Michel Rocard — Questions et méthode · Pourquijevote
Registre vérifiable
Face aux questions
Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Comment lire ce registre
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
1
Une question isolée
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
2
Un état descriptif
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
3
Un passage vérifiable
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Période observée
2 août 2009 au 4 juil. 2016
Questions
33
Entretiens
Non renseigné
Sources
Non renseigné
Heures analysées
Non renseigné
Répartition sur 33 questions évaluables
Réponse directe
19
Réponse partielle
7
Réponse à côté
7
Questions et passages vérifiables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
Questions 1 à 25 sur 33
Question 1C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
expliquent-elles ces actes ?
Réponse à côté
Oui enfin c'est très important son pseudonyme quand il écrit au PSU parce qu'il est c'est Servier Servier Servier qui est un des grands libérateurs qui avait été brûlé voilà le martyr protestant de Genève le scoutisme est très important le scoutisme Je pense que oui l'éducation protestante a dû jouer de façon très importante pour lui oui ça certainement
« Oui enfin c'est très important son pseudonyme quand il écrit au PSU parce qu'il est c'est Servier Servier Servier qui est un des grands libérateurs qui avait été brûlé voilà le martyr protestant de Genève le scoutisme est très important le scoutisme »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 1:04:42
Dossier de profondeur politique
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Institutions citées2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 20 observations27 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Non. Mais, voilà, simplement, le problème, c'est que... Le problème, c'est que je le disais tout à l'heure, c'est que ce quinquennat est parti de telle façon qu'on n'a pas pris le temps précisément qu'il fallait pour faire les réformes et qu'on les fait de manière trop rapide, trop tard et du coup, avec énormément de difficultés. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 48:05
Méthode, périmètre et limitesVersion small-8b7aadfb4e0b
Méthodologie :
question_coverage
Publiée :
4 sept. 2026
Données arrêtées au :
5 sept. 2026
Les catégories décrivent uniquement la séquence observée.
Voir 1 autre passage
« Je pense que oui l'éducation protestante a dû jouer de façon très importante pour lui oui ça certainement »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 1:05:01
Question 2C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
il y avait encore Ruit Solferino à votre avis ?
Réponse à côté
mais il avait un bureau juste à côté ah oui un bureau juste à côté
« mais il avait un bureau juste à côté ah oui un bureau juste à côté »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 59:07
Question 3C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
En fait, ce sont des questions qu'on peut se poser et qui sont toujours dans le débat. Est-ce que c'est la gauche de Rocard, de Michel Rocard, qui est au pouvoir aujourd'hui, qu'un meuse ?
Réponse partielle
Je confirme, pendant qu'on était en train de faire ce livre qui est sorti en 2005-2006, il se préparait et il y croyait encore. Il voyait Gérard Collet, qui est l'un des deux grands communicants avec Jacques Pylain, hélas disparu, de François Mitterrand. 2007, je confirme, il y croit encore. Mais moi j'ai une thèse, et je pense que Jean-Paul Luchon, avec qui j'en ai parlé, est assez d'accord. Alors, Mitterrand, comme dirait Saint-Simon, il est fait pour le gouvernement des hommes, et Rocard, qui ne connaissait rien aux hommes, était fait pour l'administration des choses. Et c'est ça l'explication de tout, y compris les 14% ridicules face à Bernard Tapie. C'est un génial réformateur. Si on a…
« Je confirme, pendant qu'on était en train de faire ce livre qui est sorti en 2005-2006, il se préparait et il y croyait encore. Il voyait Gérard Collet, qui est l'un des deux grands communicants avec Jacques Pylain, hélas disparu, de François Mitterrand. 2007, je confirme, il y croit encore. Mais moi j'ai une thèse, et je pense que Jean-Paul Luchon, avec qui j'en ai parlé, est assez d'accord. Alors, Mitterrand, comme dirait Saint-Simon, il est fait pour le gouvernement des hommes, et Rocard, qui ne connaissait rien aux hommes, était fait pour l'administration des choses. Et c'est ça l'explication de tout, y compris les 14% ridicules face à Bernard Tapie. C'est un génial réformateur. Si on appliquait la ligne Rocard sur la réforme El Khomri, il faut la reprendre. Dans la revue civique, il y a un entretien qui est paru il y a quelques semaines, qui est le testament de Rocard. L'autre testament, il explique l'art délicat de la réforme. Mais M. Valls, Mme El Khomri, aurait dû le lire. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 6:03
Question 4C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Juste pour terminer sur Manuel Valls, il y a du recart dans Manuel Valls. Pourquoi ?
Réponse directe
Oui, un côté minoritaire chez lui, ça c'est vrai. Et puis, c'est vrai qu'il a appris chez Michel Rocard, incontestablement. Ça c'est vrai. Maintenant, bon, maintenant, on pourrait ensuite réfléchir à ce qui les différencie, bien sûr. Georges-Marc Benham. Je crois que le problème de Manuel Valls aujourd'hui, malheureusement, c'est qu'il n'est pas assez rocardien. C'est-à-dire, être rocardien, c'est être finalement proche de la sociologie, sensible aux libertés publiques, aux innovations, et être assez peu régalien. Or, qu'est-ce qu'on retient aujourd'hui de Manuel Valls ? On retient du vertical et du régalien. Et s'il avait développé sa part véritablement rocardienne, il n'en serait pas là.…
« Oui, un côté minoritaire chez lui, ça c'est vrai. Et puis, c'est vrai qu'il a appris chez Michel Rocard, incontestablement. Ça c'est vrai. Maintenant, bon, maintenant, on pourrait ensuite réfléchir à ce qui les différencie, bien sûr. Georges-Marc Benham. Je crois que le problème de Manuel Valls aujourd'hui, malheureusement, c'est qu'il n'est pas assez rocardien. C'est-à-dire, être rocardien, c'est être finalement proche de la sociologie, sensible aux libertés publiques, aux innovations, et être assez peu régalien. Or, qu'est-ce qu'on retient aujourd'hui de Manuel Valls ? On retient du vertical et du régalien. Et s'il avait développé sa part véritablement rocardienne, il n'en serait pas là. Il n'aurait pas laissé à Macron le monopole de l'innovation et de la jeunesse. Or, il a marché sur une jambe qui n'est pas la jambe la plus rocardienne, qui est la jambe régalienne. Et donc, il a beau sauter comme un cabri et avec beaucoup d'affection, etc., à dire je suis rocardien, hélas, je dirais hélas, car aujourd'hui, il serait en phase, il n'est pas assez rocardien. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 48:35
Question 5C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Y a-t-il encore des rocardiennes et des rocardiens ?
Réponse partielle
Ah oui, d'abord, dans le gouvernement actuel, il y a des anciens rocardiens. Il n'y a pas seulement Manuel Valls, il y a Ségolène Ro... Il y a...
« Ah oui, d'abord, dans le gouvernement actuel, il y a des anciens rocardiens. Il n'y a pas seulement Manuel Valls, il y a Ségolène Ro... Il y a... »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 47:34
Question 6C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Marisol Touraine ?
Réponse directe
Marisol Touraine, il y a Sapin, il y a beaucoup. Donc, oui, il a formé quand même une partie des dirigeants socialistes. Donc ça, c'est absolument évident. Alors, quels sont... Alors, bon, chacun... Les héritiers, c'est la question qu'on se pose. Moi, je crois quand même que... En tout cas, celui qui se revendique le plus clairement, c'est certainement Manuel Valls, effectivement. Non. Mais, voilà, simplement, le problème, c'est que... Le problème, c'est que je le disais tout à l'heure, c'est que ce quinquennat est parti de telle façon qu'on n'a pas pris le temps précisément qu'il fallait pour faire les réformes et qu'on les fait de manière trop rapide, trop tard et du coup, avec énormément…
« Marisol Touraine, il y a Sapin, il y a beaucoup. Donc, oui, il a formé quand même une partie des dirigeants socialistes. Donc ça, c'est absolument évident. Alors, quels sont... Alors, bon, chacun... Les héritiers, c'est la question qu'on se pose. Moi, je crois quand même que... En tout cas, celui qui se revendique le plus clairement, c'est certainement Manuel Valls, effectivement. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 47:42
Question 7C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Quel gâchis ! Ça me fait un peu penser aux émissions qu'on faisait, pardonnez-moi, au lendemain de la mort de Philippe Séguin, où l'ensemble de la droite tressait les louanges de Philippe Séguin, et où on s'est dit, au final, il n'était pas assez politique, il n'était pas assez machiavélique, il n'aimait pas assez la politique politicienne. Est-ce que c'est ça, le problème de ce pays, Jean-Marc Benhamou ?
Réponse partielle
Oui, je crois qu'il y a un parallèle avec Philippe Séguin. Il y a un côté chimérique, Simone Veil, Jacques Delors, Séguin, etc. Et je pense qu'il y a effectivement des destins pas tout à fait accomplis, et c'est le cas de Philippe Séguin aussi, qui reste comme un regret. Mais par ailleurs, la force aussi fait que le Front populaire, ça doit être 18 mois, enfin le premier Front populaire. Oui, enfin le vrai, un an en fait, le vrai, vrai Front populaire. Et Mendes, c'est 17 mois ? Oui, quelque chose comme ça. Trois ans, 17 mois, etc. Ah, mais la vraie durée, c'est Mitterrand. Non, mais attendez, attendez. D'abord, un, il faut bien voir quand même qu'arrivent à l'Elysée ceux qui le veulent le…
« Oui, je crois qu'il y a un parallèle avec Philippe Séguin. Il y a un côté chimérique, Simone Veil, Jacques Delors, Séguin, etc. Et je pense qu'il y a effectivement des destins pas tout à fait accomplis, et c'est le cas de Philippe Séguin aussi, qui reste comme un regret. Mais par ailleurs, la force aussi fait que le Front populaire, ça doit être 18 mois, enfin le premier Front populaire. Oui, enfin le vrai, un an en fait, le vrai, vrai Front populaire. Et Mendes, c'est 17 mois ? Oui, quelque chose comme ça. Trois ans, 17 mois, etc. Ah, mais la vraie durée, c'est Mitterrand. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 40:51Voir 1 autre passage
« Non, mais attendez, attendez. D'abord, un, il faut bien voir quand même qu'arrivent à l'Elysée ceux qui le veulent le plus fortement. C'est quand même, la loi de la politique, c'est ça. Il faut le vouloir absolument. Bon, ceux qui ont un rapport complexe à la politique, pas seulement Michel Rocard, il y en a eu plein, de grands talents, c'est plus compliqué pour eux. Donc ça déjà, c'est ça. Et justement, quelqu'un qui comme Michel Rocard dit la politique, eh bien, c'est pas beau, ben c'est compliqué. Parce que, je me souviens d'ailleurs très bien, juste un mot très rapide, je me souviens d'une discussion particulière que j'avais avec Michel Rocard sur Machiavel. Je me rappelle très bien, ça m'avait beaucoup marqué à l'époque, et il y avait une détestation de Machiavel chez Rocard, mais une détestation absolue qui... »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 42:14
Question 8C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Et là, on n'en est pas là, visiblement. Dans sa dernière interview au point, il disait qu'il y avait un million de fonctionnaires en pro. Il a fait une grande réforme, on l'a évoqué tout à l'heure, c'est la réforme des PTT. Ça s'était passé comment à l'époque ?
Réponse partielle
Formidablement. La même méthode. D'abord, c'est Paul Quilles également. C'est intéressant. Rocard, Premier ministre, Paul Quilles, qui était aux antipodes de Rocard, qui était le centralisateur, etc., mais qui va faire du rocardisme. Et donc, ça se passe, c'est une réforme modèle, la réforme de France Télécom, diagnostic partagée, mission de dialogue, et enfin, contrat à Air France aussi, ça s'est plutôt très bien passé.
