Commission sur l'audiovisuel public : audition de "Complément d'enquête" | La séance est ouverte !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00RelanceRéponse directe
Pouvez-vous confirmer ou infirmer les propos de la ministre de la Culture sur une tentative de monnayage d'informations ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Avez-vous des éléments en votre possession pour contester ces accusations ?
- 7:00OuverteRéponse partielle
Confirmez-vous le coût de 400 000 € par émission Complément d'enquête ?
- 10:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi avoir attendu 4 ans pour traiter Jean-Luc Mélenchon ?
- 13:00OuverteRéponse partielle
Comment garantissez-vous le pluralisme dans vos portraits politiques ?
- 16:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi plus de portraits de droite que de gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Ministre de la CultureFait
« On est prêt à vous indemniser s'il le faut. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte. Dans ce numéro, nous allons revenir sur les travaux de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public avec l'audition des responsables de l'émission de France 2 Complément d'enquête sont auditionnés devant les députés Tristan Walex, le présentateur et rédacteur en chef ainsi que Séverine Lebrin et Emmanuel Gagier, rédacteur en chef de l'émission. Regardez, je vous remercie pour votre invitation.
Je suis très impressionné de me retrouver face à la représentation nationale pour un journaliste de terrain que je suis. C'est très inhabituel mais je suis aussi très fier. Aujourd'hui, nous sommes quatre mais on représente toutes les équipes de complément d'enquête.
On est passionné par notre émission, par l'investigation et on est ravi de pouvoir expliquer ce que nous faisons, comment nous le faisons et pourquoi nous le faisons. Complément l'enquête, vous l'avez dit hein, c'est une émission créée par Benoît Duken il y a un quart de siècle en 2001. Le concept est simple, c'est un ou plusieurs reportages d'enquête suivi d'un entretien dans les fameux fauteuils rouges devenu la marque de fabrique de l'émission.
Je reconnais des des gens qui sont assis il y a il y a encore quelques quelques semaines. Ces fauteuils ont beaucoup voyagé. Des plages de Pouquet en Thaïlande où Benoî Duukan avait présenté une émission sur le tsunami jusqu'à la jungle de Calé où Nicolas Poincarré s'était installé pour parler immigration.
Jacques Cardos, lui les a emmené en Irak pour une émission sur Daesh quand Thomas Outo, lui les a fait rentrer dans la cour de l'Élysée. Moi-même, j'ai posé des fauteuils rouges en Ukraine quelques jours après le début de la guerre, mais aussi garde du Nord pour parler du fléo du crac ou encore dans l'ancienne usine Worldpool Damien avec les tout derniers salariés de ce symbole de la désindustrialisation. Au total, plus de 1500 personnes se sont assises dans ces fauteuils rouges avec toujours le même objectif pour nous, donner la parole à toutes et à tous, quel que soit son parcours, sa sensibilité et son point de vue.
On y a vu, je l'ai dit, des ouvriers mais aussi des PDG, des ministres, des femmes et des hommes politiques de tout bord, des artistes tout comme des représentants de la société civile, des acteurs et des témoins clés de 25 ans d'actualité, 25 ans d'enquête. L'affaire Messier, l'affaire Rodia, l'affaire Clearstream, l'affaire Benancour, l'affaire DSK, l'affaire Kusac, l'affaire Big Malon, l'affaire Benalain ou plus récemment l'affaire des assistants du Parlement européen ou celle du financement libyen. Toutes ont fait l'objet d'un complément d'enquête.
Vous qui cherchez à juste titre des singularités du service public, en voilà une. Vous ne retrouverez cette liste sur aucune autre chaîne que celle de notre groupe. Car l'investigation est un objectif inscrit dans la charte de France Télévision dont vous reconnaissez vous aussi l'utilité.
Mesdames et messieurs les députés, dans un récent rapport parlementaire, vous avez écrit "Les émissions d'investigation constituent des outils essentiels pour fournir le recul indispensable à la réflexion et je suis d'accord avec vous. ainsi qu'avec l'Arcom qui dans son dernier bilan de France Télévision soulligne, je cite, "Les magazines d'information et plus spécifiquement ceux dédiés à l'investigation sont des éléments distinctifs des offres de services publics. Faire de l'investigation, s'est révéler des faits d'intérêt général, enquêter sans pour autant se prendre pour des justiciers." Je vous parlais en introduction de de Bonat Duuken.
Il est mort brutalement en 2014. Tous les reporters de la rédaction dont je faisais à leur partie se sont retrouvés comme orphelin professionnellement et depuis on essaie de continuer à faire vivre ce qu'il nous a transmis, son état d'esprit. D'abord le sens du collectif.
Aucune décision ne se prend seule parce que l'investigation est avant tout un travail d'équipe. Et surtout Benoît nous répétait sans cesse la même phrase : "Il faut penser contre soi-même." Pour nous, c'est une boussole.
C'est presque devenu la devise de l'émission. Être journaliste d'investigation en réalité, c'est passer son temps à douter. Douter de certaines vérités établies certes, mais aussi la fiabilité de nos infos, les risques que prennent nos sources ou les conséquences potentielles de nos révélations.
C'est un travail long, exigeant, souvent ingrat. Cela signifie contacter parfois des centaines de témoins et d'informateurs pour un seul sujet. Accepter de renoncer quand les éléments ne sont pas suffisamment solides et toujours, toujours, toujours se remettre en question.
Et même le moment un peu particulier que l'on vit avec cette commission, je vous l'avoue, est l'occasion pour nous de nous interroger plus encore pour essayer de nous améliorer. Parmi ces préoccupations, ces obsessions, même celle de donner l'information la plus rigoureuse possible. Nous vivons avec l'angoisse permanente de nous tromper, de mal faire.
Et on ne va pas se mentir, en 25 ans d'émission, 612 numéros, certains sont sans doute plus réussis que d'autres. Mais ces 10 dernières années, jamais la justice ne nous a condamné sur le fond. Jamais l'ARCOM ne nous a sanctionné.
Être journaliste qui plus dans le service public implique de lourdes responsabilité. Parmi ell, il y a aussi celle du pluralisme. Complément d'enquête est évidemment une émission non partisane.
J'ai coutume de dire que nous ne sommes pas des journalistes militants, mais en revanche, je revendique le fait que nous sommes des militants du journalisme et d'un journalisme totalement indépendant. Les polémiques souvent contradictoires provoquées par nos enquêtes en sont la meilleure preuve. Au gré de nos sujets, on se retrouve souvent adoré par ceux qui nous détester la veille et inversement.
Récemment encore, vous l'avez dit, monsieur le président, notre tout dernier complément d'enquête sur l'Algérie a été simultanément accusé d'être anti-algérien, de faire le jeu de l'extrême droite quand d'autres affirmaient au contraire que nous aurions agi pour le compte de l'Algérie en censurant un diplomate. Tout était faux. Complément d'enquête travaille en toute indépendance sans recevoir de consignes de quiconque.
Souvent, l'investigation bouscule, dérange et parfois l'effet d'intérêt général que nous révélons viennent nourrir le débat public. Et vous êtes les premiers à vous en emparer, vous les représentants de la nation. Nos enquêtes sont reprises par tous les bancs de cet hémicycle sans exception.
J'ai le souvenir de voir Marine Le Pen brandir nos révélations sur les disparitions d'œuvres du mobilier national pour réclamer des comptes au quai d'Orsé. Puis un député LFI Damien Modé citait notre complément d'enquête sur les morts aux urgences pour dénoncer la saturation des hôpitaux ou encore la député LR Valérie Boyer s'appuyait sur nos révélations sur les liens entre Lafarge et Daesh pour questionner le financement du terrorisme. On a entendu un député RN Emmanuel Fouard se saisir de nos informations sur les pratiques tarifaires cachées de la SNCF tout comme Julien Baou député écologiste.
Reprendre nos révélations sur un mécanisme d'évasion fiscale via des sociétés de budget privé. L'émission Complément d'enquête a même été citée à 18 reprises dans le dernier rapport de la mission d'information sur les ingérences étrangères. Car depuis plusieurs années, nous travaillons sur la manière dont l'information est devenue un champ de bataille, la façon dont elle est instrumentalisée, manipulée dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu.
Nous avons même lancé une nouvelle collection intitulée la guerre de l'info où nous avons traité de l'antisémitisme, des climatosceptiques ou de la guerre de propagande entre Israël et le Hamas. Pour ce travail, nous avons été primés au prestigieux festival de Monte Carlot car l'investigation de France Télévision est régulièrement reconnu pour sa rigueur et son exigence y compris à l'étranger. Ces cin dernières années, nous avons reçu une dizaine de prix pour complément d'enquête.
Je pense à notre émission sur l'indemnisation des victimes de l'église qui a reçu le prix de l'investigation du Figra ou encore aux récompenses du prix Europa pour nos compléments d'enquête sur les crimes de guerre en Ukraine, sur le narcotrafic à Marseille ou encore sur les usines à Arnaque en Birmanie. Cette reconnaissance est importante car dans le même temps l'exercice de l'investigation est devenu, je vous le dis, de plus en plus difficile. Les procédures bayon se multiplient.
Pour un complément d'enquête sur Vincent Boloré, récompensé par le prix Albert Londres, nous avons subi de multiples procédures devant la justice française pour un seul et même reportage, cinq procès et au total cinq gagnés par France Télévision et des centaines de milliers d'euros de frais de justice avec l'argent des Français. Une expression qu'on entend souvent ici. Dans un autre registre, pour avoir révélé dans complément d'enquête l'existence d'une opération secrète de la France en Égypte, une de nos conœurs a été perquisitionnée et placée en garde à vue pour violation du secret défense.
Ces situations nous inquiètent profondément et j'espère sincèrement que cette commission sera aussi l'occasion de se pencher sur ces questions capitales que sont la lutte contre les procédures abusives et la protection de la liberté d'informer. Il faut aussi veiller à ce que la critique légitime du travail des journalistes ne se transforme pas en défiance systématique voire en violence. Des journalistes de compléments d'enquête ont été agressés, menacés, intimidés dans le créateur de leurs enquêtes.
Pour ma part, j'ai reçu des appels à me décapiter après une enquête sur le Hamas. L'adresse de mon domicile a été diffusée en ligne pendant notre reportage sur C News et j'ai parfois appris que nous avions été espionnés ou pris en filature par des officines privées. Ces faits qui étaient autrefois exceptionnels deviennent de plus en plus fréquents.
Et ce basculement existe aussi dans des démocraties proches de la nôtre de manière plus extrême encore comme en Italie où le rédacteur en chef de l'émission d'investigation de la télévision publique a vu il y a quelques mois sa voiture détruite par un engin explosif. Des actes qui nous inquiètent. qui pose une vraie question démocratique et que nous sommes prêts, si vous le souhaitez, à détailler auprès de votre commission.
Enfin, je terminerai par une note plus positive. On entend souvent dire que les jeunes se détourneraient de l'information et de la télévision. Les chiffres de compléments d'enquête racontent une toute autre histoire.
En 5 ans, de 2020 à 2025, la part d'audience des 1534 ans a augmenté de 77 % sur notre case. Chaque semaine, ils sont 100000 jeunes à regarder complément d'enquête à 23h et le plus souvent en replay. Une offre en ligne qui attire régulièrement plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs et parfois plus d'un million.
