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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 octobre 2024 25 min

Hausses d'impôts, non-remplacement des fonctionnaires, motion de censure... Le "8h30 franceinfo" de Carole Delga

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Carole Delga, 2 milliards d'euros d'impôt pour les plus riches, 8 milliards pour les 300 entreprises qui font le plus gros chiffre d'affaires, 8 milliards c'est un chiffre de l'ancien secrétaire d'Etat au budget Christian Eckert, voilà ce qu'annonce le gouvernement, est-ce que vous applaudissez ?

0:19
Carole Delga

Je pense que la France est dans une situation budgétaire extrêmement grave et il est nécessaire que l'impôt soit juste, donc de par ces deux principes il était indispensable comme l'avaient réclamé depuis maintenant deux ans les parlementaires socialistes d'avoir une taxation des super profits des grandes entreprises et puis d'avoir une taxation des plus riches. Ça répond à ce que vous demandiez ? C'est-à-dire le principe, le principe répond dans ce que nous demandions, c'est-à-dire d'avoir un impôt plus juste, plus proportionné et que les super profits soient clairement taxés.

Aujourd'hui vous avez un couple qui chacun gagne à peu près 2000 euros net par mois, ce couple-là il n'est plus taxé proportionnellement qu'un couple qui est millionnaire, donc il faut être très clair, nous avons besoin de plus de justice fiscale et nous avons besoin aussi de recettes parce que les dernières années du macronisme ont vu la dette filer et nous sommes dans une situation extrêmement préoccupante.

1:24
Présentateur

Je viens de comprendre ce que vous nous dites, est-ce que c'est 10 milliards grosso modo, c'est quelque chose que vous jugez suffisant ?

1:32
Carole Delga

Alors là, aujourd'hui, on va avoir quand même un détail beaucoup plus affiné sur le montant des recettes. Je me permets de vous rappeler que l'annonce est toute récente que nous n'avons pas encore eu le détail des simulations qui a été fait. Donc sur le principe, je vous réponds, il était indispensable de taxer les super profits des grandes entreprises et les plus riches. Sur les modalités précises, nous allons les étudier et on vous donnera une réponse argumentée et justifiée.

2:01
Invité

C'est clairement une forme d'habileté aussi de Michel Barnier, c'est un Premier ministre de droite qui fait ça, qui accessoirement annonce du SMIC également, et qui dit en même temps que ce sera très dur, mais c'est frappant. Il dit, vous reprenez le mot juste, c'est celui qui l'emploie aussi.

2:18
Carole Delga

C'est-à-dire que la situation budgétaire est extrêmement grave, puisqu'il y avait eu des notes d'alerte de la direction du budget, de la direction du Trésor. Ces notes d'alerte ont été ignorées par Bruno Le Maire et aujourd'hui, nous avons eu des simulations sur la dynamique des recettes de l'État qui étaient surestimées. Donc là, nous avons la nécessité d'avoir des recettes qui soient plus fortes. Et dans la logique, ce sont les plus fortunés qui doivent payer, bien évidemment.

2:50
Invité

Mais du coup, c'est dans son propre camp, Gérald Darmanin par exemple, où on s'inquiète de casser la croissance. Et pour le coup, vous vous retrouvez allié de Michel Barnier.

2:59
Carole Delga

C'est une crainte que vous avez ? Non, non. Moi, je n'ai pas de crainte de casser la croissance. Ce qui est absolument nécessaire, c'est d'avoir un investissement dans le service public de l'éducation et également dans la santé. Parce que les chefs d'entreprise aujourd'hui, moi, sur le terrain, qu'est-ce qu'ils me demandent en premier ? Ce n'est pas la question de l'imposition, c'est la question de la difficulté du recrutement. Tous les secteurs ont du mal à recruter, que ce soit le secteur du BTP, que ce soit le secteur des maisons de retraite, des hôpitaux.

3:29
Présentateur

Peut-être qu'ils ne vous parlent pas de l'imposition parce qu'elle n'a pas bougé ces dernières années aussi.

3:32
Carole Delga

Non, ce que veulent les chefs d'entreprise, c'est d'avoir des personnels qui soient formés pour répondre à la demande. Nous avons vraiment cette difficulté en France et c'est par la formation, par l'investissement dans l'éducation qu'on répondra à cette problématique.

