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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 16 décembre 2021 56 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSantéSolidarités & famille

Contre-Matinale #57 | Macron sur TF1, un monarque en pré-campagne

Source d'origine 9 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 37:40RelanceRéponse partielle

    Vous n'aviez pas aussi une part de responsabilité dans cette crise des gilets jaunes avec comme des allumettes qui ont été allumées avec des décisions comme les 80 km heure avec la hausse des taxes sur les carburants ?

  • 38:40FerméeRéponse directe

    Et les 80 km heure qui tenaient à cœur ?

  • 38:59FerméeRéponse directe

    Les 80 km heure c'était une erreur aussi ?

  • 47:18OuverteÉludée

    Abordons maintenant les scandales et les affaires politico-financières de la Macronie

  • 51:32ComplaisanteRéponse partielle

    Effectivement il a été interrogé sur l'affaire Hulot

  • 52:44OuverteÉludée

    Pourquoi est-ce qu'il avait gardé Nicolas Hulot quand l'affaire avait commencé à sortir il y a quelques années ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:46PrésentateurChiffre
    « Macron a martelé dans son entretien sur TF1 que le pouvoir d'achat de toutes les catégories de la population avait augmenté sous sa présidence. »
  • 5:10PrésentateurFait
    « Le Conseil d'État a validé le nouveau mode de calcul des allocations chômage, un nouveau mode de calcul qui baissera mécaniquement les allocations d'un grand nombre de demandeurs d'emploi. »
  • 28:09Invité politiqueFait
    « j'ai décidé de rouvrir les écoles pour le coup quoi qu'il en coûte aussi le 11 mai »
  • 33:50Invité politiqueFait
    « je crois sur l'hôpital et les soignants que ce que je dis en 2018 et l'intuition est plutôt juste »
  • 34:58PrésentateurFait
    « il va falloir poser la question du travailler plus longtemps et notamment il précise vraiment de repenser le travail des seniors »
  • 37:50Locuteur 4Fait
    « avec des décisions comme les 80 km heure avec la hausse des taxes sur les carburants »
  • 38:02Locuteur 9Fait
    « Vous avez toujours une responsabilité quand vous êtes aux responsabilités donc oui vous dire que je ne suis pour rien dans la crise des gilets jaunes »
  • 38:09Locuteur 9Fait
    « Personne n'a vu arriver une telle crise personne soyons collectivement honnêtes mais je pense qu'il y a eu à ce moment-là des erreurs qui ont été faites »
  • 39:04Locuteur 9Fait
    « le 80 km heure est une bonne décision pour la sécurité routière »
  • 47:42PrésentateurFait
    « il a utilisé une expression c'était pas une ce n'était pas une affaire d'état mais une affaire d'été »
  • 49:12PrésentateurFait
    « c'est Macron qui avait dit en 2018 je n'ai aucune indulgence pour la violence ou les tenants du désordre »
  • 50:05PrésentateurFait
    « il avait été révélé qu'il avait négocié des contrats auprès de milliardaires russes proches de Vladimir Poutine »
  • 51:47PrésentateurFait
    « il me semble quand même qu'il y a quelques semaines il y a un mouvement qui a été lancé qui s'appelait Double Peine »
  • 53:30PrésentateurFait
    « il a couvert quelqu'un alors que même il y avait déjà eu Hebdo un journal qui n'existe plus aujourd'hui qui avait publié des informations là-dessus »

Temps de parole

  • Présentateur43 %
  • Présentateur 237 %
  • Locuteur 98 %
  • Locuteur 85 %
  • Locuteur 33 %

0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:19
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le jeudi 16 décembre 2021 dans un pays, la France, qui a abattu sa monarchie en 1789 et où le monarque républicain, plus de deux siècles après, reçoit en son palais des courtisans, des journalistes qui le brossent dans le sens du poil, écoutent battre son petit cœur et ne lui opposent quasiment rien comme argument factuel ou chiffré. Vous l'avez deviné, je parle d'une interview en différé d'Emmanuel Macron, diffusée hier soir sur TF1.

Emmanuel Macron manifestement candidat à sa succession, mais qui refuse de sortir du bois pour faire campagne le plus longtemps dans son costume de président de la République française. Que dis-je ? De président de l'Europe. On en parlera bien entendu abondamment aujourd'hui. Nous sommes le jeudi 17 décembre 2021. Le jeudi 16 décembre 2021, il est 7h10. La contre-matinale du Média, épisode 57, c'est parti. Comme vous vous en doutez, aujourd'hui on parlera beaucoup de l'interview accordée à TF1, la chaîne de télévision contrôlée par la famille Bouygues, il faut le rappeler.