Cela nous dit une chose, les jeunes ne rejettent pas l'information. Quand le journalisme est exigeant, rigoureux, indépendant, quand il parle du réel sans posture ni militantisme, il trouve son public y compris chez les citoyens de demain. C'est pour eux et avec eux que Complément d'enquête continue à faire de l'investigation.
Je vous remercie. Merci pour votre propos introductif. Je vais revenir vers vous sur ce qui s'est passé dans cette commission d'enquête.
Il y a donc une semaine, le 5 février et qui est important d'y revenir de manière très solennelle car les accusations qui ont été portées contre vous sont loin d'être anodine et que s'il y a dans le journalisme un principe important qui est celui du contradictoire, c'est également le principe de ces commissions d'enquête au terme de l'ordonnance du de 1900 58, les personnes auditionnées prêtent serment et les faux témoignages dans le cadre de cette commission d'enquête peuvent donner lieu de la part du président de cette commission d'enquête à la sésine de l'autorité judiciaire. Sur la base de cette saisine du président d'une commission d'enquête, l'autorité judiciaire peut engager des poursuites pénales qui peuvent, le cas échéant donner lieu à des condamnations pénales. Le 5 février dernier, dans cette commission d'enquête, madame Rachid Adati, ministre de la culture vous a accusé sousement d'avoir tenté de monayer les services d'une tierce personne don dont elle n'a pas souhaité révéler l'identité pour tirer des renseignements la concernant auprès d'un membre de sa famille en vue de la réalisation du numéro de complément d'enquête qui lui a été consacré.
Je vous l'ai dit, nous travaillons et je l'avais rappelé également à la ministre dans un cadre extrêmement solennel et extrêmement formel encadré par l'ordonnance du 17 novembre 1958. Il est donc très important de citer expressément et précisément les propos de madame la ministre devant notre commission à la suite d'une question de notre collègue Aurélien Saint-Toule repurri ensuite par notre collègue Aida Adisadé et que j'ai ensuite fait repréciser. Volontairement, je les reprends tel qu'el sans aucune modification rédactionnelle et si certains veulent les vérifier, ces propos figurent sur le portail vidéo de l'Assemblée nationale à partir de 1h34 et 20 secondes.
Madame la ministre a dit les choses suivantes : "Des journalistes se sont adressés à un membre de ma famille qui était en grave difficulté et c'était une réalité parce qu'il y a eu des échanges. Ce membre de ma famille a refusé évidemment de les produire. Mais je le confirme, quelques minutes après, elle ajoutait qu'une des limites à la liberté d'expression, c'est quand on essae à tout prix sur des personnes vulnérables, fragiles, qu'on essaie d'obtenir des choses.
Je trouve que ce n'est plus du journalisme. Permettez que je puisse évidemment pouvoir le dire. Maintenant, je ne veux pas attraire d'autres personnes à cela.
C'est un constat que j'ai fait. C'est une réalité que je réaffirme. Peu après, madame la ministre a affirmé de nouveau en parlant des journalistes de complément d'enquête, ils ont proposé avec un/3 un journaliste indépendant évidemment, ils ont proposé en passant par un/3 dont évidemment j'ai les coordonnées, mais je ne veux pas attraire parce que je vais vous le dire, la personne de mon environnement m'a demandé de ne plus l'évoquer parce qu'il veut être tranquille.
Madame la ministre à la suite d'une relance que j'ai faite sur ce sujet a estimé que ce sujet n'avait rien à voir avec la commission d'enquête et elle a précisé il y a un journaliste qui est passé par un journaliste tiers qui s'est présenté auprès d'un membre de ma famille en se présentant comme un journaliste indépendant et en disant si vous avez évidemment des choses très à charge concernant madame Dat, on est prêt même à vous indemniser s'il le faut. Je le maintiens. Enfin, à la demande de madame Adisadé reprise par madame Sophie Taypuan qui souhaitait que les documents de madame Dati puissent être transmis à la commission.
Vous l'avez compris, je vais devoir vous poser une question importante parce qu'elle peut m'engager le moment venu comme président de cette commission d'enquête à saisir l'autorité judiciaire. Pouvez-vous nous dire à votre tour et toujours sur servement si ce que madame la ministre de la culture a dit est vrai ou faux ? Avez-vous par ailleurs des éléments en votre possession sur ce point ? prends la parole.
Pardon, je prends la parole en premier et puis je passerai à mes collègues. Mais non, je je rappelle que je suis sous et que nous n'avons évidemment pas donner d'argent ou proposer d'argent à quiconque dans l'entourage de madame Dat fuse par fuse par un/ tiers. C'est je vous je démen cela catégoriquement et sousement.
Je passe la parole maintenant peut-être à Louis Milano Dupont qui a réalisé cette cette enquête sur madame Dati. Monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames, messieurs les députés, je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer sur sur ces propos et et je vais être très clair. J'ai bien conscience de vous répondre sousement aujourd'hui.
Jamais je n'ai monayé un témoignage ni même tenté de monayer un témoignage. C'est contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires et cela ne fait évidemment pas partie de nos pratiques. Jamais je n'ai fait appel à un/ers pour monayer un témoignage et je n'ai même jamais fait appel un/ers dans le cadre de cette enquête sur Achidaati.
Merci. Donc je je dois vous reposer la question. Vous n'avez donc vous contesté les propos précis que je cite parce que je ne veux pas déformer les propos ni de la ministre ni des vôtres.
Quand madame la ministre dit on est prêt à vous indemniser s'il le faut, vous nous dites sous serment que c'est faux. Oui, je maintiens évidemment que c'est totalement totalement faux. Euh vous m'avez demandé euh si j'ai des éléments euh en ma possession.
Euh pour être totalement transparent et parce que je suis sousment, euh j'ai reçu un mail euh il y a quelques jours d'un proche de madame Dat euh qui a vu l'audition de la ministre de la culture et qui s'est reconnu dans les propos qui ont été tenus ici et il affirme clairement que complément d'enquête ne lui a jamais proposé. d'argent et il m'a autorisé à en faire état ici devant la commission aujourd'hui. Je vais donc vous demander dans le cadre de cette commission d'enquête si le rapporteur l'accepte puisqueon est deux et que c'est lui qui qui a la décision finale de vous de nous communiquer ces documents.
Et par ailleurs, puisque madame la ministre a indiqué ici même qu'elle avait des documents qui pouvaient prouver ses dire, je demande à monsieur le rapporteur s'il souhaite que nous demandions à madame la ministre de la culture ces documents. Merci monsieur le président. Oui, je vous le confirme.
Je pense qu'il est bon de les demander. Très bien. Donc, au nom de cette commission d'enquête, je vais donc demander à monsieur Milano Dupont de me transmettre l'email qu'il a reçu et je demanderai donc à madame la ministre de la culture de bien vouloir nous transmettre les documents euh dont elle a connaissance et qu'elle a en sa possession euh selon ce qu'elle a indiqué ici même le le 7 février.
Je vous remercie. Euh je vais passer maintenant peut-être la parole à monsieur le rapporteur. J'avais une ou deux questions mais je vous les poserai tout à l'heure au moment de la prise de parole des différents groupes politique.
Merci monsieur le président. Merci messieurs. Merci madame pour votre participation cet après-midi.
Effectivement je pense que j'ai un certain nombre de questions à vous poser. On a aussi beaucoup de collègues qui sont là et qui ont je crois aussi nombre de de questions. Je vais vous demander et depuis le début vous avez été particulièrement synthétique.
Donc merci beaucoup. Ça tranche avec nombre d'auditions qu'on a eu jusque-l. Euh j'aimerais commencer cette audition d'abord par vous dire que je pense qu'on est tous, moi aussi très attachés à l'investigation notamment sur le service public.
Je le suis d'autant plus que depuis 3 mois, vous et moi, on fait en quelque sorte euh le même métier. Alors moi, ça ça durera pas autant que que vous. Et la différence entre vous et moi, c'est que je dispose quand même de nettement moins de moyens.
Si je fais un parallèle un peu audacieux sur les coûts que représente cette commission d'enquête par rapport au coût de vos émissions, j'ai pu apprendre que un complément d'enquête de 90 minutes dans les médias, donc ça coûtait à peu près 400000 €. Peut-être que vous pourrez nous confirmer ce chiffre, c'est-à-dire 270000 € par heure. Bon, ce qui est une somme importante.
J'ai essayé de voir aussi moi le coût que je pouvais représenter pour cette commission d'enquête. Jusque-là, on a eu à peu près 100 he de direct. Si j'enlève le coût de la régie euh et que je m'attache comme vous au seul coût de production entre mon salaire, le salaire de mes collaborateurs, je peux vous affirmer que chaque heure de direct de notre commission coûte environ 500 € et je ne compte même pas toutes les heures de préparation et même les nuits de préparation à rédiger ces questionnaires que que je vous pose.
On peut dire 1000 € si je prends aussi le président. Donc 1000 € par rapport à à 270000 € par heure pour un un complément d'enquête. Bon, vous voyez que la comparaison est peut-être un peu grossière, elle est un peu mais ça ça permet d'avoir quand même un ordre de grandeur parce qu'il y a beaucoup de Français aussi qui s'interrogent sur le côté.
Alle la question monsieur le rapporteur, en plus vous avez oublié le cachet de monsieur Ballard qui est très élevé, il est ancien journaliste. Allez, allez à la question monsieur rapporteur. Non, mais le le la question est et pardon si c'est un peu long, mais je vois aussi beaucoup de commentaires de Français qui se demandent le salaire d'un député et combien aussi cette commission d'enquête coûte et c'était une question simplement pour introduire sur le coup d'un complément d'enquête.
Comment est-ce que vous confirmez euh ce coût de 400000 € par émission et et quelle est votre impression sur le fait que par exemple une commission d'enquête coûte quand même nettement moins ? Je je vous laisse répondre et peut-être confirmer ou infirmer cette ce point. Vous m'entendez ?
Oui. Alors justement, comme on fait presque le même métier, vous savez que quand on est journaliste, on recoupe ces sources et ces informations et le chiffre de 400000 € que vous avez lu dans certains journaux est heureusement ou malheureusement totalement totalement erroné. On est même en prenant tout le le coût le coût global y compris mass salarial et compagnie.
On est plutôt sur 2 à 2,5 fois moins. Et euh encore ça c'est pour les les émissions les les plus chères. Il y a un tarif public en fait euh c'est tout à fait transparent.
C'est le c'est ce qui s'appelle le tarif SATV. C'est négocié entre France Télévision et les agence de production. Et on est alors en fonction de de du financement, je pourrais vous donner le chiffre exact si jamais c'est aidé ou non par le CNC.
On est entre 1700 € ou 1800 € la minute. Donc quand on fait des des 52 minutes, non des 90 minutes, des 52 minutes, on est à peu près à un peu moins de 100000 € le le reportage, ce qui est donc beaucoup moins que les les chiffres qui euh sur lesquels vous êtes appuyés, mais qui sont quand même élevés. C'est vrai que la télévision coûte cher.
Je pense que monsieur Ballard qui que j'ai côtoyé quand j'étais à TF1, il était à l'époque journaliste à LCI, la télévision ça ça coûte cher. Moi moi qui ai travaillé par exemple sur pour donner un ordre d'idée, je crois que vous avez fait la la campagne de monsieur Sarkozy en 2012. Moi, j'ai beaucoup travaillé sur l'affaire Big Malion. euh en moyenne un meeting donc avec les caméras euh euh et cetera, la captation vidéo, ça coûtait très cher, c'était environ 350000 € le meeting et même pour le le meeting de ville-pinte de de d'avril 2012, euh à lui seul, un meeting de 3h avait coûté 5 millions d'euros.