3:48
Présentateur

Carole Delga, je reviens sur la question des impôts. Vous avez l'air de, même si vous ne le dites pas de façon si claire que ça, mais vous avez l'air plutôt de soutenir ces mesures d'impôts sur les entreprises et sur les ménages. Mais pourtant, il est peu probable que le PS les vote.

4:03
Carole Delga

Mais dans tous les cas, on va avoir une vision globale dans le cadre du projet de loi de finances. On peut aussi voter mesure par mesure au Parlement. Oui, mais après, il faut qu'on ait aussi une vision globale de savoir à quoi vont être affectées ces recettes supplémentaires. Mais sur le principe, je ne vois pas en quoi vous êtes étonnés qu'une socialiste valide le principe d'avoir une imposition plus juste. Ensuite, sur la question de la censure du Premier ministre, ce que nous censurons, c'est le choix du Président de la République de ne pas respecter le vote des Français et de ne pas avoir choisi une personnalité de gauche à la tête du gouvernement. Tout cela est très cohérent.

4:50
Invité

C'est une politique presque de gauche, en tout cas, des certaines mesures.

4:52
Carole Delga

Non, non, soyons précis. Vraiment, nous avons un Premier ministre de droite et le Parti Socialiste refuse de valider le choix du Président de la République qui ne respecte pas le vote des Français. Ce n'est quand même pas anodin. Qu'est-ce que nous ont dit les Français ? Qu'ils ne voulaient plus des politiques macronistes, qu'ils ne voulaient pas de l'extrême droite. Et dans le Front Républicain, il y a eu une tendance majoritaire pour la gauche. Il était donc respectueux pour les Français d'avoir un Premier ministre ou une Première ministre de gauche. Le Président de la République n'a pas fait ce choix plus tard. Oui, on y reviendra.

5:29
Invité

On parlait de la gauche plus tard. Si on continue à dérouler ce qu'il a pu dévoiler hier soir sur France 2, Michel Barnier, il parle des fonctionnaires. Et là, vous allez peut-être être moins d'accord. On va fusionner des services publics, sans doute ne pas remplacer tous les fonctionnaires quand ils ne sont pas en contact direct avec les citoyens, ceux qui partent en retraite en tout cas. Est-ce qu'il y a des services publics qui peuvent encore être fusionnés pour gagner en efficacité ?

5:51
Carole Delga

Je pense qu'en premier, il faudrait que Michel Barnier s'attaque au doublon et mette en œuvre un pays beaucoup plus décentralisé et donne plus de pouvoir aux collectivités locales. Je suis également présidente des régions de France. Et nous savons très bien que quand la décision est rapprochée du terrain, il y a une plus grande efficacité, bien sûr, en termes de données publiques, mais il y a aussi une plus grande efficacité sur la pertinence de la décision politique. Vous pensez à quel genre de doublon ? Il y a des doublons, par exemple sur l'aspect de la compétence économique, entre des administrations centrales qui sont à Bercy et le rôle des régions, par exemple. Oui, tout à fait.

Vous avez une idée des économies que ça peut générer ? Non, mais disons que là, c'est un travail que je vais mener d'ici une heure, puisque je rencontre Catherine Vautrin, où nous allons, bien sûr, faire des propositions. Les présidents de régions, nous avons travaillé sur la question des aides aux entreprises, sur la question aussi des transports en commun, et en particulier le train, l'investissement ferroviaire qui est absolument indispensable, aussi bien dans les territoires ruraux que dans les métropolitains.

7:04
Présentateur

Carole Delga, sur les fonctionnaires, Michel Barnier dit, voilà, on pourrait ne pas remplacer tous les fonctionnaires quand ils ne sont pas en contact direct avec les citoyens, tous les fonctionnaires qui partent en retraite. Est-ce que, malgré tout, quand on voit le nombre d'administratifs qui ne sont pas en contact direct avec le public, qu'on peut avoir peut-être à l'hôpital, qu'on peut avoir dans un certain nombre de services publics, est-ce qu'il n'y a pas quand même un petit peu de marge de manœuvre ?

