Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Alors, je ne perçois pas du tout au quotidien dans les salles que je vois pleines, je ne vois pas du tout ce ressenti et ce décalage, si vous voulez. En revanche, il y a une musique générale anti-élite que je trouve particulièrement inquiétante parce qu'elle touche les artistes, mais elle touche aussi les politiques, elle touche les journalistes, elle touche les sachants, elle touche les scientifiques, elle touche les médecins et ça, ce n'est pas satisfaisant. Une société qui ne sait pas reconnaître la valeur et les vertus de ceux qui savent est une société assez inquiétante et c'est une forme de populisme que je trouve assez atterrente. J'ai trouvé atterrant que lors du débat du second tour entre Mme Le Pen et le président Macron, »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est quelque chose d'extrêmement intime. Vous savez, le déclic de chacun, il dépend d'une rencontre, d'un moment, c'est très fugace, ça ne s'impose pas. Moi, pendant la campagne, j'avais des directeurs de musées qui me disaient qu'il faut obliger les jeunes à venir dans les musées. Non, ce n'est pas en obligeant, c'est en créant tout à coup des désirs. C'est extrêmement compliqué, c'est en créant des habitudes, c'est en créant des envies. Et le pass culture, on a pas mal raillé le pass culture autour des mangas, en disant, ah, mais il y a 18% des achats qui sont des achats de mangas. Oui, mais ça permet tout à coup à des jeunes enfants d'aller dans des librairies. Ça permet tout à coup à des jeunes enfants de découvrir un univers qu'ils ne connaissaient peut-être pas. Certains le connaissaient, évidemment, d'autres ne le connaissaient pas. Et ensuite, c'est aux libraires de faire leur métier. Ensuite, c'est aux professionnels de savoir guider ces nouveaux spectateurs, consommateurs, lecteurs. C'est aux professionnels de savoir les prendre par la main et les accompagner. Ça fonctionnera sur certains, sur d'autres, ça ne fonctionnera pas. Je ne considère pas du tout que 100% des jeunes tout à coup vont se ruer dans les librairies, vont aller au spectacle. Non, mais de très nombreux jeunes qui n'avaient pas accès. Vous savez, on s'est souvent rendu compte que pousser la porte d'un théâtre, rentrer dans un théâtre, c'était un acte assez impressionnant et que nos lieux étaient des lieux un peu inhibants. Il faut désinhiber tout ça. Il faut que ça soit simple. Il faut savoir ouvrir les portes des librairies, ouvrir les portes des théâtres. Le pass culture va y contribuer et jusqu'à présent, on était dans la plainte de la désaffection des publics. On était dans l'inquiétude de voir de nouvelles générations qui ne s'appropriaient pas toutes les offres culturelles que nous pouvions proposer. Aujourd'hui, avec le pass culture, on a enfin cette brique qui est essentielle. Elle va faire son chemin. On a eu la chance qu'elle soit développée vraiment très progressivement avec une équipe autonome, celle du pass culture. Et je pense que ça va permettre de grandes découvertes pour de très nombreux jeunes. Certains passeraient à côté, mais d'autres seront séduits. Et c'est ça qu'on cherche. »
« Alors, pendant la campagne, je disais beaucoup plus que ça. Je disais que le pass culture, c'était quelque chose de révolutionnaire. »
« question de la diffusion et on se dit que depuis 20 ans, rien n'a changé. Il manquait une pierre à cet édifice, il manquait un rouage, il manquait une brique et cette brique, c'est le pass culturel parce que le pass culture, il va permettre à des jeunes qui aujourd'hui sont absents des salles, sont absents des lieux, sont absents du monde de la culture. Je schématise, mais c'est une réalité. Il va permettre à ces jeunes d'être sensibilisés et il y a eu une montée en puissance du pass culture tout au long du précédent quinquennat et aujourd'hui, avec la mise en place du pass culture à partir de la quatrième déjà depuis janvier 2022 avec le pass culture collectif, les enseignants peuvent s'en saisir et les enseignants peuvent utiliser et là, le rôle de médiateur est essentiel, les enseignants peuvent l'utiliser pour effectuer des sorties scolaires supplémentaires et pour sensibiliser les jeunes parce qu'on attirera les jeunes exclusivement en les émerveillant. On les attirera parce qu'on saura créer du désir et jusqu'à présent, on n'était pas dans leur spectre. Aujourd'hui, avec le pass culture qui est un outil moderne sur leur téléphone parce que tout le monde a un téléphone aujourd'hui, il y a l'application pass culture et c'est un premier pas pour découvrir et goûter à la culture. