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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 19 juin 2018 21 min

Guillaume Peltier, sur l'éviction de Virginie Calmels : "Une querelle d'ego qui a mal tourné pour elle"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et l'invité du grand entretien de la matinale et député du Loir-et-Cher, vice-président du parti Les Républicains. Léa Salamé intervient dans dix minutes. Vos questions 01 45 24 7000 réseaux sociaux, application France Inter. Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour Nicolas Demorand. Virginie Calmel s'est exprimée donc hier soir à la télévision. C'est bien un conflit idéologique, a-t-elle dit, qui explique son limogé. Là, je l'ai renvoqué, impose à la droite une ligne unique qui est en fait identitaire et populiste. Le fameux tract pour que la France reste la France et digne du Jean-Marie Le Pen d'il y a 30 ans.

Que répondez-vous, monsieur le vice-président, à cette charge qui met les pieds dans le plat idéologique ?

0:42
Guillaume Peltier

Tout ce qui est excessif est insignifiant. Et la caricature ne fait avancer personne. La vérité, tout le monde la connaît. La ligne que nous portons avec Laurent Wauquiez est une ligne qui a reçu l'adhésion populaire de nos militants. Une ligne à laquelle a adhéré Virginie Calmel pendant de très longs mois. Qu'elle a soutenu, y compris à cette antenne et à ma place, pendant de très longues semaines. C'est juste une querelle d'égo. Et la décision de Laurent Wauquiez est une décision légitime et normale. Je vais vous prendre un exemple, puisque nous vivons ensemble cette Coupe du Monde. Imaginons une seule seconde.

Griezmann, Tolisso, Varane, mettre deux week-ends de suite, volontairement, un but contre leur camp. Vous pensez une seule seconde que Didier Deschamps ne leur enverrait pas au vestiaire. C'est logique. On ne peut pas tirer contre son camp et contre son parti dont on est l'un des responsables. J'ai beaucoup, moi, d'estime pour Virginie Calmel. On a eu des débats, des débats de fond. On est d'accord sur l'essentiel. Elle l'a dit, répétez, je le dis et je le répète. Et tout ça est une querelle d'égo qui a mal tourné pour elle.

1:52
Présentateur

Elle a dit ici, même que sur le fameux tract, par exemple, elle n'était pas au courant, que la numéro 2 du parti n'avait pas été mise dans la confidence, qu'elle ne l'avait pas validée. Bref, que Laurent Wauquiez travaillait seule et qu'elle découvrait les choses avec tout le monde dans la presse et les médias.

2:09
Guillaume Peltier

Mais ce n'est pas vrai. Je ne vais pas rentrer dans les détails. On a une réunion hebdomadaire d'une heure et demie tous les mardis matins qui nous permet d'avancer et sur le fond et sur la forme. Réunion au cours de laquelle chaque membre de l'équipe dirigeante a la parole. Nous avons un WhatsApp interne dans lequel, par exemple, ce tract a été diffusé par les équipes de Laurent dès le 31 mai.

2:29
Présentateur

Donc, elle mentait. Au micro de France Inter, elle mentait en disant qu'elle n'était au courant de rien sur ce tract.

2:34
Guillaume Peltier

Mais bien sûr. Je vais même vous dire. Vous citiez tout à l'heure et vous parliez de littérature. Je l'ai dit et je le répète. Tout cela, c'est de l'écume des jours. Et l'écume des jours n'interdira pas la promesse de l'aube. C'est-à-dire que cet épisode, ô combien symbolique et dérisoire, n'empêchera pas la droite de se refonder. Et c'est une vicissitude. Vous êtes clair aujourd'hui, maintenant que vous l'avez sorti. Le parti est en ordre de marche. Nicolas Demorand, est-ce que vous pensez sincèrement, est-ce qu'un seul Français pense sincèrement que la ligne libérale de la droite française se résume à Virginie Calmels ?

On peut parler de Jean Léonetti, de Damien Abad, de ces dizaines de parlementaires, de Valérie Pécresse, de Gérard Larcher, de tant d'autres qui font partie des Républicains, qui font vivre le débat. Vous savez, moi je suis très humble. Nous sortons d'une année d'échec 2017. Nous sommes convalescents. Il y a, ici ou là, des rechutes. C'en est une. Ce qui est important, c'est qu'avec Laurent Wauquiez, nous tenions le cap. Notre détermination est aussi forte que le chemin sera long, le chemin de la reconstruction politique.