Une interview accordée à TF1 par Emmanuel Macron, président de la République, qui entretient un faux suspense sur sa candidature aux futures échéances. J'en parlerai avec Marion Beauvalet, doctorante et présentatrice de l'émission Plan B sur Twitch. Marion Beauvalet a regardé de bout en bout ce très long plaidoyer qui a souvent viré au monologue et elle l'analysera pour nous. Pour nous, c'est-à-dire aussi pour ceux qui n'ont pas voulu se le farcir de bout en bout ou qui l'ont boycotté, mais commençons par le commencement, c'est-à-dire la tétrologie. L'interview d'Emmanuel Macron sur TF1 a été diffusée à partir de 21h. De 21h10, diront les plus précis.

Du coup, les quotidiens ont bouclé avant qu'elle passe à la télé. Les mauvaises langues penseront que TF1 aurait pu envoyer une copie vidéo de ces échanges pour permettre aux confrères de mieux en parler dans leur édition du lendemain. Car, on le rappelle, et on le rappellera abondamment, tout cela a été enregistré depuis dimanche dernier. Les journaux ont donc mis autre chose à leur une et ce n'est peut-être pas plus mal. Photos poignantes à la une de Libé, ce sont celles de quelques-uns des 27 exilés qui sont morts dans la manche le mois dernier. Des jeunes hommes, des jeunes femmes, des enfants, beaux, pleins de vie, que leurs proches ne reverront plus.

Calais, 24 novembre, un naufrage, des visages, titre Libé. Car l'enjeu est là, combattre par la sensibilité et l'esprit de fraternité humaine, des opérations médiatiques dont l'objectif est de transformer ces hommes, ces femmes, ces enfants en envahisseurs, en êtres sans valeur dont la mort est nécessaire à la préservation de notre civilisation. Toujours à rebours des obsessions de la droite enzémourisée et de l'extrême droite, l'UMA titre, sur ce qui paraissait jusqu'il y a peu, une des composantes de la patrie républicaine à la française.

Le droit du sol, pourquoi il faut protéger le droit du sol, plaide l'UMA, le quotidien d'inspiration communiste, estime qu'en menaçant la citoyenneté, l'extrême droite, suivie par une droite sans boussole, s'attaque à la République. La mémoire coloniale en procès, titre la croix, le quotidien catholique, consacre deux pages à un procès qui divise les Anglais sur leur passé colonial. C'est le procès de quatre jeunes qui passent en jugement pour avoir déboulonné la statue d'Edouard Colston, une personnalité impliquée dans la traite des esclaves. Une statue érigée à Bristol, ville dont Edouard Colston a été un bienfaiteur. Ukraine, l'Europe redoute une attaque de la Russie.

C'est le titre du Figaro, quotidien contrôlé par la famille Dassault, membre du complexe militaro-industriel français Moscou, et massé 170 000 soldats à la frontière avec l'Ukraine, selon le Figaro. Les unes du monde et des échos peuvent tout de même être reliées à la prestation d'Emmanuel Macron sur TF1. La baisse du pouvoir d'achat inquiète l'exécutif, nous explique Le Monde, un pouvoir d'achat qui devait baisser de 0,2% au premier trimestre 2022 en raison de la hausse des prix. Or, Macron a martelé dans son entretien sur TF1 que le pouvoir d'achat de toutes les catégories de la population avait augmenté sous sa présidence. C'est déjà un peu mal parti pour cet argument de campagne.

Chômage, feu vert à la dernière réforme Macron titre les échos pour s'en féliciter, bien sûr. Le quotidien économique contrôlé par Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, français le plus riche du monde, et soutien de l'actuel chef de l'État, note que le Conseil d'État a validé le nouveau mode de calcul des allocations chômage, un nouveau mode de calcul qui baissera mécaniquement les allocations d'un grand nombre de demandeurs d'emploi, alors même qu'Emmanuel Macron est apparu sur TF1 en homme compassionnel et décidé à combattre les inégalités.

Pour avoir une première idée de ce que nos quotidiens pensent et de la prestation télévisée du président de la République, nous sommes allés sur leur site internet, mis à jour en permanence. Donc, ce n'est pas pareil qu'un journal qui sort et qui ressort le lendemain. Le Monde note qu'Emmanuel Macron reste flou sur une éventuelle candidature en 2022. « On ne transforme pas un pays en cinq ans et je continue de me projeter à Tildji ». Cela veut bien dire ce que ça veut dire. Selon Libé, Macron est à fond sur l'autoroute de 2022. Libé qui note que le one-man-show présidentiel passe mal auprès de la concurrence. De ses adversaires presque certains, de dans quelques mois, bien entendu.

