'extrême droite et faire ça avec eux, c'est quand même plus convivial.

De ver et Melin, ils l'ont fait avec Tuc Dual deis. Moi juste en en en un mot sur sur la notion d'extrême droite qu'en effet elle évolue, c'est une chose mais par exemple vous seriez d'accord je pense pour dire que que elle est fill dire extrême gauche comme avait dit de mémoire le Conseil d'État c'est pas déconnant. Non, l'extrême gauche comme l'extrême droite.

Les extrêmes, c'est des termes positionnels. Ils sont quasiment antisémites et eux euh qui sont enfin ont une pratique de la p politique selon moi assez violente. Et malheureusement cette émission originale et pertinente n'a pas trouvé son public.

Philippe Corbet, le directeur de l'information de France Télé, a choisi de ne pas la renouveler à la saison prochaine. Et on peut le comprendre, France Info, la télé OK, il a des plateaux un peu bidons, c'est le repère de Nathalie Saintcric. Mais pour ce qui est des invités tout au long de la journée, c'est sans doute la chaîne info qui invite le plus de vrais spécialistes, genre des chercheurs, des universitaires.

LCI, sa spécialité, c'est les gradés de l'armée. Ces news, c'est les nostalgiques des colonies. BFM, c'est les flics.

Mais sur France info, ils vont chercher des universitaires en visio avec un son dégueulasse. On salue l'effort. À distance avec nous, Usul.

Soyez le bienvenu monsieur. Vous êtes politologue, vous êtes chroniqueur à Blast. Vous animez notamment l'émission critique des médias rhinoceros sur Blast.

Bon là c'est un mauvais exemple. Il est où ton diplôme de politologue là ? Dans ton cul.

Non mais voilà ce qu'on voulait dire c'est que normalement le sérieux des intervenants c'est ça la plusvalue du service public. C'est pour ça que les gens écoutent France Culture par exemple pour entendre moins d'opinions et plus de vraies expertises. C'est ça la mission du service public.

Sauf entre 7h et 9h parce que les matins de France Culture, c'est l'émission de Guillaume Erner et il a décidé que dans sa tranche horaire, ce qui comptait c'était son point de vue à lui avant tout, même quand il invite des vrais chercheurs. Patrick Boucheron. En ce moment, il y a une résurgence, en tout cas, c'est mon analyse de de l'antisémitisme et d'un antisémitisme qui euh parfois utilise d'autres visages avec un certain nombre de termes comme l'antisémitisme est devenu un un crime, mais l'antisémitisme politique n'est plus envisageable.

Alors, on utilise d'autres termes. On traite des gens, par exemple, qui n'ont jamais pris de de positions particulières par rapport à Israël de sioniste, voir de génocida. Qu'est-ce que Qu'est-ce que ça vous inspire cette période particulière ?

Patrick Boucheron. Patrick Boucheron est historien [musique] et il avait été invité pour la panthéonisation de Mark Block à revenir en tant qu'historien sur l'œuvre du héros républicain du jour. Ce que lui et sa collègue Ali Aglan ont pu faire sereinement dans la première partie de l'émission.

Mais dans la seconde, Guillaume Erner voulait qu'on parle de l'antisémitisme. Vous l'avez entendu. Pour lui, les antisémites qui sous Vichis en étaient pris à Mark Block sont de retour et aujourd'hui ce sont eux qui traitent les uns et les autres de génocidaires et de sionistes.

Patrick Boucheron, les résonances actuelles. Non, non, mais ça on vous laisse parler tout seul. Mais pourquoi ?

Ben parce que là aujourd'hui on est dans un autre sujet qui est celle de parler justement d'un historien qui nous trouvez vraiment vous trouvez vraiment que c'est vous trouvez vraiment que vous trouvez vraiment cette question a sans doute paru un peu hors sujet à Patrick Boucheron Blo était un athé qui ne revendiquait pas ses origines juives. Celui qu'on faisait rentrer au panthéon c'était un français un historien et un résistant. Il n'est d'ailleurs pas mort parce qu'il était juif il a été fusillé parce qu'il était résistant.

