«Sans inversion de la politique migratoire en 2027, nous mettrons fin à plus de 2.000 ans d’histoire» estime Louis Aliot
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
8h12, il est l'heure d'accueillir l'invité de cette matinale, Louis Alliot, maire Rassemblement National de Perpignan.
Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Merci d'être avec nous en direct sur Europe 1. Le Festival de Cannes, 79e édition s'est clôturé hier soir. C'est le réalisateur romain Christian Mounjou qui a reçu la Palme d'Or pour son Fjord. Deuxième Palme d'Or pour lui. Alors Cannes, c'est le cinéma mais c'est aussi un peu de la politique. C'est un peu des polémiques également. Puisque vous savez qu'une tribune a été signée par de nombreux artistes dans Libération pour dénoncer, je les cite, l'emprise de l'extrême droite sur le cinéma via Canal+, et son actionnaire Vincent Bolloré, clairement pointé du doigt.
Alors il y a beaucoup de Français qui n'ont pas du tout compris pourquoi cette tribune, pourquoi maintenant, alors qu'on continue de voir une grande diversité de films. Même Mathieu Kassovitz, pour dire qu'on ne peut pas qualifier de conservateur, a reconnu que Canal+, faisait bien son travail, tout en restant, dit-il, vigilant. Comment vous, Louis Alliot, au Rassemblement National, vous avez analysé toute cette séquence ?
Écoutez, c'est tout simplement un coup politicien de quelques-uns contre le groupe Bolloré, parce qu'effectivement, quand on regarde les choses de près, on peut dire que tous ces artistes ont la chance d'avoir Canal+, et l'argent, l'investissement, l'innovation qui est mise à disposition de leur entreprise, de leurs industries, et donc c'était une polémique totalement stérile qui a abîmé l'image du Festival de Cannes, ce qui est là, pour le coup, quelque chose de dommage.
Oui, parce que je le rappelle, il y a environ 150 films financés par an, par Canal+, plus de 200 millions d'euros investis chaque année. – Oui, mais vous savez, ces gens-là, à partir du moment où vous ne pensez pas comme eux,
vous êtes donc, vous basculez dans le fascisme sous toutes ses formes, et donc il n'y a rien de rationnel, voilà. Et le seul fait que cette tribune, d'ailleurs, soit publiée dans un journal comme Libération, suffit à prouver que finalement, c'est une entreprise politicienne de bas étage, qui d'ailleurs n'intéresse personne. Moi, dans la rue, honnêtement, j'ai passé là plusieurs heures encore hier dans des événements populaires, personne ne m'a parlé de cette affaire-là. Très honnêtement, tout le monde se moque de savoir ce que pensent un certain nombre d'artistes sur la vie politique, qui reste le devoir du citoyen, et qui reste, j'allais dire, l'affaire de la démocratie.
– J'entendais aussi Éric Zemmour cette semaine qui disait, au fond, Canal+, a été finalement très fair-play depuis l'arrivée de Bolloré en 2015. Il disait même Éric Zemmour trop fair-play, en expliquant qu'à part peut-être ce film sur Jean Luchère, journaliste socialiste de gauche tombé dans la collaboration, qui continue d'y avoir dans le cinéma beaucoup de films, dit-il, « woke », qui propage une idéologie de gauche. Est-ce que vous trouvez aussi qu'il y a encore trop de films « woke » au cinéma ? Parce qu'on sait que le cinéma, ça peut être, c'est ce que dit aussi Éric Zemmour, un endoctrinement de la pensée pour le public.
– Oui, on le sait depuis très longtemps, mais je veux dire, ça c'est une constante. Mais le problème, c'est que plus ils font des films « woke », et plus, j'allais dire, le public s'y intéresse beaucoup moins. Donc je crois qu'il faut bien faire la différence entre le parti pris idéologique dans un certain nombre de productions, et puis l'art, le grand art, le cinéma et l'amour du grand art pour bon nombre de Français.
Je pense que les gens savent faire la part des choses, mais là où Zemmour a raison, il y a un prisme idéologique marqué à gauche dans beaucoup de films, téléfilms et autres, qui font d'ailleurs que, dans un certain nombre de séries style Netflix, aujourd'hui connaissent du succès au détriment d'ailleurs du cinéma traditionnel.
