Meilleure prise en compte de l’endométriose : Catherine Vautrin est l’invitée du 7 mars 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour et bienvenue dans Les 4V. Vous connaissez l'adage « il n'y a pas d'amour, seulement des preuves d'amour ». Alors oui, l'IVG est gravé dans la Constitution, mais certains freins à l'IVG sont eux toujours dans le quotidien des femmes. Aujourd'hui, en moyenne, 17% des femmes ne peuvent pas avorter dans leur propre département, faute de centre, faute de disponibilité, faute de médecins. On est à presque 1 sur 2 dans l'Inde, dans l'Ardèche. Quelles réponses concrètes apportées à cela ?
Vous avez raison. Et ce que je voudrais dire d'abord, c'est évidemment l'hommage pour le long parcours de l'IVG depuis pratiquement une cinquantaine d'années. Et évidemment l'hommage à Simone Veil. Juste un mot. La Constitution, c'était important pour être certain qu'on ne revienne jamais sur le sujet. C'est l'engagement du Président de la République et je pense que c'était vraiment un point important. Mais elle ne règle pas les problèmes du quotidien. L'accès maintenant, nous y venons tout de suite. Premier point, moi je suis là depuis pas deux mois et j'ai repris un point très important qui était la capacité effectivement pour les sages-femmes d'exercer l'IVG instrumentale.
Puisque maintenant, depuis 2016, elles pouvaient le faire pour l'IVG médicamenteuse. Elles ne pouvaient pas le faire pour l'IVG instrumentale. L'acte chirurgical. L'acte chirurgical. Et donc, il y avait eu... Elle pouvait le faire mais elle devait être encadrée par plusieurs médecins. C'est un décret très compliqué. Je pense que ce qui est important pour les auditrices aujourd'hui, c'est de savoir que le décret maintenant permet qu'elles le fassent et qu'elles le fassent à court terme, c'est-à-dire maintenant. Deuxième élément... Elles vont pouvoir le faire seules, sans médecin ? Elles vont pouvoir le faire seules et avec simplement un médecin dans l'ensemble.
C'est-à-dire par exemple, si vous êtes dans un endroit où il y a trois bâtiments, il suffit qu'il y ait un médecin dans un des trois bâtiments. Donc elles peuvent le faire seules. À partir de quand ça ? À partir de fin mars. Donc ça c'est un point très important. Deuxième point extrêmement important, c'était également l'acte et la valorisation de l'acte qui a été revalorisé le 1er mars. Donc c'est fait, c'est officiel, parce que c'était aussi un sujet, c'était un acte qui était mal valorisé et donc un certain nombre de professionnels ne le faisaient pas pour cette raison. Il y a 3% de médecins à peu près généralistes qui pratiquent des idées.
Et c'est un sujet parce qu'on voyait la nécessité d'avoir plus de médecins qui puissent le faire. C'est pour ça que j'ai pris la décision de revaloriser cet acte. Donc vous voyez, un, on garantit la Constitution, on protège l'IVG dans la Constitution et deux, on permet aux femmes d'y avoir accès.
Autre difficulté pour les femmes, les médecins qu'on évoquait qui font jouer leur clause de conscience. Aujourd'hui chaque médecin a le droit de refuser des soins pour raisons professionnelles ou personnelles, mais aussi pour des raisons morales, par exemple des raisons religieuses. Est-ce que vous comptez revenir sur cette partie-là de la clause de conscience ? Parce que certaines femmes disent, mais là on nous met de la morale dans l'avortement.
Non, je ne toucherai pas à la clause de conscience des médecins. En revanche, j'élargis le nombre de personnes qui peuvent pratiquer l'IVG. Mon objectif, quel est-il ? C'est que les femmes qui veulent recourir puissent le faire. Et donc plus j'ai de personnels médicaux, paramédicaux qui potentiellement peuvent le faire, plus j'ai la réponse. Et je crois que ce qu'attendent les femmes, c'est une réponse. Et on sait que quand on parle d'IVG, il y a une urgence. Et donc la nécessité, vous l'avez très bien dit, c'est la proximité, d'où le renforcement pour les sages-femmes.
Autre difficulté pour beaucoup de femmes. Une sur dix, une sur dix souffre d'endométriose. C'est un sujet qui est encore largement tabou, surtout en entreprise. Comment lever ce tabou, Madame la Ministre ?