Mais Erner là veut faire dire quelque chose à Boucheron. D'ailleurs, le journaliste a formulé clairement sa thèse : "La dénonciation du sionisme, de la colonisation ou du génocide, c'est aujourd'hui l'équivalent fonctionnel [musique] de l'antisémitisme des années 30. Autrement dit, les nouveaux nazis sont ceux qui aujourd'hui boycottent ou dénoncent les soutiens d'Israël.

C'est quand même pas compliqué." Bah, dites-le Boucheron, dites-le. On a aujourd'hui monsieur Boucheron espèce de de Pit de la gauche qui est qui est professeur au collège de France et qui semble-t l'autre jour sur France Interne n'a pas voulu du tout qualifier la question du la résurgence de l'antisémitisme.

Quand on a aujourd'hui de l'antisémitisme, il est bien sûr de Marine Le Pen puisque son arrière-gr-père était Vafanesses. Ces extraits ont circulé bien au-delà du cercle des auditeurs habituels de France Culture et ont provoqué pas mal de réactions. Boucheron a été accusé d'antisémitisme.

Dans Marianne, une tribune lui a reproché sa réaction et son manque d'empathie. Sur X, on a pu lire qu'il s'était soumis à l'islamovoquisme. Quelle est la question ?

Ben, je vous voulez un un prolongement. Je vous ai répondu. Je vous ai répondu.

Vous ne voulez rien ajouter ? Non, on peut continuer à parler de Mark Block. C'est ça qui est passionnant.

Sur les 40 minutes d'entretien censé être consacré à Mark Block, l'animateur vedette de France Culture aura donc passé 10 minutes à essayer de faire dire à ses invités qu'aujourd'hui les nouveaux antisémites sont à gauche. Comme si le travail n'avait pas déjà été fait par C News, par France Info, par toutes les autres matinales de ce pays. Mais Guillaume Erner n'allait pas en rester là car le lendemain à la même heure, il a choisi de faire plus simple, inviter quelqu'un d'extrême droite [musique] et lui demander aussi de parler de Jean-Luc Mélenchon sur le même sujet, celui de l'antisémitisme.

Marine Le Pen, j'aimerais passer aux répercussions de de ce conflit israélo-palestinien en France avec la question de de l'antisémitisme. J'ai trouvé sur les réseaux sociaux une sorte de petit montage qui passe comparant Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sur le sujet de l'antisémitisme. On en écoute un extrait.

Pour moi, c'est la caste, c'est-à-dire les tout-puissants financiers et leur marionnettes médiatiques, politique. Que les juifs aient beaucoup de pouvoir dans la presse, ça ne me paraît pas d'un peu discutable. Alors non, vous ne rêvez pas.

Il propose donc à Marine Le Pen de réagir à un petit montage qu'il a trouvé sur internet. Ce petit montage, il vient de Léon Média, un compte sur les réseaux sociaux animés par des pro Issraéliens. Un montage facécieux mais surtout falacieux.

Puisque dans cet extrait tronqué, Mélenchon ne parlait absolument pas des juifs, il s'exprimait sur les puissances d'argent qui aux États-Unis avaient porté Donald Trump au pouvoir. Et après ce petit montage, il a proposé à Marine Le Pen de réagir. Quand avez-vous décidé Marine Le Pen de rompre avec l'antisémitisme de votre père ?

Cette fois, c'est à France Culture que ça a pas mal réagi du côté de la CGT, mais aussi du côté de la société des producteurs et productrices de France Culture, c'est-à-dire des gens qui partagent l'antenne avec Guillaume Erner. Celui-ci a même fini par devoir présenter des excuses de jours plus tard. Je ferai tout ce qu'il faut.

Je serai vigilant à l'avenir pour que ça ne se reproduise plus. C'est essentiel puisque ça touche à ce que nous avons de plus précieux, le lien de confiance qui nous unit. Chers auditrices et auditeurs, j'ai fait deux erreurs et je m'en excuse. 61 % des Français n'ont pas confiance dans les médias traditionnels.

