Canicule: pour Valérie Pécresse (LR), "il y a un problème en France avec le système D"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Pour l'heure il est 19h15, vous regardez BFM dimanche soir, vous avez raison puisque c'est l'heure du débat du dimanche soir face à Alain Douamel ce matin. C'est la présidente de la région Île-de-France qui va nous rejoindre, Valérie Pécresse. L'île-de-France qui fait peut-être partie des régions peut-être les plus touchées par la canicule qui est en train de quitter la France. Le premier bilan national fait état d'au moins 1000 morts, bilan extrêmement provisoire. Bonsoir Valérie Pécresse. Bonsoir. Et bonsoir Alain Douamel, ravi de vous retrouver. Je signale que c'est votre dernière de la saison. On se retrouvera avec grand plaisir mais après l'été.
Mais je ne pouvais pas ne pas vous le dire. Pourquoi vous vouliez débattre avec Valérie Pécresse ce soir ?
D'abord par principe j'aime bien les gens énergiques. Et ensuite elle est la présidente d'une région très importante donc particulièrement bien placée pour mesurer ce que sont les effets de la canicule évidemment. Ce que sont les effets, ce que sont les traitements, ce que sont les causes et ce que sont les améliorations possibles.
Question toute simple. Est-ce que vous avez une idée vous du bilan en Île-de-France ? On sait qu'aujourd'hui ce sont uniquement les certificats d'essai électroniques qui permettent d'établir cette surmortalité de 1000 morts. Est-ce que la présidente de la région sait aujourd'hui s'il y a eu une surmortalité et si oui de combien ?
Alors oui on sait qu'il y a eu une surmortalité mais aujourd'hui c'est absolument impossible de faire un vrai bilan parce qu'il reste encore une petite inquiétude. Vous savez qu'à Paris il y a beaucoup de personnes qui vivent seules donc on attend encore quelques jours. Et puis il y a souvent aussi un effet retard pour des personnes malades ou des personnes âgées, des effets retard de ce stress épouvantable et de cette souffrance qu'ils ont vécu là pendant une semaine. Donc il faut encore attendre. Le bilan malheureusement il va s'alourdir certainement dans les jours qui viennent.
Alain Dommel, le débat on l'entend ces dernières heures, ces derniers jours. A peu près toutes les oppositions tombent sur le gouvernement en disant la gestion a été catastrophique. C'est un fiasco la gestion de cette canicule, parfois même pour des motifs différents. Est-ce que le gouvernement il a été à la hauteur pour vous ?
Écoutez, bon d'abord quand il y a une catastrophe de ce genre, quel que soit le gouvernement, quelle que soit sa sensibilité politique, on sait que de toute façon on va lui reprocher de ne pas du tout avoir fait ce qu'il avait à faire. Bon j'ai toujours connu ça. Au-delà, bon c'est une situation qui est vraiment exceptionnelle, je veux dire ça a duré, les risques évidemment pour les personnes âgées sont énormes. Effectivement on n'en connaîtra l'ampleur que dans quelques jours, peut-être même un peu plus tard encore, puisqu'il y a beaucoup de réactions qui sont négatives et tardives chez les personnes très âgées.
Donc c'est une situation très difficile dont aucun gouvernement ne peut se tirer à son avantage, parce que tout le monde est toujours choqué par quelque chose comme ça. Est-ce qu'il y a eu des défaillances particulières ? Est-ce qu'il y a eu un manque de réactivité ? On en discutera quand on le saura plus, mais en tout cas c'était évident que la question serait posée et qu'il y aurait des gens pour dire qu'on n'a pas fait ce qu'on devait faire.
Je vous en cite un petit florilège. Marine Tondelier, chez les écologistes, certains devront en tirer les conséquences de la gestion de cette canicule. Clémence Guettet, chez les Insoumis, la gestion de la canicule est une catastrophe. Jean-Philippe Tanguy, du Rassemblement National, parle lui de fiasco. Est-ce que vous ajoutez votre voix au leur et à ses critiques ?
Absolument pas, parce que d'abord quand il y a une période comme ça de grande souffrance pour les Français, que ce soit une pandémie, que ce soit une crise ou que ce soit une canicule, moi je ne suis pas du tout dans la polémique, je suis dans l'action. Et je me dis comment est-ce que la région peut être utile, comment est-ce qu'on peut se rendre utile. Et moi je n'ai vu autour de moi, cette semaine, que des gens qui étaient exactement dans cet état d'esprit.
Et quand je dis ça, je pense évidemment aux autorités préfectorales, je pense aux soignants, je pense aux agents de la SNCF qui par 40 degrés sont allés réparer des caténaires, je pense aux conducteurs de bus, dans certains bus qui ne sont pas climatisés, il faisait très chaud, on a continué à servir. Je pense aux étudiants de médecine qui ont proposé de venir en renfort des SAMU, aux étudiants infirmiers qui ont proposé de venir à domicile pour aider. Tout le monde s'est retroussé les manches. Et je pense que c'est un peu méprisant de ne pas reconnaître cette mobilisation de tout le pays pour faire face.
Et évidemment il y a des responsabilités sur peut-être l'adaptation au réchauffement climatique ou la lutte contre le réchauffement climatique sur le long terme. Et on va en parler ce soir, mais sur la gestion de la crise, je pense que sur le terrain, il y a eu des milliers de Français, des dizaines de milliers qui se sont battus. J'ai fait des maraudes avec les associations caritatives pour aller donner de l'eau au centre de domicile fixe. On a été dans les hôpitaux où on voyait vraiment les soignants se démener. Certains qui ont renoncé à prendre leurs vacances. C'est quand même très injuste de dire ça. Et je voulais le dire.
