Évacuation des quais de Seine : "J'ai été choquée par ces images", dit Anne Hidalgo
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la maire de Paris dans le grand entretien du 7-9. Questions et réactions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour à vous. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin. Mercredi dernier, vous avez reçu le prix de la personnalité politique de l'année 2020, remis par le trombinoscope et qui venait saluer votre réélection à Paris. On va parler évidemment dans quelques instants, c'est une journée spéciale sur France Inter, en partenariat avec le mensuel Marie Claire, de l'égalité femmes-hommes et des combats qui restent à mener pour y parvenir.
Mais d'abord, quelques questions rapides sur l'actualité sanitaire. On a vu ce week-end les images des forces de police en train d'évacuer à Paris les quais de la Seine, bondées à cause du beau temps et du week-end. On est en moyenne à un peu moins de 21 000 contaminations par jour, si on fait la moyenne des 7 derniers jours. Les services de réanimation sont en tension, occupés à 83,7% en Ile-de-France. Dites-nous, comment vous jugez la situation épidémique ce matin dans la capitale ? Dites-nous aussi si vous êtes inquiète.
D'abord, oui, la situation épidémique est grave, vous l'avez dit, il y a une tension sur les réanimations. Plus de 80% des lits de réas sont occupés aujourd'hui. C'est une situation très préoccupante avec quand même un variant anglais qui a pris le dessus sur le Covid-19 et qui se propage beaucoup plus rapidement. Face à ça, j'avais demandé plusieurs choses la semaine dernière. D'abord, accélérer, accélérer la vaccination, multiplier par 4. Ce week-end, on a eu, par exemple, sur Paris, 12 000 vaccinations qui ont pu se faire. Mais je ne veux pas que ce soit un one-shot.
Or, ils ont accéléré clairement ce week-end, le gouvernement, accéléré sur plusieurs endroits de la France, notamment en Ile-de-France, avec 100 centres de vaccination ouverts sur toute l'Ile-de-France. 50 000 doses, 50 000 vaccins faits ce week-end, 12 000 à Paris, vous le dites. Est-ce que vous notez quand même que ça s'accélère ?
D'abord, partout en France, les maires ont été là. Je tiens à le dire parce que partout en France, en 48 heures, les maires, qui sont vraiment des sentinelles de la République, ont accompagné, dégainé et mis en place ces centres de vaccination. Et c'est une très bonne chose. Il y a eu un déstockage de doses. C'est très bien, mais ça ne peut pas être simplement pour un week-end. Les annonces que nous avons pour cette semaine de doses sur Paris reviennent très, très en arrière, puisqu'on nous annonce 10 000 doses pour la semaine, ce qui est quand même très, très insuffisant. Donc, j'avais demandé qu'on multiplie par 4.
Vous savez, la meilleure façon de lutter contre le Covid, c'est de vacciner, de vacciner, de vacciner. Et puis, sur la question des quais de Seine, évidemment qu'il faut vérifier que les gens respectent les gestes barrières, ne font pas n'importe quoi. Et objectivement, quand même, depuis plus d'un an, on peut dire que les Français, les Parisiens sont quand même très raisonnables. J'ai été choquée de ces images. D'abord, je n'ai pas été prévenue. Je trouve que je suis la maire de la capitale. Voir une opération d'évacuation des quais de Seine sans même en être prévenue, c'est quand même très choquant pour moi.
Et d'autre part, mais j'aurai une réunion tout à l'heure avec le préfet de police, je lui demanderai la base légale de son intervention.
Mais c'est-à-dire qu'il ne faut pas intervenir quand vous voyez tous ces gens, ces jeunes, ces moins jeunes aussi, entassés les uns contre les autres, il faut laisser faire ?
Alors d'abord, il faut intervenir lorsque les gens ne respectent pas, effectivement, les gestes barrières. Mais là, clairement, c'est quelqu'un, non ? Ce qui arrive aussi, de consommer des boissons sans masque et à quelques centimètres les uns des autres. Mais les scènes que j'ai vues n'étaient pas exactement celles-là. Il y avait beaucoup de parents avec des poussettes, de personnes qui se promenaient, bien sûr, avec beaucoup de monde. Mais on le sait, il vaut mieux être dehors que dedans pour éviter les contaminations. Et en tous les cas, il faut faire les choses dans le respect de toutes les autorités, y compris la mienne. Donc vous désapprouvez cette évacuation.
