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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 janvier 2021 25 min

État d'urgence sanitaire, élections régionales... Le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Gérard Larcher. Bonjour. Ça y est, Joe Biden est entré à la Maison-Blanche, 46e président des Etats-Unis. Est-ce que vous diriez, comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, que l'Europe a un ami à la Maison-Blanche ?

0:11
Gérard Larcher

L'Europe a, en tous les cas, un partenaire. Elle va pouvoir, me semble-t-il, renouer des relations de nature différente avec les Etats-Unis d'Amérique. Mais ce qui était important hier, dans l'arrivée de Joe Biden aux fonctions de président, c'est que finalement, la démocratie américaine a montré qu'elle était capable de se sortir d'un certain nombre d'embûches. Et c'est aussi une victoire, tout simplement, d'une des plus vieilles démocraties du monde. Est-ce que ces embûches nous menacent aussi en France ? Je pense qu'il faut quand même se poser la question, comment quelqu'un comme Donald Trump a plus de 72 millions d'Américains qui votent pour lui.

Comment, quand on regarde la carte, le centre des Etats-Unis est de la couleur rouge du parti républicain. C'est qu'au fond, la crise des Etats-Unis, c'est une crise d'un pays fracturé, divisé. Et ces fractures et ces divisions que je sens dans notre pays, dont je parle depuis longtemps, parfois, j'avais le sentiment d'être seul, souvenez-vous, des gilets jaunes. Quelque part, il y a aussi dans ce vote américain, ce qui avait été l'expression des gilets jaunes à la fin de l'année 2018.

1:22
Locuteur non identifié

Donc vous craignez les mêmes divisions en France.

1:24
Gérard Larcher

En tous les cas, nous devons travailler, nous qui sommes attachés à la démocratie, à réparer, rassembler. J'ai vu que c'était le thème central du discours du président Joe Biden.

1:37
Invité

Gérard Larcher, il y a dix jours, dans le journal du dimanche, vous souhaitiez que la campagne de vaccination réussisse. Est-ce que votre vœu a été exaucé ?

1:46
Gérard Larcher

Je souhaite toujours qu'elle réussisse. Le vœu n'est pas encore tout à fait exaucé. J'observe ce qui se passe. D'abord, la campagne a très mal commencé. Il y a eu une nouvelle stratégie. Nous voyons bien qu'il y a, dans l'entonnoir, le nombre de doses disponibles. Je crois que si nous voulons réussir, ça n'est possible que dans l'alliance entre l'État, et notamment l'État déconcentré, les préfets avec les délégués territoriaux de l'Agence régionale de santé, les élus et les soignants, qu'ils soient hospitaliers ou qu'ils soient libéraux.

2:19
Invité

Mais ce n'est pas le cas, là ? Est-ce que vous demandez à ce que les maires, les élus, les présidents de région soient plus impliqués dans la répartition des doses, par exemple ?

2:27
Gérard Larcher

Les maires, ils sont disponibles. Je crois que c'est avoir bien sa lantête. La deuxième des choses, c'est que les maires ont demandé la transparence sur la stratégie vaccinale, et puis ils souhaitent tout simplement être informés en temps réel sur les stocks et les calendriers, parce que je vais tout vous dire, quand Doctolib ne peut plus prendre de rendez-vous, c'est aux mairies qu'on s'adresse.

2:49
Présentateur

Si vous réclamez de la transparence, c'est qu'on ne sait pas tout ? Qu'est-ce que vous voulez savoir aujourd'hui sur les vaccins ?

2:53
Gérard Larcher

Que tout simplement, on sache jour après jour ce qui se passe, que les maires soient informés par rapport à leur territoire. Un département que vous connaissez bien, les Yvelines, où les choses se passent plutôt d'une manière coordonnée. Je n'ai pas dit qu'elles se passaient bien, parce que nous manquons naturellement de doses disponibles par rapport aux demandes des prioritaires. Mais ça doit se faire dans un dialogue. Un maire, qui a un centre de vaccination, il doit savoir vers quelle perspective on va, pour informer la population, parce qu'au fond, entre crise des masques, le début sur les tests assez erratiques, au fond, ce que nous avons perdu, c'est la confiance.