7:29
Carole Delga

Dans tous les cas, je veux dire, nous sommes toujours ouverts à une réforme, mais moi, je suis quand même un peu étonnée, c'est que là, c'est l'archétype de la réaction de l'homme de droite. En premier, on commence à s'attaquer aux fonctionnaires. Je me permets quand même de rappeler que les services publics en France, c'est ce qui permet à la République de tenir debout. On a besoin quand même de plus d'enseignants. Je me permets de vous rappeler que nous avons un manque d'enseignants qui est crucial. Justement, ils ne parlent pas des enseignants, ils ne parlent pas des médecins, ils ne parlent pas des policiers.

Je me permets aussi de vous rappeler qu'au moment du Covid, c'est parce que nous avons eu un système hospitalier qui était solide. Je me permets aussi de vous rappeler que quand il y a des catastrophes naturelles, on a besoin de services de sécurité. Donc, je veux dire, cette petite musique que c'est forcément vers les fonctionnaires qu'il faut se tourner...

8:23
Présentateur

Pour vous, ce n'est pas possible, il n'y a pas un seul poste de fonctionnaire qui peut être supprimé ?

8:27
Carole Delga

Non, mais attendez, je gère... Non, mais j'essaie de comprendre. Non, je vais vous expliquer. Je gère une collectivité où il y a 6700 agents. Gérer une collectivité, une entreprise de 6700 agents, ça demande en effet d'avoir une réflexion sur la pertinence. Mais de vouloir présenter les fonctionnaires comme la source du mal, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas tout à fait ce qu'il a fait, d'ailleurs. Non, mais en même temps, on ne peut pas stigmatiser les fonctionnaires. Notre pays, il a besoin de fonctionnaires. Qu'il y ait des évolutions, c'est à mener en relation avec l'évolution des missions.

Mais commençons à mettre en place une France plus décentralisée et donnons plus de moyens aux régions, aux départements et aux communes.

9:09
Invité

Et dans cette ligne-là, vous disiez il y a deux minutes, pourquoi pas fusionner et éviter certains doublons.

9:15
Carole Delga

Tout à fait, mais ça, c'est... Voilà, exactement. Ça, c'est un travail que je vais mener dans moins d'une heure avec Catherine Vautrin.

9:21
Invité

Concernant les collectivités territoriales, vous allez sans doute en parler, Catherine Vautrin, puis aussi à Matignon, parce que je sais que vous avez rendez-vous avec le conseiller, le préfet Cadeau, qui est en charge de tout ça auprès de Michel Barnier. Alors, vous avez vu ce rapport de la Cour des comptes qui évoque ce volant de 100 000 fonctionnaires des collectivités territoriales qui pourraient permettre, si on supprimait ces postes, de gagner 4,1 milliards par an à partir de 2030. Michel Barnier dit hier soir, je ne veux pas montrer les gens du doigt, mais quand même, est-ce qu'il y a dans les collectivités locales et territoriales un volant d'économie possible ?

9:55
Carole Delga

Je voudrais quand même rappeler une réalité. Dans les années 90, la part des collectivités locales dans la dette nationale, c'était 9,4%. Aujourd'hui, en 2023, nous sommes à 8%. Donc, vouloir dire que les collectivités locales gèrent mal, c'est faux. De dire que dans l'action publique, il faut toujours s'adapter. Il faut savoir interroger nos situations, bien entendu. On n'est pas dans le dogmatisme. Vous savez, quand vous êtes président de région, ce que vous avez comme obligation, c'est d'amener des réponses aux concitoyens. Vous avez une obligation parce que vous êtes sur le terrain, matin, midi et soir.

Et quand vous êtes président d'une région de 6 millions d'habitants, vous devez aussi mener des politiques pour lutter contre le réchauffement climatique, développer les trains à 1 euro ou les énergies renouvelables.

10:47
Présentateur

Pour être très concret, vous dites, vous n'excluez pas de faire éventuellement des efforts, d'apporter votre pierre, j'allais dire. Sur quoi vous pourriez les faire ? Alors, peut-être que vous n'avez pas envie de le dire, mais sur quoi une collectivité comme la vôtre peut faire des efforts ?

