Cyberharcèlement : le combat d'une mère après le suicide de son fils - Le 5/5 de Lorrain Sénéchal
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est le 5/5. M.Le Pen a pris la parole à l'ouverture de son procès en appel. - L.Sénéchal: "Je n'ai aucun sentiment d'avoir commis le moindre délit", a-t-elle déclaré à la barre.
Elle a dit que les assistants avaient été embauchés en 2004, 2009 et 2014. Elle a changé de stratégie et elle a une nouvelle avocate. Elle a été condamnée à 4 ans de prison en première instance et à 5 ans d'inéligibilité avec une exécution provisoire qui la prive à ce stade de présidentielles. - L'exécution provisoire, comme l'interdiction d'être élu, la peine complémentaire, est prévue dans la loi.
Si les parlementaires ne sont pas d'accord avec l'interdiction ni avec la peine complémentaire ou l'exécution provisoire, qu'ils la suppriment de l'arsenal judiciaire. Les juges ne font qu'appliquer la loi. Les parlementaires ont un devoir d'exemplarité, ce qui, manifestement, n'a pas été le cas. - L.Sénéchal: M.Le Pen sera fixée sur son sort au début de l'été.
Elle n'est pas seule. Il y a aussi J.Odoul ou encore L.Aliot, candidat à sa réélection en mars prochain. - A.-E.Lemoine: Pour la 1re fois en plus de 60 ans d'existence, le Salon de l'agriculture sera privé de vaches. - L.Sénéchal: Conséquence de la dermatose, il n'y aura aucun bovin au Salon de l'agriculture.
On a du mal à imaginer un Salon sans vache, tant ça fait partie de son ADN, comme pour les politiques. - J.Chirac: Ce sont des chefs-d'oeuvre.
Elles sont de plus en plus belles, les bêtes limousines. C'est un succès formidable. Je voudrais féliciter tous les éleveurs. - F.Hollande: Elle est bien.
Belle race. C'est quoi? - Une vosgienne. - L.Sénéchal: Devant l'Assemblée nationale, les agriculteurs ont garé ce matin plus de 350 tracteurs, au coeur de Paris et du pouvoir législatif. "Il ne faut pas s'arrêter à l'absence de vaches au Salon", disent les agriculteurs. - Il y aura moins de vaches, mais il y aura des cochons, des moutons, des poules, des chevaux... - C'est sûrement une bonne chose pour préserver l'élevage français.
Il ne faut pas contaminer d'autres régions. - Un jour ou l'autre, il n'y aura plus de vaches au Salon de l'agriculture parce qu'il n'y aura plus d'éleveurs. - L.Sénéchal: Les agriculteurs en colère ont déversé 30 t de pommes de terre sur le pont de la Concorde, devant l'Assemblée nationale, officiellement à disposition des Parisiens.
Les boulangers sont venus leur offrir une galette des Rois géante. Les agriculteurs ont beaucoup d'amis en ce moment, surtout chez les politiques. - Beaucoup reprochent aux politiques de faire de la récupération en venant les voir.
Que leur répondez-vous? - M.Barnier: C'est peut-être le cas de certains politiques, mais ce n'est pas le mien.
Je suis avec eux depuis longtemps. - Y.Braun-Pivet: Je suis beaucoup dans les exploitations. - K.Olive: Je suis petit-fils de fermiers en Bretagne. - M.Barnier: J'ai été élu dans une grande région agricole. - B.Retailleau: Mes amis, ce sont les agriculteurs.
Ils me connaissent parfaitement. - L.Sénéchal: Quand les tracteurs s'installaient devant l'Assemblée nationale, les agriculteurs levaient le camp sur l'A64, près de Toulouse.
Il y a eu des moments de frictions avec les forces de l'ordre. Les agriculteurs ont obtenu des victoires politiques. Ils ont été reçus à Matignon.
Le Premier ministre leur a promis une loi d'urgence, notamment sur la prédation du loup, l'eau...
Le budget est à portée de main, à en croire le ministre du Budget, le ministre de l'Economie, pardon, R.Lescure. Rien n'est exclu, dit le gouvernement.
