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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 11 janvier 2026 16 min

Haut-Commissariat à la diversité : "C'est aux antipodes de la promesse républicaine" (Rachel Khan)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Rin soir weekend et j'accueille Alexandre Malafille fondateur du pink Tank Synopia. Bonsoir Alexandre. Bonsoir Stéphanie de Muru et Jean-Michel Salvator chroniqueur politique et communiquant.

Bonsoir Jean-Michel. Bonjour Stéphanie. Alors beaucoup de sujets ce soir et beaucoup d'idées parfois plus ou moins inspirées.

On va parler tout d'abord de celle d'Emmanuel Macron. Alors jamais cour d'idée surprenante et peut-être parfois décalée. Enfin vous en jugerez.

L'Élysée souhaite créer un haut commissariat à la diversité. Alors comprendre, faire de la diaspora les les binationaux hein d'origine étrangère manifestement un atout de la France en matière de politique étrangère. C'est une manière aussi, on n pas trop compris le rapport mais c'est ce qui est indiqué par l'opinion qui publie cette information, une manière de répliquer à Donald Trump qui lui aurait une obsession pour une Europe barricadée contre les étrangers.

Alors c'est un conseil qui pourrait être annoncé lors du sommet Africa Forward. l'Afrique en marche tiens ça vous rappelle quelque chose à Nairobi et au Kenya en mai prochain. Alors ce qui attire l'attention c'est ceux qui composeraient ce commissariat alors des anciens ministres Nadjat Balopel Cassem quand même déjà deux jobs on le rappelle Nadja Najat Balobel Cassem Papendai ministre ancien ministre de l'éducation Christen Tobira le footballeur Lilian Turam on parlera un petit peu des positions des uns et des autres bonsoir Rachel Cann bonsoir merci merci de m'accueillir et ben c'est nous qui sommes ravis on le rappelle auteur de la culture de la violence apparaître le 4 février prochain aux éditions FAER.

On parlera un petit peu de ce ce livre. Vous nous ferez un petit teasing comme on dit. Euh mais en attendant là, vous publiez dans le point une lettre ouverte à Emmanuel Macron de la part vous dites d'une française, vous l'appelez.

Alors pour vous ce projet de création d'un haut commissariat à la diversité et au diaspora est une faute politique, philosophique et républicaine. Rachel, c'est une trahison. Et oui, c'est une faute.

C'est une faute à notre promesse française. Par ailleurs, quand on est président de la République, on est président de tous les Français, on va pas commencer à s'amuser. D'autres le font très bien de mettre la race au centre, de nous mettre dans des cases, de nous assigner au regard de nos origines, de notre couleur de peau.

La France est un pays politique. C'est pas un pays avec des ethnies ou avec des religions. C'est un pays qui se rassemble autour de principes fondamentaux, de valeurs fondamentales.

Et là, vous savez euh il y a quelques années, j'ai appris que j'étais de la diversité. Oui. Moi, je savais pas ça.

Oui. Non, mais je pensais que j'étais français pas peut-être plus. Vous aviez peut-être pas envie d'être réduite à ça.

Je n'ai pas envie d'être réduit à ça. C'est une une identité carcérale. Et si vous voulez aujourd'hui, on emploie ce mot à mauvaiscient parce que la diversité c'est nous tous en tant que français.

Euh et c'est un mot qui remplace noir et arabe et c'est un mot qui remplace le fameux mot racisé que je ne supporte pas. Et oui et pourtant vous l'avez défendu, hein, vous le dites d'ailleurs au début de cette lettre ouverte que vous lui adressez à Emmanuel Macron. vous dites "J'ai été en première ligne pendant votre dernière euh campagne, non pas par goût du combat mais par fid fidélité à une certaine idée de la France." Il l'a oublié cette certaine idée de la France, Emmanuel Macron.

En reprenant ce mot avec ce haut commissariat, avec le casting que vous avez énoncé tout à l'heure, parler. C'està-dire que ça en fait l'idée cette idée-là, ça veut dire en somme que au regard de votre couleur de peau, vous n'avez pas de pensée. Vous avez une injonction à réfléchir d'une certaine manière.

C'estàd c'est totalement aux antipodes de la promesse républicaine et de la méritocratie aussi. C'est-à-dire que la couleur de pause, c'est pas un vote, c'est pas Je sais très bien que Jean-Luc Mélenchon et LFI euh ont une volonté euh de s'approprier ma couleur de peau et il ne me supportent pas simplement parce que je suis une femme libre et que je défends la France. Jean-Michel Salvator.

