Attentat déjoué : faut-il avoir peur des "mascus" ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
En France, on va maintenant s'interroger sur la mouvance masculiniste, celle-là même dont s'est revendiqué à un jeune de 18 ans, mise en examen hier, suspecté d'avoir voulu s'en prendre à des femmes. Une affaire confiée à l'antiterrorisme. Alors, qu'est-ce que c'est que cette mouvance masculiniste et quelle est son ampleur en France ?
On va en parler avec nos invités et nos experts que je vous présente. Laura Vercar est avec nous. Bonjour et bienvenue.
Maîtresse de conférence et spécialiste des questions de féminisme et de masculinité. Stéphane Vogeta est également à nos côtés. Bienvenue.
Bonjour. Donc vous êtes vous député à parenté EPR des Français de l'étranger. Vous avez été missionné par ailleurs avec le député socialiste Arthur de la Porte pour faire le point sur les enjeux du numérique.
Et parmi ces enjeux, il y a la question du masculinisme. On est également avec Noémie Schulz. Bonjour Noémie, notre spécialiste police justice ici à France info et on est connecté avec Pauline Ferrari, journaliste indépendante, spécialiste des nouvelles technologies, des questions de genre et des cultures web aussi autrices de Former à la haine des femmes.
Comment les masculinistes infiltrent les réseaux sociaux ? On va évidemment prendre vos analyses et et vos points de vue sur la question. Mais avant de vous entendre, on va revenir sur cette affaire dont je vous parlais à l'instant, ce jeune de 18 ans qui a été écroué hier, mise en examen le détail avec Nathalie Perez.
Timothy G, 18 ans, casier vierge, suivi depuis plusieurs semaines par la DGSI, les services de renseignement. Il participait à des groupes masculinistes sur les réseaux sociaux et c'est cette phrase postée sur son réseau TikTok qui a précipité son interpellation. Si je passe pas en 2e année, je vais faire un carnage.
Ces menaces étaient-elles sérieuses ? Certainement pas, affirme son avocate. Moi, j'ai rencontré un adolescent en grande souffrance.
C'est un adolescent détresse et très loin de l'image d'un individu déterminé à passer à l'action. Domicilié chez ses parents à Firmini dans la Loire, le jeune homme a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes et incarcérés. Selon les policiers, les suspects qui projettent des attentats sont de plus en plus jeunes.
Depuis 2023, 70 % des interpellés pour des attentats, des projets d'attentat en France sont âgés de moins de 21 ans. C'est la première fois que le parquet antiterroriste ouvre une enquête pour une affaire liée à la mouvance masculiniste. Noéi, qu'est-ce qui va se passer maintenant pour ce jeune de de 18 ans ?
Alors, il a été placé en détention provisoire. il a été euh mis en examen. Son avocate, on l'a entendu, euh avait demandé à ce qu'il soit placé sous contrôle judiciaire àime qu'il y a euh un un écart entre les faits qui sont reprochés à son client qui n'a pas de casier judiciaire, qui est très jeune, il a c'est un jeune majeur, il a 18 ans. cette qualification donc de de terroriste.
Elle elle dit que c'est avant tout un jeune très mal dans sa peau, qui n'avait pas beaucoup d'amis, qui était en souffrance et qui a pu chercher à à à exprimer une forme de une forme de souffrance. En attendant, et bien elle n'a pas convaincu le juge des libertés de la détention de laisser son client en liberté sous contrôle judiciaire. Il a donc été incarcéré et l'enquête maintenant qui en est à ses prémisses va se poursuivre.
Ça va prendre du temps puisque on le rappelle cette enquête a été ouverte pour association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes. Euh ça sous-entend donc que ce jeune était en contact avec d'autres personnes ? Est-ce que euh ell l'ont aidé à à à préparer à réfléchir à ce passage à l'acte ?
Quel était le degré de préparation également de ce qui est qualifié d'attentat aujourd'hui par le parquet antiterroriste ? C'est l'enquête qui va devoir le déterminer, qui va durer plusieurs mois voire des années et et à l'issue peut-être un procès pour ce jeune. On parle du parquet antiterroriste, c'est la première fois qu'il est saisi dans une affaire liée à la mouvance masculiniste ?