3:40
Présentateur

À quel moment, Guillaume Pelletier, allez-vous considérer que Valérie Pécresse marque des buts contre son camp ? Pour reprendre votre métaphore.

3:48
Guillaume Peltier

Moi, je pense exactement le contraire. Je pense que Valérie Pécresse, je l'ai beaucoup écouté hier, par exemple, sur ses propositions européennes, nous aide à l'attaque, à marquer des points. Elle reprend point par point les propositions que je faisais tout au long de ces dernières semaines et que nous faisions avec Laurent Wauquiez sur la question européenne. Elle parle de patriotisme économique, de maîtrise des flux migratoires, de rapatriement d'un certain nombre de pouvoirs dans les nations, de la volonté de tourner la page de la bureaucratie.

Elle va même jusqu'à reprendre ma proposition qui faisait débat chez les Républicains, que j'avais lancée sur cette antenne, d'un grand plan Marshall avec les pays du Sud, avec l'Afrique, pour s'attaquer à la cause de l'immigration, que sont la misère et la détresse des pays du Sud.

4:28
Présentateur

Vous allez lui proposer le poste de numéro 2, alors, si je comprends bien. Donc, je suis très heureux que Valérie Pécresse rejoigne...

4:33
Guillaume Peltier

Il n'y a pas de différence de ligne. Mais non ! Mais il y a cette volonté très profonde chez Emmanuel Macron, chez un certain nombre de commentateurs, de n'opposer à Emmanuel Macron que deux extrêmes que seraient Mme Le Pen et M. Mélenchon. Pas de chance pour cette obsession de l'hypnose. Il existe une grande formation politique qui s'appelle les Républicains, qui compte 7 millions de sympathisants selon un sondage de la semaine dernière, qui est un chef légitimement élu, qui a remporté les élections sénatoriales, et qui remportent les élections partielles. Il y a encore beaucoup à faire. Et nous avons aujourd'hui une ligne claire que je résume en quelques mots.

Nous voulons, et les Français avec nous, une droite forte sur les questions régaliennes et d'autorité de l'État pour lutter contre le terrorisme. Une droite égalitaire pour devenir les porte-parole de la France des territoires et du monde rural, tant oubliée par Emmanuel Macron. Et enfin, une droite juste sur les questions économiques, c'est-à-dire que face à la finance d'Emmanuel Macron et face à l'assistanat des socialistes, nous proposons, nous, de réhabiliter la valeur du travail.

5:36
Présentateur

Donc, le parti LR est dans la droite ligne de l'UMP qui, en son temps, au moment de sa fondation, a voulu rassembler la totalité des droites françaises. On est sur le même logiciel. Regardez, Laurent Wauquiez, Laurent Wauquiez, Jean Léonetti... Parce qu'un certain nombre de gens disent que Laurent Wauquiez rétrécit le parti. Alors, dites-nous si vous rassemblez ou si vous rétrécissez.

5:56
Guillaume Peltier

Laurent Wauquiez agrandit et affirme l'autorité d'un chef et c'est indispensable en politique, premièrement. Deuxièmement, avec Jean Léonetti, figure du centrisme, avec Damien Abad, figure du centrisme, avec Guillaume Pelletier, puisque je suis votre invité, j'accorde, moi, cette aile sociale et populaire de la droite française, nous avons un rassemblement très large. Et ce qui nous intéresse, c'est moins de rassembler des personnalités qui ont compté hier que de rassembler les Français qui souffrent aujourd'hui. Nous sommes le grand parti de la majorité silencieuse.

6:28
Présentateur

Que dit, que pense Guillaume Pelletier de l'accablement hier de Nicolas Sarkozy quand il a dit sans rassemblement rien n'est possible et il avait l'air épuisé par ce qu'il voyait ?

6:40
Guillaume Peltier

Nicolas Sarkozy, que j'estime profondément, chacun le sait, a dit ce que tout le monde pense. C'est le plus populaire d'entre vous. Oui, bien sûr. Et il a eu raison de le rappeler. Et lui-même, on peut refaire un peu d'histoire politique. Vous voulez qu'on raconte 2004-2007, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, les tensions dans notre formation politique avant même que Nicolas Sarkozy fasse l'unité quelques mois avant 2007 pour devenir le président de la République ? Tout ça est un chemin très long. Nous sommes convalescents. Mais c'est ça le scénario ? Mais bien sûr, le scénario, c'est de rassembler. C'est de...

