Serge Joncour : "Aujourd'hui, la documentation sur le réel est un maquis indéchiffrable"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous souvenez-vous où vous étiez le mardi 17 mars 2020 ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Pourquoi écrire ce roman pour ne pas oublier le Covid ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Votre roman est-il une forme de science-fiction ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi évoquer la fracture ville-campagne dans votre récit ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Quelle est la place des personnages dans votre écriture ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Serge JoncourFait
« moi je me suis jamais osé à la science-fiction en tant qu'auteur ça me semble un territoire tout à fait inaccessible pour moi »
- 12:00Serge JoncourFait
« il y avait une forme d'exode là la campagne comme si c'était le territoire de liberté à reconquérir alors qu'en ville ça serait l'enfermement »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
jusqu'à 13h30 les midis de culture Nicolas Herbault Géraldine mosnasawa la seconde partie des militaires c'est une rencontre une discussion à trois voix avec celui qui vient de s'installer dans notre studio il ne rechigne jamais à venir parler de ses livres ici à la radio mais surtout dans les librairies alors qu'il publie son 15e roman notre invité c'est que sans eux les libraires il n'y aurait pas d'écrivain pas de possibilités de s'emparer du monde dans lequel il vit des crises traversées des humains rencontrés de la nature qui nous entourent pour imaginer une histoire une famille et des personnages des personnages auxquels notre invité est si attaché qu'il laisse soumet à rue des preuves parfois on a découvert la famille fabrié dans nature humaine on les retrouve dans chaleur humaine que vous publiez aux éditions Albin Michel bonjour bienvenue dans les midi de culture vous pouvez reprendre votre souffle pour discuter et échanger notre première question Serge Joncourt et la suivante est-ce que vous vous souvenez où vous étiez le mardi 17 mars 2020 ah oui oui ça je m'en souviens très bien ouais ouais c'est la date elle représente quoi cette date et pour vous et pour tout le monde presque d'une certaine façon enfin de mon point de vue une forme de soulagement soulagement inquiet parce que je fais partie de ceux qui l'attendait le 17 en tout cas je pensais pas que tout le monde le respecterait finalement ça c'était quand même une sacrée surprise enfin voilà j'en étais là tout le monde se souvient de la date de cette date de là où il était et pourtant on a tendance plutôt à vouloir oublier cette période de crise du covid de d'enfermement de signer des autorisations pour sortir toute cette période là on a plutôt envie de de l'oublier c'est une épreuve pour tout le monde c'est aussi pour ça que vous avez écrit ce roman dont on va parler je l'écris pour qu'on essaie de pas oublier cette fois-ci enfin je n'ai pas de problème avec la résilience simplement il faut pas qu'elle aille de pair avec l'oubli et d'une certaine façon les épidémies ont se croyaient définitivement à franchir en tant qu'humanité comme si d'une certaine voilà on était passé à autre chose ailleurs une fois l'an 2000 conquis on était dégagé toutes ces bassesses en fait non qu'est-ce que ça veut dire ne pas au Scala c'est à ne pas oublier la manière dont on a obéi la manière au contraire dont on a été solidaire [Musique] c'est pas oublier tout ça et en même temps ce sont des expériences très différentes moi je vous parliez librairie je circule en ce moment j'étais au Havre entière je suis de ma Dijon enfin bon voilà et des lecteurs genre je rencontre par chance il y en a un peu quand même et c'est toujours très délicat de parler du confinement parce que si j'en parle dans un sourire ça va froisser ce qu'ils l'ont vécu d'une façon atroce et pour d'autres hier soir dans une petite librairie à Paris à la bicyclette bleue voilà il y a quelqu'un qui s'est mis à parler de son confinement et qui choquait les autres presque parce qu'elle parlait d'une d'une forme de grandes vacances sublime avec son mari ou se sont retrouvés à marcher dans les chemins bon ça a marqué aussi une forme d'inégalité pour le pour les totalement