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AutreFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 19 septembre 2025 24 minContradictoireMixte

"Les syndicats sont en train de créer un rapport de force avec le nouveau Premier ministre", estime Julia Cagé

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0:01
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes. Grand entretien ce matin au lendemain de la mobilisation et des manifestations qui ont eu lieu un peu partout sur le territoire hier avec Marion Lourdes. Nous allons croiser les regards et ouvrir le débat. Et maintenant, quelle suite imaginer ? La journée d'hier marque-t-elle un tournant ? L'intersyndicale est réunie depuis 22 minutes maintenant au siège de la CGT à Paris et avec nous en studio une professeure d'économie à Sciences Po Paris, autrice avec Thomas Piketty de cette histoire du conflit politique, élections et inégalités sociales en France, c'est aux éditions du Seuil.

Et un sondeur, il est chargé de l'école théorique du Rassemblement National, le Campus Emera, Julia Cagé, Jérôme de Sainte-Marie. Bonjour à tous les deux et bienvenue. Nos auditeurs peuvent dialoguer avec vous, vous interroger au 01 45 24 7000 ou vous écrire sur l'application de Radio France. C'est un succès à en croire l'intersyndicale, cette mobilisation d'hier. C'est un succès pour la police également. Une manifestation qui se déroule sans violence est une parfaite réussite, c'est ce que déclarait Didier Lallement hier. D'un côté donc l'intersyndicale qui se réjouit et de l'autre le ministre de l'Intérieur qui se réjouit aussi. C'est rare, rare suffisamment pour être souligné.

Est-ce qu'il faut y croire ? Jérôme Sainte-Marie.

1:32
Invité

Moi la première chose que j'ai faite hier c'est d'aller voir sur le terrain comment se déroulait la manifestation, comme je le fais depuis une trentaine d'années. Et effectivement il y a deux choses qui m'ont beaucoup frappé. La première d'un point de vue du maintien de l'ordre, c'est la quasi-disparition des services d'ordre syndicaux. Ce qui fait que c'est d'autant plus remarquable qu'il y ait eu très peu d'incidents, c'est qu'entre les autonomes et la police il n'y a plus personne en fait. Donc là on a vu quand même que la doctrine de maintien de l'ordre de M. Nunes notamment, était très différente de celle de M.

Lallement à l'époque où il était préfet de police, face aux gilets jaunes où disons il y avait une forme d'agressivité. Et là ça s'est remarquablement bien passé, il y a eu quelques incidents évidemment, mais comme j'en ai vu depuis que je fais les manifestations. L'autre chose, politiquement peut-être plus intéressante, c'est qu'il n'y avait pour ainsi dire pas de mot d'ordre. C'est-à-dire une manifestation syndicale sans mot d'ordre, c'était incroyable. Et encore une fois je suis resté plus de deux heures sur le terrain, donc s'il y en avait eu j'aurais eu le temps de les entendre.

2:31
Présentateur

Alors justement, sur le terrain politique et sur cette absence de mot d'ordre, vous n'avez pas l'air d'accord, Julia Cagé ?

2:35
Invité

Non, on entend ce qu'on veut bien écouter. Mais sur le premier point, je veux simplement dire que pour l'intersyndicale aussi, c'est une réussite, un succès, le fait qu'il y ait peu de violence. Les manifestants en général ne se félicitent pas d'une manifestation quand elle finit dans la violence. Donc c'est un succès pour tout le monde. Et ça montre que la démocratie sociale peut très bien fonctionner en France, et y compris dans la rue. Sur les mots d'ordre, il y en avait quand même, il y en avait beaucoup plus d'une certaine manière que le 10 septembre.

Il y avait un mot d'ordre qui a été le mot d'ordre de votre débat éco ce matin sur plus de justice fiscale, plus de justice sociale avec la taxe Zuckman. Ça faisait partie des mots d'ordre. Le débat sur les retraites réapparaissait quand même assez souvent à l'intérieur de cette manifestation. Il y a eu beaucoup de lycées, il y a eu beaucoup d'universités qui étaient bloquées. Pourquoi ? Parce qu'il y a la volonté que l'on investisse davantage dans un service public de l'éducation, dans nos jeunes, dans leur avenir.

Il y avait beaucoup d'enseignants de ce point de vue en grève, mais il y avait aussi beaucoup de personnels hospitaliers qui étaient en grève pour qu'on leur donne les moyens d'agir. Donc si on regardait dans le détail, bien sûr que ce n'était pas une manifestation...

