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Podcast / conversationHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 17 janvier 2024 13 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Pourquoi les Français ne font plus d’enfants

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    « En 2023, il y a eu moins de 700 000 naissances en France, selon l'INSEE. »
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    « Un couple sur quatre qui souhaite avoir un enfant, mais qui ne parvient pas à obtenir une grossesse après 12 mois d'essai. »
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    « La dépense globale des parents pour un enfant de 0 à 20 ans, ça atteindrait 180 000 euros en tout, soit environ 750 euros par mois en moyenne, selon le ministère de la Santé. »

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Un nombre de naissances historiquement bas et un président de la République, Emmanuel Macron, qui annonce un grand plan de lutte contre l'infertilité et un réarmement démographique de la France. Mais alors, que se passe-t-il exactement ? Comment expliquer tout ça ? Pourquoi les propos du président font aussi débat ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien, et c'est le sujet donc à la une des actualités du jour. Alors déjà, disons les termes, c'est quasiment du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale, hormis en 1993 et en 1994, en 2023, il y a eu moins de 700 000 naissances en France, selon l'INSEE.

Et ça peut paraître assez vague dit comme ça, mais 700 000, et bien c'est un chiffre donc historiquement bas. Alors on va voir pourquoi ça inquiète le président de la République, le débat sur tout ça, mais d'abord, comment expliquer déjà cette baisse du nombre de naissances en France ? Il y a plusieurs aspects à cette question, vous allez le voir, mais le président de la République a d'abord évoqué la hausse de l'infertilité, autrement dit, le fait de ne pas réussir à concevoir d'enfants, et ce donc malgré des tentatives régulières. Selon lui, cette infertilité, c'est, je cite, le tabou du siècle.

Il faut savoir qu'actuellement en France, il y a un couple sur quatre qui souhaite avoir un enfant, mais qui ne parvient pas à obtenir une grossesse après 12 mois d'essai. Un an d'essai, en fait, c'est le délai qui correspond à la définition de l'infertilité, selon l'Organisation Mondiale de la Santé. Et donc aujourd'hui, selon ces chiffres de plus d'un an d'essai, eh bien c'est 3,3 millions de Français qui seraient directement touchés par l'infertilité hommes et femmes. Cette infertilité, elle est notamment liée aux modes de vie, comme la mauvaise alimentation, notamment les aliments ultra transformés, ou encore le tabac, le manque de sommeil, ou encore le stress.

Il y a aussi la question de nombreux polluants qui sont présents dans notre environnement et qui peuvent avoir un impact sur notre capacité à faire et à concevoir des enfants. On avait déjà fait une vidéo sur le sujet l'an dernier, je vous mets le lien directement en description. Il y a donc un sujet d'un point de vue de l'infertilité, sauf que, eh bien, on ne peut pas dire que la baisse du nombre de naissances, elle est liée uniquement à l'infertilité. Il y a d'autres raisons et d'autres choses aussi qu'il faut avoir en tête. Déjà, les Français qui veulent des enfants les veulent souvent de plus en plus tard, notamment les personnes qui font des études de plus en plus longues.

Du coup, forcément, eh bien, ça peut participer à faire chuter le nombre moyen d'enfants par femme. En effet, l'âge moyen pour une femme à la naissance du premier enfant, c'était de 24 ans en 1973. Aujourd'hui, en 2023, il est autour de 29 ans. Donc, on voit que les femmes ont des enfants de plus en plus tard. Or, à partir de 35 ans notamment, eh bien, la fertilité des femmes a tendance à baisser. Et donc, tout cela peut évidemment avoir un impact sur le nombre de naissances. Par ailleurs, il y a tous les couples, toutes les femmes, tous les hommes qui ne veulent pas d'enfants. Et dans ce cadre-là, la contraception aujourd'hui, elle est beaucoup plus généralisée.

