Le travail du gouvernement, "c'est d'apporter une solution aux agriculteurs et pas d'envoyer les blindés", dénonce Edwige Diaz
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Edwige Diaz, bienvenue sur France Info, on va évoquer avec vous l'enjeu du budget, les municipales également qui arrivent, mais avant cela on commence par cette crise agricole qui perdure, une cinquantaine d'actions recensées hier encore sur notamment les autoroutes, la 64, la 63 entre Bordeaux et Bayonne, vous connaissez bien la région. Les agriculteurs ne semblent pas vouloir faire relâche à Noël, certains appellent déjà à continuer la mobilisation après les fêtes. Est-ce que vous soutenez Edwige Diaz la poursuite du mouvement ?
Le rôle des politiques ce n'est pas de soutenir ou pas un mouvement, c'est d'y apporter des solutions. Et je me suis moi-même rendue lundi dans mon département en Gironde au niveau du barrage de Sestas à la rencontre des agriculteurs pour leur témoigner le soutien du Rassemblement National. Vous savez que le Rassemblement National est un fervent soutien des agriculteurs et nous dénonçons depuis plusieurs années la politique macroniste qui est clairement anti-agriculteur. Et les agriculteurs me disent qu'est-ce que veut ce gouvernement ? Est-ce qu'il veut notre mort ? Et je veux le dire, j'ai été très touchée par les échanges que j'ai eus.
Vous savez quand vous arrivez sur un barrage comme ça, que vous avez des femmes, des hommes qui vous serrent la main, vous savez ces mains caleuses qui ont travaillé la terre, qui vous disent les yeux pleins d'humidité, on veut travailler mais on ne nous laisse pas travailler. Et il y a quelque chose qui n'est pas du tout compris, et j'étais hier dans ma circonscription, les gens me disent mais il y a des blindés, il y a des CRS, pourquoi sont-ils envoyés contre les agriculteurs alors qu'on les attend dans les cités pour lutter contre le narco-bantitisme ?
Mais il faut que ça continue ou est-ce qu'il faut que les Français puissent quand même circuler normalement à Noël pour rejoindre leur famille ?
Moi je souhaite que la crise soit réglée, c'est la raison pour laquelle je dis à Madame Genevard, Madame la Ministre, votre travail c'est d'apporter une solution aux agriculteurs, de les écouter et pas d'envoyer les blindés. Parce que là en fait, Macron aura quand même réussi l'exploit d'opposer ceux qui nous nourrissent à ceux qui nous protègent et en prenant les Français en otage. Donc Madame Genevard a fait des pieds et des mains pour rester au gouvernement, qu'elle apporte une réponse à la crise agricole.
Sur le problème très concret et très actuel de la dermatose, vous savez que c'est ce qui frappe aujourd'hui certains cheptels bovins, la doctrine sanitaire qu'a mise en place le ministère de l'Agriculture, en quoi est-ce qu'elle vous pose problème ? On voit que c'est basé sur la vaccination, donc ensuite pas d'exportation, l'abattage dès qu'il y a un cas dans un troupeau. Est-ce que ce n'est pas finalement en train de porter ses fruits ? On voit que l'épidémie semble être à peu près contenue.
Je vois ce que vous voulez dire. En fait, ce que m'ont dit les agriculteurs, c'est qu'ils n'ont pas du tout été concertés. Ils l'ont été, ils ont été reçus par le Premier ministre en début de semaine. Oui, enfin, ils ont peut-être été écoutés, mais pas entendus, vous voyez ce que je veux dire. C'est-à-dire, sinon, les barrages auraient été élevés. Les agriculteurs ne sont pas sur le terrain et donc pas dans leurs exploitations par plaisir, pas parce qu'ils ont envie de passer Noël ici, c'est juste parce qu'ils considèrent ne pas avoir été entendus.