Un responsable LR a déclaré: "Si S.Lecornu n'est pas sanctionné après un 49-3, il deviendrait le nirvana..." Un seul élu avait voté une mouture faite de bric et de broc, à la première lecture. ...
Les députés disent que ce n'est pas fair-play ni gentleman de la part des Britanniques. - Ils devraient garder une forme de classe British et se passer de ce type de commentaire. - On va dire que c'est le franc-parler britannique. - Je ne reprendrais pas les mêmes termes, sauf à faire du bullshit, pour reprendre les termes. - Je suis triste de voir que notre pays est attaqué, malheureusement, à juste raison. - L.Sénéchal: S'il y avait une dissolution, il y aurait des législatives en même temps que les municipales. - P.Cohen: Ca n'arrivera pas.
Il a été demandé de voir les conditions techniques qui permettraient d'examiner cette possibilité, mais ça n'existera pas. Ce n'est pas un gros scoop. - A.-E.Lemoine: Les députés ont commencé l'examen du texte qui veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. - L.Sénéchal: Une proposition de loi issue des présidentielles.
Il n'y a pas de consensus. Renaissance veut une interdiction aux moins de 15 ans. Le PS et les Verts préconisent 13 ans.
Les algorithmes sont parfois accusés d'enfoncer nos ados dans des tendances dépressives, au point de les pousser au pire. C'est le destin tragique de Clément, 15 ans, qui s'est donné la mort le jour de la rentrée en 2024. Son compte TikTok était gavé de vidéos déprimantes.
Sa mère veut comprendre les mécanismes qui ont poussé son fils au suicide. Elle voudrait connaître les responsabilités des camarades ou des réseaux sociaux. Elle a même interpellé le président de la République le 10 décembre dernier. - Monsieur le président, mon fils de 15 ans s'est donné la mort.
Il a sauté d'un pont de 14 m la semaine de la rentrée scolaire, en 2024. Mon fils était cyberharcelé par des camarades de classe avec qui, la journée, tout se passait bien. Dans leur chambre, ils l'insultaient, le traitaient de grosse merde.
Ils ont lancé des sondages pour connaître ses orientations sexuelles. Quand j'ai découvert tout ça, ça se voit peut-être encore un peu, paralysie faciale, sous le choc. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, E.Pouédras.
Merci de votre présence. Vous reprochez à l'Etat de ne pas protéger toute une génération en ne régulant pas leur accès aux réseaux sociaux. Vous aviez interdit les réseaux sociaux à la maison. - E.Pouédras: Les réseaux étaient interdits et il y avait des règles très strictes.
Les téléphones n'étaient pas dans les chambres la nuit. Malgré ça, Clément a pu créer son compte TikTok, son compte Snapchat, en utilisant la tablette de l'établissement. - A.-E.Lemoine: La tablette qui lui était confiée par l'établissement.
Il venait de faire sa rentrée en seconde. Son compte TikTok était littéralement inondé, à presque 80 %, de vidéos déprimantes. C'est-à-dire? - E.Pouédras: Des vidéos très nostalgiques, avec une musique lancinante, voire des images générées par de l'IA, je pense.
Ce n'est pas marqué. On ne sait pas qui les envoie. On lui dit: "Tu as rempli le vide dans la vie des autres.
C'est quand tu ne seras plus là qu'ils verront ta valeur." Ce qui est incroyable, c'est qu'au-delà des réseaux sociaux, au-delà de ce que j'ai pu voir, c'est que quand j'ai sollicité les réseaux sociaux pour leur dire que notre fils avait mis fin à ses jours, on a découvert nous-mêmes, parce qu'il n'y a pas eu d'enquête au moment du décès, qu'il avait ces comptes-là. Quand on a découvert tous les contenus, on s'est dit que c'était dingue dans la mesure où ils ne nous ont pas aidés.
Quand on sollicite les réseaux sociaux...
En tant que parents, même si ce sont des mineurs, on n'a aucune possibilité d'y accéder. - A.-E.Lemoine: Vous voulez comprendre, en fait.
