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interviewLCI· 15 février 2022 24 min

Pécresse : discours aux accents d'extrême droite ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Qu'avez-vous à nous en dire, Magali ?

0:02
Invité

C'était son meeting, donc c'était au Zénith de Paris hier après-midi. Il était présenté comme un grand rendez-vous, censé relancer la campagne de la candidate LR. Eh bien, sa prestation n'a pas du tout convaincu, c'est le moins que l'on puisse dire, on va y revenir. Et puis sur le fond, son positionnement a fait grincer des temps. Une position très à droite, avec des clins d'œil appuyés à l'électorat d'Éric Zemmour. L'utilisation, par exemple, de l'expression « le grand remplacement » a notamment fait bondir. Elle s'en est expliquée ce matin sur RTL.

0:28
Valérie Pécresse

J'ai dit dix fois dans la primaire de la droite que je ne me résignais ni au grand remplacement ni au grand déclassement. Non, vous aviez réfuté l'idée même du grand remplacement. La phrase que j'ai prononcée, il faut la citer en entier, il ne faut pas citer juste le mot « grand remplacement ». La phrase, c'est « je ne me résigne ni au grand déclassement ni au grand remplacement ». Ça veut dire que je ne me résigne pas justement aux théories d'Éric Zemmour et aux théories de l'extrême droite, parce que je sais qu'une autre voie est possible. C'est ce que j'ai dit hier et tout le monde dit le contraire et me fait dire le contraire.

0:58
Présentateur

Voilà, rameur, rameur, rameur, c'est Igor Mitrofanov qui a écrit ce discours du Zénith d'hier après-midi. C'est celui-là même qui écrivait les discours de François Fillon. Et ce grand remplacement dont on parle, bien sûr, c'est cette idée théorisée par l'écrivain Renaud Camus, largement popularisée par Éric Zemmour, l'idée que l'immigration pourrait rendre majoritaire en France des populations actuellement minoritaires. Il s'agit bien évidemment des musulmans, des noirs, etc., des africains, essentiellement des asiatiques également. Voilà un petit peu l'idée du grand remplacement, mais je suis certain que vous connaissiez cela.

1:33
Invité

Et que ça serait organisé volontairement par des élites, volontairement par des élites. Enfin voilà, il y a une notion assez complotiste de cette théorie. Ça, ce n'est pas tout à fait exact, parce que c'est important de le savoir et de ne pas trop travestir. En effet, c'est une idée qui nous vient en réalité des États-Unis. En France, vous l'avez dit, c'est Renaud Camus qui la reprend. En réalité, il y a plusieurs courants qui défendent cette idée. Il y a ceux qui estiment en effet que c'est par esprit de conquête. Ce sont des populations qui veulent justement remplacer des populations européennes déjà existantes.

Et puis, il y en a d'autres qui disent que c'est de par la démographie, tout simplement. Il n'y a pas de volonté de conquête chez ces peuples-là, chez ces populations-là. Mais de fait de la démographie, il va y avoir une bascule, un remplacement. Ils n'utilisent pas grand remplacement ? Si, si, les deux utilisent le terme de grand remplacement, mais l'élément intentionnel n'est pas toujours là en fonction des...

2:33
Présentateur

Je suis d'accord. Il y a des gens qui pensent sincèrement qu'il y aura un grand remplacement. Une évolution de la population. On en croise assez souvent dans nos débats, des gens qui pensent qu'il y aura un jour un grand remplacement. Mais qui ne pensent pas pour autant qu'il y a un complot derrière. Ils pensent que c'est une réalité démographique, comme d'ailleurs, comment pourrais-je dire, en Afrique du Sud, il y avait un équilibre blanc-noir qui était un peu plus équilibré, allais-je dire, il y a 80 ans, un siècle. Et maintenant, en Afrique du Sud, il y a 5 millions de blancs et 70 millions de noirs.

3:04
Invité

Vous pouvez considérer que le conflit israélo-palestinien trouve sa source principalement là-dessus. sur une question démographique. Pas uniquement, évidemment, mais la grande crainte. C'est pour ça que vous avez des colonies en Cisjordanie, précédemment en Gaza, colonies juives. Et c'est pour ça qu'il y a une grande crainte chez les Juifs, c'est de se retrouver minoritaire sur leur territoire par rapport à une population arabo-musulmane qui est évidemment beaucoup plus importante.