Et donc, nous, avec Marine Le Pen, nous appelons à une grande discussion autour de la table pour que les syndicats, les agriculteurs, les vétérinaires aussi et le gouvernement prennent la bonne décision. Mais je vais vous dire, la question de la dermatose nodulaire contagieuse, c'est finalement la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Parce que les agriculteurs sont en crise, pas depuis une semaine. Ils sont en crise parce qu'ils sont systématiquement victimes d'agribashing, notamment alimentés par l'extrême-gauche. On se souvient tous cet été des propos tenus par Mme Rousseau qui a dit qu'elle n'en avait rien à péter de la rentabilité des agriculteurs.
Ils sont exaspérés par la multiplication des traités de libre-échange. Mais en fait, ça, si vous voulez, c'est la goutte d'eau. Mais la question du Mercosur qui a été reportée d'un mois, tant mieux, mais reportée pour quoi faire la question du Mercosur, ça fait des années que c'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête de nos agriculteurs.
Puisque vous en parlez sur le Mercosur, vous êtes quand même élu d'une circonscription. La circonscription, la Gironde, il y a énormément de producteurs de vin, de producteurs d'alcool. On sait que pour cette filière-là, ce traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays d'Amérique latine pourrait leur être assez bénéfique.
Non, mais en fait, le problème, c'est que les traités signés par l'Union européenne ne bénéficiaient pas forcément à la France. Nous, au Rassemblement national, nous sommes favorables à des échanges commerciaux bilatéraux. Ils ne bénéficiaient pas aux viticulteurs français ? Mais oui, mais en fait, on n'est pas obligé de passer par un Mercosur. On peut passer par des accords bilatéraux. Nos produits, nos viticulteurs et notamment nos producteurs de cognac, par exemple, vous voyez dans ma région en Nouvelle-Aquitaine, ce sont des produits d'excellence qui n'ont pas besoin de l'Union européenne pour exporter ces produits.
Donc, je le dis, la question de la DNC, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase parce qu'il y a le Mercosur, parce qu'il y a un projet, une promesse de loi Egalim 4 qui est tombée aux oubliettes, Egalim 1 n'est toujours pas appliquée, parce que Mme Gennevar et M. Macron avaient promis une simplification normative qu'on attend toujours. Je peux vous donner 10 000 autres exemples. Par exemple, la loi Duplon qui a été portée devant le Conseil constitutionnel par la gauche puis détricotée par la loi, par le Conseil constitutionnel. Donc, en fait, voilà, c'est une exasperation.
Si on reprend le dernier grand texte de loi sur l'agriculture, la loi d'orientation agricole, le groupe Rassemblement national, auquel vous faites partie, a voté contre. Oui, bien sûr, parce qu'en fait, c'était une petite avancée.
Mais petite avancée, ça ne mérite pas que vous puissiez la soutenir ? Mais si, c'est pour ça que nous avons voté, je le dis. Et nous avons aussi voté en faveur de la loi Duplon. Donc, en fait, nous, tout ce qui va dans le sens de l'amélioration du quotidien des agriculteurs, nous soutenons, mais nous disons que le gouvernement n'est pas au niveau parce que s'il avait été au niveau, tiens, Emmanuel Macron n'aurait pas été hué à chaque fois qu'il va au salon de l'agriculture et les agriculteurs ne seraient pas dans la rue parce que, je le dis, ce n'est pas par plaisir qu'ils s'apprêtent à passer Noël sur les barrages.
Edwige Viaz, vous dites être en soutien des agriculteurs. Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe, quand on est au Rennes, de soutenir cette mobilisation des agriculteurs qui bloque des grandes autoroutes depuis plusieurs jours quand on se veut aussi être le parti de l'ordre ?
En fait, nous ne sommes pas au pouvoir. Mais nous, nous n'attendons que ça, cher monsieur, arriver au pouvoir précisément pour apporter des réponses, pour assurer le patriotisme économique, pour revaloriser l'agriculture, pour opérer la simplification normative, pour arrêter l'idéologie de la décroissance, pour arrêter l'écologie punitive. En fait, tout ce qui pénalise les agriculteurs. Vous voyez, et je veux avoir une pensée particulière pour les viticulteurs de Gironde. Vous voyez, vendredi, en fin de semaine, il y a eu une grande manifestation parce qu'il y a une cité du vin à Bordeaux qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de faire la promotion de vin ukrainien.