3:34
Présentateur

C'est une manifestation pour ou une manifestation contre ?

3:36
Invité

Non, hier c'était davantage une manifestation pour parce que c'était également à l'appel de l'intersyndical. C'est pour ça que je trouvais ça plutôt plus réjouissant que celle du 10 septembre parce que le 10 septembre c'était une manifestation du ras-le-bol. Il faut voir d'où ça venait la manifestation du 10 septembre. L'idée originale c'était de faire la grève de la carte bleue. Parce que hier, les syndicats sont en train de créer un rapport de force avec un nouveau Premier ministre qui doit nous présenter une feuille de route budgétaire.

Comme on n'a pas de budget, qu'on n'a pas de gouvernement, c'est un peu compliqué d'avoir des demandes extrêmement précises, mais ça crée un rapport de force.

4:07
Présentateur

Manifestation pour ou contre Jérôme Sainte-Marie ?

4:10
Invité

Mais qu'il y ait eu... Enfin, encore une fois, il faut s'entendre ce que c'est qu'un mot d'ordre. Un mot d'ordre d'un mouvement social... Je ne sais pas si vous connaissez bien les mouvements sociaux, mais on les mouvements sociaux... Très bien. Mais après ça a évolué depuis 30 ans. Un mot d'ordre d'un mouvement social, c'est un mouvement qui est unificateur d'une mobilisation. Si vous voulez, au moment des Gilets jaunes, par exemple, il y avait un mot d'ordre très clair à l'hiver 2018 par rapport à une taxe particulière. Là, il y avait effectivement l'expression de toute une sensibilité de gauche et éventuellement du service public. Il y avait aussi autre chose que j'ai remarqué.

Mais le 1er mai, par exemple, il y avait aussi autre chose... Le 1er mai, vous considérez que ce n'est pas l'expression d'un mouvement social ? Je crois que vous êtes attaché à la démocratie et à la démocratie sociale, donc respectez la démocratie sur le plateau, ne m'interrompez pas. Et donc, il y a effectivement, là-dessus, l'expression d'une sensibilité, d'une sensibilité de gauche et de service public. J'ai été très frappé par l'absence des salariés du privé, pour autant qu'on pouvait le repérer. Et ça, c'est une immense... 20 000 pharmacies fermées. C'est une impasse, oui, par rapport à ce sujet particulier qui ne manifestait pas hier avec les autres, d'ailleurs.

Et ça, c'est un vrai problème du mouvement syndical, vous le savez. C'est sa perte d'influence dans le secteur privé, qui sont pourtant très exposés aux difficultés du temps.

5:17
Locuteur non identifié

Julia Cagé, s'il y a autant de monde, 500 000 personnes dans la rue hier, ça veut dire que les sacrifices, en tout cas les gestes qu'a fait le Premier ministre nouvellement arrivé, ne suffisent pas ? C'est-à-dire qu'il a supprimé l'idée de mettre fin à deux jours fériés. Il a diminué les avantages, il annonce qu'il va diminuer les avantages de certains anciens ministres, ça vous fait rire ? Ça ne suffit pas, c'est insuffisant.

5:41
Invité

Vous parlez de sacrifice quand même, les deux jours fériés, il ne faut pas rigoler. À un moment donné, François Bayrou...

5:44
Locuteur non identifié

Il a sacrifié une partie du budget de François Bayrou.

5:46
Invité

Non, mais François Bayrou, il était déjà revenu dessus, il fait sa première interview, il dit, bon, deux, peut-être un, puis après tout, c'est deux milliards, pourquoi pas zéro sur une somme qui était à 44 milliards ? Donc là, vous prenez vraiment le bâton pour vous faire battre et vous vous dites, ah, si on enlève ça de la table, vous allez me dire, merci, vous ne les avez pas... Ça n'a jamais été sérieux, je pense, ces deux jours fériés. Les avantages des anciens premiers ministres, oui, ça met un peu d'éthique dans la vie politique, mais en termes budgétaires, on n'est même pas en centaines de millions d'euros. Donc c'est complètement symbolique.