3:34
Présentateur

Vous ne repartez pas très hard sur des explications historiques pour une demi-heure. Alors, attendez, attendez, attendez. Le débat est très simple. Est-ce qu'en utilisant Grand Remplacement, en parlant également de français de papier... Justement, vous voulez le récouler ?

3:50
Invité

Elle s'est justifiée sur Grand Remplacement en disant « Non, mais ne me faites pas dire ce que vous n'avez pas dit, ce que je n'ai pas dit ». Sauf que si on écoute l'ensemble du discours, il y a d'autres prises de position qui ont fait tiquer. L'expression du FN. Effectivement, les français de papier, entre autres. Plus d'autres propositions très, très, très à droite. Écoutez. Je veux faire des français de cœur et pas des français de papier. Il n'y a pas de souveraineté sans frontières. Nous devons les restaurer. Et si, pour cela, il faut bâtir des barrières, voire des murs, comme le souhaitent les États qui sont en première ligne face au chantage migratoire, je les soutiendrai.

Je n'accepterai jamais de soumettre la République. « Marianne n'est pas une femme voilée ».

4:35
Présentateur

Voilà, français de papier, ceux qui cherchent, ceux qui recherchent, vous diront qu'il s'agissait d'une formule utilisée dans les années 30 par le quotidien L'Action française et par Charles Maurras pour parler de ces français naturalisés qui n'étaient pas, selon eux, des vrais français, des français de cœur, des français de souche, etc. Donc, deuxième territoire vers lequel elle s'aventure. Mais cela dit, cela dit, le discours, il a été pensé, écrit pendant des semaines. Et des semaines, Renaud Pila, qu'on ne nous fasse pas croire que… Oh, tiens, tiens, ça tombe plutôt mal. Il y a deux allusions qui n'étaient pas du tout prévues à l'extrême droite.

La réalité, c'est qu'après ce discours, il y avait un LR très heureux, c'était Éric Ciotti, qui a trouvé le discours formidable. Et il y avait des LR malheureux, on en parlera dans quelques instants, Jean-François Copé, Xavier Bertrand, qui n'ont pas du tout aimé qu'on aille sur ce territoire de la droite nationale.

5:30
Invité

Mais un mot, vous voyez, tout à l'heure, vous disiez, évolution démographique, évolution des populations. Mais ça, dans un débat démographique sur les flux migratoires, on peut utiliser cette expression. Mais je suis désolé, Rachel, l'expression en France qui a été popularisée de grand remplacement, c'est Renaud Camus qui l'a popularisée. Et je n'ai pas dit le contraire ? Oui, oui, non, non, mais vous disiez, il y a deux tendances. Effectivement, il y a deux tendances.

Mais en France, pour les gens, les observateurs, les élus de tous bords, on sait très bien, et ceux qui suivent la politique, que c'est Renaud Camus qui a popularisé cette expression de grand remplacement, cette expression, et il y a un volet complotiste. C'est-à-dire, c'est organisé par les élites mondialisées pour remplacer la population. Et donc, de reprendre cette expression, mais ne serait-ce que de la reprendre, et c'était une faute également au mois de novembre, elle l'a fait depuis le mois de novembre, on ne va jamais sur le terrain sémantique de l'adversaire. Jamais, jamais, jamais.

Parce que si vous reprenez une expression, ou vous reprenez les mots de l'adversaire, ça veut dire que vous avez déjà perdu. François Mitterrand le savait très bien, Nicolas Sarkozy le savait très bien, il faut imposer vos thèmes, imposer vos marques, vous ne reprenez pas l'expression popularisée par Alex Zemmour, qui hier soir a dit « j'ai gagné », en face c'est le B.A.B. de la stratégie politique. Alors, on va revenir dans un instant sur la forme,

6:46
Présentateur

parce que là, sur la forme, ça a été un torrent de critiques depuis hier. Mais sur le fond, moi j'ai eu le sentiment, Yves Tréhard, que celui qui avait écrit le discours de Valérie Pécresse avait mis des petits patchwork, des petites phrases sympas ici, des petites phrases sympas là, on en donnait pour la droite de la droite, on en donnait pour ceux qui avaient envie d'aller voter pour Zemmour, on en donnait à tout le monde. Il y avait un ensemble assez décousu, et finalement c'était un patchwork de phrases, on entendait la foule applaudir très longuement, on avait dû lui dire à Valérie Pécresse « laisse-toi envahir, déborder, submerger par la foule qui t'applaudit ».