Je voudrais vous montrer une image.
Il y a eu des improviseurs qui ont fait passer les examens, qui ont été obligés de faire du système D.
Et on va parler des écoles, on va parler aussi de ce qui s'est passé dans les trois ans. Je voudrais vous montrer, Alain Doamel et Valérie Pécresse, une image. Ça ne se passe pas en Ile-de-France, ça se passe du côté de Clermont-Ferrand où des jeunes d'un quartier avaient installé une piscine en bas de leur tour. Ça a été relayé par nos confrères de France 3. Cette piscine a été désinstallée par les policiers qui sont même venus à deux reprises, qui ont fait hurler une partie des habitants. La police explique que non, non, c'est une occupation illégale de cet endroit-là. Ils n'avaient pas, il aurait fallu demander une autorisation ou pas. Est-ce que c'est une image qui vous choque ?
Ou après tout, est-ce que c'est aussi de l'adaptation au réchauffement climatique, ça ?
– Disons que c'est une initiative vigoureuse de la part de jeunes en question. Ça pose dans ces cas-là, quand c'est quelque chose d'improvisé par des gens qui n'ont pas été missionnés pour le faire, parce que la piscine, ça doit correspondre à des caractéristiques extrêmement précises, à des surveillances extrêmement précises, pour éviter des risques qui malheureusement existent. Bon, évidemment, on ne peut pas laisser passer ça. En même temps, je vais vous dire, je trouvais que c'était plutôt sympathique leur idée, et je les comprenais, mais je les comprenais, mais il ne fallait pas.
– Valérie Pécresse, si ça se passait en Ile-de-France, vous diriez quoi ?
– Un petit peu la même chose que Patrice Duhamel, on a eu… – Alain, Alain.
– Pardon ?
– Mais Patrice, c'est aussi bien.
– Excusez-moi, j'ai beaucoup de respect pour les deux.
– C'est comme l'étreinte, Duhamel peut-en cacher un autre.
– C'est ça, pardon, mais oui, je pense un peu la même chose qu'Alain Duhamel. Vous savez, en Ile-de-France, là, cette semaine, on a eu plusieurs dizaines de noyades dans des zones de baignade interdites. Donc je comprends aussi que les policiers soient très précautionneux avec ces petites piscines, parce qu'il suffit d'un enfant de 2-3 ans qui n'est pas sous surveillance de ses parents, qui se baigne dans cette piscine non autorisée, sans surveillance, et là, c'est un drame. Donc les policiers, je ne pense pas qu'on puisse les blâmer.
En revanche, ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu pas mal de systèmes D pendant cette semaine, c'est-à-dire par exemple des parents qui donnaient des petits ventilateurs à leurs enfants et on leur disait « mais vous n'avez pas le droit de venir en classe avec un ventilateur », ce genre de choses. – Ça, vous ne comprenez pas. – Je pense qu'il y a un problème en France quand même avec le système D. On l'a vu d'ailleurs pendant la crise Covid, où beaucoup de Français ont fait vraiment des choses incroyables et qui n'étaient pas du tout autorisées par quiconque, mais ils se sont mobilisés. Donc je pense qu'il faudrait qu'on puisse être de temps en temps un peu plus souple.
Par exemple, je vous donne un exemple. Nous, à la région, moi j'ai dit « c'est pas possible ». Il y avait trop d'agents qui me disaient que c'était l'enfer chez eux. J'ai dit « les enfants, on va les accepter ». Pendant toute la semaine, on va dire à tous les agents qui ont des enfants chez eux, qui sont vraiment en train de suffoquer, on va leur dire « venez avec vos enfants ». Alors tout le monde m'a dit « mais ils ne vont pas travailler ». Ben si, ils sont venus, on a fait un pool.
– Moi, quand il y a des enfants, pardon.
– Oui, mais je vais vous dire, si on ne l'avait pas fait, ils seraient restés chez eux, ils nous auraient posé un congé, ils auraient dit qu'ils ne pouvaient pas venir. Et par ailleurs, on a eu 191 enfants qui étaient plutôt heureux et qui ont visité le conseil régional, on les a accueillis, on leur a expliqué ce que c'était que la région, voilà. Et certains ont pu préparer leurs examens aussi dans des meilleures conditions. C'est le système D. Et le système D, il faut qu'il puisse exister, parce que nous, on n'était pas assurés pour ça, mais on l'a fait quand même.
– Nous sommes quand même en France une des bureaucraties les plus complexes du monde. C'est non seulement logique, mais nécessaire d'avoir de l'imagination pour essayer d'assouplir ça. Je veux dire, c'est du bon sens dans les périodes de crise.
– Vous savez qu'il y a eu un autre coup de chaud cette semaine, mais cette fois-ci au sein de la classe politique au sujet de la clim. Le Rassemblement national présentera dans les jours qui viennent un plan massif de climatisation de la France. Les écologistes finalement en veulent bien, mais uniquement dans certains bâtiments publics, même si Marine Tandelier estime qu'elle n'a pas changé d'avis sur cette question. Et la ministre de la Transition écologique, Monique Barbu, a jeté elle aussi un petit pavé dans la clim. Écoutez.
– Je suis horrifiée par les gens qui me disent « Ah, mais il n'y a qu'à mettre la clim partout. » « Très bien, on va mettre la clim partout. » Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter une culture de ne pas exister ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien. Rien. Ça, ce n'est pas de l'adaptation. Ça, c'est une mesure d'urgence, peut-être, qu'on peut prendre. Il faut forcément, bien évidemment, que les gens ne suffoquent pas. On est bien d'accord. Mais ce n'est pas de l'adaptation au changement climatique.