Et il faut que cette campagne de vaccination se déroule dans des conditions de confiance.

3:38
Présentateur

Il y a une grande différence entre la crise des masques et celle des vaccins, c'est qu'à l'époque, les élus locaux pouvaient acheter directement des masques, et qu'aujourd'hui, les vaccins, ils ont été achetés, groupés par l'Europe, qu'ils les redistribuent ensuite à chaque État en Europe. Les vaccins n'arrivent pas à Rambouillet ou à Vezoul, ils arrivent par avion, directement des usines, sous la direction de l'Europe.

4:01
Gérard Larcher

Oui, mais qui ouvre les centres de vaccination qui ne sont pas dans les hôpitaux, si ce n'est les élus locaux ?

4:07
Invité

Alors justement...

4:08
Gérard Larcher

Vous voyez bien que ce partenariat, il est indispensable...

4:11
Présentateur

Vous craignez pas qu'il y ait une course à l'échalote entre tous les élus qui disent... Il n'y a pas de course à l'échalote. À moi, j'en veux plus pour chez moi, je veux vacciner évidemment mes administrés en premier.

4:17
Gérard Larcher

C'est le préfet qui est réparti avec l'Agence régionale de santé. Il y a la prise en compte aussi des populations prioritaires.

4:26
Invité

Gérard Larcher, vous étiez hier au Sénat et le gouvernement dit aussi que certains élus, certains maires qui râlent aujourd'hui, ont délibérément pris plus de rendez-vous, ont ouvert trop de centres de vaccination, tout en sachant qu'ils n'auront pas les doses suffisantes.

4:39
Gérard Larcher

Écoutez, ce n'est pas les maires qui gèrent Doctolib. Et on est bien contents de les trouver les maires pour en trois jours mettre en place un point de vaccination, ouvrir des salles, les organiser.

4:50
Invité

Mais il n'y a pas un peu de politique politicienne là-dessous ?

4:52
Gérard Larcher

Attendez, les maires viennent d'être élus. Et souvenez-vous au printemps le rôle des présidents de région et des présidents de département. Qui eux sont en campagne. Arrêtons de mettre en cause ces élus qui sont simplement... Vous savez, ces élus, ils sont le baromètre de la population. S'ils expriment de l'impatience, s'ils expriment une véritable demande, s'ils expriment des inquiétudes, c'est tout simplement l'inquiétude de la population. Alors, ce n'est pas en cassant le baromètre des élus qu'on aura la véritable température et ce que pensent les Françaises et les Français.

5:22
Présentateur

Vous avez dénoncé il y a quelques jours, exemple à la pluie, la bureaucratie dans la vaccination en France. Vous avez donné l'exemple de votre père qui a été vacciné en expliquant qu'il s'était vu remettre un document de 58 pages. Le gouvernement jure que c'est faux, que ce document n'était pas réservé aux futurs vaccinés, mais aux personnels soignants. Qu'est-ce que vous dites ?

5:44
Gérard Larcher

En tous les cas, ma sœur et moi, nous l'avons reçu, parce que notre père est un homme aujourd'hui âgé. J'ai d'ailleurs montré à Olivier Véran, qui a reconnu, que réellement j'étais en possession de ce document.

5:56
Locuteur non identifié

Mais est-ce que ce n'est pas quelqu'un qui l'a oublié ? Mais je n'en sais rien. Qui vous l'a donné, tout simplement ?

5:59
Gérard Larcher

J'ai pris cet exemple, on ne va pas transformer en personne, mais à ceux qui ont raconté que c'était une fausse information, ce n'est pas vrai, j'ai pu le montrer au ministre lui-même. Qui vous l'a donné ce document ? Il m'a été envoyé par l'établissement où mon père était berger. Donc à vous et pas à lui, comme on avait cru comprendre.

6:19
Présentateur

Non, non, je l'ai dit, reprenez, reprenez ce que j'ai dit, au cas de vérité. Voilà le dossier vaccinal de consentement d'un résident qui est très cher à mon cœur.

6:28
Gérard Larcher

Ben voilà. Il n'est pas cher à mon cœur, mon père. Si, je ne reviens pas là-dessus, évidemment. Mais ce n'est pas le dossier vaccinal.