Voilà, et puis après une autre petite phrase, et à nouveau la foule, patchwork, patchwork de petits mots comme ça.

7:25
Invité

Je ferai trois petites remarques. La première, c'est qu'on ne peut pas distinguer le fond de la forme. Allons-y bon ? Non, absolument pas, parce que vous avez le même discours prononcé par quelqu'un qui le prononce bien et qui emporte le public, je suis sûr que vous n'avez absolument pas la même vision et la même perception de la chose. Ça, c'est la première des choses. Et donc, dans cet exercice-là oratoire, c'est pas rien. Un avocat, par exemple, qui plaide, s'il dit très très mal sa plaidoirie, je doute qu'il arrive à ses fins. Ça, c'est la première des choses. La deuxième des choses, La deuxième des choses, je trouve que ce discours, dans son contenu, n'était pas extraordinaire.

Pas extraordinaire, contrairement à ce qui est assez étonnant de la part de M. Mitrovanov, qui est une très grande plume, qui est un ami, pour vous situer un peu, de M. Debois-Hu, qui est quelqu'un qui a toujours été dans l'ombre. Jean Debois-Hu. Jean Debois-Hu, qui a été secrétaire d'État sous Balladur dans les années 93-95, qui est un grand, un agrégé de Russes. Vous me refaites pas une demi-heure d'histoire ?

8:33
Présentateur

On en a marre !

8:35
Invité

Arrêtez les cours d'histoire !

8:37
Présentateur

Alors, je vais au troisième point. Je vais au troisième point. Bienvenue sur France Culture. On n'est pas sur France Culture. On est une modeste petite chaîne, LCI. On est entre nous. Donc vous ne nous faites pas des rappels historiques qui durent trois quarts d'heure. Sincèrement.

8:53
Invité

Alors, maître, la troisième chose, c'est que je ne comprends pas, je ne comprends pas l'émoi qu'a suscité ces quelques petites phrases. Sincèrement, je ne les comprends pas. Et je vais aller à rebours de tout ce que disent mes confrères. Mais ils sont malades ou quoi ? J'ai l'impression qu'ils se sont saisis de ces petites phrases-là pour être justement assez sympathiques pour ne pas trop critiquer la forme. C'est vrai que, si vous regardez bien, les commentaires de mes petits confrères et de mes consoeurs ont plutôt été, ont pas été méchants sur la forme. Alors qu'ils auraient pu la désinguer. Non, non, non. Sincèrement, toutes les... C'est vrai. Non, non, ça a été courtois.

Et d'ailleurs, tant mieux. Mais quand c'est si évident, on ne va pas faire du bashing. En revanche, ils sont allés chercher ces phrases.

9:37
Présentateur

C'est-à-dire, elle est d'extrême droite, des phrases d'extrême droite.

9:39
Invité

Le procès en extrême droitisation vous semble... Je le récuse. Je le récuse. Elle a le droit. Et pourquoi elle n'aurait pas le droit de dire que dans certains quartiers de France, eh bien, on est en voie de... Elle ne se résigne pas à ce que ça soit éventuellement le grand emplacement. Mais bon sang, mais allez vous promener en France, vous allez voir. Si c'est pas le grand emplacement, bien sûr que ça l'est. Je ne sais pas qu'ils confrèrent, ils en sont émus. Jean-François Copé et Xavier Bertrand, lui, ont dit à Valérie Pécresse ce matin. Oui, je ne sais pas... Oui, ils l'ont dit en privé, mais ils ne l'ont pas dit en public. J'aimerais qu'ils le disent en public. Et je ne suis pas sûr...

Ils ne veulent pas la lâcher. Non, non, mais je ne suis pas sûr qu'ils le disent.

10:14
Présentateur

Non, c'était tactique. Copé et Bertrand disent le grand emplacement, c'est l'extrême droite. Tu n'as pas le droit de reprendre... Non, mais attendez. Ils le diront en public. Ils le diraient en public.