Donc oui, c'est vrai que le la télévision ça ça coûte cher et croyez-moi que on est vraiment on fait très attention à réduire au maximum les coûts à France Télévision et à Complément d'enquête aussi. Merci. Et je propose voilà qu'on continue je suis pas sûr qu'on puisse exactement comparer ni le métier de journaliste, ni celui de de députés, ni le coût de l'Assemblée nationale ni votre émission mais ça n'empêche pas de vous demander effectivement en transparence les coûts de votre émission parce que ça c'est l'objet de notre commission inquête et on a besoin aussi de comprendre avec monsieur le rapporteur et les députés présents aussi les questions de budget et c'est tout à fait normal et c'est voilà si je vous pose cette question précise sur le média training et les moyens mis à disposition par France Télévision pour coacher les personnes qui vont passé devant nous, c'est parce que vous avez réalisé le 18 janvier 2024 un numéro, un complément d'enquête entier à Jordan Bardella dans lequel vous avez dénoncé, c'était visiblement pour vous une affaire, le recours par Jordan Bardella à des séances de média training réglé avec ses indemnités.
Bon, vous avez visiblement voulu en faire une affaire. Pourquoi est-ce que vous ne faites pas une affaire de cette mise à disposition sur argent public de séances de coaching et de média training pour les salariés de France Vision qui en plus passent devant notre commission d'enquête ? Pourquoi il y aurait là un de poids de mesure ?
Alors, je pense que le choix des mots est important. On n' pas dénoncé le recours à une société de média training de Jordan Bardella. On imagine qu'il est loin d'être le seul à avoir des coachs et du média training.
On avait tourné une séquence parce que euh c'était Pierre Stéphane Fort, notre journaliste, qui avait euh réussi à convaincre de faire une interview à Pascal Humo qui était l'ancien coach de Jordan Bardella et qui était assez intéressant parce qu'il racontait comment au départ il l'avait pris très jeune et comment ils en avaient fait une une machine de guerre médiatique. Il y avait pas de jugement de valeur et c'est on le reverra sans doute plus tard pendant cette audition. Parfois euh on est suspecté parce que l'on parle de quelque chose de vouloir absolument dénoncer euh l'investigation c'est pas uniquement euh dire des choses qui sont euh négatives pendant euh 52 minutes.
Là il il s'agissait de montrer que Jordan Bardella et c'est bien normal faisait appel à une à une société de mé de médiia training et vous ne trouverez pas à mon avis dans ce reportage de manière négative de traiter de cela. C'était simplement parce que nous avions convaincu son coach de de nous parler, de nous révéler le contenu de ces séances que on en avait parlé. On aurait très bien pu faire un portrait de Jonathan Bardella sans évoquer le média training si le média de trainer si j'ose dire ne nous avait pas parlé.
Merci. Je propose qu'on avance. C'est très bien que J Bardella se prépare sérieusement.
C'est très bien aussi que vous soyez préparé sérieusement à cette commission d'enquête et vous allez pouvoir maintenant répondre sérieusement à toutes nos questions. Monsieur rapporteur, merci monsieur le président. Autre sujet, c'était le 21 septembre 2023.
Votre prédécesseur Jack Cardose qui présenté qui a présenté les compléments d'enquête de 2018 à 2021 a déclaré, je le cite, il y a certaines choses que je n'ai pas réussi à faire et en particulier cette enquête sur Jean-Luc Mélenchon. Il y a des amitiés au sein du complément d'enquête. Il y a des gens qui sont ouvertement d'extrême gauche et à qui cela pose un problème.
Fin de la citation. Lorsque vous avez succédé à Jacques Cardos quelques temps après, est-ce que vous avez constaté que certains de vos collaborateurs comme il le dit assumer ouvertement leur proximité idéologique avec l'extrême gauche et empêcher d'une certaine façon un reportage sur Jean-Luc Mélenchon ? Quels ont été est-ce que vous démentez formellement les propos tenus par votre prédécesseur monsieur Cardose ?
Merci. Alors, je ne sais pas pourquoi Jacques Cardos a dit ça. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est ce que j'ai vécu moi.
Et je n'ai absolument pas constaté la même chose. D'ailleurs, ça ça tombait mal et vous l'avez dit, il a dit ça le 21 septembre 2023, Jacques Cardos et début octobre, nous avons justement diffusé un long reportage en quête consacré à madame Sopia Chikirou qui était directrice de communication de de Jean-Luc Mélenchon. Et je crois que dans ce reportage même notre journaliste était traité d'out par Jean-Luc Mélenchon, ce qui peut montrer l'absence totale de de proximité entre les équipes de complément d'enquête et et la France insoumise.
Donc voilà, ce reportage a été diffusé 10 jours après les propos de Jacques Cardos et évidemment vous savez que une investigation ça dure de longs mois. Donc il était je pense que depuis le début de l'année au moins notre reporter travaillait sur ce reportage là. Euh donc non, il n'y a aucune euh indulgence de la part de la rédaction de complément d'enquête à l'égard de la France insoumise.
Et par ailleurs, je vous parlais de ce portrait de Sopia Chikirou. Nous avons également euh l'année dernière, je dirais au mois d'avril mai, diffusé un autre reportage consacré à à Jean-Luc Mélenchon dont le titre était La lutte finale point d'interrogation. Euh donc la France insoumise comme toutes les autres formations politiques fait l'objet de nos investigations.
Merci monsieur le rapporteur. Oui, dernier dernier point sur cette question. Effectivement, il y a un complément d'enquête qui est paru sur Jean-Luc Mélenchon le 23 avril 2025.
C'était près de 4 ans après le départ de de Jacques Cardose. Donc il a fallu 4 ans après son son départ. Je je note hein que Jordan Bardella, lui a eu son complément d'enquête dédié euh le 18 janvier 2024.
On était 5 mois à peine avant les élections européennes. Euh vos magazines sont très suivis et donc je pense que vous reconnaîtrez l'impact politique qu'il peut avoir encore plus dans un contexte électoral. Pourquoi alors avoir attendu autant de temps pour traiter la personne de Jean-Luc Mélenchon alors qu'il était en politique 25 ans avant la création de l'émission de complément d'enquête qu'il a qui s'est présenté à trois élections présidentielles ?
Pourquoi avoir attendu autant de temps et pas avoir attendu autant de temps pour Jordan Bardella ? Non, alors je pense qu'il y a une manière un peu pas tout à fait euh comment dire poliment si on reprend les choses de manière très factuelle. Euh le le reportage par exemple sur Madame Chikirou euh a été diffusé avant celui de Jordan Bardella.
Donc euh si vous étiez un rapporteur, insoumis, peut-être vous me diriez "Ah bah pourquoi vous avez fait Jordan Bardella après madame Chikirou Encore une fois, ce portrait de Sopia Chikirou s'intéressait à l'enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, un dossier très sensible au sein de la France insoumise. Donc vraiment, je vous dis ça parce que c'est la vérité, à savoir que le calendrier n'est absolument pas décidé pour essayer de favoriser les uns les autres. On fait les reportages les uns après les autres et il y a eu des reportages sur la France insoumise avant qu'il y a un reportage sur monsieur Bardella.
Je crois que c'est un reportage diffusé sur Mikiro en 2020. 3 Allô ? Oui, pardon.
Enfin, allô. Non, octobre 2023 effectivement, mais encore une fois, on ne fait pas que le RN et LFI. Je veux pas laisser croire ça à l'Assemblée.
On a regardé, moi j'ai pris les renes de complément l'enquête il y a 5 saisons. C'est ma 5e saison. En 5 saisons, on a fait 10 portraits politiques et en fait on est on est sur une égalité parfaite.
Je vous fait dans l'ordre ce qui pourrait être l'hémicycle. On a fait effectivement Jean-Luc Mélenchon, Sopia Chikirou, Sandrine Rousseau, Annie Dalgot, Édouard Philippe, Alexis Coler, Éric Duporetti, donc Alexis Coler secrétaire général de ancien secrétaire général de l'Élysée, Éric Dupont Moretti, madame Rachida Dati et Éric Zemour, Jordan Bar Jordan Bardella. Donc on a vraiment autant de personnes à gauche qu'à droite qu'au centre.
Si je résume en gros deux par bloc quoi à peu près. Merci monsieur le président. Bon visiblement je crois qu'on a pas les même chiffres.
Euh j'ai regardé avec mes équipes les numéros consacrés à des personnalités politiques depuis 2020. J'en ai noté, on en a noté h numéros pour des personnalités droites. Eril Zemour, Rashidati, Jordan Bardella et cetera.
On en a parlé. Sans compter d'ailleurs les 10 numéros consacrés à des personnalités de droite étrangère. Donald Trump, euh Benjamin Netaniaahou, Elon Musk ou à des organisations considérées comme de droite, CS, le puit du fou, le Rassemblon national.
Dans le même temps, vous n'avez consacré que quatre magazines à des personnalités du centre et encore il y en a certaines qui sont plutôt de de centre droit comme Édouard Philippe. Également quatre émissions à des personnalités de gauche. Vous voyez 10 d'un côté pour la droite sans compter enfin 8 pardon pour la droite sans compter les 10 pour la droite au niveau international 4 pour le centre 4 pour la gauche.
Comment est-ce que vous expliquez ce déséquilibre et sans susciter une éventuelle polémique ? Est-ce que vous pouvez nous dire comment vous actez et vous décidez de la façon la plus pluraliste possible les sujets de vos enquêtes quand il s'agit d'enquête sur des personnalités politiques ? Pardon, votre question est très intéressante parce que c'est un pourriez venir en en conférence de rédaction avec nous, c'est un souci constant, c'est-à-dire que on se dit non seulement on doit faire preuve d'une parité parfaite, mais euh même en apparence, il faut surtout pas donner l'impression que c'estd que non seulement on est on respecte la parité, la pluralité, mais surtout on on fait très attention à à l'image que l'on peut renvoyer.
Si si je peux me permettre, je pense que vos chiffres sont pas tout à fait exacts. Tous nos de nos la liste de nos documentaires sont en ligne et je peux vous dire que sur les 5 saisons depuis que je suis arrivé, on est à 10 portraits politiques et ces chiffres sont incontestables et je voilà, on pourra vous transmettre également à la commission si vous le souhaitez, mais je suis certain de mes chiffres parce que justement on s'est préparé ces ces derniers jours. Ensuite, vous vous élargissez au puit du fou qui serait du coup un sujet contre la droite et cetera.
Dans ce caslà, si vous faites cette comptabilité là, moi je peux vous rétorquer qu'on a fait aussi un reportage, une enquête sur EMAUS qui est a priori pas une organisation de droite. On a fait un complément d'enquête sur WWF qui est une ONG environnementaliste. Donc voilà, les chiffres encore une fois, les statistiques, on peut tout leur faire dire.
Nous, on a le souci constant euh de de d'être pluraliste et de ne pas apparaître comme étant des journalistes plus d'un bord que d'un autre. Et c'est vraiment notre réalité. Un souci vraiment, je vous le garantis, je vous le dis soument quotidien tous les jours à complément d'enquête.
