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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 4 juillet 2024 14 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Hervé de Lépinau, candidat à sa réélection pour le RN

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:43OuverteRéponse partielle

    Ces propos révélés dans la presse, est-ce qu'ils vous choquent ?

  • 1:11RelanceRéponse directe

    Une candidate qui publie une photo où elle porte une casquette nazie, c'est plus que de la maladresse ?

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous entendez la peur de ces intellectuels, mais ils ne sont pas les seuls, d'ailleurs, la peur pour la cohésion nationale ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous trouvez normal qu'un fichier S, un homme condamné pour faits de violence, soit candidat sur la première circonscription du Vaucluse ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Comment referez-vous cette cohésion nationale si jamais vous gagnez dimanche ?

  • 4:26ComplaisanteRéponse directe

    Parlons des programmes à présent, Hervé de Lépinault.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23PrésentateurFait
    « Vous faites donc partie des 39 candidats du Rassemblement National élus dès dimanche dernier. »
  • 0:46Hervé de LépinaultFait
    « Bien sûr qu'ils me choquent, mais il ne faudrait pas que ce buisson, on va dire, de provocation liée davantage à de la maladresse, je pense, cache la réalité de la majorité de nos candidats qui continue une campagne tout à fait, je dirais, convenable et sereine »
  • 2:35Hervé de LépinaultFait
    « Moi, je trouve ça totalement anormal. »
  • 2:54Hervé de LépinaultFait
    « Souvenez-vous, lorsque le Premier ministre et Arraison avaient demandé aux LFI de condamner les attentats du 7 octobre, il y a eu, en fait, une condamnation qui n'en était pas une, une justification de l'action du Hamas, puisque le Hamas est considéré par ces gens-là comme une organisation de résistance. »
  • 4:48Hervé de LépinaultPromesse
    « La première des mesures que nous prendrons, ce sont des mesures d'économie. »
  • 5:10Hervé de LépinaultPromesse
    « Donc on va travailler à un budget constant. »
  • 5:51Hervé de LépinaultFait
    « Pour nous, ce qui nous paraît extrêmement important, c'est de donner une nouvelle direction au flux financier de l'État pour privilégier les fonctions régaliennes. »
  • 7:13Hervé de LépinaultFait
    « Et moi, je pense au ministère de l'Éducation nationale. »
  • 8:14Hervé de LépinaultFait
    « Alors moi, je leur réponds qu'elles n'ont pas d'inquiétude à avoir à partir du moment où leur mission s'inscrive totalement dans le cadre de la loi. »
  • 8:37Hervé de LépinaultFait
    « Par contre, il y a des associations qui participent activement aux maintiens des filières d'immigration clandestine. »
  • 9:20Hervé de LépinaultFait
    « Vous avez un bateau emblématique qui a mouillé dans le port de Marseille, qui, lui, a une action, en fait, de récupération des migrants en mer. »
  • 11:35Hervé de LépinaultFait
    « La question migratoire doit reposer sur les notions de bien commun, ça c'est extrêmement important, et de responsabilité des peuples. »
  • 12:11Hervé de LépinaultFait
    « Et le cardinal Sarah a rappelé combien le déracinement est quelque chose d'humiliant pour tout être humain. »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Présentateur 225 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

RCF. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois.

0:08
Invité

Votre invité ce matin, Pierre-Hugues Hervé de Lépinault, candidat du Rassemblement National. Il a été réélu dès le premier tour dimanche dernier dans sa circonscription du Vaucluse.

0:18
Présentateur

Bonjour Hervé de Lépinault. Bonjour. Et merci d'être en ligne avec nous ce matin. Une réélection dès le premier tour, disait Lucie, avec près de 54% des suffrages exprimés. Vous faites donc partie des 39 candidats du Rassemblement National élus dès dimanche dernier. Beaucoup d'autres sont encore en campagne, parmi lesquelles des dizaines de candidats du Rassemblement National qui font polémique pour des prises de positions racistes, antisémites, parfois prorusses. Ces propos révélés dans la presse, est-ce qu'ils vous choquent ?

