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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 31 mai 2022 24 min

Jordan Bardella : "Le ministre de l’Intérieur est un menteur pathologique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le Président du Rassemblement National, également député européen. Vos questions, amis auditeurs, au standard d'Inter 0145 24 7000 et sur notre application mobile. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur l'Inter. On va revenir longuement avec vous sur les élections législatives. On en est à moins de deux semaines maintenant. On évoquera évidemment la stratégie de campagne du RN qui interroge parfois. Mais d'abord l'actualité, vous le savez, un journaliste français de BFM a été tué hier dans l'Est de l'Ukraine alors qu'il était dans un convoi humanitaire.

Il ne fait aucun doute qu'il a été la cible d'un bombardement russe, dit la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna. Quelle est votre réaction ce matin ? Condamnez-vous la Russie.

0:48
Jordan Bardella

Évidemment, je voudrais d'abord avoir une pensée pour votre confrère de BFM TV, pour sa famille, pour ses proches, et puis évidemment pour tous vos confrères de la rédaction de BFM. Rappelez que les reporters de guerre défendent la liberté d'informer, parfois au péril de leur vie. Ce drame nécessite évidemment une enquête à double titre. D'abord parce qu'on parle d'un journaliste qui est d'après la Convention de Genève, vous le savez, considéré comme un civil. Et puis parce que c'est un convoi humanitaire qui est visé, que manifestement, ça n'est pas le premier convoi humanitaire qui est visé.

Moi je déplore que de la maternité de Mariupol à Bouchard, en passant par le bombardement de ce convoi, les crimes de guerre se multiplient. Et il faudra évidemment que les coupables soient désignés, même si évidemment tout laisse à penser que ce sont les Russes qui sont derrière cela.

1:33
Invité

Mais justement que la Russie vise ainsi des convois humanitaires, des civils, des journalistes. C'est ce que nous disait Christophe Deloire qui était à votre place il y a quelques minutes, le patron de RSF, qui disait que c'est une guerre où spécifiquement les Russes visent les journalistes et tapent les convois humanitaires. Qu'est-ce que ça dit de leur guerre aux Russes ?

1:49
Jordan Bardella

Ça dit que c'est une sale guerre et qu'il y a derrière probablement ces journalistes qui sont visés, je crois qu'il y a eu huit journalistes qui ont été tués depuis le début du conflit, il y a l'enjeu de la liberté d'informer. Et que c'est aussi une guerre de l'information qui se joue, entre une propagande de guerre russe et puis une vision beaucoup plus libre de l'information qu'on essaie de rapporter dans les pays occidentaux. Donc il y a aussi un enjeu d'information derrière. Et je pense que, évidemment, que l'enquête devra dire, le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête, c'est lui qui est compétent, il a évidemment eu raison de le faire.

2:26
Présentateur

Dans ce contexte, Jordan Bardella, les dirigeants des 27 pays membres de l'UE ont trouvé un accord hier soir pour réduire de 90% leurs importations de pétrole russe d'ici la fin de l'année. Cela va couper une énorme source de financement de la machine de guerre de la Russie, a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel. Est-ce que vous vous félicitez ce matin que les 27 soient parvenus à cet accord ?

2:51
Jordan Bardella

Écoutez, moi j'ai entendu, lorsque ce texte a été présenté, en tout cas cet objectif a été présenté par Ursula von der Leyen, j'étais au Parlement européen il y a quelques jours, et Ursula von der Leyen appelle les Européens à faire des efforts. Généralement, les gens qui demandent de faire des efforts ne sont jamais les gens qui sont concernés par les dits efforts. Et ce que je note, c'est que beaucoup de Français, beaucoup de familles et probablement beaucoup d'entreprises vont être pénalisées par ces sanctions énergétiques qui pour l'instant ne fonctionnent pas sur la Russie.

Permettez-moi de vous rappeler que jusqu'à aujourd'hui, les sanctions énergétiques qui ont été décidées contre la Russie sont en échec, la Russie continue de s'enrichir, qu'elle fait des hyper-profits sur ses exportations de matières premières, et que le rouble est à un niveau très haut.