social et en même temps ce clivage qui qui moi m'intéresse entre Paris et enfin Paris la ville et la campagne le rural urbain qui qui grande ligne de fracture personnelle mais enfin qui nous traversent tous plus ou moins et là elle était marquée marquante à tel point qu'on voyait dès le 16 mars des gens survés vers les gares avec les valises la plante verte les enfants s'ils avaient pas oubliés enfin bon il y avait une forme d'exode là la campagne comme si c'était le territoire de liberté à reconquérir alors qu'en ville ça serait l'enfermement informations coronavirus l'avion ramenant 200 français de urane les puissantes en Chine de l'épidémie de coronavirus a atterri à 12h30 les passagers ont été transportés vers un centre de vacances à Carry-le-Rouet c'est une admissible au milieu des civils avec des cartes qui montent les vitres ouvertes qui contaminent tout le monde la meilleure façon de se protéger ça n'est certainement pas de se précipiter en pharmacie pour acheter des masques c'est même assez fortement déconseillé ce virus n'est pas un virus de la grippe mais on peut s'en protéger exactement de la même façon qu'on se protège contre le virus de la grippe en se lavant les mains toussés ou éternuer dans votre coude j'ai donc décidé jusqu'à nouvel ordre la fermeture à compter de ce soir minuit de tous les lieux recevants du public non indispensable à la vie du pays utilisez des mouchoirs à usage unique puis jetez-les vers tout ce qui est produit non food on va dire donc papier toilette mouchoir et moi je pense ça vire un peu à la paranoïa la ruée dans les supermarchés quelle bonne tenue adopter face au covid la fermeture des lieux publics les discours des politiques notamment Edouard Philippe du Premier ministre et les messages de prévention qui nous ont envahis dans ces quelques semaines qui sont le cadre temporel de votre de votre roman Serge Joncourt entre janvier et mars 2020 vous dites que votre roman de votre roman qu'il serait comme un essai de science-fiction c'est-à-dire que même vous qui écrivez depuis tant d'années vous n'auriez jamais osé imaginer ce que vous ce que l'on a vécu durant ces mois enfin moi je me suis jamais osé à la science-fiction en tant qu'auteur ça me semble un territoire tout à fait inaccessible pour moi et finalement prenant des notes à partir de janvier 2020 j'avais le sentiment là d'écrire une science-fiction sachant que j'avais déjà en tête le fait de la d'écrire là-dessus avec cette dimension là qu'on a évidemment aujourd'hui on a deux ans et demi de recul mais en mars 2020 on ne savait pas bien jusqu'au cette histoire ce qu'on considérait qu'un jour plus qu'un jour plus qu'un jour plus six mois les Chinois déjà déconfinaient alors qu'en fait ils ont très vite reconfinés par deux ans il y avait une forme d'incertitude qui nous gagnait tous comme ça qui est assez vertigineuse et de voir oui pour moi de la je pense qu'un auteur de science-fiction oui peut-être aurait pu imaginer un premier ministre faisant des apparitions solennelle à 20h pour dire que se laver les mains et de se moucher dans un mouchoir où est d'éternuer dans son coude ça j'ai trouvé ça extraordinaire là on revenait au fondamentaux enfin le discours politique elle a été vraiment d'une certaine façon c'était presque rassurant de se dire bon on en revient à ça on est un peu réconcilié avec notre statut notre condition animale vous dites qu'on a qu'on a oublié qu'on a failli oublier qu'on presse volontairement on oublie ces moments qui ont été parfois difficiles pour certains pourquoi est-ce que vous les réveiller dans votre roman est-ce que vous vous dites que les lecteurs ont besoin de revivre cette période puisqu'on suit presque jour après jour ces annonces dans votre dans votre récit les prises de parole politique on l'a dit et puis on est effectivement et on va en parler dans dans cette famille fabriquée qu'on retrouve avec plaisir mais qu'est-ce que est-ce que vous aviez envie de projeter en tout cas chez vos lecteurs c'était aussi d'une façon très personnelle tenir une forme de journal de bord collectif mais sur le long terme ça veut dire pas uniquement sur le 15 le 16 le 17 comme certains auteurs se sont lancés assez vite dans le qu'on appelait les cahiers de confinement ou les choses comme