Motion de censure: les discours de Manuel Bompard, François Bayrou et Olivier Faure à l'Assemblée
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Manuel BompardFait
« vous avez volontairement reporté l'examen parlementaire de la loi sur Mayotte pour le faire débuter après la première motion de censure contre votre gouvernement. »
- 1:05Manuel BompardFait
« Il a gaspillé trois premiers ministres en un an. »
- 2:17Manuel BompardChiffre
« Vous vous apprêtez donc à nous imposer 15 milliards de coupes supplémentaires »
- 1:59Manuel BompardFait
« Non, il n'y aura pas de changement de politique budgétaire. »
- 2:29Manuel BompardFait
« Non, il n'y aura pas d'abrogation de la retraite à 64 ans. »
- 4:40Manuel BompardFait
« Pas de coup de pouce pour le SMIC cette année. »
Temps de parole
- Olivier Faure37 %
- Présentateur32 %
- Manuel Bompard29 %
- Invité3 %
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Il paraît que vous vous êtes imposé au Président de la République en le menaçant s'il refusait d'accéder à votre nomination. On peut donc dire que votre mandat est marqué par le saut du chantage. Et c'est ce chantage que vous infligez désormais au peuple pour lui imposer une politique qu'il a pourtant refusée à de multiples reprises. En vérité, vous vous fichez bien de la stabilité du pays. Vous l'utilisez comme un prétexte pour imposer la continuité d'une politique. La preuve, vous avez volontairement reporté l'examen parlementaire de la loi sur Mayotte pour le faire débuter après la première motion de censure contre votre gouvernement.
Et vous avez refusé de déposer immédiatement une loi d'urgence pour que soient votées des mesures budgétaires consensuelles. Elles auraient déjà été adoptées à l'heure où l'on se parle. Mais vous préférez gouverner par la peur et braquer sur la tempe des oppositions le revolver de la paralysie du pays. Pourtant, c'est bien le président de la République qui sème le chaos. Il a gaspillé trois premiers ministres en un an. Vous êtes le quatrième et vos heures sont déjà comptées. Vous êtes en CDD. Vous tomberez aujourd'hui ou dans quelques jours. Car l'entêtement du monarque à s'accrocher au pouvoir malgré le vote des Français condamne le pays à une instabilité durable.
Seul son départ et le retour aux urnes permettra de sortir le pays de l'impasse dans laquelle il l'a plongé. Monsieur le Premier ministre, le roi Henri IV était notamment connu pour son attrait pour la ruse. En fidèle admirateur, vous vous êtes donc livré mardi à un bel exercice d'enfumage. En vous présentant comme un novice, vous pensiez peut-être nous intoxiquer. Mais après sept ans de macronisme, nous avons acquis une très large expérience à ce sujet. Je veux donc mettre en garde contre vos manipulations. Non, il n'y aura pas de changement de politique budgétaire.
En décidant de repartir du budget austéritaire et injuste du gouvernement précédent, vous rendez tout simplement impossible l'ajout de nouvelles recettes par la mise à contribution des plus hauts patrimoines ou des plus hauts revenus. Vous vous apprêtez donc à nous imposer 15 milliards de coupes supplémentaires qui pèseront sur le pouvoir d'achat des Français, sur nos services publics et sur les investissements indispensables face à l'urgence climatique. Non, il n'y aura pas d'abrogation de la retraite à 64 ans. Vous avez pourtant déployé tous vos talents d'illusionnistes pour faire croire aux uns que les choses bougeront et aux autres qu'elles ne bougeront surtout pas.
Vous avez ainsi annoncé le lancement d'un conclave censé permettre la renégociation de la réforme injuste et inhumaine que vous avez imposée par 49.3 il y a quelques mois. Mais vous avez pipé la discussion en augmentant artificiellement le déficit du régime de retraite, en y intégrant la somme versée par l'État pour payer les retraites des fonctionnaires. Et vous avez bloqué immédiatement toute remise en cause de l'âge de départ à 64 ans ou de la durée de cotisation en offrant un droit de veto au MEDEF. Vous avez, monsieur le Premier ministre, inventé la négociation où on l'est perdant à tous les coups.
