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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 2 décembre 2025 10 min

Charlotte Parmentier-Lecocq est l'invitée de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Charlotte Parmentier Leco et merci d'avoir accepté notre invitation. C'est effectif depuis hier les fauteuils roulants sont remboursés à 100 % par l'assurance maladie. Alors ça concerne bien sûr les personnes handicapées, mais ça concerne aussi les personnes âgées en perte d'autonomie.

Il était temps de mettre en place ce remboursement intégral. Oui, tout à fait. C'était attendu par les associations depuis plus de 20 ans et c'était une promesse que le président de la République a pris envers les associations, envers les personnes en situation de handicap. en 2023 et donc depuis lors on est à la tâche pour concrétiser cette réforme et maintenant ça y est personnes qui ont besoin d'un fauteuil roulant pourront avoir le fauteuil qui leur correspond qui sera pris en charge à 100 % par l'assurance maladie sans qu'elles aient même besoin de faire l'avance financière et puis surtout c'est de la simplification parce qu'elles n'auront plus à faire une multitude de dossiers pour finalement devoir aussi contribuer par elles-mêmes.

Elles auront un seul interlocuteur et ça concerne tous les types de fauteuils roulants. Ça concerne tous les types de fauteuil roulants. Euh ce qu'on a voulu, c'est vraiment pouvoir répondre à tous les besoins.

Euh parce que le fauteuil roulant, faut comprendre que c'est euh un peu le prolongement du corps de la personne. Euh c'est indispensable pour vivre pleinement sa citoyenneté, évidemment pour pouvoir se déplacer mais pour pouvoir vaquer à toutes ses occupations. Donc c'est vraiment une mesure de d'autonomie et de citoyenneté.

Et la procédure alors pour se faire rembourser, est-ce que ce sera simple ou pas ? s'il faudra avancer les frais par exemple. Non, on devra pas avancer les frais.

C'est ça qui est aussi révolutionnaire dans la démarche parce que parfois les fauteuils peuvent être extrêmement coûteux. Donc même faire l'avance serait difficile et la procédure elle est vraiment très simplifiée mais tout part d'une prescription médicale qui définit vraiment le besoin de la personne. Ensuite il y a une étape d'essai et d'ajustement pour pouvoir finaliser complètement la prescription avec des options, des adjonctions, enfin vraiment tout ce qui va permettre de bien définir le besoin de la personne.

Il y a une demande d'accord préalable auprès de l'assurance maladie et celle-ci a entre 15 jours et 2 mois pour répondre et ensuite c'est accord de l'assurance maladie. Donc vraiment c'est de la simplification pour les personnes. Donc tout a été pensé en fait en en tout a été pensé avec les associations pour le bien-être des personnes qui sont en faute Oui, c'est c'est une méthode à laquelle j'ai beaucoup tenue, c'est-à-dire qu'on mette vraiment toutes les parties prenantes autour de la table. d'abord les personnes en situation de handicap et les associations des personnes qui ont besoin de fauteuil roulant et ensuite évidemment les fabricants, les prestataires, les professionnels de santé mais en travaillant toujours ensemble avec comme boussole comment est-ce qu'on répond aux besoins des personnes.

ça notre bousso mais ensuite c'était aussi trouver un équilibre pour que chaque partie prenante s'y retrouve y compris l'assurance maladie puisque dans cette réforme on a revu aussi certains tarifs de manière à ce qu'on régule aussi un peu mieux les dépenses justement c'est une prise en charge qui a un coût aussi environ 100 à 200 millions d'euros qui s'ajoute au 300 millions déjà consacrés par an est-ce qu'on peut se le permettre quand on connaît le déficit de la sécurité sociale aujourd'hui c'est un un effort de solidarité nationale très clairement qui s'inscrit dans aussi le 100 % santé. Donc c'est aussi des mesures, on pourrait dire de prévention parce qu'une personne qui a pas le bon fauteuil ou qui s'isole parce qu'elle n'a pas pu se obtenir un fauteuil, c'est une personne qui va aller moins bien et donc c'est aussi d'autres dépenses si on regarde vraiment les choses sur un angle très financier. Mais dans cette réforme, on a revu aussi certains tarifs notamment des tarifs de location qui faisaient qu'on pouvait louer plusieurs fois un faute qui finissait par le financer plusieurs fois et donc on remet un peu de l'ordre aussi dans la bonne gestion de nos finances publiques.

Vous êtes aussi en charge de de l'autonomie au gouvernement et notamment d'un plan grand âge qui vise à repenser l'habitat et l'accompagnement des personnes âgées. C'est un sujet crucial quand on sait le choc démographique qui nous attend. Est-ce que vous pouvez déjà nous révéler les grandes lignes de ce plan grand âge ?

Alors, je je l'annonce pas encore maintenant, mais mon objectif, c'est de pouvoir l'annoncer vraiment dans les prochaines semaines. On sait qu'on a un enjeu énorme devant nous parce que notre population vieillit. On va avoir toutes les personnes du baby boom qui vont avoir 85 ans en 2030.

ça va provoquer euh un besoin en prise en charge de la dépendance très important et puis au-delà notre pays va continuer de vieillir. Donc on a à mettre en place des mesures de prévention pour que les gens soient en bonne santé le plus possible. Et le but c'est de favoriser le maintien à domicile, c'est qu'on puisse à la fois favoriser le maintien à domicile, mais aussi ce qu'on prévoit dès le PLFSS, le projet de loi de financement de la sécurité sociale de cette année parce que beaucoup de choses sont déjà en réalité sur les rails, mais c'est de faire évoluer aussi notre politique autour de l'habitat.

