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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 20 septembre 2023 25 min

Vente de carburant à perte, taxe sur les billets d'avion, Pass Rail, homophobie dans le cinéma... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Clément Bonne. Bonjour.

0:05
Invité

Le patron de Total, Patrick Pouyanné, dit non à la vente de carburant à perte. Les autres distributeurs ne se montrent pas plus enthousiastes. Est-ce que c'est un camouflet pour le gouvernement ?

0:15
Christine Pirès Beaune

Non, parce que d'abord la mesure n'est pas encore en vigueur. Elle nécessite de passer par la loi. Bruno Le Maire l'a dit, on fait au plus vite pour que ce soit prêt d'ici fin novembre, début décembre et que ça puisse être un outil de plus dans la lutte pour le pouvoir d'achat à court terme.

0:28
Invité

Est-ce qu'il y a un seul distributeur qui vous a dit, ok, je vais le faire ?

0:32
Christine Pirès Beaune

Écoutez, on verra, ils ne sont pas tous prononcés à ma connaissance, mais je vais être très clair sur deux points. D'abord, ce n'est pas la seule mesure et vous parlez de Total. Total, c'est le premier distributeur en France et je crois 3500 stations-services que tous les Français connaissent sur tout le territoire. Il y a une mesure qui a déjà été prise par Total, qui est importante et qui à la demande du gouvernement a été prolongée par le PDG de Total. C'est le plafonnement à 1,99€ et on voit bien aujourd'hui malheureusement que parfois le carburant est déjà au-dessus de 2€ donc cette mesure de plafonnement dans les stations Total, plus de 3000, elle sert le consommateur.

Il y a d'autres opérations qui se font à prix coûtant d'ores et déjà.

1:06
Invité

Mais Patrick Pouyanet vous dit un peu de bon sens, on ne vend pas à perte.

1:10
Christine Pirès Beaune

Mais attendez, d'abord.

1:10
Invité

Vous êtes allé trop vite ?

1:11
Christine Pirès Beaune

Non, la première ministre a pris une mesure supplémentaire, exceptionnelle et temporaire. Il y a un panier de mesures, le plafonnement des sites Total, des mesures distributeurs qui existent déjà, il faut les saluer, qui sont à prix coûtant. Et cet outil supplémentaire, on verra, la concurrence va peut-être pousser certains à s'en saisir quand d'autres vont commencer à le faire. Et je le dis aussi, c'est la deuxième chose. Quand on a une crise du carburant, qui est en réalité un phénomène durable, parce que l'énergie fossile, ça coûte cher et il faut en sortir. La meilleure mesure de pouvoir d'achat qu'on prendra aussi cet automne, c'est le carburant qu'on ne consomme pas.

C'est permettre aux Français de passer notamment à l'électrique. C'est aujourd'hui un produit de luxe pour peu de gens en France. Et on va aussi renforcer le bonus écologique sur les voitures électriques. On va aussi passer au leasing social.

1:54
Invité

Mais pourquoi avoir fait miroiter comme ça une baisse qui pouvait aller, selon le porte-parole du gouvernement, jusqu'à quasiment 50 centimes d'euros par litre ? On ne fait miroiter rien du tout.

2:03
Christine Pirès Beaune

Et on est tout à fait honnête, on a fait l'année dernière des chèques, pour être très clair, que le gouvernement a assumé parce que c'était nécessaire dans une période où il y a eu une explosion très rapide des prix du carburant pendant de longs mois. On l'a fait encore, il ne faut quand même pas l'oublier, parce qu'aucun autre pays européen n'a fait autant au mois de mars dernier, pour l'année 2023, un soutien de 100 euros aux 50% de ménages les plus modestes qui ont besoin de la voiture pour aller bosser. Donc, ces mesures, elles existent. Maintenant, on est dans une phase où il faut être honnête, parce que le chèque des Français, c'est le chèque du contribuable.

Donc, à la fin, les choses ne sont pas gratuites, elles sont payées soit par la dette, soit par l'impôt. Il n'y a pas d'argent magique. Donc, on mobilise aujourd'hui, c'est une autre stratégie, les entreprises, total avec son plafonnement, des opérations à prix coûtant, et en complément, on a dit que c'était un outil supplémentaire, cette possibilité de vendre à perte temporairement pour six mois. Mais surtout, parce qu'il faut dire la vérité aux Français, les mesures principales, ça va être de passer à des voitures qui ne consomment pas de carburant. C'est ça, la meilleure mesure de vendre à châts aussi.

