Face aux experts du jeudi 29 août 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci de nous rejoindre sur LCI, vous regardez le 6-9 et bonjour Clémentine Autainso. Bonjour. Vous êtes députée du Nouveau Front Populaire élu en Seine-Saint-Denis, vous êtes face à nos experts. Je voudrais commencer cet entretien avec les propos qui ont marqué hier de la veuve de ce gendarme qui a été tué à Mougins lundi soir. Elle dit deux choses, entre autres, mais qui ont interpellé. Elle dit, un, la France a tué mon mari par son laxisme. Elle dit, deux, 1981, donc la pollution de la peine de mort n'aurait jamais dû exister. Comment vous réagissez en tant que responsable politique à ces propos extrêmement forts ?
D'abord, comme tous les Français, je suis très choquée par cet événement, par ce drame. Et je comprends la douleur, la colère de cette femme qui se retrouve veuve suite à une injustice totale et face à quelqu'un qui a tué son mari et qui était multirécidiviste. Donc forcément, ça génère de l'interrogation, de la colère, de l'envie de tout bousculer.
Et pour autant, il faut toujours garder la tête froide, autant faire se peut, c'est-à-dire à la fois partager l'émotion, être aux côtés de cette femme et de cette famille terriblement touchée et en même temps garder la tête froide pour ne pas, à chaque drame, prendre des décisions qui ne seraient pas justes sur le fond ou qui contreviendraient à des principes qui font partie maintenant de ce qu'est la France. Et notamment, le retour à la peine de mort, pour moi, n'est en aucune manière une solution.
Quand vous voyez que 51% des Français se disent favorables à un rétablissement de la peine de mort.
Oui, alors 51, après, si on refait le débat, peut-être que ce serait moins. Si on avait un débat fort là-dessus, c'est des choses qui peuvent évoluer. Et moi, je crois profondément qu'une démocratie, une civilisation émancipée ne peut pas répondre à des actes qui sont des actes criminels par la mort, la volonté de tuer. Je pense que ça, ça n'est pas possible. Et de la même manière, j'entendais, c'est vous qui disiez tout à l'heure, et c'est parfaitement juste aussi que dans nos prisons, il faut bien sûr punir, et punir, c'est la privation de liberté, et c'est déjà, en fait, quelque chose de très fort, de priver de liberté, mais pas de priver de la dignité.
Nous sommes normalement du côté de l'humanité. Alors après, ce qu'il faut, c'est trouver des solutions.
Est-ce qu'il ne faut pas être du côté des victimes ? Est-ce qu'il ne faut pas être aussi du côté des victimes ? Est-ce qu'autrement dit, ce débat, je suis très opposé à la peine de mort, donc je suis très à l'aise là-dessus, mais est-ce que le fait de ne pas répondre à la demande de la société, ou pas correctement répondre à la demande de la société pour plus de sécurité, ce n'est pas alimenter, au fond, ce fonds de commerce en faveur de la peine de mort ?
Oui, mais si la peine de mort, on était... Je suis principiellement opposée, que les choses soient claires, je suis contre. Mais par ailleurs, ça n'est même pas efficace. Non, ça ne marche pas. Ça ne marche pas. Et là, on parle d'opinion. Mais oui, mais l'opinion, elle bouge en fonction aussi du débat. Moi, je ne dis pas que c'est blanc ou noir parce que l'opinion publique a décidé que c'était blanc ou noir.
Non, mais ce que je vous dis, c'est que la réponse pénale n'est pas manifestement la bonne. Elle ne donne pas satisfaction.
Mais tout ne se règle pas nécessairement sur le plan pénal. C'est ça qu'il faut comprendre. Mais notamment ?
Pas seulement.
Ce que je vous dis, c'est que vous pouvez alourdir des peines. Prenez un exemple qui m'est familier, les violences conjugales et les crimes sexuels. Les peines, elles sont très élevées, très, très élevées en réalité. Bon, est-ce que vous trouvez que ça permet de lutter contre les violences conjugales et les crimes sexuels ? À l'évidence, non. Ils sont d'une banalité crasse. Donc, croire que c'est en augmentant par une inflation sans fin des peines qu'on empêche des délits et des crimes de se perpétrer est une erreur factuelle. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas une opinion. Je ne suis pas en train de vous donner mon opinion. Je constate. Donc, l'entrée n'est pas la bonne.