Bien sûr qu'ils me choquent, mais il ne faudrait pas que ce buisson, on va dire, de provocation liée davantage à de la maladresse, je pense, cache la réalité de la majorité de nos candidats qui continue une campagne tout à fait, je dirais, convenable et sereine et qui constitue, en fait, le corps de notre futur groupe à l'Assemblée Nationale. Une candidate qui publie une photo où elle porte une casquette nazie, c'est plus que de la maladresse ? Oui, c'est plus que de la maladresse. Alors, si on fait de l'archéologie dans la vie des uns et des autres, je pense qu'on aurait pas mal de surprises.

Le 1er juillet dernier, d'ailleurs, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde, un collectif de plus d'un millier d'historiens appelait à faire barrage au Rassemblement National. La plus grande des menaces pour la République et la démocratie, disaient ces universitaires. Est-ce que vous entendez la peur de ces intellectuels, mais ils ne sont pas les soldes, d'ailleurs, la peur pour la cohésion nationale ? La peur pour la cohésion nationale, je la partage également, mais en sachant que le véritable destructeur de cette cohésion nationale, c'est Emmanuel Macron, qui, depuis 2017, depuis son élection à la présidence de la République, ne cesse de fracturer la société française.

Donc aujourd'hui, nous sommes en fait sur un symptôme de cette fracturation, une campagne délégislative qui est difficile, avec de l'outrance principalement à la gauche et à l'extrême-gauche de notre prisme politique. Vous avez évoqué nos erreurs de casting, mais on peut parler de celles de l'extrême-gauche également. Est-ce que vous trouvez normal qu'un fichier S, un homme condamné par le tribunal correctionnel de Lyon en 2022, alors il a fait appel, certes, mais pour des faits de violence volontaire, soit candidat sur la première circonception de Vaucluse ? Moi, je trouve ça totalement anormal. Vous avez d'autres exemples ?

C'est quand même l'exemple, je pense, le plus significatif, mais quand vous regardez le panel des candidats, entre autres, présentés par LFI, vous avez entre autres des députés sortants qui ont fait parler d'eux, et je ne vous pense pas en bien dans l'hémicycle pendant les deux dernières années. Souvenez-vous, lorsque le Premier ministre et Arraison avaient demandé aux LFI de condamner les attentats du 7 octobre, il y a eu, en fait, une condamnation qui n'en était pas une, une justification de l'action du Hamas, puisque le Hamas est considéré par ces gens-là comme une organisation de résistance.

Donc ça me paraît beaucoup plus grave qu'une photo d'une casquette prise il y a 15 ans, vous voyez. Comment referez-vous d'ailleurs cette cohésion nationale si jamais vous gagnez dimanche, alors que vous entendez bien la colère et la crainte d'une grande partie de la population qui fait appel à voter contre votre parti ? En fait, j'entends surtout la colère des personnes qui vivent grassement sur la République depuis des années et qui ont conscience que si nous venons aux affaires, il va y avoir des changements. J'insiste sur ce point.

En réalité, notre action nous sera destinée à la population, à nos concitoyens, et non pas aux petites coteries qui se sont toujours satisfaites de l'organisation de notre République qui est à bout de souffle aujourd'hui. Mais est-ce que la fracture, elle n'est pas aujourd'hui irrémédiable ? Non, elle n'est absolument pas irrémédiable. Vous savez, pour ceux qui me disent à longueur de journée « c'est la fin », je me dis non. Pensez toujours aux garçons qui avaient 18, 19, 20 ans en 1914. Leur perspective, c'était l'enfer. Effectivement, pendant 4 ans, ça a été l'enfer. Et ensuite, la France s'est redressée. Parlons des programmes à présent, Hervé de Lépinault.

Un désastre, voilà comment Nagel Farage, figure de l'extrême droite britannique, qualifie le programme économique du Rassemblement National. Il faut dire que ce programme, en partie, n'est pas chiffré. Est-ce que le Rassemblement National est prêt à gouverner la 7e puissance économique mondiale ? Oui, alors ça, c'est la petite musique aussi qu'on nous sert à longueur de journée. La première des mesures que nous prendrons, ce sont des mesures d'économie.

Et nous avons d'ailleurs été, nous, députés du groupe Rassemblement National, sensibilisés à cette notion dès le premier jour de notre mandat après l'élection de juin 2022, puisqu'on nous a demandé de déposer des amendements et des projets de loi qui ne créeraient pas un centime de dépenses publiques supplémentaires. Donc déjà, une bonne gestion, une bonne politique consistera à fermer les robinets des dépenses excessives. Donc on va travailler à un budget constant. Quels sont-ils, ces robinets de dépenses excessives ? Regardez la manière dont le déficit file. Alors vous avez Bruno Le Maire qui se vante d'avoir sauvé l'économie française pendant la période du Covid.

