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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 6 mai 2024 7 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & international

Seuls 20% des Français sont capables de citer une mesure prise par le Parlement européen, selon une étude

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Les Français sont appelés à voter le 9 juin pour les Européennes. Mais voter pour qui exactement ? Pour quel type de représentant ?

  • 0:03OuverteÉludée

    A quoi sert le Parlement européen ? Quelle est la différence avec la Commission ? Quel est le mode de scrutin ?

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Vous avez réalisé une étude sur la perception des Français des élections européennes. Quels sont les enseignements forts ?

  • 0:26ComplaisanteRéponse directe

    Donc si je comprends bien, on va voter un peu à l'aveugle. Les électeurs sont dans le brouillard à un mois de ces élections.

  • 0:31ComplaisanteRéponse directe

    Bonjour.

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Mais à cause de quoi ? De qui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:52InvitéChiffre
    « On a 20% de l'opinion aujourd'hui qui est capable de citer une mesure, quelque chose qui a été fait. »
  • 2:37InvitéChiffre
    « On a aujourd'hui 8 Français sur 10 qui se disent peu informés, pas informés sur l'actualité du Parlement européen. »
  • 0:41InvitéChiffre
    « On a à peu près un Français sur deux qui se dit aujourd'hui intéressé par le scrutin du 9 juin. »
  • 0:57InvitéChiffre
    « les deux tiers de l'opinion dans la société française ne se déclarent pas informés sur les élections européennes. »
  • 1:07InvitéChiffre
    « on a trois fois plus de personnes qui se disent très mal informées que de personnes qui se disent très bien informées. »
  • 4:55InvitéChiffre
    « 29%, quasiment un Français sur trois considère qu'on soutient trop l'Ukraine au niveau national »
  • 5:01InvitéChiffre
    « une petite partie de l'opinion, 16%, considère qu'on ne soutient pas assez l'Ukraine. »

Temps de parole

  • Invité60 %
  • Présentateur40 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Les Français sont appelés à voter le 9 juin pour les Européennes. Mais voter pour qui exactement ? Pour quel type de représentant ? A quoi sert le Parlement européen ? Quelle est la différence avec la Commission ? Et quel est le mode de scrutin ? Beaucoup d'électeurs n'ont pas les réponses à ces questions. C'est ce que montre une étude que vous avez réalisée, Adrien Broche. Bonjour. Bonjour. Vous êtes le responsable des études politiques de Via Voice, l'institut qui a réalisé cette enquête pour Radio France, mais aussi pour France Télé, RFI et France 24. Donc si je comprends bien, on va voter un peu à l'aveugle. Les électeurs sont dans le brouillard à un mois de ces élections.

0:31
Invité

Oui, c'est un peu ça, l'enseignement fort, avec effectivement sur ce rapport à ces élections européennes, je dirais un double niveau, un niveau d'intérêt qui coupe la France en deux. On a à peu près un Français sur deux qui se dit aujourd'hui intéressé par le scrutin du 9 juin. L'autre moitié de la société française qui se dit lointaine, moins intéressée par ce scrutin, c'est le premier élément. Et puis un élément d'information après, puisqu'on voit qu'aujourd'hui, les deux tiers de l'opinion dans la société française ne se déclarent pas informés sur les élections européennes.

Si on regarde même les scores un peu extrêmes, on a trois fois plus de personnes qui se disent très mal informées que de personnes qui se disent très bien informées. Donc un vrai défaut.

1:13
Présentateur

Mais à cause de quoi ? De qui ?

1:15
Invité

Ça, c'est difficile à dire. Il y a sûrement évidemment aussi, d'abord une responsabilité de long terme sur le rapport à l'Union européenne, peut-être considérée comme trop bureaucratique, trop technocratique, trop éloignée du quotidien. Une responsabilité peut-être aussi de plus court terme sur la manière dont on parle d'Union européenne, dont la campagne se déroule aujourd'hui. Voilà, en tout cas, un éloignement et la perception d'une Union européenne à distance.

1:40
Présentateur

Et le sentiment aussi que de toute façon, tout est joué d'avance.

1:42
Invité

Exactement. Et c'est peut-être alors à la fois un des points négatifs, mais aussi un des points positifs. C'est-à-dire qu'on a le sentiment que tout est joué d'avance, qu'on le dit trop souvent. C'est surtout ça d'ailleurs, qu'on dit trop souvent que l'élection est trop jouée d'avance. Ce qui en appelle aussi justement à une campagne un petit peu plus incarnée, un peu plus concrète aussi. Parce que mine de rien, on a une envie de débat de fond et d'avoir ce débat important.

2:04
Présentateur

Oui, il réclame plus de débats justement. Elle réclame plus de débats les personnes que vous avez sondées. Juste pour revenir au sentiment que tout est joué d'avance, ça nourrit évidemment ce genre de choses. L'abstention, je rappelle qu'il y a un électeur sur deux seulement qui est allé voter lors des dernières européennes. Sur la perception qu'ont les personnes que vous avez interrogées de l'Union européenne, cette étude, vous l'avez déjà menée en 2021 et 2022, et on voit que cette perception, elle se dégrade.

2:29
Invité

Oui, tout à fait. C'est aussi en lien avec ce qu'on dit. C'est-à-dire qu'on a aussi un lien entre le rapport aux élections européennes et à l'Union européenne, et notamment au Parlement européen aussi. On a aujourd'hui 8 Français sur 10 qui se disent peu informés, pas informés sur l'actualité du Parlement européen. On a un bilan de la dernière mandature qui est très difficilement accrochable matériellement.

