l'ANUP, s'agit-il d'une ancienne gauche ou d'une nouvelle forme de radicalité ?
Réponse à côtéLe terme radical en lui-même appartient à l'histoire de la République du XIXe siècle. C'est quand les républicains commencent à se partager entre ceux qui disent qu'il faut appliquer intégralement et radicalement le programme républicain et ceux qui disent qu'il faut attendre le moment opportun pour les réformes lorsqu'on a réussi à rassembler une majorité suffisante pour les faire accepter. Donc, les républicains au pouvoir vont se diviser entre républicains radicaux et républicains opportunistes qu'on appellera plus tard modérés. Historiquement, c'est ainsi qu'on explique, disons, le fait que pendant très longtemps un courant politique de la gauche s'est appelé radical lui-même ensuite co…
« Le terme radical en lui-même appartient à l'histoire de la République du XIXe siècle. C'est quand les républicains commencent à se partager entre ceux qui disent qu'il faut appliquer intégralement et radicalement le programme républicain et ceux qui disent qu'il faut attendre le moment opportun pour les réformes lorsqu'on a réussi à rassembler une majorité suffisante pour les faire accepter. Donc, les républicains au pouvoir vont se diviser entre républicains radicaux et républicains opportunistes qu'on appellera plus tard modérés. Historiquement, c'est ainsi qu'on explique, disons, le fait que pendant très longtemps un courant politique de la gauche s'est appelé radical lui-même ensuite contesté par l'émergence du socialisme puis du communisme. On parlait tout à l'heure d'anarchie, du syndicatisme révolutionnaire, etc. Donc, le parti radical qui était le parti plus à gauche de la République est devenu après le parti de la gauche modérée. Ce qui fait que le terme de radical est un terme un petit peu ambigu dans notre histoire qui peut servir à désigner aussi bien une extrême gauche qu'une gauche très modérée. Il existe aussi à droite les radicaux valoisiens n'étaient pas, par exemple, les radicaux les plus extrêmes. Mais qui sont héritiers de cette tradition radicale socialiste. Vous retrouvez ça dans d'autres pays européens. Au Danemark, un grand parti de droite s'appelle le parti de gauche parce que c'est l'héritier du radicalisme tel qu'il a existé à la fin du XIXe siècle. Et lorsqu'émerge ensuite la question sociale ou d'autres questions politiques, son axe se déplace évidemment progressivement vers la droite. Donc personnellement, d'ailleurs, j'évite plutôt d'employer ce terme de radical puisque je le trouve un petit peu piégé. Je ne suis pas sûr que les gens comprennent la même chose suivant les occasions. J'utilise souvent encore le terme d'extrême gauche qui lui aussi a passé un petit peu de mode parce que l'extrême a pris une valeur un peu péjorative. Ce qui n'était pas le cas dans notre jeunesse. On pouvait se dire... Parfois même, c'était un peu l'inverse. Oui, la mode était plutôt à l'inverse. Effectivement, il fallait être plus à gauche que le voisin souvent. »
