Instant Porcher | De ministre de l'économie à Président : avons-nous déjà oublié le terrible bilan de Macron ?
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Questions et réponses
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- 1:15OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron depuis 2014, est-ce que c'est le casse du siècle ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Peux-tu rappeler l'évolution de la philosophie d'Emmanuel Macron depuis toutes ces années ?
- 5:40OuverteRéponse directe
Peux-tu nous dresser un bilan rapide du macronisme depuis 2017 ?
- 7:28OuverteRéponse directe
Pourquoi est-il important de faire ces rappels-là ?
- 9:32OuverteRéponse directe
Pour toi, c'est quoi l'objectif d'Emmanuel Macron d'ici à 2027 ?
- 12:58OuverteRéponse directe
C'est quoi aujourd'hui l'état des forces en place et comment elles ont évolué depuis 2022 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« le bilan du quinquennat c'est que les riches n'ont jamais été aussi riches en France. »
- 0:20InvitéFait
« un petit pays comme la France que l'on présente comme un enfer fiscal a réussi à un moment à avoir l'homme et la femme la plus riche au monde. »
- 2:42InvitéFait
« Macron, le CICE, la loi Travail, la loi El Khomri et la loi Macron avec la déréglementation des pharmacies, des cars, etc. »
- 3:02InvitéFait
« si j'étais chômeur, je n'attendrai pas tout de l'autre »
- 3:15InvitéFait
« la France n'a pas fait les réformes où il fallait, contrairement au Royaume-Uni dans les années 80 »
- 3:48InvitéFait
« la première réforme qu'il a passée, c'est la réforme de l'ISF pour les très riches. »
- 4:14InvitéChiffre
« les entreprises, et particulièrement les grandes entreprises, ne sont jamais sorties aussi bien et n'ont jamais eu des résultats aussi bons. »
- 4:22InvitéFait
« il y a eu clairement un affaissement de la classe moyenne. »
- 4:32InvitéFait
« il y a eu une forme d'ubérisation de l'économie »
- 6:11InvitéFait
« Vous avez eu les lois travail qui ont déréglementé le marché du travail »
- 6:15InvitéFait
« les deux lois sur l'assurance chômage qui a rendu le statut de chômeur beaucoup plus difficile à avoir »
- 6:50InvitéFait
« il y a les lois immigration et on voit bien qu'il y a clairement un déplacement des électeurs de droite vers la Macronie »
- 9:56InvitéFait
« ça va être toujours l'attaque sur les services publics »
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Moi j'ai du mal avec ça. Là on se dit quand même quelle est la colonne vertébrale. Parce qu'à un moment il faut un peu une colonne vertébrale. C'est-à-dire qu'on peut voter des lois travail et puis après on peut être un candidat soutenu par la NUPES ou par la gauche même. C'est un saut flip à 180 degrés. Et le bilan du quinquennat c'est que les riches n'ont jamais été aussi riches en France. Ils ont tellement été riches qu'un petit pays comme la France que l'on présente comme un enfer fiscal a réussi à un moment à avoir l'homme et la femme la plus riche au monde. C'est quand même hallucinant. On le voit bien dans les sondages. La politique libérale prépare l'arrivée de l'extrême droite.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher. Alors où l'on est assommé par les discours de toutes parts, il est bon de se poser, faire le tri et décrypter. Avant de commencer, on vous dit un petit quelque chose. Les autorisations des 15 chaînes nationales de la TNT arrivent à échéance en 2025. L'Arcom a donc lancé un nouvel appel à candidature qui représente une opportunité pour le média. Nous allons déposer un dossier de candidature pour être diffusé sur la TNT. C'est une tâche loin d'être simple.
Voilà pourquoi on en appelle aux spécialistes des médias, de la télé, juristes, experts techniques pour nous aider à monter ce dossier de candidature et marquer un nouveau tournant historique dans l'histoire des médias indépendants et engagés. Soutenez-nous, abonnez-vous, parlez de nous, parlez de vous. Bonjour Thomas.