Quand dans mon département, il y a deux viticulteurs qui se sont suicidés depuis le début de l'année, est-ce que c'est vraiment la place des pouvoirs publics que d'organiser la promotion de vin ukrainien alors qu'on a d'excellents vignobles dans le Bordelais ?
Vous posez la question, parce que d'habitude, vous êtes plutôt en soutien des forces de l'ordre lorsqu'il y a des mouvements sociaux. Là, vous soutenez plutôt l'autre côté. Du coup, vous soutenez les manifestants.
Je vous ai dit tout à l'heure que Macron avait réussi l'exploit d'opposer ceux qui nous protègent, c'est-à-dire les forces de l'ordre, à ceux qui nous nourrissent, c'est-à-dire les agriculteurs, tout en prenant en otage les Français par les barrages que vous avez mentionnés. Donc, en fait, c'est une très mauvaise politique. C'est une politique de l'absence d'anticipation. C'est une politique d'aveuglement, de déni qui conduit à l'impasse dans laquelle nous sommes et qui conduit au sacrifice de ceux qui nous nourrissent et au malaise de ceux qui nous protègent.
Vous voyez, moi, je discute, bien évidemment, avec les forces de l'ordre qui nous disent être écoeurés, écoeurés d'être envoyés sur les barrages alors que l'insécurité prospère dans notre pays. Il suffit de regarder les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur.
Edwige Diaz, les votes du RN, des députés RN, que ce soit au Parlement français ou au Parlement européen, sont parfois à géométrie variable, y compris sur ce sujet. On recevait hier matin à votre place Manon Aubry qui est députée de la France insoumise au Parlement européen. Écoutez ce qu'elle dit à propos de vos élus. Je vais écouter.
Il y a les paroles et les actes. Et je le redis, le RN a, par exemple, a refusé de voter contre l'accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande. Leur groupe soutient les accords de libre-échange. Moi, je suis fière de présider au Parlement européen le seul groupe qui n'a jamais donné aucune voix à aucun accord de libre-échange.
Vous avez, par exemple, voté pour l'assouplissement de la loi zéro artificialisation nette. On sait que ça permet de construire, notamment sur des terres agricoles. Vous avez voté contre une meilleure répartition des aides de la PAC. Est-ce que tout ça, ça ne nuit pas aussi à votre image ? Vous dites que vous défendez les agriculteurs et finalement, dans les faits, c'est un peu plus compliqué. Alors, je vais vous répondre point par point.
Déjà, Mme Aubry est une opposante politique et donc, je peux dire que oui, elle fait de la mauvaise foi. Et Mme Aubry se sent obligée de nous attaquer. Pourquoi ? Parce que tous les agriculteurs savent que LFI ne dépend pas des agriculteurs. D'ailleurs, cette semaine, à Bruxelles, Jordan Bardella a pris la parole devant les agriculteurs pour leur témoigner notre soutien. Mme Aubry n'a même pas pu prendre la parole parce que, si vous voulez, les agriculteurs ne sont pas dupes des éléments de langage. Donc, sur le fond, Mme Aubry dit que le groupe auquel appartient le Rassemblement national n'a pas voté contre le traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande.
Elle joue sur les mots parce qu'en fait, vous savez, nous, nous appartenons au groupe du coup des Patriotes pour l'Europe. Et la spécificité de notre groupe au Parlement européen, c'est que nous respectons la souveraineté des Etats. Donc, en fait, il n'y a pas forcément une harmonie dans nos votes. Mais en tout cas, ce que je veux dire, c'est que le Rassemblement national, oui, est opposé à ce traité de libre-échange, en particulier, comme à tous les autres, en matière d'agriculture. Sur la loi zéro artificialisation nette des sols. En effet, nous y sommes opposés. Pourquoi ?