Vous n'avez pas moyen d'accéder à son téléphone, qui était verrouillé. Là, vous appelez le fabricant du téléphone... - E.Pouédras: C'est notre 1er réflexe. - A.-E.Lemoine: Ils vous disent d'appeler un hackeur. - E.Pouédras: Quand on est reçus par la police et qu'on est en incapacité de leur donner le code...
On essaie des codes. Son frère aîné nous aide. On ne peut pas déverrouiller son téléphone.
Les gendarmes, sur Google, ont vu les recherches qu'il avait pu faire. Ils ont refermé le dossier. - A.-E.Lemoine: Sur l'ordinateur familial, vous avez retrouvé des messages que Clément avait consignés, plus de 3 mois de messages WhatsApp.
Des messages d'insultes qui l'ont poussé au suicide, y compris le matin de son suicide. Un élève lui demande: "Tu en es où de ce suicide?" - E.Pouédras: On a trouvé ces messages.
Ca veut dire que ces messages WhatsApp qu'il avait enregistrés, le parquet pouvait les avoir. Je ne suis pas une hackeuse, une technicienne. On les a trouvés.
Le parquet ne les a pas trouvés. Je pense qu'il ne les a pas cherchés. - A.-E.Lemoine: Vous voulez que Clément soit reconnu comme une victime et que la responsabilité des harceleurs et des réseaux sociaux soit établie, qu'ils rendent des comptes. - E.Pouédras: C'est exactement ça.
C'est non seulement que...
Les personnes qui ont harcelé, il n'y a pas eu d'enquête d'environnement. Ces enfants qui ont harcelé, évidemment, potentiellement, continuent. C'est une responsabilité de l'Etat de faire des choses.
Sauf que le parquet n'a pas mené l'enquête au départ. Avec notre avocat, qui est aussi celui de la maman de Lindsay, à qui je pense beaucoup, on a porté plainte en septembre au parquet de Quimper. Mon intervention face au président a eu des effets.
On s'est vus. Il a dit que l'Etat allait nous aider. L'Etat nous a aidés en disant au parquet de Quimper qu'on renvoyait le dossier à Lorient.
On repart à zéro. - A.-E.Lemoine: Vous témoignez pour alerter tous les parents, pour qu'ils soient attentifs au moindre signe.
Vous avez constaté une baisse des notes à la fin de sa 3e, mais rien de plus? - E.Pouédras: C'est ça.
On refait le film, Ividemment, de ce qui s'est passé, quand lui recevait ces messages, que lui répondait: "Vous savez que vous m'insultez, là?" Il était conscient qu'il recevait des insultes. On refait le film de ces moments où on aurait pu détecter, mais on n'a absolument rien vu.
Il a passé un été formidable avec tous ses cousins, avec toute la famille. Je porte médiatiquement les choses, mais derrière, c'est toute une famille qui a besoin de réponses, des jeunes qui ont des fragilités aussi et qui ont besoin de comprendre ce qui s'est passé. C'est notre droit de savoir. - A.-E.Lemoine: Vous rappelez 2 numéros très importants, le 30 18, qu'il faut composer quand on est victime ou témoin de violences numériques, et le 31 14, le numéro national de prévention du suicide.
Merci d'être venue. La poupée Barbie qui se veut inclusive froisse les associations... - L.Sénéchal: Une Barbie atteinte d'autisme.
Comment le sait-on? A priori, c'est un handicap invisible. Le regard a été légèrement détourné.
Elle a une articulation aux coudes parce que les autistes ressentiraient le besoin de reproduire un geste à l'infini. Il y a des accessoires antistress, comme une sorte de toupie et un casque antibruit. "Ce sont des clichés qui ne font pas avancer le combat", selon la présidente de SOS Autisme. - On lui a mis un handspinner dans la main, un casque sur les oreilles, les yeux de travers, des mains désarticulées...
Ca renforce les stéréotypes. C'est pour faire le buzz. On touche à la dignité humaine.
SOS Autisme France a porté plainte contre Mattel parce que ça concerne la discrimination et la dignité humaine qui est en jeu. - L.Sénéchal: Barbie tente des poupées différentes depuis des années.
Il y a eu la poupée trisomique, une autre en fauteuil roulant, une Barbie atteinte de vitiligo...
Marine Le Pen