Salut Lisa.
Alors avec toi aujourd'hui au programme, Emmanuel Macron depuis 2014, est-ce que c'est le casse du siècle ? Et on ira faire un petit tour sur l'alliance ou non des gauches pour les européennes et même après, c'est parti. Il est temps de faire le bilan sur la politique d'Emmanuel Macron à l'heure où une polémique en chasse une autre, une réforme en chasse une autre et où les décisions politiques et économiques sont inédites et passent dans une quasi-indifférence générale.
Avant d'être président de la République, il est bon de rappeler qu'Emmanuel Macron était ministre de l'économie depuis 2014, puis encore avant secrétaire général adjoint du président de la République depuis 2012, Hollande donc, après une carrière de banquier d'affaires. Thomas, est-ce que tu peux nous rappeler un peu l'évolution de la philosophie d'Emmanuel Macron depuis toutes ces années, surtout que c'est un homme qui dit venir de la gauche ?
Oui, alors il n'y a pas d'évolution en fait. Emmanuel Macron a toujours été le même. Moi, c'est ça qui m'étonne, c'est qu'il y ait des gens à un moment qui se sont posé la question, et qui se sont dit, est-ce que Macron est de gauche ou de droite ? Et il y a encore des gens qui vont vous dire, oui, il est de gauche quand même. Je n'arrive pas à voir où est-ce qu'il est de gauche, mais il y a eu cette question depuis le début.
Et moi, ça m'a étonné dès 2015, cette question, parce que certes, il était ministre de François Hollande, un président que les gens voyaient de gauche, mais il était ministre de la deuxième partie du quinquennat de François Hollande, qui était un quinquennat très à droite, autant sur le sociétal avec Valls que sur l'économique, avec Macron, le CICE, la loi Travail, la loi El Khomri et la loi Macron avec la déréglementation des pharmacies, des cars, etc. Donc à l'époque, des gens encore pensaient qu'il était possiblement un peu de gauche. Mais déjà, à cette époque-là, les phrases qu'il sortait étaient quand même assez impressionnantes.
Quand on vous dit en 2015, moi, si j'étais chômeur, je n'attendrai pas tout de l'autre, ça vous dit quand même la philosophie que vous avez à l'égard des chômeurs. Quand vous dites, oui, la France n'a pas fait les réformes où il fallait, contrairement au Royaume-Uni dans les années 80, vous êtes assez proche de Thatcher. Quand vous dites, les Français ont cru qu'en travaillant moins, ils allaient être mieux, enfin, je me disais, mais où est-ce qu'on peut voir que Macron a une pensée de gauche ? Donc non, c'était quelqu'un de très libéral sur l'économie et on n'a pas été surpris.
On n'a pas été surpris là-dessus, puisque dès qu'il est rentré, et souvenons-nous de ça, parce qu'il est quand même rentré au pouvoir à l'aide d'un certain nombre de gens qui se disaient de gauche, chez les écologistes et aux partis socialistes. Il a eu des cautions de gauche. Mais quand il est arrivé, la première réforme qu'il a passée, c'est la réforme de l'ISF pour les très riches. Et le bilan du quinquennat, c'est que les riches n'ont jamais été aussi riches en France. Ils ont tellement été riches qu'un petit pays comme la France, que l'on présente comme un enfer fiscal, a réussi à un moment à avoir l'homme et la femme la plus riche au monde. C'est quand même hallucinant.
Il y a quand même d'autres pays, les États-Unis, la Chine. On n'arrête pas de parler des milliardaires, des pays émergents, mais non, c'est chez nous. C'est chez nous, ce n'est pas en Allemagne, ce n'est pas aux États-Unis, ce n'est pas au Royaume-Uni, c'est chez nous qu'on a eu l'homme et la femme la plus riche au monde. Donc les riches n'ont jamais été aussi riches. Les entreprises, et particulièrement les grandes entreprises, ne sont jamais sorties aussi bien et n'ont jamais eu des résultats aussi bons. Et de l'autre côté, il y a eu clairement un affaissement de la classe moyenne.