– Elle s'est fait attaquer de partout, Monique Barbu, après ses propos. Qu'est-ce que vous en pensez, Alain ?
– Évidemment, dire qu'on va installer partout la climatisation, on sait très bien que c'est une utopie. En plus, une utopie est extrêmement coûteuse. Mais enfin, c'est une utopie. Bon, maintenant, un petit peu de bon sens de temps en temps. Je trouve que, venant d'Inde, en l'occurrence une ministre, c'est assez rafraîchissant.
– C'est-à-dire que vous pensez qu'il y a un petit côté Jean-François Matéi, ministre de la Santé, en 2003, posant dans son jardin pendant ses vacances, pendant la canicule ? – Non, non, je ne dis pas ça. – Non ?
– Non, non, je trouve que… Non, je pense que c'est assez différent, au contraire. Bon, Jean-François Matéi, il a commis une erreur de psychologie, il ne fallait pas se montrer en chemise Lacoste, dans un cas comme ça, quand on est le ministre en charge. Bon, d'accord, c'est un problème essentiellement de communication, très malheureux pour lui, d'ailleurs. Bon, là, ça n'est pas ça, elle dit plutôt des choses de bon sens, assez simples, on n'a pas du tout l'impression d'entendre une ministre, on a vraiment l'impression d'entendre la personne qu'on a rencontrée au carrefour du coin, et qui vous dit, moi là-dessus, sur le climat, je pense ça.
C'est à la fois assez rafraîchissant, j'y reviens, qu'il y ait des ministres ou des responsables, de toute façon, de haut niveau, qui tiennent des propos comme tout le monde. Je trouve que ça a un côté rafraîchissant et, d'une certaine manière, encourageant. Valérie Pécresse a l'air moyennement d'accord avec vous. Mais c'est son droit, le... Oui, mais je le signale tout de même. Oui, oui, oui. De toute façon, je lui fais confiance pour répondre, ça.
Oui, alors là, cher Alain, on est en désaccord total. Pourquoi ? Tout simplement parce que la clim, ça sauve des vies. Donc une ministre de l'Environnement ne peut pas dire que la clim, parce que...
Non, c'est la généralisation dont il s'agit.
Non, non, non, non, à la fin, elle dit...
Je suis horrifié par ceux qui disent qu'il faut mettre la clim partout. Oui, vous voyez, c'est ça. C'est ça qui a fait réagir.
La vérité. Parce que j'ai entendu aussi Marc Fauvel, avant que j'arrive sur le plateau, et je l'ai entendu expliquer que la clim était de droite et l'écologie... J'ai posé une question. Valérie Pécresse a dit... Non, non, non, vous pouvez pas savoir.
J'ai posé la question, j'ai dit, est-ce que la clim, finalement, elle est de droite ?
Parce qu'effectivement... Mais c'est une très bonne question. Et moi, je voudrais renvoyer dos à dos à la fois le Rassemblement National et les idéologues de l'écologie. Pourquoi ? Parce que je pense que les deux, à leur manière, portent une part de responsabilité dans ce qui nous arrive. Les deux, pourquoi ? Parce que les écologistes idéologues, effectivement, on les a vus, ils font de l'idéologie surtout, et c'est vrai que la clim, elle consomme de l'énergie, donc elle aggrave, quelque part, le réchauffement climatique. Ça, c'est vrai. Mais, en même temps, il y a des personnes qui souffrent. Et quand les personnes souffrent, on ne peut pas rester sourds à leur souffrance.
Et donc, il faut avoir une écologie positive, une écologie pragmatique. C'est ce que j'ai fait. Moi, j'ai brisé le tabou de la clim il y a 10 ans, quand je suis arrivée. Parce qu'on avait eu la canicule de 2003, on avait toutes les alertes du GIEC, et les Verts, qui dirigeaient la région avec les socialistes à l'époque, avaient interdit d'acheter des bus climatisés. On a pris, entre 2003 et 2015, 12 ans de retard dans la climatisation des transports en Ile-de-France. 12 ans de retard. Quand je suis arrivé en 2016, j'ai dit, on arrête tout, tous les nouveaux matériels seront climatisés. On a, en 10 ans, acheté 1 600 trains climatisés. On a acheté déjà 6 000 bus climatisés.
Mais, et c'est ça qui me blesse, c'est qu'en 10 ans, avec 25 milliards d'euros d'investissement sur le matériel roulant, 25 milliards, on n'a fait que les deux tiers du chemin. C'est-à-dire que, cette semaine, j'avais autant de gens qui me remerciaient, ceux qui avaient les nouveaux trains climatisés, que de gens qui m'insultaient en disant, mais pourquoi ? Non, mais je voudrais, je veux finir, je veux finir parce que, maintenant, il y a l'ERN qui nous dit, ah, crampe l'enclime, mon Dieu, ils ont découvert. Ils ont découvert la clim. Mais les Verts, ils sont climato-sceptiques depuis toujours. Les Verts, il y a encore 3 ans, Marine Le Pen... Le RN, vous voulez dire ? Oui, le RN. Le RN.