En tous les cas, les modalités, oui.
Deux questions rapides sur la vaccination. Il va devenir rapidement possible, si on en croit le gouvernement, de vacciner plus massivement. Les doses arrivent fin mars, début avril. Faut-il mettre en place des vaccinodromes à Paris ?
Vous savez, j'avais fait cette proposition dès le mois de décembre au Premier ministre. Et le gouvernement avait choisi, et c'était vraiment de sa responsabilité, une critique de ma part, des publics cibles. Il nous avait dit, on commencera par les EHPAD. On a fait la vaccination dans les EHPAD, puis les plus de 75 ans, et les personnels soignants, et ensuite les personnes plus largement. S'il faut passer par des vaccinodromes, on le fera. Ce que nous avons fait, je le redis, vraiment tous les maires à Paris, c'est vrai, mais partout en France, les maires ont monté, organisé. Vous savez, ce qu'on a fait, c'est aussi travailler très très directement avec les médecins libéraux.
On a fait venir des volontaires. On a fait venir les médecins publics, ceux qui travaillent dans nos administrations. Et ça a été quelque chose d'assez extraordinaire. On a relevé le défi, on a vacciné partout en France, tout le week-end, parce qu'il y avait ce déstockage de doses. Et maintenant, ce que nous avons montré, c'est que nous sommes capables de faire. Il suffit de nous attribuer les doses nécessaires.
Encore un mot sur la vaccination. L'ordre des médecins s'est inquiété du faible nombre de vaccinations chez les personnels soignants. 30%, c'est de l'ordre de 30%. Est-ce qu'il faut, selon vous, Anne Hidalgo, rendre la vaccination des soignants obligatoires ?
D'abord, il faut les inciter, ce qui a été dit et ce qui est fait. Et puis, vous savez, il faut vacciner tous ceux qui veulent se faire vacciner. Or, aujourd'hui, il n'y a pas suffisamment de vaccins pour vacciner tous ceux qui voudraient se faire vacciner.
Mais les soignants, est-ce que ça ne devrait pas être prioritaire ?
C'est bien sûr prioritaire. D'ailleurs, ils le sont dans les publics prioritaires, comme les personnes également fragiles. Donc, il faut inciter. Je ne suis pas vraiment pour ce type d'obligation, mais vraiment pour l'incitation.
Alors, vous avez proposé, Anne Hidalgo, dans une tribune au quotidien Le Monde, la semaine dernière, une stratégie zéro Covid, mais qui nous a interpellés avec Nicolas. Vous écrivez, nous avons huit semaines devant nous pour accélérer drastiquement la vaccination et notre immunité collective et engager une stratégie zéro Covid en évitant des confinements. Alors, expliquez-nous comment vous voulez mener une stratégie zéro Covid sans confiner. Je rappelle que le principe de cette stratégie, c'est de réduire dans un premier temps les contaminations à zéro, notamment par un confinement, et ensuite de faire un traçage systématique.
Comment, est-ce que vous ne faites pas une contradiction totale en disant, je veux zéro Covid, mais je ne veux pas de confinement ?
Non, non, absolument pas, parce que pour réduire, justement, le Covid, c'est la vaccination. Et c'est le sens de cette tribune. D'ailleurs, des pays ont aussi opté pour des stratégies zéro Covid sans passer par le confinement. Je pense notamment à la stratégie d'un pays comme la Corée du Sud, qui avait beaucoup, beaucoup appris des épidémies précédentes, notamment du SRAS.
Et certains vous disent, en l'état actuel de la circulation du virus, à Paris, c'est impossible de faire zéro Covid sans confiner.