3:01
Invité

Il y a quelques jours, on l'entend, Elisabeth Borne, dire, voilà, on va desserrer la loi, justement, on va permettre aux distributeurs de vendre à perte, parce que c'est la solution, nous, on ne peut pas faire de ristourne. Et là, maintenant, vous dites, c'est juste une petite mesure en plus.

3:12
Christine Pirès Beaune

Je ne dis pas, non, pas du tout, je dis, c'est un panier de mesures et une stratégie de sortie du fossile et du carburant aussi.

3:17
Invité

Les distributeurs qui devraient s'exprimer à 9h30 ce matin depuis l'Assemblée nationale, s'ils disent non à l'unanimité, non, on ne fera pas cette mesure, vous faites quoi, vous, de votre côté ? Pas de ristourne, quand même ?

3:30
Christine Pirès Beaune

On est mi-septembre, la loi doit passer, je crois, c'est des ministres, dans quelques jours, être votée au Parlement et être appliquée sans doute début décembre, c'est l'objectif qui est fixé. Donc, on va discuter. Vous avez peut-être le souvenir qu'il y a eu des sujets de pouvoir d'achat avec des discussions avec d'autres industriels, de l'agroalimentaire, de la grande distribution. Parfois, c'était compliqué au début, une pression a été exercée, une discussion a eu lieu, et puis les choses se sont débloquées. Donc, on va faire le maximum, et puis on explore toutes les pistes. C'est une piste importante qui s'inscrit dans une série de mesures.

Et, je le redis aussi, parce qu'on a beaucoup parlé depuis hier de la déclaration du PDG de Total, chez Total, et tant mieux, il y a ce plafonnement qui est important aussi pour le pouvoir d'achat des Français.

4:07
Invité

Clément Beaune, ça fait plusieurs mois que vous défendez une taxe sur les billets d'avion pour financer notamment le développement du ferroviaire. C'était l'une de vos causes en faveur de l'écologie, et pourtant, selon nos confrères des échos, le gouvernement serait prêt à renoncer à augmenter cette taxe. Qu'en est-il ?

4:23
Christine Pirès Beaune

Alors, le budget, c'est la semaine prochaine, donc il y a encore, vous permettrez, un certain nombre de discussions et de réglages. Ce que je dis très clairement, je crois que je l'avais dit sur votre plateau, c'est que la taxe est un outil. L'objectif, c'est de financer la transition écologique. La Première Ministre a annoncé hier 10 milliards d'investissements supplémentaires à partir de l'an prochain pour la transition écologique. Le premier poste, ce sont les transports. Plus d'un milliard et demi d'investissements supplémentaires, notamment dans le rail. Ça, c'est évidemment maintenu.

Ce que j'ai dit aussi, et je le maintiens à 100%, c'est qu'il y aura une contribution fiscale, financière, des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

4:55
Invité

Mais alors, il y aura une taxe sur les billets d'avion ou pas ?

4:56
Christine Pirès Beaune

Il y aura deux types de contributions, pour être très clair. Je me permettrais d'être un peu plus imprécis sur les modalités, parce qu'il y a encore des discussions. C'est la contribution du secteur routier, autoroutier, pour être clair, et la contribution du secteur aérien, qui, in fine, c'est les compagnies et c'est le billet d'avion. Mais la contribution du secteur aérien...

5:13
Invité

Le secteur aérien, ça veut dire, par exemple, la taxation des aéroports ? C'est une option, qu'on discute dans le cadre de la taxation sur les concessions.

5:21
Christine Pirès Beaune

Donc, je le dis très clairement, l'objectif de dégager des moyens pour la transition écologique, ça, c'est maintenu, évidemment. La contribution du secteur aérien, pour plusieurs centaines de millions, ce sera le cas, une contribution supplémentaire. La modalité exacte, taxation, billets d'avion direct ou indirect, c'est encore en discussion. Et puis, vous le savez aussi, il y a le projet de loi de finances qui est proposé au Conseil des ministres, présenté à la fin du mois. Dans quelques jours. Et puis, il y aura une discussion parlementaire.

5:45
Invité

Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a quelques jours de la présentation du projet de loi de finances, vous ne savez pas si vous taxez les billets d'avion ou alors si vous taxez les aéroports.

5:53
Christine Pirès Beaune

À la fin, c'est d'ailleurs le même résultat. Je préfère être très clair pour ceux qui nous écoutent.

5:56
Invité

Oui, mais c'est important d'avoir les modalités, déjà pour les compagnies aériennes ou pour les aéroports.