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« les jeunes puissent se saisir de la culture. On a parlé de la création. On a dit à quel point, depuis 60 ans, c'était vraiment le marqueur de la politique publique, c'était la création. C'est-à-dire qu'on s'est intéressé en permanence et on a eu raison à l'offre. C'était très important. On s'est intéressé à créer un maillage territorial qui fait qu'aujourd'hui, il n'y a pas de territoire oublié, il n'y a pas de désert culturel dans ce pays. C'est très important parce qu'on le voit dans le rapport, c'est indiqué dans ce rapport de la Cour des Comptes, mais dans la tête de beaucoup de gens, il y a des déserts culturels. C'est faux, il n'y a pas de déserts culturels dans ce pays »
« C'est quelque chose d'extrêmement intime. Vous savez, le déclic de chacun, il dépend d'une rencontre, d'un moment, c'est très fugace, ça ne s'impose pas. Moi, pendant la campagne, j'avais des directeurs de musées qui me disaient qu'il faut obliger les jeunes à venir dans les musées. Non, ce n'est pas en obligeant, c'est en créant tout à coup des désirs. C'est extrêmement compliqué, c'est en créant des habitudes, c'est en créant des envies. Et le pass culture, on a pas mal raillé le pass culture autour des mangas, en disant, ah, mais il y a 18% des achats qui sont des achats de mangas. Oui, mais ça permet tout à coup à des jeunes enfants d'aller dans des librairies. Ça permet tout à coup à des jeunes enfants de découvrir un univers qu'ils ne connaissaient peut-être pas. Certains le connaissaient, évidemment, d'autres ne le connaissaient pas. Et ensuite, c'est aux libraires de faire leur métier. Ensuite, c'est aux professionnels de savoir guider ces nouveaux spectateurs, consommateurs, lecteurs. C'est aux professionnels de savoir les prendre par la main et les accompagner. Ça fonctionnera sur certains, sur d'autres, ça ne fonctionnera pas. Je ne considère pas du tout que 100% des jeunes tout à coup vont se ruer dans les librairies, vont aller au spectacle. Non, mais de très nombreux jeunes qui n'avaient pas accès. Vous savez, on s'est souvent rendu compte que pousser la porte d'un théâtre, rentrer dans un théâtre, c'était un acte assez impressionnant et que nos lieux étaient des lieux un peu inhibants. Il faut désinhiber tout ça. Il faut que ça soit simple. Il faut savoir ouvrir les portes des librairies, ouvrir les portes des théâtres. Le pass culture va y contribuer et jusqu'à présent, on était dans la plainte de la désaffection des publics. On était dans l'inquiétude de voir de nouvelles générations qui ne s'appropriaient pas toutes les offres culturelles que nous pouvions proposer. Aujourd'hui, avec le pass culture, on a enfin cette brique qui est essentielle. Elle va faire son chemin. On a eu la chance qu'elle soit développée vraiment très progressivement avec une équipe autonome, celle du pass culture. Et je pense que ça va permettre de grandes découvertes pour de très nombreux jeunes. Certains passeraient à côté, mais d'autres seront séduits. Et c'est ça qu'on cherche. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« les jeunes puissent se saisir de la culture. On a parlé de la création. On a dit à quel point, depuis 60 ans, c'était vraiment le marqueur de la politique publique, c'était la création. C'est-à-dire qu'on s'est intéressé en permanence et on a eu raison à l'offre. C'était très important. On s'est intéressé à créer un maillage territorial qui fait qu'aujourd'hui, il n'y a pas de territoire oublié, il n'y a pas de désert culturel dans ce pays. C'est très important parce qu'on le voit dans le rapport, c'est indiqué dans ce rapport de la Cour des Comptes, mais dans la tête de beaucoup de gens, il y a des déserts culturels. C'est faux, il n'y a pas de déserts culturels dans ce pays »