« Formidablement. La même méthode. D'abord, c'est Paul Quilles également. C'est intéressant. Rocard, Premier ministre, Paul Quilles, qui était aux antipodes de Rocard, qui était le centralisateur, etc., mais qui va faire du rocardisme. Et donc, ça se passe, c'est une réforme modèle, la réforme de France Télécom, diagnostic partagée, mission de dialogue, et enfin, contrat à Air France aussi, ça s'est plutôt très bien passé. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 38:48
Question 9C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Sur cet aspect-là ?
Réponse directe
Je pense que oui l'éducation protestante a dû jouer de façon très importante pour lui oui ça certainement
« Je pense que oui l'éducation protestante a dû jouer de façon très importante pour lui oui ça certainement »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 1:05:01
Question 10C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Ça a été aussi brutal que ça. Alors, c'est formidable, en fait, parce que depuis le début de cette émission, on dit qu'il était moderne, il était visionnaire, il s'avait réformé, et il est resté trois ans seulement aux responsabilités à Matignon. Vous dites quoi ?
Réponse partielle
Oui, je crois qu'il y a un parallèle avec Philippe Séguin. Il y a un côté chimérique, Simone Veil, Jacques Delors, Séguin, etc. Et je pense qu'il y a effectivement des destins pas tout à fait accomplis, et c'est le cas de Philippe Séguin aussi, qui reste comme un regret. Mais par ailleurs, la force aussi fait que le Front populaire, ça doit être 18 mois, enfin le premier Front populaire. Oui, enfin le vrai, un an en fait, le vrai, vrai Front populaire. Et Mendes, c'est 17 mois ? Oui, quelque chose comme ça. Trois ans, 17 mois, etc. Ah, mais la vraie durée, c'est Mitterrand. Non, mais attendez, attendez. D'abord, un, il faut bien voir quand même qu'arrivent à l'Elysée ceux qui le veulent le…
« Oui, je crois qu'il y a un parallèle avec Philippe Séguin. Il y a un côté chimérique, Simone Veil, Jacques Delors, Séguin, etc. Et je pense qu'il y a effectivement des destins pas tout à fait accomplis, et c'est le cas de Philippe Séguin aussi, qui reste comme un regret. Mais par ailleurs, la force aussi fait que le Front populaire, ça doit être 18 mois, enfin le premier Front populaire. Oui, enfin le vrai, un an en fait, le vrai, vrai Front populaire. Et Mendes, c'est 17 mois ? Oui, quelque chose comme ça. Trois ans, 17 mois, etc. Ah, mais la vraie durée, c'est Mitterrand. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 40:51Voir 1 autre passage
« Il a peut-être même fait de manière un peu trop brutale et un peu trop indifférenciée. Il faut toujours de l'argent pour financer des investissements et pour financer la croissance. Mais maintenant, les faits parlent et M. le président de la République, il a compris. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 45:56
Question 11C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Je vous interrogeais parce que c'est d'actualité sur la méthode de réforme. Est-ce qu'il y avait une méthode rocard ?
Réponse directe
et la CFDT. Oui, mais là, c'est ce qu'on disait au début. Ça, c'est vraiment... Il n'a pas réussi d'ailleurs complètement, mais c'était vraiment... Son idée fondamentale, c'était la social-démocratie. C'est pour ça qu'il a toujours été socialiste. La social-démocratie. Donc, il pensait effectivement... Il ne faut pas oublier que les assises du socialiste dont on parlait tout à l'heure en 1974 lorsqu'il quitte le PSU pour rentrer au Parti Socialiste, il le fait avec la CFDT d'Edmond Maire. Ce n'est pas un hasard s'il a demandé à Edmond Maire d'être là. Et pour lui, c'était fondamental. C'était comme un grand syndicat. Ce syndicat décidait et allait dans cette option aussi qui était l'option…
« et la CFDT. Oui, mais là, c'est ce qu'on disait au début. Ça, c'est vraiment... Il n'a pas réussi d'ailleurs complètement, mais c'était vraiment... Son idée fondamentale, c'était la social-démocratie. C'est pour ça qu'il a toujours été socialiste. La social-démocratie. Donc, il pensait effectivement... Il ne faut pas oublier que les assises du socialiste dont on parlait tout à l'heure en 1974 lorsqu'il quitte le PSU pour rentrer au Parti Socialiste, il le fait avec la CFDT d'Edmond Maire. Ce n'est pas un hasard s'il a demandé à Edmond Maire d'être là. Et pour lui, c'était fondamental. C'était comme un grand syndicat. Ce syndicat décidait et allait dans cette option aussi qui était l'option de négociation, de contrat, de compromis avec plusieurs associations. Donc, il représentait... Il faut bien voir aussi... Là, on est en train de parler du rocardiste, je ne sais pas ce qu'on veut dire en soi. Mais quand on le compare à ce qu'était le reste de la gauche à l'époque, c'est vrai qu'il y avait une certaine singularité. Singularité par cela. Et singularité, il ne faut jamais l'oublier. Je fais une parenthèse, bien que ce ne soit pas exactement la question, il ne faudra pas qu'on l'oublie quand même. C'est singularité par rapport à cette époque où on était encore très proche à gauche socialiste du Parti communiste. Il ne faut pas oublier que c'était une époque où Jean-Pierre Chevènement critiquait rocard à gauche américaine en disant l'axe de la sécurité de la France passe par Moscou. D'ailleurs, il n'a pas changé d'idée sur ce point. On peut lui faire reconnaître cette conscience. La méthode rocard, elle pourrait se résumer, et je reprends cet entretien sur l'art délicat de la réforme, en trois points. Il le résumait lui-même. Un diagnostic partagé, mettons les retraites ou la loi travail, mais un vrai diagnostic partagé où on fait circuler les informations, on fait des débats. On y prend du temps. On évite les chiffons rouges, il disait ça. On évite de parler du 49-3, Mme El Khomri. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 35:44Voir 2 autres passages
« On évite d'être beaucoup plus flexi que sécurité, donc on a quelque chose d'équilibré. Ça, c'est le premier plan, le diagnostic partagé. Ensuite, une mission de dialogue, et si possible, comme il l'avait fait pour les retraites, un syndicaliste, il avait pris un type de FO, etc., qui avait mis... Et là, il dit, ça doit infuser pendant deux ans. Non, mais... Si M. Valls et M. Hollande s'étaient réveillés un peu plus tôt, ils auraient pu... Sur la loi travail, »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 37:25
« Ça infuse pendant deux ans. Il y a des débats. Les gens s'en emparent. Ça monte. C'est ce qu'ils ont fait d'ailleurs sur certaines entreprises, France Télécom, sur la Nouvelle Calédonie. Et au terme de ce processus d'infusion, il y a un contrat entre les parties. Ce contrat, c'est seulement à ce moment-là que ça devient une loi, si c'est nécessaire, disait-il. Donc, on voit vraiment une méthode formidable, on a dit tout le mal, qu'on pouvait penser de son machiavélisme. Il n'est pas très machiavélien, mais c'était un génial réformateur si on l'écoutait, si M. Valls était véritablement rocardien. Il aurait fait ça pour la loi dite El Khomri. »
Question 12C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Deux gauches et deux hommes. Deux ambitions. Georges-Marc Benhamou, on ne peut pas faire cette émission sans évoquer les relations compliquées de rivalité entre François Mitterrand et Michel Rocard. Qu'en était-il réellement ?
Réponse directe
Il faut dire que moi, j'observe les relations à la fin de la vie de Mitterrand. J'en parle ensuite avec Rocard. Mais le terrain d'où on vient, c'est une forte détestation du fait du congrès de Messe. Il faut penser qu'il a failli dans les années 79-80 foutre Mitterrand à la retraite. Je crois que nos téléspectateurs doivent s'en rendre compte. C'est-à-dire que les unes de l'Obs, celui qui était à la mode, celui qui remplissait les salles, c'est Rocard. Donc on arrive de là jusqu'à une sorte de gouvernement qui marche bien. Le gouvernement Rocard marche bien. et des phrases terribles à la fin de sa vie. Mitterrand disant Rocard, c'est tout juste un ministre des PTT. Et donc, en fait, c'est d…
« Il faut dire que moi, j'observe les relations à la fin de la vie de Mitterrand. J'en parle ensuite avec Rocard. Mais le terrain d'où on vient, c'est une forte détestation du fait du congrès de Messe. Il faut penser qu'il a failli dans les années 79-80 foutre Mitterrand à la retraite. Je crois que nos téléspectateurs doivent s'en rendre compte. C'est-à-dire que les unes de l'Obs, celui qui était à la mode, celui qui remplissait les salles, c'est Rocard. Donc on arrive de là jusqu'à une sorte de gouvernement qui marche bien. Le gouvernement Rocard marche bien. et des phrases terribles à la fin de sa vie. Mitterrand disant Rocard, c'est tout juste un ministre des PTT. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 18:44Voir 2 autres passages
« Et donc, en fait, c'est deux langues, deux univers. Il ne parlait pas la même langue. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 19:26
« Mitterrand, il est machiavélien, vénitien, l'autre est un tintin machiavel. C'est l'expression de Robert Stéder dans son livre formidable. D'ailleurs, très maladroit, empoté, qui parle une langue que Mitterrand ne comprend pas. C'est malheureux. C'est peut-être la chose la plus déchirante pour l'histoire de la gauche. Parce que si ça avait vraiment marché, s'il lui avait laissé faire Mitterrand la réforme des retraites, où il invente une méthodologie, il irrigue la société avec le livre blanc des retraites que les hommes politiques feront dix ans plus tard. C'est Rocard qui va instiller tout ça. Donc c'est finalement un des grands rendez-vous manqués, y compris pour ma génération. Parce que Mitterrand, finalement, a été intéressé par le symbolique et le politique. Donc il a tout lâché aux communistes au moment des nationalisations. Mais l'analyse économique de Rocard sur les nationalisations est la bonne. On a pris 20 ans de retard pour des raisons économiques. Donc malheureusement... »
Question 13C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Et la gauche moderne selon lui c'était ce que vous avez dit tout à l'heure c'était la gauche scandinave c'était ça ?
Réponse directe
Oui c'était c'était mais à mon avis le problème de Rocard c'est pour ça que je disais qu'il faut l'étudier dans son temps le problème c'est que la social-démocratie de Michel Rocard elle-même n'existe plus beaucoup c'est ça le problème ? Cela dit on a beaucoup gaussé et moi aussi à l'époque le Big Bang mais il proposait quelque chose de très intéressant c'est-à-dire il proposait un vrai parti socialiste qui n'aurait pas été la SFIO d'aujourd'hui des vrais écologistes qui n'auraient pas été les caricatures qu'on voit et à la gauche de la gauche quelques alliés et à la droite donc il y avait une cohérence qui ressemble à ce dont on aurait besoin aujourd'hui et que le parti socialiste et le co…
« Oui c'était c'était mais à mon avis le problème de Rocard c'est pour ça que je disais qu'il faut l'étudier dans son temps le problème c'est que la social-démocratie de Michel Rocard elle-même n'existe plus beaucoup c'est ça le problème ? Cela dit on a beaucoup gaussé et moi aussi à l'époque le Big Bang mais il proposait quelque chose de très intéressant c'est-à-dire il proposait un vrai parti socialiste qui n'aurait pas été la SFIO d'aujourd'hui des vrais écologistes qui n'auraient pas été les caricatures qu'on voit et à la gauche de la gauche quelques alliés et à la droite donc il y avait une cohérence qui ressemble à ce dont on aurait besoin aujourd'hui et que le parti socialiste et le conformisme de M. Cambadeli c'est la belle alliance qui est le contraire c'est-à-dire c'est le contraire de la belle alliance populaire il y avait un souffle il y avait une vision sociologique hélas la vision un peu boutiquaire du parti socialiste aujourd'hui fait que c'est une caricature de ce à quoi rêvait assez justement Michel Rocard »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 58:10
Question 14C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Qu'il est, selon vous, alors ?