Aujourd'hui, non, non, c'est impossible aujourd'hui d'avoir une stratégie zéro Covid, tant qu'on n'a pas accru et la vaccination et l'immunité collective de la population. Pourquoi je fixe un délai au mois de mai, c'est-à-dire au printemps, quand on aura eu, je l'espère, une accélération de la vaccination ? On sait aussi que le virus est sensible aux températures. Mon propos, c'est de dire qu'on ne passe pas le cap de cette amélioration sans se poser la question du zéro Covid après.
Qu'on ne reparte pas, avec l'insouciance peut-être, avec laquelle on est partis tous cet été, qu'on ne parte pas dans cette insouciance sans se poser la question de comment on organise la rentrée, puisqu'on voit bien que le Covid est évidemment sensible aux températures hivernales. Donc, la stratégie zéro Covid passe par une accélération de la vaccination et de l'immunité collective, et pas par un confinement. Vous ne voulez pas être confinement. En tous les cas, je pense qu'il faut éviter le confinement. Évidemment qu'on voit bien, ça a été terrible. Et on a appris des choses. Par exemple, on se contamine beaucoup plus dans des espaces clos et non aérés qu'à l'extérieur.
Donc, j'ai fait beaucoup de propositions.
On va juste clore le sujet de la proposition d'un reconfinement strict de la capitale défendu par votre adjoint Emmanuel Grégoire, puisque ça a fait coller beaucoup d'encre la semaine dernière. Il avait proposé trois semaines de confinement.
Non, non, il n'a pas proposé trois semaines.
Il a émis l'hypothèse de trois semaines de confinement pour pouvoir ouvrir. Oui, il a émis une hypothèse, mais il a dit, nous allons en discuter, nous allons le mettre sur la table. Donc, la maire de Paris, Anne Hidalgo, souhaite un durcissement tout court de trois semaines a demandé le journaliste. Il lui a répondu, absolument, le temps des actes est venu. Nous proposerons cela après en avoir discuté avec l'ARS et le préfet de police.
Exactement ce qui a été dit. Alors là, je l'ai réécouté et j'ai noté. En tous les cas, ce n'est pas ni ma pensée, ni la façon dont je travaille. Et donc, vous l'aurez compris, je ne suis pas sur l'idée d'un confinement. Je pense que c'est quelque chose d'insupportable pour beaucoup de nos concitoyens, qu'il faut vraiment tirer les enseignements, d'ailleurs, de ce qui s'est passé lors du premier confinement. Et la seule façon, la seule façon de s'en sortir, c'est d'accélérer la vaccination.
Vous êtes opposé au reconfinement le week-end, et donc encore plus au reconfinement tout court. Mais vous êtes, Anne Hidalgo, également critique vis-à-vis du couvre-feu à 18h. Toujours dans cette tribune au Monde, que citait Léa à l'instant, vous dites, je vous cite, que la fixation d'un couvre-feu à 18h, « Déconnecter des réalités locales crée des situations où les transports en commun et les supermarchés sont bondés ». Fin de citation. Alors, plusieurs questions, plusieurs options. Est-ce qu'il faut arrêter le couvre-feu, l'adapter quartier par quartier, ville par ville, en reculé l'horaire ? Quel est votre point de vue ?
D'abord, il faut partir des réalités, toujours. Et comment s'organise le temps, par exemple, dans l'agglomération parisienne ? D'ailleurs, pas qu'à Paris. Vous savez bien qu'on ne peut pas prendre, et ça serait totalement impertinent, de prendre des mesures uniquement ciblées sur Paris. Il faut prendre le bassin de vie, d'emploi. Et quand on regarde les horaires dans notre grande métropole, on voit bien qu'à 18h, c'est quand même pas le moment où, en général, on a complètement fini sa journée de travail. Et beaucoup de gens ont des transports et des transports nombreux. Donc il faudrait arrêter à Paris ? Donc il faudrait, je pense, l'adapter. À 18h, on est en milieu d'après-midi à Paris.