Marine Le Pen, il y a encore 3 ans, disait que le rapport du GIEC était alarmiste. Voilà. Alors, aujourd'hui, on a un RN qui était contre toutes les mesures permettant de ralentir le réchauffement. Toutes les mesures. Toutes les mesures qu'on prenait. Et de l'autre côté, vous avez les écologistes qui sont contre toutes les mesures d'adaptation qui permettent de moins souffrir du réchauffement. Donc, il faut faire de la lutte contre le réchauffement. Il faut faire aussi de l'adaptation. Il faut faire les deux. Et c'est ce qu'on fait en Ile-de-France. Et moi, je plaide pour cette écologie positive qui, pour moi, doit être l'écologie de droite. Alain Doamel.
En tout cas, quand on prenait les transports en commun ce week-end, dans Paris, les conducteurs d'autobus avaient beaucoup de mérite. Parce que j'ai pris plusieurs fois les autobus pendant ce week-end. Et je suis monté à leur demande, deux ou trois fois, juste à côté du chauffeur pour voir dans quelles conditions ils travaillaient. avec la température qui avait continué à rester aussi attentif, aussi lucide et aussi prudent, franchement, je trouvais qu'ils avaient du mérite.
Vous avez totalement raison. Parce que même avec la clim dans un bus, les portes s'ouvrent tout le temps. Oui. Et se referment tout le temps. Donc avec une vague de canicules comme on a, on n'arrivera pas à avoir...
Et les chauffeurs sont à côté des portes qui s'ouvrent. Justement, Alain, je voulais vous montrer une des images de la semaine. Vous avez peut-être vu passer, Valérie Pécresse, ce conducteur de bus qui a fini dans le trottoir, après avoir fait un malaise à Paris. Bus non climatisé, mais ça, on en a parlé. Mais est-ce que c'est normal de laisser travailler ? Il faisait, d'après la CGT qui a publié cette vidéo, en tout cas qui l'a commentée, il faisait entre 40 et 45 degrés dans la cabine de ce conducteur de bus qui pose la question de ce qu'on peut faire ou pas faire quand il fait une telle chaleur. Alain Dommel, est-ce que pour vous, à 40, on annule tout ?
Ou à 35, on annule tout et on arrête de travailler ?
Bon, c'est très compliqué. Parce qu'on se dit, quand il y a une température hors des normes, c'est non seulement dangereux, mais injuste d'une certaine manière de demander à ceux qui sont agents du service public de continuer à faire le même travail comme si rien ne se passait. Et d'un autre côté, on sait très bien que si, par exemple, on disait « Vraiment, il fait trop chaud, il faut arrêter les autobus ». Toutes les personnes un peu en difficulté, se déplaçant mal, fatiguées, malades, âgées, etc., se retrouveraient sans les autobus et souffriraient doublement de la chaleur.
Bon, donc, réponse, quand il y a une situation aussi grave que ça, aussi inhabituelle quand même, parce qu'elle est inhabituelle. Bon, il n'y a pas une solution idéale en disant « il faut arrêter tous les bus », au contraire, il ne faut rien changer. Les bus ou les usines, hein ? Ben, tout. Ceux qui doivent travailler dans des conditions particulièrement difficiles. Mais il y en a énormément qui sont obligés de... Déjà, tous ceux qui travaillent dehors, dans un cas comme ça, sont tous concernés, évidemment, par la température. Moi, je voyais de mon immeuble des couvreurs... Qui continuaient à travailler. Qui travaillaient. Je me disais « Je ne suis pas chef d'équipe de couvreur ».
Et si j'étais chef d'équipe de couvreur, quand même... Ils seraient à la maison. Ben oui.
Il y a beaucoup d'employeurs qui ont choisi de préserver leurs salariés en arrêtant un certain nombre de chantiers. Mais ce qu'a dit Alain Duhamel est parfaitement exact. Le problème, c'est qu'un service public, si on prive les personnes de bus ou si on prive les personnes de train, c'est évidemment très difficile. Mais je voudrais revenir sur cette question de rafraîchir. Parce que c'est ça, ce que les Français nous demandent aujourd'hui. C'est comment est-ce qu'on va pouvoir rafraîchir tous ces lieux. Et là aussi, je voudrais revenir sur le plan clim. Dire plan clim en un clic, moi je suis bien placé pour vous dire 10 ans pour la climatisation des transports.
Et on n'a fait que 2 tiers du chemin. On n'a fait que 2 tiers du chemin alors même qu'il y avait une autorité politique, c'était la région Île-de-France, qui avait mis l'argent sur la table. Mais il y a la volonté politique de mettre la clim. Il y a ensuite les industriels qui doivent être au rendez-vous. Aujourd'hui, on a des pénuries de bus. On attend 1000 bus climatisés qui ne sont pas arrivés, qui ont un an de retard. Le RERB qui aurait dû être livré, le nouveau RERB climatisé, qui aurait dû être livré en 2025, il a 4 ans de retard. Parce qu'on a eu des problèmes avec Alstom.
La ligne du Grand Paris Express 15 Sud, qui sera complètement climatisée, cette ligne aurait dû ouvrir en 2025, on nous l'annonce pour fin 2027. Donc la vérité, c'est que c'est du temps long, le réchauffement climatique. Ça nécessite de la constance, ça nécessite une certaine vision de où on veut aller, et ça nécessite des investissements qui ne peuvent pas être taris en cours de route. C'est aussi quelque chose qui nous inquiète, parce qu'on voit bien que l'État, pour résoudre ses problèmes de déficit, coupe les crédits. Or, aujourd'hui, on a besoin d'aller beaucoup plus loin dans ce rafraîchissement et cette adaptation au réchauffement.