On voit le résultat aujourd'hui. Il y a des entreprises qui n'ont plus de trésorerie parce qu'elles font rembourser les PGE. Les marchés se sont rétractés. Il ne semble pas que le bilan soit très positif. En fait, ça a été reculé pour mieux sauter. Donc non, pour nous, ce qui nous paraît extrêmement important, c'est de donner une nouvelle direction au flux financier de l'État pour privilégier les fonctions régaliennes. Les fonctions régaliennes, la sécurité, la justice, mais également, alors même si ce n'est pas du régalien, c'est tout sensu, la santé. Et donc, sur quel poste les économistes seront-elles faits si le Rassemblement National arrive au pouvoir la semaine prochaine ?

Mais ça va être en fait une chasse au gaspille, quel que soit le ministère concerné. Je vais vous donner un exemple tout simple. Et vous allez comprendre que le bon sens, lorsqu'il s'installe, vient permettre de faire des économies. J'étais hier pour mon installation à l'Assemblée et j'ai demandé si je pouvais conserver mon ordinateur de dotation reçu en 2022. Au départ, il était question de nous donner des ordinateurs neufs, mais devant les observations de bon sens que nous avons formulées, les services ont accepté que nous conservions notre ordinateur remis en 2022. Donc c'est assez anecdotique, mais à la dimension de l'État, vous pouvez faire ce genre d'économies.

Ça, c'est donc des économies, effectivement, qui peuvent paraître anecdotiques. Vous disiez que c'était un peu réparti sur tous les postes, mais que certains postes régaliens seront conservés, certains postes de dépense comme la police et la justice, vous le mentionnez. Quels sont les ministères sur lesquels il pourrait y avoir le plus d'économies qui seraient réalisées ? Déjà, il y a nécessité d'auditer les ministères qui consorment énormément de crédits. Et moi, je pense au ministère de l'Éducation nationale.

Et pour en avoir parlé avec des membres du corps enseignant, il va déjà falloir déterminer le nombre d'agents du ministère de l'Éducation qui, en réalité, n'ont pas de poste d'enseignant. Vous avez des gens qui, aujourd'hui, sont détachés, on ne sait pas trop à quelle fonction. Et quand vous faites la somme de ces traitements, vous arrivez à de l'argent dans des proportions considérables. Donc, on va déjà faire ce bilan sur les ressources humaines. Et ensuite, on va lister les fonctions support qui, aujourd'hui, ne sont plus utiles, alors qu'elles l'étaient peut-être il y a 30 ans, parce qu'il y a eu des évolutions technologiques qui sont intervenues entre-temps.

Nous sommes avec Hervé de l'Épinault, candidat du Rassemblement national, qui a été réélu dès le premier tour dimanche dernier dans sa circonscription du Vaucluse. Hervé de l'Épinault, les associations qui viennent en aide aux plus précaires sont inquiètes par la victoire du Rassemblement national dimanche. Est-ce que vous le comprenez et que leur répondez-vous ? Alors moi, je leur réponds qu'elles n'ont pas d'inquiétude à avoir à partir du moment où leur mission s'inscrive totalement dans le cadre de la loi. Il y a des associations qui font des maraudes, qui portent secours au sans-abri. Il n'y a aucune raison que leur travail soit contrarié.

Par contre, il y a des associations qui participent activement aux maintiens des filières d'immigration clandestine. Alors là, effectivement, on va s'intéresser, je dirais, à leur cas pour voir si elles sont dans la légalité ou dans l'illégalité. Et si l'action est illégale, bien évidemment, les subventions cesseront. Vous avez des exemples d'associations qui feraient cela ? Déjà, on les a au niveau européen. Vous avez aujourd'hui des associations qui ont pignon sur rue qui participent activement aux filières d'immigration. Or, l'immigration clandestine est quelque chose d'épouvantable, tant pour les personnes qui les utilisent que pour ceux qui en profitent.