Donc en fait, pour les gens qui n'arrivent pas à finir leur fin de mois, qui ont peur pour l'avenir de leurs enfants, qui ont peur aussi pour leur santé, parce que l'hôpital est fragilisé, qui voient qu'il y a quand même ce problème de justice fiscale en France, simplement leur dire, on va enfin arrêter de payer un chauffeur à vie au Premier ministre, non, je veux dire, c'est quand même de la poudre aux yeux. Et moi, j'aimerais bien qu'on ait une alternance politique réelle et qu'on ait un gouvernement qui nous propose un budget plus juste. Je n'ai pas envie que tout pète dans la rue. Je crois profondément à la démocratie politique dans les urnes et sociale.

Donc j'aimerais bien que les avantages se fassent autour d'une table ou dans les urnes et avec les syndicats. Et pour ça, il faut que le Premier ministre soit vraiment prêt

6:54
Locuteur non identifié

à faire des concessions sur le fond. Jérôme Sainte-Marie, juste, les revendications, vous l'avez dit, il y en avait toute une quérielle, les services publics, le pouvoir d'achat, la justice fiscale, beaucoup on l'a entendu avec Julia Cagé. Ce ne sont pas des revendications que le RN partage, puisque le parti n'appelait pas à manifester hier ?

7:11
Invité

Vous avez, à travers tout ce florilège de revendications, vous avez posé un problème qui est bien réel. Je pense que là-dessus, on sera d'accord avec Julia Cagé. C'est la stagnation depuis 20 ans des salaires réels en euros constants.

7:26
Locuteur non identifié

Le pouvoir d'achat.

7:27
Invité

Stagnation qui, d'ailleurs, touche très largement les salariés du secteur public. Si on n'arrive plus à recruter de professeurs, c'est aussi parce qu'ils sont très mal payés, etc. Donc cette stagnation, toutes les forces politiques, j'espère, considèrent que c'est bien réel.

Je pense que c'est avant tout dû à des problèmes de productivité, à une baisse de la productivité, à une mauvaise affectation des ressources, et notamment de l'épargne, et que par ailleurs, et c'est pour cela que le Rassemblement National, une fois qu'on a convergé sur le constat que les travailleurs, qui d'ailleurs votent massivement, massivement pour le Rassemblement National désormais, infiniment plus que pour la gauche, eh bien, il se trouve que, une fois qu'on s'est accordé là-dessus, la direction n'est pas la même. Nous, nous ne sommes pas du tout, surtout en période de déficit très lourd, pour une relance de la dépense publique.

qu'il s'agit avant tout de relancer la production, et la production largement du secteur privé, et de réindustrialiser le pays, et c'est tout le sens de la proposition qui est faite par Marine Le Pen depuis 2022, sur la transformation de l'impôt sur la fortune immobilière, en impôt sur la fortune financière.

8:33
Locuteur non identifié

On ne sait pas combien il rapporterait cet impôt, il ne rapporterait pas 20 milliards comme la taxe Zuckman.

8:37
Invité

Non, la taxe Zuckman, le chiffre de 20 milliards est totalement contestable. C'est assez intéressant, ils l'ont chiffré, c'était dans le monde hier, ou avant-hier, le nouvel impôt, entre guillemets, de Marine Le Pen, rapporterait moins que l'impôt sur la fortune précédente. Je trouve ça extrêmement intéressant, mais ça a été chiffré et reconnu, y compris par Jordan Bardella.

Mais ce qui est extrêmement intéressant, dans ce qui s'est passé hier, dans le fait que le Rassemblement National n'appelle pas à manifester, ça nous rappelle quand même la succession d'épisodes qui ont eu lieu au cours des derniers mois, où le Rassemblement National s'est abstenu, n'a pas voté, s'est abstenu à l'Assemblée Nationale, sur le fait d'avoir un impôt planché sur la fortune, et aujourd'hui s'oppose au fait de faire rentrer les biens professionnels, donc en fait s'oppose à toute idée de taxer à nouveau le patrimoine de 1800 personnes, les 1800 personnes les plus riches en France, au-dessus de 100 millions d'euros.

Donc voilà, au moins, on a une grande clarification politique, où il devient évident aujourd'hui que le Rassemblement National préfère les milliardaires aux classes populaires, et je vais même rajouter un point, puisque vous venez de le dire, c'est très intéressant. On a débattu plusieurs fois ici, M. Jérôme Sainte-Marie, et on était assez d'accord sur le fait qu'un des problèmes en France aujourd'hui, notamment pour les territoires ruraux, c'était l'absence de services publics. Et plus de services publics de transports, pas assez de services publics d'éducation, de santé. Et là, vous nous dites, oui, mais le Rassemblement National ne veut pas de dépenses publiques.