L'entrée consiste à dire, à chaque fois qu'on est face à quelque chose qui est insupportable, et je partage, je trouve ça inacceptable, qu'un gendarme, c'est-à-dire quelqu'un qui a une fonction de nous protéger sur un enjeu qui est la route, où tout le monde doit pouvoir être en sécurité sur la route, et il est face à un délinquant, c'est-à-dire quelqu'un qui refuse d'obtempérer, qui en plus est multirécidiviste, c'est insupportable et il le tue. Ça, ce n'est pas possible. Ce n'est pas acceptable dans une démocratie. Donc, il faut trouver la solution. Mais pensez que la solution, ça serait de dire, on va mettre tout le monde en prison, on va tuer les gens qui refusent d'obtempérer, etc.
L'opinion pense le contraire. Mais alors, la réponse de gauche, c'est quoi ? Bien sûr, la réponse de gauche, alors pour chaque domaine, ce n'est pas forcément exactement la même chose. Il faut de la fermeté, ça c'est clair, c'est-à-dire que dans un cas pareil, la peine doit être très sévère. Je n'ai pas de problème avec ça, je veux dire, je ne suis pas un gendarme.
Alors ça, c'est la justice, mais la réponse politique. C'est-à-dire qu'on dit souvent, depuis quelques années, que la gauche a laissé ces sujets-là de côté. Et que c'est d'ailleurs pour ça que toute une partie de l'électorat populaire s'est tournée vers le Rassemblement National. Qu'est-ce qu'on peut dire à cette femme, en étant une femme politique de gauche, ce que vous êtes aujourd'hui ?
Là, vous pensez à la sécurité, bien sûr, vous pensez à la sécurité en général. Pour ce qui est de la sécurité en général, moi j'estime qu'à gauche, nous avons une partie de discours. Par exemple, quand nous disons qu'il faut une police de proximité, qui aujourd'hui n'existe plus parce qu'elle a été mise à mal, eh bien c'est une conception de la façon de sécuriser les Français, de les protéger. Ce n'est pas le discours de la droite qui pense justement qu'avec l'inflation des peines, on va réussir à régler le problème. Et que dans le tout répressif et sécuritaire, il y a une solution, je ne le crois pas.
Je pense aussi qu'il faut aider les Français à ne pas détester son voisin, à ne pas détester la police. Vous voyez ce que je veux dire ? Et ça, c'est aussi un travail de pacification, là où à mon sens, les droites ont un discours de haine dériger les uns contre les autres. Et ça, ça produit de la violence et ça, ça produit de l'insécurité.
Ce que vous dites, c'est bien non-amont, c'est-à-dire que la police de proximité, c'est de la prévention. Mais là, sur un... Non, la police, ce n'est pas que de la prévention. C'est beaucoup de la... ça tient à ça aussi, ça tient à la prévention.
On parle d'efficacité, on ne parle pas d'efficacité. C'est-à-dire que si le discours consiste simplement à dire, vous avez peur, vous êtes effrayés, allez, on va mettre encore plus de peine. Ça va être encore pire, d'un point de vue pénal, en réponse pénale. Est-ce que vous croyez que ça change la situation ? La preuve que non, puisque ça fait des années et même des décennies qu'on ne cesse de faire de l'inflation sur ce terrain-là et que les Français se sentent de plus en plus en insécurité. Donc, vous voyez, bien qu'il y a un truc... Madame Autain, l'actualité...
Ça ne suffit pas à régler la question, voire même, ça peut être contre-productif et ça, parfois, ça met en cause des principes très importants de notre démocratie.
L'actualité, elle est marquée également par la mise en examen de Pavel Durov. Alors, il a été... c'est le patron milliardaire de Télégramme, qui est la nationalité française. Il est russe à l'origine, il a été interpellé à son arrivée au Bourget, dans son avion privé. Et il est, j'allais dire, poursuivi presque pour les raisons qui l'ont conduit à obtenir sa nationalité française. Il a eu, à travers le processus du français mérite, donc c'est les personnalités qui font rayonner la France, avec la création de son réseau social, de sa messagerie cryptée. Aujourd'hui, il est poursuivi pour complicité, notamment, de tous les crimes potentiels qui se déroulent sur sa plateforme.