Quelles associations sont concernées ? Alors, je répète, nous sommes davantage, là, cette fois-ci, à un niveau européen. Mais vous avez un bateau emblématique qui a mouillé dans le port de Marseille, qui, lui, a une action, en fait, de récupération des migrants en mer. Bien, nous, notre action sera de faire en sorte que les bateaux ne partent pas, je dirais, des côtes africaines, avec le risque qui pèse sur les personnes qui embarquent. Et ça, je crois, c'est de la bonne politique. Mais ça passera, bien évidemment, par un resserrement des liens diplomatiques avec les pays qui sont concernés par les départs de ces bateaux. Et je reviens à ces associations qui sont inquiètes.

Je pense notamment, par exemple, au Secours catholique, qui a une activité aussi d'aide aux migrants, d'aide aux plus précaires. Vous le dites ce matin, Hervé de Lépinault, ces associations ne doivent pas s'inquiéter en France. Je ne vois pas pourquoi le Secours catholique serait inquiété. Moi-même, j'ai d'excellentes relations avec le Secours catholique dans ma circonscription. Je ne vois pas. En fait, pourquoi vous posez cette question ?

Parce qu'il y a effectivement un random médiatique qui est organisé par la gauche et l'extrême gauche, parce que l'associatif, en fait, est un petit peu son cœur, non pas ce qu'il y a de plus positif dans l'aide apportée aux autres, mais son cœur électoral. Donc, par conséquent, l'extrême gauche et la gauche activent les peurs. Mais je suis absolument désolé. La solidarité est quelque chose d'important. Et moi, je crois au principe de subsidiarité. Je pense que le Secours catholique est beaucoup plus efficace dans l'aide aux personnes en difficulté que l'État lui-même.

Et d'ailleurs, puisque vous parliez de la subsidiarité, parlons aussi du pape François, puisque la subsidiarité est un thème qui lui est cher. En septembre dernier, lorsqu'il est venu à Marseille, il a affirmé que sauver les migrants était, je cite, un devoir de civilisation face à un carrefour. Je continue de citer le pape. D'un côté, la fraternité qui féconde de bonté la communauté humaine. De l'autre, l'indifférence qui ensanglante la Méditerranée, que chacun s'arrange comme il le peut. Fin de citation. De quel côté êtes-vous, Hervé Lépinault ? Moi, je suis du côté, en fait, de la doctrine sociale de l'Église sur ce sujet.

Et je pense à ce qu'ont écrit et dit Saint-Jean-Paul II et Benoît XVI. En fait, la question migratoire doit reposer sur les notions de bien commun, ça c'est extrêmement important, et de responsabilité des peuples. À partir du moment où vous faites de l'immigration un vecteur politique, et je pense que la gauche et l'extrême-gauche utilisent ce vecteur, vous n'oeuvrez pas pour le bien commun. Puisque nous voyons que, passé à un certain stade, les sociétés multiculturelles deviennent des sociétés multicontlectuelles. Donc nous avons le devoir d'aider les populations là où elles vivent. Et le cardinal Sarah a rappelé combien le déracinement est quelque chose d'humiliant pour tout être humain.

Donc il faut aider par une politique de coopération les populations afin qu'elles restent chez elles, et ensuite mettre un terme à ces filières criminelles qui organisent le passage des migrants par la Méditerranée, avec les conséquences désastreuses que l'on connaît parfois. Et je voudrais terminer, Hervé Lépinault, avec cette question que l'on pose à tous les candidats que l'on reçoit ici, qu'on a posées aux candidats de la majorité présidentielle, aux candidats de la France insoumise hier, on voit un pays très fracturé. Dès lors, comment réparer la fraternité ? La fraternité, je dirais, c'est une part de nous-mêmes, mais il y a de l'inné mais également de l'acquis.

Et je pense qu'il va falloir que les uns et les autres sortent un petit peu de leur gang individualiste et considèrent que s'occuper de la voisine de 89 ans veuve et avec une retraite extrêmement faible apportera beaucoup plus de richesse que d'acheter le dernier smartphone, vous voyez. Je pense que la société de consommation a dévoré notre capacité d'entraide et il suffit de voir ce qui se passe dans d'autres cultures où le matérialisme est beaucoup moins présent. Eh bien, qu'est-ce que l'on constate ? De la solidarité intrafamiliale. On s'occupe du plus petit comme du plus âgé et on laisse en règle générale personne sur le bord de la route.

Merci beaucoup Hervé de Lépineau d'avoir été ce matin l'invité de la matinale. Je rappelle que vous avez été élu dès le premier tour la semaine dernière dans votre circonscription du Vaucluse pour le Rassemblement National.