Merci. Je pense que c'est important de classer les responsables politiques effectivement gauche droite, mais je pense qu' on est peut-être pas obligé dans cette commission d'enquête ici de classer WWF de gauche ou le plusifou de droite. Je pense que voilà, contentons-nous de effectivement de regarder ce que fait le rapporteur d'ailleurs sur les reportages politiques et vous nous dites et on le vérifiera, on vous fait confiance en tout cas je pense que le rapporteur vous fait confiance que il y a 10 il y a donc il y a eu 10 reportages politiques depuis que vous êtes arrivé et c'est ce que vous nous avez décrit donc deux par bloc quoi.
Euh voilà et et parfois on a des reportages qui en affichage ne sont pas politiques. Par exemple, on avait fait un portrait de madame Hidalgo euh euh candidate socialiste à la présidentiel en septembre 2021 il me semble. Euh mais par exemple, il y a 2 ans, on a fait un reportage sur le les JO par exemple et il y avait la polémique, vous souvenez, du voyage à Tahiti de madame Hidalgo qui a fait l'objet d'une d'une longue séquence de notre reportage.
Donc voilà, vraiment il y a pas de pas de partie prix quelconque sur aucun des sujets, même quand en affichage, ce n'est pas un sujet politique. Merci monsieur le rapporteur. À part, pardonnez-moi, monsieur le rapporteur, je voulais juste rajouter un petit détail qui peut être intéressant parce que j'ai le listing des sujets.
Je voulais juste vous dire que en décembre 2020 quand Jacques Cardos présentait complément d'enquête, un reportage a été fait dont le titre était LFI est-il islamogauchiste ? Donc juste pour vous préciser que toutes les toutes les tendances politiques étaient je Ouais. OK.
Si le rapporteur est d'accord, je pense qu'on avance pour éviter de compter les numéros précis sur LFI et sur le Assemblée nationale. Voilà, on le vérifiera. Envoyez-nous si vous si vous me le permettez, envoyez-nous la liste des voilà comme ça on pourra le donner au rapporteur et pour regarder précisément.
Merci monsieur le président simplement hein parce que je je vois que ma question peut être un peu un peu contesté. Vous me direz si j'étais ça pourrait être par écrit hein sur les personnalités politiques de droite qui ont été traitées donc que je vous ai donné. On a donc Annie Dalgot, Jean-Luc Mélenchon, Sopia Chikirou, Sandrine Rousseau.
Quatre de gauche, c'est incontestable. Au centre, on a Édouard Philippe, Monsieur Dupont Moritti, Alexis Coler trois du centre et à droite là pareil je pense c'est incontestable Eil Zlemmour, Rachid Adati, Nicolas Sarkozi, Jordan Bardella, Monsieur Guerrio, le sénateur Elon Musk, Netaniaou, Trump trois fois et je crois que il y a eu aussi un sujet sur l'affaire Big Malon. Bon voilà, c'est c'était aussi pour apporter un peu la transparence sur comment j'avais fait avec mon équipe les comptes sur sur ce classement.
Je je vous laisse répondre. Allez-y, je vous en prie. pour le coup, monsieur le rapporteur, que tout le respect que je vous dois, vous avez parfois une manière de poser les questions en en disant des choses pas tout à fait exacte. par exemple, vous comptabilisez euh vous dites qu'on a fait un reportage sur Joël Guerriot euh donc de droite euh non c'est un reportage sur des affaires de harcèlement au Sénat et je pense que la plus grosse séquence enfin à vérifier je suis sous serment donc je je je parle prudemment mais une des principales séquences on va dire de ce reportage là c'était l'affaire Esther Ben Bassa qui est une ancienne sénatrice Europe écologie les verts.
Euh considérer qu'un reportage dans les dans lequel on s'intéresse autant à des personnalités de gauche que de droite serait un sujet contre la droite, je pense que ce n'est pas tout à fait honnête et et de bonne foi. C'estàd que on fait attention à l'équilibre de nos portraits, de ce que l'on met à l'antenne sur une saison entière, sur plusieurs saisons, mais aussi à l'intérieur d'un reportage. Il était pas question quand on a fait notre enquête sur le Sénat de s'intéresser uniquement à des sénateurs de gauche ou de droite.
Voilà, on a enquêté à droite et à gauche comme on le fait toujours. Bon, si vous avez raison, si on enlève celui sur le sénateur Guerriot, ça en fait quand même 10 de droite. Celui Nicolas Sarzyv d'ailleurs a été rediffusé et je je constate que les rediffusions sont portes souvent sur des personnalités de de droite.
Non, mais ce que je pense c'est important qu'on qu'on soit vraiment exacte he sur le traitement des personnalités politiques. L'une des dimensions de cette commission d'enquête, c'est aussi de vérifier le respect du pluralisme sur les émissions et magazines du service public. Bon, une façon de le voir pour votre émission, c'est de voir le nombre de personnalités politiques qui ont été traitées sur les quatre ou cin dernières années.
Personnalité de droite, je pense que c'est incontestable. Si on l'enlève, je le cons, ça en fait plus de 10. Du centre, ça en fait trois et de gauche, ça en fait quatre.
Alors, allez-y. Voilà. Mais mais vous pourrez nous répondre si vous voulez encore en complément.
Non, je je vais encore vous répondre parce que si vous voulez, on peut les prendre un par un mais je vous ai pris l'exemple de Joël Guerriot, mais je pense que de ventre ou du puit du fou, on peut les prendre un par un et à la fin vous reverrez qu'on descendra et qu'on sera D'accord. Mais typiquement Nicolas Sarkozi, on a jamais fait de portrait de Nicolas Sarkozy. Je crois que vous devez confondre avec peut-être un un un sujet qu'on ait fait sur l'opération Mimi Marchand pour voilà dans le casre de l'affaire libyenne et le le la une op une affaire judiciaire qui est aujourd'hui euh dont l'instruction est terminée euh concernant un des suspicions de faux témoignages de Ziad Takéin.
Donc voilà, on n'est pas non plus sur un portrait de de Nicolas Sarkozi. Dans ce cas-là, il faudrait aussi comptabiliser dans votre comptabilité très subjective le fait que l'on a traité de la polémique du voyage d'Anidalgo à Tahiti. Si vous voulez encore une fois, on pourrait reprendre et vous nous disiez qu'on pouvait vous transmettre les les documents, tout est en ligne.
Donc vous pouvez voir, vous pouvez même la plupart de nos reportages sont encore en replay. Donc vous pourrez regarder même à l'intérieur euh le contenu réel de ces reportages. Si si le rapporteur est d'accord, je propose qu'on qu'on avance.
Et puis c'est important, peut-être vous l'avez pas dit, mais j'imagine et que le journaliste d'investigation est basé donc sur l'investigation. S'il y a plus de mains de personnalités LFI ou de gauche qui nécessite une investigation, vous le ferez. S'il y en a plus à droite, a plus dans mon parti ou dans le parti du rapporteur.
Bon, j'imagine que c'est aussi fonction des des des enquêtes que vous menez. Voilà, c'est pour essayer de comprendre que je pose cette question. C'est ça aussi qui au lieu de compter les points.
C'est c'est c'est le cas. Mais justement alors c'est sûr qu'aujourd'hui on est dans une dans une séquence où il y a une poussée dans l'opinion et sur les chiquers politique de de la droite et de l'extrême droite mais néanmoin on fait attention s'astreint à respecter une certaine forme d'équilibre parce que il y a aussi des choses à investiguer du côté de l'opposition de la gauche y compris il y a pas des des gentils et des méchants, il y a des même des ONG, c'est ce sont des champs d'investigation et pour ça pourra peut-être éclairer un peu le monsieur reporteur, on a là, j'ai j'ai la la fiche concernant tous les invités qui sont venus dans les fauteuils rouges depuis septembre 2024. Alors, on a 11 personnes de la société civile, six ministres et ensuite neuf politiques qui sont qui ne sont pas des ministres et on a eu deux Rassemblement nationals, deux LR, une ancienne PS, un nom inscrit ancien Renaissance, monsieur Oullier, une LFI et un ancien ministre UMP.
Donc voilà, on a même dans les dans dans les les fauteuils rouges ou dans les séquences, on ne donne pas moins la parole à la droite ou à la gauche. On essaie de respecter autant que faire se peut le meilleur équilibre possible. Croyez-moi que c'est vraiment un souci constant.
On a on a vraiment ça en tête. Merci pour pour votre réponse. Mais je note une forme de sensibilité sur sur ma question là et encore une fois tout est vérifiable.
J'avais cité Anniealgo, vous avez parlé de de l'affaire de Tahiti, je l'ai cité pour les quatre personnalités de gauche que vous avez couvert et pour Nicolas Sarkozi, vous me dites "C'était pas un portrait de Nicolas Sarkozi, c'était un sujet sur l'affaire Sarkozi", l'affaire je crois libienne. Bon euh c'est c'est même voyez je je pense que c'est quand même lié à la à la personne de Nicolas Sarkozy. Ce travail par mes équipes a été fait de façon, je crois, assez exhaustive. 10 personnalités de droite, trois du centre, quatre de gauche.
Je vous laisserai vraiment mais je pense qu'il est bon de d'avancer mais je je je pense j'ai du mal à voir pourquoi c'est aussi sensible. Sachant que c'est pour nous un sujet qui est essentiel qui est celui du choix et de comment sont déterminés. D'autant plus que votre prédécesseur monsieur Cardose expliqué le 21 septembre 2023, je vais le citer encore, "France Télévision aujourd'hui n'est plus à mon sens un groupe public neutre." Donc vous voyez que c'est assez grave hein, je reprends la citation.
Si je prends la parole aujourd'hui, c'est pour libérer un certain nombre de journalistes à France Télévision qui me disent "Ce n'est plus possible, on est dirigé par des idéologues." Il a occupé la même place que vous. Il aurait pu d'ailleurs à votre place nous répondre s'il était encore en poste jusqu'ici.
Qu'est-ce que vous répondez à monsieur Cardose ? Est-ce que pour vous, il y a aucun sujet sur le respect pur et parfait de la neutralité chez France Télévision ? Pardon.
Merci pour votre question. Alors vraiment si on vous donne l'impression que c'est une question sensible, c'est qu'on ne sait pas bien se faire comprendre parce que ce n'est absolument pas sensible. Au contraire, on s'attache à ce qu'il y ait un pluralisme absolu concernant nos émissions.
Je veux vous répondre, je suis désolé, on est obligé de rentrer dans ça fait vraiment des calculs d'épiciers, mais vous avez une nouvelle fois vous trompé une nouvelle fois concernant Annie d'Algo, il y a eu d'une part son portrait dans lequel on a on est on a enquêté sur la gestion d'autib, les déchets, les embouteillages à Paris, enfin vraiment des dossiers qui sont pas forcément très positifs pour madame la maire de Paris. Euh et on a ensuite 2 ans plus tard, on est revenu dans une autre émission sur les JO longuement sur la polémique de euh du voyage à Tahiti. Donc voilà, encore une fois, je pense que vous avez une manière pas forcément euh très objective de comptabiliser.
Nous, on essaie de l'être au maximum et je pense que ce serait bien que vous fassiez preuve de la même honnêteté. Encore une fois, je je vous dis pas ça parce que je n'y crois pas, j'y crois comme faire. Vous pouvez demander à mes équipes qui sont à côté, c'est un souci constant et encore une fois nos chiffres et toutes nos émissions sont en ligne.
Vous pourrez le vérifier si vraiment vous pensez que comme semble l'avoir cru un certain à un certain moment Jacques Cardos que des formations politiques seraient protégées. Ce n'est pas la réalité. Donc oui, ce qu'a dit Jacques Cardos, j'ignore pourquoi il a dit ça, mais ce n'est absolument pas ce que moi j'ai constaté en tant que rédacteur en chef de complément d'enquête et plus largement depuis que je suis à France 2, c'est-à-dire depuis 12 ans.