Comment est-ce que vous regardez sa situation ? Est-ce qu'il faut poursuivre cet homme ? Est-ce qu'il doit rester français ? Quel regard vous portez sur son cas ?
Pas évident. Pas évident comme question. Je pense que le déresponsabiliser totalement n'est pas possible. On ne peut pas dire qu'un patron d'un réseau social n'a rien à voir avec ce qui se passe sur son réseau social. Et en même temps, c'est des problèmes nouveaux qu'on se pose. Et en même temps, le rendre responsable de tout ce qui s'y passe n'est pas non plus possible. Donc, je pense qu'on est devant des cas juridiques qui méritent une réflexion profonde pour pouvoir dire exactement un point de vue. Enfin, moi, je ne me sens pas armée aujourd'hui pour vous donner ici une réponse claire sur son cas. Aussi, parce qu'il faudrait regarder précisément ce qui lui est reproché.
Ce n'est pas très clair. Donc, j'aimerais bien savoir ce qui lui est précisément reproché. Et ensuite, sur la législation de tous ces réseaux, je ne veux pas aller à l'emporte-plèce, ni d'un côté, ni de l'autre. Parce que je pense que nous sommes devant des nouveaux cas. Donc, typiquement, il faudrait saisir le Parlement et il faudrait des commissions d'enquête sur ces sujets-là pour qu'en tant que parlementaire, on puisse se forger une opinion qui soit une opinion éclairée sur ces phénomènes qui sont des phénomènes nouveaux pour des juristes et pour des parlementaires. Il n'y a pas d'urgence, on en paraît ? Bien sûr qu'il y a urgence. Il y a terriblement urgence.
Il y a terriblement urgence à réguler ces réseaux. Il y a terriblement urgence à adapter notre droit par rapport à tout ce qui s'y passe. Je suis parfaitement d'accord avec vous.
Et vous avez soutenu la création de cette législation européenne qui vise aujourd'hui, effectivement, à réguler bien davantage la circulation des messages de haine sur Internet, tel que l'a présenté le commissaire Thierry Breton ?
Alors, je ne sais pas ce que nos parlementaires européens ont voté. Donc, je ne vais pas vous dire de bêtises sur ce point précis.
La gauche était divisée, comme souvent. C'est-à-dire qu'il y avait, effectivement, une partie des parlementaires socialistes au Parlement européen qui trouvait qu'effectivement, il fallait intervenir pour que la législation soit plus dure à l'égard de tous ceux qui propagent la haine ou la division sur les réseaux sociaux, notamment. Et puis, une partie de la gauche européenne, pas forcément française, mais qui estime que, non, il faut laisser cette liberté-là.
C'est précisément ce que je suis en train de vous dire. Nous sommes face à des problèmes nouveaux. C'est-à-dire qu'il y a une tension, là aussi, entre la liberté d'expression nécessaire et, en même temps, le respect d'un minimum de règles par rapport à nos principes démocratiques. Et je suis désolée, mais c'est une tension. Parce que, si on met le doigt dans l'engrenage, moi, je suis toujours très attentive. Vous savez, même sur la loi Guesso, j'ai toujours une petite gêne. Je dis, à partir du moment où on commence à mettre le doigt dans l'engrenage du flicage, de l'interdiction d'un certain nombre d'expressions sur les réseaux, eh bien, où est-ce qu'on s'arrête ?
C'est-à-dire, qu'est-ce qui relève, vous voyez, du commun et qu'est-ce qui n'en relève pas ? C'est pas si évident que ça. Et pourtant, je suis une militante contre tous les propos racistes. Je déteste la violence sur les réseaux sociaux. Je suis très inquiète du sexisme, aussi, profond sur ces réseaux et même d'autres choses qui vont plus loin. Les violences, y compris à caractère sexuel, à l'égard des enfants. Enfin, vous avez beaucoup de choses qui sont inadmissibles. L'antisémitisme, le rejet des musulmans qui est massif, maintenant, sur les réseaux. Bref, tout ça n'est pas acceptable. Mais quelle est la bonne réponse, vous voyez ?
