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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 27 août 2022 19 min

Pierre Jouvet : "La gauche ne reviendra jamais aux responsabilités si elle n'a pas un parti socialiste fort"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Dans le paysage politique d'aujourd'hui, celui redessiné après l'élection présidentielle et les législatives, peut-on espérer le retour de la gauche ? Question très sensible et incontournable, c'est ce à quoi réfléchit ce week-end le parti socialiste qui réunit son université d'été, son université de rentrée à Blois pour la troisième année consécutive et où est attendu ce soir le discours de son premier secrétaire Olivier Faure à moins de 4 mois du prochain congrès du PS. Bonjour Pierre Jouvet.

0:38
Pierre Jouvet

Bonjour Karen Becker.

0:39
Présentateur

Vous êtes en direct de Blois, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes un élu de terrain, porte-parole du parti socialiste et vous avez joué un rôle central dans les négociations qui ont abouti à l'émergence de la NUP, la nouvelle Union populaire écologique et sociale. Pierre Jouvet, je voudrais d'abord qu'on parle de votre parti, du parti socialiste. Vous avez clairement affiché la couleur cette année. Premier thème abordé à votre université de rentrée, premier atelier, ce que le peuple de gauche attend du parti socialiste. Alors ça veut dire quoi ? Est-ce que c'est le grand retour du PS ? Est-ce que c'est la fin de la social-démocratie chez vous ?

1:18
Pierre Jouvet

En tout cas, oui, c'est le grand retour du PS. Oui, le PS est de retour et il réfléchit avec ses militants, avec ses cadres et ses élus à la meilleure réponse à apporter aux Français. Il réfléchit aux solutions à apporter aux classes populaires. Il réfléchit à sans doute ce qu'il n'avait plus fait depuis de trop nombreuses années, en n'évitant aucun sujet, en n'ayant aucun tabou et en se disant que pendant peut-être trop longtemps, nous avons un peu dévié de la ligne qui était celle de la ligne historique des socialistes. Et donc c'est à ça que servent ces universités d'été et que vont servir les prochains mois.

1:56
Présentateur

Vous avez dévié quand vous avez filé tout droit vers la social-démocratie. Oui, c'est ça que vous êtes en train de dire. C'est devenu un gros mot d'utiliser ce terme-là, social-démocratie, incarné par les Hollandes, les Lefolles, les Cazeneufs, qui l'ont pratiqué et qui continuent d'ailleurs à la revendiquer ?

2:11
Pierre Jouvet

Non, la social-démocratie n'est pour moi pas un gros mot. Par contre, je crois que l'accompagnement complaisant au libéralisme que nous avons pu mener quand nous avons exercé les responsabilités, peut-être cette façon de croire que nous pouvions changer un petit peu les choses en nous accommodant des règles libérales très dures nous ont fait perdre de vue l'objectif central qui est le nôtre, c'est-à-dire réduire les inégalités d'une génération à l'autre et changer concrètement la vie des gens et notamment de celles et ceux qui ont besoin de nous et qui nous attendent.

Et vous savez, à force d'être dans un discours un peu passif et d'accompagnement comme on a pu l'être pendant trop longtemps, je le crois, on a laissé prospérer les libéraux à notre droite et l'extrême droite capitalisée sur la désespérance sociale d'un peuple qui attend de nous des réponses concrètes. Ces femmes et ces hommes, vous l'avez rappelé en introduction, moi je suis un élu de terrain, ces femmes et ces hommes qui ont besoin de nous, qui ont besoin de services publics forts, qui ont besoin d'un État qui les protège, qui ont besoin d'avoir une vie quotidienne améliorée.

Je crois que c'est ce qui nous a manqué ces dernières années et c'est en tout cas le Parti Socialiste qui est de retour aujourd'hui et ce que nous proposerons aux Français dans les prochains mois.

3:24
Présentateur

Alors si je vous entends bien, là ce matin, vous rêvez de redevenir une gauche populaire, j'ai presque envie de dire une gauche radicale, mais être une gauche populaire ou radicale, ça ne se décrète pas, Pierre Jouvet. Donc comment est-ce que vous comptez faire ?