Et ce que lui-même avait pris dans un journal avant d'être président et pendant qu'il était ministre, et certains trouvaient ça sympa, il y a eu une forme d'ubérisation de l'économie, où pour une partie de la classe moyenne, tout est très cher, une partie des gens qui étaient épargnés des fins de mois difficiles commencent à y entrer, et où la stabilité dans l'emploi est de plus en plus rare avec les deux lois travail, et où les services publics se dégradent. Donc il a eu son ubérisation de l'économie, et il a eu, pour les gens les plus riche et pour les entreprises, ce qu'elle voulait. Donc c'était quelqu'un de libéral, on le savait, ceux qui le savaient.
Ceux qui s'en sont rendus compte plus tard, moi je trouve ça triste, je trouve ça d'autant plus triste que beaucoup se sont recasés quand même à gauche. Est-ce que je trouve ça un petit peu, est-ce qu'il faut parfois avoir un petit peu de vision de long terme et de penser un peu, comment vous dire, contracycliques ? Or il y a beaucoup de gens qui ont des pensées pro-cycliques, c'est-à-dire qu'ils sont là au moment où il faut, ils ont toujours un poste. Et ça je pense qu'il faudrait aussi s'en souvenir, mais Macron était un libéral, et la fin de son quinquennat va faire que je pense qu'une grosse partie des gens seront plus pauvres et les très riches se porteront bien.
Et on aura vraiment une France très inégalitaire, comme c'est le cas dans les pays anglo-saxons.
Est-ce que tu peux nous dresser, même si tu as commencé un peu à le faire, un bilan rapide du macronisme depuis 2017 et pourquoi il est important de faire ce rappel-là ?
Oui, alors le bilan, comme je l'ai dit, c'est des baisses de fiscalité sur les grandes entreprises, majoritairement, sur les très riches, une partie avec la taxe d'habitation, bien sûr, sur la majorité de la population, bien qu'il y avait déjà une grosse partie qui avait leur taxe d'habitation qui était plafonnée ou qui avait des moyens d'y échapper en partie, je crois que c'est 40% de la population de mémoire. Vous avez eu les lois travail qui ont déréglementé le marché du travail, vous avez eu les deux lois sur l'assurance chômage qui a rendu le statut de chômeur beaucoup plus difficile à avoir et à précariser une grosse partie des chômeurs.
Et puis vous avez aussi toutes les lois qui n'étaient pas du Macron pour le coup 2017, parce que dans le 2017, Macron ne s'attaquait pas à des questions comme l'immigration, il les avait tenues assez loin de sa campagne, ce qui était plutôt un point positif et peut-être ce qui a fait qu'un certain nombre de personnes ont cru qu'il était de gauche malgré des sorties sur l'économie qui étaient très à droite. Mais il a rattrapé son retard aujourd'hui puisqu'il y a les lois immigration et on voit bien qu'il y a clairement un déplacement des électeurs de droite vers la Macronie et que Macron a un bilan qui est aujourd'hui très à droite, que ce soit sur le sociétal comme sur l'économie.
Ça ne me surprend pas, parce que ça a toujours été le cas. On nous a toujours vendu l'image du bon libéral très ouvert, libéral sur les questions de mœurs, c'est libéral en économie. En général, le bon libéral sur l'économie finit toujours par être très conservateur et donc très à droite sur les questions sociétales.
Sans oublier aussi, évidemment, la réforme des retraites. Pourquoi c'est important de faire ces rappels-là ? C'est qu'on oublie, on trouve que c'est une réforme inédite, que c'est très grave et trois mois après, on oublie et on peut mettre de plus en plus fort.
On va en parler dans le sujet d'après. Moi, je suis frappé par le taux d'oubli des gens d'une année sur l'autre. On a vu des gens, moi, je n'arrive pas à voir quelle est la structure, mais alors pourquoi pas, qui ont voté Macron puis Mélenchon. Macron en 2017, Mélenchon en 2022. Il y a quand même là, c'est un saut, un flip à 180 degrés. Et donc, je pense que pour beaucoup de gens, le vote, c'est une question de concours de beauté à un instant T sans qu'il y ait un passif. Ou même, il y a des politiques que l'on a retrouvées à la NUPES qui étaient avec Macron en 2017. Il y en a beaucoup.