ça qui vont finalement en fait était intéressantes dans la mesure où ça permettait de voir que chacun vivait ses expériences cette expérience pourtant commune de façon tout à fait différente et ça c'est quelque chose qui m'a toujours été il y a un fonds pardon de le dire comme ça brutalement pourquoi en tout cas les coups de chaleur c'est probablement mais justement oui c'est là c'est une forme de reminiscence de 1976 j'étais môme malgré tout et je m'en souviens très bien de cette forme de dans ma famille et tout autour pour une fois on était d'accord sur une chose il fait chaud et ça c'est en France c'est une estimable d'être d'accord mais est-ce que vous trouviez que les gens étaient d'accord pendant le confinement alors après il y a eu plusieurs phases au début du confinement finalement ça a pas tant ruer que ça dans les brancards il y avait une dernière manifestation début mars vers Montparnasse la gare de gilets jaunes enfin c'était la queue de comète des gilets jaunes là où il y avait la réforme et la réforme le dernier coup d'éclat des gilets jaunes c'était vraiment marqué nous les gilets jaunes on restera quoi qu'il se passe et en fait ils sont arrêtés aussi quoi et donc il y a eu comme une forme de c'est pour ça que je voulais mettre un gilet jaune dans dans mon roman parce que même se font révolter là il a quand même cédé un peu à la à la peur parce que la peur elle était quand même omniprésente alors certainement entretenu et alimenté par tous ces médecins que l'on voyait mais qui eux-mêmes avaient peur enfin moi j'ai parlé il y a pas longtemps avec un vétérinaire alors les vétérinaires et là si on les a pas vu à ce moment-là alors qu'ils ont été précieux puisque les épidémies ils cherchent ça au quotidien mais eux-mêmes avait la peur de ce coronavirus qui ressemblait un peu à la péritonite infectieuse du chat qui a un truc enfin bon voilà il y a à partir du moment où ils l'ont 90% en meurt quoi donc il y avait quand même des signaux un peu inquiétant puis les Chinois disaient pas tout enfin bon cette peur-là il faudrait pas l'oublier donc l'unanimisme était du côté de la peur en tout cas pendant quelques semaines ce qui était moins le cas en fait par la suite et d'ailleurs dans votre roman sergent en cours on voit bien toutes les dissensions que cette confinement ou que cette épidémie cette gestion politique du covid peut générer oui en particulier alors moi je le suis attaché à ça parce que c'est un peu bon Dada si on veut enfin en tout cas ça ressort avec du personnel c'est cette fracture entre ville et campagne où j'ai jamais finalement complètement choisi je passe de l'un à l'autre et en même temps je suis à chaque fois dans des univers très différents moi même je deviens très différents c'est comme deux logiciels quoi et là j'estime que du côté de des ruraux on va dire il y a peut-être une plus facile acceptation dans la mesure où ce vocabulaire là comme je le disais il est déjà acquis la peur de l'épidémie elle est constante la grippe avia nous tourne autour là d'année en année et c'est pas la seule enfin bon ça alors que en tant que citadin tout ça me semble plus détaché on sait même d'effet des hygiaphones je ne sais pas en quelle année tout ça enfin il faudrait quand j'étais mauvais cette chanson de téléphone pour aller dans l'hygiaphone etc ce qui vous plaît bien dire ça faisait partie il y a un moment ça a disparu peut-être à l'an 2000 je sais pas enfin bon moi je l'ai pas non plus en hygiaphone c'est quoi c'était une vitre qui avait au guichet de la poste de la SNCF c'est de toute façon systématique du métro évidemment il fallait je connais l'objet mais je ne connais pas c'est pas son nom de communiquer à travers cette vitre d'une façon hygiénique voilà on se protégeant des microbes vous parlez de ce choc entre ceux qui vivent à la campagne et ceux qui vivent en ville c'est ce qui se passe dans cette famille fabrique qu'on retrouve qu'on avait donc découvert dans votre précédent roman nature humaine et notamment le personnage d'Alexandre alors si on suit un peu son histoire c'est celle-ci Alexandre c'est le fils de Jean et Angèle une famille de paysans d'agriculteurs dans le Lot et c'est lui qui décide de reprendre la familial alors que ces trois sœurs elles vont quitter la