Ce qui est très demandé et donc qu'on a besoin de développer, c'est ce qu'on appelle l'habitat partagé. C'est aussi des des habitats plus euh dans le centre d'une commune avec l'accès à tous les services et où on rond aussi l'isolement des personnes âgées et où on peut permettre aussi d'avoir toutes ces aides à domicile qui viennent se concentrer sur un même lieu, ce qui facilite aussi une bonne prise en charge, un bon accompagnement des personnes. Alors, vous parliez du budget de la sécurité sociale, c'est la dernière ligne droite.

Il revient aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour une nouvelle lecture décisive. Est-ce que vous croyez à la possibilité d'un vote ? Oui, alors absolument.

De toute façon, c'est l'objectif. Euh le projet de loi de financement de la sécurité sociale va passer par le vote. Euh et je crois vraiment qu'une voie de passage, Oui, je le suis.

Je crois qu'une voie de passage est possible parce que euh des parlementaires, un grand nombre de de parlementaires et je dirais une majorité de parlementaire œuvre pour ça, œuvre pour la stabilité de notre pays. On sait que l'absence de projet de loi de financement de la sécurité sociale, ça veut dire ne plus maîtriser où vont nos dépenses prioritairement. Ça veut dire un dérapage avec 30 milliards de déficit prévisionnels alors que on souhaite plutôt revenir autour des 17 voire 20 milliards de déficit.

Donc on a vraiment besoin de ce projet de loi de financement de la sécurité sociale et moi je veux vraiment saluer le le travail des parlementaires qui œuvre pour que pied à pied on puisse trouver des compromis. Il doit tenir la gauche sans perdre la droite. C'est quand même très compliqué là pour lui ça va se jouer à à très très peu de voix si vraiment il y a c'est très compliqué c'est certain.

Et ça s'appuie nécessairement sur euh un dialogue qui est entretenu par le gouvernement depuis le départ, mais aussi par euh, j'allais dire un état d'esprit ouvert, constructif des parlementaires. C'est ce que l'on constate, excepé évidemment les extrêmes qui veulent évidemment l'échec de cette solution. Euh mais euh ce que l'on constate c'est que vraiment il y a une voie de passage.

Elle est étroite, c'est vrai, mais elle existe et c'est ce vers quoi on souhaite vraiment pouvoir euh tous aller aujourd'hui. Elle est étroite cette voix, vous l'avez dit, mais surtout le le socle communise aussi sur plusieurs questions. On les a vu voter dans ces dans des sens opposés.

Est-ce que aujourd'hui le bloc central, on peut dire qu'il existe encore ? Oui, il existe tout à fait encore. Euh tous les partis du bloc central et je peux parler de mon parti Horizon œuvre à la stabilité du pays depuis le départ.

Justement, est-ce que Horizon va jouer le jeu du gouvernement ? Euh euh ce que fait Horizon depuis le départ, depuis 2024, ça a toujours été de dire "Nous œuvrons pour la stabilité du pays, nous œuvrons pour trouver des compromis." Et Édouard Philippe a été le premier au moment de la dissolution à dire "Il faut que de la gauche jusque la droite, on puisse trouver des voix d'accord pour permettre cet équilibre." Mais il a été aussi celui qui appelle à la démission d'Emmanuel Macron.

Donc c'est vrai que c'est assez contradictoire. En tout cas Horizon depuis 2024 euh a accompagner chaque gouvernement et continue de le faire pour trouver ses voix de passage. Maintenant évidemment les négociations, les discussions font que chacun veut aboutir à un compromis où on doit trouver évidemment ça doit ça ça ça fait mal euh pour certaines décisions qui peuvent être prises ou certains choix qui peuvent être pris mais il faut que tout le monde s'y retrouve.

Donc ça veut dire qu'il doit y avoir un équilibre. Ça ne sera pas le budget de la gauche, ça ne sera pas le budget de la droite, ça ne sera pas le budget du bloc central, ça sera pas le budget voulu par Horizon, mais c'est un budget qui est un budget de compromis pour le pays. Donc vous appelez Horizon à la responsabilité politique.

Alors je je je me permets pas de de de d'appeler qui que ce soit. chacun et les parlementaires sont tous responsables mais en tout cas le gouvernement est dans une posture de d'écoute, de soutien et d'appui à la recherche de ces voies de passage. On a on a vu que les tractations avaient commencé sur la primaire de la droite.

Est-ce que vous savez si l'idée fait son chemin justement dans la tête d'Edouard Philippe ? Alors c'est absolument pas à ma connaissance à l'ordre du jour. Je sais qu'il y a beaucoup de discussions autour de ça, autour d'une primaire.

Je crois que aujourd'hui l'enjeu, il est avant tout euh dans quel état est notre pays et dans quel état est-ce que on on retrouve notre pays au moment des élections présidentielles ? Et donc il y a une première étape extrêmement importante qui est maintenant qui est celle du budget. Donc ça veut dire que il faut qu'on trouve des pistes d'atterrissage pour le budget.

S'il y a pas de budget voté euh adopté euh automatiquement ça veut dire des conséquences financière économique très compliqué pour notre pays. Et donc avant tout, Horizon est très attaché à ce que notre pays garde sa stabilité, à ce qu'on envoie aussi à nos entreprises des signaux encourageant et et qui protègent aussi leur compétitivité, à ce que la valeur travail aussi soit toujours préservée et puis à ce que nos finances publiques soient protégées dans ce contexte où effectivement Merci beaucoup Charlotte Philco d'avoir répondu à nos questions ce matin. Merci à vous.

Merci.

Charlotte Parmentier-Lecocq est l'invitée de la matinale de franceinfo — Charlotte Parmentier-Lecocq · Pourquijevote