il y a un an à la tête du Secours catholique. C'est le moment aussi de commencer à dresser un bilan au tiers de votre mandat. Si vous deviez retenir une chose, un souvenir, vous vous êtes dit que le Secours catholique était dans son rôle, avait une profonde raison d'être. Sur cette année, quel serait ce souvenir ?
Réponse directeUn seul. Peut-être ce qu'on a pu faire à Mayotte. Vous savez qu'il y a eu cet ouragan, Chido, miroir, Chido ça veut dire miroir, ce qui est quand même assez étonnant quand on y réfléchit. Pourquoi ? Parce que ça a été le miroir de l'impact sur les plus pauvres des désastres écologiques. Puisque des cyclones, il y en a toujours eu, mais il y en a quand même de plus en plus. Celui-là, il est vraiment passé sur l'île. L'œil du cyclone a vraiment balayé l'île. Et là où ça m'a marqué, c'est qu'on s'est très vite trouvé en situation de crise avec nos équipes. C'est une petite équipe, on a quelques salariés et puis 70 bénévoles. L'île est à 95% musulmane. C'est même étonnant que le Secours catholi…
« Peut-être ce qu'on a pu faire à Mayotte. Vous savez qu'il y a eu cet ouragan, Chido, miroir, Chido ça veut dire miroir, ce qui est quand même assez étonnant quand on y réfléchit. Pourquoi ? Parce que ça a été le miroir de l'impact sur les plus pauvres des désastres écologiques. Puisque des cyclones, il y en a toujours eu, mais il y en a quand même de plus en plus. Celui-là, il est vraiment passé sur l'île. L'œil du cyclone a vraiment balayé l'île. Et là où ça m'a marqué, c'est qu'on s'est très vite trouvé en situation de crise avec nos équipes. C'est une petite équipe, on a quelques salariés et puis 70 bénévoles. L'île est à 95% musulmane. C'est même étonnant que le Secours catholique soit présent. Eh bien oui et non. Alors on y est depuis 2001. Et je sais, ça on me l'a dit, qu'à l'époque, on s'est posé la question de s'appeler Secours catholique en territoire, comme vous dites, quasiment exclusivement musulman. Et ce sont les musulmans humains qui nous ont dit arrêtez, vous êtes Secours catholique, on sait qui vous êtes, on vous connaît, appelez-vous Secours catholique. Et c'est ce qu'on a fait et qu'on ne regrette pas. Et les témoignages qu'on a eus de solidarité locale, d'abord, contrairement à ce qui a pu être écrit ici ou là, les services de l'État, les services de beaucoup d'opérateurs ont énormément travaillé et très vite. Mais ça n'a pas suffi. Moi j'ai adoré le fait que les citoyens se prennent en main et aillent déblayer eux-mêmes les ordures qui s'étaient entassées, par exemple sur les routes, devant notre délégation, devant les vêtements, devant les bâtiments. Et j'ai adoré aussi la solidarité exprimée par les gens de la Réunion. On a des bénévoles de la Réunion, qui est ce qui est le moins loin entre guillemets de Mayotte, il y a quand même plus de 1000 km, mais qui sont venus aider les gens de Mayotte, tout de suite, dès qu'ils ont pu. Ça a été le premier endroit où on a pu envoyer des gens. Il y a quand même eu une manifestation de solidarité devant un désastre. »