Alors, c'est vrai que moi aussi je suis assez surpris par ce projet qui paraît complètement baroque. Alors, pour la raison vous avez dit Rachel, le côté communautariste et puis donc ça c'est déjà une première provocation mais il y en a une deuxième qui est finalement de créer un nouveau machin alors que on sait très bien qu'il faut faire des économies, que on est à la chasse au commission qui servent à rien. Là, on dit bah non, bah on va faire bon et et ce que je trouve aussi tout à fait sidérant, c'est les explications qui sont données par l'Élysé puisque laée l'Élysée explique que ce haut commissariat, il va être créé pour contrer la vision trumpienne de l'Europe et la guerre des civilisations.

J'ai pas compris qui se prépare. Vous avez peut-être compris, vous allez me l'expliquer. Rachel, Rachel, c'est quand même c'est quand même affolant.

Mais c'est affolant. Bon, déjà sachez que Donald Trump n'est pas du tout effrayé par ce haut commissariat. Oui, on s'en doute. [rires] Alors, je crois qu'il lui en faut plus.

Non, en plus en plus en plus euh un pays fort, c'est un pays qui est uni. Hm. Un haut commissariat à la diversité, j'ai pas compris ce que ça voulait dire, et aux diaspora, c'est une nouvelle fois mettre euh raviver une nouvelle fois de la fracturation clivée dans notre société.

Cliver, racialiser, créer des différences. C'est l'inverse de la lutte des discriminations. Exactement. l'inverse, ça nourrit le racisme.

Ça nourrit le racisme, ça nourrit le racialisme, ça nourrit l'antisémitisme. Donc en fait, c'est complètement à l'inverse d'une défense nationale souveraine. Et alors, c'est absolument pas une réponse à Trump.

Trump, il a gagné les élections parce qu'il a considéré que tous les citoyens américains se réunissaient derrière un même drapeau et c'est une chose que nous n'arrivons pas à faire aujourd'hui. Alexandre Malf. Non, mais ce qu'on peut craindre, c'est qu'on est face à la création d'un nouveau gadget.

Emmanuel Macron a eu ce ce talent euh au travers des h dernières années de de créer des outils ou alors d'utiliser des outils existants et d'y placer. On a vu avec François Baou quand il a voulu redonner au commissariat au plan une espèce de souffle. En fait, il y a pas eu de souffle.

On a gardé ce que ça don quasiment rien. Enfin quelques rapports ça c'est ça c'est un vrai ça c'est un vrai dévau du système. Donc surtout en fin de mandat lancer une idée comme celle-là même si on peut comprendre qu'il quelques attendus qui sont pas intéressants dans ce qui est dans dans ce qui est dit.

Euh il y a un sujet, c'est vrai qu'en France, on parle beaucoup euh d'immigration, d'immigré et forcément les débats sont très polarisés là-dessus et vu d'Afrique, ça peut être perçu comme étant finalement euh émanant d'un pays qui est euh qui est raciste et donc il faut s'en occuper. Donc il y a une volonté d'essayer sans doute de faire quelque chose mais qui est mal posé. Alors déjà on fait un glou boulga commence par dire au commissariat alors diversité et diaspora.

On met deux mots, va pas faire simple, on pourrait dire diaspora limite, occupons-nous au moins des entre guillemets des communautés euh ceux qui représentent différents pays euh qui ont peut-être besoin qu'on les prenne en charge, qu'on les traite pas que des immigrés au sol aujourd'hui vous avez vu la souffrance des agriculteur c'est totalement peêcher. Non, c'est peut-être décalé mais on peut pas empêcher de chercher des solutions pour faire mieux. Il y a peut-être aussi un outil d'influence qui voulait être utilisé par la France pour finalement redonner parce que dans les attendus du président de la République, il y avait aussi ça, redonner la possibilité de recréer des liens avec des pays d'Afrique pour le coup qui sont en difficulté avec nous aujourd'hui parce qu'ils comprennent plus ce que fait la France.

Donc il y a peut-être des in mais en fait quand vous mettez rien que quand vous mettez voilà mais rien quand vous mettez diversité et et diaspora, vous brouillez le message de manière absolument invraisemblable. Oui. Et puis Rachel Cann le casting interroge un peu.

J'en ai parlé. Je vous laisse le commenter. Non mais alors sans m'attacher à certains noms, le casting c'est simplement que il n'y a pas de diversité justement, il n'y a pas de diversité de pensée.