Moi, j'appelle la droite française à pratiquer la plus grande ouverture intellectuelle et idéologique jamais réalisée. Je veux, par exemple, que sur les questions économiques et sociales, nous ayons l'audace de repenser le logiciel, de remettre la valeur du travail. Je vais même aller très loin. Je souhaite que la droite française invente une forme de travaillisme à la française. Le travaillisme, qui est une valeur dont on parle beaucoup dans les pays anglo-saxons, le travaillisme, c'est une valeur centrale. C'est-à-dire que le travail, c'est l'alpha et l'oméga des questions économiques.

Aujourd'hui, vous avez le capital qui part à New York et à la City, et vous avez le travail qui part en Chine.

7:53
Présentateur

Il nous faut réhabiliter le travail. Guillaume Pelletier du côté de Tony Blair, que de ce qui se passe aujourd'hui, par exemple, en Italie ou dans d'autres pays d'Europe, où la droite se porte très bien. Elle gouverne, elle impose ses idées, son agenda, ses méthodes.

8:07
Guillaume Peltier

La droite aurait tort d'être hémiplégique. Nous devons marcher sur deux jambes. Une jambe de l'autorité sur les questions régaliennes.

8:14
Présentateur

Qu'est-ce que vous retenez de l'exemple italien ? Et la justice sociale. Qu'est-ce que vous retenez, par exemple, sur l'affaire de l'Aquarius ? La stratégie a été celle de la crise ouverte avec les partenaires européens. Est-ce que c'est la bonne méthode ?

8:26
Guillaume Peltier

Je crois qu'il est temps que les dirigeants européens prennent la mesure de l'angoisse et de la souffrance profonde des peuples européens.

8:35
Présentateur

Mais ça, il y a un certain nombre de partis qui en prennent acte, mais sur la méthode...

8:39
Guillaume Peltier

Oui, mais la méthode, elle est très simple. Moi, je demande au président de la République... Est-ce que c'est la bonne en Italie ? Je pense qu'on a tellement abandonné l'Italie qu'il n'était pas illégitime que le peuple italien et que le gouvernement italien lancent cet appel au secours. Ce sera la même chose, vous savez, avec l'Allemagne. Emmanuel Macron va rencontrer Angela Merkel. Moi, je demande à Emmanuel Macron de profiter du sommet européen qui aura lieu à la fin du mois de juin pour mettre sur la table trois grandes propositions sur les questions migratoires.

Premièrement, que nous éradiquions les filières de passeurs et les mafias qui font de l'argent sur le dos de la misère humaine. Deuxièmement, l'interdiction de toute immigration clandestine comme en Australie. Troisièmement, la création d'un grand plan Marshall avec les pays du Sud parce que l'honneur de l'Europe sera d'inventer le développement de l'Afrique demain.

9:24
Présentateur

L'ultimatum du ministre allemand de l'Intérieur à Angela Merkel sur cette question-là précisément. Est-ce que c'est acceptable ? Je ne suis pas le commentateur des vicissitudes et des divisions du gouvernement allemand. C'est juste pour savoir ce que vous pensez des droites européennes.

9:41
Guillaume Peltier

Mais les droites européennes sont obligées désormais et j'en suis heureux, non pas de s'enfermer dans la bien-pensance et les certitudes d'hier ou d'avant-hier mais de prendre en considération les aspirations profondes des peuples. Moi, j'appelle à la création d'une grande droite populaire, d'un grand mouvement populaire. Et sur les questions migratoires, tout le monde est d'accord aujourd'hui. Pour dire qu'on ne peut plus accueillir toute la misère du monde, ça ne suffit pas, il faut donc s'attaquer à la cause des migrations. Et c'est la raison pour laquelle je persiste et je signe. Et je vois que Valérie Pécresse me rejoint. Je propose ce grand plan Marshall avec les pays du Sud.

10:17
Présentateur

D'accord sur l'Aquarius, vous auriez fait la même chose que les Italiens à un moment, dire bon ça suffit, on ferme les ports. Et au moins maintenant le problème existe à échelle européenne, débrouillez-vous avec.

10:27
Guillaume Peltier

J'aurais fait deux choses, j'aurais dit non, nous ne pouvons pas, ni aucun pays européen accueillirait l'Aquarius. Par contre, immédiatement, avec les associations humanitaires européennes, avec nos moyens financiers, nous créons des centres d'accueil sur les frontières africaines pour assurer la sécurité des hommes, des femmes et des enfants qui eux sont dans la détresse.