11:01
Carole Delga

Alors, les régions, nous proposons depuis deux ans d'avoir une remise à plat du système du financement des transports en France où nous jugeons que la dépense publique pourrait être beaucoup plus efficace. Ça fait deux ans que nous n'arrivons pas à avoir une réunion de travail sur ce sujet avec le ministère des Transports. Ce qui ne fonctionne pas, c'est qu'il y a un investissement qui est trop faible en France, en particulier dans le rail. La France, elle investit deux fois moins dans le rail que par exemple l'Allemagne. Et comment on peut faire sans dégrader la situation budgétaire ?

C'est avec de nouveaux systèmes de financement, avec des systèmes de financement type la société des grands projets que nous avons à mettre en œuvre. C'est la question aussi de la fin des concessions autoroutières, parce que là, ce sont des milliards d'euros qui sont en jeu.

11:55
Invité

C'est-à-dire que vous êtes faveur parce qu'on continue à faire payer des péages pour lever des fonds sur les autoroutes qui sont déjà amorties ?

12:01
Carole Delga

Aujourd'hui, vous avez en effet des recettes payées par tous ceux qui utilisent les autoroutes, alors qu'il n'y a plus la dépense de la dette sur les financements de ces infrastructures routières.

12:15
Invité

Mais continuer à faire payer des péages quand il est amorti, c'est difficile à faire entendre.

12:18
Carole Delga

Oui, tout à fait, mais c'est pour ça que les présidents de région, nous demandons à ce qu'il y ait une révision des conditions autoroutières pour justement avoir des financements pour le rail prioritairement, mais pas que, mais pour le rail prioritairement. Nous avons besoin de développer le rail dans les métropoles, dans les territoires ruraux.

12:36
Présentateur

Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, vous restez avec nous. On se retrouve juste après le fil info 9h moins le quart, Damien Mestre. Les conditions sont réunies pour une reprise du trafic en Corse, c'est le ministre des Transports qui le dit ce matin. Trafic bloqué hier dans l'ensemble des aéroports et des ports, conséquence d'une grève surprise sur fond de tension entre la collectivité Corse et l'État concernant la gestion des infrastructures. Le Premier ministre à la rencontre des agriculteurs, aujourd'hui déplacement en Auvergne. Michel Barnier qui promet de faire une pause sur les normes. Les agriculteurs en ont ras-le-bol des contraintes, dit-il.

37 morts en 24h, c'est le bilan dressé par les autorités libanaises. De nouvelles frappes israéliennes ont touché cette nuit le sud du Beyrouth. Israël qui a promet de continuer à porter des coups sévères contre le Hezbollah. Et puis la deuxième journée de Ligue Europa de football, coup dur pour l'OGC Nice, sanctionné 4 buts à 1 par la Lazio à Rome. Victoire en revanche et avec le même score pour l'Olympique Lyonnais face au Glasgow Rangers.

13:43
Invité

France Info

13:44
Présentateur

Le 8.30 France Info, Béranger Bont, Adrien Bec.

13:49
Invité

Et Carol Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, présidente aussi de Région de France. Vous le soulignez à l'instant. Michel Barnier hier a aussi parlé d'immigration. Ça a été un sujet très présent sur le début de ce gouvernement. C'est moi qui fixe la ligne, dit le Premier ministre, en réponse à tout ce qui a pu être dit autour des déclarations de Bruno Retailleau. Il laisse entendre que l'immigration est une chance. Dont acte ?

14:12
Carole Delga

Oui, je pense qu'il vaut mieux que ce soit traité à Matignon que par Bruno Retailleau, qui a quand même tenu des propos indignes sur la question de l'état de droit. Là, on se demandait si on n'était pas avec le porte-parole du Rassemblement national. Donc, il faut rappeler que nous avons vraiment une immigration qui continue depuis des siècles, parce que ce sont des gens qui n'ont pas d'autre choix à cause de la guerre, à cause de la misère, et que nous avons un devoir d'accueil, que celles et ceux qui arrivent sur le sol français doivent respecter, bien sûr, les lois de la République.

Mais oui, l'immigration, c'est une chance, et nous avons la nécessité d'intégrer dans notre République, avec dignité, mais aussi avec fermeté sur le respect des lois françaises.