C'est pas parce que vous faites taire ça, le problème aussi, c'est que les gens le pensent. Le problème aussi, c'est que les gens le pensent. Maintenant, ils l'écrivent, c'est débridé. Et le problème, c'est que ça a un effet d'entraînement. C'est-à-dire que si on le lit, alors moi aussi, je peux le penser puisque c'est écrit. Donc, il faut le réguler. Mais la police de la pensée, la police des réseaux sociaux est aussi un problème.
Voilà un sujet passionnant.
Pour le législateur, tenir les deux bouts.
Voilà un sujet passionnant pour un nouveau gouvernement que nous n'avons toujours pas. Est-ce que vous dites oui à Bernard Cazeneuve, Premier ministre ?
À votre avis ? Vous avez un doute ? C'est une vraie question ?
Oui, c'est une vraie question. Déjà parce que tous les gens qui nous regardent ne sont pas forcément connaisseurs, fin connaisseurs de votre opinion. Donc, est-ce que vous dites oui ou non à Bernard Cazeneuve ?
Alors, écoutez, moi, je suis une militante acharnée du nouveau Front populaire. Nous avons bâti un programme. Nous sommes arrivés en tête de cette élection législative. Et nous avons désigné une candidate pour être Premier ministre qui est Lucie Castet. Donc, pour moi, en dehors de ce scénario, qui est un scénario qui se passerait dans n'importe quelle démocratie européenne, par exemple. J'ai envie de dire presque occidentale. C'est-à-dire le camp arrivé en tête. Eh bien, le président de la République ou dans d'autres endroits.
Parfois, le roi décide qu'il prend le nom qui vient de cette coalition-là parce qu'elle est arrivée en tête et charge à cette coalition de faire la démonstration de sa pérennité à l'Assemblée, du fait de ne pas être censuré et de mener une politique populaire. Mais c'est à charge à la coalition, arrivée en tête, et pas au président de la République, de jouer tous les rôles et de décider, à la place des parlementaires, de qui peut gouverner. C'est une faute institutionnelle, comme le dit François Hollandière. Gravissime. C'est un coup de force qui est inacceptable. Je vais vous dire, Emmanuel Macron est vraiment un Machiavel de bac à sable. Pourquoi c'est un Machiavel de bac à sable ?
Parce qu'il fait une dissolution dont il espère sortir vainqueur, notamment en ratatinant la gauche et les écologistes qui apparaissaient aux européennes extrêmement divisées. Ça, c'est une réalité. On ne peut pas dire qu'on ait donné un spectacle d'union. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça a tiré à boulet rouge. Mais il n'a pas pensé que, dans l'histoire de la gauche, le rassemblement, quand il y a une menace d'extrême droite, en général, il est là. Que, sur le fond, ce qui nous rassemble est supérieur à ce qui nous divise. Et que l'intelligence politique des uns et des autres pouvait fonctionner.
C'est ce qui a marché. C'est ce que dit François Hollande hier soir. François Hollande dit que la gauche gagne. C'est factuellement vrai. Quand les socialistes sont la partie dominante de la gauche. A chaque fois qu'ils ne le sont pas, la gauche perd. Alors là, c'est historiquement vérifiable.
Il y a plein de choses historiquement vérifiables qui, vous savez, changent à un moment donné. Donc, l'histoire, elle n'est pas linéaire. Mais elle n'est pas linéaire. Il faut la prendre sur son long cours aussi. Donc, il y a un fait, c'est que François Hollande, à l'issue de son quinquennat, n'a pas pu se représenter. Il y a un fait, c'est que le nom de gauche a créé la dynamique du nom au traité constitutionnel en 2005. Et que cette critique du libéralisme économique est au fondement de la régénération de la gauche. Et ça, il faut bien le comprendre et bien l'entendre. On n'est pas dans un temps calme.
On est dans un temps où, y compris le moteur du nouveau Front populaire et de la gauche, c'est quand même sur une gauche franche. Sur une gauche qui porte des ruptures. Et ça, il faut quand même l'entendre.