ruralité pour aller faire leur vie à la ville Agathe Vanessa et Caroline qui partent respectivement un Rodez Toulouse et Paris et là dans cette fratrie il y a un goût qui qui se crée alors il y a des histoires familiales mais il y a aussi une incompréhension sur le mode de vie ça encore oui alors déjà je l'observe dans toutes les familles finalement cette forme de concorde il y a l'enfance on est on joue entre frère gamin cousin tout ça et puis on se met à distance on est en froid ou on se parle plus on se fâche enfin bon ça c'est quelque chose qui moi me m'intéresse et je rajoute à ça le fossé nature humaine qui est le pour dire le temps précédent parlait de cette queue de comète de l'exode rural c'est-à-dire les trois sœurs là sont un peu les dernières qui a quitté la ferme pour aller en ville sachant que la ville c'était quand même le territoire de de promesse c'est la ville associée au voyage en fait le fait de découvrir le monde partir comme ça alors que Jean et Angèle les parents donc sont un peu comme mes grands-parents d'une certaine façon qui ont fait leur vie dans un périmètre pour dire 15 km² en fait quel était l'intérêt d'aller à Nevers Wakao ouvre la mer enfin ça n'avait pas de sens et ça j'en suis enfin je reviens de ça c'est pas très loin pour moi et je n'arrive pas à comprendre ce gap se fausser là très rapide on va 30 ans quoi qui nous a propulsé nous moi et mes cousins et mes frères et enfin bon à partir comme ça ailleurs en ville il y a surtout à déconsidérer complètement ce qu'on laisse c'est à dire ce qui restait ce qui reste un paysan d'ailleurs paysan le terme était presque devenu péjoratif ou une usité alors ces personnages pour en revenir au roman vous vous y êtes très attachés et ça c'est quelque chose qui nous a qui m'intéresse en tout cas dans votre façon d'écrire qu'est-ce qu'ils ont ces personnages de particulier pour que vous leur faisiez vivre un second roman une nouvelle épreuve aussi alors il y a eu évidemment vous l'avez dit l'exode rural la sortie du monde paysan dans la dans le premier roman et là vous les mettez à rude épreuve en leur faisant vivre ce covid qu'est-ce que vous vouliez en faire ressortir moi ce que je voulais dès le départ en faire ressortir c'est les faire partir donc 20 ans avant l'an 2000 et les faire revenir 20 ans après seulement voilà j'étais de fait j'étais obligé de me lancer dans des hypothèses une canicule qui dure deux mois ou le retour de la peste au travers des rongeurs qui pullulent en ville et à Paris en particulier enfin des choses comme ça les ramener vers la ferme vers le terrain originel quoi et finalement la réalité m'a volé mon sujet dans la mesure où m'a proposé mon sujet puisque je l'ai vu se dérouler devant moi alors que j'avais commencé déjà à l'écrire donc à partir de là je m'en suis tenu à consigner sur elle d'une certaine façon comme ça m'est plus à l'aise avec mon texte dans l'avion nature humaine je reprenais des éléments comme ça des faits historiques marquants là Tchernobyl la chute du mur de Berlin la chute du mur de Berlin la grande enfin les deux doubles tempêtes d'avant l'an 2000 et la vache folle en fait qui de la même façon la vache folle et le sida qui ont commencé par des peurs très fortes ça aussi on l'a oublié jusqu'à 13h30 les midi de culture Nicolas Herbault Géraldine moussenassav' vous êtes content de votre vie à Paris ben oui mais le début [Musique] quand il faut chercher des logements et d'autres voisins c'est bien plus qu'on a quand même que il est passé toute une journée à la chaleur ou d'un échange pratiquement pas d'arrêt on peut s'arrêter mais je travaille reste toujours pour le lendemain mais pour une femme la vie en vie le plus agréable parce que à la campagne il faut toujours aller dans les champs même me connaît les gosses tout ça il faut laisser le travail de dedans il fait tout laisser tandis qu'avil mais on s'occupait des gosses de son travail et puis en plus de liberté plus facilement tandis que des jeunes on aime quand même avoir un peu le confort chez soi et alors la campagne c'était pas possible au moins avec ce qu'on fait maintenant on sait ce qu'on gagne et puis à la fin du mois on voit si c'est un peu court on dit on peut se rattraper sur le mois d'après en supprimant quelque chose qui