Il y en a même une qui était avec Fillon, qui a rejoint après les décroissants avec Mme Bateau, puis qui après était à la NUPES. Là, on se dit quand même quelle est la colonne vertébrale théorique de tout ça. Parce qu'à un moment, il faut un peu une colonne vertébrale. C'est-à-dire qu'on peut voter des lois travail, et puis après, on peut être un candidat soutenu par la NUPES ou par la gauche même, comme Mathieu Orphelin, qui est très gentil par ailleurs, mais qui a voté les lois travail, voté les baisses de l'ISF, etc. Et après, hop, c'est pardonné. On fait campagne pour un autre candidat. Moi, j'ai du mal avec ça. J'ai du mal avec ça.
Parce qu'il y a un moment, on peut avoir des aventures politiques, bien sûr, tout le monde en a. Mais il y a un moment, il y a des critères sur lesquels il ne faut pas aller. Alors peut-être que j'ai un tropisme sur l'économie un peu trop fort, de fait, parce que c'est mon métier. Mais moi, quand j'ai vu ce qu'il y avait dans les lois travail, quand j'ai vu les coupes sur l'ISF qui ont été rattrapées, les coupes sur l'ISF et les entreprises qui ont été rattrapées sur la sphère sociale, l'assurance maladie, l'assurance chômage, pour moi, le nerf de la guerre, c'est l'économie. Donc si vous n'y mettez pas le nez dedans, ce n'est pas possible.
Alors on peut avoir tous les beaux discours que vous voulez avoir, mais si derrière, vous faites des coupes sur l'économie, vous frappez tout le monde. Donc oui, il y a eu pour moi, chez certains, un manque de cohérence et il y a un taux d'oubli un peu fort pour moi chez certains.
Pour toi, c'est quoi l'objectif d'Emmanuel Macron d'ici à 2027 ?
Là, on le voit bien. Ça va être de continuer le plus possible tout ce qu'il peut déréglementer. Alors toujours en s'attaquant au même. Donc ça va être malgré le Covid et malgré tout le service public qui était revenu en première ligne après le Covid, ça va être toujours l'attaque sur les services publics. On le voit bien avec les économies qui vont être faites. Ça va être l'attaque sur l'assurance chômage. Le seul objectif qu'il veut, lui, pour moi, il y a deux choses qu'il veut. C'est son fameux plein emploi. Ça, il va falloir le faire. Quel que soit le tour de magie utilisé, nous savons celui qu'il va le faire parce que nous l'avons décrit ici.
Le but, c'est d'avoir un très beau chiffre du chômage, mais autour de ce chiffre, c'est-à-dire les gens qui seront le halo du chômage ou qui n'auront pas toutes les conditions pour être dans le statut de chômeur et être comptabilisés dans la statistique, mais qui n'auront pas forcément d'emploi et qui seront hors statistique, sera énorme. C'est-à-dire qu'on aura une belle statistique, comme aux Etats-Unis, avec beaucoup de pauvres autour de cette statistique. Tout est fait pour ça. Et le durcissement sur l'assurance chômage et sur les prestations a pour but de créer tous ces gens qui seront autour de la statistique et d'avoir cette belle statistique qu'on affichera.
Donc ça, c'est son objectif. Le deuxième, c'est la réduction des déficits. C'est les deux choses. Pour dire, regardez, j'ai réduit le déficit, même si j'ai coupé comme un dingue sur la dépense publique, sur le service public, etc., j'aurais réduit. Alors je pense que le premier, c'est quand même le plein emploi, et le deuxième, c'est les déficits. S'il a 3,5% de déficit, ça ne le dérange pas. S'il a 5,5% de taux de chômage, mais c'est son objectif. Parce qu'il se dit, les gens ne vont se rappeler que de ça. Voilà. Après moi, le déluge, on verra qui est-ce qui gagnera. Mais les gens ne se rappelleront que de ça. Et je serai le seul président qui aura eu ces beaux chiffres-là.