3:29
Invité

Est-ce qu'il ne faut pas arrêter ?

3:30
Jordan Bardella

Que nous décidions d'un embargo sur le pétrole russe. Je veux bien, mais la Russie vendra son pétrole, beaucoup moins cher, à l'Inde ou à l'Egypte. Et elle le vendra à un tarif qui sera beaucoup plus attractif et qui va venir peser à la baisse sur la compétitivité de la France.

3:42
Invité

Donc il faut continuer à l'acheter. Le pétrole russe, c'est-à-dire la machine de guerre russe.

3:47
Jordan Bardella

Non, je ne dis pas cela. Je dis qu'à partir du moment où nous prenons des sanctions, si ces sanctions énergétiques sont plus douloureuses pour le peuple français et pour l'économie française et pour les économies européennes au sens large, parce qu'on sait qu'un tiers du pétrole européen vient de la Russie, plutôt que pour la Russie, alors il faut se poser la question de l'utilité de ces sanctions. Il y a une autre méthode qui me semblait être la bonne, c'est que l'ensemble des pays qui vendent notamment du gaz, vous savez que 40% du gaz européen vient de la Russie, et que 60% du gaz vient des Etats-Unis, des Pays-Bas, de l'Algérie, du Qatar, d'autres pays.

Que ces pays-là, exportateurs de gaz, se mettent autour de la table pour décider de vendre leur gaz au prix qu'ils le vendaient ces deux dernières années. Ce qui va permettre de casser les hyper-profits qui est aujourd'hui en train de faire la Russie. Parce qu'en plus de créer la guerre, la Russie s'enrichit aujourd'hui.

4:31
Invité

Mais la Hongrie, spécifiquement sur le pétrole, la Hongrie, après avoir menacé de son veto, a obtenu une dérogation de plusieurs mois. Donc elle, elle continuera à importer le pétrole russe.

4:41
Auditeur

Parce qu'elle n'a pas d'autre choix.

4:43
Invité

Encore une fois, ce passé... Il n'y a pas que la Russie qui vend le pétrole, mais on a accordé ça à la Hongrie. On a accordé ça à la Hongrie. Jordan Bardella, pour être très clair, si vous étiez au pouvoir, là, si vous étiez au Conseil européen à la place d'Emmanuel Macron, vous auriez dit, comme la Hongrie, la France ne signe pas ?

5:01
Jordan Bardella

Je rédite qu'à partir du moment où les sanctions que nous décidons sont plus dures pour l'économie française que pour l'économie russe, alors oui, je me pose la question. Parce que, si vous voulez, si c'est se passer du gaz russe, d'un régime autoritaire, pour le remplacer par l'importation d'un régime totalitaire comme l'Arabie Saoudite, qui mène une sale guerre, pour le coup, au Yémen, dont absolument personne ne parle, alors oui, ça pose quand même question. Donc, je dis qu'il faut être prudent, qu'il ne faut pas faire n'importe quoi.

Oui, je pense que cette décision va être plus dure pour l'économie française que l'effet de rattrapage que va engendrer la Russie, notamment en vendant, et on voit, c'est ce qui est en train de se passer, en vendant son pétrole beaucoup moins cher et en faisant des gains beaucoup plus importants, notamment à destination de l'Inde ou notamment à destination de l'Egypte. Et j'ajoute que le rouble, d'ailleurs, qui est la monnaie russe, est à un taux historiquement haut depuis 10 ans. Donc, attention à ne pas faire n'importe quoi et attention à ce qu'on ne se retrouve pas dans quelques mois avec un prix à la pompe qui dépasse les 2,50 euros ou les 3 euros.

parce que ce n'est pas Mme von der Leyen qui va venir payer le prix de ces sanctions. C'est les automobilistes français qui ont de plus en plus de mal à boucler leurs factures. En tout cas, cette guerre, elle pose la question de notre indépendance et je pense qu'en matière d'indépendance, il y a une crainte à avoir sur le pouvoir d'achat et qu'il faut retrouver notre souveraineté en matière de maîtrise des prix en sortant notamment du marché européen à l'électricité parce qu'aujourd'hui, la France a une électricité qui est quasiment décarbonée, qui à 92% ne dépend pas du gaz. Il n'y a pas de raison que ce prix de l'électricité soit adossé sur le prix du gaz.

