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interviewBFM TV (sur YouTube)· 21 juin 2026 14 min

Canicule : le réseau ferroviaire "est fortement affecté", déclare Jean Castex, PDG du groupe SNCF

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Jean Castex s A la fois marqué par une très forte intensité, appelé d'ailleurs, d'après ce que je comprends, à s'accroître encore dans les heures qui viennent. Et aussi tout à fait spectaculaire par sa durée, puisqu'on attend que toute la semaine prochaine sera également marquée par des chaleurs tout à fait au-delà d'énormes saisonnières. Évidemment, le réseau ferroviaire français est fortement affecté par ce phénomène caniculaire il est évidemment c'est un réseau à l'extérieur et beaucoup de ces éléments supporte mal les très fortes températures je pense en partie au rail qui a par terre d'un certain degré sont susceptibles de se dilater.

Les caténaires, c'est un point important. Vous savez, les caténaires, c'est l'endroit où les trains prennent l'électricité sur le fil. Ces caténaires peuvent, sous l'effet de la chaleur, les fils qui les sous-tendent se relâcher et donc peuvent être emportés par le train qui passe.

J'en profite pour dire que nous avons eu, depuis le début de cet épisode caniculaire, deux graves incidents de ce type qui ont beaucoup affecté nos voyageurs. L'un à la gare de l'Est, vous vous en souvenez, c'était dans la soirée de jeudi et hier un incident de nature comparable à la gare Matabiau à Toulouse. Alors ça ce sont des incidents qui impacte beaucoup le trafic, puisque l'électricité se trouve coupée.

Parfois on a des trains arrêtés, soit en race campagne, soit dans des tunnels. Et nous le mesurons bien, il y a des situations extrêmement inconfortables pour nos voyageurs. La signalisation peut aussi être affectée par les fortes chaleurs.

Et puis je vous rappelle que des phénomènes caniculaires peuvent s'accompagner d'autres événements. Je pense en particulier à des phénomènes orageux, violents, comme on a eu ces dernières heures à Lille, où là aussi cette région de la France a été fortement impactée. Des arbres ont chuté sur les voies.

Donc là aussi, ça a été des incidents supplémentaires. Il y a aussi, vous le savez, avec la canicule, le risque d'incendie aux abords des voies qui peut perturber le trafic. Bref, il y a beaucoup d'éléments qui impactent le trafic ferroviaire.

Donc ce qu'on peut dire, c'est que, et ce que je veux assurer devant vous, c'est la mobilisation totale du groupe SNCF, de l'ensemble de ses salariés pour faire face à ces événements et pour, c'est notre objectif, assurer un trafic le plus normal possible dans ses conditions extrêmes, dans ses conditions exceptionnelles. C'est ce que nous faisons, d'ailleurs, puisque depuis le début de la canicule, nous avons à peu près maintenu ce qu'on appelle notre plan de transport. Il a bien entendu été perturbé par des événements majeurs, de la nature de ceux que je disais tout à l'heure.

Mais dans l'ensemble, nous avons maintenu notre plan de transport. Et je le dis, nous le réduisons, c'est le cas, en lien avec ce qu'on appelle les autorités et organisatrices, les régions, l'État, Île-de-France Mobilité. Lorsque, par exemple, les matériels roulants sont des matériels très anciens avec des voitures non climatisées, il y en a encore.

Et dans ces cas là, c'est le cas pour certaines lignes. Nous préférons en amont, pour prévenir tout incident, réduire un peu le nombre de voyages, réduire un peu également parfois la vitesse commerciale des trains, tout ce sont des mesures préventives que nous prenons, de la même façon nous avons des contrats très poussés avec Météo France qui nous permettent par exemple qu'il y a des phénomènes orageux, violents, de stopper la circulation des trains en amont puisqu on arrive à localiser très précisément les impacts ou les impacts les plus forts. Bref, on a une politique de prévention forte dans laquelle s'inscrit aussi, je le dis, les mobilisations et les efforts que font tous les agents de la SNCF, d'abord pour surveiller ce réseau.

On a ce qu'on appelle des tournées chaleur. Sachez qu'il y a plus de 3 500 agents qui en préventif, y compris la nuit, surveillent le réseau, les rails et les caténaires, la signalisation que j'évoquais tout à l'heure pour voir si tout va bien et s'il n'y a pas de mesures d'urgence à prendre. De la même façon, je veux leur rendre hommage à tous ces agents.