Donc ça veut vraiment dire que une couleur de peau finalement vous assigne à une manière de penser. Et là, dans certains noms, on voit quand même des personnes qui ont pointé du doigt la France, qui ont pointé du doigt les blancs, qui sont dans une démarche identitaire séparatiste. Et en fait, c'est ça mon problème et je suis d'accord avec vous, il y avait quelque chose à faire mais en début de mandat avec l'Afrique, avec cette richesse que nous avons nous en France d'être en lien avec plein de nations à travers le monde, mais pour rayonner à travers le monde, il faut être uni.

Oui, mais et là, c'est pas en effet l'esprit, hein. C'est là moi je je ne comprends pas. Et puis par ailleurs, on a une autre urgence.

Effectivement, il y a les agriculteurs, il y en a plein d'urgences mais ces ingérangères, c'est pas de la part de Trump, de la Russie, de je ne sais quoi. On a une question du frérisme aujourd'hui et d'ailleurs l'Afrique avec Bokoaram, c'est dramatique ce qui s'y passe. On ferait mieux en fait de s'attacher à ce problème là, un haut commissariat par exemple à l'entrme et au frère musulman.

Ça avait un véritable sens dans la période. Oui, vous vous le dites d'ailleurs, l'h pas facile à dire. Oui. du politique, une menace pour la démocratie.

Vous vous voulez citer le Hamas, le Hzbola d'a qui sont des réalités, pas des concepts. Et qui nous divisent. Mais oui, absolument.

On l'a vu pendant 2 ans ce que ça a été, notamment par rapport à l'antisémitisme en France. Euh justement, vous parlez d'antisémitisme et on l'attendrait aussi peut-être là Emmanuel Macron. Euh euh je vous rappelle qu'il y a 2 jours, on a commémoré l'attentat de l'Hyper Cacher avec cette prise d'otage qui a fait euh quatre morts parmi les clients.

On se souvient terriblement du nom du terroriste et peut-être pas des victimes, ce qui est ce qui est d'une tristesse absolue. On l'aurait peut-être attendu à la marche contre l'antisémitisme au lendemain du 7 octobre. Et c'est vrai que là, il semble parfois y avoir une forme de de parti prix et de division des des Français.

Il n'est pas partout manifestement Emmanuel Macron, Rachel Kh. Malheureusement et ce qui m'a triste en fait, c'est qu'il y a quelques années, on a fait rentrer une grande dame au Panthéon qui s'appelle Joséphine Becker. H et elle qui a quitté les États-Unis ségrégationnistes racistes pour la France, qui est rentré dans la résistance, qui a voilà sauvé des juifs aussi, qui a aussi adopté sa tribu arc-en-ciel.

C'est quand même cette idée de la France lumineuse. Elle a rayonné à travers le monde et elle est panthéonisée. Et je n'arrive pas à comprendre comment Emmanuel Macron n'est pas ni au bon endroit ni au bon moment, mais à force de faire du en même temps, on est véritablement hors sol et nulle part.

Absolument. Jean-Michel Savator. Ouais.

Moi, j'ai quand même le sentiment de d'une volonté de de provocation d'une certaine façon. Euh quand on regarde un petit peu, c'est vrai qu'Emmanuel Macron avec tout ce qui est arrivé depuis la dissolution, il n'a plus aucun pouvoir. On le voit tous les jours un peu plus.

Hm. Euh, on le voit d'ailleurs avec les agriculteurs, on le voit avec le Mercosseur, on le voit sur l'immigration, on le voit enfin sur sur tout un tas de sujets et euh on attendrait plutôt un président sans pouvoir qu'il essaie de rassembler un peu tout le monde en prenant des décisions qui finalement bah qui parlent français, des décisions qui qui peuvent être acceptées par tout le monde. Alors bon, il a fait un petit peu avec l'histoire des réseaux sociaux et des et des portables au lycée parce que là c'est vrai que on est tous à peu près d'accord pour dire que bon le portable au lycée non, les réseaux sociaux interdits à partir de 15 ans non.

Encore, faut-il savoir comment euh comment mettre en œuvre ces ces interdictions, mais là, c'est vraiment aller chercher l'un des sujets les plus clant du pays. Absolument. Euh pour en faire en fait un objet euh de polémique euh qui risque d'ailleurs de se retourner contre son camp parce que finalement, je pense qu'il peut y avoir aussi une réaction inverse des Français qui se disent "Mais puisque c'est comme ça, on va voter pour le rassemblement." C'est déjà un petit peu le cas.