Bon, ben, si le Rassemblement National veut protéger les milliardaires pour ne pas investir dans les services publics de proximité, ça a le mérite de clarifier le paysage politique, de remipolariser la vie politique, de mettre le Rassemblement National du côté des Républicains et de la partie très à droite du bloc Macron, et de permettre à la gauche de défendre son projet de justice fiscale et de redistribution. Je crois que chacun peut entendre la disproportion de vos propos par rapport à ce que je dis. Non, mais c'est intéressant

10:18
Présentateur

d'entendre deux points de vue différents s'exprimer à propos de la situation que nous traversons.

10:22
Invité

Nous ne considérons pas en effet, nous, c'est-à-dire le Rassemblement National, bien tout à fait, que c'est d'un nouvel impôt que sortira, si vous voulez, une nouvelle croissance pour le pays. Le problème... Alors, une question, Jérôme Sainte-Marie. Et vos choix européens, Mme Cagé, sont profondément responsables de cela. D'ailleurs, le Rassemblement National, enfin, le groupe des Patriotes pour l'Europe, vient de déposer une motion de censure contre von der Leyen par rapport au Mercosur. Tous ces traités que vous avez encouragés au niveau européen... Celui-là, von der Leyen, c'est plutôt la droite que la gauche. Vous avez toujours été opériste.

10:52
Présentateur

Bon, revenons, en tout cas, en France, et en l'occurrence à ce que disent les sondages, puisque c'est votre métier d'origine, Jérôme Sainte-Marie. Selon l'IFOP, 75% des électeurs du Rassemblement National sont favorables à une taxe sur les plus hauts revenus, 86% pour l'ensemble des Français. Julia Cagé le disait, le Rassemblement National s'était abstenu lors du vote à l'Assemblée en février dernier. Pourquoi cette opposition à une modification de la fiscalité ?

11:23
Invité

Je vous remercie de cette question parce qu'effectivement, nos électeurs sont d'autant plus favorables à une taxation sur les plus hauts revenus que nous la proposons depuis 2022. Nous sommes là-dessus en opposition très franche par rapport à la politique d'Emmanuel Macron qui a favorisé les plus riches depuis son accession en 2017. Ce n'est pas un hasard que nous sommes sur ça. Nous voulons simplement une taxation qui ne menace pas l'outil de production. Notre ligne est extrêmement claire. Nous souhaitons la relance de la production française et non pas continuer et nous souhaitons également la fin de la mauvaise dépense publique.

C'est extrêmement clair et c'est pour ça que nos électeurs sont entièrement d'accord avec cela. Je pense que tout le monde veut la fin de la mauvaise dépense publique. Vous ne trouverez pas grand monde pour dire vive la mauvaise dépense publique. Je cite Marine Le Pen

12:11
Présentateur

en l'occurrence sur X. Elle disait cette semaine que faire croire aux Français qu'un nouvel impôt même sur les hauts patrimoines réglera la situation budgétaire était un mensonge éhonté dont la gauche devrait rouler. Non mais ce qui est extraordinaire par rapport à ça c'est que quand même Marine Le Pen il y a la question de la fiscalité mais j'aimerais qu'on revienne malgré tout à la situation politique et sociale.

12:29
Invité

Une toute petite seconde parce que c'est important d'avoir une clarification. Un des seuls arguments pour parler aux classes populaires de Marine Le Pen lors de sa campagne en 2022 c'était de dire on va revenir sur l'impôt sur la fortune immobilière on va le supprimer d'ailleurs. Pourquoi ? C'est assez intéressant elle voulait sortir l'immobilier de l'impôt sur la fortune alors si j'étais ironique je soulignerais peut-être parce que ça porte particulièrement sur son château de famille mais il fait rentrer finalement en faire un impôt sur la fortune financière.

Et là maintenant on dit bon alors très bien on va taxer davantage non seulement l'immobilier mais plus largement tout ce qui peut rentrer en termes d'outils de production et de biens professionnels et là elle dit ah non non non surtout pas ne faisons pas payer ceux qui ont plus de 100 millions d'euros.