Réponse directe
Macron est éliminé par le ni droite ni gauche, comme on l'a dit. Il était profondément social-démocrate. Il vous bassinait sur la numérotation des congrès du Parti Socialiste. Il y avait une religion du Parti. Donc, il est sorti. Moi, ne parlons pas d'amont. Donc, je cherche rocard désespérément.
« Macron est éliminé par le ni droite ni gauche, comme on l'a dit. Il était profondément social-démocrate. Il vous bassinait sur la numérotation des congrès du Parti Socialiste. Il y avait une religion du Parti. Donc, il est sorti. Moi, ne parlons pas d'amont. Donc, je cherche rocard désespérément. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 49:34
Question 15C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
avait-il un avis sur la manière de refonder l'Union Européenne ?
Réponse directe
oui non je sais qu'il était quand même très assidu au Parlement Européen il a été quand même longtemps député européen mais moi j'ai toujours une impression mais là c'est une impression peut-être un peu distante et je ne sais pas si elle est complètement exacte mais j'ai toujours une impression que l'Europe n'est pas ce qui l'intéressait de plus voilà ce que mon impression non parce que au fond de l'or était plus moi ce que j'ai pu voir avec lui en discutant avec lui c'est qu'au fond on l'a dit on l'a montré le Pôle Nord ce qui l'intéressait c'était le monde il était mondialiste et au fond l'Europe c'était trop petit ou trop grand pour lui c'était le monde qui l'intéressait ça si vous l'env…
« oui non je sais qu'il était quand même très assidu au Parlement Européen il a été quand même longtemps député européen mais moi j'ai toujours une impression mais là c'est une impression peut-être un peu distante et je ne sais pas si elle est complètement exacte mais j'ai toujours une impression que l'Europe n'est pas ce qui l'intéressait de plus voilà ce que mon impression »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 59:19Voir 1 autre passage
« non parce que au fond de l'or était plus moi ce que j'ai pu voir avec lui en discutant avec lui c'est qu'au fond on l'a dit on l'a montré le Pôle Nord ce qui l'intéressait c'était le monde il était mondialiste et au fond l'Europe c'était trop petit ou trop grand pour lui c'était le monde qui l'intéressait ça si vous l'envoyez au Pôle Nord il y allait mais à Bruxelles sauf son ami Chirac de toute façon mais l'Europe pas tant que ça bon il était pro-européen on peut dire ça »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 59:41
Question 16C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Il était minoritaire, c'était rappelé, pardonnez-moi Jean-Marc Benhamou, je vais vous donner la parole, il était minoritaire dans le parti. Pourquoi il a eu autant d'influence ?
Réponse partielle
Mitterrand disait que, finalement, il plaisait à la droite et il plaisait aux médias. C'est un peu ça que... parce que ce n'était pas une gentillesse, quoi. Je pense qu'il a été, avec les assises du socialisme, en 1974, l'arrivée de ces jeunes post-gauchistes au sein du père socialiste a été un courant d'air frais absolu. C'est Pierre Moroy qui les fait rentrer, et qui convainc Mitterrand. Et ça change la donne. Ça va changer la donne, parce qu'on va faire du rocardisme sans le dire. Mitterrand, du coup, il va se trouver ces jeunes. Naissance de Jospin, de Fabius, qu'on a vu, il va chercher Attali, il va chercher ces jeunes pour contrer les rocardiens. 83, le tournant de la rigueur, c'est q…
« parce que ce n'était pas une gentillesse, quoi. Je pense qu'il a été, avec les assises du socialisme, en 1974, l'arrivée de ces jeunes post-gauchistes au sein du père socialiste a été un courant d'air frais absolu. C'est Pierre Moroy qui les fait rentrer, et qui convainc Mitterrand. Et ça change la donne. Ça va changer la donne, parce qu'on va faire du rocardisme sans le dire. Mitterrand, du coup, il va se trouver ces jeunes. Naissance de Jospin, de Fabius, qu'on a vu, il va chercher Attali, il va chercher ces jeunes pour contrer les rocardiens. 83, le tournant de la rigueur, c'est quand même du rocardisme. Donc, la gauche française hypocrite qui n'a pas fait son bas de Godesberg, son aggiornamento, continue hypocritement à faire du rocardisme, et plutôt très mal, je le redis, si on voit la manière absolument foutraque qu'on a de réformer. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 15:38
Question 17C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Est-ce que... Alors, je vais vous poser la question autrement. Est-ce que Mitterrand a mis un terme à la carrière politique de Michel Rocard ?
Réponse directe
Bah oui, au bout d'un an, en privé, il s'agacait de l'omniprésence, de l'omniscience, vous le savez tous, vous le savez, du gouvernement Rocard. Il avait dit bah il va faire un an. Donc après, il devait partir en 89. Mais 89 passe, puis 90, puis commence 91. Il n'en peut plus, Mitterrand. Et les Rocardiniens sont partout et ils font du plutôt bon travail. Oui, il met un terme. Et je crois que c'est une des fautes parce que ça va partir en vrille comme disent les jeunes Edith Cresson et ça se termine. C'est un des regrets aussi du deuxième septennat. Pourquoi ? Oui, ça aurait pu durer et Mitterrand a mis un terme. Gérard Grimbert. Oui, alors il a mis un terme. Bon, d'abord, il faut bien voir…
« Bah oui, au bout d'un an, en privé, il s'agacait de l'omniprésence, de l'omniscience, vous le savez tous, vous le savez, du gouvernement Rocard. Il avait dit bah il va faire un an. Donc après, il devait partir en 89. Mais 89 passe, puis 90, puis commence 91. Il n'en peut plus, Mitterrand. Et les Rocardiniens sont partout et ils font du plutôt bon travail. Oui, il met un terme. Et je crois que c'est une des fautes parce que ça va partir en vrille comme disent les jeunes Edith Cresson et ça se termine. C'est un des regrets aussi du deuxième septennat. Pourquoi ? Oui, ça aurait pu durer et Mitterrand a mis un terme. Gérard Grimbert. Oui, alors il a mis un terme. Bon, d'abord, il faut bien voir que Mitterrand avait fait un choix. Le choix de Rocard était aussi un choix politique parce qu'on a beaucoup insisté sur le fait qu'il avait choisi Rocard en se disant je vais enfin me débarrasser de Rocard et montrer qu'il est nul. Bon, mais enfin, ça n'explique pas tout. Il faut se rappeler qu'après les élections législatives de 88, il n'y avait pas de majorité de gauche à l'Assemblée parce que si on ne se rappelle pas de ça, on ne peut pas comprendre ce qui s'est passé et que Rocard a été un premier ministre qui a passé sa vie à chercher des majorités parlementaires. Il ne faut pas l'oublier. Ça, c'est très important. Et donc, il y avait quand même ce que je veux dire par là, c'est qu'il servait aussi politiquement à Mitterrand qui avait fait la bêtise d'ailleurs juste avant les élections de dire surtout ne mettez pas trop de socialistes »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 20:39Voir 1 autre passage
« et donc, il n'y avait pas une majorité socialiste à l'Assemblée nationale. Mais il ne faut pas aussi, il ne faut pas non plus idéaliser trop Rocard dans cette affaire. Rocard n'aimait pas la politique mais Rocard faisait quand même de la politique, disons les choses comme elles sont. Or, qu'est-ce qui s'est passé ? Ce que Mitterrand avait dit à Rocard, je vous mets là mais vous me laissez tranquille le parti socialiste. Bon, or, Rocard quand même, avec d'ailleurs beaucoup d'alliés, y compris beaucoup de Mitterrandistes, en 1901, le fameux congrès de Rennes en 1990, il a essayé de prendre le parti, ils ont essayé de prendre le parti à Mitterrand, il ne faut pas oublier ça. Et donc, effectivement, à ce moment-là, Mitterrand s'est dit bon, ben là, voilà maintenant, ça, il n'en est pas question et donc, par conséquent, il va s'en aller. Et c'est effectivement seulement la guerre du Golfe qui a retardé d'un an le renvoi de Rocard. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 22:02
Question 18C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Il y en a un dont on n'a pas parlé pourtant je vous ai tendu la perche, c'est François Hollande. Gérard Grimbert, quels étaient leurs rapports dont l'hommage qu'il a rendu à Michel Rocard, il y a des choses très belles qui ont été dites par le président de la République. Y a-t-il du Rocard dans François Hollande ?
Réponse directe
En tout cas, il n'y a pas... Effectivement, on l'a dit tout à l'heure, je crois, François Hollande n'a jamais été Rocardien. Déjà, on peut le dire et il était quand même dans le courant mitterrandiste. Il était à l'Elysée avec Mitterrand. Il était... Alors, il avait été proche de Delors, donc par conséquent, ce n'était pas le pur mitterrandi. Mais enfin, il a travaillé avec Mitterrand. Il n'a jamais été agressif à l'égard, dans mon souvenir, de Rocard. Jamais. Il n'a jamais... Il n'est pas monté en première ligne comme certains des jeunes dont on parlait tout à l'heure dans les années 70-80. Non, il n'a pas... Mais voilà. Alors simplement, c'est un haut fonctionnaire qui connaît aussi un pe…
« En tout cas, il n'y a pas... Effectivement, on l'a dit tout à l'heure, je crois, François Hollande n'a jamais été Rocardien. Déjà, on peut le dire et il était quand même dans le courant mitterrandiste. Il était à l'Elysée avec Mitterrand. Il était... Alors, il avait été proche de Delors, donc par conséquent, ce n'était pas le pur mitterrandi. Mais enfin, il a travaillé avec Mitterrand. Il n'a jamais été agressif à l'égard, dans mon souvenir, de Rocard. Jamais. Il n'a jamais... Il n'est pas monté en première ligne comme certains des jeunes dont on parlait tout à l'heure dans les années 70-80. Non, il n'a pas... Mais voilà. Alors simplement, c'est un haut fonctionnaire qui connaît aussi un peu d'économie. Il ne faut pas oublier qu'il a quand même enseigné l'économie aussi, lui, à Sciences Po, etc. Donc, il savait quand même des choses en économie. Donc, il a tenu compte... D'ailleurs, rappelez-vous, sa campagne de 2012, c'est une campagne où il a... Enfin, ensuite, on lui a fait dire... Parce que ça, elle était bien compliquée, sa campagne, elle est contradictoire. Enfin, il a dit aussi faites attention aux déficits, il ne faut pas trop, etc. Mais moi, je ne dirais pas qu'il était regardien. Mais je ne le classe pas comme un anti-regardien, disons. Voilà. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 51:51Voir 1 autre passage
« Moi, je crois qu'effectivement, il était transcourant, quoi. En fait, il n'avait jamais été méchant avec personne, François Hollande. Non. Sinon, il n'en serait pas là. Donc, transcourant, il était bien avec tout le monde. Je pense qu'il avait l'honnêteté de partager un réalisme économique qui était de bon ton. Enfin, il n'a jamais été rocardier. Parce que le rocardier, ça demande quand même une certaine audace, une certaine transgression, une certaine goûte d'innovation. Je ne suis pas sûr que François Hollande... »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 53:00
Question 19Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanité
Et ça, on n'ose pas. C'est-à-dire un parlement de la zone euro, comme ça a été proposé, plus de fédéralisme encore, plus d'abandon des souverainetés, vous avez conscience que ça va à l'encontre de ce que les peuples européens signalent à leur façon à chaque échéance électorale, en se retournant vers des parties plus souverainistes ?