6:34
Présentateur

Bien sûr, c'est ce que j'ai reçu. Mais ce n'est pas le dossier vaccinal, pour être parfaitement précis, Salia Braclier.

6:38
Invité

Gérard Larcher, la prorogation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'en juin a été votée donc cette nuit à l'Assemblée nationale. Elle doit être débattue la semaine prochaine au Sénat. Est-ce que la majorité de droite va la voter ?

6:49
Gérard Larcher

Nous avons toujours soutenu les dispositifs d'urgence, mais nous mettons une condition, le contrôle du Parlement. Le contrôle du Parlement parce qu'une loi d'urgence, c'est exorbitant des libertés. Nous réduisons les libertés.

7:05
Invité

Voilà, on rappelle que l'état d'urgence permet au gouvernement d'instaurer le confinement.

7:08
Gérard Larcher

La liberté culturelle, aujourd'hui, elle n'existe pas. La liberté de se déplacer dans un certain nombre de conditions, elle a pu être restreinte sous l'urgence. Voilà pourquoi nous pensons que c'est essentiel, c'est le contrôle du Parlement. Le contrôle du Parlement. Et donc, je pense qu'au Sénat, l'idée d'aller jusqu'au 1er juin sera sans doute ramenée aux deux mois et demi habituels pour qu'à chaque fois, le gouvernement revienne devant le Parlement et qu'à chaque fois, nous discutions de l'opportunité de l'urgence et de l'exercice de contrôle des libertés. C'est un exercice de contrôle du Parlement.

7:48
Invité

Jusqu'à quand ? Un état d'urgence jusqu'à quand ? Jusqu'au mois d'avril ?

7:51
Gérard Larcher

Oui, je pense que la fin avril et deux mois et demi, c'est un rythme qui nous semble important. C'est le rôle du Parlement, non pas de polémiquer, mais d'avertir, d'informer. C'est le rôle du Parlement de contrôler la réduction des libertés nécessaires au motif de la santé, mais ça n'est pas rien de réduire une liberté. Et dans une démocratie, c'est le rôle du Parlement de vérifier.

8:17
Présentateur

Le fil Info à 8h41 avec Mélanie Delonnet et on poursuit juste après avec vous Gérard Larcher.

8:23
Invité

Vous avez peut-être déjà constaté une hausse de votre complémentaire santé. Les tarifs encore en nette augmentation cette année, plus de 4% en moyenne, selon les calculs de l'UFC Que Choisir. Pour l'association, tout laisse à penser que les mutuelles ont répercuté sur les assurés le coût de la taxe Covid, ce million d'euros prélevés après les économies réalisées par les mutuelles pendant l'épidémie.

Alors que les dirigeants européens ont rendez-vous par visioconférence ce soir pour accorder les violences sur les moyens de freiner l'épidémie et d'évoquer des contrôles sanitaires aux frontières, pas de nouvelles restrictions en France et le statu quo cette semaine, le temps de mesurer les effets du couvre-feu généralisé à 18h. Une pile de décrets assignés sur le bureau Oval après son investiture aux Etats-Unis, Joe Biden revient sur plusieurs mesures de Donald Trump. Il signe le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat, au sein de l'Organisation mondiale de la santé également, ou encore la suspension de la construction du mur à la frontière avec le Mexique.

Et puis le football, c'est l'Olympique de Marseille, toujours dans une mauvaise passe, deuxième défaite de suite au Vélodrome, 1-0 contre l'Anse hier soir pour ce match en retard du championnat de Ligue 1.

9:25
Présentateur

Gérard Larcher et Emmanuel Macron veulent organiser un référendum pour inscrire la défense de l'environnement dans notre constitution. Vous voterez oui ?

9:42
Gérard Larcher

Je ne voterez pas oui. Nous allons examiner le texte. Le propre du Parlement, c'est d'examiner les textes, de les amender. Et en ce qui concerne la constitution, j'ai toujours cette formule qui nous vient de Montesquieu. La main qui tremble, au moment de la détoncée. Donc le choix des mots, le choix du message qui est adressé, et des principes qui sont ensuite arrêtés dans le cadre de la constitution.

10:09
Présentateur

Vous n'avez pas peur, comme le disent une partie des élus aujourd'hui de la majorité, de vous ringardiser un peu, et d'être, pour reprendre le mot utilisé par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, des climato-sceptiques ? Pas du tout.