Bon, on on va on recevra la liste si monsieur Rapportur est d'accord. Effectivement, on peut on peut avancer. Merci pour vos réponses.
Il y a bien d'autres sujets importants qu'on qu'on méritent d'être évoqués. Un autre sujet, le fameux rapport du CDEAT. Dans ce rapport page 86, on s'aperçoit que parmi les vacations chez France Télévision, c'est-à-dire parmi les journalistes qui travaillent momentanément pour complément d'enquête, il y en a seulement 20 % qui viennent de France 2 et 10 % de France 3.
Ça démontre, c'est ce qu'on peut lire dans le rapport, la grande difficulté des journalistes d'intégrer votre émission. Comment est-ce que vous l'expliquez et qu'est-ce que vous attendez exactement d'un journaliste qui rejoint votre rédaction ? Merci monsieur le rapporteur pour cette question.
À complément d'enquête dans notre rédaction. Effectivement on est très ouvert à la venue de journaliste de la rédaction du journal télévisé. Il y a des détachements de temps en temps assez réguliers et qui viennent indifféremment des des différentes des différentes rédactions.
Il y a pas du tout de choix en fonction de France 2 ou France 3. Nous, on aimerait d'ailleurs accueillir plus de journalistes en détachement. Malheureusement, comme vous le savez, euh il y a beaucoup de travail à France Télévision et notamment beaucoup de travail pour nos confrères du journal télévisé et on ne peut accueillir tout le monde.
Bien, nous on a une rédaction stable de neuf journalistes en interne et de temps en temps un détachement et malheureusement effectivement les places sont sont peu nombreuses mais la rédaction est ouverte à tout le monde bien évidemment. Je vous remercie pour votre réponse monsieur W. J'ai j'ai retrouvé alors c'est pas un travail d'archéologue hein.
C'était il y a pas si longtemps, c'était le 8 décembre 2022. Vous avez déclaré au médias pur média, je vous cite, nous ne faisons que des sujets à emmerde. Alors ça m'a interpellé, ça m'a amusé aussi.
Est-ce que vous pourriez nous définir ce que c'est qui un sujet emmerde ? Et au-delà de ça, au-delà de de de ce trait d'esprit, comment est-ce que vous procédez au choix des sujets ? Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu de l'intérieur à quoi ressemble une conférence de rédaction et comment à la fin vous arbitrez ?
Tout à fait. Non. Alors effectivement, c'était une une formule pour dire que quand on fait des reportages, c'est ce que je disais en propoliminaire, parfois on bouscule, on dérange, on s'intéresse en fait à tous les pouvoirs que ce soi des justement des pouvoirs médiatiques, des pouvoirs économiques, des pouvoirs politiques.
Et justement comme on a pas de comme on a pas d'amis euh on a pas d'ennemis non plus, mais voilà, les amis d'un jour sont les ennemis de du lendemain. Voilà, nous on travaille en toute indépendance et effectivement les reportages que l'on fait peuvent susciter soit des des poursuites judiciaires, des des petits coups de pression ou autres. Et voilà, quand je disais cette formule voulait dire que on avait des sujets qui en général secouaient et que bah c'était le prix à payer.
Quelque part quand on fait de l'investigation, on sait que il faut être un petit peu mao si si j'ose dire. Comment on choisit nos reportages ? C'est c'est assez simple.
En fait, on a tous les lundis matins une conférence de rédaction où l'équipe de reporter euh raconte ce qui est dans dans l'actualité, les rend compte des discussions du weekend et on on essaie de dégager une sorte d'unanimité ou de voilà prise de décision pour partir sur tel ou tel reportage. On tient compte hein pour revenir à vos à vos préoccupations de tout à l'heure de de ce souci de de d'être équilibré dans le traitement de l'actualité, de ne pas investiguer toujours les les mêmes champs, de d'être pas que sur de la politique. Si vous regardez nos reportages, pareil, tout est en ligne.
On s'intéresse aussi au au aux préoccupations des Français, c'estàd qu'on va faire des reportages et des enquêtes sur le craque, sur le prix des billets de la SNCF, sur le prix de l'électricité, sur les OQTF, sur voilà tous les toutes les discussions qui font l'actualité. Ce qui est particulièrement difficile, c'est qu'on fait de l'investigation, mais on est aussi une émission hebdomadaire. Donc, il faut qu'on arrive à à trouver le bon équilibre entre euh lancer des sujets qui seront dans l'air du temps quand le sujet sortira.
Donc ce qui nous amène parfois à accélérer euh certaines certaines sorties et publications. Très récemment, on a fait par exemple une longue investigation sur le le poulet de supermarché euh le poulet qu'on achète. C'est de savoir quelles étaient les les conditions sanitaires d'un point de vue nutritif parce que je pense que c'est quelque chose qui peut intéresser les gens de savoir euh ce que ce que ce qui ce que les gens ce que les Français mangent. et euh on a accéléré sa diffusion parce que ça nous permettait de euh de de coller à la crise agricole qu'il y a eu en début d'année.
Et euh effectivement dans ce reportage, il y avait aussi on parlait aussi de la condition des agriculteurs. Et donc ça nous permet parfois d'être à la fois sur de l'investigation, sur du temps long euh tout en ayant les capacités d'accélérer quand l'actualité nécessite. Par exemple, quand il y a eu la guerre en Ukraine, on a fait en 10 jours un portrait de Volodimir Zelinski.
Je sais pas d'ailleurs comment il était comptabilisé tout à l'heure de droite ou de gauche dans votre comptabilité sur les les portraits internationaux. Euh mais voilà, on a tous nos journalistes ont posé leur stylo comme on dit et on s'est tous mis comme une équipe à fond pour euh faire un un portrait de Volodimir Zelenski qui est une vraie plus-value. Euh quand il y a eu les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre, euh c'est pareil, on a fait un une longue investigation sur le Hamas qui a été fait en un temps record de semaines plus tard.
On était en Israël avec les fauteuils rouges là-bas sur place avec un une vraiment une enquête formidable sur sur le Hamas. Donc voilà, on est on est à la fois sur le temps long, parfois des sujets qui mettent quasiment un an à aboutir et parfois on est capable aussi de sortir en travaillant nuit et jour pendant pendant 10 jours des des investigations qui sont vraiment très fouillées. Je vous remercie pour votre réponse.
Je me permets de de rebondir. Vous avez évoqué dans votre réponse que vous étiez aussi parfois soumis à certains coûts de pression, ce qui peut être normal pour des magazines d'investigation. Est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont les éventuelles pressions que vous avez déjà un jour subi, qu'elles soient externes ou internes, elles sont euh multiples et je voudrais pas dire euh banales, mais en fait quand pour poser la question à Louis Milano Dupont qui est là avant son portrait de Rashidati, il a fait par exemple un un portrait de de Yevgeni Prigogin, patron de Wagner pareil, je sais pas comment on le comptabilit utilise ce portrait politiquement, mais on a fait un portrait de de Prigogine qu'a réalisé Louis et Louis a reçu des mémocaux de Prigogine en personne euh bah le menaçant de mort très clairement.
Donc ça peut être ce genre de choses à partie sur les réseaux sociaux, ça peut être des courriers juridiques qui sont envoyés. Voilà, les pressions, elles sont euh elles sont multiples. Encore une fois, je vous je vais pas vous dire que c'est normal, ça fait partie du jeu, mais quand on fait de l'investigation, on sait qu'on bouscule certains intérêts et que bah les personnes tout le monde n'est pas forcément content de votre enquête et ça peut être ce genre de euh ce genre de pression qui peut s'exercer.
Merci beaucoup. Merci monsieur le président. Euh dernier rebond sur votre sur votre réponse, vous expliquez que vous avez réalisé un numéro sur l'Ukraine.
Ils lu également nous disait, je crois que on l'a interrogé hier ou avant-hier, qu'elle avait également réalisé un numéro sur l'Ukraine. Et quand je l'ai interrogé sur l'affaire Epstein alors que en France on a appris les liens entre Jack Lang et Jeffrey Epstein dès octobre 2020 et que je n'ai vu aucune émission d'Élise Luuis octobre 2020 traité de Jack Lang et de ses liens avec Jeffrey Epstein. Elle l'a justifié en me disant "J'ai essayé de me positionner récemment pour traiter le sujet mais il y a une concurrence interne.
Monsieur Walex s'est aussi positionné, il en a eu la primeur. Pourquoi dans le cas de l'Ukraine, vous êtes tous les deux à traiter du même sujet et dans le cas des liens de Jack Lang avec Jeffre Epstein, en fait il doit il doit y avoir qu'un seul magazine qui doit sortir et c'est le c'est le votre comment est-ce que vous expliquez ce deux poids de mesure ? Alors si si on se remet dans le dans le le à l'époque de la guerre en Ukraine, les première semaine, je sais pas si vous vous souvenez, mais c'était vraiment un coup de tonner géopolitique euh et effectivement, il était normal qu'envoyé Spécial fasse des reportages sur l'Ukraine et il y avait tout à fait la place aussi pour réaliser une investigation à portrait de Volodomir Zelenski.
On avait même fait ce soir-là une spéciale Ukraine, ce qu'on appelle une verticale, c'est-àdire qu'on a envoyé spéciale qui passe à 21h et ensuite complément enquête à 23h, on a fait une ce qu'on appelle une spéciale Ukraine euh et ce qui vu le le l'intérêt géopolitique euh paraissait paraissait tout à fait justifié. En revanche, non, c'est effectivement intéressant ce que vous dites sur on a le souci de l'utilisation de l'argent public et il y a très souvent des arbitrages entre ce qui va relever d'une enquête de d'envoyé spécial et une enquête de de complément d'enquête. J'ai regardé attentivement votre justement votre audition de madame Lucé mardi et vous lui avez dit "Regardez, vous n'avez pas fait de reportage sur Gérard Miller, monsieur Epstein, Tarik Ramadan et Olivier Duamel." Et effectivement, pas de chance sur les quatre.
Jer Miller, je crois qu'elle vous l'a dit mardi, avait avait enfin langue euh Jeremiller avait été traité par avait été traité par complément d'enquête et les trois autres donc par envoyé spécial, pardonnez-moi, euh en revanche Complément d'enquête a fait une enquête sur la FE Repepchine, a déjà investigué sur sur Jack Lang et il y en a un deuxième qui est en cours et notre journaliste Virginie Villard a réalisé encore hier un reportage de 18 minutes que je vous invite à regarder très intéressant au journal de 20h et on a également à complément d'enquête fait euh un portrait de Tarik Ramadan et de monsieur Duamel. Donc voilà, il y a des arbitrages à France Télévision. On est très soucieux de l'utilisation des deniers publics.
On sait qu'il peut y avoir ben parfois des sujets qui peuvent être commun entre les deux émissions. Et il y a un arbitrage de la direction de l'information qui dit bah ça ça relève plutôt d'envoyé spécial, plutôt de compléments l'enquête mais il y a évidemment aucun angle mort et évidemment que l'affaire Epstein est une affaire tentaculaire sur laquelle nous avons fait un formidable reportage l'année dernière. il est toujours en ligne.