15:04
Invité

Dans les pistes qu'il ouvre, il évoque notamment l'idée d'utiliser les pays tiers, un peu façon Mélonie, en Italie. Nous allons travailler avec eux. Comment vous vous situez par rapport à ça ?

15:14
Carole Delga

Non, mais je pense que la question de l'immigration, elle doit être traitée à l'échelle européenne. Donc là, on doit, à la France, porter un message très fort au niveau de la Commission européenne, parce qu'il faut qu'il y ait des règles qui soient sur le continent européen, et non pas gérées pays par pays. Ça n'a pas de sens, et c'est pour ça que nous devons être clairement dans une politique européenne. On doit être aussi dans une politique de soutien au développement des pays du Sud, et c'est pourquoi tous ces sujets-là doivent être portés par la France à l'échelle de l'Europe. Il dit aussi qu'on peut mieux gérer l'AME, l'aide médicale d'État,

15:56
Invité

qui est un sujet sensible, et notamment à gauche. Vous dites ligne rouge, là, on ne touche pas ? Qu'est-ce que vous dites ? 415 000 bénéficiaires.

16:04
Carole Delga

Je trouve ça parfaitement indigne, de vouloir mégoter ou avoir une vision financière quand un homme ou une femme sont malades. Moi, quand il y a un être humain qui est malade, on le soigne. C'est un devoir d'humanité.

16:21
Invité

Quoi qu'il en coûte, comme dirait l'autre.

16:22
Carole Delga

Oui, quoi qu'il en coûte. Parce que moi, je ne veux pas d'un système social et sanitaire qui conditionne le soin, soit à la couleur de peau, soit à la capacité de payer. Quand on voit ce qui se passe dans des pays où la santé est libéralisée, vous n'avez pas accès au même soin selon votre portefeuille. Ça, c'est inadmissible. Un homme ou une femme, quand il est malade, il doit être soigné. C'est un devoir d'humanité. Et arrêtons de mégoter sur ces sujets-là. En plus, il y a des raisons de santé publique, parce que plus tard, on soigne et plus les soins vont être coûteux. Mais commençons sur le départ. On respecte la personne humaine.

Et donc, on soigne les gens qui sont malades, quelle que soit leur couleur de peau, quelle que soit leur nationalité.

17:16
Invité

La gauche n'a pas constitué ce gouvernement. On l'a tous constaté. Elle a sa part de responsabilité là-dedans. Et ça va nous amener aux réflexions qui sont en cours à gauche. Les insoumis ne voulaient pas gouverner. On est d'accord ? Oui, j'en suis d'accord. Dans votre nouveau Front populaire ? On est d'accord, oui. Vous êtes clair là-dessus ? Olivier Faure, en ne s'engageant pas clairement à ne pas censurer le gouvernement de Cazeneuve, est-ce qu'il n'a pas aussi incité à ça ?

17:40
Carole Delga

Non, mais il faut quand même être dans une logique. La logique, c'est que le président de la République n'a pas souhaité nommer une personnalité de gauche en tant que Premier ministre. C'est parce que la faute revient au président de la République. Ensuite, sur la question de Bernard Cazeneuve, vous le savez, j'ai fait partie des socialistes qui soutenaient la candidature de Bernard Cazeneuve, comme de toute personnalité de gauche, comme j'ai soutenu la candidature de Laurent Stubiana, par exemple, aussi.

18:12
Invité

François Hollande ne l'a pas soutenu clairement, par exemple, publiquement. Non, mais si vous préférez, la question...

18:17
Présentateur

C'est aussi un enjeu de rapport de force, Carole Delga, et à un moment donné, le rapport de force, personne ne l'a vraiment imposé à Emmanuel Macron, dans la mesure où il y avait, semble-t-il, comme le disait Bérangère, voilà, du côté d'Olivier Faure, des doutes, du côté de François Hollande, un soutien qui existait, mais que personne n'a vraiment entendu.

18:34
Carole Delga

Moi, je pense qu'en politique, comme dans la vie, on doit toujours soutenir les siens, quand il y a une même vue de valeur de gauche. Donc, c'est qu'il n'y a pas de même vue, alors ? Écoutez, moi, je le regrette. Moi, je suis une femme libre, je suis une femme socialiste, et j'ai toujours soutenu les candidatures des personnalités de gauche, Bernard Cazeneuve, comme Laurent Stubiana.