C'est totalement faux c'est totalement faux attendez on ne peut pas laisser des choses pareilles Le Rassemblement National c'est absolument Vous avez effectivement nous n'avons pas fait élire Macron deux fois Madame Cagé nous n'avons pas appelé à voter Macron au second tour nous n'avons pas appelé deux fois pour la présidentielle nous ne sommes pas alliés avec Madame Borne et Monsieur Darmanin comme vous l'avez fait à gauche lors des législatives On perd un peu le fil de ce grand entretien Soyons un peu raisonnables donc par ailleurs nous souhaitons effectivement y compris pour des raisons comment dirais-je d'ordre public nous souhaitons que puisque les Français doivent faire des efforts que les plus hauts revenus fassent des efforts et c'est pour ça que nous proposons cet impôt sur la fortune financière en mettant effectivement de côté la résidence principale ou la résidence unique des personnes concernées

13:57
Locuteur non identifié

Donc on ne sait pas très bien combien ça va rapporter Julia Cagé Si nous nous savons

14:00
Invité

c'est 3,4 milliards pour être précis

14:01
Locuteur non identifié

Ah donc moins que le procédé Alors donc pour revenir à la situation sociale il y a une inter-sindicale en ce moment au siège de la CGT Julia Cagé Est-ce que la décision qu'on en attend le communiqué qu'on en attend est crucial pour la suite des événements Qu'est-ce qu'on attend en fait ?

14:17
Invité

C'est compliqué Ce qui est évident Une nouvelle mobilisation On n'a pas de budget

14:22
Locuteur non identifié

Il faut attendre ça

14:23
Invité

Non il faut attendre ça en maintenant la pression C'est-à-dire qu'aujourd'hui quels sont les outils à la disposition des citoyens pour essayer d'avoir un budget un peu plus juste que celui qui a été proposé par François Bayrou Il n'y a pas d'élection Donc la démocratie elle se fait avec la démocratie sociale et la mobilisation Donc ça va quand même se jouer entre aujourd'hui et la mi-octobre avec des mobilisations On s'attend à des nouvelles journées de grève et de mobilisation de l'intersyndicale De ce point de vue-là

14:48
Présentateur

J'aimerais qu'on revienne à la question politique et sociale et pour tirer le fil de ce que vous avez engagé Il y a donc le Premier ministre qui veut poursuivre le dialogue qui invite les responsables syndicaux à matigner le lendemain d'une mobilisation d'ampleur Il y a une intersyndicale et c'est suffisamment rare qui réunit des syndicats qui souvent défilent les uns à part des autres Et il y a le bloc central Sébastien Lecornu tente aussi en même temps de s'assurer son soutien évidemment en vue de son discours de politique générale Est-ce que cette situation-là elle vous paraît inédite et est-ce qu'elle est un pas vers le dialogue social en France ? Jérôme Saint-Marie

15:28
Invité

On est dans le classicisme absolu La journée d'hier a été plutôt un succès d'estime 500 000 personnes Ça n'a pas non plus été un événement considérable Et par ailleurs l'intersyndicale ça fait plusieurs fois En fait c'est assez fréquent désormais par rapport aux retraites etc. Il y avait déjà eu des phénomènes de ce genre Et vous avez des bureaucraties syndicales qui avec très très peu de syndiqués il faut bien le reconnaître bureaucraties syndicales qui s'étaient illustrées entre les deux tours de la présidentielle la CGT la CFDT ont fait un appel commun contre une bonne partie de leurs propres sympathisants et syndiqués à voter pour M.

Macron sans rien négocier sur la réforme des retraites On est dans un jeu de rôle c'est là il faudrait la seule solution on la connaît en réalité On est dans une crise politique latente depuis 2022 depuis l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale cette crise est devenue une crise ouverte depuis la dissolution la seule solution et c'est ce que veulent les français alors là pour le coup sondage après sondage ils le réaffirment ce que veulent les français c'est que l'on retourne aux urnes que l'on redonne la parole au peuple pour que soient tranchés les débats profonds C'est entre les mains du président de la république Ce qui me paraît assez important et intéressant dans ce qu'on voit aujourd'hui c'est deux choses Un, c'est quand même le retour de la bipolarisation entre la gauche et la droite c'est quand même les nouveaux équilibres qui sont en train de se dessiner et en fait si M.