Alors, premier sujet, c'est le diagnostic. Parce qu'on se rend compte qu'il y a, en moyenne, vous l'avez dit, une femme sur dix est concernée. Mais surtout, il y a une vraie errance en matière de diagnostic. Il s'avère que nous avons une entreprise française, basée dans les langues, qui vient de mettre en place un test salivaire. Et ça, c'est extrêmement important, parce qu'à ce moment-là, la salive va dans un tube, ce tube est analysé. Et ça permet de donner le texte. Donc il y a aujourd'hui un test fiable ? Il y a un test fiable qui existe. Alors, on va prendre deux secondes pour expliquer l'importance de ce test.
Jusqu'à maintenant, vous aviez une consultation médicale, vous aviez ensuite une écho, et seulement à ce moment-là, vous aviez le test. C'est-à-dire que c'était ce qu'on appelle, dans le jargon, en troisième intention. Vous savez que quand on met en place un dispositif comme celui-ci, évidemment, son intérêt est validé par la Haute Autorité de Santé. Il s'avère que la Haute Autorité de Santé vient de mettre en avant l'intérêt de ce test. Je rappelle, start-up française, donc c'est très important. Donc les femmes vont pouvoir attaquer par ce test ? Et les femmes vont pouvoir attaquer par ce test. Pas tout de suite, je vais jusqu'au bout.
Là, on a encore une expérimentation sur 3 000 femmes jusqu'à la fin de l'année. Et les éléments sont extrêmement intéressants. Et nous devrions, à partir de 2025, être en capacité à ce que les femmes commencent par ce test. Il coûte cher ce test ? Oui, ce test coûte à peu près 1 000 euros. Il sera pris en charge ? C'est tout l'objectif. Et c'est pour ça qu'avec l'accord de 3 000 femmes, nous allons définitivement valider pour ensuite dégager le budget qui permettra demain à 10 000, 20 000 femmes de pouvoir bénéficier de ce test.
Donc si je résume, objectif janvier 2025, un test à disposition des femmes remboursé par la Sécurité sociale à 100%.
C'est ça notre objectif. Et ça, ça nécessite une dernière validation de la Haute Autorité de Santé. En parallèle, deux autres idées. D'une part, une information qui est distribuée aux entreprises. Pourquoi ? Parce qu'évidemment, il faut respecter le secret médical. Mais il est important d'expliquer, notamment aux directions des ressources humaines, qu'aujourd'hui, il y a une pathologie qui touche les femmes, qui génère des conséquences sur leur santé, qui sont des conséquences lourdes, et qui nécessitent une absence de travail de pédagogie pour les entreprises d'une part.
Troisième élément, une campagne d'information, parce qu'on le sait, l'endométriose est une réalité dans notre pays, et il y a encore besoin d'informer les femmes sur le sujet.
Comme vous le savez, demain 8 mars, marquera la journée internationale des droits des femmes. L'égalité hommes-femmes en entreprise, c'est encore largement un leurre. Où en est-on de l'index hommes-femmes en entreprise, qui avait été créé en 2019, dans lequel les entreprises sont obligées d'afficher le niveau d'égalité ou d'inégalité, et de corriger les inégalités ?
Alors, vous le savez, le sujet de l'égalité hommes-femmes, j'ose dire que ça fait 50 ans, la première fois que le sujet a été évoqué, c'est en 72. Vous voyez le long chemin que nous sommes toutes obligées de faire.
Mais il y a toujours 23% d'écart entre les salaires.
L'index, aujourd'hui, c'est clairement une mesure, effectivement, qui oblige les entreprises à rendre sur 5 critères l'évolution des salaires dans l'entreprise. Aujourd'hui, nous avons 77% des entreprises qui ont rendu ces 5 points de plus que l'année dernière. Donc là-dessus, il y a un premier élément. Derrière, effectivement, il y a encore à avancer sur cette égalité salariale. Il y a à avancer sur les augmentations de salaires en retour de congés de maternité, par exemple. Et il y a enfin à continuer à avancer sur l'égalité des rémunérations, notamment chez les cadres dirigeants. Ça reste un sujet...
Est-ce qu'il va y avoir des sanctions ? Parce que c'est bien, il y a 77 qui transmettent OK, qui disent ça va pas OK, mais est-ce qu'il va y avoir au-delà des mises en demeure qu'il y a aujourd'hui ?
Vous savez, il y a dans notre pays des inspecteurs du travail, auxquels je rends hommage. Et il y a eu en 23 857 contrôles qui ont généré des sanctions. Des sanctions soit parce que le questionnaire n'avait pas été retourné, soit parce qu'il y a des manquements plusieurs années de suite. Parce que je reprends ce que vous disiez tout à l'heure, l'amour c'est bien, l'épreuve c'est mieux. Encore un élément sur lequel il faut se dire que contrôler c'est bien, la question c'est de mesurer les points de progrès. C'est un sujet sur lequel nous devons arriver à l'égalité salariale, c'est indispensable.