C'est la première fois et c'est ce que nous a indiqué le le parquet effectivement que euh le PNAT se saisit, le parquet national antiterroriste se saisit d'une affaire mettant en cause quelqu'un se revendiquant exclusivement euh de la mouvance euh incell, la mouvance masculiniste. C'est-à-dire que il y avait déjà eu des cas des personnes des mises en cause pouvaient avoir un certain nombre de revendications dont des revendications in cell on va on va le développer mais donc cette haine des femmes là visiblement c'est la première fois que c'est la seule raison le seul motif de ce passage à l'acte même si ce matin Gérald Armanin a indiqué qu'un attentat avait été déjoué pendant les Jeux Olympiques et déjà c'était un attentat masculiniste. J'ai effectivement posé la question au Parc national antiterroriste.
Pourquoi est-ce que l'été dernier il ne s'est pas saisi ? Quand j'aurai des éléments de réponse, je vous les donnerai. Mais sans doute, il y avait-il dans cette affaire-là des choses nouvelles qui justifient cette saisine du PL ?
Cette qualification de terroriste, elle fait réagir notamment Gérald Darmanin, le garde des saut. C'était ce matin, on va l'écouter puis je vais vous faire réagir vous aussi après en plateau. C'est un mouvement terroriste au sens littéral du terme et c'est mouvement un peu effectivement étonnant pour nos concitoyens. euh pourrait passer à l'acte et pourrai euh tuer demain des femmes parce que des hommes considèrent que les mots de la société viennent d'elle.
Laura Verker, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous êtes d'accord ? Est-ce que le masculinisme pardon est une mouvance terroriste comme le dit le garde des saut ?
En tout cas, c'est une mouvance qui peut tuer dans ses formes les plus extrêmes. Après, c'est une mouvance longue, hein, le le masculinisme. Donc, on parle beaucoup de haine des femmes, la haine des femmes, donc la misogénie, mais c'est aussi surtout un mouvement qui existe en réaction à au féminisme.
D'ailleurs, il y a le mot isme dans les deux mots, hein. Ils se sont construits en parallèle. Le masculinisme, c'est là, c'est une réaction aux avancées des droits des femmes.
Donc c'est d'abord une réaction contre euh la la le donc supposer que les hommes en fait les les rapports de force seraient inversés et que désormais en fait euh les hommes seraient dominés ou en tout cas en crise face à l'avancée de donc des des droits des femmes dans plusieurs domaines. La justice, la famille, la sexualité, l'intimité et cetera. Donc en tout cas euh bon voilà, il y a il y a un continuum, il y a une histoire longue, c'est un mouvement, c'est des idées mais ça peut dans ses formes les plus extrêmes et c'est pour ça qu'on en parle aussi aujourd'hui et qu'on a l'impression et qu'on on révèle aussi ces mouvements qui existent depuis très longtemps et qui sont étendus sur le globe, ça peut tuer en tout cas.
Stéphane Vogeta, votre sentiment pour cette qualification de terroriste pour la mouvance masculiniste. Est-ce que effectivement il faut la qualifier comme ça comme l'a fait le garde des saut ? C'est une mouvance, c'est une forme de pensée qui se répand qui se répand dans nos sociétés, dans la société occidentale et pas que.
On l'observe particulièrement sur les réseaux sociaux et dans ces conséquences les plus extrêmes, elle peut arriver à des à des implications violentes, les applications d'usage de la violence en particulier vis-à-vis des femmes. Si c'est des usages massifs et systématiques, ça peut-être clairement qualifié de terrorisme du point de vue du point de vue juridique. Après, c'est effectivement une mouvance qui doit qui doit nous inquiéter.
Euh non pas euh parce que on n'est pas d'accord avec un discours euh qui euh euh valorise la masculinité. C'est pas ça le le masculinisme, ce n'est pas valoriser la masculinité. C'est vouloir revenir en arrière sur des siècles euh qui ont nous ont permis euh et ont permis à la femme d'arriver euh ou d'aspirer en tout cas à une égalité avec euh avec l'homme.
Et ce discours masculiniste, on le retrouve notamment colporté sur les réseaux sociaux par des influenceurs et écoutés, entendu par des personnes qui sont par définition influençables. Malheureusement, ces jeunes qui aujourd'hui sont poussés, sont amenés à la violence, ils sont souvent amenés par une écoute trop régulière de ces discours. Et si vous avez vu la série adolescence sur Netflix, et bien c'était un exemple typique de ce qui peut se passer.