L'humanité ironise sur son site internet. Comment, quand on n'est pas encore candidat, occuper la scène de la campagne présidentielle ? En la matière, Emmanuel Macron ne manque pas de ressources, explique l'HUMA après une conférence fleuve sur l'Europe la semaine dernière, une allocution depuis l'Elysée en novembre essentiellement consacrée à ses projets de réforme et la multiplication des visites dans la France des territoires.

Le président de la République s'est invité pendant près de deux heures sur TF1 ce mercredi 15 décembre, écrit le quotidien qui note l'irritation de Fabien Roussel, Valérie Pécresse, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon qui ont saisi le conseil supérieur de l'audiovisuel. Le Figaro en ligne brocarde l'auto-satisfaitsie d'Emmanuel Macron, se moque des journalistes ravis d'être là et décrit une sorte de fabrique de la spontanéité. ...de décortiquer toute cette séquence avec Marion Beauvalet, doctorante et présidente présentatrice de l'émission Plan B sur Twitch. Peut-être que c'est une prophétie, sait-on jamais ?

Regardons un extrait d'un reportage de Rémi Kenzo-Pagès que nous diffuserons ce soir, direction Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, et plus précisément direction Verdragon, la maison de l'écologie populaire qui intéresse beaucoup la presse de droite et d'extrême droite depuis quelques semaines. Verdragon, ce lieu dédié à l'écologie au sein du quartier populaire de Lanoue, est géré par Alternatiba et le front de mer et accusé de servir des intérêts communautaristes. Dans le viseur de ses détracteurs, les actions du front de mer pour une alternative vénégétarienne dans les cantines ou la mise en place d'une AMAP, une association pour le maintien de l'agriculture paysanne dans le quartier.

Pour comprendre ce qu'est ce lieu, Verdragon, qui est l'objet de cette polémique, et pour comprendre ce qui s'y passe réellement, Rémi Kenzo-Pagès, que nous appelons ici RKP, s'est rendu sur place. On regarde un extrait de son reportage.

7:56
Locuteur 3

On a l'habitude de dire que ce qui peut tous et toutes nous mettre d'accord, c'est le désastre écologique qui vient, parce que grosso modo, on va tous mourir. Et nous, on sait à quel point c'est faux. C'est-à-dire que si on doit tous mourir, les habitants des quartiers populaires mourront la veille. Et les gens qui vivent dans le Sud, dans les pays du Sud, mourront la veille également, voire même l'avant-veille. On sait bien qu'on n'a pas la même capacité d'adaptation selon notre classe sociale, selon notre genre, selon notre couleur de peau.

Et donc, ça veut dire à quel point il faut travailler encore plus, en fait, à cette mobilisation autour des enjeux écologistes, dans la classe ouvrière, dans les quartiers populaires, auprès des populations non-blanches, auprès des femmes, etc., auprès des minorités. Donc, il y a un enjeu encore supplémentaire, en fait, à se mobiliser. C'est ça qu'on essaie de montrer, qu'il y a des inégalités environnementales et qu'il faut donc travailler également à des enjeux de justice, quoi. La situation de nos enfants ici, à Bagnolet, à Montreuil, en face de l'échangeur autoroutier, c'est que nos enfants respirent mal. C'est qu'ils sont très souvent asthmatiques.

C'est qu'ils vont avoir une espérance de vie moindre, notamment due aux maladies respiratoires. C'est le fait qu'il y a une surmortalité Covid ici dans le 93 et que c'est notamment lié aux pollutions atmosphériques, etc. Nos enfants, nous-mêmes, enfin la population de manière générale, respirent moins bien à Bagnolet, par rapport à Paris, par exemple, alors qu'on est, que ce sont deux villes qui sont voisines. Et c'est là qu'il y a la question de l'inégalité qui se pose.

9:28
Locuteur 8

Il y a une minorité de riches qui, aujourd'hui, s'est prouvée, et par ailleurs, aussi la minorité qui pollue le plus la planète. Et en fait, le miroir de ça, c'est que la majorité de la population est aussi la plus appauvrie, mais aussi celle qui subit le plus la pollution qui est émise ou soutenue par les plus riches. Vous voyez ? Et en fait, ça, ça a des répercussions très concrètes dans notre vie quotidienne, à commencer par nos quartiers, en fait, par les quartiers populaires et les milieux populaires en général. On parle souvent des premiers concernés. Et donc ici, à Verdragon, on parle de ça. On fait exactement l'inverse de ce que le système veut.