Parce que nous écoutons, notamment les maires ruraux de nos territoires, qui nous disent, à cause de cette loi ZAN, et bien finalement, ce sont des maisons que nous ne pouvons pas construire. Ce sont des centres-bourgs qui se meurent, ce sont des écoles qui ferment. Et donc, en fait, cette politique du ZAN, cette politique de la décroissance, de l'écologie punitive, et bien précisément, c'est celle qui étrange, qui étouffe nos territoires euros. Donc, je le dis, oui, nous sommes contre la politique du zéro artificialisation nette des sols.
Quant à la PAC, pour répondre à votre dernier point, nous, nous sommes opposés, avec Jordan Bardella au Parlement européen, à la diminution des crédits de la PAC. Parce qu'en fait, c'est ça que nous prépare l'Union européenne. C'est non seulement, elle étrangle nos agriculteurs avec la multiplication des traités de libre-échange, et en plus, elle veut diminuer les aides qui sont déjà bien faibles. Donc, vous voyez, notre programme, il est absolument cohérent. D'ailleurs, il est tout à fait clair. Il est disponible sur notre site internet. Nous en sommes fiers. Et je regrette que Mme Aubry soit obligée de faire de la mauvaise foi pour tenter d'exister.
Edwige Diaz, on va passer à la situation budgétaire de la France. Il n'y a pas eu de compromis, cette semaine, sur le budget de l'État. Le gouvernement va donc soumettre au Parlement une loi spéciale pour que l'État puisse tout simplement continuer de tourner. Est-ce que vous allez voter cette loi, a priori, la semaine prochaine ?
Oui, a priori, parce qu'il faut bien que l'État continue d'avancer. Mais en fait, nous en sommes ici. Ce n'est pas une fatalité, en fait. C'est le résultat de mauvais choix politiques. Si on rembobine un petit peu le film, M. Bayrou a présenté sa démission au mois de septembre. M. Lecornu a été nommé. Il a mis quatre semaines à créer un gouvernement qui a présenté sa démission dans la foulée. Il a été nommé avec un autre gouvernement. Bref, le texte budgétaire est arrivé très tard sur la table des députés. Et nous, nous avions indiqué, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, que nous nous allions dans une impasse budgétaire.
C'est pour ça que nous avons déposé une motion de censure mi-octobre. Et je regrette qu'elle n'ait pas été votée.
Vous n'avez pas aidé le gouvernement parce que vous aviez dit tout de suite que d'emblée, pour vous, c'était non.
Ben oui, en fait, si vous voulez un budget qui creuse le déficit, qui augmente la fiscalité et qui réduit les services publics, en effet, ça n'est pas un budget acceptable pour le Rassemblement National. Mais je le dis, nous aurions pu éviter cette situation si les LR et le Parti Socialiste ne s'étaient pas couchés devant les macronistes et avaient refusé de voter la motion de censure que nous, nous avons votée. Ça, c'était mi-octobre. On aurait eu le temps d'avoir une dissolution de l'Assemblée Nationale et de donner une majorité à la France.
Là, vous avez fait le deuil de cette dissolution et d'élections législatives anticipées parce qu'on voit que cette perspective
s'éloigne malgré tout. Oh, mais vous savez, M. Emmanuel Macron est très imprévisible et je pense que s'il lui reste encore un petit peu au fond de lui l'attachement à l'intérêt supérieur de la nation, eh bien, je pense que oui, il doit annoncer une dissolution de l'Assemblée Nationale parce que sinon, là, en fait, il va y avoir une loi spéciale, vraisemblablement votée cette semaine. Mais du coup, on repart en janvier avec des débats budgétaires qui vont aboutir sur quoi ? L'Assemblée Nationale est divisée. Oui, mais un 49-3, mais je veux dire, M. Lecornu avait dit qu'il n'en ferait pas l'usage.