Je reviens à ce qu'on disait sur ceux qui travaillent quand il fait extrêmement chaud. Alain Demel, vous disiez, ce serait... Les gens que j'ai vus en train de couvrir, les couvreurs que j'ai vus, auraient dû rester à la maison. Marine Tondelier, la patronne des écologistes, proposait un congé climatique jusqu'à 5 jours par an pour rester à la maison le jour où il fait trop chaud, ou garder les enfants plutôt que de les envoyer au conseil régional. d'Île-de-France. Est-ce que ça vous semble utopique ? Est-ce que ça vous semble à moindre des choses ? Ou est-ce que vous vous situez là-dessus ?
Non, ça me semble démagogique. Je veux dire, si on commence à propos de tout, à dire 5 jours de congé supplémentaire pour ceci, pour cela, d'abord, qui décidera à quel moment on commence, si ça doit s'appliquer ou pas s'appliquer, à qui ça doit s'appliquer ? Je veux dire, autant il y a des précautions à prendre, d'ailleurs, elles le sont souvent, mais elles ne le sont pas toujours, autant il y a des précautions à prendre, je pense par exemple à tous les locaux scolaires.
Autant la question que moi je me pose à chaque fois qu'on connaît des difficultés de ce genre, enfin même des épreuves de ce genre, c'est le retard qu'on constate dans l'équipement scolaire qui, à l'heure-là, ne va pas se régler en claquant des doigts en 30 secondes. C'est du long terme, mais c'est du long terme qu'il faut... C'est ça le problème. Pour les équipements scolaires et les questions de climatisation, c'est du long terme qu'il faut traiter avec un sentiment d'extrême urgence. Alors, extrême urgence et long terme, ça ne paraît pas évident à concilier comme ça, mais je pense que là-dessus, oui, il y a énormément de choses à faire très vite, évidemment. – Béry Pécresse.
– Alors, d'abord sur le congé climatique, moi je hais la démagogie des fausses promesses. Je hais quand les hommes et les femmes politiques se permettent, je vous dis, de dire demain il y aura la clim, ou bien de dire on va vous donner un congé.
– Mais vous dites vous-même, j'ai accueilli les enfants qui n'avaient plus classe au conseil régional, il y a des employeurs qui ne le font pas.
– Oui, mais on les a gardés, on a organisé un tour de rôle et les agents ont continué à travailler. Et sinon, ils ne seraient pas, sans doute, pour la plupart, ils ont posé des congés, mais des vrais congés, pas climatiques. Non, le sujet aujourd'hui, sur les congés climatiques, c'est que ce serait fondamentalement totalement injuste. Parce qu'on ne peut pas se passer de nos premières lignes. Donc ça veut dire que les premières lignes, eux, on serait obligé de les faire venir travailler. Donc il y aurait ceux qui pourraient rester, comme d'habitude, ceux qui pourraient rester chez eux, les cadres, les employés du tertiaire, etc.
Et ceux, les soignants, les livreurs, les conducteurs de bus, tous ceux-là, les agents de la SNCF qui ont réparé des rails et des caténaires par 40 degrés, heureusement qu'ils étaient là, heureusement qu'ils travaillaient. Donc je trouve que la démagogie des fausses promesses, c'est vraiment pas à la hauteur. En revanche, pour revenir à ce qu'a dit Alain Duhamel sur l'école, c'est un gros sujet. Là, je dois vous le dire, parce que, en plus, vous avez devant vous quelqu'un qui était ministre de la Recherche en 2009. Et pourquoi je vous parle de ça ?
C'est parce qu'en 2009, 400 chercheurs climatologues ont saisi, m'ont saisi, en tant que ministre, en disant, les climato-sceptiques, on n'en peut plus. Ils sont en train de bloquer toutes les mesures de décarbonation de la France qui sont indispensables pour qu'on baisse la température, pour qu'on baisse la hausse de la température. Et donc, les climatologues, 400 m'avaient saisi. Et à l'époque, en 2009, j'ai saisi l'Académie des sciences. À l'époque, vous savez, il y avait Claude Allais, qui était académiste des sciences, qui disait, ouvrez la fenêtre, il fait froid, il n'y a pas de réchauffement climatique. C'était ça, la situation.
Et qui était un grand savant en même temps. Et qui était un très grand chercheur,
et qui était membre de l'Académie des sciences. Donc, il y a eu cette saisine de l'Académie des sciences. Et l'Académie des sciences, en 2009, s'est prononcée sur l'existence du réchauffement climatique. Et, deuxième question, sur le fait que c'était l'activité humaine qui provoquait le réchauffement. Donc, c'est, j'allais dire, sous mon mandat, que la France a reconnu l'existence du réchauffement climatique. Donc, moi, je suis engagée dans cette cause depuis toujours. Je suis une Chirakienne. Quand Chirak a dit, la maison brûle, et on regarde ailleurs, j'étais là.
Donc, le sujet, pour moi, c'est, malgré tout ça, malgré le fait que les chercheurs du GIEC étaient à Paris il y a quelques mois, je les ai invités à la région. Et je les ai invités à la région pour qu'ils parlent à tous les maires d'Île-de-France, pour leur dire, faites gaffe, il faut adapter vos villes au réchauffement. Il va falloir peindre les toits en blanc. Il va falloir revégétaliser les cours d'école. Il va falloir mettre des fontaines. Nous, on a voté un plan pour aider les maires pour faire ça. Et malgré tout ça, je reconnais, je reconnais que personne n'avait envisagé qu'on aurait, si tôt dans l'année, une vague de canicule si forte, si vite.