Réponse à côté
Les pauvres peuples européens, ils sont victimes, on ne leur a jamais expliqué. Les peuples européens, en effet, subissent cette domination imparfaite, parce que mal adaptée, et par conséquent, ils n'en veulent plus. Mais ce qu'ils voudraient, c'est plus une Europe qui marche bien. Ça, ils le voudraient tous. Personne n'a envie de sortir de l'euro, en fait. Même, regardez la Grande-Bretagne, qui annonce partout qu'elle veut en sortir, et puis qui n'arrive pas vraiment à se décider. Alors, j'espère bien qu'ils vont voter non, parce que la Grande-Bretagne ne se sent pas européenne. Depuis un millénaire, la Grande-Bretagne a peur du continent. Du continent, il lui arrive des épidémies, des inv…
« Les pauvres peuples européens, ils sont victimes, on ne leur a jamais expliqué. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 4:57Voir 2 autres passages
« Les peuples européens, en effet, subissent cette domination imparfaite, parce que mal adaptée, et par conséquent, ils n'en veulent plus. Mais ce qu'ils voudraient, c'est plus une Europe qui marche bien. Ça, ils le voudraient tous. Personne n'a envie de sortir de l'euro, en fait. Même, regardez la Grande-Bretagne, qui annonce partout qu'elle veut en sortir, et puis qui n'arrive pas vraiment à se décider. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 5:01
« Alors, j'espère bien qu'ils vont voter non, parce que la Grande-Bretagne ne se sent pas européenne. Depuis un millénaire, la Grande-Bretagne a peur du continent. Du continent, il lui arrive des épidémies, des invasions, des menaces de toutes sortes, »
Question 20Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanité
Aujourd'hui, votre ennemi, c'est la finance ?
Réponse directe
Non, non, sûrement pas. Il ne faut pas le dire comme ça. Je crois que notre président a eu un petit mot de trop haut. L'ennemi, c'est une partie de la finance, celle qui est spéculative. Il n'y a pas d'économie sur la finance. Qu'est-ce que c'est ça ? On a besoin de banques qui fassent leur métier de manière saine et non délinquante. ce qui a été mis en place ? Il l'a fait qu'en petite partie. Bon, d'abord, d'où vient cette idée ? C'est Franklin Roosevelt qui l'a eue. Et Franklin Roosevelt l'a fait aux Etats-Unis en 1933. C'est une des premières choses qu'il ait faite. Et chose curieuse, il a réussi à la poser malgré le désaccord absolu de quiconque qui était financier, même des professeurs…
« Non, non, sûrement pas. Il ne faut pas le dire comme ça. Je crois que notre président a eu un petit mot de trop haut. L'ennemi, c'est une partie de la finance, celle qui est spéculative. Il n'y a pas d'économie sur la finance. Qu'est-ce que c'est ça ? On a besoin de banques qui fassent leur métier de manière saine et non délinquante. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 17:15
Question 21Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanité
mais pas seulement. Est-ce qu'il n'y a pas, Michel Rocard, là-dessus, sur l'endettement, une responsabilité des gouvernements nationaux, indépendamment de leur couleur politique, qui se sont servis facilement, peut-être trop facilement, de l'endettement pour financer des politiques publiques sans trop penser précisément à moyen, voire à long terme ?
Réponse directe
Ma réponse est non. Sous la façon de penser précédente, qui était keynésienne, et qui a produit notamment ce qu'on a appelé les 30 glorieuses, je ne sais pas si vous vous souvenez de ces 30 années qui vont de 45 à 75, où il y avait 5% de croissance en moyenne dans tout le monde capitaliste contre 0,5 ou 1 maintenant, où il y avait plein emploi dans tous les pays considérés, tous les états étaient à l'aise, tous les états finançaient des équipements publics avec leur épargne. Le goût de l'emprunt, tant pour le public que pour le privé, il est venu après. Juste avant la crise de 2006, la première grande crise bancaire, enfin, pas la première, la troisième ou la quatrième, mais la plus grande,…
« Ma réponse est non. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 11:33Voir 1 autre passage
« Sous la façon de penser précédente, qui était keynésienne, et qui a produit notamment ce qu'on a appelé les 30 glorieuses, je ne sais pas si vous vous souvenez de ces 30 années qui vont de 45 à 75, où il y avait 5% de croissance en moyenne dans tout le monde capitaliste contre 0,5 ou 1 maintenant, où il y avait plein emploi dans tous les pays considérés, tous les états étaient à l'aise, tous les états finançaient des équipements publics avec leur épargne. Le goût de l'emprunt, tant pour le public que pour le privé, il est venu après. Juste avant la crise de 2006, la première grande crise bancaire, enfin, pas la première, la troisième ou la quatrième, mais la plus grande, des crises bancaires du système depuis cette folie de paradigmes faux, les états-unis vivaient avec une consommation qui était financée pour 60% par les salaires des personnes du privé et pour 40% par leurs emprunts privés. Les états sont devenus aussi fauchés de ce fait parce que, dans la logique de cette façon de penser, on a interdit aux banques centrales de financer les états. Il fallait que les états aillent financer leur fin de mois et financer leurs besoins d'investissement sur le marché privé. Donc, on a exigé que les états ne puissent plus investir sans payer une rente aux banques, un taux d'intérêt. Voilà comment est né l'endettement. Et avant, ça n'existait pas. Donc, ce n'est pas vrai. Et surtout, la crise que nous vivons mondialement, c'est une crise de l'endettement privé. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 11:35
Question 22Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanité
Vous dites ça, même compte tenu des récents développements sur le renouveau des relations diplomatiques des Etats-Unis avec l'Iran, vous ne pensez pas que ça marque, malgré tout, et avec Cuba, le retour très fort des Etats-Unis sur la scène de la diplomatie internationale ?
Réponse directe
Parce qu'une exception ne change pas la règle, malheureusement. Mais c'est vrai que le président Obama a eu le courage, la ténacité, en plus il nous a fallu beaucoup, de dominer son propre congrès, qui n'en voulait pas, pour ouvrir des négociations de l'Iran, dans lesquelles, heureusement, que les Européens étaient là. La Russie aussi, d'ailleurs, parce que la Russie a joué son rôle dans cette affaire, et efficacement. Donc, c'est une amorce d'une autre vision, et j'espère bien que ça continuera, d'une part, que les Etats-Unis continueront, j'espère aussi que l'Europe y prendra toute sa part, et pour qu'elle y prenne toute sa part, il faudrait cette espèce de réforme. Mais c'est étranger à…
« Parce qu'une exception ne change pas la règle, malheureusement. Mais c'est vrai que le président Obama a eu le courage, la ténacité, en plus il nous a fallu beaucoup, de dominer son propre congrès, qui n'en voulait pas, pour ouvrir des négociations de l'Iran, dans lesquelles, heureusement, que les Européens étaient là. La Russie aussi, d'ailleurs, parce que la Russie a joué son rôle dans cette affaire, et efficacement. Donc, c'est une amorce d'une autre vision, et j'espère bien que ça continuera, d'une part, que les Etats-Unis continueront, j'espère aussi que l'Europe y prendra toute sa part, et pour qu'elle y prenne toute sa part, il faudrait cette espèce de réforme. Mais c'est étranger à l'autre bataille, la bataille d'intelligence, sur comment on gère une monnaie, comment on gère une économie. Et là, nous avons à faire face à une espèce de déviation. L'économie n'est pas la médecine. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 8:29
Question 23Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanité
Nous sommes très honorés de recevoir ce matin dans le studio des matins d'été Michel Rocard. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Michel Rocard, nous allons au cours de cette heure passer à vos côtés, parler de politique internationale. On va évoquer l'actualité récente, également les équilibres peut-être un peu plus tard de politique intérieure. Mais j'aimerais commencer, si vous le voulez bien, par cette tribune que vous avez co-signée récemment dans les colonnes du Monde avec Pierre Larouturou du parti Nouvelle Donne, Philippe Mechtat, l'ancien ministre belge des Finances et Miguel Angel Moratinos, qui est l'ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, tribune intitulée « Nous sommes tous des Grecs allemands » et dans laquelle vous expliquez que pour sortir de cette schizophrénie qui nous conduit à la fois à être solidaires du peuple grec et en même temps à ne pas forcément vouloir payer pour eux, vous dites que la solution, c'est ni plus ni moins qu'une refondation européenne. Quel type de refondation est celle que vous avez à l'esprit, Michel Rocard ?
Réponse directe
Tout ça est très compliqué et je crains beaucoup que ce soit tellement compliqué que personne n'y comprenait rien. Pour y comprendre quelque chose, il faut savoir qu'il y a trois batailles en une qui se mélangent, qui interfèrent mais qui ne sont pas du tout la même bataille. L'une est institutionnelle et concerne les pouvoirs de l'Europe et par incidence les pouvoirs de direction de l'euro. Mais ça se recoupe, c'est un peu la même chose. Et là, il s'agit d'institutions qui se battent contre... Enfin, qu'il faudrait dégager d'une trop grande dépendance de la souveraineté nationale. Il y a une deuxième bataille qui n'a rien à voir mais qui interfère complètement, qui est une bataille intelli…
« Tout ça est très compliqué et je crains beaucoup que ce soit tellement compliqué que personne n'y comprenait rien. Pour y comprendre quelque chose, il faut savoir qu'il y a trois batailles en une qui se mélangent, qui interfèrent mais qui ne sont pas du tout la même bataille. L'une est institutionnelle et concerne les pouvoirs de l'Europe et par incidence les pouvoirs de direction de l'euro. Mais ça se recoupe, c'est un peu la même chose. Et là, il s'agit d'institutions qui se battent contre... Enfin, qu'il faudrait dégager d'une trop grande dépendance de la souveraineté nationale. Il y a une deuxième bataille qui n'a rien à voir mais qui interfère complètement, qui est une bataille intelligence, une bataille de doctrine économique, une bataille sur le logiciel de comment on fait fonctionner le capitalisme, si vous voulez. Et la troisième est intra-grec. Qu'est-ce qui se passe chez eux ? Pourquoi sont-ils tellement en difficulté ? Et pour y comprendre quelque chose, il faut les séparer les unes des autres. Pour commencer par la bataille institutionnelle, elle a deux aspects. Un aspect propre à l'euro, la monnaie, et l'aspect propre à l'Europe entière. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 1:01Voir 2 autres passages
« Prenons un exemple. Il doit y avoir au moins un siècle que le département français de la Corse ne paye pas ses dettes, s'endette beaucoup et est incapable de faire entrer de l'argent. Ce qui a été le cas de la Grèce. Jamais on a entendu le Trésor public français, ni le Président de la République, dire que nous ne garantissons plus les dettes de la Corse, qu'elles se débrouillent sur les marchés internationaux et qu'elles s'en aillent. On n'a jamais fait ça. Autrement dit, une vraie monnaie garantit la totalité des engagements pris par n'importe qui sur son sol, que ce n'importe qui soit sérieux ou ne le soit pas. Si cet engagement ne peut pas être tenu, ce n'est pas une monnaie complète et elle n'en a pas tous les pouvoirs. C'est ce qui arrive avec l'euro. Et c'est ce qui arrive avec l'euro parce qu'en faisant l'euro, c'est inspiré du statut général de l'Europe, à laquelle jamais on n'a concédé le droit aux institutions européennes de prendre des décisions qui aillent contre une souveraineté nationale forte. En fait, l'essentiel des décisions majeures en Europe doivent être prises à la quasi-unanimité, c'est-à-dire que nous sommes en quasi-paralysie. C'est déjà vrai de l'euro tout seul, mais c'est la même bataille. Parce que si on acceptait pour l'euro que son commandement, soit sans l'huit, puisse décider vite, puissamment, et dans toute la mesure, avec toute l'ampleur, toutes les quantités qu'il faut, »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 2:18
Question 24Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanité
Il y a une notion de valeur argent qui a aujourd'hui pénétré la société française et qui était restée relativement à distance. Vous trouvez que cette valeur argent aujourd'hui, elle irrigue notre société beaucoup plus qu'elle ne le faisait avant ?