Ouais, série britannique qui par ailleurs, je crois a été diffusée dans des écoles britannique parce que justement il y a ce lien entre réseaux sociaux, masculinisme qui parfois euh bah dégénère complètement et arrive à à des morts. Euh un mot juste sur cette sésine du du Parquet national antiterroriste. Euh c'est un sujet qui est récurrent.
On l'a vu récemment avec la saisine du PNAT dans le cas d'une d'une attaque raciste alors qu'il ne s'était pas saisi l'ordre de de du meurtre de de la mosquée de de Grande Combe. Il y a des critères. La loi définit les cas dans lesquels on on va qualifier une attaque de de terrorisme lorsque les actes sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur. là, le fait de vouloir s'en prendre à une catégorie de de la population, les femmes, la présence de couteau dans le le sac à dos de ce jeune et sans doute encore une fois les personnes avec lesquelles il était visiblement en contact via les réseaux sociaux sont sans doute autant d'éléments qui ont amené le parquet national antiterroriste à à se saisir de cette affaire.
Pauline Ferrari, j'aimerais que vous nous aidiez à définir un petit peu les choses parce qu'on a parlé de masculinisme, on a déjà un petit peu abordé ce que c'était mais Noémi parlait aussi tout à l'heure de tendance in cell. Qu'est-ce que ça veut dire que ça ? Est-ce que c'est la même chose insel et masculinisme ?
C'est pas du tout la même chose et je pense que c'est important justement de bien faire la distinction. Euh les Incell, c'est une communauté à l'intérieur du mouvement et de la galaxie plus globale du masculinisme. Incell, c'est un mot valis qui veut dire involuntary célibate.
Donc célibataire involontaire. C'est un mouvement qui s'est créé sur internet dans les années 90 et qui regroupe des hommes souvent jeunes qui n'ont pas accès à la sexualité hétérosexuelle et qui blâ les femmes pour ce non accès à la sexualité. C'est-à-dire que pour eux euh s'ils n'arrivent pas à avoir des relations affectives et sexuelles avec des femmes, c'est à cause des femmes qui les rejettent, qui sont manipulatrices, qui préfè les bad boys, ce genre de choses.
Et c'est une communauté malheureusement qui est souvent surreprésentée dans les cas d'attentat masculinistes à l'étranger, notamment en Amérique du Nord. On pense à l'affaire Elliot Roger en 2014 en Californie, à l'excation à Toronto en 2018. Bref, c'est une communauté qui a déjà été impliquée et qui est surtout très organisée, très très présente dans l' Alors, on va regarder maintenant qu'on qu'on a clairement dans la tête la définition de de ces termes-là, ce que ça donne le masculinisme notamment sur les réseaux sociaux parce que c'est un gros point et un gros combat aussi engagé par le gouvernement.
On aura l'occasion d'en parler avec vous, Stéphane Vogetta. On a pris deux exemples, celui d'Hugo RF et celui d'Alex Itchens qui sont deux influenceurs que vous connaissez et vous nous en parlerez évidemment. Et voilà notamment ce qu'ils disent sur leur réseau et sur TikTok.
Si tu es en couple, il faut mettre en place des règles dès le début. Frérot, si tu laisses ta copine aller en boîte tous les weekends alors que ça te dérange, elle va toujours chercher à creuser plus loin. Et au bout du chemin, tu'étonnes pas qu'elle se retrouve dans des soirées privées avec 15 mecs à poil toute seule.
Les femmes, c'est comme les enfants. Donc en fait, être parent, c'est un grat parce que quand ils grandissent, ils sont pas redevables. Dans la plupart des cas, avec une femme, c'est la même chose.
Je te jure, tu vas t'occuper d'elle et elle ne va pas te le rendre. Elle ne sera pas redevable vis-à-vis de ça. C'est des ingrates.
C'est comme les enfants, c'est des ingrates. Elles font que parler. Elle parlent, elle parle comme les gosses, c'est des d'enfants.
Euh, il y a pas euh je suis pas fou les gars. Bon, après, on va dire je suis misogyne à cause de ce genre de propos. Voilà pour ces extraits.
On est deux parmi énormément. Le dernier Rom qu'on a entendu Alex Chens, vous l'avez interviewé en quelque sorte voilà lors d'une commission TikTok. Comment ça s'est passé et qu'est-ce qui vous a dit des propos comme ceux qu'on vient d'entendre qu'il tient ?