Le droit à l'avortement aussi est évidemment possible. Tout cela peut permettre aux couples d'avoir donc une vie intime et d'éviter une grossesse non désirée, s'ils ne veulent pas d'enfants, tout simplement. Et ça paraît logique dit comme ça, mais ça n'a pas toujours été le cas. Ensuite, on peut parler des personnes qui voudraient peut-être des enfants, mais qui ne franchissent pas le pas. Il y a plusieurs raisons. Il peut y avoir des raisons économiques. Je ne vous apprends rien s'il y a des parents qui regardent ce format. Les enfants, ça peut coûter cher.

La dépense globale des parents pour un enfant de 0 à 20 ans, ça atteindrait 180 000 euros en tout, soit environ 750 euros par mois en moyenne, selon le ministère de la Santé. Forcément, l'impact économique dans la période actuelle, ça peut jouer un rôle très important. Il y a aussi, pour certains, une question sur l'avenir de la planète. Ça peut prendre différentes formes, mais il y a notamment la question écologique et du climat qui revient souvent, avec notamment la crainte que son enfant grandisse dans un monde difficile. Ou alors, c'est un peu un autre aspect de la question.

On entend aussi certains témoignages de personnes qui posent la question d'un point de vue de l'impact d'une naissance sur l'environnement. Bref, quand on combine ça à l'actualité assez anxiogène en ce moment, un contexte international qui est tendu, tout cela peut dissuader certaines personnes de faire des enfants. D'un point de vue davantage, à l'échelle des individus maintenant, il y a aussi la question de l'épanouissement personnel. Aujourd'hui, donc, c'est un peu moins tabou de ne pas vouloir d'enfant, même s'il y a encore, évidemment, souvent des discussions.

On voit que c'est des discussions qui sont de plus en plus libres et que le fait de ne pas avoir d'enfant est de plus en plus accepté. Enfin, et c'est loin d'être le dernier élément qui peut l'expliquer, il y a un sujet sur l'inégalité entre les hommes et les femmes. En effet, encore aujourd'hui, la naissance et l'éducation des enfants pèsent encore beaucoup sur les épaules des femmes. Pendant la grossesse, naturellement, mais aussi à la naissance et dans les premiers mois. Or, il manque énormément de place en crèche. Par ailleurs, les femmes ont du mal à concilier leur travail et cette naissance. Bref, ça peut être des sacrifices importants, y compris d'un point de vue économique.

Et tout cela est parfois donc très délicat à gérer. Alors, pourquoi s'inquiète le président de la République ? Eh bien, il y a, pour dire les choses simplement, un enjeu de renouvellement de la population. Donc, la capacité d'une population à se maintenir à minima stable sur le long terme. Et ce renouvellement, il permet notamment d'avoir une partie importante de la population qui travaille. Et quand elle travaille, elle contribue à l'économie. Elle contribue via ses cotisations, son imposition. Elle contribue aussi au financement des retraites des personnes les plus âgées. Bref, il y a un enjeu économique qui est très important ici pour le président de la République.

Le truc, c'est que pour avoir un renouvellement de la population, faudrait idéalement atteindre 2,1 enfants par femme. Et aujourd'hui, en l'occurrence, eh bien, on n'est pas sur ces chiffres-là. Bref, face à tout cela, que propose Emmanuel Macron et pourquoi ça fait débat ? Il y a deux choses qu'on peut noter. Première chose, c'est la création d'un congé de naissance qui viendra remplacer l'actuel congé parental et qui permet aujourd'hui aux parents de suspendre ou de réduire donc leur activité professionnelle pour s'occuper de leur enfant. Je vous la fais courte, mais ce nouveau congé de naissance annoncé par le président, il sera plus court, 6 mois maximum contre 3 ans jusqu'ici.

Mais il sera mieux rémunéré et il permettra, selon lui, aux deux parents d'être au plus près de leur enfant. Je vous passe tous les détails dans l'immédiat, mais ce congé parental, eh bien, fait vivement réagir. Certains s'inquiètent notamment de la réduction du congé parental et de sa durée. On aura l'occasion évidemment d'en reparler, mais certains estiment aussi que ce ne sera pas suffisant pour inverser certaines tendances et notamment des inégalités sur le partage des tâches au sein d'un couple, ce qui peut donc avoir un impact aujourd'hui. Mais ça, c'est donc le premier élément qui a été évoqué.