Réponse directe
Je ne dirais pas comme ça. C'est une très très longue histoire et qui commence avec la montée en puissance de la bourgeoisie, c'est-à-dire la classe commerçante qui réussit à obtenir de certains seigneurs féodaux, de certaines villes des privilèges contre le contrôle de l'économie par l'église. le niveau des prix était validé par les évêques et les corporations des teinturiers, des boulangers, des bouchers, des tanneurs, de tout ce que vous voudrez, mais aussi des banquiers, n'avaient pas le droit de dépasser certains prix que l'église jugeait équitable. C'est formidable. Et c'est la bourgeoisie qui a dégagé des franchises et qui a imposé comme un droit le droit de s'enrichir. Et dès qu'ell…
« Je ne dirais pas comme ça. C'est une très très longue histoire et qui commence avec la montée en puissance de la bourgeoisie, »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 19:32Voir 2 autres passages
« non pas parce qu'il était pasteur, mais parce qu'il se trouvait de chef d'Etat à Genève qu'il lui a fallu créer des boulangeries nouvelles. Elles étaient face à un afflux de population, créer des boutiques nouvelles. Et on ne peut pas créer une boulangerie sans acheter de la farine, un four et même un lieu où le faire avant d'avoir vendu son pain. Calvin invente le concept de prêt de production qui lui est agréable à Dieu parce qu'il permet de créer de la richesse. Laquelle est agréable à Dieu si elle est répartie équitablement est pour partie donnée aux pauvres et pour une autre partie réinvestie. Sous ces conditions-là, la richesse est agréable à Dieu et c'est comme ça que le prêt à intérêt est entré dans nos économies. Et il a aboli toutes les frontières. Et du coup, l'appétit d'argent est devenu général. Mais le phénomène qui nous infeste aujourd'hui est un second phénomène un peu différent aggravant le premier. C'est qu'on est passé de l'appétit d'argent quitte à l'acquérir par un lent travail dans la boulangerie, dans la tannerie, dans la construction automobile, en travaillant beaucoup et avec une productivité indéfinite, on peut gagner 2 ou 3% par an, jamais plus. C'est pas beaucoup. C'est lent. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 20:42
Question 25Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanité
La sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe, ça fait longtemps que vous en parlez, que vous la proposez. Vous dites dans cette tribune qu'il faut redémarrer avec un nombre restreint de pays qui partagent la même ambition sociale et démocratique. Hormis la Grande-Bretagne, il y a d'autres pays, selon vous, Michel Rocard, qui n'ont pas vocation à rester dans cette Europe refondée que vous appelez de vos voeux ?
Réponse à côté
Mais non. On est tous continentaux. On sait depuis 3 ou 4 siècles, tous fait la guerre les uns aux autres. François Mitterrand, un jour, dans son discours au Parlement européen, a rappelé que la France s'était trouvée depuis 3 siècles en guerre avec la totalité des types préoccupants, sauf le Danemark, disait-il en rigolant, et en disant, je me demande bien pourquoi. On a fait la guerre avec tout le monde, et nous sommes de ce fait affaiblis, et en fait suicidés. C'est à cause des 2 guerres mondiales successives, 30 millions de morts pour celles de 1914-1918, 50 millions de morts, sans parler en plus des morts du goulag, et des morts intra-allemands, morts purement de la guerre, ça fait 50…
« Mais non. On est tous continentaux. On sait depuis 3 ou 4 siècles, tous fait la guerre les uns aux autres. François Mitterrand, un jour, dans son discours au Parlement européen, a rappelé que la France s'était trouvée depuis 3 siècles en guerre avec la totalité des types préoccupants, sauf le Danemark, disait-il en rigolant, et en disant, je me demande bien pourquoi. On a fait la guerre avec tout le monde, et nous sommes de ce fait affaiblis, et en fait suicidés. C'est à cause des 2 guerres mondiales successives, 30 millions de morts pour celles de 1914-1918, 50 millions de morts, sans parler en plus des morts du goulag, et des morts intra-allemands, morts purement de la guerre, ça fait 50 millions, c'est comme ça que l'Europe a démoli son propre leadership sur le monde, pour se retrouver isolé, perdu, et maintenant sans influence. Quand on parle de Daesh, quand on parle des conflits de la mer de Chine, quand on parle de l'Iran, l'Europe n'existe pas. Et c'est, je crois, dommageable. D'autant plus que le leadership américain commence à s'user, se fatiguer, et il n'est pas toujours bien inspiré. Les Etats-Unis croient trop en la force, et pas assez en la négociation. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 7:09
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« et donc, il n'y avait pas une majorité socialiste à l'Assemblée nationale. Mais il ne faut pas aussi, il ne faut pas non plus idéaliser trop Rocard dans cette affaire. Rocard n'aimait pas la politique mais Rocard faisait quand même de la politique, disons les choses comme elles sont. Or, qu'est-ce qui s'est passé ? Ce que Mitterrand avait dit à Rocard, je vous mets là mais vous me laissez tranquille le parti socialiste. Bon, or, Rocard quand même, avec d'ailleurs beaucoup d'alliés, y compris beaucoup de Mitterrandistes, en 1901, le fameux congrès de Rennes en 1990, il a essayé de prendre le parti, ils ont essayé de prendre le parti à Mitterrand, il ne faut pas oublier ça. Et donc, effectivement, à ce moment-là, Mitterrand s'est dit bon, ben là, voilà maintenant, ça, il n'en est pas question et donc, par conséquent, il va s'en aller. Et c'est effectivement seulement la guerre du Golfe qui a retardé d'un an le renvoi de Rocard. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 22:02
« Oui enfin c'est très important son pseudonyme quand il écrit au PSU parce qu'il est c'est Servier Servier Servier qui est un des grands libérateurs qui avait été brûlé voilà le martyr protestant de Genève le scoutisme est très important le scoutisme »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 1:04:42
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Chaînes causales explicitées2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 13 observations21 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« parce que ce n'était pas une gentillesse, quoi. Je pense qu'il a été, avec les assises du socialisme, en 1974, l'arrivée de ces jeunes post-gauchistes au sein du père socialiste a été un courant d'air frais absolu. C'est Pierre Moroy qui les fait rentrer, et qui convainc Mitterrand. Et ça change la donne. Ça va changer la donne, parce qu'on va faire du rocardisme sans le dire. Mitterrand, du coup, il va se trouver ces jeunes. Naissance de Jospin, de Fabius, qu'on a vu, il va chercher Attali, il va chercher ces jeunes pour contrer les rocardiens. 83, le tournant de la rigueur, c'est quand même du rocardisme. Donc, la gauche française hypocrite qui n'a pas fait son bas de Godesberg, son aggiornamento, continue hypocritement à faire du rocardisme, et plutôt très mal, je le redis, si on voit la manière absolument foutraque qu'on a de réformer. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 15:38Voir 2 autres passages
« et donc, il n'y avait pas une majorité socialiste à l'Assemblée nationale. Mais il ne faut pas aussi, il ne faut pas non plus idéaliser trop Rocard dans cette affaire. Rocard n'aimait pas la politique mais Rocard faisait quand même de la politique, disons les choses comme elles sont. Or, qu'est-ce qui s'est passé ? Ce que Mitterrand avait dit à Rocard, je vous mets là mais vous me laissez tranquille le parti socialiste. Bon, or, Rocard quand même, avec d'ailleurs beaucoup d'alliés, y compris beaucoup de Mitterrandistes, en 1901, le fameux congrès de Rennes en 1990, il a essayé de prendre le parti, ils ont essayé de prendre le parti à Mitterrand, il ne faut pas oublier ça. Et donc, effectivement, à ce moment-là, Mitterrand s'est dit bon, ben là, voilà maintenant, ça, il n'en est pas question et donc, par conséquent, il va s'en aller. Et c'est effectivement seulement la guerre du Golfe qui a retardé d'un an le renvoi de Rocard. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 22:02
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Dates citées2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 17 observations18 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Bah oui, au bout d'un an, en privé, il s'agacait de l'omniprésence, de l'omniscience, vous le savez tous, vous le savez, du gouvernement Rocard. Il avait dit bah il va faire un an. Donc après, il devait partir en 89. Mais 89 passe, puis 90, puis commence 91. Il n'en peut plus, Mitterrand. Et les Rocardiniens sont partout et ils font du plutôt bon travail. Oui, il met un terme. Et je crois que c'est une des fautes parce que ça va partir en vrille comme disent les jeunes Edith Cresson et ça se termine. C'est un des regrets aussi du deuxième septennat. Pourquoi ? Oui, ça aurait pu durer et Mitterrand a mis un terme. Gérard Grimbert. Oui, alors il a mis un terme. Bon, d'abord, il faut bien voir que Mitterrand avait fait un choix. Le choix de Rocard était aussi un choix politique parce qu'on a beaucoup insisté sur le fait qu'il avait choisi Rocard en se disant je vais enfin me débarrasser de Rocard et montrer qu'il est nul. Bon, mais enfin, ça n'explique pas tout. Il faut se rappeler qu'après les élections législatives de 88, il n'y avait pas de majorité de gauche à l'Assemblée parce que si on ne se rappelle pas de ça, on ne peut pas comprendre ce qui s'est passé et que Rocard a été un premier ministre qui a passé sa vie à chercher des majorités parlementaires. Il ne faut pas l'oublier. Ça, c'est très important. Et donc, il y avait quand même ce que je veux dire par là, c'est qu'il servait aussi politiquement à Mitterrand qui avait fait la bêtise d'ailleurs juste avant les élections de dire surtout ne mettez pas trop de socialistes »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 20:39Voir 2 autres passages
« Oui, je crois qu'il y a un parallèle avec Philippe Séguin. Il y a un côté chimérique, Simone Veil, Jacques Delors, Séguin, etc. Et je pense qu'il y a effectivement des destins pas tout à fait accomplis, et c'est le cas de Philippe Séguin aussi, qui reste comme un regret. Mais par ailleurs, la force aussi fait que le Front populaire, ça doit être 18 mois, enfin le premier Front populaire. Oui, enfin le vrai, un an en fait, le vrai, vrai Front populaire. Et Mendes, c'est 17 mois ? Oui, quelque chose comme ça. Trois ans, 17 mois, etc. Ah, mais la vraie durée, c'est Mitterrand. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 40:51
« Je confirme, pendant qu'on était en train de faire ce livre qui est sorti en 2005-2006, il se préparait et il y croyait encore. Il voyait Gérard Collet, qui est l'un des deux grands communicants avec Jacques Pylain, hélas disparu, de François Mitterrand. 2007, je confirme, il y croit encore. Mais moi j'ai une thèse, et je pense que Jean-Paul Luchon, avec qui j'en ai parlé, est assez d'accord. Alors, Mitterrand, comme dirait Saint-Simon, il est fait pour le gouvernement des hommes, et Rocard, qui ne connaissait rien aux hommes, était fait pour l'administration des choses. Et c'est ça l'explication de tout, y compris les 14% ridicules face à Bernard Tapie. C'est un génial réformateur. Si on appliquait la ligne Rocard sur la réforme El Khomri, il faut la reprendre. Dans la revue civique, il y a un entretien qui est paru il y a quelques semaines, qui est le testament de Rocard. L'autre testament, il explique l'art délicat de la réforme. Mais M. Valls, Mme El Khomri, aurait dû le lire. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Chiffres cités2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 6 observations8 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Oui, je crois qu'il y a un parallèle avec Philippe Séguin. Il y a un côté chimérique, Simone Veil, Jacques Delors, Séguin, etc. Et je pense qu'il y a effectivement des destins pas tout à fait accomplis, et c'est le cas de Philippe Séguin aussi, qui reste comme un regret. Mais par ailleurs, la force aussi fait que le Front populaire, ça doit être 18 mois, enfin le premier Front populaire. Oui, enfin le vrai, un an en fait, le vrai, vrai Front populaire. Et Mendes, c'est 17 mois ? Oui, quelque chose comme ça. Trois ans, 17 mois, etc. Ah, mais la vraie durée, c'est Mitterrand. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 40:51Voir 2 autres passages