5:59
Christine Pirès Beaune

Vous m'inviteriez peut-être pour présenter les modalités détaillées. Ce que je vous dis, c'est que la contribution du secteur aérien, c'est certain, c'est acquis, c'est acté. Sora, je préfère le dire très clairement, dès qu'il y a une petite contribution du secteur aérien, il y a forcément un impact sur les billets d'avion. Je préfère être transparent à la fin. Plus cher pour tout le monde ? Non, parce que je préserve aussi, ça je l'ai dit et redit, merci de m'en donner l'occasion, les liaisons vers les Outre-mer et vers la Corse qui sont très importantes parce que là, c'est de la continuité territoriale et du service public essentiel. Donc, on fait attention évidemment à ça.

Mais oui, contribution du secteur aérien, oui, contribution du secteur autoroutier, les modalités, ce sera dans le budget dans quelques jours. Moi, je n'ai pas l'obsession de la taxe, j'ai l'obsession de la transition écologique.

6:36
Invité

Oui, mais parfois, certains ont l'obsession de la justice et notamment sur la question des sociétés d'autoroutes avec toujours cette idée de taxer les super-profits. Ça, on y va pour les sociétés d'autoroutes ? Alors, ce n'est pas une question d'ailleurs de super-profits,

6:47
Christine Pirès Beaune

c'est une question de contribution financière à la transition écologique. Moi, encore une fois, je ne cherche pas à créer une taxe ou à aller fonctionner telle ou telle. Si on peut s'en passer, tant mieux. Mais une taxe, un impôt, il faut quand même le rappeler d'ailleurs, ce n'est pas un plaisir, c'est financer des politiques publiques. Et quand il y a une transition écologique, ce qu'on appelle parfois le verdissement de la fiscalité, le verdissement de notre budget, c'est ce que nous portons avec le ministre de l'Économie. C'est très important et ça fait aussi partie des efforts qu'on demande.

Les secteurs qui émettent plus de gaz à effet de serre, la route, l'avion, vont se décarboner et vont financer les secteurs les monts polos.

7:19
Invité

Sur la taxation des super-profits des sociétés d'autoroutes, un document publié en juillet par l'autorité de régulation des transports a observé, je cite, une rentabilité des concessions supérieure aux attentes du marché, mais pas une rentabilité manifestement excessive. Et c'est avec cet argument que les sociétés d'autoroutes comptent vous attaquer.

7:38
Christine Pirès Beaune

Qu'est-ce que vous allez répondre ? En état de droit, je regrette toujours quand il y a des conflits ou des contentieux. S'il doit y avoir des contentieux, on est en état de droit, c'est le juge qui dira la loi et l'interprétation de la loi à la fin. On a pris un avis juridique du Conseil d'État qui est très précis. Moi, je ne me suis pas situé sur le sujet super-profit sur rentabilité parce que je le difends du moi-même. Au Parlement, les sociétés d'autoroutes, elles n'ont pas arnaqué l'État. On n'a pas mal négocié les contrats d'autoroutes dans le passé. Ça, je ne le crois pas. C'est un autre débat.

En revanche, aujourd'hui, contribuer à la transition écologique, faire contribuer les modes de transport, polluants, émetteurs, routes, avions principalement, pour financer d'autres modes, le train, et pour se décarboner eux-mêmes. Mais vous êtes sûr qu'à la fin de la chaîne,

8:16
Invité

ça va être les Français qui vont payer plus cher le péage ?

8:18
Christine Pirès Beaune

Alors non, ça j'insiste, parce que les choses sont prévues par des contrats. L'évolution du péage, elle est fixée par le contrat. Elle n' dépend pas du niveau de taxation. Ça, je veux être très clair sur ce sujet.

8:26
Invité

On va parler du train dans un instant, et notamment du projet de passeraille avec vous, Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports. Alors, ce sera juste après le fil. Info à 8h41. Maureen Suignard. En mars, tout avait dû être annulé à la dernière minute, avec le mouvement contre la réforme des retraites. C'est donc aujourd'hui que le roi Charles Troile et la reine Camilla arrivent en France, visite d'état de trois jours du monarque britannique, avec un dîner au château de Versailles. Ce soir, 8000 policiers et gendarmes sont mobilisés aujourd'hui.