10:20
Gérard Larcher

Qui a voté à l'unanimité une proposition de loi sur l'empreinte carbone du numérique la semaine dernière ? Si ce n'est le Sénat, qui va représenter en 2040, si on ne fait rien, 7% de l'émission des gaz.

10:34
Invité

A effet de serre en France.

10:35
Gérard Larcher

Eh oui. Et donc, qui aujourd'hui a été en avant sur l'économie circulaire ? C'est le Sénat. Alors, cette accusation, a priori, nous examinerons de manière ouverte le texte qui est proposé. Nous verrons à quel endroit, parce que nous, personnellement, je pense que ce sujet environnemental qui est majeur n'est pas supérieur non plus à la liberté d'entreprendre, à l'égalité homme-femme. Ça doit être de même nature en termes d'engagement constitutionnel.

11:06
Invité

Alors, justement, vous dites que vous voulez examiner le texte, sauf que vous le connaissez, nous le connaissons. C'est le texte que veut mettre le président de la République dans la Constitution, c'est celui-là. La République garantit la préservation de la biodiversité, de l'environnement et lutte contre le dérèglement climatique. Avec quels mots, vous n'êtes pas d'accord ?

11:26
Gérard Larcher

D'abord, le positionnement. Nous voulons être sûrs que ce n'est pas dans le préambule de la Constitution, ce qui était la conclusion de la Convention citoyenne, qui est le préambule de la Déclaration universelle. Nous pensons que si ça doit être placé, c'est dans le corps du texte, en nous souvenant de la charte que Jacques Chirac a introduite en 2004 et qui porte déjà l'essentiel des préoccupations environnementales, même si sans doute on n'y fait pas assez référence, y compris dans nos recours aux conseils constitutionnels. Mais revenons sur les mots.

11:56
Présentateur

Pardonnez ma question qui va peut-être vous faire bondir un tout petit peu. Ce n'est pas un tout petit peu futile. Ne me bondis pas le matin. Non, vous avez bien raison. Je vous écoute. On fait une chose climatique aujourd'hui de se demander s'il faut le mettre dans le préambule ou dans l'article 1. Ah, ce n'est pas de la même nature. Notre maison brûle, comme disait quelqu'un, vous l'avez cité.

12:09
Gérard Larcher

La déclaration universelle, elle s'impose à tous. La liberté d'entreprendre. Et, j'allais dire, le combat pour la préservation du climat et de l'environnement, ils doivent être au même niveau et de la même nature que l'égalité homme-femme. Donc, c'est un principe fondamental. Alors, garantie, agi, favorise. Oui, ou favorise. En 2018, au moment où nous apprêtions à examiner, puis souvenez-vous, il y a eu l'aventure de la contre-escarpe qui a suspendu l'examen référendaire. Nous étions en train de discuter autour de favorise, qui était la formule que Nicolas Hulot proposait à ce moment-là. Donc, la République favorise la préservation. Nous verrons, il y aura un débat au Sénat.

Le propre du débat, et le propre du président du Sénat, c'est de permettre ce débat. En tous les cas, je veillerai à ce qu'on regarde ce texte avec esprit d'ouverture. Et, j'allais dire, en toute liberté, et le Sénat exercera son rôle pleinement.

13:11
Invité

Gérard Larcher, hier, l'historien Benjamin Stora a rendu un rapport au président de la République sur les mémoires de la colonisation et la guerre d'Algérie afin de regarder l'histoire en face, selon les mots de l'Elysée. Pourquoi c'est nécessaire, important, de réfléchir à la question, selon vous ? Et est-ce que c'est le bon moment ?

13:28
Gérard Larcher

Vous savez, on a des moments... Entre l'Algérie et la France, et je le dis parce que j'entretiens, notamment avec mon novéologue du Conseil de la Nation algérienne, des rapports extrêmement réguliers, on a des mémoires qui s'opposent. Et seule l'histoire permet de conjuguer des mémoires qui s'opposent. Vous savez, je ne suis ni dans la repentance, ni dans l'excuse. Je n'ignore pas que les pères fondateurs de la Troisième République, dont on va beaucoup parler, notamment autour du texte Valeurs de la République, ceux qui ont été les porteurs en anticipation de ce qui est devenu la loi de 1905, considéraient la colonisation comme un progrès. Vous voyez bien que le temps de l'histoire...