– Alors Louis Allure, vous avez été tacler vous aussi le Rassemblement National, parce qu'il y a un acteur qui a signé cette tribune en libération qui dit « oui, mais le RN veut supprimer le CNC, le Centre National du Cinéma ». Pourquoi vous voulez le supprimer ?
– Le RN n'est pas dans une entreprise de censure ou d'empêcher les gens de... Il est pour la liberté et l'équilibre, et il regarde tout cela par rapport à l'argent public qui est déversé. Le monde culturel et le cinéma en particulier sont, j'allais dire, les privilégiés du système. Ils bénéficient de la préférence nationale, ce que malheureusement tous les autres Français ne peuvent pas avoir, eux en bénéficient, et à ce titre-là, on a proposé un certain nombre d'économies, y compris en matière culturelle, mais dès que vous touchez à la culture, alors à ce moment-là, tout le monde s'arc-boute et crie aux atteintes à la liberté, sans regarder de quoi on parle précisément.
Moi, je vais vous donner des exemples. Par exemple, à Perpignan, on n'a pas baissé le budget de la culture. Personne n'en parle. Mais à côté de chez moi, à Montpellier, ou en région Occitanie, Mme Delga, ils ont baissé de plus de 20, 25, 30% le budget de la culture. Personne ne dit rien. Donc vous voyez bien qu'il y a un prisme idéologique. Quand le RN parle de culture, c'est le fascisme qui s'exprime. Quand c'est la gauche qui baisse les subventions et qui censure un certain nombre de choses, et bien là, plus personne ne dit rien. C'est pour ça qu'il ne faut pas, je pense, prêter plus d'attention à cela de tout ce que l'on entend sur le sujet.
Alors Louis Alliot, vous êtes maire RN de Perpignan. Je voulais vous faire réagir également ce matin sur les propos du ministre de l'Intérieur qui, cette semaine, a taclé le maire de Béziers, Robert Ménard, qui a refusé de marier un homme sous OQTF, obligation de quitter le territoire français. Le ministre de l'Intérieur dit que la loi, c'est la loi. Il faut peut-être sûrement même la changer. Mais en l'état actuel du droit, il dit que Robert Ménard aurait dû, c'est ce que dit Laurent Nunez, célébrer ce mariage. Louis Alliot, vous êtes maire de Perpignan. À la place de Robert Ménard, qu'auriez-vous fait, vous ?
Je pense que j'aurais fait comme Robert Ménard. Parce que la première illégalité dans le processus, ce n'est pas le maire qui ne marie pas, c'est l'OQTF qui n'a rien à faire sur le territoire. Et qui, d'ailleurs, relève de la responsabilité du ministre de l'Intérieur, en partie, pas seulement, qui n'est pas capable de faire appliquer la décision qui vise à éloigner cet étranger du territoire national. Donc Robert Ménard a tout à fait raison. Et il va falloir le soutenir.
Et j'espère que les maires, l'AMF, soutiendront Robert Ménard, et tous les maires qui sont d'ailleurs dans cette situation, parce que nous n'avons aucune raison de marier des personnes qui n'ont rien à faire chez nous et qui sont, j'allais dire, sous l'emprise d'une OQTF, c'est-à-dire d'une obligation de quitter le territoire national.
Autre non-sens. Vous parliez de ce que les Français vous disent chez vous quand vous allez les rencontrer. Vous avez forcément vu cette information. Le Conseil constitutionnel a retoqué la suppression des ZFE, les zones à faible émission, alors qu'une majorité de Français n'en veulent plus de ces ZFE. Comment, oui, Louis Alliot, vous avez analysé cette information ? Est-ce qu'on n'a pas le sentiment aujourd'hui que quelques sages du Conseil constitutionnel qui ne sont pas élus décident finalement contre le réel, contre le reste du pays ?