« et la CFDT. Oui, mais là, c'est ce qu'on disait au début. Ça, c'est vraiment... Il n'a pas réussi d'ailleurs complètement, mais c'était vraiment... Son idée fondamentale, c'était la social-démocratie. C'est pour ça qu'il a toujours été socialiste. La social-démocratie. Donc, il pensait effectivement... Il ne faut pas oublier que les assises du socialiste dont on parlait tout à l'heure en 1974 lorsqu'il quitte le PSU pour rentrer au Parti Socialiste, il le fait avec la CFDT d'Edmond Maire. Ce n'est pas un hasard s'il a demandé à Edmond Maire d'être là. Et pour lui, c'était fondamental. C'était comme un grand syndicat. Ce syndicat décidait et allait dans cette option aussi qui était l'option de négociation, de contrat, de compromis avec plusieurs associations. Donc, il représentait... Il faut bien voir aussi... Là, on est en train de parler du rocardiste, je ne sais pas ce qu'on veut dire en soi. Mais quand on le compare à ce qu'était le reste de la gauche à l'époque, c'est vrai qu'il y avait une certaine singularité. Singularité par cela. Et singularité, il ne faut jamais l'oublier. Je fais une parenthèse, bien que ce ne soit pas exactement la question, il ne faudra pas qu'on l'oublie quand même. C'est singularité par rapport à cette époque où on était encore très proche à gauche socialiste du Parti communiste. Il ne faut pas oublier que c'était une époque où Jean-Pierre Chevènement critiquait rocard à gauche américaine en disant l'axe de la sécurité de la France passe par Moscou. D'ailleurs, il n'a pas changé d'idée sur ce point. On peut lui faire reconnaître cette conscience. La méthode rocard, elle pourrait se résumer, et je reprends cet entretien sur l'art délicat de la réforme, en trois points. Il le résumait lui-même. Un diagnostic partagé, mettons les retraites ou la loi travail, mais un vrai diagnostic partagé où on fait circuler les informations, on fait des débats. On y prend du temps. On évite les chiffons rouges, il disait ça. On évite de parler du 49-3, Mme El Khomri. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Limites et incertitudes2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 8 observations9 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« En tout cas, il n'y a pas... Effectivement, on l'a dit tout à l'heure, je crois, François Hollande n'a jamais été Rocardien. Déjà, on peut le dire et il était quand même dans le courant mitterrandiste. Il était à l'Elysée avec Mitterrand. Il était... Alors, il avait été proche de Delors, donc par conséquent, ce n'était pas le pur mitterrandi. Mais enfin, il a travaillé avec Mitterrand. Il n'a jamais été agressif à l'égard, dans mon souvenir, de Rocard. Jamais. Il n'a jamais... Il n'est pas monté en première ligne comme certains des jeunes dont on parlait tout à l'heure dans les années 70-80. Non, il n'a pas... Mais voilà. Alors simplement, c'est un haut fonctionnaire qui connaît aussi un peu d'économie. Il ne faut pas oublier qu'il a quand même enseigné l'économie aussi, lui, à Sciences Po, etc. Donc, il savait quand même des choses en économie. Donc, il a tenu compte... D'ailleurs, rappelez-vous, sa campagne de 2012, c'est une campagne où il a... Enfin, ensuite, on lui a fait dire... Parce que ça, elle était bien compliquée, sa campagne, elle est contradictoire. Enfin, il a dit aussi faites attention aux déficits, il ne faut pas trop, etc. Mais moi, je ne dirais pas qu'il était regardien. Mais je ne le classe pas comme un anti-regardien, disons. Voilà. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 51:51Voir 2 autres passages
« Je pense que oui l'éducation protestante a dû jouer de façon très importante pour lui oui ça certainement »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 1:05:01
« Oui c'était c'était mais à mon avis le problème de Rocard c'est pour ça que je disais qu'il faut l'étudier dans son temps le problème c'est que la social-démocratie de Michel Rocard elle-même n'existe plus beaucoup c'est ça le problème ? Cela dit on a beaucoup gaussé et moi aussi à l'époque le Big Bang mais il proposait quelque chose de très intéressant c'est-à-dire il proposait un vrai parti socialiste qui n'aurait pas été la SFIO d'aujourd'hui des vrais écologistes qui n'auraient pas été les caricatures qu'on voit et à la gauche de la gauche quelques alliés et à la droite donc il y avait une cohérence qui ressemble à ce dont on aurait besoin aujourd'hui et que le parti socialiste et le conformisme de M. Cambadeli c'est la belle alliance qui est le contraire c'est-à-dire c'est le contraire de la belle alliance populaire il y avait un souffle il y avait une vision sociologique hélas la vision un peu boutiquaire du parti socialiste aujourd'hui fait que c'est une caricature de ce à quoi rêvait assez justement Michel Rocard »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Contre-arguments traités12 août 2015 au 4 juil. 2016 · 3 observations3 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« En tout cas, il n'y a pas... Effectivement, on l'a dit tout à l'heure, je crois, François Hollande n'a jamais été Rocardien. Déjà, on peut le dire et il était quand même dans le courant mitterrandiste. Il était à l'Elysée avec Mitterrand. Il était... Alors, il avait été proche de Delors, donc par conséquent, ce n'était pas le pur mitterrandi. Mais enfin, il a travaillé avec Mitterrand. Il n'a jamais été agressif à l'égard, dans mon souvenir, de Rocard. Jamais. Il n'a jamais... Il n'est pas monté en première ligne comme certains des jeunes dont on parlait tout à l'heure dans les années 70-80. Non, il n'a pas... Mais voilà. Alors simplement, c'est un haut fonctionnaire qui connaît aussi un peu d'économie. Il ne faut pas oublier qu'il a quand même enseigné l'économie aussi, lui, à Sciences Po, etc. Donc, il savait quand même des choses en économie. Donc, il a tenu compte... D'ailleurs, rappelez-vous, sa campagne de 2012, c'est une campagne où il a... Enfin, ensuite, on lui a fait dire... Parce que ça, elle était bien compliquée, sa campagne, elle est contradictoire. Enfin, il a dit aussi faites attention aux déficits, il ne faut pas trop, etc. Mais moi, je ne dirais pas qu'il était regardien. Mais je ne le classe pas comme un anti-regardien, disons. Voilà. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 51:51Voir 2 autres passages
« Oui, un côté minoritaire chez lui, ça c'est vrai. Et puis, c'est vrai qu'il a appris chez Michel Rocard, incontestablement. Ça c'est vrai. Maintenant, bon, maintenant, on pourrait ensuite réfléchir à ce qui les différencie, bien sûr. Georges-Marc Benham. Je crois que le problème de Manuel Valls aujourd'hui, malheureusement, c'est qu'il n'est pas assez rocardien. C'est-à-dire, être rocardien, c'est être finalement proche de la sociologie, sensible aux libertés publiques, aux innovations, et être assez peu régalien. Or, qu'est-ce qu'on retient aujourd'hui de Manuel Valls ? On retient du vertical et du régalien. Et s'il avait développé sa part véritablement rocardienne, il n'en serait pas là. Il n'aurait pas laissé à Macron le monopole de l'innovation et de la jeunesse. Or, il a marché sur une jambe qui n'est pas la jambe la plus rocardienne, qui est la jambe régalienne. Et donc, il a beau sauter comme un cabri et avec beaucoup d'affection, etc., à dire je suis rocardien, hélas, je dirais hélas, car aujourd'hui, il serait en phase, il n'est pas assez rocardien. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 48:35
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« En tout cas, il n'y a pas... Effectivement, on l'a dit tout à l'heure, je crois, François Hollande n'a jamais été Rocardien. Déjà, on peut le dire et il était quand même dans le courant mitterrandiste. Il était à l'Elysée avec Mitterrand. Il était... Alors, il avait été proche de Delors, donc par conséquent, ce n'était pas le pur mitterrandi. Mais enfin, il a travaillé avec Mitterrand. Il n'a jamais été agressif à l'égard, dans mon souvenir, de Rocard. Jamais. Il n'a jamais... Il n'est pas monté en première ligne comme certains des jeunes dont on parlait tout à l'heure dans les années 70-80. Non, il n'a pas... Mais voilà. Alors simplement, c'est un haut fonctionnaire qui connaît aussi un peu d'économie. Il ne faut pas oublier qu'il a quand même enseigné l'économie aussi, lui, à Sciences Po, etc. Donc, il savait quand même des choses en économie. Donc, il a tenu compte... D'ailleurs, rappelez-vous, sa campagne de 2012, c'est une campagne où il a... Enfin, ensuite, on lui a fait dire... Parce que ça, elle était bien compliquée, sa campagne, elle est contradictoire. Enfin, il a dit aussi faites attention aux déficits, il ne faut pas trop, etc. Mais moi, je ne dirais pas qu'il était regardien. Mais je ne le classe pas comme un anti-regardien, disons. Voilà. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 51:51Voir 2 autres passages
« Il faut bien voir que les choses, c'est que d'abord, il y avait un problème avec le ministre des Finances parce que M. Berré-Gauvoir, lui, ne voulait pas qu'on crée d'impôts. D'ailleurs, on a appelé ça, on a beaucoup travaillé, on a appelé ça « contribution » parce qu'on n'avait pas le droit de créer un impôt. Le ministère des Finances l'interdisait. Donc on a créé « contribution ». Ça a été très dur. Ça a été très dur de faire cela. Il y a eu grandes oppositions de différents côtés. Mais je suis d'accord avec François Sfresso. Je pense que ça a été quand même, 20 ans après, 30 ans après, ça a été quand même une réforme très importante pour assurer quand même le financement de ça. Mais je reprends ce qu'ils écartent le menu parce que je crois qu'on ne l'a peut-être pas assez insisté. C'est très important. Je crois effectivement qu'il ne faut jamais oublier que Michel Rocard, c'était un socialiste. Et il a assumé ça c'est trop beau. On essaie toujours de le pousser du côté presque sans droite. Il était pro-capit... Enfin, il était reconnu une marché... Oui, mais enfin, c'était un socialiste. Et d'ailleurs, je crois que dans les reproches que vous citiez tout à fait au début dans son dernier papier, je crois que d'une certaine façon il reproche à ses successeurs de ne pas être de vrais socialistes. Et la raison pour laquelle toute la gauche du parti l'a encensé, c'est que... Oui, lui c'est un vrai socialiste. Vous, vous n'êtes pas mais lui c'en était un. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 32:47
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Rapports cités2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 6 observations6 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Oui enfin c'est très important son pseudonyme quand il écrit au PSU parce qu'il est c'est Servier Servier Servier qui est un des grands libérateurs qui avait été brûlé voilà le martyr protestant de Genève le scoutisme est très important le scoutisme »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 1:04:42Voir 2 autres passages