« Mais il y a 28%. Siby, c'est demandé à tous les théâtres de faire remonter leurs statistiques de fréquentation mais, visiblement, il n'y a que 28% qui le font. Donc, c'est encore parcellaire. Ce qui est très intéressant dans ce rapport, c'est qu'on a un certain nombre d'idées arrêtées qui sont fausses. Une idée de la paupérisation. Or, en 20 ans, en même pas, en moins de 20 ans, il y a 40% supplémentaires sur l'aide à la création. La création, c'est, en France, quelque chose d'essentiel et on a souhaité que ce pays soit effervescent en termes de création. Et il l'est. Beaucoup de structures sont aidées. Il y a 310 lieux labellisés. Il y a 2850 compagnies qui sont aidées, accompagnées, plus 40%, j'ai noté, plus 40% en 20 ans. avec un budget de 125 millions d'euros qui sont consacrés à cette création. Donc, en matière de création, c'est extrêmement fort. En matière de fréquentation, les améliorations aussi sont très nettes. Là aussi, sur une période longue, en 20 ans, puisque 43% des Français en 2018 ont assisté à un spectacle et il n'était que 33% il y a 50 ans, en 1973. Donc, ça veut dire que là aussi, l'impact de la politique publique a été fort. En revanche, ce qu'on constate, c'est qu'au niveau des jeunes générations, il y a plutôt une désaffection. Et que ces statistiques s'expliquent aussi parce que ce pays est vieillissant et que ce sont les plus de 50 ans qui vont plutôt voir des spectacles. Donc là, il y a un enjeu. En matière de césure territoriale, on a souvent en tête que dans ce pays, il y aurait des territoires oubliés, il y aurait des territoires où il ne se passerait rien en matière culturelle. C'est faux. Et là aussi, il y a un changement radical puisque le rapport, au fond, était de 1 à 3, on va dire, sur la fréquentation entre l'urbain et le rural il y a 40 ans. Aujourd'hui, il est de 1 à 1,5. Donc, c'est assez marginal. Donc, ce rapport, il est très intéressant parce qu'il pointe qu'en matière de création, le ministère de la Culture, mais depuis 50 ans ou 60 ans, a vraiment fait le job qu'il y a des moyens qui sont... »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Elle est permanente, la prise de risque. D'abord parce que c'est ça qui fait le sel de notre métier. Ce qui nous fait vibrer, c'est un jour d'avoir une idée, et puis six mois plus tard, que cette idée prenne chair et de voir les spectacles. Donc on ne peut pas être des rentiers, si vous voulez, autour de quelques grands noms. Et ce qui nous meut véritablement, c'est la création artistique. On a créé, pendant la pandémie, un spectacle autour de Simone Veil avec Christiana Réali. C'est impossible sur le papier de savoir si ce spectacle va être un triomphe ou pas. Et on a beaucoup de... Non mais... »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Il y a quelques indices, il y a quelques indices, mais ce spectacle va rencontrer un grand succès. Et très sincèrement, au sortir de la pandémie, quand on le crée au mois de septembre, au mois de septembre, le risque, il est fort parce que l'épidémie existe toujours, les jauges viennent à peine d'être interrompues, mais ce n'est pas présent dans la tête du public, et les réservations ne sont pas là. Et c'est aussi ça un motif d'encouragement et d'optimisme pour la suite. Parce que ce spectacle va partir avec très peu de réservations d'avance, et progressivement la qualité du spectacle, la qualité de l'interprétation de Christiana Réali, va faire que ce spectacle va monter en puissance et rencontrer son succès. On a créé derrière un spectacle sur la commune, avec Isabelle Carré, justement, et Pierre Delalonchamp. Là aussi, il n'y a aucune certitude, il n'y a aucune certitude. Et ce spectacle va rencontrer son public. Notre, notre sel, ce qui nous motive en permanence, c'est de créer des spectacles. Notre satisfaction, elle est là. Elle n'est pas de compter les recettes, elle est d'avoir la confirmation que ce qu'on a imaginé, prenait chair, prenait réalité et rencontrait le public. C'est ça qui nous anime. Donc certes, on a pu, et c'était bien logique, on n'allait pas se dépouiller et faire n'importe quoi dans ces périodes où nous n'étions fragiles, on a pu investir sur des spectacles qui fonctionnaient bien, mais j'ai créé un spectacle sur la radicalité, qui s'appelle Audrey, sur l'itinéraire d'une jeune femme qui va se radicaliser. Vous savez, sur le papier, ce type de spectacle, ce n'est pas assuré que ce soit un grand succès. Et ça a eu un succès d'estime. Ça n'a pas été un triomphe populaire, mais ça a eu un succès d'estime. Mais je l'ai lancé parce qu'à ce moment-là, je considérais que