Disons les choses telles qu'elles sont. On commence un peu plus tard le matin, et évidemment, on finit un petit peu plus tard le soir. Donc je pense qu'il faudrait adapter. Je n'ai pas un horaire à indiquer. Mais ça vous semble trop tôt, 18h, pour être clair. Ça me parlait beaucoup trop tôt. D'abord, vous voyez bien les parents qui ont des enfants à récupérer, à l'école, en crèche, les difficultés que ça pose aujourd'hui, et surtout les transports en commun. Parce que je pense, vous savez, pour piloter, c'est très difficile. Il faut être très humble pour le pilotage d'une lutte contre une épidémie comme celle-ci, qui est totalement hors norme.
Et la position des décideurs, quels qu'ils soient, n'est pas simple. Mais il faut toujours partir des réalités.
Allez, deux dernières questions avant. Les questions plus politiques, dans un instant, si vous étiez au pouvoir aujourd'hui, dans le contexte actuel, est-ce que vous prendriez le risque de rouvrir les cinémas et les théâtres ?
Et les musées ? Je pense qu'il faudrait, oui, bien sûr. Parce qu'on en a besoin, là aussi, avec évidemment des gestes barrières, avec des règles, des protocoles, d'ailleurs, qui avaient été étudiés. Je pense au théâtre, je pense au cinéma, je pense au musée. Et je crois qu'on a besoin, y compris pour notre santé mentale, pour ce lien, pour ce rapport, quand même, à l'imaginaire que la culture nous offre, il faut absolument ouvrir avec des règles strictes. Et la dernière question, oui ou non, vous êtes pour un pass sanitaire ? Je crois qu'aujourd'hui, vous savez, parler de pass sanitaire alors qu'on n'arrive pas à se faire vacciner, c'est quand même un peu prématuré.
On se vit, Mars, on y vient. Journée internationale des droits des femmes, 41 responsables de grandes entreprises. Il signait une tribune collective hier dans le JDD. Bernard Arnault, François Pinault, Stéphane Richard, Antoine Frérot, Anne-Marie Hidraque, pour n'en citer que quelques-uns, s'engagent pour la parité. Ils veulent atteindre, à horizon 2027-2030, un minimum de 30% de femmes dans les 10% de postes à plus forte responsabilité de leurs entreprises. Et une augmentation de 2% minimum par an du taux de femmes parmi les cadres. Voilà pour les chiffres, la dynamique, l'horizon, la perspective. Est-ce que ça va dans le bon sens ?
Oui, ça va dans le bon sens, même si c'est quand même très très lent. Et s'il n'y avait pas eu, d'ailleurs, la loi Zimmermann pour mettre en place des quotas aussi dans les grandes entreprises, on serait encore beaucoup plus loin du compte. Ce que j'observe, c'est qu'il y a de la volonté d'un certain nombre de dirigeants et tant mieux, il la faut. Mais il faut aussi que la loi accompagne cette volonté, voire même l'amplifie. Donc, dans le monde des entreprises, comme dans le monde politique, comme dans le monde des médias, la part des femmes, pas simplement, je dirais, dans des fonctions qui sont essentielles et plus ou moins visibles, mais aussi dans les instances de direction.
Je pense qu'on s'est privé pendant des millénaires de 50% de l'humanité. Ça n'est plus acceptable aujourd'hui. Et on voit bien combien nos expériences respectives, les expériences de vie des hommes et des femmes qui sont différentes, sont extrêmement utiles pour pouvoir justement apporter des solutions, conduire au destiné des collectivités, du pays, des entreprises. Donc, il faut des quotas,
pas seulement au nombre de femmes en général, mais aussi pour les postes de direction.
Mais bien sûr, parce que vous voyez bien, pendant très très longtemps, l'arbre qui cache la forêt, ça arrange tout le monde. Vous en êtes un. Vous êtes un arbre. Alors, j'essaye de ne pas l'être. J'essaye justement de donner la main et d'aider aussi les plus jeunes à ne pas vivre les mêmes galères que celles qui, de ma génération, ont pu vivre dans l'accès aux responsabilités.