pleuvent ou n'importe quoi l'argent tombe à la fin du mois par humain oui moi j'ai jamais regretté d'être parti extrait de l'émission jeunes témoins de notre temps de Jean Thévenot en 1964 sergent cours diffusait sur Inter jeunesse on y était dans cet exode rural la vie semblée plus facile à Paris parce qu'il n'y avait pas la terre à travailler c'est aussi ce divorce entre l'homme et la nature que vous vouliez mettre en scène dans ces deux romans oui ce divorce assumé ce divorce presque revendiquer le fait de se détacher de la terre c'était aussi une façon de s'estimer à franchir de ses lois des lois du vivant enfin je verrai même du monde animal parce que la terre ça veut souvent de pair avec les animaux soient grand on les élèves soient qu'à l'époque il servait nationalement de travail alors après c'est pour ça aussi que les conditions se sont quand même fortement les conditions de travail les agriculteurs sont fortement améliorés par la mécanisation c'est à ce moment-là les années 60 voilà on est déjà dans les dans les dans les tracteurs qui d'ailleurs ne cesse de ce moderniser mais c'était quand même ce regard là à ce moment-là sur un monde un monde à oublier ou un monde perdu il y avait ou de la même façon alors de pardon vraiment de pardon c'est des films magnifiques mais c'était toujours en train d'une forme de nostalgie de c'est en tout cas ça relatait du passé et jamais on ne considérait dans ces époques là voilà sans extrapoler puisque ça après bon tous mes proches ne disent pas donc je suis assez protégé j'ai cette chance mais oui il y a de ça quand même parce que moi j'ai jamais revendiqué le fait de partir à un moment en ville et de vivre m'installer en ville comme une forme de d'émancipation et de conquête inexistence plus noble plus forte plus intense ça n'est pas le cas et d'ailleurs je j'avais beaucoup de plaisir à faire revenir mes trois personnages dans les trois soeurs qui sont en plus dans des universités un peu différents enfin Paris Toulouse et Rodez trois schémas de ville quand même un peu différents une fois Rodez on est quand même moins loin du monde agricole et ça c'était une délectation je pourrais presque dire même à titre d'observateur de l'actualité de sentir des choses comme ça remonter des prises de conscience qui revenaient à vous parler là dans le d'une autre foude je crois la petite pastille sonore là le moment du covid où les gens se ruent sur le nain de foot donc le papier hygiénique par exemple je n'avais jamais entendu moi en fait c'est pas mal food parce que ça veut dire il y a l'alimentaire on sait pas d'où ça vient c'est pas bon c'est là toute façon c'est toujours présent et puis à l'essentiel le PQ quoi enfin question ça d'ailleurs moi j'ai jamais compris pourquoi les gens se ruaient là-dessus sur le papier toilette c'est un mystère que j'ai pas résolu alors je crois que c'est parce que ça renvoie à des moments de la vie les plus intimes pour nous tous de ces séquences quotidiennes vie quotidiennes ça dépend du transit en tout cas on est seul et à tel point qu'on peut même pas demandé d'intervenir aussi ou alors c'est vraiment ça se passe très mal donc ça il faut l'anticiper pour que ce fort là de solitude on soit autonome indemne et préservé de demander de l'aide ah mais c'est une très bonne explication mais convaincu Sergio en tout cas pour revenir à chaleur humaine donc vous voulez quand même régler des comptes avec à travers certains personnages est-ce que vos personnages devaient se rendre compte que la nature c'était génial que il l'avait abandonné qu'est-ce que vous vouliez qu'il prenne comme type de de conscience de trois choses que la nature géniale je sais pas mais en tout cas c'est essentiel ça nous détermine et d'une certaine façon il est éleveur mon personnage c'est pas par hasard c'est parce que façon de montrer que lui se vit un peu enfin c'est un mammifère même titre que c'est bête et d'une certaine façon même titre que cette chauve-souris qui a un moment je ne sais pas où au Laos peut-être bon à l'ouest de la Chine contaminé quelqu'un qui aura contaminé quelqu'un etc enfin bon tout ça je considère pas l'humain comme totalement affranchi et distancier du monde animal et pour le reste et bien c'est justement pour revenir au non-food c'est