C'est d'ailleurs ce qu'ont fait l'Espagne et le Portugal qui va permettre à l'Espagne de baisser dans les prochains mois de 30% ces tarifs d'électricité. Je pense que c'est là-dessus qu'il faut agir.

6:32
Présentateur

Dans l'actualité également, le fiasco de la finale de la Ligue des Champions samedi soir au Stade de France, Gérald Darmanin a pointé la fraude massive industrielle organisée de faux billets. Il souhaite d'ailleurs qu'à l'avenir, les billets n'existent plus que sous forme numérique. Et qu'est-ce que son explication sur samedi soir vous convainc ?

6:52
Jordan Bardella

Le ministre de l'Intérieur est un menteur pathologique et ça commence à devenir franchement inquiétant.

6:56
Auditeur

Menteur pathologique ?

6:58
Jordan Bardella

Ah oui, parce que de continuer dans le déni, à expliquer que le responsable des scènes de chaos et de désordre que nous avons connus samedi soir à Saint-Denis au Stade de France, c'est la billetterie. C'est-à-dire d'aller jusqu'à risquer un incident diplomatique avec la Grande-Bretagne, plutôt que de le risquer avec la scène Saint-Denis. Donc manifestement, on a peur des réactions. Je trouve ça profondément inquiétant.

7:19
Invité

Mais quel serait son intérêt de mentir ? Parce que je pense qu'ils sont incapables d'assurer la sécurité des Français.

7:30
Jordan Bardella

Et qu'en vérité, les scènes de razia, de vandalisme, de pillage qui sont imputables à des bandes de jeunes qui sont venues des cités voisines de la Seine-Saint-Denis et notamment de la cité des Francs-Moisins, qui ont attaqué des supporters qui manifestement ne sont pas prêts de revenir en France et qui démontrent l'incapacité de la France à organiser une grande manifestation sportive, c'est le bilan du ministre de l'Intérieur. C'est le bilan migratoire, sécuritaire et judiciaire du ministre de l'Intérieur. Donc cette situation, elle est très inquiétante. La France est la risée du monde.

Je crois que nous sommes entrés dans un régime d'irresponsabilité où, en plus de ne pas assumer ces responsabilités, le gouvernement continue de mentir éhontément. Il nous parle de 40 000 supporters britanniques étrangers. C'est du délire. 40 000 supporters, c'est l'équivalent du Parc des Princes. Il n'y avait pas 40 000 supporters à l'extérieur. Et il y a pu avoir quelques tensions liées à l'impression de faux biais, mais ça n'est pas le sujet. Le sujet, ce sont les hordes de voyous, de délinquants qui sont venus piller. Les témoignages sont hallucinants.

Des familles qui témoignent auprès de la presse espagnole, vos confrères, les confrères britanniques qui étaient sur place, disent eux-mêmes que c'était délirant. Et juste j'en termine, ce matin, il y a un article dans Mediapart, il y a un haut gradé de la gendarmerie qui s'exprime, il dit que les déclarations et les mensonges du ministre de l'Intérieur sont délirants.

8:42
Invité

Loin de dire qu'il n'y a pas eu des débordements et des violences, je ne dis pas ça ce matin, je vous cite uniquement la préfecture de police de Paris qui dit qu'il y a eu des débordements et des violences de la part de 300 à 400 délinquants venus de Seine-Saint-Denis.

8:56
Jordan Bardella

Mais ce n'est pas ce que dit le ministre de l'Intérieur, pardon. Le ministre de l'Intérieur explique que les gardes à vue sont le fait de supporters britanniques. Moi, je suis allé au commissariat de Saint-Denis hier. Moi, j'ai entendu des policiers témoigner partout, y compris auprès de vos confrères. J'ai lu, encore une fois, ces déclarations dans la presse, elles ont été rapportées par vos confrères, dire que la quasi-totalité des gardes à vue sont des Algériens, des Marocains, des gens qui sont liés à l'immigration, qui n'avaient, encore une fois, rien à faire ce soir-là. Des Français d'origine algérienne au Marocaine, non ? Non, y compris des mineurs isolés.