10:22
Invité

Là où je suis d'accord avec Renaud, c'est qu'il ne faut jamais aller chercher les formules de l'adversaire pour se les approprier. Ça, c'est vrai. Mais en revanche, sur la réalité des faits, mais qu'est-ce qu'on va lui chercher les poux ? Pas avec cette expression. Pas avec cette expression.

10:38
Présentateur

Laurent Alexandre, le grand docteur Laurent Alexandre, réserve sa prise de parole. Il a écouté Tréhard chauffer la salle. Maintenant, Laurent Alexandre, sur ce meeting.

10:48
Invité

Dans ce qui est clair, et d'ailleurs, le Figaro a été assassin ce soir sur son site web à propos de Valérie Pécresse. C'est que ce n'est pas un format qui lui convenait. Elle a été très mauvaise. Elle a été soporifique. Tout le monde s'est endormi. C'était catastrophique. Donc, elle aurait dû choisir un autre format. Elle ne le sait pas. Ce n'est pas un orateur de grand plateau. Elle a besoin de salles plus intimistes. Ça pose un problème politique. C'est qu'effectivement, Zemmour va la doubler. Le dépassement de Pécresse par Zemmour, il est dans les tuyaux. C'est une question de jour.

Ce qui va d'ailleurs, par ricochet, poser un problème parce que si Zemmour monte suffisamment, il peut dépasser Marine Le Pen. Donc, en réalité, l'échec de Pécresse, c'est un cadeau à Zemmour et c'est une catastrophe pour Marine Le Pen parce que Marine Le Pen risque d'être numéro 3 du fait de cet échec parce que les gens qui vont quitter LR, ils vont aller chez Zemmour, ils ne vont pas aller principalement chez Marine Le Pen. Sur le fond... Chez Macron. Zemmour ou Macron. Ou Macron. Ou Macron. Sur le fond. 50-50. Sur le fond, moi, je partage ce qu'a dit très rare. C'est-à-dire, les vierges effarouchées à propos du grand remplacement.

Bien sûr qu'il n'y a pas de complot mondialiste pour remplacer la population. Mais on est où ? Mais qu'il y a démographiquement un changement radical en France. Il faut être aveugle pour ne pas le voir. Du fait de l'effondrement démographique des populations françaises d'origine. C'est la même chose dans l'Europe entière. Les Européens ne font plus de bébés. Il y a plein de pays où les locaux font moins d'un enfant par femme. Ce qui entraîne un effondrement de la population en quelques décennies. Du fait de cet effondrement démographique, il y a un changement démographique de la structure démographique qui est évident.

Et il faut être complètement con ou ne jamais être allé en banlieue ou dans le quartier de la Gare du Nord pour penser qu'il n'y a pas un changement démographique massif et majeur. Mais quand vous dites changement, évolution, ce n'est pas de grand remplacement qui vient de Renaud Camus. Ce n'est pas pareil, Laurent Lézor. Je n'ai pas parlé du terme mais il y a une réalité. Mais c'est fondamental. La politique, c'est de la sémantique. C'est des mots. Il y a une réalité démographique et je peux vous dire que tous les gens qui sont tombés à bras accourcis sur Valérie Pécresse, sur cette expression-là, ils n'ont fait qu'une chose.

Organiser un transfert de voix de LR vers Zemmour parce que la France profonde, elle constate le changement démographique. Elle est excédée. Mais pas toute la France. Oh, oh, oh, oh. Elle est excédée. Une partie des Français. Elle est excédée.

13:12
Présentateur

Alors Magali et moi, Rachel, non, non, on vous prive de parole. On ne voulait pas. Non, non, non, monsieur. Vous allez parler parce qu'on reste sur Pécresse mais on a été, Magali et moi, extrêmement étonnés en préparant cette émission d'entendre ce matin Valérie Pécresse invité sur la radio RTL revenir sur sa prestation d'hier et on lui demandait ce qu'elle pensait de sa propre prestation. Et ça a été assez étonnant. Un moment de radio.

13:42
Invité

Un moment de radio. Il y a des moments de télé, il y a des moments de radio. Elle n'est pas une grande obrigatrice ? Ben oui, je le concède, a-t-elle dit en substance.