Ils ont raison. Le manque de déontologie dont Guillaume Erner a fait preuve lui a été reproché bien sûr, mais c'est l'invitation de Marine Le Pen- qui a choqué ses collègues qui n'avaient pas été prévenu ni consulté. Ils ont fini par l'écrire dans un courrier adressé à la direction comme nous l'apprendes Abzus sur Media Part.

D'autant qu'il y a tout juste un mois, les sociétés de journalistes et les syndicats de Radio France avaient demandé à rencontrer la direction après avoir été informé de la possible invitation d'Éric Zemour dans la matinale de France Culture alors qu'une règle non écrite les a conduit à renoncer aux invités politiques depuis plusieurs saisons. Cette fois-ci donc ses collègues réclament des sanctions. Mais est-ce que c'est encore possible ?

Peut-on sanctionner un animateur du service public sous prétexte qu'il a une dent contre la France insoumise et qu'il a peut-être un petit faible pour l'extrême droite ? Ceci dit, là il y a une autre question qui se pose, c'est celle de la crédibilité de France Culture. C'est ça qui inquiète les gens qui bossent là-bas.

Et puis est-ce que c'est normal qu'un animateur privatische horaire la plus importante de la station en plus ? Oui. Est-ce qu'on devrait pas mettre quelqu'un avec lui à la rentrée ?

Un autre mec, on ferait une sorte de débat de duel de face- à face entre Herner et quelqu'un de centre gauche. On pourrait mettre ERC Nolo. Tiens, est-ce que tout ça ça serait pas tout simplement les conséquences de la commission à l'oncle ?

Dans le service public, tout le monde est pétrifié. Sanctionner Herner, n'y pensez même pas. Erner est sans doute vu aujourd'hui comme un gage de pluralisme donné au réactionnaires.

Un type capable d'inviter complaisemment le même moi, Tuc Duel Denier, Marine Le Pen, ça ne se vire pas comme ça. Un journaliste capable de faire subir plusieurs jours de cyberharcèlement à un universitaire comme Patrick Boucheron. On garde et sur France Télé à la rentrée, c'est Eugénie Bastier qui va faire son arrivée à l'antenne.

Elle sera présente dans le remake de l'heure de vérité au nom du pluralisme bien sûr et elle le dit elle-même. Si elle se retrouve là, c'est sans doute grâce à la commission d'enquête de Charles Loncle. Écoutez, je crois que il y a un effort effectivement de ces dernières ces dernières années, je pense qu'il a précédé la commission d'enquête et qui se poursuit après la commission d'enquête de de davantage effectivement de de d'ouverture de pluralisme qui était un vrai problème sur service public.

J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises euh et avec un ça réplique trop homogène idéologiquement et il y a un effort qui est fait pour effectivement faire entendre d'autres voix. Tout ça bien sûr on en reparlera à la rentrée mais en tout cas ça fait plaisir tout ce pluralisme hein. Qu'est-ce qu'il faut en retenir de cet épisode de fin de saison ?

Bah je pense que Mélenchon c'est comme les nazis. Voilà, j'ai écouté un peu toutes les chaînes pour me faire mon propre avis en m'appuyant sur le pluralisme et je suis formel. Faut pas voter pour ce type là, il est dangereux.

On dirait le vieux Le Pen. Nous, on vous souhaite bon courage pour cet été de merde. Alors non, attends parce que pour l'été, j'ai encore un peu de pluralisme pour vous.

France Interre vous invite à passer un été avec Nietzsche, des petites chroniques comme ça tous les jours. J'ai écouté ce matin, c'était l'écrivain identitaire Sylvain Tesson qui parlait de Nietzsche et ça va tourner. Et ben non, en fait tout l'été ça va être Sylvain Tesson sur France Inter.

Voilà, ça fait quand même beaucoup de pluralisme là, non ? Et ouais. Et nous on se retrouve en septembre prochain.

Ah. [musique] [musique] [musique] [musique] [musique]

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