Unanime pour demander l'abrogation de votre réforme, les syndicats de salariés pourront soit y renoncer pour se mettre d'accord avec le patronat, soit y renoncer parce qu'ils ne sont pas d'accord avec le patronat et que la réforme restera alors en l'État. Face je gagne, pile tu perds. Qui peut croire sincèrement ici qu'il y a une quelconque avancée pour les Français qui ont rejeté dans la rue, comme dans les urnes, la retraite à 64 ans. Monsieur le Premier ministre, si vous étiez réellement ouvert à la discussion sur ce sujet, vous laisseriez les parlementaires se prononcer sur l'abrogation de votre réforme comme nous l'avons proposé en novembre dernier.
En démocratie, c'est parfois bien de laisser voter les représentants du peuple. Non, il n'y aura pas d'avancée sociale ou démocratique. Vous avez rendu mardi hommage au mouvement des Gilets jaunes pour faire oublier que vous proposiez à l'époque d'envoyer l'armée pour le réprimer. Mais vous continuez à refuser chacune de ces revendications. Pas de coup de pouce pour le SMIC cette année. Pas de blocage des prix face à l'inflation. Pas de retour de l'impôt de solidarité sur la fortune. Pas de référendum d'initiative citoyenne. Vous préférez offrir le cumul des mandats pour les notables plutôt que de nouveaux droits démocratiques pour le peuple.
Non, il n'y aura pas de prise de conscience face à la catastrophe du changement climatique et à l'effondrement du vivant. Alors que le seuil des 1,5 degré de réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle a été franchi avec 75 ans d'avance sur l'objectif des accords de Paris, vous refusez toujours les milliards d'euros nécessaires à la bifurcation écologique. Et monsieur le Premier ministre, ce ne sont pas vos métaphores sur les poireaux qui masqueront la continuité d'une véritable politique de destruction de la biodiversité. Non, il n'y aura pas de respect dû enfin à nos compatriotes des départements dits d'outre-mer.
Alors que la vie y est plus chère que jamais et que l'accès à l'eau n'y est pas partout garanti, vous restez sourds aux demandes d'égalité. Vous avez abandonné depuis des années nos compatriotes de Mayotte. Et quand le gouvernement s'y rend aujourd'hui, c'est pour partir en tournant le dos aux habitants qui demandent des comptes sur la réponse de l'État au ravage du cyclone Chido. Non, il n'y aura pas de rétablissement de la voie de la France sur la scène internationale. Vous n'aurez rien fait pour arrêter le génocide à Gaza ou protéger le Liban des attaques du gouvernement d'extrême droite de Netanyahou.
Et vous préférez laisser votre pyromane de ministre de l'Intérieur organiser une escalade délétère et irresponsable avec l'Algérie. Vous le voyez, M. le Premier ministre, les raisons de vous censurer aujourd'hui sont nombreuses. Mais certains dans cet hémicycle, élus pourtant pour en finir avec le macronisme, s'apprêtent aujourd'hui à sauver votre gouvernement et à servir de béquille à la continuité de sa politique. Ils prétendent qu'il faut attendre de voir quelques jours ou quelques semaines. D'ailleurs, certains sont tout simplement absents au moment où sera votée la motion de censure contre votre gouvernement.
Ils prétendent qu'il faut attendre de voir quelques jours ou quelques semaines quelle ridicule justification. Nous connaissons tous des orientations politiques de ce gouvernement, de ses grandes lignes budgétaires et de sa composition, incluant des anciens premiers ministres de Macron, des mercenaires sans conviction et des ministres de la droite extrême. Mais surtout, quelle irresponsabilité de prétendre vouloir attendre encore quelques jours ou quelques semaines. Pensez-vous que le pays peut se payer le luxe de vos attermoiements ?
Pensez-vous que nos concitoyens peuvent perdre encore plusieurs semaines dans une comédie où l'on fait semblant que tout va changer pour que rien ne change et que nous nous retrouvions dans un mois au point auquel nous sommes aujourd'hui. Ce n'est pas sérieux. Chacun se trouve donc à cet instant devant ses responsabilités et sa fidélité aux engagements pris devant le peuple. Françaises, Français, notre pays n'est pas condamné à perpétuité au macronisme. Nous sommes aujourd'hui dans ce clair obscur d'où surgissent les monstres dont parlait le philosophe italien Antonio Gramsci. Ce gouvernement de briques de broc en est la plus cruelle démonstration.
C'est l'ultime affront d'un président ivre de son pouvoir. Monsieur le Premier ministre, les jours de votre gouvernement de malheur sont comptés. Quand il tombera, le monarque suivra. Et alors, et alors, dans ce grand pays d'offrance, ce peuple méprisé et martyrisé pourra reprendre le contrôle de son existence. Il pourra en finir avec une cinquième république à l'agonie. Il pourra organiser le grand partage plutôt que le grand saccage et garantir à chacun la dignité à laquelle il aspire. Il pourra faire face à ce défi du siècle qu'est la catastrophe écologique qui rappelle désormais chaque semaine sa brûlante actualité.