c'était nécessaire de braquer les projecteurs sur ce phénomène-là et que nous avions besoin, parce que le théâtre est une caisse de résonance de nos problèmes de société, d'aborder ce sujet. Pareil avec le festival Parole Citoyenne. Pendant le confinement, je l'ai maintenu et là, à la sortie de la crise, on l'a réalisé. C'est un festival où j'ai perdu de l'argent. Mais quand vous avez la chance de créer le premier spectacle de Robert Badinter, et à cette lecture sont venus Benjamin Lavergne et Denis Podalides et Bernard Murat, quand vous avez cette chance inouïe, vous la saisissez, vous l'enfourchez, parce que c'est un devoir pour nous de mettre en avant ses œuvres, au-delà de toute question de rentabilité. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Alors, je suis au regret de vous dire que je demeure optimiste parce que... Mais ce n'est pas un reproche. L'expérience, non mais ce n'est pas du tout un reproche, mais l'expérience que nous proposons, elle est unique. Ce sont des moments uniques. Il n'y a pas une représentation qui soit la même que la précédente. Donc, ce moment unique, le public, il aura tout... Ça fait des milliers d'années que le théâtre existe. Donc, le public, il a envie de la partager, de la vivre, de vibrer parce qu'il y a des émotions dans le spectacle vivant. Ça s'appelle le spectacle vivant que vous ne retrouvez pas ailleurs. Alors que le cinéma puisse être concurrencé par des plateformes, sans doute, sans doute parce qu'on voit la multiplication des œuvres. Et on voit d'ailleurs qu'au cinéma, il y a eu beaucoup, beaucoup de tournages qui se sont opérés, y compris pendant la pandémie. Donc, il y a eu un petit phénomène d'embouteillage qui est en train d'être résorbé. Et on a besoin au cinéma, parce que beaucoup de diffuseurs, de producteurs, ont un peu attendu avant de diffuser leurs œuvres fortes. Mais on a besoin d'un effet plus systématique autour de gros blockbusters. Au cinéma, on le voit. On le voit avec des gros blockbusters américains qui, tout à coup, remplissent la salle. Et comme on a un système assez vertueux en France, on a besoin de ces blockbusters américains pour financer notre cinéma. Donc, c'est une très bonne chose parce que ça fait revenir dans les salles des gens qui ne viennent pas. Ce n'est pas le cas tout à fait au théâtre. Ce n'est pas le cas tout à fait au théâtre. Parce que, comme je vous le disais, notre expérience, elle est unique. Donc, on n'est pas concurrencé par une plateforme. Parce que ce qu'on voit sur scène, on ne le voit nulle part ailleurs. »
« Mais il y a 28%. Siby, c'est demandé à tous les théâtres de faire remonter leurs statistiques de fréquentation mais, visiblement, il n'y a que 28% qui le font. Donc, c'est encore parcellaire. Ce qui est très intéressant dans ce rapport, c'est qu'on a un certain nombre d'idées arrêtées qui sont fausses. Une idée de la paupérisation. Or, en 20 ans, en même pas, en moins de 20 ans, il y a 40% supplémentaires sur l'aide à la création. La création, c'est, en France, quelque chose d'essentiel et on a souhaité que ce pays soit effervescent en termes de création. Et il l'est. Beaucoup de structures sont aidées. Il y a 310 lieux labellisés. Il y a 2850 compagnies qui sont aidées, accompagnées, plus 40%, j'ai noté, plus 40% en 20 ans. avec un budget de 125 millions d'euros qui sont consacrés à cette création. Donc, en matière de création, c'est extrêmement fort. En matière de fréquentation, les améliorations aussi sont très nettes. Là aussi, sur une période longue, en 20 ans, puisque 43% des Français en 2018 ont assisté à un spectacle et il n'était que 33% il y a 50 ans, en 1973. Donc, ça veut dire que là aussi, l'impact de la politique publique a été fort. En revanche, ce qu'on constate, c'est qu'au niveau des jeunes générations, il y a plutôt une désaffection. Et que ces statistiques s'expliquent aussi parce que ce pays est vieillissant et que ce sont les plus de 50 ans qui vont plutôt voir des spectacles. Donc là, il y a un enjeu. En matière de césure territoriale, on a souvent en tête que dans ce pays, il y aurait des territoires oubliés, il y aurait des territoires où il ne se passerait rien en matière culturelle. C'est faux. Et là aussi, il y a un changement radical puisque le rapport, au fond, était de 1 à 3, on va dire, sur la fréquentation entre l'urbain