13:49
Valérie Pécresse

Sur la question de la forme du meeting, c'est vrai qu'il y avait énormément de monde, énormément de monde que la salle était incandescente, qu'elle était, elle était, elle a été dure à prendre et c'est vrai que, si vous voulez des orateurs, il y en a plein dans la campagne. Moi, je suis une faiseuse et c'est vrai que je suis plus à l'aise dans le dialogue direct avec les Français, peut-être plus à l'aise sur ce plateau avec vous.

14:15
Invité

Ça, c'est passionnant. Oui, mais ça, c'est passionnant, mais c'est là où l'erreur... Valérie Pécresse, contrairement à beaucoup d'autres dans cette campagne, a un appareil partisan derrière elle. Il est solide, l'appareil partisan, encore, des Républicains par rapport au PS, par rapport à En Marche, à ce que vous voulez. Et qu'il ne se soit pas rendu compte, après la victoire de Valérie Pécresse, que le format du grand meeting où il y a 10 000, 5 000, 10 000 personnes, c'est absolument pas ce qu'il lui faut, parce que c'est la desservir, mais ils sont malades. Alors, ils sont malades. Ce qu'il aurait fallu qu'ils fassent, c'est évidemment faire des formats style gilet jaune de Macron.

Le grand débat, mais bien sûr. Des grands débats dans des villes avec un jeu de questions-réponses où là, elle est bien plus à l'aise parce que c'était, je ne vais pas être... Mais c'était tragique. Et ils l'ont mise dans une situation... Douloureuse. Je ne sais pas si ça va être le point de basculement. Je n'en sais rien parce que je pense que là où on va voir vraiment la réalité de cette campagne électorale, c'est quand le président de la République sortant va se déclarer. Et là, il n'est pas exclu que le président de la République se déclarant, il passe de 25 à 20. Attention ! Ou de 25 à 27. Il peut faire une excellente campagne. Alors là, tout va se repositionner. Très bien, très bien.

15:37
Présentateur

Les amis, Rachel Binas, ce moment de sincérité qui est vraiment qui sera apporté à son crédit où ce matin sur RTL, elle dit « Ce n'est pas mon truc, la prise de parole, tout ça, moi je suis une faiseuse et je ne suis pas une harangueuse, je ne suis pas une batteleuse. » Et ça pose d'autres questions. Faut-il être un batteleur ? Faut-il être un harangueur ? Un tribun pour être un bon président de la République ou une bonne présidente ? Après tout, Angela Merkel n'était pas une batteleuse. Elle n'est pas présidente de la République. Voilà, vous avez le fond du sujet. C'est un régime parlementaire. Vous avez tout dit. C'est le fond du sujet.

Est-ce que Rachel Binas peut avoir le privilège de s'exprimer qu'un seul monde ?

16:15
Invité

Elle pouvait difficilement de toute façon tenir un discours inverse eu égard à la prestation de la veille. Elle ne pouvait que reconnaître de toute façon cette forme de défaite qui a été la sienne la veille.

16:25
Présentateur

Nouveau coup de couteau.

16:27
Invité

Non, pas besoin. Pas besoin. Il est déjà enfoncé. Je ne fais que le constater. Je ne peux pas expliquer que la bête ne souffre pas quelque part. Elle avait la gueule de bois et elle ne s'était pas remise de l'hupercute de la veille. Alors, elle a bien tenté en convoquant baladure, etc. Mais on voyait bien que c'était complètement maladroit et que ça ne fonctionnait pas. Ensuite, certes, on peut ne pas être à l'aise avec ce format-là. Mais il y a deux choses. Déjà, peut-être dans ce cas-là, on n'a pas recours à ce format-là. On utilise peut-être des communiqués de presse ou je n'en sais rien, une autre forme en tout cas que celle-ci. Et puis surtout, on se prépare.

On se prépare et là, il y a un défaut de préparation extrêmement important. Alors certes, elle a pris, on nous explique que pour les femmes, ça peut être difficile. On ne va pas citer, mais il y a également des femmes qui savent tenir, de grandes femmes qui savent tenir une scène. Et il y a des hommes qui sont nuls. Il y a des hommes qui sont des orateurs minables. Mais pour ça, ça se prépare. Et le problème, c'est qu'elle était d'accord pour prendre un coach vocal, comme on dit, pour le placement de la voix, mais elle refuse, parce que ça va durer, on verra, de prendre un prof de théâtre.