Je dis, moi personnellement, que seule l'histoire permet de conjuguer des mémoires qui s'opposent. Voilà pourquoi des gestes symboliques, comme le propose Benjamin Stora, sur des dates de drame, de cetif à Oran en 62, à Paris en 61, me semblent être des dates importantes autour duquel on réfléchit. Voilà pourquoi aussi il y a des signes, parce qu'il faut que nos amis algériens comprennent que les familles de ceux qui sont les enfants des Harkis puissent se déplacer librement, plus librement en Algérie. La mémoire des cimetières, vous savez, j'ai, à l'occasion d'une visite officielle en Algérie, été...

Visiter les cimetières, qu'ils soient musulmans, chrétiens ou juifs, tout ça doit permettre à ce que nos mémoires opposées se conjuguent.

15:05
Présentateur

Faire entrer Gisèle Halimi, comme le propose Benjamin Stora, militante avocate des droits des femmes et également avocate de militants du FLN, est-ce que ça vous semble être un geste de réconciliation, justement, au Panthéon ? En tous les cas, c'est une proposition qui est faite,

15:20
Gérard Larcher

j'avoue ne pas y avoir réfléchi et pensé au-delà, mais vraiment, rien a priori, j'allais dire pour rejeter, rien a priori, en pensant que c'est le sujet numéro un, le sujet numéro un, c'est vraiment que nos mémoires opposées

15:35
Présentateur

puissent se conjuguer. Est-ce que vous diriez, comme Emmanuel Macron, lorsqu'il était candidat, c'était lors d'un discours...

15:40
Locuteur non identifié

En 2017.

15:41
Présentateur

En 2017, à Alger, que la colonisation a été un crime contre l'humanité ?

15:44
Gérard Larcher

Non, je suis en total désaccord. Avec ce point, je dis, ni repentance, pas plus qu'il n'y a d'excuses, mais regarder l'histoire en face avec ces moments de drame, ces moments terribles, mais aussi nous souvenir que l'Algérie, c'est le pays qui a accueilli le gouvernement provisoire de la République, du général de Gaulle, qui nous a permis de retrouver notre liberté. Et ça, ne pas l'oublier aussi, et le nombre de natifs d'Algérie, quelles que soient leurs origines, qui se sont battus, qui se sont battus pour la libération de la France, ça fait partie de nos mémoires qu'il nous faut conjuguer.

16:21
Présentateur

On marque une toute petite pause, Gérard Larcher, et on poursuit dans une minute, il est 8h50, Mélanie Delaunay va nous rejoindre pour le fil info, le résumé de l'actualité. Ben non, elle est en retard. Ben allez-y, ça lui a pardon. Je vais proposer une question. Mais oui, allez-y.

16:35
Invité

Un mot sur le projet de loi confrontant les principes républicains, qui est examiné actuellement à l'Assemblée. Est-ce que vous regrettez que l'amendement visant à interdire le port du voile aux petites filles, proposé par Aurore Berger, la députée En Marche, ait été écarté du débat ?

16:50
Gérard Larcher

Il y a l'aspect parlementaire. L'article 45, ça, c'est une réalité du règlement de l'Assemblée nationale. D'ailleurs, un règlement qui n'est pas tout à fait le même au Sénat, mais qui aurait dépendu de la décision par vote de la Commission des lois. C'est un peu technique. C'est moins démocratique à l'Assemblée. Mais sur le fond, je n'aurais pas voté cet amendement. Je pense que nous avons eu un débat sur les signes religieux en 2004. Nous avons au Sénat en 2019, et souvenez-vous, les critiques que nous avons eues au moment où nous avons voté en proposition de loi la question du port de signes religieux dans les sorties scolaires. Nous l'avons voté.

Et nous parlons que je pense que la sortie scolaire, c'est un moment du service public,

17:36
Invité

de l'éducation.