Ben, ça s'est très mal passé en fait puisque cette personne, cet influenceur n'a pas accepté d'être mis face à son discours. Il nous a accusé de tergiverser ses propos. Il y a pas besoin de tergiverser grand-chose dans ce qu'on vient d'entendre.
Et il a dit bien pire. il a dit bien pire à d'autres moments et je pense que cette personne fait partie du problème. On peut avoir un discours qui vente la masculinité, pourquoi pas ?
Et le discours qui tente à qui tente à rabaisser les femmes, à les placer sous la domination, voir même sous les sous l'emprise systémique des hommes, c'est un discours dangereux et qui peut déboucher sur des discours de violence, notamment parmi ceux qui sous l'emprise de ces ceux qui se présentent comme des mâs dominants comme monsieurens notamment, ceux qui se perçoivent eux comme les incelles, les mals dominés, on va dire ça comme ça, peuvent concevoir la violence comme une réponse. Et quand on voit lors de la fête de la musique 145 cas de personnes de femmes qui ont rapporté à la justice avoir été piqué victimes de piqû, on se rend compte qu'il y a un mouvement systémique systématique qu'il faut essayer de maîtriser. Il y avait notamment, je me rappelle plus de son nom, mais un influenceur qui avait fait la polémique sur les réseaux sociaux et je crois dans le compte a été fermé parce que justement il il faisait des blagues entre guillemets sur ses piqures et sur le fait d'en d'en d'en faire.
Est-ce qu'aujourd'hui il faut considérer que les réseaux sociaux c'est l'entre du masculinisme ? Qu'est-ce que vous en pensez Laura Verker ? Alors, je dirais je dirais oui et pas que.
Euh bon, déjà le masculinisme comme je disais, c'est une histoire longue. Donc là, les réseaux sociaux en fait, ça vient catalyser, ça vient mais un peu comme tout un tas de phénomènes en fait. Souvient ça souvent ça vient euh voilà euh catalyser le phénomène.
Après, euh il y a les réseaux sociaux mais on voit bien à côté euh l'élection de Donald Trump. Enfin voilà cette multiplication des figures présidentielles conservatrices qui jouent de la masculinité et aussi de tout un discours masculiniste de façon complètement décomplexée Donald Trump Ravir Miley en Argentine et en même temps aussi le monde de la tte qui affirme mais avec un revirement on pense à Zuckerberg qui a dit qu'il fallait remasculiniser les entreprises qui a mis fin à des politiques d'égalité dans les entreprises. Je pense fallait faire la parbelle à l'agressivité dans les métiers.
Voilà, il fallait remettre de l'agressivité pour pour la performance au sein des entreprises et cetera avec toujours aussi ce profil de il fait de la MMA avec la revendication de faire des sports des sports violents et cetera. Donc en fait, je pense qu'il faut faut il y a les réseaux sociaux et puis après faut les resituer aussi dans un un contexte où en fait il y a une il y a un discours masculiniste décomplexé aux plus hautes sphères aussi des États et qui circule aussi du coup dans les médias enfin de façon voilà, il y a un continuum de ce point de vue là. Ça veut dire, si je vous entends bien, et je voudrais votre avis aussi Pauline Ferrari là-dessus, que finalement des discours dont certains viennent de personnalités politique, de très hauran rang et ce qui se dit sur les réseaux sociaux, tout ça se nourrit pour faire de la du masculinisme, une énorme bête qui continue à grossir.
Absolument. Et puis surtout comme le disait très bien votre invité, on n' pas attendu internet pour être misogyne. La misogynie elle n'a pas été inventée sur internet comme le racisme n'a pas été inventé sur internet ou les LGBT phobie.
Mais par contre les réseaux sociaux sont une loupe, sont un catalyseur de ce qui se passe dans le reste de notre société dans un contexte politique bien sûr, mais aussi dans les discriminations que peuvent vivre les personnes minorisées dans la société. Et c'est-à-dire que ces discours-là masculinistes viennent appuyés sur des stéréotypes de genre et sur des discriminations qui sont déjà présentes à l'école, dans le monde professionnel, dans les médias et cetera. Et donc forcément ça se nourrit le l'algorithmique aussi vient nourrir cette parole, la renforcer et amener à potentiellement encore plus de radicalisation.