le fait de se remettre en tête que pour avoir des pattes parce que il y a eu un problème de pâtes aussi il faut qu'il y ait du blé dur et le blé c'est ce qu'on voit quand on prend le train ce qui pousse dans les champs là le truc jaune c'est le colza ça on l'avait oublié le souvenir dans les années 80 dans sondage je sais plus ouf on avait demandé à des enfants en matière de dessiner des poissons et il y en a plus de la moitié qui avait dessiné des des rectangles quoi c'est à dire que surgelés donc là c'est comme une sorte de rappel à l'ordre oui c'est un peu oui mais je l'assume oui de rappel alors le rôle de votre personnage Alexandre quand il veut absolument et il lui prend un malin plaisir d'ailleurs remettre ses sœurs dans le champ pour aller planter les patates il y a cette scène qui est qui est très très amusante puisqu'il avec un peu de peut-être de malice il force les parents à dire oui mettez-les dans les champs et mettez-leur les mains dans la terre ça c'est parce que je l'ai peut-être aussi un peu vécu au travers de mise de défis un peu comme ça excessif exagéré de façon de me mettre que vous avez fait subir aux autres ou qu'on vous a fait subir à mes personnages mais bon en même temps c'est assez humoristique en fait je veux dire c'est pas violent non je pense c'est agrémenté de trois chiots qui sont aussi infirmant qui sont aussi des personnages à part entière enfin là il n'empêche que ses sœurs d'une certaine façon se remettre en tête d'où elles viennent quoi et ça c'est moi c'est pas mauvais c'est aussi une façon de pas leur parler à ses soeur avec qui il est en froid aussi de va avoir à avoir des conversations de revenir sur le passé aussi alors c'est difficile parce qu'à ce moment là on l'a oublié mais parler était dangereux enfin je veux dire parler à quelqu'un d'autre on n'avait pas encore eu l'idée des masques enfin en tout cas on en avait plus bon c'était pas les mettre aussi voilà donc on savait pas bien comment on savait pas les mettre c'était trop compliqué on n'avait pas la formation et donc se retrouver à plusieurs dans cette ferme ça pose quand même un problème parce que là il était tout seul mais enfin à partir du moment et en plus de la ville il y avait cette suspicion là que moi après bon j'étais à la campagne et c'est vrai que j'ai ressenti comme ça se dire ceux qui viennent de la ville qu'est-ce qui nous ramène quoi et là c'est relayait des vieilles peurs des vieux fantasmes et les plaques de voitures étaient observées une façon policière donc ils sont obligés de se parler malgré tout mais il y en a deux qu'il faut préserver peut-être si Angel les gens qui sont les parents qui ont 80 ans et cela en pressant bien quand même qu'ils sont peut-être un peu plus fragiles donc on mange pas avec eux ou en tout cas on mange dehors et on prend le temps de de les protéger effectivement j'ai une question Serge en cours sur comment on peut en fait à la fois régler des comptes ou en tout cas ouvrir les yeux de ces personnages sans être dans une position morale dans une position morale est-ce que vous avez l'impression que parfois à travers vos personnages vous allez être d'honneur de leçon sur vous avez mal fait de quitter la campagne vous nous avez laissé tomber vous êtes allés à la ville vous êtes coupable il y a un peu de ça dans le fait de les avoir laissé tomber pour de vrai réalisateur se sent pas forcément dans votre propos il y a pas de de leçon en tant que tel non peut-être parce que j'ai atténué mes arrières pensées mon propos et que finalement je me glisse plutôt de la peau du personnage d'Alexandre qui est quelqu'un de plus noble que moi plus forte probablement plus distancier et surtout assez mutique enfin plutôt tes œufs donc pas du genre à donner des leçons des leçons aux autres mais par contre le fait de leur infliger cette séquence de de planter des pommes de terre dans une terre lourde qu'elles avaient oublié cette sensation là voilà de marcher dans cette terre là de foutent les mains d'avoir les ongles noirs oui c'est un peu oui c'est un peu moralisateur de ma part je regarde un livre j'ai l'impression de gens qui font des grimaces ils ne vont pas directement dans le sujet ils tournent autour ils font ils s'avancent des chaises ils font des petites grimaces ils