Catherine Votrin, vous avez plusieurs casquettes, puisque vous êtes aussi la ministre du Travail et de ceux qui en cherchent. Alors que Bruno Le Maire estime que l'État ne peut pas être une pompe afrique, Axel Daterle en parlait à l'instant, la question est très simple. Allez-vous, oui ou non, réduire les indemnités des demandeurs d'emploi, que ce soit dans la somme ou dans la durée ?
Mon sujet, très concrètement, c'est d'accompagner nos concitoyens les plus éloignés de l'emploi vers l'emploi. Parce que oui, il y a effectivement un sujet de déficit. On a tous envie que les chômeurs retrouvent du boulot. Mais attendez, il y a un sujet de déficit public, c'est clair, mais quelque part à chaque fois que quelqu'un remonte dans le train de l'emploi, c'est une respiration pour les finances publiques, parce que c'est de la production. Donc moi je veux bien regarder, Bruno Le Maire est là depuis 7 ans, je suis là depuis 2 mois, je suis tout à fait solidaire, je veux bien regarder les coupes, mais je veux aussi regarder la capacité à produire.
Vous voulez bien regarder les coupes, ça veut dire que la question de la baisse du montant et de la durée de l'indemnité chômage est sur la table aujourd'hui ?
Elle n'est pas sur la table au moment où nous nous parlons. Moi j'ai un objectif de réduction de la dépense, mais j'ai aussi un objectif, c'est celui de ramener nos concitoyens les plus éloignés de l'emploi vers l'emploi. Pour ça j'ai besoin de développer France Travail, j'ai besoin de développer l'apprentissage. Ce que je fais... Mais aujourd'hui vous n'êtes pas favorable à une baisse de la durée ou du montant ? Moi ce que je veux faire aujourd'hui c'est regarder dispositif par dispositif quels sont ceux qui apportent le meilleur résultat et évidemment privilégier ceux qui apportent le meilleur résultat parce que ceux-là remettent les gens à l'emploi.
Je prends un exemple, l'apprentissage, au bout de deux ans j'ai 72% des gens dans l'emploi, France Travail en neuf mois, j'ai 22 000 personnes en formation, 45% dans l'emploi.
Vous savez pourquoi je vous pose la question et j'insiste un petit peu parce que Gabriel Atterne au début de semaine dans les Vosges se disait prêt à des décisions difficiles pour inciter au travail et arriver au plein emploi. Évidemment on se demande quelles sont ces décisions et on se demande si on n'est pas revenu à la bonne culpabilisation du chômeur, si tu ne trouves pas de boulot c'est que tu n'en veux pas, bouge-toi un peu fainéant.
Pas du tout, j'étais avec Gabriel Atterne dans les Vosges donc je peux vous dire ce que j'ai entendu et très concrètement la volonté de Gabriel Atterne, nous étions dans une agence de France Travail et notre volonté c'est clairement que les Français effectivement puissent retrouver un travail. Et le sujet c'est les 60-64 ans, aujourd'hui nous avons 33% de personnes qui sont en emploi, vous m'accorderez qu'il y a un peu de marge et c'est une des cibles sur lesquelles...
C'est parce que les entreprises ne jouent pas le jeu, c'est toujours pareil.
Mais un, nous devons travailler avec les entreprises mais nous devons aussi travailler l'employabilité des seniors. Quand un senior perd son job, plus vite vous l'aidez à avoir une formation, à faire une validation des acquis, à remonter dans l'emploi, plus vite vous apportez une solution. C'est ça mon objectif et c'est pour ça que je suis là.
Toute dernière question, ça concerne la fin de vie, on est vraiment au bout. Quand est-ce que ce projet de loi sur la fin de vie arrivera enfin devant le Parlement ?
Vous le savez c'est un sujet avec... Des présidents de la République ? Non, avec deux éléments importants. Le premier c'est la stratégie décennale de soins palliatifs. Le deuxième c'est effectivement la fin de vie dont je rappelle que c'est une pathologie et par un âge. Et très concrètement, effectivement, le président de la République aura l'occasion de s'exprimer dans les jours qui viennent.
Mais ça sera avant le printemps,
c'est pour le printemps là ou pas ? Ce n'est pas moi qui détermine... Ce que vous le souhaitez ? Ah mais le texte en tant que tel, j'espère pouvoir le discuter d'ici l'été. D'ici l'été. Merci beaucoup Catherine Votre,
dans les 4V et bonne journée. C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv. Sous-titrage ST' 501
Catherine Vautrin