Cette déclaration participe à l'hystérisation du débat et ne répond pas à la crise humanitaire, réagit sur France Info, le vice-président de Médecins du Monde. Hier, Gérald Darmanin a assuré que la France n'accueillerait pas de migrants de Lampedusa, cette île italienne où des milliers de personnes sont arrivées ces derniers jours. Le président de l'Azerbaïdjan prévient, son offensive cessera si les séparatistes arméniens déposent les armes. Offensive qui a débuté hier et a déjà fait une trentaine de morts. L'enclave est majoritairement peuplée d'arméniens. Le chef de l'ONU appelle à un arrêt immédiat des combats. Le président de l'OM, Pablo Longoria, va-t-il démissionner ?

Pour le moment, il se met avec le reste de la direction en retrait. Cela fait suite à une réunion très agitée lundi avec les représentants des supporters. Les dirigeants dénoncent des attaques personnelles et des intimidations.

9:45
Présentateur

France Info Toujours avec Clément Beaune, ministre délégué chargé des transports.

9:55
Invité

Vous souhaitez, Clément Beaune, instaurer dès l'été prochain un passeraille d'un montant de 49 euros par mois qui permettrait aux Français de circuler partout en France, en TER et en intercité. De nombreuses régions disent « c'est très bien, mais on le fait déjà et c'est moins cher ». Écoutez par exemple Carole Delga, la présidente des régions de France qui était à votre place il y a quelques jours. Dans ma région, en Occitanie, les salariés payent le trajet maximum 1 euro. Donc c'est-à-dire que ce n'est pas 49 euros par mois, c'est 45 euros. Les moins de 26 ans ont la gratuité. Et donc nous devons travailler sur ces initiatives.

Mais surtout, l'État français doit être à la hauteur comme l'État allemand. En Allemagne, l'État central donne 50% du financement de ce pass. Voilà, 50% du financement du pass, est-ce que vous êtes prêts à faire la même chose que l'Allemagne ? On est évidemment prêts à contribuer.

10:42
Christine Pirès Beaune

Moi, je veux être très clair, j'ai discuté avec Carole Delga directement. Elle a d'ailleurs écrit au Président de la République et à moi-même pour dire qu'elle était prête pour sa région Occitanie, mais pour l'ensemble des régions de France. Elle préside cette association des régions à discuter des modalités, des paramètres du pass. On va être très simple, c'est une belle idée. Et c'est une idée nécessaire parce que je pense que quand on parle de transition écologique, d'abord on a besoin de choses positives. Et puis on a besoin de rendre plus attractif l'utilisation du rail, des transports publics en général.

Et donc on va discuter avec les régions parce que d'un mot, les régions organisent en France les TER, les trains express régionaux, et elles font des choses formidables. Il ne s'agit pas du tout de critiquer ou de contester. Madame Delga en tête avec des offres très attractives. L'État fait aussi des choses qui sont, je crois, très bien et de mieux en mieux. On a fait à ma demande, à mon initiative, cet été, les billets intercités à moitié prix en gros. On était à presque 40 euros, on est passé à 19 euros, 200 000 billets, beaucoup de trains de nuit qui ont connu un très grand succès. Donc mettons tout ça ensemble, on va en discuter dès la semaine prochaine.

Je serai au congrès des régions de France et on a une réunion sur ce sujet avec, je l'espère, toutes les régions et en tout cas avec Carole Delga évidemment.

11:42
Invité

Mais quand vous dites que l'État peut participer, l'État peut participer à hauteur de 50% ?

11:45
Christine Pirès Beaune

D'abord, on verra exactement quel est le prix. Vous avez évoqué 49 euros, on n'a pas fixé de prix, on va discuter de tout ça. On n'a pas les mêmes systèmes en plus.

11:51
Invité

49 euros, c'est vous qui les donnez ?

11:53
Christine Pirès Beaune

J'ai dit que c'était le prix de référence allemand, qu'évidemment tout le monde le connaît ce prix, donc il faut qu'on soit dans ces ordres de grandeur. Je ne peux pas dire on va discuter avec les régions et commencer à décider à leur place, donc on va discuter de cela. Je souhaite qu'on puisse mettre en commun les intercités qui dépendent de l'État, c'est presque 13 millions de voyageurs par an, et les TER qui sont des millions de Français qui utilisent ce train quotidiennement. Et on sera prêt l'été prochain ? J'espère bien sûr, moi je me fixe cet objectif ambitieux, qu'on soit prêt l'été prochain. Je regarde ce qu'ont fait les Allemands.