Anne Hidalgo, vous avez déclaré récemment la revue L'Hémicycle. Je pense que les Français sont prêts à élire une femme présidente. Vous êtes sûre d'abord ? Et puis, ensuite, est-ce que vous pensez à Marine Le Pen
quand vous dites ça ? Bien sûr que je pense à Marine Le Pen et je ne vais pas dire que ce n'est pas une femme. mais je pense qu'elle présente des caractéristiques qui sont d'une autre nature. Elle est l'extrême droite. Voilà. Elle est l'extrême droite. Et bien sûr qu'il faut se poser cette question et quand on pense sororité, parfois on me dit mais quand même, face à une femme, évidemment que face à l'extrême droite, même incarnée par une femme, ma sororité ne serait vraiment pas au rendez-vous.
Donc en disant ça, vous pensiez à Marine Le Pen ?
Non, je ne pensais pas à elle mais je pense que les Français, oui, ils ont envie aujourd'hui, sans doute, d'être mieux représentées. Les femmes, d'ailleurs, de toute génération, ont envie d'être mieux représentées. C'est quand même incroyable que dans notre pays, depuis Édith Cresson, Premier ministre, il y a plus de 30 ans, il n'y ait pas eu de femmes Premier ministre. Ça tient à quoi ? Pas au fait qu'il n'y aurait pas de femmes suffisamment compétentes pour exercer cette responsabilité-là.
On voit bien qu'il y a des blocages et notamment des blocages dans le monde du pouvoir mais qu'en revanche, je pense que nos concitoyens, eux, sont vraiment beaucoup plus en avance et que les appareils politiques et que bon nombre de dirigeants.
Alors, il y a quelques questions, Léa le disait, politiques au standard ce matin. Pascal, bonjour et bienvenue ! Bonjour ! On vous écoute.
Oui, bonjour Madame Hidalgo, bonjour, je suis parisien, j'habite le Père-Lachaise et chaque jour, vous nous faites savoir, Madame Hidalgo, que vous souhaitez rentrer en campagne pour l'Elysée et j'en suis fier, vous êtes mon maire. Cependant, comment comptez-vous gérer la mairie de Paris d'ici là puisque, vous savez, les parisiens ne sont pas tout à fait satisfaits de ce qui se passe entre le mur de Paris ?
Merci Pascal pour cette question. Votre maire, Anne Hidalgo, vous allez voir.
D'abord, je suis votre maire, voilà, et je suis à la tâche en tant que maire et c'est un mandat extraordinaire et je remercie vraiment les parisiennes et les parisiens de m'en avoir reconfié la responsabilité. Il y a encore beaucoup de choses à faire, beaucoup de transformations à accomplir dans notre ville, faire en sorte qu'elle soit plus propre, plus paisible, mais qu'on fasse aussi les grandes transformations qu'on doit faire. Il n'est pas très convaincu l'auditeur. Oui, oui, j'ai vu. Mais il y en a d'autres qui le sent puisque je suis maire.
Et donc, je vais continuer à m'occuper de notre ville et puis je prendrai part, comme je l'ai dit, évidemment au débat national pour éviter notamment que l'extrême droite n'accède au pouvoir dans notre pays. Je prendrai part, c'est quand même la phrase qui ne veut rien dire, que tout le monde dit, non ? Je ne crois pas. A chaque fois qu'on a un dirigeant politique,
je prendrai part. C'est je suis candidate ou je prendrai part, je discuterai.
Admettez qu'avant de prendre ce type de décision, il y a besoin aussi de, non pas conforter son point de vue, mais d'aller rencontrer les citoyens, de discuter ce que je compte faire en allant, en me rendant avec mes amis maires parce que je crois qu'il y a aussi une génération de maires aujourd'hui en France qui porte la politique avec beaucoup de force et de renouveau et avec le sentiment qu'on est là pour être utile à nos concitoyens. Donc je vais aller à cette rencontre en m'appuyant notamment sur mes amis maires partout en France.
La parole à Christophe qui lui a une vision prospective je crois. Bonjour et bienvenue. Oui, bonjour.
Merci de prendre mon appel. Madame Hidalgo, bonjour. Quelles seraient les trois ou quatre premières décisions que vous prendriez si vous étiez un jour présidente de la République ? Ah ben voilà, on a enfin des vrais référendums en France.
Voilà, on a sauté.