Il pourra enfin être aux yeux du monde cette pointe avancée de l'humanité dans la lignée de la grande révolution de 1789. Comme il l'a fait lors des dernières élections législatives, le peuple pourra refuser de s'abandonner aux tentations malsaines de la division et du racisme auxquelles vous pavez malheureusement le chemin. Monsieur le Premier ministre, c'est cette nouvelle France fidèle à sa maxime, liberté, égalité, fraternité qui attend son heure. Vous pouvez toujours nous faire perdre du temps. Vous n'empêcherez pas son surgissement. En cette froide journée de janvier, je fais donc mienne la parole pour conclure d'Albert Camus.
C'est finalement au plus fort de l'hiver que j'ai compris qu'il existait en nous un invincible printemps.
Je vous remercie. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Madame la Présidente.
Allez, s'il vous plaît. Monsieur Bernalissé, s'il vous plaît. On écoute monsieur le Premier ministre. Allez-y.
Madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés, monsieur Bompard, je n'ai pas l'intention de refaire la totalité des débats que nous avons vécu depuis plusieurs jours sur la déclaration de politique générale et sur les prémices de la discussion budgétaire. Je voudrais simplement vous lire une lettre qui a été publiée il y a moins d'un mois, exactement le 17 décembre, par la totalité des organisations des entreprises et la grande majorité des organisations syndicales, signant ensemble un document sans précédent qui s'adresse précisément à vous, aux élus et aux responsables politiques.
L'instabilité, disent-ils, dans laquelle a basculé notre pays fait peser sur nous le risque d'une crise économique aux conséquences sociales dramatiques. D'ores et déjà en France, disent-ils, les projets d'investissement sont gelés, les intentions d'embauche se sont révisées, les défaillances d'entreprises de toutes tailles se multiplient au point d'atteindre un niveau inconnu depuis longtemps. Derrière ces remontées, c'est toujours ces organisations qui parlent, les organisations de la démocratie sociale en France.
Derrière ces remontées en temps réel de nos capteurs de terrain sur notre territoire, dont toutes nos organisations disposent massivement, c'est l'économie réelle, l'avenir des entreprises et le quotidien des salariés qui sont en jeu. Les conséquences d'une instabilité prolongée pour notre société, sa cohésion, les femmes et les hommes qui la composent en seraient graves. Dans le respect du fonctionnement de nos institutions et des choix des élus de la nation, il est de notre devoir de vous alerter sur les risques réels qu'une telle instabilité génère.
Comme vous, les acteurs sociaux que nous sommes, représentants des organisations syndicales et patronales, sommes profondément attachés à la démocratie et à la démocratie sociale. Nous sommes déterminés à participer pleinement aux transformations de notre société, confrontés à une situation budgétaire et à des mutations sans précédent, qu'elles soient technologiques, géostratégiques, démographiques ou climatiques. C'est pourquoi nous appelons au nom de la confiance que les millions de salariés et chefs d'entreprise que nous représentons placent en nous et l'esprit de responsabilité qui nous guide à retrouver au plus vite le chemin de la stabilité, de la visibilité et de la sérénité.
La voie du paritarisme qui passe par le dialogue, la négociation collective et la construction du compromis est en capacité d'apporter des réponses concrètes. Nos organisations en ont fait encore récemment la démonstration. Il en va de notre capacité à être porteur de progrès et de justice sociale, de performance économique et sociale et de respect de l'environnement. Les interlocuteurs sociaux seront comme toujours au rendez-vous du dialogue et de la responsabilité.
Toutes les organisations représentant des entreprises et la majorité, l'immense majorité des organisations de salariés et l'immense majorité des organisations de salariés ont signé ce texte et c'est la première réponse qui méritait d'être apportée, M. Bompard, à votre présentation de la motion de censure. Deuxièmement, Je crois que nous ne prenons pas la mesure de ce qui est en train de se passer à l'heure qu'il est et dans les jours où nous sommes. Nous sommes, nous, la France et nous, l'Europe en situation de citadelle assiégée.