Les Allemands ont fait une première étape, un premier été, et puis ils ont affiné le prix, les modalités, l'été d'après, l'année d'après. On n'est pas plus mauvais que les Allemands. On fait des choses très bien, d'ailleurs je rappelle, pour tous ceux qui se plaignent, et je comprends les galères, on est plus à l'heure en moyenne dans nos trains français, il faut quand même le dire qu'au Corico de temps en temps que dans les trains allemands. Donc faisons aussi des efforts quand il y a des bonnes idées ailleurs et on y arrivera.

12:41
Invité

Clément Bonnier, le passeraille, mais il y a aussi l'idée d'un pass européen ferroviaire. Qu'est-ce que c'est ?

12:46
Christine Pirès Beaune

Oui, l'idée c'est une étape suivante, supérieure, c'est qu'on voit bien qu'on a besoin là aussi, on aura les élections européennes l'année prochaine, de tous faire la transition écologique et de tous embarquer et développer les modes de transport les plus propres, comme le train. Ce n'est pas tout de suite. Faisons déjà le passeraille français. Et puis si beaucoup de pays, la France, l'Allemagne, le Portugal est en train de le faire, l'Espagne a quelque chose de similaire, l'Autriche a aussi ce qu'elle appelle un ticket climat qui est à peu près pareil, on pourra peut-être mettre ça en commun, notamment pour les jeunes, pour faciliter le transport en train en Europe.

On a expérimenté cet été un pass franco-allemand, 60 000 billets distribués gratuitement à les jeunes, notamment en difficulté, ça a été un très grand succès. Donc réussissons le passeraille français et puis développons plus tard des initiatives européennes importantes.

13:26
Invité

Une précision, vous dites notamment pour les jeunes, ça concernerait dans votre esprit que une certaine tranche d'âge ?

13:31
Christine Pirès Beaune

Le passeraille français, non, je l'ai dit, moi je souhaite qu'il concerne à terme tout le monde, maintenant on va discuter avec les régions, elles ont évoqué plutôt les jeunes, on peut peut-être faire les choses par étapes, je suis ouvert et pragmatique, l'essentiel c'est de le faire et d'engager la démarche rapidement, ensemble, régions et Etats. Les Allemands ont réussi à se mettre ensemble autour de la table alors que c'est un Etat fédéral, on doit pouvoir y arriver en France.

13:50
Invité

En parlant de coopération européenne, vous souhaitez la mise en place au niveau européen d'un tarif minimum pour les billets d'avion. Vous devez en parler avec vos homologues européens, ce vendredi, quel montant, ce prix minimum ?

14:05
Christine Pirès Beaune

Là aussi, c'est trop tôt pour le dire, il y a un pays, c'est pas ce qu'a dit la France, c'est ma collègue autrichienne qui a évoqué un montant autour de 35-40 euros, bon, le sujet n'est pas encore là, le sujet est de dire, puisqu'on parlait de transition écologique, du prix du train, du prix de l'avion, parfois certaines compagnies, pas toutes, certaines compagnies font un peu de dumping social et environnemental.

14:23
Invité

Vous parliez des compagnies low cost, les Ryanair, les EasyJet, on cite lesquelles ?

14:26
Christine Pirès Beaune

Oui, certaines, je ne vais pas citer de marque parce qu'il y a des comportements différents entre compagnies, peu importe, et donc elles vendent des choses qui ne correspondent pas au prix réel et au prix pour la planète, au coût environnemental qu'a leur trajet en avion. J'entends parfaitement que quand on est consommateur, qu'on fait parfois un voyage en avion dans sa vie...

14:41
Invité

Mais ça ne va pas dans le sens du pouvoir d'achat ce que vous dites là.

14:43
Christine Pirès Beaune

Bien sûr, mais vous savez, on a eu ce sujet avec l'industrie textile, etc. On a dit c'est super d'acheter des produits textiles, des jeans, des pulls, des t-shirts à 5 euros qui sont fabriqués en Chine. Résultat, on a perdu notre industrie et on s'est fait détruire par les autres. Je pense que si on fait le vide de faire la même chose dans les autres secteurs, c'est plutôt pas mal.