Euh Virginie Villard est notre journaliste de complément d'enquête est considérée comme une des plus grandes spécialistes de la Ferpstehtin et pas uniquement en France. Elle a des demandes de de du monde entier. Elle a retrouvé lundi, vous pouvez le regarder dans dans le journal de 20h, elle a retrouvé euh l'une des personnes suspectées d'être le rabatteur français de Jeffrey Epstein.
Quant à la je devance votre peut-être une question que vous me poserez pas mais à l'indulgence dont on pourrait faire preuve à l'égard de Jack Lang par exemple, c'est pour vous signaler que on a fait par exemple un reportage à complément d'enquête il y a 4 ans sur les liens entre les artistes et les politiques et on avait une grosse séquence qui s'intéressait à Jack Lang et la manière dont il avait euh accordé des faveurs fiscales à des artistes en échange de leur soutien aux socialistes et à François Mitterran et l'interview ne s'est pas très bien passé. Il a même mis fin à l'interview en mettant notre journaliste dehors. Donc voilà, je crois qu'il y a on peut pas suspecter complément l'enquête de la moindre complaisance à l'égard de Jack Lang et à l'égard de Kikong.
D'ailleurs, merci pour votre réponse et effectivement ma question était adressée à madame Lucé et au magazine qu'elle qu'elle produit, qu'elle propose à savoir envoyer spécial et cach investigation. C'était d'ailleurs le la liste que je lui ai faite la concerné et ne vous concernait pas. J'ai simplement été surpris lorsqu'elle me disait que il y avait un arbitrage pour motif d'utilisation d'argent public sur les liens entre Jack Lang et l'affaire Epstein entre vous et madame Luis.
Sachant que vous venez de nous dire, c'était la raison de ma question que pour l'Ukraine par exemple, vous aviez réalisé une enquête quasiment en tout cas dans à la même période que madame Lucé. Donc voilà, c'est cette contradiction que je voulais mettre peut-être en avant pour mieux comprendre les choix de de rédaction entre vos vos deux vos deux émission. Eu si vous me le permettez, je je vous propose qu'on qu'on peut-être qu'on pose quelques que je pose quelques questions sur vos méthodes et notamment la déontologie.
J'ai déjà posé quelques questions à madame Lucé sur le sujet. Je vais prendre un exemple, c'était le 7 septembre 2023. Vous avez diffusé une édition, donc un magazine de compléments d'enquête intitulé Histoire, argent pouvoir de points, les vrais secrets du puit du fou.
Et on apprenait selon le JDD du 10 septembre 2023 que pour avoir le droit de tourner au sein du parc du puit du fou, vous aviez annoncé aux organisateurs un tout autre titre, le puit du fou, les dessous d'un succès à la française. Donc quand même très amélioratif. Vous connaissez, je pense, l'article 4 de la charte de Munique qui est d'une sorte de Bible un peu pour la les journalistes du monde entier.
Il implique, je le cite, de ne pas user une méthode déloyale pour obtenir des informations, des photographies ou des documents. Euh pourquoi est-ce que vous avez d'une certaine façon menti sur le titre de l'émission pour accéder au coulisses et et au parc ? Et pourquoi ne pas avoir simplement révélé dès le début le titre et l'objet exact de votre enquête ?
Alors, les titres sont pas toujours fixés très en amont. Donc, je je j'ignore quel titre vous faites référence. Est-ce que c'était un titre de travail ?
Je vois pas une énorme différence en plus entre les deux titres que vous annoncez. En tout cas, ce qui est certain, c'est que on a fait preuve d'une transparence et d'absolument aucune desloyautés conformément à nos principes et à nos charte. C'est-à-dire que les équipes du puit du fou savaient que c'était un magazine qui se tournait pour complément d'enquête et avec ce souci constant du contradictoire.
C'est-à-dire que le reportage, notre reporter a pu pendant plusieurs fois et pendant plusieurs semaines tourner au sein du parc du Puit du Fou et moi-même et j'ai eu l'honneur de pouvoir installer les fauteuils rouges à l'intérieur du parc du Puit du Fou et de faire une longue interview de Nicolas Devil, le le président de du Puit du Fou. Donc pour le coup, tout s'est absolument bien passé et conformément à nos règles déontologiques. Merci pour votre Attends, je dis juste j'indique au rapporteur pas le prendre par surprise que ensuite je vais passer la parole au groupe politique.
Donc je vous laisse poser encore une ou deux questions. Ensuite je poserai la parole au au députés représant les groupes politiques. Puis je vous redonnerai la parole ensuite monsieur le rapporteur après les interventions des trois groupes politiques présents.
Merci monsieur le président. Euh alors, un autre exemple sur la déontologie qui euh a a fait couler beaucoup d'encre. C'était le 20 janvier dernier.
Vous avez diffusé un numéro de complément d'enquête intitulé rumeur et coup tordu la guerre secrète France-Algérie. Dans la bandeannonce de ce numéro figuré, on a pu le voir, une interview de Xavier Driancour, ancien ambassadeur de France en Algérie entre 2008 et 2012 et 2017 et 2020. Monsieur Driancour est précisément réputé pour faire preuve d'une grande lucidité quant à son expérience d'ambassadeur.
Il ne manie pas la langue de bois sur les lation les relations entre la France et l'Algérie. Je crois d'ailleurs que vous l'avez interrogé plus de 2h pour un entretien très long qui devait figurer pour certains morceaux dans votre numéro de complément d'enquête. Pourtant le jour de la diffusion, l'interview de cet ancien ambassadeur n'y figure plus.
Aucune trace. Elle a été coupée au montage et remplacée par une interview de l'actuel ambassadeur, monsieur Romaté. Euh, il semble que cette interview déranger puisque le jour même de la diffusion de votre complément d'enquête, l'agence de presse officielle d'Alger, la PS, a insulté l'ambassadeur Driancour en le qualifiant d'ex faux diplomate, d'agiter, atteint d'une véritable pathologie nommée l'Algérie et enfin d'hommes sal.
Euh pour reconstituer la chronologie, le 22 janvier, l'émission a été programmée pour 23h. À 14h35, une dépêche de l'agence de presse algérienne critiquer France 2 qui donnait la parole à un faux diplomate et un homme sale, monsieur Drancour. à 21h29, soit 1h30 avant l'émission, Algérie patriotique annoncé la coupure de l'émission et la suppression de du passage de monsieur Droncour remplacé par le nouvel ambassadeur.
Bon, cette chronologie, je crois est factuelle et je vous laisserai y répondre. Pourquoi est-ce que vous avez décidé de censurer l'ambassadeur Xavier Driancour qui vous a répondu pendant plus de 2 heures et qui figurait d'ailleurs sur la bandeannonce de votre émission ? Alors euh encore une fois, je crois le le choix des mots est est très important et je crois que vous vous le savez, monsieur le rapporteur, il n'y a pas eu de censure.
Je suis d'accord avec vous sur un point. Euh les faits euh et la chronologie euh montre tout et montre que votre raisonnement n'est pas le bon. Effectivement, il y a eu une dépêche, si vous le dites, de l'agence de presse algérienne le jeudi après-midi, compte tenu de nos processation, le jeudi après-midi, euh les émissions sont terminées.
Donc, on avait pas le moyen de retirer euh le l'interview de monsieur DRI en cours. Euh, il n'a pas été censuré, il n'a même pas été monté. Il a il est apparu effectivement dans cette bandeannonce qui était bien la preuve que on n' pas voulu dissimuler le fait qu'il avait été interviewé.
C'est quelque chose qui arrive très fréquemment dans nos reportages. Euh, on interview souvent euh plusieurs dizaines de personnes et à la fin pour des questions de format, de place, euh, on est obligé de faire un choix entre plusieurs plusieurs intervenants. C'est quelque chose vraiment de de très courant et quiconque a déjà monté un documentaire pourra vous le confirmer.
Euh en réalité euh la voix de monsieur Driancour n'a pas été remplacée par l'ambassadeur euh Romaté, l'ambassadeur actuel euh qui euh a été lu aussi et tourné il y a plusieurs mois. Mais il y avait déjà dans ce reportage euh le la voix euh on va dire euh la voix la plus dure, on va dire, à l'égard de de l'Algérie qui est pas forcément effectivement celle de la diplomatie française actuelle représentée par euh Julien Aubert qui est euh vice-président les républicains et qui portait si je résume, un peu le la la voie retailloto. qui avait aucune volonté de censurer cette position française qui est une position qui existe et en vertu du pluralisme que défend complément l'enquête pour nous c'était important que cette voix apparaisse.
Je note, je l'ai d'ailleurs dit en propeliminaire que on a été accusé de tout et n'importe quoi sur cette émission. Donc à la fois certaines personnes en France nous ont accusé faussement d'avoir censuré monsieur Drancour. Alors que simplement parce qu'on a prévenu monsieur Drancour le jeudi que malheureusement ces propos n'avaient pas été retenus et au même moment en Algérie, on était accusé par la presse algérienne, la presse prégime d'avoir agi pour ordre du de l'ambassadeur de Ran cours qu'on aurait même été financé par les uns les autres.
Enfin n'importe quoi. Dans les deux cas, ce n'est que du des fake news. Monsieur Driancour n'a ni commandité le reportage et un reportage anti-Algérie et monsieur Driancour n'a ni censuré pour qu'on fasse un sujet qui plaise à l'Algérie.
Dans les deux cas, c'est faux. Et je trouve que c espèce de symétrie dans les dans les théories complotistes concernant Complément d'enquête est la meilleure preuve que Complément d'enquête travaille en toute indépendance et sur ordre de personne. Merci monsieur Ballard pour 2 minutes.
Un rebond un rebond un rebond un rebond très rapide et on y va. Allez-y monsieur rapporteur. Un rebond mais rapidement.
Merci monsieur le président. Oui effectivement juste un rebond. Je pense que vous voyez que les faits que j'ai apporté sont indiscutables et simplement sur le tous les tous les éléments que je vous ai apporter sont factuels.
Je voudrais simplement ce qui est troublant c'est que l'émission est programmée le 22 janvier pour 23h. À 14h35, il y a une dépêche de l'agence de presse algérienne qui critique France 2 pour donner la parole à monsieur Drillancour. à 16h6, vous lui envoyez, monsieur Sébastien Lafarg, journaliste à France 2, lui indique à monsieur Drian Court que finalement, alors qu'il a fait un entretien de 2h qu'il figure à la bandeannonce de votre émission, il y figure finalement son passage est coupé et à 21h29, soit 1h30 avant le début de l'émission, l'Algérie a l'information comme quoi monsieur Driencour a été remplacé et donc il y a une une un communiqué de presse d'Algérie patriotique qui annonce la coupure de cette émission.
Donc comment ont-ils eu l'info et pourquoi avoir prévenu aussi tardivement alors que vous aviez mis monsieur Dri en cours dans votre bandeannonce que finalement il ne passerait pas ? Vous convenez que il y a pas de complotisme. Vous parlez de complotisme, ce ne sont que des faits.
Donc merci de de pouvoir les les justifier s'il vous plaît. Je vous laisse répondre. La question du rapporteur est importante pour préciser les choses et ensuite je donne la parole cette fois-ci pour de bon à monsieur Balard pour 2 minutes et ensuite au groupe socialiste puis à la France insoumise qui sont les gr politique présent.