et le rural il y a 40 ans. Aujourd'hui, il est de 1 à 1,5. Donc, c'est assez marginal. Donc, ce rapport, il est très intéressant parce qu'il pointe qu'en matière de création, le ministère de la Culture, mais depuis 50 ans ou 60 ans, a vraiment fait le job qu'il y a des moyens qui sont... »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« On exige des créations et donc ce sont des metteurs en scène qui sont à la tête de ces maisons, des metteurs en scène la plupart du temps de talent parce qu'il y a beaucoup de talent dans ce pays, c'est ça qui est assez extraordinaire quand vous commencez à côtoyer ce métier, vous vous rendez compte qu'il y a beaucoup de talent, on se rend compte qu'on leur demande et c'est ça leur carrière des charges de faire des créations et ensuite il y a des réalités, des réalités locales, c'est-à-dire qu'un spectacle il a besoin d'une population, d'une densité de population assez forte pour pouvoir rencontrer un public. Or, quand vous êtes dans une ville moyenne française, quand vous êtes à Montluçon, vous ne pouvez pas forcément faire une série de 20 dates sur un spectacle. Vous ne pouvez pas le faire parce qu'il n'y a pas le gisement de population pour répondre à l'offre que vous proposez. Donc, par la force des choses, le nombre de représentations est limité. Ce qu'il faudrait évidemment, c'est qu'il y a un rayonnement de ces œuvres sur tout le territoire. Et là encore, les lieux ne sont pas forcément outillés parce que ce n'est pas ça qu'on leur a demandé. Au fond, on est dans le paradoxe où il y a eu un rapport de Bernard Latarget en 2004, il y a près de 20 ans, que rien n'a changé. Mais pourquoi rien n'a changé ? Parce que dans le cahier des charges que les différents ministres ou les différents ministères ont décliné, la question de la diffusion ne s'est pas posée. ce rapport n'a pas été suivi de recommandation de la part du ministère de la Culture. Donc, nous avons tout le temps préconisé et nous avons tout le temps soutenu la création dans ce pays et c'est une très bonne chose parce que c'est la base, c'est la base absolue, il faut une création effervescente. à côté de ça, la question de la diffusion n'a pas été posée et n'a pas été demandée aux lieux qui doivent diffuser les spectacles et les faire rayonner. Et je crois que c'est ça le cœur du problème et c'est une très bonne chose qu'à la tête de ces lieux, il y ait des metteurs en scène, il y ait des hommes de l'art, mais ce n'est pas ceux non plus qui vont penser spontanément au rayonnement de leur oeuvre. »
« Alors, je suis au regret de vous dire que je demeure optimiste parce que... Mais ce n'est pas un reproche. L'expérience, non mais ce n'est pas du tout un reproche, mais l'expérience que nous proposons, elle est unique. Ce sont des moments uniques. Il n'y a pas une représentation qui soit la même que la précédente. Donc, ce moment unique, le public, il aura tout... Ça fait des milliers d'années que le théâtre existe. Donc, le public, il a envie de la partager, de la vivre, de vibrer parce qu'il y a des émotions dans le spectacle vivant. Ça s'appelle le spectacle vivant que vous ne retrouvez pas ailleurs. Alors que le cinéma puisse être concurrencé par des plateformes, sans doute, sans doute parce qu'on voit la multiplication des œuvres. Et on voit d'ailleurs qu'au cinéma, il y a eu beaucoup, beaucoup de tournages qui se sont opérés, y compris pendant la pandémie. Donc, il y a eu un petit phénomène d'embouteillage qui est en train d'être résorbé. Et on a besoin au cinéma, parce que beaucoup de diffuseurs, de producteurs, ont un peu attendu avant de diffuser leurs œuvres fortes. Mais on a besoin d'un effet plus systématique autour de gros blockbusters. Au cinéma, on le voit. On le voit avec des gros blockbusters américains qui, tout à coup, remplissent la salle. Et comme on a un système assez vertueux en France, on a besoin de ces blockbusters américains pour financer notre cinéma. Donc, c'est une très bonne chose parce que ça fait revenir dans les salles des gens qui ne viennent pas. Ce n'est pas le cas tout à fait au théâtre. Ce n'est pas le cas tout à fait au théâtre. Parce que, comme je vous le disais, notre expérience, elle est unique. Donc, on n'est pas concurrencé par une plateforme. Parce que ce qu'on voit sur scène, on ne le voit nulle part ailleurs. »