15:02
Invité

La planification écologique, le gouvernement prévoit que les deux tiers des voitures neuves en 2030 soient électriques. Les derniers chiffres sont tombés ce matin. On est sur une très forte hausse ces trois derniers mois, 24% de hausse sur le marché de l'électrique, mais on est encore assez bas. 2030, c'est demain. Est-ce que l'objectif de deux tiers est vraiment réaliste ? Oui, je pense. On a plusieurs objectifs qui vont dans ce sens-là,

15:25
Christine Pirès Beaune

parce que pour développer les voitures électriques, il faut produire en France et en Europe. On a commencé avec les batteries électriques. On sera sans doute autonome en production de batteries électriques d'ici la fin du quinquennat. C'est déployer des bornes électriques. On a beaucoup accéléré. On est devenu le deuxième pays d'Europe pour le nombre de bornes sur l'espace public. On était très en retard il y a encore quelques mois. Et puis, c'est bien sûr avoir des véhicules abordables pour que les gens les achètent. C'est ce qu'on fait notamment avec le bonus écologique qu'on renforce et avec le leasing social.

15:48
Invité

Vous le savez, M. le ministre, c'est la Chine qui domine le marché mondial de la voiture électrique. Aujourd'hui. Voilà. Oui, une production qui dépend largement du charbon. Sauf qu'ici, en France, l'État finance le bonus écologique pour aider les Français à acheter une voiture électrique. Et donc, bien souvent, il s'agit de subventionner l'achat d'une voiture chinoise. Est-ce que ça va changer ça ?

16:07
Christine Pirès Beaune

Oui. Ça, ça va être terminé. Parce qu'il faut être très clair, le bonus écologique, aujourd'hui, on l'utilise avec l'argent du contribuable pour financer l'achat de voitures chinoises. Beaucoup. La question, ce n'est pas tellement leur nationalité. C'est leur impact environnemental. Et donc, oui, nous portons en ce moment, c'est sorti d'ailleurs aujourd'hui, une réforme du bonus écologique qui met un critère environnemental. Aujourd'hui, on prenait en compte ce que polluait le véhicule, ce qui pollue un peu, beaucoup, pas du tout. Et là, on va regarder son cycle de vie.

Quand il vient de l'autre bout du monde, quand il est produit avec des matériaux du charbon, des énergies polluantes, il faut en tenir compte. Et donc, ces véhicules-là ne seront plus éligibles au bonus écologique.

16:44
Invité

En fait, vous faites du protectionnisme, sans le dire.

16:47
Christine Pirès Beaune

Mais on fait une défense environnementale de nos industries. Ça, on l'assume parfaitement. Il faut qu'on fasse la transition écologique en étant à la fois social et souverain. Donc, produire pas trop cher en France et en Europe. Pour qu'on ne fasse pas avec la transition écologique, ce qu'on a fait avec beaucoup d'industries, la sidérurgie, etc., qu'on a détruit de ces dernières années en étant ouverts, sans prendre en compte ce que font les autres. Et les autres, Chine ou d'autres, ils subventionnent et ils ne font pas très attention à l'environnement.

17:12
Invité

Clément Beaune, ministre délégué en charge des Transports et l'invité de France Info ce matin, on vous retrouve juste après le Fil Info à 8h50. Maureen Spignard. L'hiver qui arrive se présente mieux que le précédent, promet sur France Info le président du directoire de RTE. Il invite tout de même les Français à poursuivre leurs efforts de sobriété. Le gestionnaire du réseau électrique français n'écarte pas complètement le risque de coupure en cas de très grosse vague de froid cet hiver. La contribution supplémentaire du secteur aérien, c'est certain, aura lieu, dit sur France Info Clément Beaune.

Le ministre des Transports plaide depuis des mois pour une hausse de l'éco-contribution sur les billets d'avion, mesure qui ne plaît pas aux compagnies aériennes. La sortie de l'iPhone 15 en France pourrait être perturbée vendredi et samedi. Les salariés des Apple Stores sont appelés à faire grève. La direction propose 4,5% d'augmentation de salaire, mais l'intersyndicale demande 7%. Le prix d'un iPhone 15 peut représenter l'équivalent d'un salaire. La majorité des joueuses de l'équipe de foot espagnol réintègrent la sélection.

Les footballeuses ont trouvé un accord avec la fédération et le gouvernement après l'affaire du baiser forcé, affaire qui a conduit à la démission du président de la fédération, Luis Rubiales. France Info

18:28
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Bracchia.

18:33
Invité

Toujours avec le ministre des Transports, Clément Beaune, ça vous fait quoi de voir un homme perché sur un arbre juste devant votre ministère ? Il a entamé une grève de la faim depuis plusieurs jours maintenant. Il proteste contre le projet de l'A69, l'autoroute Toulouse-Castres.