Mais parfois le complotisme c'est pas inventer des faits, ça peut aussi être qu'une partie des faits pour essayer de les de les tordre et pour prouver sa son a priori et sa sa théorie de départ. Euh non, si on reprend la chronologie euh si euh effectivement et encore une fois, c'est à vérifier parce que euh j'ai pas moi tous les éléments en main, mais si effectivement il y a une dépêche de l'agence de presse algérienne le jeudi 22 janvier après-midi, à cette heure-là, nos reportages sont bouclés, on n'y touche plus. Euh et donc euh manifestement l'agence de presse algérienne avait peut-être euh eu vent de notre bandeannonce qui était en ligne en général à partir du mardi, donc mardi 20 janvier.
Peut-être sur la base de cette courte intervention de monsieur Driancour, euh elle a pu supposer que c'était un reportage commandité par Driancour, ce qui était faux. Encore une fois, je vous redis la même chose. Ce n'était ni un reportage commandité par monsieur Dr Encour, ni un reportage dans lequel nous avons censuré monsieur Dr Encour.
On a fait un reportage en toute indépendance qui donnait la la parole à tout le monde euh des des personnalités pro-algériennes ainsi que des partisans de la ligne dure face à l'Algérie. Très bien. Et au-delà de ça, on peut pas accepter qu'un pays étranger s'emprne à une émission de télévision française. quel que soit d'ailleurs la discussion que nous avons eu et les questions importantes de et je me permets de rajouter que je suis souserment, j'ai conscience des des conséquences potentiel de ce que je dis et quand je vous dis que nous n'avons pas supprimé pas supprimé pas censuré l'interview de monsieur Dr En cours, je sais que ça m'engage.
Donc si je vous le dis, c'est que c'est vraiment vrai. Bon, alors merci et je redis moi euh comme président que quelle que soit la discussion qu'on a ici, il n'est pas acceptable qu'un pays étranger s'emprne à une émission de télévision française et à un média français, à des journalistes français. Je le dis très clairement.
Ce qui me permet maintenant de céder la parole à monsieur Ballard pour 2 minutes. Merci président. Donc comme le veut la tradition si je puis dire, je dois signaler que j'ai été journaliste 40 ans 6 ans passé dans le service public et pour être complètement transparent au mois de novembre, j'ai été invité de complément d'enquête et je me suis assis dans le fauteuil rouge.
Moi, je voudrais être concret et comprendre en fait vos méthodes de travail, même si vous avez très bien défini la façon dont dont vous travaillez, mais bon, concrètement, à deux reprises, au cours de vos émissions, vous êtes servi d'un document, c'est celui-là, je pense que vous le reconnaissez en l'occurrence qui est émane de Matillon pour affirmer qu'il n'y a aucun lien entre immigration et insécurité. C'est effectivement ce qu'on peut lire. Je l'ai stabilis au bossé en bleu.
Mais quand on lit l'Astérix, ce sont des études qui se basent sur le Chili, les États-Unis et l'Italie en 2012. Comme vous lisiez tout à l'heure, un journaliste effectivement, c'est ce qu'on apprend dans les écoles de journalisme, ça croise et ça recoupe ses sources. Alors, pour parler, puisque France 2, c'est une émission, une téléfrançaise a priori, pour parler de ce lien entre immigration et insécurité, pourquoi vous êtes pas basé sur par exemple ce document ?
Ça vient du ministère de la justice et il suffit de tourner la page où on voit par exemple que 25 % des détenus dans les prisons françaises sont étrangers alors que les étrangers en France représentent 8 % de la population. ou cet autre document du ministère de l'intérieur République française où on peut lire que par exemple, je prends le chiffre à la limite le moins élevé, 36 % euh des vols violents sans armes sont le fait d'étranger. Alors, on pourrait même rajouter cette déclaration de Laurent Nouise euh février 2025, 3 36 % des mises en cause de l'agglomération parisienne sont étrangers.
Donc en fait, moi je me pose une simple question. Pourquoi le service public en fait quand on lit ça, vous véhiculez pardon mais des fake news. Alors vous le faites pourquoi ?
Par idéologie ou bien euh par manque de travail ? Voilà, j'espère que vous allez me répondre parce que vous avez été très complet dans vos précédentes réponses. Absolument, monsieur Ballard, merci de pour cette question.
Ça me permet de prendre le temps de répondre parce que c'est une question effectivement qui est qui demande un peu de temps. Euh en fait, vous faites, si je peux me permettre, une confusion entre deux termes qui sont très différents. Entre la corrélation qui est une une association statistique et la causalité, c'est l'effet d'un phénomène sur un autre.
C'est c'est vraiment c'est très différent. vous qui avez été journaliste, qui avez mis à l'antenne parfois des des graphiques, vous vous connaissez, je pense euh cette cette différence et c'est justement ça que euh qui essaie d'expliquer cette cette note du CPI, mais pas seulement le CPI, les études comme le dit le CPI, unanimement qui se sont penchés sur ce ce lien supposé entre immigration et délinquence sont arrivés à la même conclusion, c'est-à-dire qu'il fallait séparer ce qui relevait du lien de causalité et de la corrélation. Pour comprendre, c'est par exemple l'hôpital.
En France, on a 60 % des Français qui meurent à l'hôpital. Est-ce que ça veut dire que c'est parce que les Français sont à l'hôpital qu'il meurent plus que l'hôpital est dangereux ? Non, c'est pas le cas à l'évidence.
Donc, il y a vraiment une différence fondamentale entre lien de causalité et lien de corrélation. la surreprésentation statistique des étrangers dans de nombreux crimes et délit, personne ne la conteste, pas même le CPI qui d'ailleurs après la polémique qui a été relayé par beaucoup de monde après notre notre reportage et la polémique a été tellement euh importante que le CPI s'est fendu d'une d'une mise à jour de sur son site en expliquant même si l'on observe une corrélation positive entre immigration et délinquence, les études ne mettent pas en évidence d'effets causales de l'immigration sur le niveau niveau moyen de la délinquence. Donc c'est sa différence entre corrélation.
Vous avez tout à fait raison monsieur Ballard. Il y a une corrélation statistique mais il n'y a pas de lien de causalité. C'est pas moi ou complément d'enquête ou nous par militantisme ou autres qui pensent ça.
C'est ce que disent tous les sociologues, économistes, criminologues qui ont travaillé sur cette question et pas uniquement le CPI. He je rajoute que le CPI c'est un centre c'est le centre d'étude prospective et d'information internationale qui a été créé en 1978 qui dépend du premier ministre qui est le principal centre français de recherche et d'expertise en en économie internationale. Dans cette note, il y a une compilation non pas comme vous le dites et comme cela a été relayé par certains journaux de uniquement d'études chiliennes étrangères ou autres.
En réalité il y a 20 études mais regardez si vous l'avez il y a toutes les notes de bat je peux vous les citer ? Je les ai il y a maintenant il y a deux études françaises. L'étude Philippe de 2022, l'étude Jobard de 2012 sur les contrôles policiers discriminatoires. 20 études du monde entier, États-Unis, France et autres qui euh qui étudient notamment les biais les les les biais dans la chaîne pénale sur représentation des étrangers dans certains types de délit et qui dit lorsque l'on élimine ces biais, lorsque ces biais sont éliminés, les études concluent unanimement, c'est important, à l'absence d'impact de l'immigration sur la délinquence.
Et je pourrais ajouter que ça a été confirmé par d'autres travaux récents. Il y a notamment euh très très récemment le Journal of Economic Perspective qui est le journal de référence de l'American Economic Association qui a étudié 15 ans de données sur les flux migratoires et les taux de criminalité de 23 pays européens dans la France. Les auteurs sont trois économistes français, italiens euh qui ont même publié une tribune dans le monde quasiment terminé le 24 mars 2025 euh intitulé le titre de point les guillemets il n'y a pas de lien de cause à effet entre l'immigration et la hausse de la criminalité.
C'est simplement les faits les gens qui travaillent là-dessus qui sont spécialistes qui concluent à cela. Merci. C'est de ma faute, j'avais pas précisé la règle.
La règle c'est les députés pour une question de 2 minutes et la réponse est 2 minutes et comme j'avais pas précisé cette règle, vous avez pu répondre un peu plus longuement et la question était importante et je vous remercie d'y avoir répondu. Madame Souet pour 2 minutes pour la France insoumise. Merci monsieur le président.
Dernièrement le président Gérard Larchet a mis la pression sur l'ARCOM suite à une émission que vous avez faite sur le Sénat. D'ailleurs, je je regrette que nous ne n'ayons pas encore eu l'occasion d'auditionner monsieur l'archer à ce sujet. Dans votre émission euh vous avez parlé d'une omerta euh qui en fait vise à couvrir des sénateurs, notamment ceux qui pourtant sont dans des affaires extrêmement graves notamment d'agression sexuelle.
Nous avons eu l'occasion d'auditionner madame Sylvie Robert qui est vice-présidente du Sénat qui a complètement refusé de répondre sur ce sujet, ce qui va plutôt dans votre sens. J'aurais aimé savoir si euh vous avez subi depuis euh d'autres pressions à l'encontre du programme complément d'enquête. Et j'aurais aimé également savoir dans un contexte où les puissances sont de plus en plus agressif vis-à-vis du journalisme d'investigation.
Donc je pense effectivement aux pression de Girard mais également du coup avec tout ce qui se passe avec madame Dat et au vu des menaces qui pèsent sur le journalisme d'investigation de façon générale, comment vous arrivez encore finalement à accomplir votre travail ? Sachant que à mon sens votre c'est le le journalisme d'investigation c'est vraiment un type de programme qui est particulièrement crucial dans une démocratie. J'indique effectivement nous avons j'ai reçu une demande de la part du groupe la France insoumise de d'auditionner le président du Sénat et que j'ai indiqué en réunion de bureau et je le disci par souci de transparence que le président du Sénat comme n'importe quel parlementaire a une immunité parlementaire et que les services de l'assemblée sont en train de regarder dans quel cadre un président de commission d'enquête peut convoquer le président du Sénat qui est le deuxième personnage le plus trème personnage le plus important de l'État.
Euh et donc voilà, donc on respecte les règles, on respecte l'ordonnance, la loi, rien que la loi et donc j'ai pris en compte votre demande et on est en train de l'instruire avec les services de de l'assemblée. Je devais cette transparence. Je vous laisse répondre à madame Souem, monsieur Valax, pour 2 minutes ou monsieur le rédacteur en chef, si vous le souhaitez.
Je vais prendre la parole. Merci monsieur le président. Euh madame la députée, nous n'avons aucun élément d'information nous permettant de dire que le président du Sénat a fait pression sur l'ARCOP.
Nous l'avons lu dans Media Part mais nous n'avons aucun élément d'information en ce sens. Mamsouet a employé des mots forts quand même de pression je crois de je vous cite Mamsouet de pression de président du Sénat. C'est pas des mises en cause àudine ?
Est-ce que voilà peut-être préciser parce que alors moi j'étais effectivement sur la question de l'ARCOM. Nous ne savons pas si monsieur Larchet, le président du Sénat, a pu appeler en haut lieu madame la présidente où on n' pas d'information en ce sens. Nous travaillons en toute en toute liberté et nos interlocuteurs au quotidien, c'est la directrice des magazines Elsa Margou et le directeur de l'information, c'était Alexandre Cara.
Aujourd'hui, c'est euh monsieur Corbé. Alors, ce sont des questions effectivement qui nous préoccupent beaucoup et les pressions, elles peuvent être multiples. Tristan, Alex, vous en parlez. euh on peut avoir des procédures billon à savoir euh plusieurs procédures euh judiciaires sur euh sur un sur un sujet.