17:38
Gérard Larcher

Je crois. Mais on ne va pas réouvrir le débat qui a existé. J'ai évoqué les pères fondateurs de la République, sur la soutane, sur l'ami religieux, sur la kippa. Je crois que c'est la pédagogie. C'est la pédagogie. Et ça rejoint la charte des valeurs que le CFCM veut engager. Cette pédagogie, le fait d'être attentif à ce que les enfants ne fassent pas l'objet de pression. Tout ça, ça s'inscrit dans la démarche dont nous allons débattre autour des valeurs de la République. Un sujet majeur. Sujet majeur parce que depuis le rapport Robin, 2004 aussi, nous voyons que nous n'avons cessé

18:18
Présentateur

de régresser. Et on va en parler de cette charte du CFCM si vous voulez bien. Dans un instant, 8h51. Désormais, la voici Mélanie Delonnet pour le Filinfo.

18:26
Invité

Faut-il des contrôles sanitaires aux frontières entre pays européens ? C'est l'un des points débattus ce soir au sommet des 27 dirigeants de l'Union. Sommet par visioconférence face à la propagation du variant britannique du Covid. Au programme également la façon d'augmenter la production de vaccins alors que Pfizer réduit ses livraisons. Conséquence, dans le Bas-1, les 9 centres de vaccination seront fermés lundi et mardi prochains. Il faut que le « quoi qu'il en coûte » prôné par Emmanuel Macron pour faire face à la crise sanitaire s'arrête en 2021, estime le ministre des Comptes publics.

Le niveau de dépenses que nous connaissons aujourd'hui n'est pas soutenable dans le temps, explique Olivier Dussopt dans les Echos. Des lapins, des cochons d'Inde, des souris adoptés en plein confinement et maintenant délaissés, les abandons de certains animaux de compagnie sont en hausse, plus 16% depuis le début de l'épidémie de Covid d'après la SPA qui fait le lien avec des achats impulsifs en animalerie ou sur Internet. Et puis c'est l'aboutissement de longues négociations. Google signe un accord pour mieux rémunérer la presse française pour ses contenus repris par le géant du numérique. Cela concerne 300 journaux et hebdomadaires. France Info

19:31
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

19:36
Invité

Toujours avec le président du Sénat Gérard Larcher. Alors sur les neuf fédérations du CFCM, le Conseil français du culte musulman, trois refusent de signer la charte des principes, charte qui réaffirme la compatibilité de la foi musulmane avec la République. Emmanuel Macron a donné 15 jours à ces fédérations pour signer la charte. Marine Le Pen dit qu'il faut les dissoudre, ces fédérations, si elles ne signent pas. Vous vous dites quoi ?

19:59
Gérard Larcher

D'abord que cette charte elle est un cheminement, elle est un progrès. Bien sûr, il ne s'agit pas pour la République de tenir la plume des responsables des cultes et c'est vrai pour tous les cultes. Mais je pense qu'en réaffirmant la compatibilité de l'islam avec la République, les signataires ont rendu, j'allais dire, un message à la République et ont rendu service aux musulmans de France qui ont pleinement leur place dans la République. Mais là on fait quoi

20:27
Invité

pour ces trois fédérations qui ne veulent pas signer ?

20:29
Gérard Larcher

Eh bien je pense qu'elles doivent bien réfléchir à ce que signifie ne pas signer cet engagement. Est-ce qu'elles veulent être à côté, en dehors de ce que nous souhaitons partager tous ensemble ? Vous savez, moi je suis très attaché à un principe qu'Aristide Briand avait affirmé en 1905. La loi doit protéger la foi tant que la foi n'entend pas dicter la loi. et donc lutter contre l'islam politique, lutter contre l'islam politique, lutter contre la radicalisation, eh bien ça fait partie me semble-t-il de ce que nous devons avoir en partage les uns et les autres et c'est ce sur quoi nous devons nous engager.

21:15
Invité

Il faut les dissoudre ces fédérations ?

21:17
Gérard Larcher

Écoutez, on leur donne encore 15 jours, on ne va pas aujourd'hui décider de leur sort, il appartiendra à l'exécutif, mais je dois dire que si elles ne partageaient pas les valeurs de la République, il faudrait qu'elles en tirent elles-mêmes les conséquences, il n'est pas question demain qu'un culte quel qu'il soit aille prendre en quelque sorte ses instructions dans un pays étranger.