18:48
Christine Pirès Beaune

Ça me fait évidemment mal parce que je l'ai rencontré hier, Thomas Braille. Cet homme est sincère, je respecte son combat. Et il défend plusieurs reprises d'ailleurs l'écologie et notamment la plantation d'arbres. Maintenant, moi je suis aussi un responsable politique. J'insiste sur le mot responsable. Il y a des projets d'infrastructures, d'autoroutes, celui-ci notamment, qui ont fait l'objet de discussions. Il y a eu 500 réunions publiques. De soutien par les élus qui ont une légitimité que je dois entendre aussi. Madame Delguel dont on parlait, le président du conseil départemental du Tarn, le maire de Castres notamment et beaucoup d'autres. Et il y a aujourd'hui beaucoup de recours.

Il y a eu même encore des référés cet été qui ont été écartés par le juge. Et les travaux ont débuté.

19:33
Invité

Il y a quatre recours en cours et Thomas Braille, le militaire écologiste, demande est-ce que vous suspendiez les travaux qui ont commencé le temps d'avoir le résultat des recours ?

19:42
Christine Pirès Beaune

Oui, mais ça veut dire que tous les projets de France, dans ces cas-là, on les met à l'arrêt. Parce qu'il y a eu tous les recours sur ce qu'on appelle la déclaration d'utilité publique. Tous ont été jugés négativement, si je peux dire, par le juge, écartés. Il y a encore un référé qui a dit cet été qu'il y avait d'inégalités manifestes, évidentes, dans l'autorisation environnementale de ce projet. Surtout, sur le plan environnemental, c'est ça qui m'intéresse, j'ai écouté, notamment parce que des associations se sont mobilisées, pour réduire énormément l'emprise environnementale de ce projet. On va le faire encore dans les prochaines semaines.

Je rappelle qu'il y aura cinq fois plus d'arbres plantés, replantés, que d'arbres abattus pour ce projet d'infrastructure. Et que les alternatives, parce qu'on m'en a proposées, je les ai regardées, elles impliquaient d'abattre sept fois plus d'arbres. Donc, je dois aussi tenir compte de ce que disent les élus de ce projet qui avance. Et puis, dernier point, bien sûr, à l'heure de l'écologie, et c'est notamment en écoutant des associations dont Thomas Braille, qu'on en prend tous conscience, on doit revoir des projets, même anciens.

Et donc, j'avais lancé ce projet de revue des autoroutes qui va aboutir les prochaines semaines, qui, je l'assume, a pris un peu de retard parce qu'il y a des discussions, mais qui aboutira à annuler des projets autoroutiers importants. La 69, c'est un projet qui est le plus avancé de France et qui a fait l'objet de recours juridiques déjà.

20:49
Invité

Clément Beaune, il n'y aura pas de grève des contrôleurs aériens pendant les Jeux Olympiques. C'est leur principal syndicat qu'il annonce. Xavier Bertrand accuse le gouvernement d'avoir payé une rançon. Et il vous demande de révéler ce qu'il y a dans un accord qui, dit-il, pour le moment, est totalement secret. Moi, je n'aime pas beaucoup cette démagogie et ce complotisme.

21:10
Christine Pirès Beaune

Complotisme ? Mais les mots ont passé Xavier Bertrand, mais dans le débat ambiant. Il ne faut pas qu'on ait responsable politique, là encore, l'alimenter. Moi, j'ai une bonne relation avec Xavier Bertrand. Il ne nous a pas habitués à ce genre de déclaration. Alors, qu'est-ce qu'il y a dans cet accord ? Et dans cet accord, il a été, chacun peut travailler ses dossiers, il a été rendu largement public par le syndicat qu'il a signé lui-même, qui a donné les paramètres. Il y a encore des négociations en cours, pour être très précis. Ce n'est pas un accord qui est ficelé, finalisé. Il y a encore des menaces de grève, non ?

Non, parce que ça a été dit, notamment cette trêve olympique, qui est très importante. Mais surtout, moi, pardon, je suis un ministre social, dans le sens où je fais beaucoup de négociations sociales dans le secteur des transports. Xavier Bertrand a été mis du travail, il est pris en région, il fait des accords avec ses syndicats. Je ne les ai d'ailleurs pas tous vus, rendus publics.

21:51
Invité

Mais vous avez payé une rançon ou pas ?

21:52
Christine Pirès Beaune

Mais pas du tout, mais enfin, les mots ont un sens. On ne paye pas des rançons quand on fait un accord social. Vous les avez achetés, c'est ce qu'il sous-entend. Pardon, mais vous vous rendez compte ?