18:56
Présentateur

Il faut censurer Michel Barnier, la semaine prochaine ?

18:59
Carole Delga

Oui, je me suis déjà exprimée sur ce sujet. Oui, il faut le censurer, parce qu'il faut censurer la décision du président de la République de ne pas respecter le vote des Français.

19:07
Présentateur

Et après, il se passe quoi ?

19:08
Carole Delga

Mais après, on doit avoir une cohérence. On ne peut pas dire qu'on souhaitait un Premier ministre ou une Première ministre de gauche et valider le choix du président de la République.

19:20
Présentateur

Oui, mais très concrètement, il y a un budget qui doit être voté, qui doit être présenté, qui doit être voté, qui est en train... C'est des délais qui sont des délais dans la loi. Oui, tout à fait. Donc, vous assumez de dire, voilà, bon, ce n'est pas grave, on censure le gouvernement, le gouvernement tombe, il est le temps de nommer un gouvernement, le budget...

19:35
Carole Delga

Non, parce que vous jugez que ce n'est pas grave de ne pas respecter le vote des Français. Enfin, moi, sur le terrain... C'est pas ce que je vous dis, je vous dis juste en pratique... Mais moi, je vous dis la vraie vie. La vraie vie, les gens sur le terrain, ils vous disent, c'est une honte. Voilà. Ils vous disent spontanément, c'est une honte... Mais la vraie vie, c'est aussi les impôts, le budget, les dépenses... La vraie vie, en premier, c'est de respecter le vote, l'engagement citoyen. J'étais à Cournon d'Auvergne, en début de semaine, au sommet de l'élevage. J'étais sur le terrain en Occitanie aussi, la semaine dernière. C'est unanime.

Tout le monde vous dit, alors ça ne sert à rien de voter. On a voté, et le président de la République s'en fout. C'est dans ces termes-là. C'est très grave pour la démocratie. Donc, on ne va pas diluer les responsabilités. C'est très grave ce qui s'est passé en France. Et je pense qu'en effet, la gauche, les socialistes, ne doivent pas valider ce mode de processus du président de la République parce que le contrat de confiance avec le peuple, c'est la primauté. La question, c'est est-ce que l'internative est prête ? Est-ce que vous êtes prêts ? Oui, tout à fait. Plus qu'il y a 15 jours, qu'il y a un mois. Non, non, mais nous étions prêts il y a un mois.

Il y a à gauche de nombreuses personnalités, que ce soit des élus, que ce soit aussi des présidents d'associations, des chefs d'entreprise qui sont prêts à gouverner. On est une équipe de France.

20:52
Invité

C'est des mots, si je peux me permettre. Vous étiez à Saint-Ouen hier soir, de Karim Boamran, qui lançait son mouvement La France Humaine. Et forte, un de plus. Ça sert à quoi, tous ces mouvements ? Vous serez aussi ce week-end à l'Ariol avec Raphaël Glucksmann. Ils étaient tous avec vous il y a quelques jours, à Bram. Ça divise ou ça rassemble la gauche ?

21:08
Carole Delga

Non, ce sont des mouvements qui rassemblent. Vous pouvez voir que nous sommes très nombreux. Non, mais nous sommes, attendez, nous sommes très nombreux. Vous voyez d'ailleurs les mêmes personnes qui étaient à Bram en Occitanie, comme ceux qui étaient hier soir, aux côtés de Karim Boamran. Nous sommes une équipe, voilà, qui voulons changer la vie des Français, donc qui voulons gouverner. Et c'est une équipe d'élus, mais j'insiste, aussi de chefs d'entreprise, aussi de présidents d'associations. À Bram, il y avait Jérôme Bayle, qui a été le leader de la contestation agricole, qui est venu travailler avec nous sur les propositions que nous avons à faire.

Benoît Hamon était également présent à Bram.

21:48
Invité

En clair, on est dans un nouveau nini de ni Jean-Luc Mélenchon, ni Olivier Faure. Qu'est-ce qui vous distingue fondamentalement ?