« Parait-il formidable si j'entends les reportages que la culture a irrigué qu'il en reste des traces »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 1:05:18
« Formidablement. La même méthode. D'abord, c'est Paul Quilles également. C'est intéressant. Rocard, Premier ministre, Paul Quilles, qui était aux antipodes de Rocard, qui était le centralisateur, etc., mais qui va faire du rocardisme. Et donc, ça se passe, c'est une réforme modèle, la réforme de France Télécom, diagnostic partagée, mission de dialogue, et enfin, contrat à Air France aussi, ça s'est plutôt très bien passé. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 38:48
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Mécanismes explicités2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 17 observations22 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« et la CFDT. Oui, mais là, c'est ce qu'on disait au début. Ça, c'est vraiment... Il n'a pas réussi d'ailleurs complètement, mais c'était vraiment... Son idée fondamentale, c'était la social-démocratie. C'est pour ça qu'il a toujours été socialiste. La social-démocratie. Donc, il pensait effectivement... Il ne faut pas oublier que les assises du socialiste dont on parlait tout à l'heure en 1974 lorsqu'il quitte le PSU pour rentrer au Parti Socialiste, il le fait avec la CFDT d'Edmond Maire. Ce n'est pas un hasard s'il a demandé à Edmond Maire d'être là. Et pour lui, c'était fondamental. C'était comme un grand syndicat. Ce syndicat décidait et allait dans cette option aussi qui était l'option de négociation, de contrat, de compromis avec plusieurs associations. Donc, il représentait... Il faut bien voir aussi... Là, on est en train de parler du rocardiste, je ne sais pas ce qu'on veut dire en soi. Mais quand on le compare à ce qu'était le reste de la gauche à l'époque, c'est vrai qu'il y avait une certaine singularité. Singularité par cela. Et singularité, il ne faut jamais l'oublier. Je fais une parenthèse, bien que ce ne soit pas exactement la question, il ne faudra pas qu'on l'oublie quand même. C'est singularité par rapport à cette époque où on était encore très proche à gauche socialiste du Parti communiste. Il ne faut pas oublier que c'était une époque où Jean-Pierre Chevènement critiquait rocard à gauche américaine en disant l'axe de la sécurité de la France passe par Moscou. D'ailleurs, il n'a pas changé d'idée sur ce point. On peut lui faire reconnaître cette conscience. La méthode rocard, elle pourrait se résumer, et je reprends cet entretien sur l'art délicat de la réforme, en trois points. Il le résumait lui-même. Un diagnostic partagé, mettons les retraites ou la loi travail, mais un vrai diagnostic partagé où on fait circuler les informations, on fait des débats. On y prend du temps. On évite les chiffons rouges, il disait ça. On évite de parler du 49-3, Mme El Khomri. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 35:44Voir 2 autres passages
« On évite d'être beaucoup plus flexi que sécurité, donc on a quelque chose d'équilibré. Ça, c'est le premier plan, le diagnostic partagé. Ensuite, une mission de dialogue, et si possible, comme il l'avait fait pour les retraites, un syndicaliste, il avait pris un type de FO, etc., qui avait mis... Et là, il dit, ça doit infuser pendant deux ans. Non, mais... Si M. Valls et M. Hollande s'étaient réveillés un peu plus tôt, ils auraient pu... Sur la loi travail, »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 37:25
« Ça infuse pendant deux ans. Il y a des débats. Les gens s'en emparent. Ça monte. C'est ce qu'ils ont fait d'ailleurs sur certaines entreprises, France Télécom, sur la Nouvelle Calédonie. Et au terme de ce processus d'infusion, il y a un contrat entre les parties. Ce contrat, c'est seulement à ce moment-là que ça devient une loi, si c'est nécessaire, disait-il. Donc, on voit vraiment une méthode formidable, on a dit tout le mal, qu'on pouvait penser de son machiavélisme. Il n'est pas très machiavélien, mais c'était un génial réformateur si on l'écoutait, si M. Valls était véritablement rocardien. Il aurait fait ça pour la loi dite El Khomri. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Contraintes mentionnées2 août 2009 au 4 juil. 2016 · 4 observations4 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Il faut bien voir que les choses, c'est que d'abord, il y avait un problème avec le ministre des Finances parce que M. Berré-Gauvoir, lui, ne voulait pas qu'on crée d'impôts. D'ailleurs, on a appelé ça, on a beaucoup travaillé, on a appelé ça « contribution » parce qu'on n'avait pas le droit de créer un impôt. Le ministère des Finances l'interdisait. Donc on a créé « contribution ». Ça a été très dur. Ça a été très dur de faire cela. Il y a eu grandes oppositions de différents côtés. Mais je suis d'accord avec François Sfresso. Je pense que ça a été quand même, 20 ans après, 30 ans après, ça a été quand même une réforme très importante pour assurer quand même le financement de ça. Mais je reprends ce qu'ils écartent le menu parce que je crois qu'on ne l'a peut-être pas assez insisté. C'est très important. Je crois effectivement qu'il ne faut jamais oublier que Michel Rocard, c'était un socialiste. Et il a assumé ça c'est trop beau. On essaie toujours de le pousser du côté presque sans droite. Il était pro-capit... Enfin, il était reconnu une marché... Oui, mais enfin, c'était un socialiste. Et d'ailleurs, je crois que dans les reproches que vous citiez tout à fait au début dans son dernier papier, je crois que d'une certaine façon il reproche à ses successeurs de ne pas être de vrais socialistes. Et la raison pour laquelle toute la gauche du parti l'a encensé, c'est que... Oui, lui c'est un vrai socialiste. Vous, vous n'êtes pas mais lui c'en était un. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 32:47Voir 2 autres passages
« On n'a pas le choix. Pourquoi ? Nous sommes très endettés et la France a le devoir de répondre à l'inquiétude des marchés et de ne pas faire défaut sur sa dette, c'est vrai. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Michel RocardVérifier à 0:31
« On n'a pas le choix. Pourquoi ? Nous sommes très endettés et la France a le devoir de répondre à l'inquiétude des marchés et de ne pas faire défaut sur sa dette, c'est vrai. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Michel RocardVérifier à 0:31
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Textes de loi cités2 août 2009 au 2 août 2009 · 6 observations6 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« un traité de première importance a été signé sur une initiative conjointe soviéto-américaine et c'est le premier acte par lequel soviétiques et américains convenaient qu'après tout, il y a peut-être quelques portions de la planète qu'on pouvait isoler de la guerre froide. Le traité sur l'Antarctique est un traité purement politique et diplomatique, il enregistre les revendications territoriales, il y en avait 7 dont une française, il n'y en avait pas d'américaines ni de russes, ce qui d'ailleurs explique un peu les choses. Et l'article suivant du traité de l'Antarctique décide qu'on ne les matérialisera pas, pas de barbelés, pas de postes frontières, pas de monnaie, etc. Et puis on s'arrête là, ce traité fait une paix diplomatique et gèle, enfin interdit à la guerre froide d'arriver jusqu'au continent. J'ajoute que si, le traité de l'Antarctique démilitarise le continent. suivent trois protocoles. Le premier concerne, il est de 72, le premier, concerne la protection des phoques. Le second est de 78, applicable 82 ou 3, la protection de la faune et de la flore sous-marine. Et le troisième fut signé à Wellington sur initiative néo-zélandaise, on a mis 15 ans à le négocier. Le troisième prévoyait les conditions d'utilisation des gisements minéralogiques et surtout pétroliers de l'Antarctique. L'année d'après, monsieur le premier ministre d'Australie, Robert Hawke, qui était devenu un de mes amis, parce que j'avais cherché, sans la trouver d'ailleurs, son alliance dans les affaires de négociations agricoles pour le Rue-Guerre-Hound, mais nous étions retrouvés au-pour-de-la-Nouvelle-Calédonie. Il m'avait fait l'amitié de porter respect à ce qui s'était passé en Nouvelle-Calédonie. Il s'était devenu vraiment un ami. Il passe à Paris en visite d'État et me dit, « Michel, est-ce que vous avez regardé ce qui se passe sur l'Antarctique ? » Je dis non, je n'y connais rien. On a peu de temps ensemble. L'Australie et la France n'ont jamais rien fait de leur vie. On pourrait parler commerce, on pourrait parler armes nucléaires. Pourquoi m'ennuyer avec les bénévoles manchaux ? Qu'est-ce qu'il te prend ? Il m'a répondu, « Non, non, c'est très très grave. En tout cas, mon Parlement n'a pas l'intention de ratifier le troisième protocole, parce qu'Effet de serre, déjà, eux étaient les premiers informés. Nous ne voulons pas produire des gaz à effet de serre supplémentaires et nous n'admettons pas de permettre l'exploitation des gisements en Antarctique. Est-ce que vous êtes d'accord là-dessus ? » Première nouvelle, on venait de signer. C'était de l'année d'avant et c'était déjà sous mon gouvernement. Je n'avais rien vu passer ni rien compris, comme d'habitude. »
France Culture — L'Esprit public · Thématique - Les Pôles - avec Michel RocardVérifier à 4:55Voir 2 autres passages
« un traité de première importance a été signé sur une initiative conjointe soviéto-américaine et c'est le premier acte par lequel soviétiques et américains convenaient qu'après tout, il y a peut-être quelques portions de la planète qu'on pouvait isoler de la guerre froide. Le traité sur l'Antarctique est un traité purement politique et diplomatique, il enregistre les revendications territoriales, il y en avait 7 dont une française, il n'y en avait pas d'américaines ni de russes, ce qui d'ailleurs explique un peu les choses. Et l'article suivant du traité de l'Antarctique décide qu'on ne les matérialisera pas, pas de barbelés, pas de postes frontières, pas de monnaie, etc. Et puis on s'arrête là, ce traité fait une paix diplomatique et gèle, enfin interdit à la guerre froide d'arriver jusqu'au continent. J'ajoute que si, le traité de l'Antarctique démilitarise le continent. suivent trois protocoles. Le premier concerne, il est de 72, le premier, concerne la protection des phoques. Le second est de 78, applicable 82 ou 3, la protection de la faune et de la flore sous-marine. Et le troisième fut signé à Wellington sur initiative néo-zélandaise, on a mis 15 ans à le négocier. Le troisième prévoyait les conditions d'utilisation des gisements minéralogiques et surtout pétroliers de l'Antarctique. L'année d'après, monsieur le premier ministre d'Australie, Robert Hawke, qui était devenu un de mes amis, parce que j'avais cherché, sans la trouver d'ailleurs, son alliance dans les affaires de négociations agricoles pour le Rue-Guerre-Hound, mais nous étions retrouvés au-pour-de-la-Nouvelle-Calédonie. Il m'avait fait l'amitié de porter respect à ce qui s'était passé en Nouvelle-Calédonie. Il s'était devenu vraiment un ami. Il passe à Paris en visite d'État et me dit, « Michel, est-ce que vous avez regardé ce qui se passe sur l'Antarctique ? » Je dis non, je n'y connais rien. On a peu de temps ensemble. L'Australie et la France n'ont jamais rien fait de leur vie. On pourrait parler commerce, on pourrait parler armes nucléaires. Pourquoi m'ennuyer avec les bénévoles manchaux ? Qu'est-ce qu'il te prend ? Il m'a répondu, « Non, non, c'est très très grave. En tout cas, mon Parlement n'a pas l'intention de ratifier le troisième protocole, parce qu'Effet de serre, déjà, eux étaient les premiers informés. Nous ne voulons pas produire des gaz à effet de serre supplémentaires et nous n'admettons pas de permettre l'exploitation des gisements en Antarctique. Est-ce que vous êtes d'accord là-dessus ? » Première nouvelle, on venait de signer. C'était de l'année d'avant et c'était déjà sous mon gouvernement. Je n'avais rien vu passer ni rien compris, comme d'habitude. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 37:49