21:59
Invité

Il dit que vous allez faire la même chose avec la SNCF et la RATP.

22:01
Christine Pirès Beaune

Mais je récuse totalement ce terme de rançon. Il y aura des dialogues sociaux, JO ou pas JO, dans tous les secteurs. Xavier Bertrand, j'espère qu'il le fait dans sa région. Moi, je le fais comme une des transports. C'est scandaleux d'avoir des accords. Et je le dis aussi parce que Xavier Bertrand, et là, c'est juste une erreur, j'espère pas un mensonge, on va dire une erreur, a dit que c'était le contribuable qui payait. Parce que c'est ça qui intéresse ceux qui nous regardent. Ce n'est pas le système du contrôle aérien français. Il est payé par chaque vol, chaque compagnie, par un tout petit tarif.

Donc, soyons très clairs, moi, je suis fier de cette négociation, fier d'un accord social, fier qu'en général, on trouve des accords entre entreprises ou états et syndicats. Et on le fait de manière raisonnable, protectrice. Et il n'y a pas de loup, il n'y a pas de flou, il n'y a pas de rançon.

22:45
Invité

Clément Beaune, cette semaine, la comédienne et humoriste Muriel Robin a beaucoup fait réagir après son coup de gueule dans lequel elle explique que quand on est homosexuel au cinéma, on n'est pas désirable, on ne peut pas faire de grandes carrières à la surconnaître des acteurs homos français qui se taisent. Sinon, on ne leur mettra plus jamais une femme dans les bras. C'est ce qu'elle dit. Comment vous avez réagi quand vous avez entendu ce témoignage ?

23:06
Christine Pirès Beaune

C'est une forme de claque. Ce qu'on sentait là aussi, j'ai entendu ce passage de l'interview de Muriel Robin, une forme de sincérité très claire et de révolte. Je ne connais pas, pour être très honnête, le monde du cinéma. Donc j'imagine que ce qu'elle dit est vrai.

23:22
Invité

Mais en politique, vous-même, vous avez fait votre coming out alors que vous êtes membre du gouvernement. Est-ce que c'est pareil ? Est-ce que vous sentez un plafond de verre parce qu'homosexuel ?

23:32
Christine Pirès Beaune

Je veux être honnête, moi je n'ai pas ressenti à titre personnel. Peut-être d'autres l'ont vécu et je le sais. Moi je ne l'ai pas vécu, j'ai eu cette chance. Mais si j'ai fait mon coming out, ce n'est pas pour vous raconter ma vie, on s'en fiche. C'est parce que je pense, et je l'ai vu d'ailleurs après, que quand il y a des personnalités publiques, qu'elles soient dans le sport, dans le cinéma, dans la politique, dans ce qu'on veut, dire c'est possible, ça existe, ça va aller, c'est très important. Et donc je pense, j'ai pris aussi ce témoignage de Moëlle Robin comme tel.

24:04
Invité

Vous imaginez, vous, un président gay à la tête de la France ?

24:07
Christine Pirès Beaune

Qui a encore des préjugés, qui a encore de l'homophobie, qui a encore même des agressions. C'est un fait. Et donc ce que je déteste, en revanche, c'est le discours qui consiste à dire c'est une mode, on dévoile sa vie privée, c'est si facile aujourd'hui, ce n'est pas vrai. Je ne connais pas le milieu du cinéma, je sais que dans le sport, dans la culture, dans d'autres domaines, pour certains en politique, c'est encore difficile et c'est courageux de le dire.

24:28
Invité

Vous, ça a été compliqué quand vous l'avez dit ?

24:30
Christine Pirès Beaune

Je ne peux pas faire de grandes déclarations, ce n'est pas mon style. C'est toujours compliqué à titre personnel, c'est toujours un chemin. Donc dire aujourd'hui que les choses sont faciles, non, ce n'est pas vrai. Et c'est pour ça que quand on a un micro, chacun fait comme il veut, et que certains le disent très simplement, moi je l'ai dit avec des mots simples, je suis gay et je l'assume, eh bien j'espère, j'espère que pour des jeunes ou des moins jeunes, ça peut aider et que Muriel Robin a bien fait aussi de mettre les pieds dans le plat. Merci beaucoup Clément Beaune,

24:57
Invité

ministre délégué au transport, d'avoir été l'invité de France Info ce matin.

Vente de carburant à perte, taxe sur les billets d'avion, Pass Rail, homophobie dans le cinéma... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune — Christine Pirès Beaune · Pourquijevote