3:38
Pierre Jouvet

À être une gauche populaire ou radicale, comme vous le dites, ça ne se décrète pas. Déjà, il ne faut pas avoir peur du terme de radicalité, parce que le mot est souvent mis en avant comme faisant peur. Vous savez, ce soir, dans nos universités d'été, on va aussi célébrer un de nos grands héros historiques, Léon Blum. Et Léon Blum, il était aussi celui qui apportait non seulement la radicalité socialiste, mais aussi la capacité et l'expérience du pouvoir pour concrètement, avec des grandes mesures, changer la vie des gens. Mais c'est ça qu'on doit faire. C'est non seulement par le discours, mais aussi par les actes.

C'est ce qu'on va faire, par exemple, en proposant, comme l'a fait hier notre premier secrétaire Olivier Faure, un référendum pour mettre enfin une taxe sur les super profits que, désormais et bientôt dans quelques semaines, seule la France refusera. C'est de se dire qu'on refuse une école au rabais, telle qu'elle a l'air d'être annoncée par le ministre de l'Éducation nationale et le président de la République. C'est se dire qu'on veut amener des réponses nouvelles face à ces grands défis de la transition écologique qui ont marqué fortement les Français cette année, et en ne faisant pas payer, notamment aux classes populaires, ce défi de la transition écologique.

C'est repenser notre système de santé et l'hôpital. C'est tout un champ et tout un volet complet de réflexion idéologique sur qu'est-ce que la gauche et qu'est-ce que les socialistes demain.

4:57
Présentateur

Mais ça va suffire, parce qu'aujourd'hui, on comprend bien, vous voulez renouer avec les ouvriers, avec les gilets jaunes, avec ces classes populaires, mais aujourd'hui, ces classes populaires, elles trouvent surtout le discours de l'extrême droite extrêmement efficace et beaucoup plus efficace que le vôtre. Donc, qu'est-ce qu'on dit ? Qu'est-ce qu'on fait ?

5:13
Pierre Jouvet

Eh bien, c'est exactement ça qu'il faut casser. D'abord, ça commence par l'étape qu'on a construite, c'est-à-dire dire, oui, le Parti Socialiste a changé. Oui, le Parti Socialiste a à sa tête une nouvelle génération qui a pris en compte tous les messages qui nous ont été adressés. Vous savez, moi, je fais partie d'une génération qui est arrivée aux responsabilités après les échecs successifs aux élections présidentielles et législatives de 2017. Moi, j'ai connu comme militant le Parti Socialiste qui avait toutes les responsabilités, qui avait tous les leviers du pouvoir.

Et aujourd'hui, je fais partie de cette génération de socialistes qui croient non seulement en l'avenir de la gauche, en l'avenir du Parti Socialiste, mais qui a cette obligation de le relever, de le redresser. Parce que la gauche ne reviendra jamais aux responsabilités si elle n'a pas un Parti Socialiste fort, qui est capable justement de renouer avec les classes populaires et d'avoir cette capacité demain à gouverner le pays.

6:04
Présentateur

Bon, alors cette refondation, cette reconstruction socialiste, expliquez-nous Pierre Jouvet, quel sera le rôle joué par la NUP ? C'est-à-dire, qu'est-ce que vous attendez de cette alliance ? Et en même temps, est-ce que vous allez pouvoir jouer effectivement totalement cette reconstruction ?

6:18
Pierre Jouvet

Oui, bien sûr. Vous savez, il y a les débats, je le vois depuis le début, de nos universités d'été respectives, chez les écologistes, les insoumis ou les communistes. La NUP, c'est nous. La NUP, c'est ce que nous en avons fait. La NUP, c'est cette volonté de construire et de nous reparler après tant d'années de guerre, tant d'années de guerre parfois stériles. Et donc, le rassemblement, il est évident pour nous.