font des problèmes mais ils vont pas directement honnère n'est-ce pas l'émotion c'est un niveau pas du tout et alors parce que ils ne font pas ils ne sont pas à la mesure de l'époque ni dans le temps de l'époque le roman n'a plus la mission qu'il avait il n'est plus un organe d'information du temps de Balzac on apprenait la vie d'un médecin de campagne normal du temps de Flaubert la vie d'adultère dans Bovary etc etc maintenant nous sommes enseigné surtout ces chapitres énormément renseigné et par la presse et par les tribunaux et par la télévision et par les enquêtes médico-sociales oh il y a des histoires il y en a il y en a il y en a avec des documents des photographies oh mais il y a plus besoin de tout ça je crois que le rôle documentaire et même psychologique du rendement est terminé mais en fait voilà il y a comme un anachronisme parce que ce qui ne le sait pas ce qui ne pouvait pas savoir à l'époque c'est 1955 c'est que cette documentation là sur l'époque sur le réel elle devient tellement abondante qu'on ne sait plus vers le tri enfin c'est si affolant et en même temps c'est c'est exaltant mais faites une recherche sur le 17 mars 2020 vous allez tomber sur une somme de podcast d'informations de journaux même de journaux télé de 20h qu'on peut consulter en entier enfin c'est juste pas possible de s'en sortir là-dedans c'est un maquis des chiffrable donc il faut des romanciers à certains moments pour rassembler les choses c'est une mine d'or pour vous pour vous pour un écrivain d'Alice pouvoir se plonger dans dans l'information presque infinie oui c'est-à-dire que ça superpose à mes souvenirs personnel et aux notes que j'avais pu prendre de façon individuelle comme ça comme une sorte de journal et d'une certaine façon validée certifiée que oui effectivement il doit Philippe est bien apparu avec Jérôme Salomon tel jour en majesté en même temps des costumes noirs Jérôme Salomon était toujours en noir une sorte de croque-mort qui se voulait rassurant quand même et qui décryptait au jour le jour et ça le simple fait de revisionner une de ces séquences là du nombre de contaminations quotidiennes et de ce schéma de la courbe qu'il fallait aplati enfin tout ça j'ai peur qu'on l'oublie pourquoi j'ai peur qu'on l'oublie peut-être pour une forme de précaution dans la mesure où ça se repasse un jour quoi et puis ça fait partie de notre histoire commune c'est pas souvent qu'une émotion collective pour le coup concerne effectivement nous tous français mais et américain du Sud chinois américain du Nord enfin c'est quand même une expérience totalement nouvelle pour l'humanité si on revient sur ce que disait Louis-Ferdinand Céline la partie à propos des des écrivains des romanciers ça veut dire qu'aujourd'hui ils n'ont pas été remplacés et qu'ils ont toujours une utilité bien sûr bah oui c'est d'ailleurs pour ça qu'on continue à voir des livres dans les physiques je veux dire dans les librairies oui qui plus à physique c'est-à-dire en papier quoi et qu'il y a une forme d'abondance de production littéraire dont certains se plaignent et dont je me réjouis moi mais regarde ce qu'on attend du romancier aujourd'hui selon vous justement qui rassemble qui rassemble un peu et qui après ça dépend de chacun de sa focalisation moi tout ce que j'ai pu lire depuis quelques années sur l'inceste évidemment je n'avais pas entendu avant on m'en avait pas parlé ou alors vaguement m'évoquait des choses mais sans vouloir me le dire mais si des romancières en particulier de l'avaient pas fait depuis 10 ans là j'en saurais pas plus c'est pas possible c'est lamentable alors ça c'est bon voilà bon moi je suis ailleurs je suis sur une sorte de d'ambition comme ça de vouloir nous rassembler tous dans une expérience commune et embrasser ce passage au nouveau millénaire parce que c'est cette période là qui m'intéresse moi madame monsieur où je la pression un peu fondatrice et cette désillusion du nouveau millénaire qui nous amène vers nos vieilles peurs en fait voilà donc l'écrivain pour vous sergent cours doit à la fois condensé mais aussi trier c'est à dire sélectionner des choses qui sont marquantes et qui peuvent être noyées dans le flot d'informations qu'on a oui c'est pour ça que je tenais avoir des personnages un peu différents qui