21:39
Présentateur

Gérard Larcher, les élections régionales étaient prévues à l'origine au mois de mars, dans deux mois, elles ont été repoussées au mois de juin en raison de l'épidémie. Si la situation ne s'arrange pas d'ici là, est-ce qu'il faudra les repousser encore ?

21:50
Gérard Larcher

Écoutez, nous allons examiner le texte, nous allons proposer les 13 et les 20 juin. Le texte, il vient d'abord devant le Sénat. Nous aurons un rapport à la mi-avril, mais la question de fond, est-ce que la démocratie s'arrête au nom de la pandémie ? C'est un vrai sujet. Regardez, les Portugais vont tenir leurs élections présidentielles. Les élections régionales en Allemagne vont avoir lieu dans un certain nombre de lenders. Je pense que nous analyserons, mais nous allons voter deux dates, premier et deuxième pour, pour les élections départementales et régionales. Nous suivons cela les conclusions du rapport de Jean-Louis Debray.

22:32
Présentateur

Jean-Louis Debray qui a dit ces derniers jours, c'est une déclaration qui a fait un petit peu de bruit, qu'on lui avait un peu mis la pression du côté du gouvernement pour un éventuel renvoi de ses élections en 2022 après l'élection présidentielle. Alors là,

22:42
Gérard Larcher

se posent des problèmes constitutionnels majeurs. Ah, ben oui, se posent des problèmes constitutionnels majeurs et je crois que le conseil constitutionnel donne son sentiment parce que le report d'une année et demie d'une élection départementale, ce serait une grande première. Mais la constitution n'avait pas forcément prévu le coronavirus. Non, mais elle a prévu dans les principes fondamentaux et du préambule la démocratie. Et la démocratie, c'est un principe sur lequel on ne doit pas transiger. Après, il faut examiner la proportionnalité et c'est logique entre la santé de nos concitoyens et l'exercice de la démocratie. Mais le primat de la démocratie, ça a du sens.

23:20
Invité

La démocratie, c'est mieux d'organiser une élection en pleine crise sanitaire avec un risque de moindre mobilisation ou alors après l'élection présidentielle de 2022 ?

23:29
Gérard Larcher

qui assouplit les conditions de procuration, d'organisation. Ce sera d'ailleurs un des sujets du débat que nous aurons au Sénat sur les élections régionales et départementales. Comment on permet l'exercice de la démocratie dans les meilleures conditions possibles ? Ce sera notre débat

23:46
Présentateur

des jours qui viennent. 30 secondes, Gérard Larcher, pour nous dire si vous voyez aujourd'hui dans le paysage politique de droite un candidat ou une candidate qui se dégage en vue de l'Elysée.

23:54
Gérard Larcher

Pas encore. D'abord, vous le disiez, l'ambiance, la pandémie, ce qui se passe dans le pays, la perte de confiance, les inquiétudes, les incertitudes économiques, sociales. On en parle très peu mais j'ai noté qu'un ministre du gouvernement disait il y aura une fin ou quoi qu'il en coûte puisqu'il y a un moment nous devrons arrêter. Monsieur Dussop le disait. Eh bien face à cela, je crois que c'est vrai que nous ne sommes pas tout à fait dans l'ambiance présidentielle en dehors des plateaux de médias et des congrès de formation politique même en visio. Mais je travaille à ce qu'il y a un candidat. Pourquoi ? Parce qu'en démocratie, je reviens à mon mot. Allez-y. Il y a un espace.

On ne peut pas se résoudre à un deuxième tour qui ne verrait que le président sortant, Emmanuel Macron et Mme Le Pen. Je pense que la démocratie a besoin d'alternatives. Elle en a besoin à gauche comme au centre et à droite. Et comme Gauliche me situe au centre et à droite et bien je le dis, je travaillerai pour que les Françaises et les Français puissent avoir cette alternative. Ça veut dire un seul candidat ou une seule candidate. Et je crois que c'est essentiel pour l'expression des Français.

25:06
Présentateur

Merci à vous Gérard Larcher, président du Sénat. Invité ce matin de France Info. Sous-titrage ST' 501

État d'urgence sanitaire, élections régionales... Le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher — Gérard Larcher · Pourquijevote