Le deuxième élément qui a été évoqué par le président de la République hier, il concerne l'infertilité, donc l'incapacité d'avoir des enfants alors qu'on en voudrait. Là, en l'occurrence, le gouvernement va bientôt présenter un grand plan de lutte contre l'infertilité. Pour le moment, on n'a pas beaucoup d'infos sur ce que va contenir ce plan, mais selon le journal La Croix, il pourrait s'inspirer d'un rapport qui a été remis en 2022 par le professeur et gynécologue Samir Hamama, spécialiste de la reproduction.

Et ce rapport, il évoque notamment deux choses, un enjeu de sensibilisation à l'école sur certains sujets, mais aussi une accélération de la recherche sur certaines causes médicales de l'infertilité. On peut citer notamment la question de l'endométriose. L'endométriose, c'est une maladie gynécologique très très importante, qui peut être très douloureuse, avoir des impacts immenses et qui touche aujourd'hui une femme sur dix. On en a déjà parlé dans les actualités du jour. Enfin, certains évoquent éventuellement l'idée de mettre des avertissements sur certains produits qui pourraient affecter ce que l'on appelle la réserve ovarienne des femmes.

Bref, beaucoup d'aspects qui font réagir, notamment certains termes d'ailleurs qui ont fait débat. Ce terme notamment qui a été utilisé par le président de la République de réarmement démographique. Un terme qui a été approuvé par certains, tandis que d'autres, et notamment des organisations féministes, estiment qu'on ne faisait pas d'enfants pour armer ou réarmer un pays et que de telles politiques pouvaient se retourner contre les femmes. Quoi qu'il en soit, vous l'aurez compris, on n'a pas énormément de détails dans l'immédiat. Ce sera le rôle du gouvernement de préciser tout ça. Donc on verra les annonces qui sont faites par le gouvernement et le débat, le cas échéant.

Je laisse la parole à Léa et je reviens juste après. Merci Hugo et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Un accord a été trouvé entre Israël et le Hamas pour faire entrer de l'aide humanitaire pour les civils à Gaza en échange de médicaments pour les otages israéliens et étrangers qui y sont détenus. C'est ce qu'a annoncé le Qatar qui a mené les négociations avec la France. Le Hamas et d'autres groupes armés détiennent toujours 132 otages à Gaza, dont certains sont morts depuis l'attaque meurtrière du Hamas du 7 octobre en Israël qui a fait 1200 morts selon Israël. Les médicaments qui sont destinés aux 45 otages les plus vulnérables ont été envoyés ce mercredi.

D'ailleurs, toujours sur la situation à Gaza, les frappes sur le sud du territoire se sont multipliées dans la nuit de mardi à mercredi près de l'hôpital Nasser de Kanyunes, la plus grande ville du sud de Gaza. Selon Israël, c'est là que se cacheraient les dirigeants locaux du Hamas. Depuis le début de la guerre, plus de 24 000 personnes sont mortes à Gaza selon le Hamas, qui est la seule source disponible sur place. Deuxième actu, l'Iran a annoncé ce mardi avoir tiré des missiles balistiques sur le nord de la Syrie et dans la région autonome du Kurdistan irakien au nord de l'Irak. Ces tirs ont fait au moins 4 morts et 6 blessés selon les autorités locales.

Ils ont été revendiqués par les gardiens de la révolution iranienne, une branche des forces armées iraniennes qui est chargée de protéger le régime islamique de l'Iran. Ils affirment avoir ciblé un quartier général d'espionnage qui appartiendrait à Israël, ainsi qu'un rassemblement de groupes terroristes anti-iraniens. En fait, ces tirs seraient une réponse aux assassinats ciblés menés par Israël contre de hauts cadres de l'axe de la résistance, qui réunit les alliés de l'Iran au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen, mais aussi une réponse à l'attentat revendiqué par l'organisation Etat islamique qui a fait plus de 90 morts en Iran début janvier.