C'est-à-dire, y compris des gens qui sont venus de la porte de la chapelle pour venir piller et pour venir organiser du vandalisme sur les voitures des supporters et sur les supporters eux-mêmes. Ça dit quand même quelque chose de la manière dont... Il y a un problème avec la Seine-Saint-Denis en France. Il faut dire les choses clairement. Il y a un problème de sécurité. Il y a un problème d'immigration. Il y a un problème d'application du droit aujourd'hui.

9:49
Invité

Vous dites les mêmes mots qu'Éric Zemmour ce matin. Saint-Denis n'est pas Paris et la Seine-Saint-Denis n'est plus la France depuis longtemps. Vous dites ça ?

9:54
Jordan Bardella

Je ne dis pas que la Seine-Saint-Denis n'est plus la France. Je dis que s'applique aujourd'hui en Seine-Saint-Denis un autre droit que celui de la République française. Et permettez-moi de vous rappeler qu'il y a un an, jour pour jour, le chef de l'État, Emmanuel Macron, avait publié un texte dans lequel il évoquait en Seine-Saint-Denis, il l'a comparé à la Californie sans la mer. Ça doit faire plaisir aux gens qui habitent dans ces quartiers et qui subissent l'état de favela.

10:13
Invité

Il avait dit ça parce qu'il avait parlé de toutes les entreprises étrangères qui viennent s'installer en Seine-Saint-Denis.

10:18
Jordan Bardella

Oui, il y a beaucoup d'entreprises qui sont venues s'installer, notamment à la pleine Seine-Saint-Denis. Ces entreprises, dans une forme de progressisme, sont venues s'installer pour donner l'exemple, sont obligées de se barricader.

Et moi, vous voyez, il y a quelques jours, il y a un employé de vente privée qui a travaillé à vente privée à Seine-Denis, qui est un bâtiment juste à côté du Stade de France, l'entreprise vente privée, qui m'a raconté qu'il y avait des notes internes aux salariés dans lesquelles on demandait aux salariés de ne pas rentrer seules le soir, dans lesquelles on demandait aux femmes de ne pas s'affairer autour des bâtiments et dans les rues de Saint-Denis le soir, seules le soir. Donc, si vous voulez, il n'y a plus de frontières aujourd'hui à l'extérieur du pays, donc on multiplie les enclaves et les frontières à l'intérieur.

Donc, il y a un problème de sécurité et le gouvernement est incapable de protéger les Français. Et moi, j'appelle les Français à aller voter aux élections législatives pour la loi et l'ordre, c'est-à-dire pour les députés du Rassemblement de la Chine-Denis.

11:01
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon voit dans vos réactions, celles de Marine Le Pen, l'habituel refrain raciste et il pointe, lui, la doctrine d'emploi des forces de l'ordre, le rôle de la police, c'est d'empêcher que ça tourne mal. Or, là, au contraire, ils ont aggravé les choses, dit-il. Oui, mais c'est classique. Qu'est-ce que ça vous inspire comme commentaire ? Que lui répondez-vous ?

11:20
Jordan Bardella

Mais c'est classique. Jean-Luc Mélenchon, il veut supprimer la police, il veut désarmer la police et supprimer les brigades anticriminalités. Donc, si vous voulez, c'est normal que ce soit pour l'extrême-gauche toujours la faute de la police. Donc, pour le gouvernement, c'est la faute des supporters britanniques. C'est vrai, ils ont raison que s'il n'y avait pas les supporters britanniques, la ville de Saint-Denis serait un havre de paix. Donc, vous voyez bien que tout cela n'est pas sérieux et que nous sommes les seuls à dire ce qui est réellement en train de se passer dans ces quartiers.

Et je pense que le meilleur service à rendre aux habitants de la Seine-Saint-Denis et à rendre aux manifestations sportives, dont je pense que beaucoup de supporters ne risquent pas de revenir, c'est de rétablir la loi et l'ordre dans notre pays. La loi et l'ordre, rien que la loi et l'ordre.