Mais Pauline Ferrari, est-ce que les misogynes d' ans sont les masculinistes d'aujourd'hui ou est-ce qu'il y a une différence entre les deux ? La différence qu'on peut y percevoir, c'est que avec l'avènement de certains réseaux sociaux et notamment de TikTok et d'Instagram, c'est qu'on a une professionnalisation de l'influence. Et donc tous les hommes qu'on montre là, Alexis Chens ou d'autres, ce sont des influenceurs et ce sont des personnes qui vendent des choses, qui vendent des produits mais qui vendent aussi des idées sur le marché des idées.
Et donc forcément, le fait de monétiser euh quelque chose, un produit, une formation pour devenir plus musclé, plus virile et cetera, c'est aussi l'occasion d'avoir un discours très agressif en ligne pour essayer de convaincre les plus jeunes. Et donc en fait, on se retrouve juste avec une circulation de pensée, une circulation d'idées qui est encore plus franche et qui est aussi d'autant plus individualisé de par nos fils d'actualité. Et c'est ça aussi qu'il faut pas oublier de prendre en compte, c'est que on n pas le même fil d'actualité de nos voisins et ce qui amène à une pensée assez solitaire et collective à la fois sur nos réseaux sociaux parce que on voit ces vidéos et on a l'impression que ça nous parle individuellement.
Stéphane Vogetta, votre réaction sur cette monétisation du masculinisme parce que c'est aussi du coup de ça dont on parle sur les réseaux sociaux. C'est une réalité et lors de la commission d'enquête sur TikTok, on a bien compris les modèles économiques d'un Alexis CH par exemple qui même si on lui ferme son compte et comme ça a été le cas quelques jours après son sa malheureuse malencontreuse audition et bien il y a des personnes qui vont répliquer ces contenus pour monétiser eux-mêmes et bénéficier de l'exposition et là de la de la de la demande pour ce type de discours. Et c'est et c'est pour cela qu'il faut absolument que nous nous penchions très sérieusement sur le rôle des réseaux dans la diffusion de ces discours qui peuvent mener à une violence à une violence réelle.
Et et c'est dans ce cadre, si vous me permettez que vous êtes aujourd'hui missionné, voilà avec le député social, le premier ministre François Berou et son gouvernement nous ont missionné, Arthur de la Porte, mon collègue socialiste et moi euh afin de continuer notre travail transpartisant pour la régulation notamment de l'influence mais pas uniquement la régulation de l'ensemble des dérives qui touchent le monde numérique et qui affecte ceux qui suivent les influenceurs sur les réseaux sociaux. Et quand on vous entend et quand on vous entend notamment, pardonnez-moi, sur ces comptes de masculinistes qui peut-être sont fermés, supprimés mais d'autres qui se créent, on se demande quand même par où prendre le problème pour arrêter ça sur les réseaux sociaux. Est-ce qu'il y a des débuts de piste puisque vous avez déjà en fait commencé à réfléchir depuis plusieurs mois là-dessus ?
Oui. Oui. Et puis je j'ajoute Lor Miller, ma collègue députée qui préside enfin qui est la rapporteur de cette commission d'enquête TikTok.
On travaille sur le sujet. On a travaillé sur le sujet depuis 3 ans avec Arthur de la porte. C'est un sujet complexe.
La technologie évolue, les pratiques évoluent, chaque réseau social a ses règles du jeu, euh son type d'algorithme. Euh les influenceurs euh ont des pratiques qui évoluent plus vite que la loi, mais nous on a 6 mois maintenant. Euh 6 mois pour présenter au gouvernement.
Mais faut viser qui, pardonnez-moi ? Faut faut viser les réseaux sociaux et ceux qui les dirigent ou faut viser les personnes qui aujourd'hui font de l'influence d'une manière ou d'une autre. Il faut que nous arrivions en France et en Europe à imposer une responsabilité éditoriale aux réseaux sociaux.
Nous ne pouvons plus accepter de voir les réseaux sociaux, les grandes plateformes numériques, se voiler la face et dire "Désolé, ce qui se passe sur mes réseaux, c'est pas ma responsabilité. S'il y a des contenus euh proorisme euh pédophile euh ou pédocriminel, ce n'est pas à moi d'emporter la responsabilité, ce n'est pas à moi de les retirer systématiquement. Si la responsabilité, elle existe, elle doit être assumée par ces personnes qui font des milliards d'euros chaque année sur la diffusion de contenus qui sont parfois nuisibles pour la société.