Ah là, on est allé direct. Ah oui, on est passé
du conditionnel au futur. Anne Hidalgo, vous répond Christophe.
Je ne vais pas répondre sur des mesures, sur une décision. Voilà, mais en revanche, ce que je peux vous dire, c'est que je pense qu'on a besoin dans notre pays de réparer, réparer beaucoup les relations entre les Français. Il y a des sujets majeurs. Il va falloir affronter une crise économique avec en même temps la transition écologique, c'est-à-dire transformer notre économie et apporter de l'emploi, faire en sorte que le travail puisse aussi être une valeur, une référence, un repère. Et puis je pense qu'il y a aussi un sujet très important lié à notre démocratie.
Il y a aujourd'hui un certain nombre de personnes, je pense par exemple à Dominique Rousseau qui est un grand professeur de droit constitutionnel, qui travaille sur un concept qui, moi, m'intéresse beaucoup, qui est celui de la démocratie continue. C'est-à-dire, entre le temps de deux élections, il faut vraiment que nos concitoyens puissent prendre part, toute leur part, au fonctionnement de la démocratie. Et je crois que dans l'échéance qui vient, celle de 2022, la question de la démocratie sera une question cruciale.
SIGI, le Front Républicain, c'est le titre à la une du quotidien L'Opinion aujourd'hui, qui publie un sondage qui montre que le Front Républicain se fissure à droite comme à gauche. Si vous étiez vous, Anne Hidalgo, candidate et éliminée au premier tour, 50% de vos électeurs préfèreraient le vote blanc, nul ou l'abstention plutôt que de voter Emmanuel Macron ou Marine Le Pen. Idem pour 52% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, pour 44% de ceux de Yannick Jadot. Comprenez-vous, les électeurs de gauche qui disent qu'en cas de second tour Macron-Le Pen, ils ne feront plus barrage. Ils l'ont fait une fois, pas deux.
D'abord, pour ma part et en ce qui me concerne, je ferai toujours échec à l'extrême droite, quelle que soit la configuration et j'appellerai toujours à faire échec à l'extrême droite. Donc dans ce cas-là, vous appelez à voter pour Emmanuel Macron ? J'appellerai à faire échec à l'extrême droite et à voter pour celui qui est... Parce que l'extrême droite, c'est le chaos assuré. L'extrême droite, ce ne sont pas nos valeurs, ce ne sont pas les valeurs républicaines de la France. En revanche, ça ne m'a pas échappé, évidemment.
Et c'est pour ça que je pense que l'échéance de 2022 est une échéance cruciale, qu'on ne peut pas fermer le jeu politique, qu'on ne peut pas fermer le jeu démocratique en considérant qu'aujourd'hui, un peu plus d'un an avant cette échéance, les jeux seront faits, on connaîtrait déjà et les offres politiques et les candidats et même le résultat du premier et du second tour. Je crois qu'on a un intérêt collectif, un intérêt citoyen, un intérêt démocratique à faire vivre le débat politique. Et quand je dis prendre ma part, c'est cette part-là que je veux prendre.
Je crois qu'il y a aujourd'hui place pour effectivement une proposition politique qui soit écologique, qui soit sociale, solidaire, qui soit démocratique, qui permette justement de redonner aussi la parole à toutes ces Françaises et ces Français qui s'estiment très très loin de la politique. Une étude du Cevipof montrait que plus de 50% de nos concitoyens considère que la politique n'a plus de sens pour eux. C'est ce travail-là qu'on doit faire. Et donc, c'est cette respiration démocratique qu'il nous faut impulser aujourd'hui sans fermer le jeu un an avant l'élection.
Ceux qui critiquent votre éventuelle candidature en disant, je cite Pellemel, Anne Hidalgo, elle n'aime pas être attaquée, elle se protège, elle attend de voir les sondages avant d'y aller vraiment. Et puis, Anne Hidalgo, elle est trop parisienne, elle n'est pas connue au-delà du périph, personne ne la connaît et puis de toutes les manières, elle ne dépasse pas les 10%. Qu'est-ce que vous répondez à tout ça ?