Nous sommes, nous, la France et nous, l'Europe confrontés à des puissances qui ont désormais décidé et choisi le parti de la domination sur la société que nous formons et la civilisation que nous portons. Hier, à la fin du mois de décembre, la Chine a franchi le cap du millier de milliards d'excédents commerciaux. L'Allemagne est en récession. Le chiffre a été publié hier matin. Pour la deuxième année consécutive, l'Allemagne est en récession. Heureusement, la France, avec un peu plus d'un pour cent de croissance, échappe à cette récession.
C'est toute l'Europe qui est atteinte et la France, plus que tout d'autre, parce que son projet est évidemment, son projet de pacte social est évidemment menacé par la crise que nous traversons. et c'est là que nous avons la divergence ou la confrontation la plus significative. La motion de censure, M. Bompard, que vous avez présentée, elle a une signification. Elle dit nous voulons rester dans l'affrontement au sein de notre peuple entre les... S'il vous plaît, s'il vous plaît. Nous voulons rester, dites-vous, c'est ça que vous dites. Allez, écoutez.
Nous ne voulons pas, dit votre motion de censure, nous ne voulons pas qu'on sorte de l'affrontement pour entrer dans la pratique du dialogue, de la négociation, de la construction de l'avenir que nous avons à faire ensemble. C'est la raison pour laquelle les bancs que vous appelez à vous soutenir sont totalement vides. Vous avez... Vous êtes dans une situation... Vous êtes dans une situation où vous voulez choisir la guerre intestine au sein de notre pays. Vous voulez... Vous voulez que l'affrontement soit la loi, que la... Que le... Que la... Que l'affrontement soit la loi et vous voulez que la... Conflictualisation comme... Excusez-moi,
M. le Premier ministre, ceci ne doit pas être un dialogue. Je demande aux députés de la France insoumise de bien vouloir se taire et d'écouter M. le Premier ministre qui va faire son intervention et nous reprendrons le cours de nos travaux. Mais on n'est pas dans un débat. On est dans un examen tel qu'il est prévu par nos textes. Seul le Premier ministre a la parole. Seul le Premier ministre a la parole. M. le Premier ministre, allez-y. Je vous remercie de vous taire, s'il vous plaît. Allez-y, M. le Premier ministre. M. le Premier ministre.
Merci, Mme la Présidente. Et donc, je dis que le choix qui est devant nous dans la situation si grave que connaît notre pays et dont toutes les activités dont tous les travailleurs souffrent et sont menacés, ce choix est entre l'affrontement intérieur perpétuel et la tentative de chercher un chemin de dialogue, de réflexion, de compromis, de négociation pour que les choses avancent. C'est la raison pour laquelle ce vote est très significatif. c'est que la démocratie ce n'est pas l'affrontement perpétuel. Et donc, de ce point de vue-là, je prétends que le vote que nous allons avoir est absolument significatif.
J'ajoute que le chemin que nous avons choisi de prendre, ce chemin-là, c'est celui de la tentative, je ne suis pas assuré qu'elle réussira, de construire un avenir différent à partir de la contribution de tous ceux qui, par l'expérience sociale et politique, savent, disent, affirment qu'ils vont pouvoir améliorer la situation de notre pays. La situation de notre pays du point de vue des finances publiques, elle est terriblement inquiétante.
La situation de notre pays du point de vue de l'économie, de l'industrie, elle est terriblement inquiétante, cependant qu'ailleurs, et on peut tourner nos regards vers les Etats-Unis où le président sortant des Etats-Unis a fait hier soir un discours extrêmement significatif parce qu'il a dit que ce grand pays était en voie de se trouver livré à des oligarchies.
Il a marqué le danger interne aux Etats-Unis et c'est aussi un danger pour la planète où des puissances extérieures à la politique ont décidé de se servir de la politique pour imposer leur point de vue et leur vision du monde qui n'est pas très éloignée de la vôtre parce qu'en réalité ceux qui veulent l'affrontement et ceux qui veulent la domination ils sont au fond du même avis. ils sont décidés à ce que le compromis la discussion la réflexion le progrès progressif le progrès progressif ne puissent pas trouver leur place.
C'est pourquoi c'est pourquoi je le crois la motion de censure que vous présentez ne pourra pas être adoptée et je le crois un autre chemin se dégage difficilement après beaucoup de travail de discussion de négociation où chacun a apporté ce qu'il croyait et ce qu'il avait de plus précieux un autre chemin se dégage pour qu'une entente permette de construire un avenir différent c'est la seule réponse qui doit être apportée par le vote que va émettre l'Assemblée nationale à la motion de censure destructrice que vous avez présentée. Je vous remercie.