Même si derrière ces chiffres, il y aura des inégalités très fortes. Il y a une grosse partie des Français qui seront précarisés. Une très grosse partie. Précarisés dans leur travail, dans leur emploi, précarisés dans les services publics auxquels ils ont accès.
Puis après, le gouvernement d'après, il faudra qu'il rattrape toutes les coupes faites à cause du déficit. Et donc du coup, ça va coûter super cher. Et après, le président d'après...
Moi, je pense que là, de toute façon, je l'avais dit dans mon livre « Introduction inquiète à la macroéconomie ». C'est-à-dire que la politique libérale prépare l'arrivée de l'extrême droite. Et là, on le voit bien dans les sondages. Le vrai danger, ça va être ça. Et on ne peut pas dire aux gens « Ne votez pas pour l'extrême droite » sans rien leur proposer. Ça ne marchera plus. Il faut leur proposer un vrai tournant. On ne peut pas leur dire « Il ne faut juste pas voter pour l'extrême droite. Mais après, on va faire les réformes, les réformes... » Ça a été trop fait, ça. Donc il faut proposer autre chose. Sinon, les gens s'abstiennent. Ils s'abstiennent ou ils votent.
Ils votent extrême droite ou ils s'abstiennent. Et donc, ça fait monter l'extrême droite. Et partout où l'extrême droite a monté, en Europe, c'est là où il y a eu des gouvernements d'orientation libérale.
Les élections européennes approchent, même si elles ne rencontrent pas une grande ferveur populaire. Malgré tout, cette campagne révèle plusieurs stratégies et faiblesses politiques. L'extrême droite est toujours très haute dans les sondages. Raphaël Glucksmann, tête de liste PS Place Publique, est le candidat chouchou des médias pour représenter une gauche modérée et responsable, ce qui pourrait voler des voix à la majorité, qui peine à s'imposer et se fait talonner par la liste socialiste. Le parti présidentiel surfe sur la division à gauche quand Glucksmann porte déjà une alliance sans LFI.
En attendant, la France insoumise ou les écologies sont en dessous des 10% dans les sondages, quoi qu'il vale. Certains jouent quand même un premier jet pour préparer 2027. Thomas, c'est quoi aujourd'hui l'état des forces en place et comment elles ont évolué depuis 2022 ?
Là, tu as très bien dit quel était l'état des forces. Là, on a en fait l'extrême droite qui y va, très bien, la Macronie qui est là et vous avez la gauche qui est divisée. Avec Raphaël Guzman qui est en tête. Ce qui est assez intéressant, c'est qu'en 2022, en 2022, on avait trois grandes forces politiques qui étaient quasi égales en réalité. Il y avait Macron, il y avait Le Pen et Mélenchon. Il y avait vraiment, on était sur trois grosses forces politiques. Et je pense que c'est le score très impressionnant de Jean-Luc Mélenchon qui était très, très, très proche, a très peu de voix finalement du deuxième tour qui a permis quelque part la nupesse.
Parce que tout le monde s'est dit, bon, avec un score aussi élevé et les autres qui étaient très, très loin derrière, qui ont dû même faire appel à leurs militants pour rembourser leur campagne, Mélenchon s'était imposé comme le grand patron. Et aujourd'hui, deux ans après, on est revenu à la situation de 2019 avec des partis qui y vont tout seuls, qui tous réunis feraient un gros score, mais qui préfèrent y aller seuls. Donc on voit bien qu'il y a ici un échec de l'union.
Thomas, tu étais un défenseur de l'alliance des gauches il y a encore quelques années. Certains candidats portent encore cette idée entre quelques pics. Est-ce que là, tu y crois toi pour aujourd'hui ?