soient dans des écosystèmes on va dire différents des positions actuelles ça me permet des coûts de projecteur sur au travers de Vanessa sur une qu'est-ce qu'une parisienne un peu moddeuse un peu qui travaille dans Internet par rapport à son frère qui lui est resté dans le même mode de vie que ces arrière-grand-parents enfin voilà et puis jeter un regard sur la prof alors je voulais effectivement un peu parler de son métier de prof mais qui a été quand même sacrément vous allez preuve à partir du confinement ça je l'avais pas décidé avant en tout cas et de même pour l'établissement enfin le pour le restaurateur l'axe gilet jaune qui a un restaurant et qui s'est trouvé lui dans une situation complètement parce qu'on vécu les restaurateurs c'est complètement fou de rester dans leur outil de travail sans pouvoir s'en servir bon ben ça peut-être que j'aurais pu me concentrer sur l'un oui j'aurais pu faire ça mais voilà c'est ce que j'ai le fait d'avoir lu Balzac me permet Zola d'ailleurs de d'élargir comme ça de pouvoir embrasser tout ça c'est un peu prétentieux peut-être romancier enfin de mon point de vue quand même vous êtes un peu prétentieux de dire écoutez je vais essayer de rassembler toute cette somme de d'information et de vécu sur la 2020 aussi bien pour moi pour vous que pour la planète entière est-ce que l'histoire de cette famille Fabrice s'arrête à la publication de ce deuxième volet chaleur humaine ou est-ce que parce que dans ces personnages il y a encore des choses que vous voudriez faire évoluer vous allez peut-être être tenté de les faire vivre encore je suis tenté j'ai commencé à écrire ça sous la forme prémonition de la catastrophe et donc en fait j'ai plus envie d'y penser parce que je le faisais presque d'une posture un peu provocatrice au départ quand j'ai commencé à écrire nature humaine et au fur et à mesure que les années passent sentiment que ça mette en place des tas de dispositifs qui possiblement peuvent nous échapper donc si je me plongeais dans le troisième top ce serait pas référent pour nous mais en même temps ça serait peut-être heureux pour moi je sais pas vous êtes souvent en voyage en vadrouille si on peut dire vous vivez entre Paris le lot parfois vous allez aussi dans dans la Nièvre on voit sur votre compte Instagram que vous êtes souvent dans un dans un train comment vous c'est votre façon à vous de vous vous immerger dans le monde de regarder comment vivent nos concitoyens vivent ceux à qui vivent à côté de nous parfois oui parce que c'est assez facile le simple fait d'être dans une gare c'est déjà on est déjà dénaturé en tout cas pour moi et délester de tout de moi-même finalement à me projeter vers un ailleurs pas trop loite moi je suis pas amateur du grand voyage j'aime bien me dépayser à 3 heures de TGV ou 5 heures d'intercité ça revient à la mode ça aussi de pas aller à l'autre bout du monde climats différents des terroirs différents des cultures des parlais des accents ça c'est infini la France est infinie et c'est ce décor qu'on retrouve dans de nombreux de beaux romans et notamment ce dernier qui vient de paraître aux éditions Alban Michel qui s'appelle chaleur humaine sergent court avant de partir vous devez faire un devoir un choix musical vous avez le choix entre la campagne ou la ville en choix musical la campagne [Musique] [Applaudissements] voiture je suis là de Paris sortie ainsi toutes les nuits courir l'été le soir aller danser est-ce une vie cela en vérité lorsque le Jason [Musique] je rêve tu sais bien je n'ai qu'un seul espoir si tu veux le savoir mon rêve d'avoir une maison à la campagne dans un petit coin bien caché [Musique] bien entendu tu m'accompagnes pour ni bercer et pour m'aimer [Musique] manuelles il suffirait pour mon bonheur dans un petit coin de campagne une chaumière avec [Musique] une maison à la campagne de Jean cirejo sergent four on vous a fait découvrir merci beaucoup d'être venu dans les midi de culture un grand merci aussi à toute l'équipe qui prépare cette émission tous les jours avec cette windoy Anaïs is Berg Cyril marchand zoravinier lui aura du Teich Perez et Manon de la selle l'émission est réalisée par Nicolas berger à la prise de son ce midi Valentin bobine et merci géraldinemos merci Nicolas et à demain à demain