C'est-à-dire qu'en fait, et je crois que vous pouvez prendre toutes les publications depuis des années, personne n'a jamais demandé la climatisation des écoles. Nous, on était persuadés que, oui, des vagues de canicule allaient arriver, c'est pour ça qu'on a climatisé les transports, mais on pensait qu'elles seraient en juillet, en août. On ne pensait pas que ça arriverait si tôt. Et là, aujourd'hui, on ne peut pas rester sans réagir. Moi, j'ai voté un fonds d'aide d'urgence pour les lycées.
J'ai voté ce fonds qui peut aussi servir aux associations caritatives, qui peut servir aux hôpitaux franciliens, qui peut servir aux communes, pour aller immédiatement acheter des instruments de rafraîchissement. On ne peut pas rester sans réagir. Et là où je rejoins complètement Alain Dumamel, c'est que la clim, ça va prendre du temps. Et d'ailleurs, ce n'est pas forcément la seule solution, la clim. Est-ce que vous avez entendu parler de la géothermie de surface ? Oui. Eh bien, la géothermie de surface, vous avez dit... Cette semaine. Cette semaine. Eh bien, nous, on a déjà financé 40 projets en Ile-de-France de géothermie de surface. C'est beaucoup plus écologique que la clim.
Ça permet d'aller chercher l'air à 10 mètres de profondeur, un air frais qui rafraîchit à 15 degrés les pièces. Donc oui, on va devoir faire des travaux lourds et de long terme, mais il faut rafraîchir. Et il faut des lieux de rafraîchissement dans les lycées, dans les écoles. Il faudra... Mais attendez, celui qui vous promet qu'on va climatiser chaque salle de classe l'année prochaine, celui-là, ne l'élisez pas à la présidentielle. Surtout, ne l'élisez pas.
Sans vouloir être long, en une phrase, on savait qu'il y avait le risque de cette accélération. Mais, en règle générale, on a sous-estimé le rythme auquel ça allait se passer. On savait qu'il y avait cette dérive qui existait, et qui d'ailleurs continuera par nature. Mais simplement, dans beaucoup de domaines, on a sous-estimé la rapidité avec laquelle ça allait nous tomber sur le nez.
Moi, je ne crois pas qu'on ait sous-estimé la rapidité.
Ça dépend qui est on. Oui.
Alors, en tout cas, en ce qui me concerne...
Oui, mais ce n'est pas de vous dont je parlais. Oui, mais ce qui est... Moi, ce dont je parlais, c'est par exemple des budgets qui ont été consacrés. Bien sûr. Ah bah oui.
Mais nous, à la région, un euro sur deux est consacré à la transition économique depuis que je suis.
Je ne parlais pas de vous, et je ne parlais pas de la région, bien que ce soit une institution déterminante pour la France, ni de la région Île-de-France, bien qu'elle soit exemplaire. Je parlais en règle générale. On avait compris un certain nombre de choses. On n'avait pas pressenti que ça allait s'accélérer.
Valérie Pécresse, Alain Dommel, pardon, il nous reste une dizaine de minutes. Je voudrais qu'on parle dans quelques instants. Bah non, parce qu'on a fait...
Non, mais juste un chiffre qui est très intéressant.
Alors, un chiffre et rapidement.
80% des investissements contre le réchauffement climatique et pour l'adaptation sont faits par des collectivités locales. 80% des investissements. Ça veut dire que les États, en réalité, eux, investissent très peu là-dessus. Très peu. Et c'est d'ailleurs une question qu'on peut poser.
Je voudrais vous entendre tous les deux sur ce qui s'est passé cette semaine à Narbonne, c'est-à-dire ce drame absolument terrible de ce garçon de 17 ans qui s'appelle Louis, qui a été passé à tabac laissé pour mort sur un chantier par un groupe de 5 jeunes qui ont également filmé ce qui s'est passé, ce qui au passage a permis aussi de les retrouver. Certains y voient une forme d'ultra-violence ou d'ensauvagement de la jeunesse ou d'une partie de la jeunesse. Alain Dommel, est-ce que c'est le cas ?
Écoutez, ça fait un pieu vieux monsieur de dire les jeunes adolescents, etc. La réalité, c'est qu'on voit quand même chez les adolescents, disons, entre 10 ans et 15 ans, une forme de violence à la fois spectaculaire, ce qui n'existait pas avant, spectaculaire, pourquoi ? Parce que c'est mis tout de suite sur les réseaux sociaux. Ça existait, il y a toujours eu des formes de violences d'adolescents et localement les gens en parlaient. Mais là, c'est à chaque fois la France qui le voit. Bon, et ça crée en plus un climat.
Et que, par ailleurs, il y a effectivement un certain nombre de cas où on voit de jeunes adolescents, en général collectivement d'ailleurs, c'est-à-dire par petits groupes, qui procèdent à des formes de violences absolument épouvantables. Et on a une législation, bien entendu. Mais la question, enfin, je trouve qu'il est difficile de ne pas se poser, c'est de savoir si un adolescent d'aujourd'hui, disons, entre 10 ans et 15 ans, correspond exactement à ce qu'était un adolescent entre 10 ans et 15 ans il y a deux générations. Moi, je crois que la réponse est non. Et donc, je crois que de ce point de vue, il y a une réglementation, une législation qui ne sont pas forcément adaptées.
Ce que dit la mère de ce garçon, ce matin, dans les colonnes du JDD, au sujet, il y a plusieurs, une partie de ceux qui l'ont agressé qui sont majeurs, et il y en a deux qui ont 17 ans, et la mère dit qu'ils doivent être jugés comme des majeurs, en parlant de ces enfants de 17 ans, quand on tue comme un homme, on paye comme un homme.