Lecornu ne veut pas avoir le même sort finalement que François Bayrou il va falloir qu'il choisisse son camp et son camp a priori c'est de gouverner avec la droite et d'élargir y compris au Rassemblement National et d'ailleurs Marine Le Pen a tendu un certain nombre de perches moi ce qui ferait dans ce cas là ça ne correspond pas à mes préférences politiques mais je trouve que ce qui serait sain aujourd'hui c'est qu'on revienne à une bipolarisation entre la droite et la gauche que M. Macron M.

Lecornu assument verbalement ce qu'ils font depuis des années qu'ils gouvernent avec la droite et qu'on puisse ensuite avoir une alternance lors des prochaines législatives lors des prochaines présidentielles autour d'un programme de gauche la seconde chose que je veux souligner et qui était quand même frappant également dans la manifestation d'hier c'est le retour des questions économiques nous quand on a écrit l'histoire du conflit politique avec demain on disait les gens qui répondent beaucoup sur les questions géosociales sur le revenu sur la redistribution sur les services publics et en fait on le voit là qu'est-ce qui est aujourd'hui dans la rue c'est une demande de plus de justice sociale de plus de pouvoir d'achat et on voit que cette problématique-là reprend de l'importance et c'est ça aussi qui va permettre une rebipolarisation entre la gauche et la droite

17:54
Présentateur

laissez Jérôme Sainte-Marie vous répondre

17:55
Invité

si je peux avoir 10% de temps de parole vous en serez ravis si vous prenez vos désirs pour des réalités même Julien Cagé une nouvelle fois c'est-à-dire il n'y a pas de retour il n'y a pas de retour il n'y a pas de retour de cette bipolarisation je vous rappelle que nous sommes la principale opposition à ce gouvernement à ce gouvernement nommé par un président de la République pour lequel vous avez voté même Cagé pas nous et dans ce gouvernement il y a la droite il y a la droite LR nous sommes d'ailleurs dans une opposition parfaite par rapport à cela dans ce gouvernement il y a une particularité il y a la droite LR il y a beaucoup d'anciens socialistes énormément d'ailleurs donc nous ne sommes pas du tout dans cette espèce de convergence que vous dessinez de manière totalement abstraite et autant si vous voulez je considère que nous sommes en désaccord sur des opinions mais sur les faits on peut tomber d'accord évidemment que nous sommes dans l'opposition nous sommes même l'opposition principale c'est reconnu par les français qui à mon avis ne se trompe pas

18:49
Locuteur non identifié

Julien Cagé Sébastien Lecornu à l'île disait va recevoir à nouveau les forces syndicales mais lui il est soumis à une contrainte budgétaire il y a 3400 milliards d'euros de dette il y a 115% du PIB dans le montant de la dette quelle est la marge de manœuvre qu'il a il n'en a pas

19:03
Invité

si vous savez dans la contrainte budgétaire il y a toujours demain il y a la question des dépenses il y a la question des recettes sur la question des recettes on ne va pas revenir sur ce point mais il y a quand même le fait de mettre à contribution les plus hautes fortunes sur la question des dépenses il y a toute la problématique qui se joue aujourd'hui face à la non-conditionnalité d'un grand nombre d'aides aux entreprises vous avez reçu ici les auteurs du grand détournement il y a encore quelques jours c'est mis sur la table donc en fait je pense qu'on est tous d'accord sur le fait qu'il faut qu'on se rapproche d'un équilibre budgétaire moi je pense par contre qu'il faut faire un effort en termes des recettes chez les plus riches et qu'en termes de dépenses il faut préparer l'avenir et qu'on ne peut pas faire d'économie aujourd'hui si on n'investisse pas dans l'éducation la santé et aussi des services publics de proximité notamment en termes de transport

19:44
Présentateur

Question de Philippe sur l'application de France Inter Jérôme Sainte-Marie quand on compare le nombre de manifs depuis des années en France et l'état dans lequel est le pays en matière de justice sociale est-ce que c'est la bonne manière de procéder que de se mobiliser de manifester pour interpeller le pouvoir ?