6:45
Présentateur

Oui, mais le rassemblement, il est souvent à géométrie variable. On ne sait pas exactement quand est-ce que vous alliez, et puis quand est-ce que vous êtes autonome les uns des autres. Est-ce qu'il y a des règles un peu précises pour organiser tout ça ?

6:56
Pierre Jouvet

Non, il n'y a pas de règles précises. Il y a un cadre commun qui a été construit pour les élections législatives, qui est la nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale, qui s'est appuyée sur deux volets. Un accord programmatique, 650 mesures, et un accord législatif avec des répartitions de circonscriptions. Et puis, une méthode de travail. Vous savez, avec les dirigeants de la Nouvelle Union Populaire, on se voit toutes les semaines, on se parle toutes les semaines. Ça n'existait plus.

Moi, j'ai rencontré des leaders insoumis qui sont de la même génération que moi et que je ne connaissais pas, avec qui je n'avais jamais discuté, et avec qui, surtout, nous avions seulement appris à nous détester. Eh bien, déjà, aujourd'hui, nous nous parlons, nous construisons ensemble, nous avons porté un projet commun, nous avons porté des campagnes communes. Dans les prochaines semaines, nous allons encore porter des projets communs. Je vous le disais, sur le référendum d'initiatives partagées pour taxer les super profits.

Nous avons aussi la volonté d'organiser, dans les prochaines semaines, des rencontres et des débats, notamment avec les syndicats, pour voir comment travailler sur la lutte contre la vie chère. Et donc, nous devons continuer à faire prospérer ce rassemblement. Mais faire prospérer, ça veut aussi dire le respect des identités de chacun. Moi, je ne suis pas insoumis, et je ne demande pas aux socialistes de devenir insoumis, et je ne demande pas aux insoumis de devenir socialistes.

8:09
Présentateur

Donc, c'est pour ça qu'on a des universités de rentrée très séparées. Mais tout ça est parfaitement normal. Vous n'auriez pas pu imaginer, par exemple, une journée collective, quand même, ensemble, dans cette rentrée ? Ça, ce n'était pas possible.

8:20
Pierre Jouvet

Elles viendront, et vous savez, moi, j'étais, il y a quelques jours, avant-hier, à l'université d'été de la France insoumise. J'ai des camarades qui étaient chez les communistes et d'autres chez les écologistes. Demain, je ferai le discours de conclusion pour représenter le Parti socialiste aux universités d'été de la France insoumise. Aujourd'hui, Alexis Corbière, Clémentine Autain et Yannick Jadot seront avec nous à Blois. Donc, on est dans ces temps partagés. On fera, évidemment, des initiatives communes.

Mais je crois important, et en tout cas, pour nous, les socialistes, c'était important de le faire, après une année politique très difficile, très difficile, de pouvoir se retrouver, pour porter les bases et les perspectives de qu'est-ce qu'être socialiste aujourd'hui, et surtout, qu'est-ce qu'être socialiste demain ? Parce que, je vous le redis, le rassemblement de la gauche, il s'est heurté, malheureusement, une nouvelle fois dans cette élection législative, à une défaite et un plafond de verre nouveau. Et donc, maintenant, notre objectif, c'est de dire, on a fait cet accord historique de rassemblement de la gauche. Le rassemblement, il doit se poursuivre.

Mais la prochaine étape, c'est gagner. Comment est-ce qu'on doit gagner ? Et on doit chacun se redéfinir.

9:24
Présentateur

On parle de quelle échéance ? Parce que cet été, il a été question éventuellement d'organiser une alliance pour les futures élections européennes, celle de 2024. Est-ce que vous confirmez que vous y réfléchissez, très sincèrement ? Mais dans ce que vous êtes en train de dire, est-ce que vous allez beaucoup plus loin ? Et est-ce que pour la prochaine présidentielle, même si ça paraît encore, je le redis, très très loin, vous envisagez d'avoir peut-être qu'un seul candidat ? C'est très important ce que vous êtes en train de dire, Pierre Jouvet.