– De toute façon, le juge peut tout à fait écarter l'excuse de minorité dans ces cas-là, et il le fait de plus en plus fréquemment. Parce que la vérité, c'est qu'on assiste, et l'Île-de-France, malheureusement, est en première ligne, parce que soit… – Elias, on s'en souvient l'an dernier. – Oh, mais Elias est un cas emblématique.
– Elias, c'est ce petit garçon qui a été tué à la machette à la sortie de son match.
– Très emblématique de dysfonctionnement de l'autorité judiciaire, et c'est pour ça que c'est un cas qui a énormément ému. Mais au-delà du cas d'Elias, l'Île-de-France concentre à peu près 70% des rixes de bande de toute la France. Et ces rixes, on les voit monter de plus en plus, et le problème qu'on a, c'est la recrudescence des armes blanches aujourd'hui, qui sont un fléau contre lequel on doit lutter, mais avec des armes nouvelles, je pense, des armes législatives nouvelles. Et oui, il faut absolument qu'on s'attaque à cette question de l'ultra-violence. Et il y a deux choses qui ont aggravé l'ultra-violence des jeunes.
Le Covid, parce que c'est une génération qui a été confinée, et ce confinement les a enfermés sur les réseaux sociaux. C'est le deuxième facteur. Les réseaux sociaux accentuent le phénomène de bande, de harcèlement, de rixes, de violence. Et donc ? Donc il faut qu'on lutte. Il faut qu'on lutte à la fois au plus près, d'abord en sanctuarisant les établissements scolaires, ce que nous essayons de faire à la région, parce que c'est souvent dans les établissements scolaires que les choses se nouent, mais aussi dans la rue. Et il faut des sanctions qui soient à la hauteur, et des sanctions dès le premier délit.
Parce que le vrai problème aujourd'hui, c'est que les premiers délits, on dit, ah ben c'est des délits mineurs. Et en fait, vous savez, vous connaissez le dicton, qui vole un oeuf vole un bœuf. À un moment donné, si on ne sanctionne pas les primo-délinquants en impliquant les parents, ça aussi c'est pas tabou. Alors on me dit souvent, ah oui, mais souvent ils n'ont pas de père. Alors je dis, ben ils n'ont pas de père, comment ça ? Le père, il est bien quelque part. Il n'a pas disparu. Enfin, on peut peut-être aller le rechercher quand même. Donc le sujet, c'est d'impliquer les parents, et de les impliquer, y compris financièrement.
Parce qu'à un moment donné, il faut que chaque premier acte de délinquance soit sanctionné. J'ai vu les violences le soir de la victoire du PSG. C'est inacceptable. Mais dès qu'on prend un caillou et qu'on le jette, on devrait pouvoir avoir une amende. Et une amende très sévère. Et au-delà, évidemment, si on blesse quelqu'un, après ça devient du pénal et c'est beaucoup plus grave. Mais je pense que le problème, c'est que les petits actes de délinquance, on ne les sanctionne pas assez.
Et pas assez vite. – Pécresse, Alain Dommel, la présidentielle. Valérie Pécresse qui est face à vous ce soir, Alain Dommel soutient Bruno Retailleau. Elle était, après avoir porté les couleurs des Républicains à la dernière élection, elle était à son meeting de lancement de campagne il y a quelques jours. Est-ce qu'elle a choisi le bon candidat ?
– C'est un petit peu tôt pour dire qui est le bon candidat dans la mesure où on ne sait pas encore qui sera vraiment candidat. On sait très bien que c'est à partir de septembre que les choses vont se cristalliser. Donc savoir qui sera candidat…
– Il est possible qu'elle n'ait pas choisi le bon.
– De toute façon, même chez les Républicains, il y a plusieurs hypothèses. Et disons, dans la droite de gouvernement, comme on disait classiquement, il y a plusieurs hypothèses qui existent. – Et il y a ces hypothèses, il y a plusieurs candidats qui sont tout à fait honorables et de bon niveau. Il y en a au moins trois ou quatre en tout cas.
– Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau ?
– Par exemple, si, si, il y en a d'autres. – J'oublie qui ? – Je ne sais pas, moi, le maire de Cannes… – Ah, David Distan, oui. – En tout cas, c'est un bon maire. Je ne sais pas si ce serait un bon candidat, mais c'est un bon maire. Bon, d'abord, c'est normal qu'il y ait plusieurs candidats au stade où on en est. plusieurs candidats potentiels. Ensuite, je ne m'en fais pas tellement pour savoir s'il y aura de ce côté-là, dans cette famille-là, plusieurs candidats en même temps. Il y aura des candidats indépendants, comme par exemple, vous avez Bertrand. il y aura un candidat officiel, par exemple, des Républicains.
Mais en revanche, et ça va être ça le véritable problème, c'est qu'il va y avoir un candidat tout à fait honorable et tout à fait logique des Républicains, un candidat tout à fait honorable et tout à fait logique des centristes, un candidat tout à fait normal, etc., des Macronistes, etc., et que la majorité, sur le temps, on ne peut même pas parler de majorité. Mais disons que la droite du gouvernement va se retrouver, en tout cas pendant une phase trop longue et, à mes yeux, extrêmement dangereuse, avec au moins trois, et je pense plus, de candidats déclarés.