21:54
Carole Delga

Non, non, non, que ce soit bien clair. Nous, nous avons toute cette équipe, donc Karim Boamran, Nicolas Mailleur, Rossignol, Raphaël Gluckspan, Philippe Brun, tous, nous avons la même volonté de pouvoir transformer l'essai que nous avons eu aux européennes, la tendance qui nous a été donnée aux législatives, et de pouvoir transformer la France et réconcilier les Français. Et ça peut se faire avec Olivier Faure à la tête du PS ? C'est ni Macron, ni Mélenchon. On le sait toutes et tous.

Donc nous, c'est ce que nous incarnons, cette gauche qui est profondément européenne, cette gauche qui est féministe, cette gauche qui aime l'entreprise, cette gauche qui est ferme sur les questions de sécurité.

22:35
Présentateur

Je repose ma question, Carole Delga. Est-ce que ça peut se faire avec Olivier Faure à la tête du PS ?

22:39
Carole Delga

Mais ça, c'est un sujet qu'on réglera au moment du concours. C'est un sujet.

22:43
Présentateur

L'Allianz, c'est Olivier Faure. Les alliances, c'est Olivier Faure. Ce n'est pas un petit sujet.

22:46
Carole Delga

Non, ce n'est pas un petit sujet. Et la part sur ça, j'ai toujours pu dire. Je pense que c'est une parole très claire et là aussi très libre. Je pense qu'il était vraiment une erreur forte de dire, Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, que nous avions la nécessité de nous unir dans cette dissolution précipitée en ayant un contrat d'engagement que les Mélenchonistes n'ont pas respecté dès le 7 juillet à 20h07. Et on doit tracer notre voie. On doit être une force collective en mouvement. On doit avoir des propositions. Parce que Bram, en Occitanie, c'était toute une journée avec plus de 30 intervenants, avec des ateliers, avec la capacité de proposer, d'avoir un projet de société.

23:29
Présentateur

Congrès, théoriquement, six mois après les élections législatives. Donc, ça nous mène à début février. C'est un délai qui vous convient ? Il faut que ce soit plus tôt ?

23:37
Carole Delga

Non, mais je pense qu'il faut respecter les statuts, tout simplement.

23:39
Présentateur

Donc, début février.

23:40
Carole Delga

Je demande au ministre de l'Intérieur de respecter l'État de droit. Je demande également que l'État de droit soit respecté partout. Et au sein du Parti Socialiste,

23:50
Invité

on doit respecter nos statuts. Mais ça ne s'organise pas en deux jours. Non, mais c'est pour ça que...

23:55
Carole Delga

Vous demandez, Olivier Faure, de déclencher les opérations. Tout à fait. En effet, c'est au premier secrétaire de lancer les opérations. Et je pense qu'en effet, c'est à peu près six mois. Je ne connais pas parfaitement les statuts du Parti Socialiste. Je ne suis plus sur le terrain que...

24:09
Présentateur

Donc là, il faut s'y accler. C'est ça que vous dites ?

24:10
Carole Delga

Oui, oui, tout à fait. Vous serez candidate à la direction de ce parti. Clairement, vous voulez prendre le lead là-dessus. Non, non, non. On va être... Moi, je suis candidate pour qu'on ait une ligne claire et des affirmations fortes pour un projet de société de gauche.

24:26
Invité

Le projet de société de gauche, il doit être nécessairement incarné. Là, le nouveau Front Populaire est mort dans votre esprit ?

24:33
Carole Delga

C'est-à-dire que nous avons eu les mélenchonistes qui n'ont pas respecté... Je vous rappelle, il y a un écrit du nouveau Front Populaire. Il y a un contrat d'engagement du nouveau Front Populaire qui a été signé début juin. Les mélenchonistes ne le respectent plus. Donc, ayons une union, des partis, mais au-delà. On doit travailler pour la France du travail.

24:51
Invité

Bon, ça veut dire en 2027, au moins trois candidats de gauche, à nouveau ? Mais non, on n'en est pas là. Non, non, pas du tout.

24:57
Carole Delga

Non, travaillons pour les Français. La France du travail.

24:59
Présentateur

Merci Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, présidente de Région de France, d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin. Et merci, Béran Gerbonte. Sous-titrage Société Radio-Canada