9:49
Pierre Jouvet

Tout ça est très loin. Pour les élections européennes, ce que je veux vous dire, c'est que moi, je ne veux rien interdire. Mais par contre, ce que je veux aussi dire très clairement, c'est que chacun connaît nos différences. Et chacun sait que, notamment avec la France insoumise, mais aussi avec le Parti communiste, nous avons des différences de fond sur l'approche européenne. Donc nous, ce que nous disons simplement, donc socialiste, c'est nous ne refusons rien par principe, mais un accord électoral, c'est d'abord une discussion de fond.

Si nous discutons, et nous avons plus d'un an pour le faire, et que nous constatons que nous avons un projet partagé, non seulement au niveau européen, parce qu'une élection européenne, comme l'indique son nom, c'est une élection à l'échelle européenne, et que nous voulons changer l'Europe dans des orientations communes, pourquoi pas ? Mais je crois que tout ça mérite du temps, tout ça mérite du débat. Aujourd'hui, moi, je ne veux pas fermer cette porte, mais nous n'en sommes pas là, et les socialistes auront un projet européen qu'ils porteront et qu'ils défendront. Mais attendez, petite précision,

10:42
Présentateur

petite précision, ça veut dire qu'il pourrait y avoir un accord, par exemple, uniquement entre LFI et le PS, où nécessairement, s'il y a un accord, il faut que tous les partenaires soient présents ?

10:51
Pierre Jouvet

Moi, je souhaite que tous les partenaires soient présents, et en tout cas, c'est comme ça, et c'est dans ce cadre-là qu'on doit travailler. Mais vous savez, ce n'est pas parce qu'on a fait, aussi un accord une fois, qu'on doit le faire à chaque fois, et ça ne voudra pas dire que le rassemblement de la gauche n'existera plus. Vous savez, les socialistes ont dirigé le pays pendant très longtemps avec les communistes. Ce n'est pas pour autant qu'on a fait des listes communes avec le Parti communiste aux élections européennes, parce que chacun a sa spécificité, et notamment du point de vue européen.

Donc, il faut d'abord mettre les sujets de fond sur la table, travailler, échanger, prendre le temps, et si on n'est pas d'accord, eh bien, ce n'est pas grave. L'essentiel, c'est aussi qu'on soit en capacité de se parler, de travailler ensemble, et de construire les alternatives communes. Vous m'interrogiez sur la volonté d'une candidature unique à l'élection présidentielle. Merci d'en venir. Moi, je vous le dis très clairement. Oui, oui.

Moi, je souhaite qu'en 2027, la gauche soit unie et rassemblée derrière une seule candidature à l'élection présidentielle, parce que ce que je souhaite pour mon pays, pour les Françaises et les Français qui ont besoin de nous, c'est que nous gagnons ce pays. Nous sommes, je le crois, foncièrement devant la dernière station avant le désert. La prochaine victoire, c'est sans doute le Rassemblement National et Marine Le Pen, si nous ne faisons rien. On a vu que la majorité présidentielle a fait sauter toutes les digues avec le rempart républicain qu'il a décidé de faire sauter au moment des élections législatives.

Et notre responsabilité de femmes et d'hommes de gauche, de femmes et d'hommes écologistes, c'est de construire un projet alternatif, de construire une vision commune pour enfin, enfin, être à nouveau à la tête de ce pays et changer la vie des gens qui attendent de nous, qui ont besoin de nous. Et donc moi, je serai un ardent défenseur de cette vision et de cette ligne.

12:35
Présentateur

Alors je voudrais qu'on parle aussi des réformes à venir, vous voulez qu'on parle de fonds. L'un des très gros dossiers de cette rentrée, ce sera cette nouvelle réforme de l'assurance chômage voulue et annoncée par le gouvernement. Le gouvernement qui vaut mettre en place un système fluctuant en fonction de la situation de l'emploi en France. Quand il y a beaucoup de chômeurs, on les protège avec des règles plus souples et quand il n'y a pas beaucoup de chômeurs, on les pousse à retrouver du travail avec des règles plus dures. Sur le papier, Pierre Jouvet, c'est d'une logique quasiment implacable.