Mais ce que je veux dire, c'est que tant que vous avez, par exemple, vous voyez, j'en veux profondément aux socialistes qui, il y a deux ans, pour obtenir leur siège à l'Assemblée Nationale, se sont vendus à la gauche la plus radicalisée de notre pays, c'est-à-dire la France Insoumise. Et aujourd'hui, pour conserver ces sièges, se couchent devant la Macronie, je veux dire, les socialistes qui se prétendent... Ils se couchent avec quelques gains politiques malgré tout. Non, avec les LR, si vous voulez. Et en fait, leur gain politique à ces gens-là, macronistes, LR, les retraites suspendues, vous avez voté pour... Je vous réponds sur ça juste après.
L'accord macroniste, LR, socialiste, leur gain politique, c'est juste de conserver leur petit siège. Vraisemblablement, parce que ces gens sont tellement incompétents qu'ils ont peur de ne pas pouvoir retrouver un travail si jamais ils étaient battus par les Français.
Donc, il faut passer des accords. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée.
Non, mais là, en fait, il n'y a pas d'accord. L'accord, c'est l'accord de non-censure. Ce n'est pas une vision pour le pays. Ce n'est pas comme ça qu'on va lutter contre l'immigration. Ce n'est pas comme ça qu'on va lutter contre le déficit. Ce n'est pas comme ça qu'on va relancer la croissance.
Vous avez appelé à la stabilité. Là, pour le moment, Sébastien Lecornu a réussi à apporter un tout petit peu de stabilité.
Alors, la stabilité, pardon, ce n'est pas l'immobilisme. Parce qu'en fait, la stabilité, c'est-à-dire un gouvernement qui est là, qui ne sert à rien. D'ailleurs, les Français ne connaissent pas le nom de l'immense majorité des ministres. Mais pendant qu'il y a cette stabilité gouvernementale, c'est-à-dire les mêmes personnes qui occupent les mêmes places, eh bien, je vous l'ai dit, c'est le déficit qui se creuse, c'est les impôts qui augmentent, c'est l'immigration qui explose, c'est l'insécurité qui explose. En fait, tout ça, ce n'est pas une stabilité. Vous voyez, c'est une dégradation de la situation.
Merci d'être avec nous
dans le 830 de France Info, toujours avec Edwige Diaz, député RN de Gironde. Venons-en avec vous à la campagne des municipales qui se prépare. Le scrutin aura lieu au mois de mars. Alors, on sait que les scandales à répétition pour le RN lors de la dernière campagne des législatives en 2022, vous avez fait beaucoup de mal. Depuis, votre parti s'est engagé à mettre en place des procédures de sélection un peu plus strictes. Il était même question qu'il y ait une entreprise spécialisée, un prestataire qui passe au crible tout ce qu'avaient pu dire, écrire vos candidats sur les réseaux sociaux, notamment. C'est ce qu'avait révélé France Info à l'époque.
Est-ce que cette nouvelle méthode de sélection, de casting pour vos candidats aux municipales, vous a permis d'écarter des cas problématiques, ce que Jean-Dane Bardella appelle les brebis galeuses ? Bon, juste,
je vais me permettre de vous reprendre. Il n'y a pas eu des scandales à la répétition. Il y a eu quelques candidats qui ont eu des propos intolérables, qui ont d'ailleurs été écartés de notre mouvement. Mais en fait, ce sont ces poignées de cas qui ont été répétés à l'envie et autour desquels il y a eu beaucoup de mousse médiatique.
Mais ce que je veux dire, c'est que jamais je n'accepterai que nos candidats soient discrédités, qu'ils soient victimes d'amalgame, alors que l'immense majorité de nos candidats sont des citoyens engagés, des gens sérieux qui aiment leur territoire, qui aiment leur commune et qui, oui, je le dis, représenteront avec beaucoup de fierté et avec beaucoup d'enthousiasme le Rassemblement National au moment des élections municipales.
On vous pose juste la question parce que Mediapart a fait une liste cette semaine d'une douzaine de candidats qui ont déjà été épinglés pour des propos racistes, antisémites ou homophobes ou pour la proximité avec des groupuscules radicaux.