11:56
Présentateur

Plus que globalement, Jordan Bardella, avant la Coupe du Monde de Rugby en 2023, les JO de 2024, est-ce que Paris vous semble capable d'accueillir des événements de ce type ?

12:05
Jordan Bardella

En l'état actuel des choses, non. Je veux dire, on est incapable d'organiser une manifestation sportive à Saint-Denis sans que ça tourne mal. Mais enfin, la vérité, et tout le monde le sait, c'est que si cette finale avait eu lieu ailleurs qu'à Saint-Denis, il n'y aurait eu aucun problème. Il y a eu des dizaines et des dizaines...

12:22
Invité

Le problème de cette finale, c'est Saint-Denis ?

12:23
Jordan Bardella

Je pense qu'il y a un problème avec la Seine-Saint-Denis, évidemment.

12:25
Invité

Est-ce que vous demandez la démission de Gérald Darmanin ?

12:28
Jordan Bardella

On peut demander la démission du ministre, mais si c'est pour être remplacé par quelqu'un qui va conduire exactement la même politique, alors ça ne change rien. Moi, ce que je dis aux Français, c'est que les élections législatives dans quelques jours, c'est la dernière sortie d'autoroute avant la ligne droite. Et en réalité, c'est la dernière occasion pour le peuple français de limiter les pouvoirs d'Emmanuel Macron. Et les scènes que vous avez vues hier, avant-hier, à Saint-Denis, samedi soir, je dis aux Français, si Emmanuel Macron a les pleins pouvoirs pendant cinq ans, ces scènes vont se multiplier.

12:53
Invité

Oui, vous dites ça et en même temps, les législatives, vous le dites, c'est dans moins de deux semaines. C'est déjà perdu pour vous, non ? En tout cas, vous l'avez théorisé comme ça, Jordan Barnella, quand Marine Le Pen dit à tous les micros si Emmanuel Macron est élu président, il aura la majorité. Tous ceux qui disent le contraire montent. Vous avez déjà théorisé qu'il aura la majorité et que vous n'aurez...

13:13
Jordan Bardella

Je pense qu'on a théorisé depuis très longtemps quelque chose, ça s'appelle la vérité en politique. Et je pense que ça nous distingue peut-être des autres mouvements politiques. Voyez, on ne fait pas croire, nous, que Marine Le Pen veut être Premier ministre d'Emmanuel Macron ou que Jean-Luc Mélenchon sera Premier ministre d'Emmanuel Macron. Tout ça, c'est une faible. Oui, à la volonté aussi. Et vous le savez parfaitement. L'enjeu de ces élections législatives, c'est de déterminer quelle opposition va avoir Emmanuel Macron en face de lui pendant cinq ans. C'est de déterminer si, oui ou non, Emmanuel Macron doit avoir les pleins pouvoirs.

Et permettez-moi de vous rappeler que le Rassemblement National est arrivé, en tout cas, Marine est arrivé en tête au second tour, dans 150 circonscriptions, 159 circonscriptions. Donc, si les Français se mobilisent, si les Français vont voter, nous aurons un groupe puissant à l'Assemblée Nationale. Mais comment vous voulez

13:54
Invité

mobiliser votre électorat en lui disant que, globalement, le grand objectif idéal serait 60 députés ?

14:01
Jordan Bardella

Mais non...

14:01
Invité

Sur les 577 de l'Assemblée Nationale.

14:03
Jordan Bardella

Non, c'est un chiffre minimum qui a été donné par Marine Le Pen. Mais, encore une fois, on est arrivé en tête dans 159 circonscriptions. Moi, je dis aux Français, ces législatives sont un référendum. C'est un référendum pour ou contre la réforme des retraites à 65 ans. C'est un référendum pour ou contre la généralisation de la violence et de l'immigration massive dans notre société. C'est un référendum pour ou contre l'explosion de l'inflation et les 60% de taxes sur les carburants qui vont se poursuivre. C'est un référendum pour ou contre la brutalité, le saccage social qui va continuer si les Français donnent les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron.

Donc, nous pouvons faire élire plusieurs députés, un groupe puissant à l'Assemblée Nationale partout en France. Et je dis aux Français, nous avons besoin désormais que vous nous donniez de la force et que vous nous donniez de la voix pour être vos porte-voix et pour vous défendre. Croyez-moi, un député Rassemblement National à l'Assemblée, c'est en vos deux.