On allie les deux questions parce qu'elles sont intimement liées. On les rend tangibles à travers les différentes activités qu'on mène ici. Par exemple, des conférences qu'on organisait avec les ouvriers de Grand Puy, donc la raffinerie de Total. La lutte de Grand Puy, c'est 45 jours de grève reconductible contre la fermeture des capacités de raffinage de Grand Puy. Il faut partir des besoins et des réalités des premiers concernés. Les premiers concernés, c'est typiquement les ouvriers de Grand Puy, mais c'est aussi les paysans et les paysannes qui subissent aujourd'hui la mamise des lobbies, des pesticides, etc.

Et c'est aussi, bien évidemment, nous, ici, dans les quartiers populaires où, en fait, on subit la pollution atmosphérique, on subit l'inégalité environnementale à partir de choses très concrètes. Par exemple, comme l'échangeur de la A3, ici à Bagnolet, qui est l'échangeur le plus polluant d'Île-de-France avec le plus haut grand nombre de véhicules qui passent par jour. Aucune mesure ou presque pas de mesure d'atténuation de cette pollution sonore atmosphérique. Donc, ça fait des problèmes de santé pour les personnes qui vivent ici, en général dans 93. Et pourquoi ce serait comme ça, en fait ?

Pourquoi ce serait comme ça ici et dans les banlieues les plus riches, l'échangeur, il est couvert ou à distance des différentes habitations ? Ce n'est pas normal. Donc là, ce genre de lieu, il nous sert justement à démontrer que la question écologique, elle nous concerne tous et qu'il faut qu'on s'unisse et qu'on construise ensemble pour pouvoir gagner, en fait. Le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui, il persiste grâce aux inégalités. Comme je le disais, le racisme, les inégalités sociales et les inégalités environnementales. Les séparer n'a aucun sens.

La réalité dans le monde, c'est qu'aujourd'hui, les communautés qui sont les plus affectées par la pollution, par le productivisme, ce sont les communautés racisées, non blanches, ici en France, c'est vrai, mais aussi dans le monde. Pas que, mais particulièrement. Je dis pas que parce que, par exemple, les Gilets jaunes démontrent bien que ces inégalités, elles existent pour toute la France périurbaine, en réalité, pour tous les milieux populaires. À partir du moment où t'habites dans une zone industrielle ou post-industrielle, tu sais que tu vas avoir plus de risques d'avoir de l'asthme, d'avoir des eaux polluées, etc.

Et en fait, aujourd'hui, on est en stade où il faut adresser cette question-là. Parce qu'il ne faut pas non plus qu'on nous renferme dans l'image selon laquelle les écolos ou la question écologique concernent uniquement les classes moyennes bobos des grandes villes. Ce n'est pas vrai. C'est ce qu'on voit, mais ce n'est pas vrai.

12:12
Présentateur

Notons que reporter a publié hier soir une tribune signée par de nombreuses organisations, comme la Ligue des droits de l'homme, Greenpeace et Youth for Climate, et par de nombreux leaders d'opinion. Une tribune intitulée « Soutien de la maison de l'écologie populaire, nous ne céderons pas aux attaques racistes ». Le Média, on le rappelle, est à un moment crucial de son développement. Nous sommes engagés dans notre levée de fonds de fin d'année, celle qui déterminera notre avenir, notre avenir proche, conditionnera notre survie et nous permettra, ou pas, de renforcer notre dispositif en vue de l'élection présidentielle qui vient.

C'est le moment de nous aider, via un don sur la plateforme OQEPAL, défiscalisé à 66% pour ceux qui payent l'impôt sur le revenu. Avant d'entrer dans le décortiquage de la prestation d'Emmanuel Macron hier sur TF1, regardons un petit module d'autopromo.

13:02
Invité politique

Bonsoir Éric Zemmour. Bonsoir. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin, vous êtes candidate à l'élection présidentielle.

13:09
Locuteur 8

Il ne faut certainement pas accueillir ces migrants. Donc, beaucoup sont potentiellement dangereux. On les laisse mourir de froid derrière les barbelés.

13:15
Locuteur 7

Bien sûr que oui, mais bien sûr que oui. Il faut que la police tire à balles réelles. Ça ne rigole plus là. Eh, reculez, reculez.

13:22
Présentateur

Salut à vous les matinaux qui nous regardez en direct. Bonjour à toutes et tous. Quel plaisir de vous retrouver. Nous sommes sur le Média TV et c'est l'heure de la contre-matinale. Retour sur le plateau du Média avec Marion Beauvalet. Bonjour Marion. Je rappelle que tu es doctorante, présentatrice de l'émission Plan B sur Twitch et que tu as regardé pour le Média les deux heures d'émission d'Emmanuel Macron sur TF1. Tu as pris des notes, toutes écoutées, attentivement et de manière studieuse. Alors, est-ce que ça va là, maintenant ? Oui, ça va. C'était un peu long, plus d'une heure et demie au départ. Je pensais que ça devait être une heure dix.