10:44
Présentateur

Guillaume Pelletier, vice-président du parti Les Républicains, au micro de France Inter ce matin. Léa Salamé.

10:54
Invité

Guillaume Pelletier, après des mois de gestation, la loi Pacte, loi très importante pour les entreprises, a été présentée hier par Bruno Le Maire au Conseil des ministres. Son objectif, lever les obstacles au développement des entreprises. Elle prévoit notamment la suppression du seuil social de 20 salariés qui étaient très attendus par les PME-TPE qui applaudissent ce matin. et elle va notamment permettre de créer des entreprises plus facilement et surtout de toucher, permettre aux salariés des entreprises, de moins de 250 salariés, de toucher une plus grande prime d'intéressement et de participation. Est-ce que sur la philosophie de ce texte, de cette loi Pacte, vous êtes pour ? Oui. Ah.

11:28
Guillaume Peltier

Parce qu'on met toujours son pays au-dessus de son parti quand on aime la France. Parce que ce qu'ils font, notre engagement politique, c'est la défense du bien commun et de l'intérêt général. Bien sûr qu'il était temps indispensable de supprimer ces seuils sociaux absurdes. Ça ne m'empêche pas de dire que c'est un catalogue de mesurettes. En dehors de la partie seuils sociaux... Catalogue de mesurettes ? Oui, qui est une bonne chose. Là, vous ne faites pas la politique politicienne ? Non, sur l'intéressement et la participation. Moi, je propose un pacte à Bruno Le Maire et à Emmanuel Macron, avec les Républicains, avec Laurent Wauquiez.

Rendons obligatoire la participation et l'intéressement pour toutes les entreprises de plus de 11 salariés. On est en train de faciliter les choses, et c'est très bien. D'apporter de l'oxygène, et c'est très bien. Ça va avec ça, c'est déjà un pas important. Mais Emmanuel Macron et son gouvernement ont tant fait pour le capital et pas pour le travail. Ils ont tant fait pour la finance, suppression de l'ISF pour les capitaux, suppression de la taxe sur les hauts salaires dans la banque et l'assurance, qu'il est indispensable d'aller beaucoup plus loin sur ces questions-là.

12:41
Invité

La loi travail, pardonnez-moi, la loi travail qui a été votée à l'automne dernier, c'était pour la finance, pour le capital, ou c'était pour revaloriser la valeur travail ?

12:49
Guillaume Peltier

Franchement, quand on en voit les effets et la faiblesse de contenu, c'était une forme d'illusion ou d'hypnose, dont tout le monde convient aujourd'hui. Vous savez, j'ai participé au congrès de la CPME, par exemple, la semaine dernière, et j'écoutais les chefs d'entreprise. Ils attendent cette réforme sur les seuils sociaux, mais ils attendent beaucoup plus. Qu'est-ce que je propose dans ce pacte ? Moi, je propose, un, de rendre obligatoire la participation et l'intéressement pour les entreprises de plus de 11 salariés. Je propose une alliance entre enfin les entrepreneurs et les travailleurs avec une hausse des salaires et une baisse des charges.

Pourquoi, par exemple, ne pas imaginer enfin, en France, la hausse du SMIC ? Je sais que c'est un tabou à droite, mais je crois qu'il nous faut aller dans cette...

13:34
Invité

À chaque fois que vous venez sur France Inter, vous vous proposez une proposition plus à gauche que la gauche, presque.

13:39
Guillaume Peltier

C'est une proposition de bon sens. Elle n'est ni de droite ni de gauche. Moi, je suis député de la Nation, député du Loir-et-Cher. J'entends tous les jours nos travailleurs souffrir. Ils travaillent pour une rémunération dérisoire. Vous croyez qu'on peut vivre aujourd'hui en France décemment avec 1100 ou 1200 euros nettes ?

13:53
Invité

Vous voulez augmenter le SMIC de combien ?

13:54
Guillaume Peltier

Je pense qu'il nous faudrait un électrochoc de 10, 15 ou 20% avec, en échange, parce qu'il ne faut pas que ça pèse sur les entreprises, une baisse des charges drastique. C'est une proposition que je fais.

14:04
Invité

Le gouvernement veut aussi modifier dans cette loi PAC la définition de l'entreprise dans le code civil en y introduisant les notions d'enjeux sociaux et environnementaux. Le MEDEF, et ça fait hurler totalement le MEDEF, cette proposition-là de changer la définition de l'entreprise. Est-ce que vous, vous êtes pour ?

