Est-ce qu'il a l'étoffe pour être président ?
Réponse directeAlors ça, c'est tout le paradoxe de François Fillon, parce que l'ancien Premier ministre apparaît plutôt comme un éternel second. Pourquoi cette impression ? Parce qu'il s'est toujours caché derrière de fortes personnalités. Passons sur Joël Leteux, le député qui lui mêle pied à l'étrier. Philippe Seguin, par exemple, est aujourd'hui encore l'homme politique. Admirer la référence pour François Fillon comme s'il ne se sentait pas capable de le dépasser. Avec Nicolas Sarkozy, c'est une autre histoire. Il n'a jamais été son mentor, mais l'ancien président l'a réduit à Mr Nobody. M. Personne, ça a d'ailleurs été son surnom à l'époque à l'Elysée. Et François Fillon a eu bien du mal à sortir de s…
« Alors ça, c'est tout le paradoxe de François Fillon, parce que l'ancien Premier ministre apparaît plutôt comme un éternel second. Pourquoi cette impression ? Parce qu'il s'est toujours caché derrière de fortes personnalités. Passons sur Joël Leteux, le député qui lui mêle pied à l'étrier. Philippe Seguin, par exemple, est aujourd'hui encore l'homme politique. Admirer la référence pour François Fillon comme s'il ne se sentait pas capable de le dépasser. Avec Nicolas Sarkozy, c'est une autre histoire. Il n'a jamais été son mentor, mais l'ancien président l'a réduit à Mr Nobody. M. Personne, ça a d'ailleurs été son surnom à l'époque à l'Elysée. Et François Fillon a eu bien du mal à sortir de son rôle de premier collaborateur du président. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas dans son tempérament. Son apparence est lisse, son allure phlegmatique. C'est un homme réservé qui n'aime ni fanfaronner, ni montrer ses muscles. Le pire, peut-être, ce sont les soirs de meeting. Quand il monte à la tribune, le candidat se sent obligé, comme tous les candidats, de lever les bras vers la victoire espérée. Mais c'est incroyable comme il le fait mal, comme il ne sait pas, comme il n'aime pas ça. Son attitude est rentrée, presque gênée, rien à voir avec le comportement d'un leader assumé. D'ailleurs, leader, tout le monde pensait qu'il le deviendrait enfin dans son combat pour la présidence de l'UMP. Dans la guerre qu'il a opposée à Jean-François Copé, souvenez-vous, il avait fini par emmener avec lui les deux tiers des parlementaires. Mais François Fillon n'a pas osé faire sécession, officiellement parce que c'est un homme de principe, qui ne déroge pas aux règles, mais en réalité, que s'est-il passé ? N'a-t-il pas manqué de courage, d'audace et d'envie de prendre la place ? »