20:01
Invité

Moi je suis tout à fait comment dirais-je favorable effectivement au fait que les gens manifestent pour défendre leurs intérêts c'est la démocratie sociale tout le monde est favorable à cela il faut d'ailleurs noter qu'en France en réalité si on prend l'indice de Gini je parle sous votre contrôle madame Juliette Kégé les différences de revenus ne croisent pas tant que cela le vrai problème que nous avons c'est d'une part les différences alors petit exercice de pédagogie les différences de patrimoine qui elles s'accroissent énormément c'est une mesure d'inégalité qui n'est pas la meilleure parce que notamment elle écrase complètement les inégalités tout en haut de la distribution si vous n'êtes pas d'accord sur le thermomètre vous savez c'est pas en taxant les entreprises et les plus riches comme vous le croyez qu'on va redresser le pays par contre on a un système qui fonctionne à peu près que nous voulons conserver autant que faire se peut qui effectivement par le jeu de la redistribution et bien aboutit à des différences de revenus qui sont quand même sous contrôle le vrai problème c'est qu'il n'y a pas de croissance des salaires parce qu'il n'y a pas de croissance économique et toutes les mesures que vous suggérez et que vous développez par ailleurs qui donnent toujours la part comment dirais-je la principale dans un modèle keynésien totalement dépassé à la dépense publique à chaque fois vous parlez de taxer les entreprises nous avons besoin au contraire d'investir dans l'entreprise de relancer notre industrie un des principaux problèmes je crois de ce pays c'est la disparition enfin en tout cas l'affaiblissement de l'industrie et donc l'affaiblissement de la création de valeurs

21:23
Présentateur

dans l'un de vos précédents livres Sainte-Marie vous aviez M. Sainte-Marie M. Sainte-Marie pendant que je vous ai anoubli tout à fait vous n'êtes pas vous avez théorisé l'opposition de ce que vous appelez le bloc élitaire au bloc populaire est-ce que ce sont ces deux blocs qui se faisaient face hier celui qui est descendu dans la rue celui qui a fait grève et celui qui n'a pas participé à la mobilisation ?

21:43
Invité

Dans ce qui est certain et ce que je voulais exprimer qui demeure valable élection après élection sondage après sondage c'est qu'effectivement nous avons au Rassemblement National désormais une base populaire extrêmement forte extrêmement forte nous sommes à peu près dès le premier tour à 50% de vote parmi les ouvriers qui votent bien entendu et à 40% parmi les employés nous progressons partout parce que notre niveau effectivement devient très élevé à nous seuls nous sommes bien plus forts électoralement que la gauche d'ailleurs quand la gauche prétend qu'elle a remporté les élections législatives elle a été la première en siège grâce à son alliance comme on dirait sans principe et inconditionnel avec le macronisme il y a un principe il y a un principe de démocratie il y a un principe de respect de l'autre il y a un principe de tolérance envers les étrangers il y a un principe de respect de la liberté des médias de la liberté de la presse il y a un principe de lutte contre toutes les différentes formes de fascisme vous savez il y a beaucoup de raisons pour lesquelles plusieurs bords politiques sont prêts à voter contre Marine Le Pen et contre le Rassemblement National au second tour d'une élection législative après moi j'ai toujours dit et j'ai écrit qu'il faut respecter l'ensemble du corps politique l'ensemble des camps politiques ce que je pense aujourd'hui c'est que fondamentalement le Rassemblement National est sur le plus ou moins à long terme et Jordan Bardella elle a plusieurs fois exprimé dans une stratégie d'alliance avec la droite traditionnelle et ça se voit dans son refus de taxer les plus riches aujourd'hui et que c'est plutôt sain finalement de retourner vers une bipolarisation entre la gauche et la droite mais ça on verra ce que nous diront les gens C'est vous qui avez voté Darmanin c'est pas nous que vous voulez vous dire à la fin des fins il y a des faits il y a des opinions je les respecte les vôtres puis il y a des faits notamment il y a des faits électoraux des faits politiques on l'a bien vu que ces alliances en principe aux législatives elles existent encore une fois c'est tangible c'est incontestable après vous pouvez analyser et après vous avez effectivement ce bloc populaire existe ce bloc populaire est effectivement un bloc qui a vocation à représenter l'ensemble des français en tout cas les forces productives du pays sont clairement du côté du Rassemblement National

23:41
Présentateur

Intéressant en tout cas que le jour d'après cette journée de mobilisation on discute finalement du retour aux urnes potentiel ou non et d'opposition politique et du retour vous le disiez Julia Cagé du débat droite-gauche Christian vous remercie pour ce débat et nous vous remercions également Jérôme Sainte-Marie et Julia Cagé bonne journée