14:20
Guillaume Peltier

Il faut s'adapter au monde. Moi, je ne suis pas totalement le porte-parole du MEDEF, vous aurez compris. Je me sens davantage le porte-parole des TPE, des PME. Ce que je veux vous dire, c'est que dans cette loi, par exemple, sur le patriotisme économique, sur la lutte contre les délocalisations, c'est très insuffisant. Pire, Emmanuel Macron oublie combien la stratégie industrielle, le rôle d'un État stratège est important. Par exemple, il propose la privatisation, vous le savez, d'aéroports de Paris. C'est une folie. Les aéroports, c'est une frontière. Les Américains, les Américains ont interdit la privatisation de leurs 3000 aéroports.

Emmanuel Macron lui-même avait privatisé l'aéroport de Toulouse, acheté par un groupe chinois. Ce groupe chinois a envoyé tous ses bénéfices, a disparu, puis a envoyé tous ses bénéfices en dehors de l'Union Européenne. Sur la définition de l'entreprise ? Je suis pour que l'entreprise s'adapte au monde d'aujourd'hui. Évidemment que les critères environnementaux sont un principe fondamental.

15:15
Présentateur

Allez, 01-45-24-7000, intervenez. Bonjour David. Oui, bonjour. Bienvenue sur Inter, on vous écoute.

15:24
Locuteur non identifié

Oui, je disais que le Front National était mort, mais que l'idéologie était toujours représentée par les LR.

15:34
Présentateur

Donc le Front National, nous dites-vous, n'est pas mort, il existe idéologiquement chez les LR. C'est bien ce que j'ai entendu. Merci, Guillaume Pelletier vous répond.

15:44
Guillaume Peltier

C'est très simple, j'entends la caricature facile. Vous savez, je vais vous prendre un exemple, monsieur, pour vous répondre. Lorsque nous avons proposé la semaine dernière, de manière très claire, que l'Aquarius ne soit pas accueilli sur les côtes européennes et françaises, tout de suite certains ont dit, ah bah c'est une proposition du Front National. J'ai vu une étude hier, 56% des Français, 56% des Français refusaient que l'Aquarius soit accueilli sur les côtes européennes.

Si vous pensez que 56% des Français sont des électeurs du Front National, c'est votre droit, nous, nous ne regardons pas, nous ne nous comparons pas aux autres formations politiques, nous parlons au peuple français, quel qu'il soit, et notre ambition est de rassembler toutes celles et ceux qui ont voté Madame Le Pen, M. Mélenchon, M. Macron, M. Bayroux.

16:26
Présentateur

Quelle différence radicale, rédhibitoire, avez-vous avec Marion Maréchal, par exemple ? Plusieurs. D'abord, une philosophie politique.

16:35
Guillaume Peltier

La philosophie politique, c'est l'action, et non pas la critique. La critique est facile, l'art est difficile, et moi j'ai été à la tête d'un exécutif, je suis aujourd'hui député de la nation, premièrement. Deuxièmement, une vision européenne, je suis profondément européen, alors pas cette Europe de la technocratie, je veux la refonder, je veux la réinventer, mais je suis profondément européen, sortir de l'Europe comme sortir de l'euro, c'est franchement pas mon truc. Et qu'avez-vous sur la question de la préférence nationale ?

Moi, ce qui m'intéresse, c'est d'imposer la préférence au mérite, c'est-à-dire que quelle que soit sa couleur de peau, son origine, ses convictions religieuses, ce qui fonde la République, c'est l'adhésion à nos valeurs, et l'envie de grandir et de défendre notre pays. C'est pas uniquement une question de nationalité. Et qu'avez-vous de commun, avec sens commun ? Pas grand-chose, même si je respecte...

17:26
Présentateur

Laurent Wauquiez parlait devant des militants de sens commun hier soir.

17:29
Guillaume Peltier

Tous ceux qui défendent leur conviction. Moi, je considère que tout ce qui relève des questions sociétales... C'est plus que pas grand-chose. Ça fait partie de l'intime. Et qu'il faut y toucher avec beaucoup de précautions, et certainement pas en faire l'alpha et l'oméga de la vie politique. Mais rien n'a non plus de rédhibitoire. Je suis pour une politique familiale. Je suis pour que sur les questions bioéthiques, on soit très prudent. Mais je crois que le grand enjeu de notre temps, et je pense en cet instant à Jean-Léonetti par exemple, c'est plutôt de défendre les soins palliatifs que d'agiter en permanence ces questions-là.