Et c'est ce à quoi nous devons nous atteler en France et en Europe. Mais les gens qui sont à la tête de ces réseaux en partie en tout cas euh aujourd'hui, c'est des gens qui ont décidé de réduire la modération qui parfois adhèrent à ces thèses masculinistes. Euh Laura Verc, comment vous vous voyez-vous cette situation et est-ce qu'on peut faire contre ça ?
C'est ce que j'allais dire, c'est que là, il y a aussi un continuum entre l'idéologie de ceux qui pensent ces grandes infrastructures numériques et qui pensent les algorithmes. Parce qu'en fait quand on pense technique, on a l'impression que c'est neutre mais il y a des choix, il y a des décisions qui sont faites derrière et l'idéologie de ces masculinistes et les enjeux, c'est des questions de visibilité en fait et et peut-être qu'il y a une survisibilité et qui qui donne l'impression d'avoir un mouvement massif en terme de quantité, mais les algorithmes sont faits en fait pour visibiliser particulièrement les idées extrêmes que la monétisation ça se base sur le clash. Donc il faut polariser.
Est-ce qu'aujourd'hui on a la capacité en France en tout cas à quantifier ce mouvement masculiniste ? Est-ce qu'on est capable de dire si ces 5 10 15 dernières années il a pris de l'ampleur ou ou est-ce que c'est difficile à mesurer justement ? Laura Vercart ?
Alors il faudrait je sais pas s'il y a des études qui sont menées vraiment pour quantifier le phénomène. Ce qu'on sait en tout cas déjà c'est que ça circule. Ça circule plus.
C'est plus visible. Les algorithmes sont faits pour faire circuler ces idéesl. Euh, il faudrait il faudrait répertorier tous les influenceurs, les profils qui se multiplient sur les réseaux sociaux numériques.
Peut-être que vous avez quelques chiffre sur sur le domaine, mais en tout cas non, ce qu'on sait c'est que c'est plus visible et effectivement dès qu'il y a des enjeux de monétisation et ben c'est un marché qui s'ouvre. Donc forcément il y a il y a des figures qui émergent. Il y a des chiffres ou pas Stéphane Bogeta à ce stade ?
Alors moi je n'ai pas de chiffre. Nous, j'ai écouté avec beaucoup d'attention le ministre de la justice générale d'Armin ce matin sur vos antennes et à l'évidence nous allons poser la question à la DGSI. effectivement, est-ce que même ont des outils de suivi que nous parlementaires, nous n'avons pas mais qui nous permettrai de mieux quantifier, de mieux identifier les les nid problématique sur les réseaux sociaux et sur les réseaux.
Noéi bah, c'est vrai que ce matin Géraldin a fait savoir que la DGSI avait un bureau de suivi des inselles, donc des célibataires involontaires ou masculinistes de la même manière qu'on va surveiller l'ultradroite, l'ultra gauche, les islamistes radicaux. Donc effectivement, il y a il y a il y a un focus et il y a une attention particulière des des autorités des forces de l'ordre autour de de ce de cette mouvance qui existe enfin en tout cas qui s'est vraiment développé je crois depuis une dizaine d'années. Euh si on regarde en tout cas les les les attaques commises par des euh masculinistes notamment dans les pays anglo-saxons qui sont assez en pointe sur sur ces ces sujets-là si tentez qu'on puisse dire être en pointe en tout cas.
Alors, il y avait il y a eu en 1989, donc ça c'est très ancien un homme de 25 ans qui s'était revendiqué antiféministe et qui avait tué à Montréal, à l'École polytechnique de Montréal, 13 étudiantes et une secrétaire avant de se suicider. C'était une attaque qui a traumatisé le pays. Donc ça c'est très ancien.
Mais sinon euh ces dernières années effectivement à nouveau euh au Canada en 2018 un homme se revendiquant de la mouvance a tué 11 personnes, principalement des femmes lors d'une attaque au camion Bélier. En 2014, c'est un américain qui avait tué trois personnes, six personnes, pardon, don trois femmes avant de se suicider. et en 2021 au Royaume-Uni, un homme qui avait tué cinq femmes.
Donc on voit ça, c'est plutôt ces dernières années effectivement ces ces attaques venant d'homme se revendiquant de cette mouvance masculiniste. Pauline Ferrari, comment est-ce que vous vous voyez cette cette lutte aujourd'hui contre les masculinistes notamment sur cette question des réseaux sociaux ? On l'évoquait ensemble.