Euh Rachel Can, euh je vous le disais en vous présentant, vous allez aussi euh paraître publier pardon un un livre La culture de la violence apparaître le 4 février prochain aux éditions Faillard. Euh euh c'est un livre aussi qui parle de la diversité d'ailleurs et vous dites la la violence est partout dans les mots qu'on assène compter les gestes, les silences, les discussions qui sont venimes, les regards qu'on détourne, elles s'infiltrent dans nos écrans, dans nos institutions, nos corps, nos liens les plus intimes. Vous partez d'un choc personnel et vous vous posez la question comment résister à la violence sans y ressembler ?

Absolument. Mais je trouve d'ailleurs que là le sujet qu'on a abordé, vous savez quand j'ai appris cette idée du président de la République de créer un haut commissariat à la diversité, j'ai trouvé ça d'une violence politique sans nom par rapport à notre promesse républicaine et française. Et effectivement cette violence, alors c'est un ouvrage, peut-être je reviendrai pour vous en parler, je veux pas défleurer, mais c'est vrai que lorsque l'on voit que ce soit dans la rue, cette violence psychologique, le harcèlement de nos enfants, euh toute cette violence finalement constitue euh une nouvelle culture.

Et c'est ce pourquoi on cristallise beaucoup sur l'antisémitisme en fait, parce que l'antisémitisme, il prend toutes ses formes. Il est à la fois psychologique, il est à la fois dans des attentats terroristes qui tuent des personnes. Il est aussi politique lorsqu'il existe des silences.

Il est aussi juridique quand on narrête pas de parler du droit international et de l'ONU alors même qu'en fait c'est devenu un instrument pour considérer que Israël est forcément génocidaire. Voilà comment j'ai abordé les choses dans cet ouvrage. Est-ce qu'il en a pris la mesure justement de cette violence Emmanuel Macron ?

Je pense pas. Et pourtant euh il y a quelques années avec Rassé euh mon essai justement qui parlait de ces sujets-là euh je sais qu'il l'avait lu euh mais comme j'ai l'impression qu'il est vraiment dans une question de séquençage politique et de communication et bien c'est de la communication pour la communication sans prendre soin de tous les citoyens. Alexandre Mèf.

Oui, s'il avait voulu vraiment faire quelque chose d'utile, il aurait pu créer un haut commissariat antisémitisme. Ça ça aurait pu être plus utile et le faire effectivement il y a longtemps. Euh il y avait je pense de bonnes vedettes de tir si je puis dire après le 7 octobre pour pour vraiment poser le débat parce que c'est un l'antisémitisme est aussi vieux que que le peuple juif quoi.

C'est une espèce de cancer qui qui revient avec des métastases et on narrive pas à l'éradiquer. Même si de temps en temps il y a des périodes où on a l'impression que ça a presque disparu mais c'est pas le cas du tout en ce moment. Non, moi je trouve ça assez assez concernant.

D'autant plus que en fait ce que je je crains c'est que c'est ce qu'on voit d'ailleurs à travers toute une série de nominations qui sont en train de se faire c'est qu'en fait le président de la République qui bien sûr anticipe la possible victoire du RN au en 2027 place toute une série de pions et de coins qui sont destinés effectivement à empêcher l'action de se de se déployer lorsquun affair Belcassem ça fait deux postes he déjà ça fait mais ça fait c'est une stratégie pour le coup c'est une vraie stratégie de de de blocage ou de créer des des systèmes d'inertie qui vont permettre effectivement ben en fait au système de pas évoluer comme on aurait pu peut-être souhaiter si les électeurs le souhaitent en tout cas mais c'est la volonté présidentielle qui est là qui s'exprime. Alors il est pas le premier à le faire hein dire en général ça c'est pas nouveau. Mais c'est assez c'est assez redoutable et c'est c'est totalement en fait contraire à ce qu'il veut faire.

C'est qu'en fait quelque part il veut envoyer un message à destination du continent africain pour dire on va s'occuper des communautés d'Itaspor et cetera et en fait il fait un outil politique destiné à à paralyser le pays. C'est pas je trouve c'est pas très loyal. H Rachel Can le mot de la fin.

Non mais ce commissariat en plus à long terme enfin s'il est mise en place ça peut on a beaucoup parlé d'importation du conflit mais si dans ce commissariat vous avez un franco algérien et un franco marocain par exemple ensemble l'harmonie l'harmonie française normalement elle doit faire fi de ces différences là pour les dépasser et nous émanciper pour pouvoir rayonner au niveau international je pense que c'est un haut commissariat qui peut aussi générer du conflit et oui et divisé. Merci beaucoup Rachel Can d'être passé par le studio d'Europe 1. Vous viendrez évidemment nous présenter ce livre, j'y compte bien qui paraîtra donc le 4 février prochain aux éditions Faillard, la culture de la violence.

Merci d'avoir été