Non, moi, c'est vrai que dans les premiers appels, j'étais de tous ceux qui signaient ces appels-là. C'est-à-dire qu'il y a eu un appel, me semble-t-il, en 2016, un appel avec Thomas Piketty, Jadot, Julia Cagé. Il y avait aussi la primaire.org menée par Caroline De Haas. Donc il y avait cette idée qu'il fallait faire quand même une primaire, une grande primaire à gauche pour qu'il y ait un seul candidat de gauche. Mais après, on n'arrivait pas à délimiter l'espace. Certains voulaient y mettre Macron dedans.
Moi, ce que j'avais compris, c'était plutôt des frondeurs à la LFI, c'est-à-dire de ceux qui n'acceptaient pas la politique de François Hollande, qui représentent quand même une partie de la gauche, ceux qui n'acceptaient pas les frondeurs, c'est-à-dire qui n'acceptaient pas la politique d'austérité, mais qui n'étaient pas la même gauche que LFI ou que le PC. Et puis après, il y a eu Jadot, Hamon, Mélenchon, qui étaient en compétition en 2017. Il y a eu un certain nombre de gens qui ont signé des tribunes, c'était mon cas, avec Caroline De Haas, Mathilde Larrère, Maxime Combès, pour qu'il y ait une alliance des gauches.
Parce qu'on se disait que là, les programmes n'étaient pas aussi différents que ça à l'époque. Et ça n'a pas eu lieu. Ça n'a pas eu lieu. Alors qu'encore une fois, quand on faisait les calculs, il y avait une possibilité d'accès au deuxième tour. Et puis après, c'est reparti en 2022, avec ceux qui ont organisé cette espèce de primaire populaire, vous vous souvenez, qui a fait gagner Taubira. Et moi, je n'y croyais plus. Je me suis dit, là, il y a trop de différences.
Il y a trop de différences dans le sens où, quand on a fait partie de ceux qui ont demandé une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, une possible alliance et que ça ne se réalise pas, on commence à connaître la tuyauterie interne et se dire que ça n'arrivera pas. Et puis Mélenchon a fait son score de 23%. Et là, ce qui est assez impressionnant, c'est que nous avons eu, en l'espace de deux semaines, en voyant large, allez, on va peut-être leur donner trois semaines, mais bon, allez, soyez gentils, deux, trois semaines, on a vu la possibilité d'une alliance, la NUPES.
C'est-à-dire que les gens se sont accordés, les gens qui se critiquaient depuis des années, qui se sont envoyés des pics pendant toute la campagne, ont réussi à se mettre d'accord en trois semaines, pour le bien-être du peuple de gauche, des électeurs de gauche, nous disait-on. Mais ce qui est assez impressionnant, c'est qu'en fait, ils ont réussi à se mettre à l'aise parce qu'il fallait aussi sauver leurs postes. C'est-à-dire qu'il y avait le gagnant, Mélenchon, qui était le gagnant, qui pouvait envoyer des gens se faire élire. Il aurait pu choisir de faire comme en 2017, d'envoyer des gens contre le PC, contre les autres partis.
Et là, ils ont choisi de s'arranger entre eux, de partager les postes pour se faire élire. Donc ce qui a fait, en fait, me semble-t-il, du côté des partis qui avaient fait un échec, c'est-à-dire Europe Écologie Les Verts, le PC, le PS, il s'agissait, pour un petit nombre d'entre eux, de sauver leurs postes. Parce que sans ça, ils n'étaient plus élus. Et alors là, l'alliance pouvait marcher. C'est-à-dire qu'on a eu en une seule fois tous les intérêts qui étaient alignés. Mélenchon voulait être Premier ministre, c'était son intérêt. Et les autres voulaient sauver leur poste, c'était leur intérêt. Alors là, quand les intérêts sont alignés, on appelle ça la main visible, Smith.