Et que ça, dans la période où on se trouve, avec une extrême gauche très puissante et une extrême droite très puissante, je dirais que, à mes yeux, ça n'est pas le comble de l'intelligence politique. Vous voyez, quand il y a, et à l'extrême gauche, et à l'extrême droite, des candidats puissants, populaires, et en tête dans des sondages, tout ce qui ressemble à de la fragmentation, c'est un handicap qu'on s'inflige.
Moi, j'ai plusieurs inquiétudes. La première, c'est évidemment qu'on a échappé deux fois à un deuxième tour Mélenchon-Le Pen, mais voilà, au dernier moment. Enfin, franchement, on ne peut pas leur donner les clés du pays. C'est absolument impossible. Ils le mettraient en faillite tous les deux. Ils n'ont aucune des solutions qu'il faut pour gérer la crise de la dette, la crise migratoire, les problèmes de sécurité dont on vient parler, les dysfonctionnements des services publics.
Et ça, pardon Valérie Péco, vous pourriez dire la même chose en soutenant Gabriel Attal ou Édouard Philippe ? Non, non, mais le sujet, alors, Bruno Retailleau... Pour dire les choses de manière très calme, est-ce que vous pouvez dire de façon très tranquille ce soir mon choix de soutenir Bruno Retailleau est parfaitement irrévocable ? Je ne changerai jamais d'avis, quelle que soit la situation.
J'y étais très claire.
Oui, attendez, pardon. Où est-ce que Valérie Pécresse pourrait dire, je peux déjà vous dire que dans notre camp, son camp, c'est le meilleur ?
Moi, ce que je peux vous dire... C'est le meilleur ? D'abord... Pardon, excusez-moi, vous avez vos questions, j'ai mes réponses. Ah oui, là, oui.
Non, non. Elle n'est pas très compliquée, la question.
Non, mais la première question, c'est d'abord, quel projet pour la France ? Moi, je crois que le seul projet qui redressera la France aujourd'hui, c'est un projet de droite. Parce que les solutions aujourd'hui au problème du pays sont des solutions qui appellent à remettre de l'ordre aux frontières, de l'ordre dans la rue, de l'ordre dans les comptes. Bon, et donc si on dit ça, le parti de l'ordre, c'est la droite. Alors moi, je crois que c'est nos solutions qui sont les bonnes. Bruno Retailleau, aujourd'hui, il est le candidat légitime des Républicains. Ça aurait été idéal d'avoir une primaire. Ça aurait été idéal d'avoir une primaire au printemps. Je l'ai appelé de mes voeux.
Nous sommes nombreux à l'avoir appelé de nos voeux. Personne n'en a voulu. Donc si personne ne venait d'une primaire, à un moment donné, il y a quelque chose qui s'appelle le parti politique. Le parti politique est là pour exprimer les suffrages. Bruno a été désigné. Les autres auraient pu candidater. Personne ne les en a empêchés. Donc on a un candidat légitime. Je ne veux pas faire la cassandre. Mais je sais ce que c'est que de ne pas avoir d'oxygène dans une campagne. Je sais ce que c'est que l'air qui se raréfie... Vous ne lui ferez pas ce qu'on vous achète la dernière fois ? L'air qui se raréfie parce qu'il y a trop de candidats, je l'ai vécu moi.
Donc le sujet aujourd'hui, c'est qu'il faut un seul candidat de la droite et du centre portant un programme de droite qui résolve les problèmes, qui tourne la page du macronisme dans ses défauts, qui sont quand même flagrants aujourd'hui pour les Français. Et ce candidat, il faudra le déterminer à l'automne. Voilà. Il faudra le déterminer à l'automne.
Alors d'abord, il faut un candidat unique du centre et de la droite. On peut en discuter. Si déjà il n'y avait qu'un candidat de la droite et un candidat du centre... Où mettez-vous Édouard Philippe ? Attendez. À droite, comme il se met lui-même. Il le dit, il le dit. Il est sans équivoque là-dessus. Si, si, il le dit. Oui, non, non, mais... Il dit « je suis un homme de droite ».
Moi, je partage votre sentiment s'il n'est pas partagé par tout le monde à droite encore.
Oui, ça, évidemment, dans une période pré-électorale, c'est inévitable. Mais on sait qu'il y aura un candidat très à gauche qui sera Jean-Luc Mélenchon, qui aura un candidat très à droite, plus ou moins très à droite, dans un style différent, mais enfin qui sortira du Rassemblement national. Et si, il y aura un candidat du centre-gauche, etc. Mais si, au sein du centre et de la droite, il y a plus... Ce que je dis est assez modeste. S'il y a plus de deux candidats, parce qu'il y en aura au moins deux, centre et droite, s'il y en a plus de deux, disons qu'ils font ce qu'ils peuvent pour être battus.
Je partage totalement votre opinion, sauf quand vous dites très à droite pour Bardella et très à gauche pour Mélenchon. Moi, je dis les mots extrême droite, extrême gauche. Et si je prends la canicule, il y a ceux qui niaient le réchauffement climatique et il y a ceux qui ne veulent pas la clim. Eh bien, nous, on propose une autre voie. Merci. Du coup, c'est le meilleur pour Renaud Rotaille ou pas ? Écoutez, il représente les Républicains, il est légitime, il a une parole forte. Et c'est pour ça que je soutiens sa démarche.
Je repose la question d'Alain, c'est pas la mienne.
Je soutiens sa démarche.
Sans pouvoir dire que c'est le meilleur.
Mais en disant qu'à la fin, il faudra qu'on n'en ait qu'un seul. Et donc, il faudra choisir celui qui est le mieux placé pour porter la valeur de la droite.
En espérant que c'est le meilleur.
Valérie Pécresse