comment est-ce que tu vois la suite sur cette question à ça ?
Réponse partielleNous, on l'a vécu de l'intérieur. Parce que quand il y a eu la mort de Naël, dès le premier soir, on était à Nanterre dans le quartier jusqu'à... tôt dans la matinée. Et en fait, dans un point... de l'intérieur, on voit beaucoup de souffrance. En fait, c'est de la souffrance qu'on voit, c'est de la colère à ce moment-là, qu'on voit, c'est de la peine, c'est de la tristesse. On avait des jeunes qui étaient là, qui couraient, qui allaient, mais qui pleuraient en même temps, mais qui pleuraient de rage et de haine. Et à ce moment-là, quand ils se lèvent et quand ils vont se faire ces révoltes, c'est que du courage. C'est du courage. On a en fait une... Ils sont courageux. Ils n'ont pas peur. I…
« Nous, on l'a vécu de l'intérieur. Parce que quand il y a eu la mort de Naël, dès le premier soir, on était à Nanterre dans le quartier jusqu'à... tôt dans la matinée. Et en fait, dans un point... de l'intérieur, on voit beaucoup de souffrance. En fait, c'est de la souffrance qu'on voit, c'est de la colère à ce moment-là, qu'on voit, c'est de la peine, c'est de la tristesse. On avait des jeunes qui étaient là, qui couraient, qui allaient, mais qui pleuraient en même temps, mais qui pleuraient de rage et de haine. Et à ce moment-là, quand ils se lèvent et quand ils vont se faire ces révoltes, c'est que du courage. C'est du courage. On a en fait une... Ils sont courageux. Ils n'ont pas peur. Ils sont courageux. Et en fait, quand ils se lèvent, ils ne se lèvent pas parce qu'ils veulent tout détruire. Ils se lèvent parce qu'en fait, ils veulent juste sauver dans le pays dans lequel ils vivent. Et parce qu'à ce moment-là, quand on tue Naël, en vérité, ils pensent à tous les autres qu'on a tués. Tous les autres, nous, on ressorte. Et c'est ça qui fait mal. Et c'est ça qui... Et quand tu les vois, c'est pas... C'est de la tristesse. C'est de la tristesse. C'est de la colère. C'est des larmes qui coulent. Et on voit qu'ils ont de la peine. On a tous de la peine. Mais malheureusement, en France, on a appris à cette jeunesse à ne pas aimer la France. On leur a appris à ne pas l'aimer. On leur a appris dès l'école. On leur a appris au travail. On leur a appris dans les institutions. On leur a appris quand ils vont demander chercher du travail, un logement. On leur a appris à chaque moment de leur vie, même dans les démarches administratives, que tu ailles à la sécurité sociale, que tu ailles faire ta fiche d'imposition. Ce rejet est systématique. On leur apprend à ne pas les aimer. Et du jour au lendemain, quand cette jeunesse se lève parce qu'on nous tue et que ça va trop loin, on leur envoie comme s'ils étaient les méchants de l'histoire. Mais en fait, il faut remettre l'histoire dans le contexte. Aujourd'hui, quand ils font ça, ils font ça pour pouvoir, en tout cas dire stop, pour voir qu'on arrête. Et quand on voit la répression qu'il y a pu y avoir, en fait, pour moi, je trouve que cette répression, quand elle a été faite et que tout le monde... Pour moi, il y a eu un abandon. Il y a eu un abandon. Les gens, ils ont regardé. On a regardé. On les a tous regardés à aller en prison. Quand je dis tous, je parle de manière générale. On les a laissés en prison. Personne n'était là dans les procès pour aller les aider. »