Oh, vous savez, heureusement qu'on accepte la critique et heureusement que lorsqu'on est engagé comme je le suis dans la vie politique et Paris, le mandat de maire de Paris est un mandat qui a évidemment une audience nationale. On accepte tout cela mais on trace son chemin. Vous savez, moi je trace mon chemin, je suis une femme de conviction, de valeur, j'ai mon histoire, et l'histoire d'une petite fille arrivée en France à l'âge de 2 ans et naturalisée à l'âge de 14 ans. J'ai choisi d'être française et c'est quelque chose que j'ai envie aussi de partager. Pourquoi ce choix ? Qu'est-ce que la France apporte ?
Et comment être fière aussi de cet héritage qui est le nôtre, de cette diversité de notre société ? Comment être fière aussi des valeurs républicaines et leur donner sans doute un aspect plus concret qui manque aujourd'hui ? Peu importe les critiques,
vous irez au bout de ce que vous voulez faire. Vous savez,
en politique, et la politique est aussi une affaire de passion, heureusement, quand vous avez des idées, heureusement que les gens qui s'engagent dans des mouvements, quels qu'ils soient, qui portent leurs idées, ne s'arrêtent pas, je dirais, aux premières oppositions. Il faut les écouter, il faut beaucoup, beaucoup travailler à partir de l'image que vous renvoyez. Il nous reste deux minutes
pour deux ou trois questions rapides d'actualité. François Hollande s'est ému dans le Parisien ce week-end des attaques, je le cite, répétées contre la justice et son indépendance avec des magistrats qui sont nommément pointés du doigt après donc la condamnation à de la prison ferme de Nicolas Sarkozy. Il déplore que le ministre de la justice, Éric Dupond-Moretti, n'ait pas défendu immédiatement l'institution judiciaire. Êtes-vous d'accord avec lui ? Est-ce que vous trouvez que la justice a été attaquée et pas assez défendue ?
D'abord il faut défendre la justice évidemment et l'indépendance de la justice c'est un des piliers de notre démocratie et il faut défendre y compris le parquet national financier bien sûr. C'est au président de la République et au ministre garde des Sceaux de porter cette parole de défense.
Je crois que sur la justice qui sera je ne les ai pas entendues qui sera un sujet très très important là aussi des échéances à venir garantir l'indépendance faire en sorte d'ailleurs que les magistrats je pense notamment aux magistrats du parquet ne puissent pas subir de remarques disciplinaires ou d'actions disciplinaires de la part du garde des Sceaux il faut absolument les détacher et rompre ce lien là pour que le conseil supérieur de la magistrature soit celui évidemment aux côtés du président de la République qui soit le garant de cette indépendance de la justice et puis il va falloir aussi apporter plus de moyens parce que même s'il y a eu une augmentation de 8% du budget de la justice récemment on reste quand même 14ème sur 28 enfin 14ème sur 27 aujourd'hui donc si vous êtes candidate vous proposerez l'indépendance du parquet ah c'est clair qu'il faut vraiment consolider cette indépendance et qu'il faut aussi maintenir bien sûr le parquet national financier
dernière question 30 secondes Pierre Nora nous disait la semaine dernière à ce micro commémorer le bicentenaire de la mort de Napoléon oui les 150 ans de la commune
non alors j'ai entendu l'excellent papier de Thomas Legrand que je partageais totalement je pense que la commune de Paris je suis maire de Paris commémorer la commune bien sûr parce que la commune ça a été c'est vrai une révolution un soulèvement du peuple parisien qui avait tellement souffert mais ça a été aussi un idéal voilà on dit souvent de la commune de Paris une révolution locale mais un mythe global même si évidemment il y a eu des exactions il ne s'agit pas de commémorer ou de glorifier cela mais il s'agit quand même de dire que il y a eu là des femmes et des hommes qui ont porté un projet de république démocratique laïque et aussi d'égalité femmes-hommes bien avant l'heure donc Napoléon oui la commune oui aussi du coup
merci Anne Hidalgo merci à vous maire de Paris merci d'avoir été à notre micro ce matin France Inter
Anne Hidalgo