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France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 5:26
« c'est bien l'Europe que l'on engagerait. Et en fait, cette bataille est de même nature. Si bien d'ailleurs que le solde de la crise grecque, c'est la découverte que pour qu'on n'ait pas de nouvelles difficultés avec, très vite après, le Portugal, puis l'Espagne, l'Italie, la France peut-être même, parce qu'on ne va pas très bien sur le plan de l'endettement, il faudrait donner à l'euro le pouvoir de décider sans limite de ce qu'elle fait, et ça voudrait dire que c'est un engagement pour le nom de l'Europe, y compris sans doute dans l'ordre budgétaire et pas seulement dans l'ordre des prêts et de la monnaie. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 3:42
« C'est industriel. Et on s'est aperçu que la spéculation, l'attente que les prix montent, les combines qui permettent de les faire monter les prix, ça rapporte bien plus. Quant à le prix de ce que vous avez à vendre double, vous gagnez beaucoup plus. Doublez vos gains. À condition justement d'avoir joué contre l'activité économique en attendant que ça monte et en poussant à ce que ça monte. Le déséquilibre d'aujourd'hui il vient beaucoup plus de la spéculation. Prenez le problème du chômage. Depuis 30 ans, la part de leurs résultats que les entreprises distribuent à leurs actionnaires a doublé au dépens de ce qu'est la paie. Or la paie, les gens la dépensent tout de suite, c'est de la consommation. C'est cette partie de la finance qui organise la spéculation qui est destructrice du capitalisme aujourd'hui. Depuis que c'est devenu licite, c'est-à-dire la décennie 90, nous nous sommes offerts une grande crise tous les 5 ou 6 ans. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 22:01
« et la CFDT. Oui, mais là, c'est ce qu'on disait au début. Ça, c'est vraiment... Il n'a pas réussi d'ailleurs complètement, mais c'était vraiment... Son idée fondamentale, c'était la social-démocratie. C'est pour ça qu'il a toujours été socialiste. La social-démocratie. Donc, il pensait effectivement... Il ne faut pas oublier que les assises du socialiste dont on parlait tout à l'heure en 1974 lorsqu'il quitte le PSU pour rentrer au Parti Socialiste, il le fait avec la CFDT d'Edmond Maire. Ce n'est pas un hasard s'il a demandé à Edmond Maire d'être là. Et pour lui, c'était fondamental. C'était comme un grand syndicat. Ce syndicat décidait et allait dans cette option aussi qui était l'option de négociation, de contrat, de compromis avec plusieurs associations. Donc, il représentait... Il faut bien voir aussi... Là, on est en train de parler du rocardiste, je ne sais pas ce qu'on veut dire en soi. Mais quand on le compare à ce qu'était le reste de la gauche à l'époque, c'est vrai qu'il y avait une certaine singularité. Singularité par cela. Et singularité, il ne faut jamais l'oublier. Je fais une parenthèse, bien que ce ne soit pas exactement la question, il ne faudra pas qu'on l'oublie quand même. C'est singularité par rapport à cette époque où on était encore très proche à gauche socialiste du Parti communiste. Il ne faut pas oublier que c'était une époque où Jean-Pierre Chevènement critiquait rocard à gauche américaine en disant l'axe de la sécurité de la France passe par Moscou. D'ailleurs, il n'a pas changé d'idée sur ce point. On peut lui faire reconnaître cette conscience. La méthode rocard, elle pourrait se résumer, et je reprends cet entretien sur l'art délicat de la réforme, en trois points. Il le résumait lui-même. Un diagnostic partagé, mettons les retraites ou la loi travail, mais un vrai diagnostic partagé où on fait circuler les informations, on fait des débats. On y prend du temps. On évite les chiffons rouges, il disait ça. On évite de parler du 49-3, Mme El Khomri. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 35:44
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 6:03
« Ça infuse pendant deux ans. Il y a des débats. Les gens s'en emparent. Ça monte. C'est ce qu'ils ont fait d'ailleurs sur certaines entreprises, France Télécom, sur la Nouvelle Calédonie. Et au terme de ce processus d'infusion, il y a un contrat entre les parties. Ce contrat, c'est seulement à ce moment-là que ça devient une loi, si c'est nécessaire, disait-il. Donc, on voit vraiment une méthode formidable, on a dit tout le mal, qu'on pouvait penser de son machiavélisme. Il n'est pas très machiavélien, mais c'était un génial réformateur si on l'écoutait, si M. Valls était véritablement rocardien. Il aurait fait ça pour la loi dite El Khomri. »
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 37:49
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 58:10
« Molière s'amusait de ces médecins qui savaient prescrire que la saignée. Et le fait de prescrire la saignée a disparu quand Louis Pasteur a découvert les microbes, et quand on en est venu, une médecine plus médicamenteuse, et traitant vraiment les microbes. Grâce aux antibiotiques, notamment ? Absolument. En économie, nous en sommes toujours un peu là. Et la doctrine d'économie créissante, qui s'appelait le monétarisme, qui est née dans les années 70, qui a reçu ses prix... Dans les années 60, plutôt. Qui a reçu ses prix Nobel 14, s'il vous plaît. A commencer par Hayek, et à continuer par Milton Friedman, qui est le pape. Ça, c'est un prix Nobel de 1976. Et cette doctrine monétariste dit les États ne peuvent rien à la croissance. Il vaut mieux qu'ils s'en mêlent pas. L'économie et la finance, ça marche d'autant mieux que l'État ne s'en occupe pas, qu'il s'en aille. La croissance, c'est une affaire qui résulte de l'investissement. Et l'investissement, il est privé, et lui-même résulte de la confiance. Payez vos dettes, tenez parole, la confiance reviendra, et l'investissement avec. Or, ça ne marche pas. Parce que les hypothèses de cette façon de penser, c'est que le marché est auto-équilibrant. L'auto-régulation. Un équilibre de marché est optimal, le meilleur possible, enfin le moins mauvais possible. Et nous sommes dans une crise qui montre bien que ça n'est pas vrai. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Michel Rocard: la spéculation, menace pour l'humanitéVérifier à 9:30
« Reste qu'il y a une immense controverse, un peu monde entier, mais qui traverse aussi la France. Est-ce qu'il est intelligent de payer sa dette et de diminuer sa dépense publique au point de provoquer une récession, au point d'arrêter la croissance ? Tout le monde sait bien que dans nos économies modernes, la dépense publique contribue pour un bon quart à l'activité générale. Là-dedans, il y a des éléments qu'il faudra bien accepter de diminuer parce que notre train de vie est au-delà de nos moyens, mais il y a aussi un financement de certaines contributions à des financements d'investissement qui font de la croissance demain. Et c'est un des gros enjeux. J'aurais aimé qu'il soit plus discuté au G20 qu'il a été, de se mettre d'accord sur le fait de concevoir la rigueur dans des conditions qui ne mettent pas en cause nos possibilités de croissance demain. Parce que s'il n'y a plus de croissance, il n'y a plus non plus de paiement de la dette. C'est la croissance qui finance l'impôt qui permet de payer la dette. Donc nous sommes devant cette situation. Pour le moment, les choix du Premier ministre ne sont pas encore tout à fait faits. On verra bien comment ça s'arbitre en interministériel et comment c'est voté par le Parlement. Mais de fait, nous devons faire une phase d'économie supplémentaire. Je serai très attentif à ce qu'elle ne mette pas en cause nos chances de croissance. Il nous faut toujours un point ou deux croissants si possible. Sinon, je ne vois pas comment on continuera à garantir notre dette demain. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Michel RocardVérifier à 0:45
C dans l'air · C dans l'air du 04-07-2016 | MICHEL ROCARD : LE " RÊVEUR RÉALISTE "Vérifier à 37:49
France Culture — L'Esprit public · Thématique - Les Pôles - avec Michel RocardVérifier à 4:55
« un traité de première importance a été signé sur une initiative conjointe soviéto-américaine et c'est le premier acte par lequel soviétiques et américains convenaient qu'après tout, il y a peut-être quelques portions de la planète qu'on pouvait isoler de la guerre froide. Le traité sur l'Antarctique est un traité purement politique et diplomatique, il enregistre les revendications territoriales, il y en avait 7 dont une française, il n'y en avait pas d'américaines ni de russes, ce qui d'ailleurs explique un peu les choses. Et l'article suivant du traité de l'Antarctique décide qu'on ne les matérialisera pas, pas de barbelés, pas de postes frontières, pas de monnaie, etc. Et puis on s'arrête là, ce traité fait une paix diplomatique et gèle, enfin interdit à la guerre froide d'arriver jusqu'au continent. J'ajoute que si, le traité de l'Antarctique démilitarise le continent. suivent trois protocoles. Le premier concerne, il est de 72, le premier, concerne la protection des phoques. Le second est de 78, applicable 82 ou 3, la protection de la faune et de la flore sous-marine. Et le troisième fut signé à Wellington sur initiative néo-zélandaise, on a mis 15 ans à le négocier. Le troisième prévoyait les conditions d'utilisation des gisements minéralogiques et surtout pétroliers de l'Antarctique. L'année d'après, monsieur le premier ministre d'Australie, Robert Hawke, qui était devenu un de mes amis, parce que j'avais cherché, sans la trouver d'ailleurs, son alliance dans les affaires de négociations agricoles pour le Rue-Guerre-Hound, mais nous étions retrouvés au-pour-de-la-Nouvelle-Calédonie. Il m'avait fait l'amitié de porter respect à ce qui s'était passé en Nouvelle-Calédonie. Il s'était devenu vraiment un ami. Il passe à Paris en visite d'État et me dit, « Michel, est-ce que vous avez regardé ce qui se passe sur l'Antarctique ? » Je dis non, je n'y connais rien. On a peu de temps ensemble. L'Australie et la France n'ont jamais rien fait de leur vie. On pourrait parler commerce, on pourrait parler armes nucléaires. Pourquoi m'ennuyer avec les bénévoles manchaux ? Qu'est-ce qu'il te prend ? Il m'a répondu, « Non, non, c'est très très grave. En tout cas, mon Parlement n'a pas l'intention de ratifier le troisième protocole, parce qu'Effet de serre, déjà, eux étaient les premiers informés. Nous ne voulons pas produire des gaz à effet de serre supplémentaires et nous n'admettons pas de permettre l'exploitation des gisements en Antarctique. Est-ce que vous êtes d'accord là-dessus ? » Première nouvelle, on venait de signer. C'était de l'année d'avant et c'était déjà sous mon gouvernement. Je n'avais rien vu passer ni rien compris, comme d'habitude. »
France Culture — L'Esprit public · Thématique - Les Pôles - avec Michel RocardVérifier à 4:55