Ça paraît un peu être si grand si gros qu'on ne sait pas par où prendre le problème et et à qui vraiment s'attaquer. Mais on peut s'attaquer aux plateformes et je pense qu'on doit s'attaquer aux plateformes comme le disait comme le disaient vos invités. Il y a des tentatives qui sont faites au niveau de l'Union européenne mais il faut aussi que les plateformes jouent le jeu.
Et ce qu'on remarque c'est que les plateformes en fait elles ne veulent pas jouer le jeu parce que bah ces contenus qui génèrent énormément d'engagement et de revenus leur profitent aussi économiquement. Je pense qu'il y a un travail aussi très important à faire au niveau de l'éducation, que ce soit l'éducation à l'égalité, l'éducation à la vie relationnelle affective et sexuel pour essayer justement de repérer les discours masculinistes dès le plus jeune âge, essayer de les déconstruire et pour amener un autre regard que juste ce qui se passe sur les réseaux sociaux ou juste ce qui se passe dans la famille et cetera et cetera, mais avoir un focus aussi sur l'éducation et sur la question de la santé mentale parce que ben en fait, on remarque qu'il y a beaucoup de jeunes hommes qui rejoignent les mouvements masculinistes parce qu'ils se sentent en souffrance euh que cette souffrance elle soit réelle ou en tout cas ressentie et je pense que c'est important aussi de travailler sur sur ce sujet-là. Stéphane Voget vous voulez réagir aussi ?
Oui, je pense que nous avons déjà en Europe commencé la le combat pour essayer de mieux réguler les réseaux sociaux. Ces plateformes numériques qui sont des plateformes non européennes mais qui ont une part de marché de 99,9 % sur notre continent. Euh ce combat, il doit continuer avec Clara Chapaz, la ministre du numérique et avec d'autres ministres.
Euh on va avancer, on va avancer et s'il faut convaincre voir forcer la main à Bruxelles pour avancer et euh être encore plus contraignant pour les plateformes et les obliger à à appliquer nos règles, et ben il faudra l'être. Mais la question c'est d'avancer aussi vite queeux. Parce que vous disiez tout à l'heure, ils ont toujours un coup d'avance.
C'est ça. Effectivement, il faut arriver à être rapide sur la sur la loi influenceur avec Arthur de la porte. Nous avions réussi en 6 mois à à faire naître une loi et à la faire promulguer.
Maintenant, il faut qu'on arrive d'ici 6 mois à avoir des propositions très claires et à ne pas se laisser limiter par l'alibie de la liberté d'expression. La liberté d'expression, elle est absolument indispensable. Il faut la protéger, mais la liberté d'expression ne peut pas être la liberté de propager des discours qui incitent à la haine, à la violence, à la domination des femmes.
Laura Vercar, un mot avant de se quitter, terminer cette discussion sur la prévention et l'éducation dont parlait aussi Pauline Ferrari. Ça doit se faire dès le plus jeune âge. Il y a par exemple certains programmes qui prévoient des interventions dans des écoles y compris en CP pour parler de ces questions à hauteur d'enfant.
Bien sûr. Oui. Oui, bien sûr.
Et puis alors c'est effectivement là c'est croisé, c'est-à-dire c'est une éducation à la question des stéréotypes de genre et puis une éducation aussi aux médias. H euh parce que c'est vrai que bon bah voilà les les les médias prennent les réseaux sociaux prennent une place de plus importante dans la vie dans la vie des des jeunes mais aussi dans l'enseignement. Et là, c'est vraiment aussi de de comprendre en fait, d'être réflexif aussi sur leur pratique et notamment le fonctionnement des algorithmes parce que parce qu'ils sont ils sont oui, ils sont de plus en plus euh alertes en fait sur la littératie médiatique, mais il y a encore quelques angles morts et notamment sur la question du fonctionnement des algorithmes et de l'influence sur sur ce qu'il visualisent, pourquoi ils visualisent, comment s'orienter en fonction de leur goût, comment ça va renforcer leurs convictions, leurs idéologies, leurs pensées et comment ils vont ils se créer comme ça des bulles de de pensées d'idé qui viennent qui qui qui viennent les conforter.
Merci. Merci à tous les trois et merci à vous également Pauline Ferrari d'avoir été en direct dans le 113 pour évoquer cette question de la mouvance masculiniste en France notamment. Mais pas que.
Merci.
Gérald Darmanin