14:49
Présentateur

Mais Jordan Bardella, est-ce que vous n'avez pas manqué de volonté et d'imagination politique ? Est-ce que vous ne vous êtes pas tout simplement fait piquer la place de premier opposant par Jean-Luc Mélenchon ? Lui, il demande aux Français de l'élire Premier ministre. Écoutez, je sais que... Vous rappelez vos sports de la présidentielle, mais là vous êtes... Non, mais c'est un peu votre rêve

15:08
Jordan Bardella

ici à France Inter.

15:09
Invité

Ça, c'est de la facilité. Non, ce n'est pas de la facilité.

15:13
Jordan Bardella

Je vais d'ailleurs vous donner des chiffres. C'est que sur les deux premières semaines du mois de mai, le temps de parole de la NUPES, de l'alliance d'Ultra-Gauche de M. Mélenchon, c'est 75% du temps de parole. Ça court jusqu'au mois de juin. Ça court jusqu'au mois de juin. Et là, on est en ratatage ce matin avec vous. Je suis très ravi d'être là ce matin. Et on est ravi de vous avoir. Permettez-moi de vous rappeler qu'il y a eu une élection présidentielle et que les Français ont fait de nous la première force d'opposition que nous avons réuni 42% des voix lors de l'élection présidentielle et qu'il est bien normal désormais que pendant 5 ans nous soyons présents.

Je veux juste dire aux Français, avec 6 députés sur 577, nous avons réuni 42% des voix à la présidentielle. Donc croyez-moi, si nous avons 150 députés, alors je pense qu'en 2027, nous gagnerons l'élection présidentielle.

15:55
Invité

Vous avez l'impression que ça intéresse les Français et les législatives ?

15:59
Jordan Bardella

Vous avez l'impression qu'il y a une campagne ? Vous avez l'impression

16:02
Invité

qu'il se passe quelque chose ? Il y a des débats ?

16:04
Jordan Bardella

Pour être parfaitement honnête, les Français s'intéressent aujourd'hui au prix de l'essence. Ils s'intéressent à leur sécurité. Ils s'intéressent à, en tout cas, ils s'inquiètent de la réforme des retraites à 65 ans que va mettre en place M. Macron. Et c'est notre rôle que de leur dire qu'il y a ces élections législatives pour leur permettre de conjurer le spectre du saccage social et que s'abstenir, c'est renforcer Emmanuel Macron. Emmanuel Macron n'attend qu'une chose, c'est que les Français s'abstiennent. C'est d'avoir une Assemblée nationale à sa botte pour mettre en œuvre son projet et pour permettre à Mme Borne de dérouler pendant 5 ans.

Alors moi, je ne souhaite pas cela et je les appelle en tout cas à aller voter massivement les 12 et 19 jours prochains partout pour les candidats du RN.

16:42
Présentateur

La parole aux auditeurs d'Inter. Bonjour Claude.

16:46
Auditeur

Bonjour. Bienvenue. Bonjour Claude Lappareil de l'Infection Provence.

16:50
Présentateur

On vous écoute.

16:52
Auditeur

Bonjour France Inter. Bonjour M. Bardella. Bonjour M. Ma question est simple. Comment le Rassemblement National choisit-il ces candidats dont une partie lors d'une interview n'était pas capable de répondre à des questions de question générale concernant par exemple les dépenses publiques, l'éducation ? Alors que M. Jacobelli a expliqué comme quoi ce ne sont pas des professionnels alors que si ces gens-là seront élus au Parlement, ils seront quand même des professionnels parce qu'ils seront payés par l'État. Vous trouvez qu'il y a un problème de niveau, c'est ça ? Oui, de niveau, de culture générale, la capacité de répondre à des sujets vraiment de culture générale.

17:41
Présentateur

Bien compris Claude. Jordan Bardella vous répond. Merci pour votre appel.