Il y a une autre réalité. C'est que c'est la constitution, c'est le président de la République qui décide du nom du Premier ministre. Il a dit non à Lucie Castel lundi. On est aujourd'hui jeudi. On n'a toujours pas de Premier ministre. Je reprends la question de Jean-Baptiste. Ça fait plus de deux mois qu'on n'a pas de Premier ministre. Et vous avez remarqué que pendant ce temps-là, le gouvernement gouverne. Ce qui est un déni total de démocratie. Justement, passer à l'étape suivante et avoir un gouvernement qui soit aux affaires, véritablement aux affaires. Bernard Cazeneuve qui est issu des rangs de la gauche, alors qu'il n'est pas nouveau Front populaire.
Est-ce que ce n'est pas mieux pour vous qu'il y ait une politique menée par Bernard Cazeneuve qui fait passer des messages ce matin dans le Parisien. Il dit ce sera une cohabitation si je suis à Matignon. Est-ce que ce n'est pas mieux qu'un Xavier Bertrand ? Est-ce que ce n'est pas mieux qu'un techno ? C'est ça la question. On est dans cette situation-là aujourd'hui.
Si Bernard Cazeneuve est nommé Premier ministre ou quelqu'un d'autre de ce type de profil, il mènera la même politique que celle qui a été menée depuis sept ans. La preuve par Elisabeth Borne. Elisabeth Borne, on nous a dit au début, elle vient d'y rendre la gauche. Est-ce qu'elle a tressaillé ? Elle n'avait pas été Première ministre de François Hollande.
Elle n'avait pas cette trajectoire-là politique.
C'est un enjeu de qui permet de construire ensuite les politiques ? Sur quelle coalition il va se fonder ? Au service de qui il est ? Certainement pas de la politique du nouveau Front populaire, mais bien au contraire, dans la main d'Emmanuel Macron et des siens. Bernard Cazeneuve est droite ? Le problème n'est pas la personnalité de Bernard Cazeneuve. Le problème est que, s'il est nommé, il l'est par Emmanuel Macron. Et qui soutiendrait cette politique qu'il pourrait mener ?
C'est toute la question.
Mais bien sûr. Forcément, c'est avec les macronistes. Et les macronistes ne sont pas de gauche. Et on l'a vu, on le voit depuis sept ans. Et pourquoi Lucie Castel n'est pas nommée ? Elle n'est pas nommée pour des raisons politiques. C'est parce que l'augmentation du SMIC, le fait de revenir sur la réforme des retraites d'Emmanuel Macron, le fait d'enclencher une politique de transition écologique, le président n'en veut pas. Et donc il cherche par tous les moyens à reconduire, à maintenir sa politique. Et il mélange deux choses. La stabilité pour le pays et la continuité de sa politique. Or, la continuité de sa politique, c'est ce qu'il veut, c'est ce qu'il souhaite.
C'est ce qui crée de l'instabilité et c'est ce qui crée aujourd'hui de la désespérance dans le pays. Donc il porte une responsabilité immense, écrasante. Et moi, ça me met très en colère. C'est pourquoi je serai présente le 7 septembre à la manifestation initiée par les mouvements de jeunesse et aussi à l'appel de la France Insoumise.
Comment vous réagissez au fait que la CGT ne veuille pas officiellement appeler à manifester ? La CGT qui, pour le coup, à travers Sophie Binet, a pris des positions politiques ces dernières semaines en soutenant, par exemple, le nouveau Front populaire.
Alors, la CGT, avec d'autres, appellera à des mobilisations fin septembre qui sont très importantes. C'est-à-dire, le mouvement social va se mobiliser et je serai également aux manifestations appelées par les syndicats. C'est très important. Là, c'est une mobilisation, le 7, qui est politique, à l'initiative des politiques par rapport à une situation
qui est de nature politique. Oui, oui, aussi. La CGT ayant expliqué qu'elle ne rejoindrait pas, elle n'appelait pas à manifester au début du mois de septembre, qu'elle l'a fait auparavant, elle a pris des positions politiques parce qu'il y avait un danger. Mais elle espère,
la CGT espère que le 7 sera réussi. Moi, ce qui m'ennuie plus avec le 7, c'est que la décision de faire cette manifestation n'ait pas été prise dans le cadre du nouveau Front populaire. Ça, ça m'ennuie plus. De la même manière que qu'est-ce qu'on fait institutionnellement si Bernard Caisse d'oeuvre ou je ne sais pas qui est nommé dimanche ? Vous vous rendez compte ? Ça fait deux mois que ça dure. C'est insupportable. Alors, qu'allez-vous faire ? Insupportable. La censure. Moi, je pense que la première réponse est de censurer tout gouvernement qui ne serait pas dans le cadre de la légitimité sortie des urnes.
