

« Oui, mais je l'ai dit, effectivement. C'est-à-dire que Nicolas Sarkozy, d'abord, semble oublier ce qui s'est passé lors de l'invasion de l'Ukraine en février 2022. L'objectif n'était pas de récupérer le Donbass, le Donnex ou la Crimée, puisque la Russie avait déjà mis la main dessus. L'objectif était qu'un corps expéditionnaire aille à Kiev, fasse tomber les autorités légitimes, peut-être les élimine, et que l'Ukraine se retrouve sous la coupe de la Russie, et qu'accessoirement la Russie se retrouve aux frontières de la Pologne. C'est ça, l'origine. »
« Le deuxième aspect qui m'a frappé dans l'intervention de Nicolas Sarkozy, c'est que le mot crime de guerre, qui est attaché à la politique et à la façon d'agir des soldats ou des miliciens du régime russe actuel, il n'en dit pas un mot, si vous voulez. »
« Moi, mon espoir, et on revient sur les mots de négociation, c'est que je me dis, seul un échec de Poutine en Ukraine, dans le conflit actuel, à court terme ou à moyen terme, parce que la guerre dure, seul cet échec ouvrira une possibilité de négociation. »
« Et quand il dit « on ne reviendra pas en arrière », quand il parle de référendum à organiser, encrimer, mais pour revenir, pour rester dans l'état de fait antérieur, on est devant quelque chose que je trouve personnellement éhonteux et dangereux. »
« La façon dont a été assassiné celui qui était un des proches de Vladimir Poutine est clair sur la nature de ce régime qui est opaque, qui est mafieux, qui est violent, qui est agressif à l'égard de l'Europe et oppressif à l'égard des Russes. »
« La démarche qui a été suivie depuis, et notamment, pas seulement par la droite d'une part, aussi aujourd'hui par Macron, tourne le dos à cette méthode consensuelle qu'on n'ait pas essayé de dialoguer avec Laurent Berger par exemple, est à mon avis révélateur d'un désintérêt pour les corps intermédiaires. »
« Il aurait évité qu'elle soit injuste. Parce qu'on aurait un acquis, si vous voulez, de sommes qu'on aurait rassemblées et qui permettraient de lisser la réforme, comme on dit. »
« Donc, la décision initiale se fait dans un tout autre contexte que celui que nous avons devant nous maintenant. »
« Donc, je pense, personnellement, que l'idée que la baïa n'est pas sa place à l'école, à partir du moment où, sur les réseaux sociaux, on voit un prosélytisme qui pousse à porter des jeunes filles, toujours des jeunes filles, qu'on met en avant, à porter ce vêtement, effectivement, les distingue de la majorité de leurs camarades, quel qu'en soit par ailleurs leur nombre. »
« Et donc, le fait, on verra bien ce que dira le Conseil d'État, mais le fait que ce vêtement ne soit pas porté à l'école, même si d'autres ont envie de le porter dans la rue, ça, c'est autre chose, on ne légifère pas, me paraît être plutôt une bonne chose. »
« La laïcité est une question fondamentale en France dont la règle doit être établie par l'État, par le pouvoir légitime. Et il ne faut pas qu'on puisse dire, notamment ceux qui sont favorables au port de cette tenue qui est faite au fond pour discriminer, si vous voulez, il ne faut pas qu'on puisse dire, tel chef d'établissement l'autorise, tel autre chef ne l'autorise pas. Et donc, c'est à l'État de fixer la règle. »
« Effectivement, je l'ai dit, j'ai bougé. Mais c'est surtout le monde qui a bougé. En 1989, quand j'étais ministre de l'Éducation, il n'y avait pas eu le 11 septembre. Il n'y avait pas eu l'État islamique. Il n'y avait pas eu un développement du terrorisme massif. »
« Mais même à l'époque, madame, c'est le seul point que je me permettrais de vous reprendre. Pour le reste, je ne suis pas gêné. C'est même sur ce point, les chefs d'établissement prenaient leurs décisions sur critères qui lui avaient été fixés. Notamment le respect des matières, des enseignements, de la discipline. »
« Parce que la laïcité, ce n'est pas seulement le rapport entre l'État et les religions, entre l'école et les religions. C'est aussi une certaine conception du vivre ensemble. »
« Et quand on se distingue de façon prosélyste, avec une intention politique, eh bien, on s'éloigne de la communauté nationale. »
« Non, certainement pas. J'ai créé, quand j'étais au gouvernement, le Conseil d'orientation des retraites. »
« Je pense que sur ce sujet, ça n'est pas au chef d'établissement de décider. »
« Et la deuxième chose que je souhaite, c'est qu'à plus long terme, nous retrouvions dans la Russie, sinon un partenaire, au moins un interlocuteur. »
« Au mieux, c'est une actualisation d'un vieux thème, qui ne m'a pas d'ailleurs été étranger, sur la relation franco-russe, mais on ne peut pas comparer avec la période de la guerre froide et de l'Union soviétique. On est face à un régime extrêmement particulier en Russie. »
« Ce qui m'a choqué, surpris d'abord, choqué ensuite, c'est qu'un ancien président de la République pérenne a une position diamétralement opposée à la position officielle de son pays, la France, qui soutient l'Ukraine et combat, si on peut dire d'une certaine façon, la Russie. »