Ah oui, non, mais moi j'ai été très engagé dans notre communauté urbaine ici à Perpignan et à Perpignan sur la ZFE qui va beaucoup nous pénaliser. C'est un véritable scandale. Mais au-delà de la censure du Conseil constitutionnel qui est une atteinte à la loi, la loi c'est l'expression générale et c'est le Parlement qui fait la loi, ce n'est pas le Conseil constitutionnel. Au-delà de là, vous avez trois juges constitutionnels qui ont participé à cette décision de censure alors qu'ils étaient eux-mêmes législateurs pour la ZFE au moment où elle a été établie.
Et ça, c'est un conflit d'intérêts majeur qui devrait susciter un tollé de tous les juristes et qui d'ailleurs, pour l'avenir, devra permettre de modifier en substance les règles de fonctionnement du Conseil constitutionnel parce qu'on ne peut pas tolérer que le Parlement soit atteint dans sa liberté législative par un organe de gens qui sont non élus et qui, pour certains d'ailleurs, sont en conflit d'intérêts avec les décisions qu'ils prennent.
Et on va continuer à suivre, bien sûr, cette affaire des ZFE. Louis Alliot, l'immigration est un thème cher au Rassemblement national. Il y a eu cette étude cette semaine de l'INED avec un chiffre qui a beaucoup fait réagir. 41% des Français ont aujourd'hui un lien avec l'immigration par les ascendants, les conjoints ou les unions familiales. L'INED parle d'une France de plus en plus façonnée par l'immigration. Alors, je sais que le Rassemblement national, évidemment, se bat contre ce processus depuis longtemps.
Mais je voulais vous faire réagir, Louis Alliot, sur cette phrase de Philippe Devilliers qui dit « 2027, la présidentielle qui arrive de très vite, sera peut-être la dernière chance pour la France. Sinon, inévitablement, le processus en question va se poursuivre. » Est-ce que vous êtes d'accord avec Philippe Devilliers ? Si on ne vous donne pas, comme le dit Jordan Bardella, les clés du camion en 2027, inexorablement, on file sur la nouvelle France qu'espère Jean-Luc Mélenchon ?
C'est une réalité. Philippe Devilliers a tout à fait raison. Ça fait très longtemps qu'on le dit. Depuis maintenant 30 ans, on se bat contre ces flux ininterrompus d'immigration qui viennent rajouter quelquefois du bonheur, mais malheureusement beaucoup de problèmes dans notre pays. si on ne réagit pas, si en 2027, il n'y a pas une inversion de la politique en matière d'immigration, eh bien l'Europe sera emportée par le flot et, j'allais dire, la France, dans ce flot, j'allais dire, sera totalement absente et malheureusement, nous aurons mis fin à plus de 2000 ans d'histoire.
C'est quand même dramatique de voir à quel point il y a des gens dans notre pays qui se battent contre l'immigration, qui ne veulent pas d'immigration. Dans toutes les familles politiques et comment, une fois au gouvernement, la gauche et la droite, depuis 30 ans, ont tout fait pour favoriser l'immigration anarchique au risque de la dilution de notre identité, de notre prospérité et de l'équilibre de la nation.
D'un mot, parce qu'il faut conclure, malheureusement, sur Gabriel Attal. Vous avez vu qu'il a officialisé sa candidature à la présidentielle dans la Veyron, dans un petit village au pied d'un clocher avec un drapeau tricolore derrière lui. On sent que Gabriel Attal, il cherche aussi peut-être à séduire vos électeurs.
Louis Alliot. Oui, écoutez, Gabriel Attal, il a été un Premier ministre éphémère. Il avait un côté ridicule, d'ailleurs, sa présentation d'élection présidentielle. Je ne pense pas que son entreprise aille très loin. Et quand on sait la politique qu'il a mis en place lorsqu'il a été Premier ministre de M. Macron, on ne voit pas très bien comment, en quelques mois, il aurait pu changer d'opinion. Et je rappelle d'ailleurs... Non. Et je rappelle d'ailleurs qu'il a été à l'origine des accords plus ou moins discrets qui ont été passés avec la gauche au moment des législatives pour faire battre les candidats du Rassemblement national et favoriser les candidats de M. Mélenchon.
La France insoumise. Bon, on a bien compris que Gabriel Attal ne vous faisait pas peur. Merci Louis Alliot. Merci à vous. que vous êtes le maire de Perpignan, Rassemblement national. Merci d'avoir été avec nous.
Louis Aliot