13:05
Pierre Jouvet

Ah oui, sur le papier, c'est d'une logique quasiment implacable. Mais comme très souvent, les logiques implacables amenées par les libéraux. Sauf que ça prend toujours en compte la même réflexion et le même schéma. C'est faire peser exclusivement la responsabilité d'une situation de chômage, d'une situation de crise ou d'une situation de difficulté économique sur les individus et pas sur le changement de système en tant que tel. C'est dire que, par exemple, là, on est dans une situation où on entend beaucoup parler de pénurie d'emplois dans un certain nombre de secteurs et ces questions-là sont réelles.

Et ce serait donc de dire qu'en fait, il y a une forme de chômage volontaire et donc il faudrait assouplir des règles. Moi, je suis contre ça. Je suis contre le fait qu'on puisse dire que quand on est salarié et qu'à un moment donné dans sa vie, on a une difficulté, on a cotisé pour avoir ce droit à cette difficulté, et pour avoir ce droit au chômage. Et qu'est-ce qu'il voudrait et qu'est-ce qu'il enlèverait le fait que demain, on puisse avoir accès aux mêmes droits quelle que soit la période ? Ce n'est pas ça la vraie réponse. Ce n'est pas ça la solution. La solution, c'est de réorienter des formations.

La solution, c'est de se redire qu'on n'a pas anticipé, et ça date d'avant ce gouvernement, on n'a pas anticipé, par exemple, aujourd'hui, les nouvelles industries qui sont en train de se construire. On n'a pas anticipé, par exemple, qu'aujourd'hui, on a besoin de plusieurs dizaines de milliers d'emplois chaque mois pour déployer la fibre optique partout dans le pays. Je vous donne un exemple très concret. Aujourd'hui, on manque de soudeurs, par exemple, pour déployer la fibre optique, mais parce qu'on n'a aucune filière de formation. On n'a pas vu qu'il y avait un certain nombre d'emplois dans ce pays qui étaient des emplois très difficiles, sur lesquels on n'a pas augmenté les salaires.

Eh bien, moi, je crois qu'on doit d'abord porter ces réformes-là, qu'on doit, par exemple, dire que là où il y a des manques, où il y a des manques d'emplois, par exemple dans la restauration, par exemple dans l'industrie, ça doit d'abord passer par plus d'attractivité, des salaires plus élevés et pas des protections. Moi, je me battrai toujours contre des protections qui seraient enlevées parce que c'est la base de notre modèle, c'est la base de ce modèle français qui fait notre fierté.

15:09
Présentateur

Et donc, du coup, pour porter ces réformes, est-ce que vous êtes prêts à vous mobiliser en cette rentrée, Pierre Jouvet, parce que Jean-Luc Mélenchon a déjà prévenu de l'organisation d'une manifestation au tout début du mois d'octobre. Donc, vous en serez, vous, ou pas ?

15:20
Pierre Jouvet

Oui, nous nous mobiliserons, bien sûr. D'abord, nous nous mobiliserons aux côtés des syndicats les 22 et 29 septembre prochains. Il va y avoir deux grandes mobilisations, une mobilisation sur notre système de santé et une mobilisation plus globale. Nous serons évidemment aux côtés des syndicats. Et oui, nous travaillons avec l'ensemble de nos partenaires de gauche, mais aussi avec l'ensemble des syndicats à l'organisation ensemble d'une marche contre la vie chère pour se mobiliser. Vous savez, on a face à nous un gouvernement qui, malheureusement, ne veut pas écouter grand-chose. avait annoncé une volonté de faire un certain nombre de compromis.

La réalité des premiers mois à l'Assemblée nationale, c'est qu'il n'y a aucun compromis possible, en tout cas avec la gauche. Il y a une volonté de se déporter vers la droite. On le voit très clairement et je pense que ça va aller de mal en pis pour les Français, malheureusement. Et donc, on doit aussi, nous, s'appuyer sur ces femmes et ces hommes qui veulent se battre à nos côtés, ces millions d'électeurs qui nous ont fait confiance au moment des élections législatives et qu'ils ne veulent pas ce projet, finalement, de casse sociale qui est annoncé par ce gouvernement.