Pour moi, la légitimité, je le redis, c'est que la coalition arrivée en tête, eh bien, c'est elle qui doit gouverner. Si elle doit tomber,
si elle doit censurer... Vous participe ou pas des idées que vous défendez ? Avez-vous échangé avec lui ?
Mais le problème, encore une fois, n'est pas que personnel ? Comment va-t-il faire ? Que va-t-il lier ?
Je vous parle des idées. Si Bernard Cazeneuve vous dit demain pour moi, la retraite, nous revenons dessus. S'il vous dit demain le SMIC, nous revenons dessus, etc. On le votera. Sauf que vous savez très bien
que chaque proposition qui sera faite et qui va dans notre sens et qui correspond à notre programme, vous nous trouverez pour le voter. Si on nous dit demain, c'est le SMIC, enfin, avec une hausse du SMIC et une désurgence, bien sûr que nous le voterons. Mais vous croyez que Bernard Cazeneuve, il va faire ça ? Vous croyez sérieusement que ce pôle-là aura suffisamment de possibilités pour le faire ? Mais les socialistes, aujourd'hui, nous disent qu'ils veulent un gouvernement nouveau Front Populaire. C'est ça que disent les socialistes. Une partie des socialistes, parce qu'il y a un débat interne assis.
La direction du Parti Socialiste, donc j'estime aujourd'hui que c'est la voie du Parti Socialiste en effet, pour l'instant. Non, il me semble ?
Donc c'est censure contre censure.
Et peut-être durablement, vous savez ?
Censure contre censure, parce que si Lucie Casté est effectivement nommée et qu'elle est censurée, non pas forcément le lendemain, mais quelques jours ou quelques semaines après, après avoir pris des décisions, et notamment après avoir été à Bruxelles, où elle sera obligée d'aller, puisqu'il y a, vous le savez, une procédure de dépassement budgétaire de la France et qui doit... de déficit excessif. Et donc, où la France doit mettre au clair sa politique budgétaire pour les prochaines années. Or, il n'y a pas plus sujet controversé au sein même du nouveau Front Populaire que le rapport que l'on doit avoir avec Bruxelles, avec les impératifs d'économie, avec les déficits...
Je suis heureuse de vous l'entendre dire. C'est-à-dire, voilà un gouvernement qui a tapé sur la tête des Français, qui n'a pas augmenté les salaires, d'accord ? Qui a donné, sans compter, aux grandes entreprises sans aucune contrepartie. Qui a baissé les impôts des hyper riches.
Qui a baissé les impôts des hyper riches et des grands groupes. Des hyper riches et des grands groupes. Devant son audiovisuel, bah, bah, bah, bah. Bah, bah, bah, bah. C'est de l'argent. 17 milliards.
Le pouvoir d'achat des Français, arrêtez avec ça. Arrêtez avec ça. Le pouvoir d'achat global des Français. Parlez-en français. Venez avec moi au marché de Sevran, vous allez voir ce que c'est que la paupérisation qui est en marche. L'appauvrissement des Français, c'est faux ?
Statistiquement, Madame, c'est faux.
Arrêtez. Statistiquement,
Madame, c'est faux. Peut-être qu'à Sevran, c'est le cas. Mais pas ailleurs. Je suis désolé. Il y a des chiffres qui ont été publiés hier. Consultez-les. Consultez-les. Les salaires, le salaire moyen de base augmente plus vite que les prix en France depuis un an.