Les intérêts sont alignés, donc là, la NUPES a gagné. Et dès qu'ils ont eu leur poste, deux mois après, ils ont commencé à se tirer, à se mettre des bâtons dans les roues, à vouloir en finir avec Mélenchon, alors qu'ils avaient été élus grâce à Mélenchon, etc. Donc là, comment vous dire ? Comment croire, quand on a vu tous ces épisodes, que la seule fois où ils ont réussi à se mettre d'accord, c'est pour sauver leur poste ? Comment on peut croire à une alliance des gauches ? C'est quand même très difficile. Parce que maintenant, il y a un vrai enjeu, en fait. L'enjeu, c'est de montrer que la gauche est encore présente à ces élections.
L'enjeu est de montrer que réunis, la gauche pourrait faire un très bon score. Ça pourrait être ça, leur enjeu. Et bien là, c'est plus ça. Voilà. Parce que personne ne sauve son poste, etc. Donc, ça en dit long sur la politique aujourd'hui. La politique aujourd'hui, pour beaucoup, c'est probablement de vouloir changer le monde. Mais c'est aussi, en premier lieu, d'obtenir son poste. Et après, le reste suivra peut-être. Et moi, c'est ça que ça... Alors, on verra ce que sera la suite. Mais j'ai du mal à croire dans ces conditions-là, où finalement, le seul but, c'est de prendre le leadership à gauche, j'ai l'impression, pour chaque tête de liste, quelle va être la suite.
Il y a de quoi être pessimiste. Alors qu'il y a beaucoup de... Alors certes, la conjoncture internationale fait qu'il y a des divisions énormes, et j'arrive à les comprendre. Mais il y a quand même beaucoup de points dans la politique économique où on peut trouver des accords. Et l'important étant toujours, moi, je trouve, dans les partis, quels qu'ils soient, et de discuter. Le débat interne, quoi, pas sur les plateaux télé. Le débat interne, pas sur les plateaux télé, pas sur Twitter, etc. Et je pense que tout le monde a sa part de responsabilité là-dessus.
Mais quand on regarde le schéma comme ça, vu de loin, pour un électeur de gauche, basique, j'imagine, vous regardez le schéma, vous vous dites, bon, il y a un qui est bien sorti, puis ils se sont réunis très rapidement, puis ils ont réussi à avoir une part assez importante d'élus, puis ils ne voulaient pas se mettre ensemble, ils voulaient garder, finalement, leur structure, puis ils se sont envoyés des pics, puis maintenant, ils y vont en ordre séparé, on continue à s'envoyer des pics. Comment voulez-vous qu'après ça, ils disaient, ah, bah, finalement, on va tous se mettre ensemble, on s'aime bien ? Non, c'est ridicule. Donc là, je pense que ça va être très compliqué.
On voit les jeunes, par contre, qui sont pro-union, ils avaient même interpellé des candidats de gauche à la fête de l'humanité, des jeunes militants, je parle de tous les partis, ULV, Génération, LFI, PCF, des jeunes militants qui disaient, nous, on s'entend bien, nous, on veut faire de la politique ensemble. Ils sont allés voir les plus vieux en disant, de faire ce que vous êtes en train de faire.
C'est quand même dingue. Et parce qu'il y a, je pense que, il y a une différence entre les militants et ceux qui ont fait de la politique un métier. Ceux qui ont fait de la politique un métier, il y a des vieilles rancunes, il y a des passifs, et puis il y a aussi, c'est comme une ascension professionnelle. Donc s'il y en a un qui dépasse, tout le monde rêve à un moment d'être à sa place, et ainsi de suite. Alors qu'à la base, pour ceux qui ne connaissent pas la politique, le but de l'engagement politique, c'est un engagement quand même pour changer les choses. Ce n'est pas un engagement pour avoir un poste.
Or, il y a beaucoup de gens qui se sont engagés, d'ailleurs, y compris aux européennes, quand on les regarde, ils se sont engagés avec la promesse d'un poste.
Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite et urgente. Deux directs par jour, du terrain du reportage, mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien. Abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois. L'abonnement, c'est notre moyen de financement le plus pérenne, le plus solide. Être abonné, c'est faire vivre une chaîne télé d'information indépendante et engagée, accessible à toutes et tous en francophonie.
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