Alors suite à ces tirs, les autorités irakiennes ont convoqué le chargé d'affaires iranien à Bagdad, la capitale du pays. On verra comment la situation évolue. Troisième actu, le footballeur français Karim Benzema a porté plainte pour diffamation contre le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui l'a accusé en octobre dernier de liens notoires avec les frères musulmans. Les frères musulmans, c'est une organisation islamiste originaire d'Egypte et qui est présente dans de nombreux pays. Elle est considérée comme terroriste par 7 pays, dont l'Egypte, la Syrie et la Russie, mais pas par la France.

Le ministre avait fait cette déclaration sur CNews après que le footballeur avait publié un message de soutien aux habitants de Gaza sur X. Selon Gérald Darmanin, Karim Benzema aurait des prises de position vers un islam dur et rigoriste. Il lui reproche par exemple de faire du prosélytisme autour du culte musulman, donc de répandre la foi ou de recruter des gens via les réseaux sociaux. Dans sa plainte, Karim Benzema estime que ces accusations sont inexactes et qu'elles portent attente à son honneur.

Quatrième actu, Rachida Dati, qui a récemment été nommé ministre de la culture et qui est maire du 7e arrondissement de Paris, a confirmé ce mercredi sur RTL qu'elle serait candidate à la mairie de Paris en 2026. Cette annonce intervient au lendemain de la conférence de presse d'Emmanuel Macron, qui a assuré qu'il n'avait conclu aucun deal sur ce sujet avec elle. Des rumeurs disaient que le président lui aurait promis d'être la future tête de liste d'une alliance entre la majorité et le parti de droite Les Républicains pour les municipales de 2026.

Autre info concernant le gouvernement, quelques jours après avoir quitté le ministère du Travail, l'ancien ministre Olivier Dussopt a été relaxé ce mercredi pour des faits de favoritisme lors d'un marché public passé en 2009 lorsqu'il était député et maire. Les juges n'ont donc pas suivi l'avis du parquet national financier qui avait requis 10 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende. Cinquième actu, la phase des vœux sur Parcoursup, la plateforme des admissions post-bac, est ouverte depuis ce mercredi. Concrètement, les candidats peuvent créer un dossier et formuler 10 vœux. La date limite est fixée au 14 mars.

Après ça viendra la deuxième étape, du 15 mars au 3 avril, pendant laquelle les candidats devront confirmer leurs vœux et compléter leur dossier avec les éléments demandés. Les réponses arriveront à partir du 30 mai. Sixième actu, la programmation de Coachella, le plus grand festival de musique américain prévu en avril dans le désert de Californie, a été dévoilée. Les têtes d'affiches sont les chanteuses américaines Lana Del Rey, Doja Cat et le rappeur Tyler The Creator. Il y aura aussi des artistes français comme DJ Snake et le groupe L'Impératrice. Alors la billetterie ouvrira en pré-vente ce vendredi pour des prix allant d'environ 460 euros à près de 1200 euros.

A noter que Coachella fait face à des polémiques liées à son propriétaire, Philippe Anschutz, qui a notamment fait des dons importants à plusieurs associations anti-LGBT, anti-avortement et en faveur des armes, alors que Coachella se donne une image de festival progressiste. Et on finit avec cette actu. En France, l'espérance de vie est en hausse selon le dernier bilan démographique de l'INSEE. L'espérance de vie, c'est le nombre moyen d'années qu'une personne peut s'attendre à vivre à sa naissance. Concrètement, pour les femmes en France, elle est de 85,7 ans et de 80 ans pour les hommes. C'est la première fois que l'espérance de vie pour les hommes atteint la barre des 80 ans.

Il y a 10 ans, l'espérance de vie pour les femmes était de 85 ans et de 78,7 ans pour les hommes. Voilà, c'est la fin de ce résumé de l'actualité du jour. Évidemment, pensez à vous abonner pour ne pas rater le suivant, quelle que soit d'ailleurs l'application que vous utilisez pour m'écouter. Rendez-vous aussi sur YouTube ou encore sur Instagram pour d'autres contenus d'actualité exclusifs. Vous le savez, le nom des comptes, c'est HugoDécrypt. Écoutez, je crois que j'ai tout dit. Prenez soin de vous et on se dit à très vite.