Arrêtez. Depuis un an. D'accord. Sur 7 ans, je vous parle du bilan d'Emmanuel Macron. Je vous parle du bilan d'Emmanuel Macron. Et celles et ceux qui nous regardent, vous savez, ils sont très en colère. Plus de 25%. Arrêtez. Ils ne sont pas comme vous. Ils ne sont pas comme vous. Ils voient bien le problème. Ils voient bien qu'on a un problème de salaire et de pouvoir vivre dans la dignité. Moi aussi, je fais mes comptes. Ils voient bien que les services publics sont... Parce que ce n'est pas que le problème du salaire. Le problème aussi, c'est qu'est-ce qu'on met en commun ?
Quand vous avez les hôpitaux qui ne marchent plus, quand vous avez l'école qui dépérit, quand vous avez les transports publics qui marchent mal, qu'est-ce que vous croyez ? Vous croyez qu'on peut vivre dans la dignité pendant que les milliardaires, eux, s'enrichissent ? Mais vous vivez où ? Mais vous vivez dans quel monde ?
On n'est pas dans un pays pauvre, madame. Vous allez à l'hôpital, vous vous faites soigner. Les transports, ils fonctionnent. La France, elle marche. Je crois qu'on ne vit vraiment pas dans la même société. La France, elle marche.
Écoutez, monsieur, je vous invite, et d'ailleurs, j'aimerais bien que, également, le patron du MEDEF, qui ne veut pas d'augmentation des salaires, moi, je lui propose à Patrick Martin de venir avec moi sur le marché de Sevran. Vous allez voir ce que c'est que de voir des gens qui font le marché en début du mois.
Écoutez-moi, monsieur. Au marché de Sevran, madame. Mais c'est des caricatures comme ça qui reflètent
l'idée que nous serions
un pays en déclin. Enfin, la France reste un pays moderne, madame. Je vous parle d'un pays dans lequel les gens
travaillent et ne peuvent pas vivre dans la dignité. Je vous parle d'un pays dans lequel des gens qui ont des familles et qui travaillent font les courses à Sevran. Excusez-moi de vous prendre l'exemple de la circonscription dans laquelle je suis. Eh bien, des gens viennent et font les courses et n'ont que des pommes de terre dans leur panier. Vous savez ce que c'est que de rentrer des courses avec des courses. Est-ce que vous pouvez répondre s'il vous plaît, madame Oton ? La question, c'est que Lucie Casté, il n'en veut pas parce qu'il ne veut pas d'augmentation du SMIC et parce qu'il ne veut pas redonner deux années de retraite supplémentaire. Pardonnez-moi,
juste pour apporter une réponse en 10 secondes à François qui veut dire que dirait Lucie Casté à l'Union européenne qui nous dit vous avez trop de déficit. Ça ne peut plus fonctionner. Que dirait Lucie Casté si elle va demain ? Enfin, elle ira à Bruxelles si elle est nommée, elle n'aura pas le choix de le faire.
Mais qui a fait le déficit ? Ce n'est pas la question que je vous pose. C'est ce qu'elle propose pour corriger le déficit excessif de la France. Vous dites que va dire Lucie Casté mais que va dire Bernard Cazeneuve quand il y va pour continuer la même politique alors qu'il y a 1000 milliards de dettes qui ont été faites par Emmanuel Macron ? C'est insensé cette question. C'est insensé. Quand est-ce que vous demandez aux droites qui ont fait autant de déficits pour une situation qui ont colère les Français ? Parce que vous nous dites
que seule Lucie Casté doit devenir Premier ministre. Donc logiquement, qu'est-ce qu'elle dira à Bruxelles sur comment la France envisage de réduire les déficits excessifs du budget de la France ?
Là, l'enjeu majeur ce n'est pas d'abord de réduire les déficits, c'est d'abord de répondre aux problèmes des Français, à leur colère légitime et donc d'améliorer leur vie. Et ensuite, vous verrez que quand on va partager les richesses, les comptes publics se porteront beaucoup mieux parce qu'il faut aussi être capable d'assumer que les hyper-riches et les grands groupes doivent mettre au commun pour que le service du cultured soit pour que les gens vivent dans la dignité.
Invité des experts du 6-9 dans quelques instants. C'est Amélie Rosic, c'est le temps de l'info. Amélie Carwer, pardonnez-moi, c'est le temps de l'info. Je vous souhaite une très belle journée. À demain, 5h57.
Allez.
Clémentine Autain