2:49
Présentateur

Difficile de donner une mesure de ce qui a été fait ces 5 dernières années, c'est ça ?

2:52
Invité

On a 20% de l'opinion aujourd'hui qui est capable de citer une mesure, quelque chose qui a été fait. Parce qu'on a aussi l'impression que l'Union européenne et le Parlement européen, c'est une instance de gestion des crises. Aujourd'hui, quand on demande à l'opinion, pour vous le Parlement européen, qu'est-ce qu'il a fait ? On nous dit en gros l'Ukraine, le Covid, des situations de crise, de guerre, évidemment l'agriculture plus récemment. Donc, c'est difficile d'être en prise aussi avec une réalité matérielle du quotidien quand on a la perception et la représentation d'une instance de gestion de crise à un niveau supranational.

3:23
Présentateur

Alors, il y a quand même des points positifs, on va dire, sur le rôle de l'Europe. Deux points. Ce qui arrive en tête, c'est l'Europe, c'est une force pour la paix.

3:32
Invité

Voilà, c'est toujours une force pour la paix. Alors, c'est le point positif. Je suis désolé, je ramène ça à nouveau. On a quand même une légère baisse du sentiment de la capacité de l'Union européenne à assurer la paix et donc une espèce de resserrement, de rétractation de l'Union européenne sur des valeurs, enfin, des valeurs, des thématiques plus techniques, l'innovation technologique, numérique, scientifique, etc. Ça, ça reste un atout fort et pour lequel, justement, l'Union européenne continue d'être une force. Sur la paix, ça reste le premier critère identitaire de l'Union européenne, idéalisé. Ça doit être l'instance qui garantit la paix.

En revanche, dans sa capacité aujourd'hui à la garantir, on a quelques doutes qui, effectivement, ont émergé ces derniers mois.

4:13
Présentateur

Oui, parce que vous avez interrogé, évidemment, ces 2000 personnes sur la guerre qui fait rage actuellement aux portes de l'Europe, la guerre en Ukraine. Est-ce que c'est un paramètre important pour les élections européennes ? Est-ce que c'est un facteur qui va faire en sorte que peut-être on va mettre tel ou tel bulletin dans l'urne ?

4:30
Invité

Alors, sûrement, en revanche, dans le contexte de distance vis-à-vis de l'opinion, distance généralisée vis-à-vis de l'Union européenne, on va plutôt avoir des points d'accroche relativement classiques, l'économie, etc. Évidemment, l'Ukraine impacte aussi tout ça et c'est intéressant, d'ailleurs, de voir que sur la guerre en Ukraine, on a une France qui est coupée en trois avec, en gros, quatre Français sur dix qui sont satisfaits de la position actuelle de la France sur l'aide à l'Ukraine. 29%, quasiment un Français sur trois considère qu'on soutient trop l'Ukraine au niveau national et une petite partie de l'opinion, 16%, considère qu'on ne soutient pas assez l'Ukraine.

Donc, on a vraiment, là aussi, une société française assez polarisée de ce point de vue-là et divisée en trois.

5:10
Présentateur

J'aimerais revenir sur un point de votre étude, Adrien Broche, parce que j'ai l'impression qu'il y a parfois, quand même, dans les réponses des contradictions ou des problèmes de cohérence puisque les sondés disent, finalement, qu'ils ne connaissent pas le métier d'eurodéputé, ils ne savent même pas faire la différence avec la Commission pour beaucoup, mais ils trouvent quand même qu'ils sont trop payés et pas honnêtes.

5:27
Invité

Ce n'est pas bizarre ? Oui, oui, c'est à la fois bizarre et peu étonnant. C'est-à-dire que dans un contexte aussi d'ignorance, le mot est un petit peu dur, mais en tout cas de distance globale vis-à-vis du fonctionnement concret de tout cela, ressurgit la méfiance envers le politique de manière générale qu'on constate évidemment au niveau statonational de la France, mais encore plus au niveau de l'Union Européenne, perçue justement comme cette instance à distance assez bureaucratique, donc on ne sait pas bien ce qu'elle fait, donc forcément, nécessairement, les membres du Parlement seraient trop payés.

5:56
Présentateur

Et toutes ces conclusions qu'on vient de dégrainer, est-ce qu'on peut faire les mêmes avec les autres pays européens ? Est-ce qu'il y a les mêmes rapports à l'Europe ailleurs ?

6:04
Invité

C'est une bonne question qu'il faudra je pense poser aux spécialistes des autres Européens. Je ne pourrais pas vous parler avec autant de précision des autres pays. Il va falloir faire d'autres études. Exactement, il faut commander d'autres études.

6:12
Présentateur

En tout cas, votre étude nous montre qu'il y a un gros travail de pédagogie à faire sur l'Europe, les institutions européennes et ses élections européennes. Je précise que votre étude a été réalisée en ligne mi-avril auprès de 2000 personnes de plus de 18 ans, échantillons représentatifs de la société. Merci, Adrien Broch, responsable des études politiques de Via Voice. On peut retrouver cette enquête évidemment sur notre site franceinter.fr et je vous signale que la tête de liste du PS de ces Européennes est ce matin sur France Inter. Raphaël Glucksmann, invité à 7h50. Sous-titrage Société Radio-Canada