17:44
Jordan Bardella

Écoutez M. Quand je vois le niveau des gens qui sont au pouvoir depuis 30 ans et la situation dans laquelle ils ont mis mon pays, je n'ai pas à rougir de nos candidats qui représentent le peuple français dans sa diversité. Nos candidats sont des travailleurs, des salariés, des fonctionnaires, parfois des hauts fonctionnaires. Des policiers, des soignants, ils représentent la diversité sociologique du peuple français. En l'occurrence, sur les cas que vous citez, ça peut arriver que sur deux ou trois candidats sur 577, lorsque c'est votre première télé que vous ne soyez pas parfaitement à l'aise. Je n'étais moi-même pas très à l'aise lors de mes premiers médias.

Et puis à force de venir à la maison de la radio, on s'endurcit et on devient meilleur avec le temps. Mais la différence entre nous et la majorité présidentielle, c'est que nous n'avons pas investi de candidats par exemple qui ont été condamnés pour des violences faites aux femmes en connaissance de cause.

18:31
Invité

Vous refusez de faire alliance avec Éric Zemmour. Vous allez même faire campagne dans le département où il est candidat dans le Var. Vous allez aussi soutenir les candidats RN face aux candidats reconquêtes. Ce qui fait dire à Éric Zemmour qu'au fond, le seul ennemi du Rassemblement National aujourd'hui, c'est reconquête. Le seul ennemi de Marine Le Pen, c'est Éric Zemmour.

18:50
Jordan Bardella

Il est un peu en boucle. Moi, j'ai beaucoup de respect pour Éric Zemmour, mais on ne peut pas passer l'intégralité de sa campagne électorale à se lamenter, à chouiner et à expliquer que le responsable de vos scores à la présidentielle, c'est toujours les autres. Je me permets de vous rappeler que la circonscription dans laquelle est candidat Éric Zemmour, que je ne peux pas citer pour des raisons... Voilà. Nous avons fait 57% des voix au second tour de l'élection présidentielle. Donc, c'est bien normal que nous ayons un candidat qui était candidat la dernière fois, qui est un candidat comme beaucoup de candidats du RN, élus, implantés, reconnus, qui travaillent le terrain depuis des années.

Donc, Éric Zemmour, ce n'est pas Dieu. Quand il arrive quelque part, la mer ne s'ouvre pas. Il y a le droit d'avoir d'autres gens qui ont aussi des positions, parfois avec des points d'accord, parfois avec des points de divergence.

19:36
Invité

C'est quand même étonnant. Votre stratégie, une fois de plus, votre stratégie soit de dire on va aux législatives mais Emmanuel Macron a déjà gagné la majorité, soit de refuser de faire alliance avec lui, lui mettre des candidats RN face à lui. Est-ce que vous n'accréditez pas encore la question qui est de dire votre isolement, l'isolement depuis des années du Rassemblement National ? Mais attendez,

19:57
Jordan Bardella

mais il y a 577 candidats partout. Quel isolement ? On a des candidats, y compris d'ailleurs investis, des candidats qui viennent de LR, des gens qui viennent des Républicains. Non, non, il y en a des gens qui viennent de Reconquête, par exemple Pierre Merin qui a été l'un des membres fondateurs du parti d'Éric Zemmour et qui s'est aperçu que la stratégie politique d'Éric Zemmour était une impasse et pour preuve, elle l'a mené à faire 7%. Donc moi je dis à ses électeurs mais travaillons ensemble. La stratégie qu'il a choisi ne permet pas d'arriver au pouvoir. Donc j'appelle les électeurs de LR et les électeurs de Reconquête à travailler avec nous, donner nous de la force.

Il faut se résoudre au fait que les candidats de Reconquête ne passeront le second tour nulle part. Donc voter pour ces candidats-là c'est soutenir en réalité le gouvernement et c'est donner qui tuent c'est Emmanuel Macron donc travaillons ensemble et unissons nos forces. Retour au standard.

20:39
Présentateur

Benoît qui nous appelle de Seine-Saint-Denis. Bonjour, on me dit que vous êtes exaspéré. Benoît vous êtes là ? Oui. Oui. Je vous écoute.