Euh ça a été le cas sur le sujet euh euh sur euh concernant Vincent Bollorayet fait par euh par Tristan euh cinq procédures euh cinq procédures judiciaires. Donc c'est vrai que c'est des choses qui peuvent fatiguer. On a la chance nous d'être dans un groupe qui nous soutient.
On a un service juridique pour de petites rédactions qui ont peu de moyens, c'est beaucoup plus difficile parce qu'effectivement ben quand on se retrouve à la 17e chambre donc qui traite des délits de de presse, euh il faut un avocat et ça a un coût. Donc effectivement c'est complexe. Et si je peux pardon, si je peux me permettre de compléter euh voilà, ça nous prend du temps.
Effectivement, c'est normal en tant que journalist du service public de de rendre des comptes entre guillemets et on prétend pas avoir une immunité quelconque. Mais c'est vrai qu'on on rappelle quand même ce chiffre qui est important. Ces 10 dernières années, jamais complément d'enquête n'a été condamné sur le fond et jamais l'ARCOM ne nous a sanctionné non plus puisqu'il y a effectivement eu cette mise en garde concernant le reportage du sur le Sénat mais qui n'est pas une sanction.
Donc voilà, on est très vigilant à ce que ça continue. Merci beaucoup. Pardon madame Adisadé pour 2 minutes.
Merci monsieur le président. Avant de passer à la question, je voudrais revenir sur le début de cette audition. Je remercie le président qui par ces questions précises a permis de mettre en lumière votre point de vue et un nouvel élément que vous allez porter à notre connaissance sur la question de ce témoin qui aurait prétendu auprès de madame la ministre à être payé.
C'est ce qu'elle nous a affirmé sous serment. Vous avez affirmé le contraire. Il y a donc deux versions contradictoires et je le dis ici à monsieur le président au nom du groupe socialiste, je vous ai fait parvenir un courrier là à l'instant pour que vous puissiez euh agir de manière très concrète et saisir le procureur au titre de l'article 40.
Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de thermomètres. Madame, je vais juste préciser, j'ai bien pris note de votre courrier, je le redis. J'ai donc demandé que j'ai vu là que certains médias l'avaient tourné un peu différemment notamment ceux qui ont un fil d'actualité en direct.
J'ai demandé, c'est mon pouvoir et pour le coup pas celui du rapporteur que vous communiquez au bureau de cette commission à monsieur Milano Dupont l'email parce qu'on n'est pas dans un cadre on n'est pas dans le cadre de document que le rapporteur viendrait demander à France Télévision, c'est différent. Donc je vous demande de communiquer cet email. Le rapporteur et moi-même au nom de cette commission allons demander de manière tout à fait officielle là dans le cadre des pouvoirs confiés au rapporteurs dans cette commission d'enquête et au bureau de la commission d'enquête et au président de la commission d'enquête à madame la ministre de la culture de produire les documents qu'elle a mentionné dans son intervention.
Et donc à partir de là, c'est pour ça que je ne vais pas utiliser l'article 40 dès maintenant, je demande d'abord communication de l'email à l'équipe de complément d'enquête. Je demande à madame la ministre de la culture de nous produire les documents et en fonction de ces éventuels documents, de votre éventuel email, en fonction des éléments qu'on nous communiquera ou qu'on ne nous communiquera pas, ça sera mon devoir et ma responsabilité de président et moi seul comme président de saisir l'autorité judiciaire, le cas échéant pour qu'elle engage le moment venu et s'il y a lieu d'être des poursuites pénales. Allez-y pour votre question.
Pardon, du coup j'étais un peu long madame disad. Je vous laisse 2 minutes pour votre question et vous le verrez, c'est le sens du courrier. On vous demande pas de saisir.
On vous demande de poursuivre cette investigation avec monsieur le rapporteur. C'est des accusations très graves et très sérieuses qui ont été prononcées à l'encontre de journalistes. Et ça ça m'amène à ma question.
Je pense qu'il n'y a pas 36 thermomètres pour mesurer la bonne santé d'une démocratie. Un des thermomètres, c'est le bien-être des journalistes, en particulier ceux qui mènent un travail d'investigation. Vous avez parlé de menaces, d'agression, d'intimidation et vous avez employé un mot très fort, les procédures billons.
Je voudrais connaître en 2 minutes, c'est un peu court, mais quel est votre est-ce que notre démocratie va bien en ce moment ? Est-ce que vous avez davantage de menaces, d'intimidation et d'agression aujourd'hui plus qu'hier ? Est-ce que vous sentez qu'il y a une montée de ces agressions-là ?
Est-ce que vous vous sentez protégé par votre direction et aussi par le pouvoir politique ? Et concernant les procédures Bayon, que peuvons-nous que pouvons-nous faire nous de votre point de vue, nous législateurs pour vous protéger, vous journalistes d'investigation, mais aussi vous l'avez mentionné d'autres journalistes dans de plus petites rédactions parce que il me semble que il y a les menaces, c'est une réalité mais la des procédures bayons, c'est une censure des médias encore plus insidieuse que les menaces ou les intimidations puisque c'est ça revient à exercer une forme d'autocensure et c'est aussi un menace une menace très sérieuse pour notre démocratie. Merci.
Alors à la question, est-ce que notre direction nous protège ? Je dis souserment de manière très solennelle. Oui.
Et c'est on sait que ça coûte faut un certain courage et ça coûte aussi de l'argent. Je le disais en propeliminaire le portrait sur Vincent Boloré, il a coûté plusieurs centaines de milliers d'euros de frais de justice alors que nous avons gagné. C'est-à-dire que même les frais de justice que qui ont dû nous être remboursé par monsieur Boloré au final représente vraiment pas grand-chose.
C'est quelque chose moi que j'ai appris. Je pensais un peu naïvement que quand on gagnait un procès, on nous remboursait les frais de justice. Bon, en réalité, on nous en rembourse une toute petite partie.
Donc, c'est vrai que aujourd'hui, ça tient beaucoup aux personnes qui sont à la tête de France Télévision et qui ont ce courage de défendre le journalisme d'investigation parce qu'on sait que bah oui, ça rapporte des soucis, des procès et que on a heureusement un service juridique aujourd'hui qui est capable de nous défendre. Mais c'est vrai que dans des plus petites structures ou avec peut-être une direction différente, ce serait peut-être plus compliqué. dire bon bah écoutez euh c'est vous commencez à nous coûter un peu cher avec vos avec vos procès.
Donc vraiment on leur en est infiniment euh reconnaissant. Après sur l'atmosphère, oui, on sent une espèce de de c'est à l'image de la société, une sorte de vraiment je suis pas là pour faire des des grands débats philosophique euh et et et économique, sociologique, politique, mais oui, on sent nous en tant que journaliste de terrain une espèce de de tension qui est parfois difficile. Euh les le fait qu'on soit euh parfois accusé à tort de justement de monayer un témoin, là c'est c'est pas la première fois, moi ça m'était déjà arrivé pour une enquête, enfin pour d'autres enquêtes.
On a déjà été accusé à tort d'avoir rémunéré des témoins et c'était faux. Et ça a été démontré et la justice a démontré que c'était faux. Euh mais là sur on a reçu plein de messages, on a même un député qui suite aux déclarations de la semaine dernière a tweeté que Complément d'enquête faisait du gangstérisme journalistique.
C'est c'est ce sont des mots qui sont très forts et qui oui je pense que Louis pourra peut-être vous en dire quelque chose, mais c'est difficile quand on est accusé même de faire des faux montages ou autres. qu'on a on est parfois accusé dans notre dans notre déontologie, dans nos méthodes alors qu'on a le souci de bien faire les choses. On n'est pas parfait hein, parfois on peut faire les choses imparfaitement.
Je prétends vraiment pas ça. On se remet toujours en question et c'était pas que des mots tout à l'heure quand je le disais mais voilà cette espèce de de pression avec ces ces fake news qui peuvent circuler sur nos méthodes sont parfois un peu un peu difficiles à vivre. Merci beaucoup pour vos réponses, monsieur Belkerbella date pour une minute.
Merci monsieur le président. Quant à moi, je n'ai jamais été journaliste ni même participé à à à l'une de vos émissions encore moins d'être sur le fauteuil rouge. Toi non plus, je crois.
Ça vient d'ar quelquesuns. Même si c'est pas toujours bon signe, monsieur, il dit ça viendra même si c'est pas toujours très bon signe, monsieur. [rires] Ouais, tout à fait.
Merci d'être présent à cette commission d'enquête et de l'avoir sérieusement préparé. Ça démontre le respect que vous avez également de la représentation nationale et je et et je vous remercie pour cela. une commission d'enquête commandée par l'extrême droite pour à mon sens démonter l'audiovisuel public et c'est un combat culturel hein enfin il faut pas et en tout cas qui est engagé par l'extrême droite il suffit simplement de reprendre le questionnement des uns et des autres que ce soit de de monsieur le rapporteur ou d'autres parlementaires ici présents sur les questions d'immigration votre indépendance dans votre travail journalistique à l'abri d'éventuelles pression de toute dépendance financière est nécessaire pour que vos émissions reportages ne soient pas l'objet d'accusation d'orientation politique ou de parti prix.
Même si moi-même j'aurais pu vous faire grief de de critiques sur l'émission concernant l'Algérie. J'étais anciennement président du groupe d'amitié. Je trouvais, il n'y avait pas que moi qui le ressent qui qui l'a ressenti une certaine forme de d'acharnement euh sur sur l'Algérie.
Je suis un fervant défenseur de l'amitié franco algérienne et prendre pour exemple d'opposants Amir des Z. Euh c'est un peu tiré par les cheveux. Des opposants, il y en a.
Euh voilà. et je suis pas sûr que ça était le meilleur des ambassadeurs et des et des opposants au régime au régime algérien. Mais c'est vraiment un sentiment, vous l'avez dit vous-même, votre travail il est forcément imparfait, il est humain.
Voilà, et je voulais vous en faire part. Euh je voulais vous poser une question concernant les moyens nécessaires dont vous disposez dans le cadre de votre travail d'investigation. Euh est-ce qu'il vous est arrivé euh de renoncer à certaines enquêtes, faute de moyens financiers, voire même, on l'a évoqué tout à l'heure, euh de pression bien en amont euh d'un certain sujet euh euh qui pourrai être euh délicat à traiter.
Merci à vous. Merci monsieur Badade nous rejoint cette commission. Donc il ne sait pas que ces questions durent une minute.
On lui en train par rigueur et pour cette première fois, on lui permet d'avoir été un peu long et je vous laisse répondre rapidement. Merci. Je vais vous répondre et je vais vous répondre succintement.
Donc pour vous dire que heureusement, on peut encore continuer à faire de l'investigation à France Télévision. On peut faire traiter tous les sujets. C'est ce que vous disait Tristan tout à l'heure, on peut traiter tous les sujets.
On a encore les moyens de le faire. On fait très attention effectivement parce que il y a des restrictions budgétaires et on fait attention à chaque euro dépensé. Mais on a la chance euh et j'espère que vous le voyez quand vous regardez complément d'enquête euh euh tous les jeudis soirs, on a la chance de pouvoir traiter de tous les sujets euh de les traiter bien de façon fouillée euh et rigoureuse et encore une fois effectivement euh à France Télévision, euh on peut garder encore cette indépendance et et travailler sur nos enquêtes avec sérénité.
C'est la fin de cet épisode. À très vite sur LCP. [musique] M.
Éric Ciotti