18:05
Présentateur

Une question rapide au standard. Bonjour Grégory. Bonjour. Bienvenue, on vous écoute.

18:11
Auditeur

Oui, bonjour, bonjour monsieur. Je vous appelle, je suis élu local, je ne suis pas du tout encarté. Par contre, je vois comment fonctionnent mes collègues de droite, où il n'y a aucune solidarité entre eux. Alors, je voulais essayer de comprendre avec vous d'où ça vient dans cet ADN, que vous n'arriviez pas à vous mettre d'accord. Et quand vous n'êtes pas d'accord entre vous, plutôt que d'essayer de porter attention à l'intérêt général, c'est savonette, planche pourrie. Et du coup, nous, on en pâtit tous, parce que ça casse des outils de gestion collective qu'on a, parce que vous préférez à chaque fois, enfin, vos collègues préfèrent mettre en avant leur carrière personnelle et leur égo.

Bon voilà, je voulais savoir d'où ça venait, comment ça se fait qu'à chaque fois, quand on écoute ce qui se passe avec la droite, c'est un coup de financement libyen, un coup béton court, etc. D'où ça vient en fait.

18:53
Présentateur

Merci, merci Grégory pour cette question. Guillaume Pelletier vous répond rapidement.

18:58
Guillaume Peltier

Être si matinal et si caricatural, c'est rare quand même. Les Républicains, c'est le premier parti de France en nombre d'élus. Il y a peu de communes en France sur les 36 000 qui ne comptent pas d'élus des Républicains. Je le dis, moi je suis élu du Loire-et-Cher, et vous ne pouvez pas imaginer combien nous sommes capables de fédérer toutes les énergies, par exemple sur l'un des grands dossiers de ma circonscription, l'entreprise Carrier, 88 licenciements, parce qu'un groupe mondial préfère la logique des profits à la logique des territoires. Nous sommes unis, tous les élus du territoire, droite et gauche confondus.

Le maire de Romorantin, Saussélie, Jany Lorjoux, on est main dans la main pour défendre nos territoires et l'intérêt général. C'est ça qui fonde aussi la valeur des Républicains.

19:36
Présentateur

Un tweet rapide, Gilles vous dit que ça devient n'importe quoi, après Marlène Schiappa qui cite Karl Marx, voilà que Guillaume Pelletier se réclame du travaillisme. Sybille, je me demande si Guillaume Pelletier n'est pas en train de préparer son annonce de coming out au NPA, nouveau parti anti-capitalisme, voilà pour la réaction à certains de vos propos.

19:54
Guillaume Peltier

Mais est-ce que nos compatriotes et nos auditeurs accepteraient de réfléchir ? C'est-à-dire d'accepter le débat. Le travaillisme, ça veut dire quoi le travaillisme ? Ça veut dire mettre à l'honneur dans la société française la valeur du travail face à l'assistanat et face au règne de la finance. Notre conviction c'est que la valorisation du travail... C'est une valeur centrale.

20:21
Présentateur

Identitarot travailliste, est-ce que ça vous va comme définition de la ligne ?

20:25
Guillaume Peltier

Moi la caricature ça me va pas. Bah non, j'essaye de faire la synthèse, c'est pas de la caricature. Une droite forte sur les questions régaliennes, une droite juste sur les questions économiques. Allez, encore un mollet.

20:33
Invité

Il a eu raison Emmanuel Macron hier de tanser, de cérémoner ce jeune en marge des cérémonies du 18 juin et de lui rappeler qu'il fallait l'appeler monsieur et monsieur le président de la République et non pas ça va Manu.

20:43
Guillaume Peltier

Bien sûr. Le respect est une valeur qui se perd trop souvent. C'est un ancien professeur d'histoire géographique qui vous le dit. Et je crois qu'il faut savoir rappeler à notre jeunesse qui fourmille d'idées, d'audace et d'énergie qu'il ait des valeurs. Et la valeur du respect en est une qui ne sont pas négociables.

21:00
Présentateur

Merci Guillaume Pelletier. Vous avez tellement de respect que vous parliez de vous tout à l'heure à la troisième personne. Il. Non ?

21:08
Guillaume Peltier

Je parlais de Jean Léonetti, de Damien Abad. Et puis voilà, c'est un petit clin d'œil du matin et je vois que les auditeurs ça les a pas trop marqués. Ça viendra peut-être.

21:17
Présentateur

Allez, merci monsieur le vice-président du parti Les Républicains. Dans quelques instants, le carrefour du 7-9.