20:49
Auditeur

Bonjour. Oui tout à fait. Je suis donc enseignant à Saint-Denis. Oui. Je viens d'écouter les propos de M. Bardella qui sont toujours les mêmes. On tape toujours sur la jeunesse de Seine-Saint-Denis. Moi je voudrais juste rappeler que la semaine dernière il y a eu la finale de la Coupe des Champions entre Nantes et Nice que la ville a été mise sans dessus-dessous et que ce sont la population de Seine-Saint-Denis c'est la population de Seine-Saint-Denis qui a vécu ces dégradations et là on n'a pas du tout parlé des hordes de barbares qui arrivaient sur le territoire de la Seine-Saint-Denis. Donc les clichés éculés de M.

Bardella ont des vraies conséquences sur la jeunesse avec une jeunesse qui est méprisée dont les droits ne sont pas respectés qui a une rage de ce que la République peut laisser faire sur nos territoires avec moins de policiers moins d'enseignants moins de justice il y a un rapport parlementaire qui est sorti en 2019 et qui l'atteste donc en fait il y en a assez de taper sur les jeunes de la Seine-Saint-Denis c'est la République qui ne fait pas qui ne soutient pas l'égalité républicaine dans nos quartiers donc il y en a assez de taper sur ces jeunes qui seraient l'alpha et l'oméga de la violence de la barbarie et je ne sais quoi encore.

22:07
Présentateur

Merci Benoît pour cette question sur l'application France Inter Massot vous dit la même chose dénonciation méchante menteuse bien des concerts au Stade de France se passent très bien Loïc vous accuse de racisme basique absolument honteux Jordan Bardella que répondez-vous à l'ensemble de ses auditeurs ?

22:27
Jordan Bardella

Je vais vous répondre que la genèse de la Seine-Saint-Denis je la connais bien parce que j'ai grandi à 5 minutes du Stade de France dans une cité HLM qui est cernée par le trafic de drogue et je peux vous assurer que quand vous êtes éduqué correctement quand vos parents font le boulot vous ne finissez pas délinquant et que dans ces quartiers

22:42
Auditeur

c'est le problème des parents ?

22:43
Jordan Bardella

Ah oui je pense que c'est le problème des parents je pense que c'est le problème des parents je pense que c'est un vrai problème d'éducation et que moi je connais beaucoup de familles de Seine-Saint-Denis qui même issues de l'immigration ont été éduquées correctement ont éduqué correctement leurs enfants qui subissent les trafics de drogue qui subissent l'insécurité et qui expriment le même ras-le-bol à l'égard de ces bandes La République n'a rien à voir c'est la question que vous posez Benoît La République n'a rien à voir Le problème c'est qu'il n'y a pas tant la République que la France et le fait qu'il y ait beaucoup de jeunes dans ces quartiers qui ont grandi dans la haine de la France et qui ont grandi avec un ressentiment à l'égard d'un pays qui leur a tout donné que moi je conteste et je pense qu'on peut parfaitement être issu de ces quartiers parfaitement avoir grandi dans ces quartiers se sentir parfaitement français et ne pas casser ne pas agresser des touristes ne pas s'en prendre à des supporters et vous voyez ce pas d'amalgame insupportable qui vise à expliquer que c'est de la faute de la République c'est de la faute de l'État c'est de la faute de la France c'est de la faute des services publics qui ne sont pas assez en nombre moi je le conteste parce qu'à Saint-Denis il y a tout ce qu'il faut à Saint-Denis vous êtes avec la ligne 13 de Basilique de Saint-Denis à Champs-Élysées-Clemenceau vous êtes à 10 minutes de la capitale vous avez des bureaux de poste qui sont régulièrement attaqués vous avez des médecins qui ne veulent plus travailler parce qu'ils sont régulièrement attaqués et ça c'est le problème de la délinquance et de l'État incapable de faire son travail donc je maintiens mes propos face à nos auditeurs et je pense probablement mieux connaître la situation de ces quartiers que la plupart des gens qui font des commentaires sans jamais y avoir mis les pieds

24:05
Présentateur

et y travailler merci Jordan Bardella président du rassemblement national avec plaisir merci à vous

Jordan Bardella : "Le ministre de l’Intérieur est un menteur pathologique" — Jordan Bardella · Pourquijevote