Alors, Mediapart, excusez-moi, mais nous n'allons pas confier la gestion de nos ressources humaines à un média dont tout le monde sait que c'est un fervent opposant au Rassemblement National. D'ailleurs, il y a beaucoup de bêtises. On va faire un tour sur les pages Facebook des candidats
et ce n'est pas une enquête très fouillée, d'ailleurs.
Des photos avec des quionnels, des propos à la présidence raciste, antisémite. Attendez, il n'y a pas tout ça. Il n'y a pas tout ça. Et d'ailleurs, s'il y avait eu tout ça, Mediapart pourrait tout à fait saisir par exemple un député pour qu'il fasse un signalement au procureur de la République. Et nous, nous n'allons pas nous coucher devant le tribunal médiatique de Mediapart. Donc, je le dis, nos candidats sont des gens sérieux. Je tiens à les défendre et surtout à dire aux Français de ne pas se faire avoir par nos opposants politiques qui sont aux abois. Parce que qu'est-ce qui va se passer avec ces élections municipales ?
Oui, nous allons non seulement conserver les mairies que nous avons remportées en 2015, en 2014 et conserver en 2020, mais nous allons aussi gagner davantage de mairies. Est-ce que vous pouvez rentrer dans plus
de conseils municipaux ? Là, on est à moins de trois mois
des élections ? Bien sûr, il n'y a pas de souci. Ça n'est pas un problème pour le Rassemblement national. Mais là, en fait, il n'y a pas lieu de le faire. Et je le dis, nos candidats sont vraiment des gens sérieux, impliqués, dévoués. Julien Sanchez, notre directeur de campagne pour les élections municipales, a annoncé il y a quelques semaines que la Commission nationale d'investiture avait d'ores et déjà investi plus de 600 têtes de listes. Vous voyez, moi, je suis élue en Gironde. Dans mon département, nous présenterons une cinquantaine de listes. Donc, oui, il y a de l'enthousiasme. Mais pourquoi il y a de l'enthousiasme ? C'est parce que nous incarnons un espoir.
Les Français savent qu'avec le Rassemblement national, c'est la rupture. Moi, ce que je constate en ce moment, c'est qu'il y a une épidémie de sans-étiquettisme. Pourquoi ? Parce que nos opposants politiques, évidemment, considèrent à juste titre que ça n'est pas très vendeur de dire que vous êtes soutenus par le Parti socialiste, par les macronistes,
par les LR. Mais c'est aussi les affaires, que vous le vouliez ou non. Si on parle de Fréjus, par exemple, qui était la plus grande ville que vous aviez conquise en 2014, le maire de Fréjus, David Rachin, qui est un proche de Marine Le Pen, sera jugé dans une troisième affaire. Il y a également une députée du Vaucluse. Il n'a pas encore été condamné. Il y a trois procès qui vont arriver pour lui. Deux, la présomption d'innocence. C'est difficile d'incarner l'exemplarité contre nos pouvoirs.
S'il y a condamnation. Pour l'instant, il n'y a pas condamnation. Donc, s'il vous plaît, respectez la présomption d'innocence de David Rachin. D'ailleurs, je pense qu'il va regagner, vous voyez, à Fréjus. Donc, je pense que ce sont les Fréjusiens qui sont le mieux placés pour savoir si leur maire applique une bombe politique ou pas. Mais vous savez, il est en place depuis deux mandats maintenant. Donc, tout le monde sait qu'il vote pour le Rassemblement National. Et donc, les gens savent qu'il est du Rassemblement National. Vous le soutenez ? Ah, mais moi, oui, je souhaite la victoire de David Rachin, mais tout à fait. Merci beaucoup. Parce qu'il a fait du bien aux Fréjusiens.
J'en profite pour souhaiter un joyeux Noël à vos auditeurs.
Bonne fête également à vous, Edwige Diaz.
Edwige Diaz