Merci beaucoup Monsieur le Premier Ministre La parole est à présent à Monsieur Olivier Faure pour une durée de dix minutes pour le groupe socialiste
Madame la Présidente Monsieur le Premier Ministre Madame et Messieurs les Ministres mes chers collègues Nous sommes dans l'opposition et nous y resterons Nous ne croyons pas en un en même temps qui entretient une confusion qui a pour seul effet de donner l'exclusivité de l'alternative à l'extrême droite Nous sommes dans l'opposition mais nous avons aussi signifié notre ouverture au compromis La situation politique actuelle est inédite puisque aucune coalition ne dispose d'une majorité absolue Vous êtes vous-même à la tête d'un socle commun dont on peine à voir le socle et qui n'a de commun que la volonté de siéger au conseil des ministres Nous avons tous entendu il y a deux jours Monsieur Wauquiez expliqué à cette tribune que son parti alors qu'il participe au gouvernement ne voterait les projets de loi qu'au cas par cas Mais pour permettre au pays d'être gouverné au cours des 28 prochains mois nous vous avons proposé dans un premier temps un pacte de non-censure qui reposait sur trois conditions Le non-usage du 49-3 un changement de cap le respect du front républicain en vous refusant à faire dépendre votre survie de l'extrême droite comme l'a fait votre prédécesseur Vous n'y avez pas donné suite Il n'est donc plus question de pacte de non-censure comme cela peut exister dans d'autres pays avec des gouvernants minoritaires Un vote de censure est donc possible à tout moment Depuis dix jours nous sommes entrés en négociation avec vous et vos ministres Nous avons fait ce choix non pour négocier une place obtenir un ministère ou un avantage quelconque Nous l'avons pris pour vous arracher des concessions qui n'auraient pas vu le jour sans cette discussion Nous n'avons pas la négociation honteuse Et vous ne devriez pas davantage en avoir honte Je vous ai écouté lors du discours de politique générale Vous auriez dû par simple respect du dialogue engagé puis dire que vous aviez prévu nombre de coupes claires qui auraient directement porté atteinte au quotidien des français les plus vulnérables et de reconnaître que nos échanges notre dialogue notre négociation a permis de faire bouger les lignes grâce à la négociation Il n'y aura pas de retour du gel des pensions de retraite en 2025 Pas d'augmentation des taxes sur l'électricité Pas de déremboursement des consultations chez le médecin et pas d'aggravation du déremboursement des médicaments 12 000 postes de personnel soignant hospitalier créé ou maintenu Pas de passage d'un à trois jours de carence dans la fonction publique Pas de suppression de 4 000 postes d'enseignants 2 000 créations de postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap Pas de baisse du budget des outre-mer comme le proposait le budget Barnier L'extension du prêt à taux zéro au neuf et à tout le territoire et les maires seront financièrement aidés incités à construire plus de logements sociaux Nous avons également obtenu le minimum de justice fiscale la spéculation financière les dividendes seront mieux taxés le crédit impôt recherche la niche fiscale la plus coûteuse sera limitée et les patrimoines les plus insolents seront à nouveau taxés ce que nous demandons avec Gabriel Zuckman depuis des années et que vous refusiez obstinément depuis la fin de l'ISF Alors pourquoi n'assumez-vous pas aussi et je vous le dis dans un conseil presque amical c'est 21 milliards de recettes nouvelles comprenons-nous bien le résultat de cette négociation n'a pas miraculeusement transformé le futur budget en budget de gauche les lois de finances ne sont pas celles que nous adopterions si nous étions au pouvoir mais c'est notre honneur d'avoir évité aux françaises et aux français oui notre honneur d'avoir évité aux françaises et aux français ces mesures qui ont un impact direct sur leur pouvoir d'achat leur capacité à se soigner à offrir une éducation de qualité à leurs enfants de rétablir un minimum de justice fiscale dans un pays où le CAC 40 sable le champagne tandis que 9 millions de nos concitoyens vivent sous le seuil de pauvreté je le dis à mes collègues de droite comme de gauche si souvent nous nous sommes interrogés sur notre utilité sur ces heures ces nuits passées sur ces bancs sans conséquence sur la vie des français notre vocation n'est pas toujours de nous limiter à prendre date en attendant toujours la prochaine élection elle est d'arracher jour après jour toutes les victoires possibles mais monsieur le premier ministre vous le savez aussi la clé de vous de cette négociation sur la réforme portée sur la