Il y a ceux qui sont dans nos technicentes, c'est-à-dire ceux qui s'occupent cette fois-ci n'ont pas des infrastructures mais du matériel roulant et qui sont en particulier concentrés sur la climatisation des trains. Évidemment, la climatisation est mise à rude épreuve. Et donc là aussi, tous les jours et parfois même souvent toutes les nuits, nous réparons, nous vérifions les climatisations pour qu'elles soient les plus robustes possibles et pour qu'il n'y ait pas ou qu'il y ait le moins d'incidents possible en journée.

Donc voilà, tout le groupe SNCF est Là, nous avons, vous le voyez ici ou vous l'avez constaté ici même ce matin en gare Montparnasse, mobilisé beaucoup d'agents par exemple pour distribuer des bouteilles d'eau. On a fait des dispositifs innovants style QR code pour aller récupérer des bouteilles d'eau dans les commerces en gare. Il y a beaucoup d'agents qui portent des gilets rouges, je le dis, qui sont des personnels bénévoles, enfin des personnels de la SNCF qui bénévolement viennent prêter main-forte à leurs collègues parce qu'évidemment, dès qu'il y a une situation perturbée, l'information voyageur et la prise en charge des voyageurs est capitale.

Je veux aussi remercier tous nos partenaires dans les préfecture, les agents de la sécurité civile qui font leurs meilleurs efforts avec nos équipes pour prendre en charge, en situation perturbée, les voyageurs qui sont impactés. Donc voilà, on se sert tous les coups de phénomènes exceptionnels, situation exceptionnelle, moyens déployés exceptionnels. Et je termine en vous disant évidemment que vous le voyez, ces phénomènes climatiques exceptionnels s'accélèrent.

Nous avons eu il n'y a pas si longtemps, il y a quelques semaines, une première vague caniculaire particulièrement précoce dans l'année. Je vous rappelle qu'il a oublié, évidemment là c'était pas la canicule, c'était les phénomènes climatiques du début d'année avec des tempêtes extrêmement fortes, bref on voit physiquement très concrètement l'accélération du changement climatique et donc les mesures que nous devons prendre pour nous y adapter cette fois-ci structurellement, structurellement donc je veux que vous le sachiez ça va prendre évidemment un certain temps mais le groupe SNCF est tout à fait mobilisé pour rendre ces installations plus moins fragiles face au changement climatique que ce soit les ouvrages d'art, les caténaires par exemple les caténaires on en remplace chaque année 275 kilomètres et bien il faut que vous sachiez qu'on a dans les cuillots comme on dit une accélération de ce plan de remplacement pour les rendre moins fragiles, je pourrais vous dire la même chose des rails ou des ouvrages d'art. Donc le groupe là aussi est mobilisé et consacre de très lourds moyens à l adaptation au changement climatique.

Je vais vous donner un autre exemple. Je parlais donc du trafic interrompu comme on l'a vu l'autre soir à la gare de l'Est ou hier à Toulouse. Eh bien, par exemple dans les TGVM qui vont arriver au mois de septembre, ces nouvelles rames, ces nouveaux trains seront équipés d'une batterie incorporée au train.

Ça c'est une innovation très forte. Ça veut dire quoi concrètement ça veut dire que lorsque le courant sur la ligne est coupé, eh bien aujourd'hui dans les TGV comme dans les autres trains à traction électrique tout s'arrête, y compris la climatisation en l'été ou le chauffage l'hiver. Eh bien là, avec le TGVM, la batterie permettra à ces équipements de continuer à fonctionner un certain temps.

Le train pourra être amené à la plus proche gare ou à un arrêt où on pourra faire descendre nos voyageurs. Bref, il y a toute une série d'innovations, toute une série de dispositions que nous prenons pour nous adapter à la croissance exponentielle de ces phénomènes climatiques. Est-ce qu'il y a eu un manque d'anticipation de la SNCF sur cette canicule ?

Je pense que nous avons, vous savez, un plan canicule qui date de plusieurs années, que nous déployons. Donc on sait ce qu'on a à faire. Je veux dire, les plus grosses difficultés, je dirais, c'est vraiment la caténaire qui lâche, la caténaire qui est arrachée, le train qui s'arrête.

Bon. L'anticipation pour ça, c'est de les rénover. Ce que nous faisons, je vous l'ai dit, 275 kilomètres par an, on va fortement augmenter, notamment à partir de 2028.

Donc on n'est Après, autant que ces phénomènes puissent se prévoir et de toute façon investir dans le réseau ferroviaire est nécessairement long et coûteux. J'en profite pour dire que tous ces travaux se font le plus souvent la nuit, donc sans interrompre le Donc qu'ils prennent un peu plus de temps. Je crois qu'on est, je veux rendre encore hommage aux équipes de la SNCF, on est extrêmement mobilisés, motivés pour faire face à cette situation que nous subissons, comme toutes les Françaises et tous les Français, mais à lesquels nous nous adaptons.