Or, Ségolène Royal, utilisé une actrice, une comédienne, même le général de Gaulle a eu recours à un comédien. Comédie française ? Exactement, de la comédie française. Comédie française, le général de Gaulle. Tout à fait. Donc, c'est normal de ne pas savoir, mais dans ce cas-là, il faut apprendre. Et là, elle a montré que c'est ça le plus gros problème. Ce n'est pas seulement qu'elle ne savait pas faire, c'est qu'elle ne s'était pas entraînée. C'est qu'elle n'avait pas progressé là-dessus. C'est une faute professionnelle. Je ne pense pas qu'elle a déjà perdu, il ne faut pas enterrer trop vite. N'oublions pas deux choses, je finirai là-dessus, deux chiffres qui sont importants.

Le premier, c'est que 46, 47% des Français qu'on interroge aujourd'hui ne sont pas certains de leur choix, il n'est pas définitif. Et dernier chiffre, entre mi-octobre 2021 et décembre 2021, 30% des personnes interrogées ont changé.

18:22
Présentateur

Oui. De candidats. Exactement.

18:25
Invité

Donc ça peut être encore le cas. Ça recule d'ailleurs.

18:27
Présentateur

On est avec Charles Consigny. Charles Consigny, bonsoir, vous allez bien ?

18:32
Invité

Bonsoir, ça va et vous ?

18:33
Présentateur

Oui, non mais c'était une blague, vous allez bien parce que vous allez forcément mal après ce meeting et toutes les méchancetés qu'on dit sur la candidate dont vous êtes le porte-parole, dont vous êtes le soutien désormais. C'est vrai que depuis hier, la forme, le fond.

18:46
Invité

Non mais écoutez, cher Éric, je suis surpris que vous soyez encore sur ce thème qui est déjà ringard à l'heure à laquelle, à la vitesse à laquelle vont les choses désormais dans les médias. Moi, comme j'ai eu l'occasion de le dire, j'étais au Zénith pour le meeting de Valérie Pécresse. Ça m'a rappelé quand j'avais 17 ans le meeting des jeunes de Nicolas Sarkozy qui s'était tenu lui aussi au Zénith. Il y avait une énergie hallucinante, il y avait une volonté de la part de ces milliers de militants qui n'ont pas pu tous rentrer dans la salle qui étaient venus par milliers de toute la France, y compris beaucoup de jeunes, une volonté de gagner cette émission.

Et moi, c'est ça que je retiens et je retiens aussi ce qu'a dit Valérie Pécresse qui, à l'occasion de ce discours, a dit des choses très fortes sur les sujets régaliens mais aussi sur le déclassement, sur l'économie, sur ce qu'elle veut pour le pays, pour la France qu'elle propose pour l'après-Covid et l'après-Makron. Est-ce que vous pouvez nous éclairer, parce qu'on a eu du mal après 1h15 de meeting, de résumer sa pensée, quelle était l'idée forte de sa campagne ?

Il y avait plusieurs idées fortes mais ce qu'elle propose c'est une nouvelle France, c'est-à-dire qu'elle propose un chemin pour après le Covid et après Macron, c'est un chemin qui est pour partie libérale, elle propose moins de fonctionnaires, moins d'impôts, moins de réglementations, un État qui soit plus efficace et qui soit davantage tourné vers ses missions essentielles. Elle propose une ligne claire sur l'islam, l'islamisme, l'immigration sans aucune compromission avec l'islamisme. Elle propose la Banque des Jeunes qui est un formidable outil pour aider les jeunes à se lancer dans la vie. Voilà, elle a un programme. Bonsoir. Vous qui n'avez... Charles, bonsoir, c'est Yves Tréard.

Vous qui avez l'habitude de ne pas avoir la langue de bois, vous avez une langue de bois, mais c'est de l'ébène même. C'est incroyable. Parce que quand Valérie Pécresse nous dit « Moi, je rêve de la France de Péguy et des satellites, mais on a l'impression de voir Georges Pompidou qui s'exprime. » c'est quand même vieux comme le monde tout ça. Et c'est vrai que ça manquait en dehors de la forme, mais ça manquait d'une force, je dirais... Allez, on va employer un grand mot, idéologique avec une ligne directrice qui la distingue de ses concurrents dans cette élection présidentielle.