réforme des retraites de 2023 qui demeure une blessure sociale et démocratique vous avez accepté un premier pas en rouvrant le débat je ne minimise pas le geste jusqu'ici les gouvernements précédents s'étaient refusés à toute remise en cause de ce qui est apparu progressivement comme le totem de la Macronie en reconnaissant qu'il était possible vous l'avez dit de parvenir au même résultat avec une réforme plus juste vous avez ouvert la possibilité d'une alternative vous avez accepté à notre demande de ne pas différer le débat et vous réunirez donc dès demain les partenaires sociaux si vous êtes gênés prenez la parole après moi vous l'avez prise avant moi faites-le mais si vous pensez que ce que je dis là n'a aucun intérêt pour les français qui ne sont pas heureux de voir une gauche qui propose une gauche qui avance une gauche qui fait céder le gouvernement alors dites-le vous avez accepté à notre demande de ne pas différer le débat et vous réunirez donc dès demain les partenaires sociaux très bien ils auront la maîtrise de leur ordre du jour et tout sera sur la table âge légal cotisation pénibilité carrière hachée égalité femmes-hommes source de financement mobilisable le dialogue social la démocratie sociale que nous avons tous ici pendant 7 ans demandé à ce qu'elle soit respectée et bien cette fois-ci il est possible qu'elle revienne les français monsieur le premier ministre se sont exprimés dans la rue dans les sondages dans les élections et ils ont été clairs le contrat social français repose pour partie sur l'accès à la retraite en bonne santé 64 ans c'est peut-être jeune pour ceux qui aiment leur métier sont reconnus dans l'ambition et ne souffrent pas de l'usure de la pénibilité mais pour tous les autres chaque trimestre supplémentaire est une souffrance et donc tout doit être sur la table y compris les financements alternatifs qui permettent de ne pas reculer l'âge légal à 64 ans en annonçant dans un premier temps avant le courrier que vous venez de nous adresser qu'en l'absence d'accord général il y aurait un retour pur et simple à la réforme de 2023 vous avez déjà indiqué à ceux qui n'ont aucune intention de bouger qu'il leur suffisait de bloquer la discussion de l'enliser pour obtenir satisfaction vous ne pouvez pas accorder un droit de veto au tenant de l'immobilisme au cours des prochains jours chacun des partenaires sociaux indiquera les voies qui permettent de consolider notre système par répartition nous n'accepterons pas une condamnation au plus petit dénominateur commun c'est la raison pour laquelle accord ou pas accord nous souhaitons que le Parlement ait le dernier mot nous allons donc donner toutes ces chances à la négociation mais que personne ne s'y trompe si nous avons le sentiment que le débat est verrouillé et ne permet pas d'aller au bout des alternatives nous déposerons une motion de censure nous n'accepterons pas le statu quo en ouvrant la discussion monsieur le Premier Ministre vous devez prendre la mesure des espoirs qu'elle peut soulever et que rien ne serait pire qu'après avoir ouvert une perspective positive vous preniez la responsabilité de revenir en arrière si tout apparaît comme un simple simulacre alors vous nourrirez une colère qui balayera tous les efforts entrepris et déroulera le tapis rouge à l'extrême droite si l'on veut bien s'éloigner un instant de nos débats franco-français et j'en termine par là Trump entre à la Maison Blanche dans 4 jours qui promet déjà d'annexer tout le continent américain son allié Musk qui s'ingère dans les affaires internes des Britanniques et des Allemands Poutine qui n'a pas baissé ses prétentions face à nos amis ukrainiens le Proche-Orient encore en feu et Gaza qui succombe même si ce que nous apprenons ces dernières heures nous réjouit ce cessez-le-feu tant attendu et j'allais dire et la libération des otages bien sûr Erdogan se rêve en nouveau sultan et Xi Jinping en dernier empereur il faut il faut une puissance d'équilibre cette force c'est l'Europe et en Europe la France ne peut basculer aux mains de l'extrême-droite après l'Autriche ce qui se joue maintenant est proprement historique et suppose une certaine hauteur de vue en ne censurant pas dès vos premiers pas votre gouvernement Monsieur le Premier ministre vous l'avez compris nous ne vous accordons pas pour autant notre confiance mais nous avons choisi de ne pas pratiquer la politique du pire parce qu'elle peut conduire à la pire des politiques c'est-à-dire l'arrivée de l'extrême-droite c'est la raison pour laquelle nous ne vous en surerons pas Monsieur le Premier ministre
Merci beaucoup Monsieur le député Merci à vous
Olivier Faure