Est-ce qu'on pourrait être sensible d'avoir de nouveaux incidents aujourd'hui ? Oui, évidemment on peut avoir ce type d'incident, je serais malhonnête de vous dire que ça ne peut pas arriver, même si évidemment nous faisons tout pour que ça ne soit pas le cas, d'où l'idée de nous renforcer au maximum pour la prise en charge de nos voyageurs rien n'écarter c'est le propre des phénomènes climatiques exceptionnels d'autant vous le savez que j'ai compris comme vous que les températures risquaient encore d'augmenter en ce début de semaine ça me donne aussi en relais des pouvoirs publics l'occasion de redire que j'ai évoqué tout à l'heure les mesures de prévention, les personnes les plus vulnérables dans le contexte que nous connaissons et avec les risques potentiels d'incidence sur le réseau ferroviaire, on leur recommande d'écaler leur voyage, ou en tout cas d'éviter pendant cette période caliculaire de prendre le train, parce que c'est aussi une façon de les protéger en amont. Voilà, donc on est là, on va faire face, collectivement.

Vous parlez de prévention, est-ce qu'on peut s'attendre à l'élément des suppressions de prévention, comme les 69 intercity qui ont été supprimées ? Alors, effectivement, dans les mesures de prévention, comme je le disais tout à l'heure, nous supprimons des trains, c'est surtout ce qu'on appelle des intercités. On l'a fait en particulier sur la ligne Paris-Limoges, sur la ligne Paris-Clairemont-Ferrand, sur les intercités qui relient Bordeaux à Marseille via Toulouse et Montpellier, parce que pourquoi le fait-on ?

Un accord évidemment avec l'autorité organisatrice de l'État. On le fait parce que, et malheureusement les usagers de ces lignes le savent bien, on a du matériel roulant très fragile. Et donc plutôt que d'aller les exposer inutilement, nous préférons adapter le plan de transport.

Alors j'en prête quand même pour dire que la bonne nouvelle c'est que ces locomotives en particulier et l ensemble de ce matériel roulant est en voie de remplacement. Il faut encore patienter quelques mois, mais ça arrive parce que là ce sera une solution évidemment beaucoup plus structurelle. Mais oui, c'est une extrême minorité des stations.

Il peut y avoir aussi des cas. Je pense par exemple, on l'a fait avec la région Grand Est où on a soit réduit le nombre de circulations, soit réduit la vitesse commerciale des trains. Ce sont des mesures préventives classiques.

C'est au cas par cas. On informera évidemment nos voyageurs le plus en amont possible de ces limitations de circulation pour qu'ils puissent prendre leur disposition. Mais c'est une mesure, en effet, très efficace.

On peut s'attendre à d'autres annulations ? On verra, on va voir en fonction de la semaine et en fonction de l'évolution des températures et de l'impact sur le réseau. Je pense qu'il faut qu'on soit très réactifs.

L'idée, quand même, c'est de maintenir le trafic ferroviaire. Voyez, si vous regardez derrière vous, les trains sont pleins. Donc il y a un besoin de train.

Donc il faut qu'on puisse faire face. Mais on ne veut pas non plus exposer inutilement nos passagers, nos voyageurs. Donc il faut qu'on s'adapte aux circonstances.

On traverse une période record là. Qu'est-ce qui fait en plus, j'ai envie de dire, par rapport aux autres années ? Qu'est-ce qu'on va faire en Une mobilisation maximale de toutes nos équipes.

Je parlais des 3 500 qui font les tournées chaleur. Je pourrais vous parler des 2 000 agents qui s'occupent de réparer en un temps record, par exemple les problèmes de caténaire ou les problèmes de rail. Je pourrais vous parler des astreintes que nous avons montées au maximum dans nos ateliers de maintenance des trains pour réparer ou prévenir les incidents de climatisation du matériel roulant.

Je pourrais vous parler des dispositifs hangars que nous avons beaucoup renforcés. Donc voilà, situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle. Ces mesures seront suffisantes ou pas ?

Je l'espère, voilà. Encore une fois, je demande aussi la compréhension de tout le monde, on est mobilisés au maximum, on est dans une situation exceptionnelle, voilà. Donc une situation exceptionnelle, elle ne peut pas être une situation normale, sinon ce ne serait pas une situation exceptionnelle.

Je voulais vraiment dire l'engagement qui est le nôtre de l'ensemble du groupe SNCF, l'ensemble des salariés du groupe SNCF, avec tous nos partenaires pour qu'on puisse être solidaires et faire face du mieux possible à cette situation hors du commun. Merci. On va s'arrêter là.