16:24
Présentateur

Donc, vous avez un discours, effectivement, on l'entend très bien ce matin, de plus en plus radical. Un mot pour finir du congrès du PS qui devrait avoir lieu à la fin de cette année, en décembre, si je ne me trompe pas. Olivier Faure a déjà dit qu'il était candidat à sa propre succession. C'est une victoire rassurée ou pas pour l'actuel premier secrétaire ou ça sera compliqué ?

16:43
Pierre Jouvet

Non, ce n'est jamais une victoire rassurée. En tout cas, moi, je souhaite pour ma famille politique que le travail qui a été mené depuis 2018 par Olivier Faure soit maintenu. On a la chance d'avoir un premier secrétaire qui, avec courage, a amené le Parti Socialiste sur la voie du rassemblement à repositionner le Parti Socialiste au cœur de la gauche. On a la chance d'avoir un premier secrétaire qui, aujourd'hui, a une reconnaissance large de la part de l'ensemble de nos partenaires de gauche, a aussi une reconnaissance, je le crois, qui est en train de se construire à l'échelle du pays. Et moi, je souhaite qu'Olivier Faure soit, évidemment, un nouveau premier secrétaire du Parti Socialiste.

Mais ce que je souhaite aussi, c'est qu'Olivier Faure, dans les mois et les années qui viennent, joue une place encore plus centrale dans le pays pour refonder cette gauche.

17:27
Présentateur

Et est-ce que ce premier secrétaire va aller jusqu'à trancher le cas de ces socialistes qui continuent à contester le principe de la NUP ? Il y en a quelques-uns, quand même, et qui sont, d'ailleurs, à l'université de rentrée à Blois ces trois jours.

17:41
Pierre Jouvet

Le débat, il a toujours fait partie des socialistes. Les discussions, les engueulades, parfois franches, c'est une part de l'histoire des socialistes. Et c'est une part de l'histoire de la gauche. Oui, il y a eu des discussions, oui, il y a eu des débats. Mais vous savez, sur le rassemblement de la gauche, moi, j'ai entendu depuis le début de ces universités d'été, de manière très claire, y compris tous ceux qui s'étaient exprimés un peu fortement contre l'accord, dire qu'ils ne remettaient pas en cause de la volonté de rassemblement de la gauche. Et ce qu'ils voulaient, je les entends le dire, c'est un parti socialiste qui est plus fort, qui est repositionné.

Eh bien, ça tombe bien parce qu'avec Olivier Faure, on veut la même chose. Mais ce qu'on dit, c'est que pour avoir un parti socialiste fort, c'est dans un cadre qui s'appelle le rassemblement de toute la gauche. C'est ce qu'on a porté. Et donc, nous, ce que nous souhaitons, c'est évidemment permettre à chacun de s'exprimer, permettre à chacun de s'exprimer dans le parti. Tout le monde a le droit de rester. Vous savez, je ne suis pas celui qui a négocié un accord qui ne s'était pas fait depuis 15 ans avec toute la gauche pour dire à mes camarades socialistes et à ma famille politique, partez. Ce n'est pas notre ligne. Ce n'est pas notre volonté.

On n'a jamais été dans cette ligne et dans cette volonté-là. Donc, il y aura des débats. Il y en aura encore. Mais je crois que la question du rassemblement de la gauche, elle a aussi été tranchée par les Français en juin dernier. Et c'est l'immense espoir qui a été soulevé avec la nouvelle Union Populaire. Elle vient aussi régler un certain nombre de questions très directement.

19:02
Présentateur

Merci, Pierre Jouvet. Vous êtes donc aujourd'hui à Blois, à l'université de rentrée des socialistes et vous serez demain tout près de Valence aux Amphis des Insoumis. Je vous souhaite un bon week-end.