Et malheureusement, il y en avait un petit peu pour tout le monde, mais en fait, la bureaucratie, c'est Gaspard Koenig, le grand emplacement, c'est Éric Zemmour... La viande, c'est Fabien Roussel. Oui,

21:27
Présentateur

c'est Mélenchon. La viande, Fabien Roussel, le charolais. Non, mais attendez, Laurent Alexandre, Laurent Alexandre.

21:35
Invité

Yves, franchement, tu as tort. Parce qu'en réalité, Charles Consigny est très, très courageux de soutenir la forme de ce meeting qui était complètement raté. Et je pense qu'il faut l'encourager parce que c'est un exercice difficile que Charles réalise là. Sur le fond, il y avait de bonnes idées quand on est de centre droit. Le problème, c'est la forme. Et Charles n'a pas répondu à ce que le parti compte faire pour que Valérie Pécret soit moins mauvaise dans les prochains meetings. Il faut probablement lui donner un coach. Il faut qu'elle l'apprenne à se mouvoir sur scène. Ce n'est pas le fond qui est coupable, c'est la forme. Et là, il faut y travailler sérieusement. avant de repasser

22:18
Présentateur

le micro à Charles Consigny, juste 30 secondes, on n'a pas entendu votre opinion sur le sujet. Parce qu'après tout, on peut être un grand, un beau ou une bonne présidente de la République sans être un tribun ou une harangueuse de foule. On n'a pas besoin d'harangueuse.

22:33
Invité

On n'est pas en Allemagne. On n'est pas en Allemagne. Ce n'est pas un régime parlementaire. On n'est pas en Suède. Mais bien sûr. une Angela Merkel qui est une très mauvaise oratrice et qui endort tout le monde, ça ne passe pas en France. En France, on veut des vrais orateurs. On est sous la fin qui aime. On veut des gens qui sont capables de tenir une scène. D'incarner. La politique en France, c'est TEDx. Ce n'est pas du patronage. D'accord. Non, non, non.

22:57
Présentateur

Charles Consigny. Charles Consigny. Alors, événement très important. Pardon ? Je n'ai pas entendu ce que vous avez dit. Je suis désolé. Oui, je reprenais ce que disait Alain pour l'instant, Laurent Alexandre. Je disais donc cette dimension charnelle de Hadarangueuse. Elle l'a peu ou elle ne l'a pas. Et c'est dommage car, à écouter nos invités, ça semble être un élément très important pour être élu en France.

23:23
Invité

Mais attendez, je vais vous répondre deux choses. D'abord, on ne va pas épiloguer un définiment sur la forme et on ne va pas un définiment, ce n'est pas la Star Academy non plus, l'élection présidentielle. Non, mais c'est une présidentielle. Charles Consigny, vous connaissez. Non, mais d'accord. Si Sarkozy a été élu, c'est parce que c'était une bête de campagne. Macron aussi. Arrêtez avec vos commentaires. Je suis désolé. Macron, il est nul en meeting. Il a toujours été nul. Il est resté. Non, non, non. Il parle, je suis désolé, il parle comme un prêtre. Il est d'un ennui absolument mortel. Le moindre discours qu'il fait, on s'endort au bout de la deuxième moitié de minute. Il a été élu.

Il a été élu, Charles. Eh bien, Valérie Pécresse sera élue. Elle sera élue avec, y compris, ce premier grand discours de campagne. Elle aura d'autres discours derrière qui lui permettront peut-être de se perfectionner, mais elle sera élue tout comme Emmanuel Macron a été élue. Hélo !

24:26
Locuteur

Il s'agit d'innovi au bout de soi. Il s'agit d'un trophée d'un proみたい. Si, du ne sphere de poke, ressembl着 look ilbrachtedas au bout de principio à un fut, pourître au bout de ligne s' carve un pro football pour le monde ou il

Pécresse : discours aux accents d'extrême droite ? — Valérie Pécresse · Pourquijevote