Donc, ma soirée a été assez occupée par ce moment qui était vraiment, je pense, assez ennuyeux. Assez ennuyeux, mais il faut faire ce qu'il faut faire. Le boulot, c'est le boulot. Alors, je voudrais qu'on commence par évoquer le dispositif de cet entretien. On rappelle donc qu'il était en différé, donc visionnable, modifiable et amendable par l'Élysée. Là où la tradition veut qu'un tel exercice soit en direct, il était aussi très formel, avec un studio installé à l'Élysée, écrasé par les symboles de la République, alors même qu'Emmanuel Macron est manifestement candidat. Et les équipes de TF1 elles-mêmes voulaient se convaincre de leur audace et du potentiel subversif de ce dispositif.

On regarde deux petits extraits, un avant la diffusion et un pendant cet exercice télévisuel.

15:00
Locuteur 5

– Darius, expliquez-moi, elle n'est pas en direct, tout le monde le sait, elle a été enregistrée dimanche, cette émission. Elle est réalisée dans les conditions du direct ? On n'a jamais dit, attendez, on la refait, celle-ci, là, j'ai pas été bon, on recommence, on est d'accord ?

15:12
Invité politique

– Absolument, tout à fait. Non, non, c'est les conditions du direct avec le naturel du direct, notamment le naturel des réactions du président à certaines images ou à certaines phrases, qu'on lui rappelle, puisque ce sera une des particularités de cette émission.

15:26
Locuteur 5

– Des images, on le fait réagir à des images.

15:28
Invité politique

– Oui, des images, des séquences qui ont marqué le quinquennat, qui peuvent lui être favorables ou défavorables, évidemment.

15:33
Locuteur 6

– Et un petit conseil pour nos téléspectateurs, quand Audrey et Darius poseront leurs questions ce soir, ne quittez pas de regarder le visage du chef de l'État, parce qu'en fait, c'est assez inhabituel, très souvent vous le verrez, vous le verrez y compris, lorsque lui-même regardera les images et les déclarations, les sons, comme on dit en télévision, dont parle Darius. Ça, c'est assez inhabituel. – Ah oui. – Et vous lirez également beaucoup de choses à travers son visage, la manière dont il réagit, ou la manière dont il met parfois du temps à répondre aux questions qu'Audrey et Darius lui posent, parce qu'on a parfois une petite seconde ou deux de réflexion, d'hésitation avant d'y aller.

16:06
Locuteur 5

– Oui, parce que les images en question et les thématiques en question, il ne sait pas trop où vous allez l'emmener, le président.

16:10
Invité politique

– Ah non, non, liberté totale des questions, le but, c'était de parler de tout. – Bonsoir, d'abord parce que je pense que c'est utile,

16:17
Locuteur 9

et que dans ce moment où l'année tourne sur ses gonds, il est bon de voir où notre pays se trouve.

16:25
Présentateur

– Alors, donc, on ne voit pas la partie où la journaliste Audrey Crespo-Marat parle d'une épreuve, et même d'une épreuve de vérité, là où de nombreux observateurs ont vu un grand moment de complaisance, et toi, Marion, qu'est-ce que tu as vu ? – Je pense que oui, c'était plus un moment de grande complaisance que de vérité. Déjà, il y a cette première question qui est le fait que l'entretien était enregistré. On savait depuis plusieurs jours que ça allait tourner. Le fait que ce soit enregistré, on pouvait se douter, par exemple, qu'il n'allait pas parler du coronavirus, parce que la situation évolue tellement rapidement qu'on serait plus sur du direct pour aborder ces sujets.

Donc, il allait parler de choses éminemment politiques, avec du coup un format très particulier. Et une fois qu'on était lancé hier dans la soirée à regarder l'émission, effectivement, le format était assez étonnant. Il y avait toute la symbolique, en fait, de l'Élysée dans un décor en même temps assez moderne qui écrasait, en fait, tout. On n'était pas sur un plateau télévisé habituel. Et au-delà de la dimension enregistrée, moi, ce qui m'a frappée, c'est la position des journalistes.

En fait, ils lui posent des questions, on en parlera après, mais qui, parfois, étaient très psychologisants sur comment il avait vécu le quinquennat, presque comment il avait progressé humainement à travers la fonction de président. D'autres moments où, finalement, on lui demandait s'il n'était pas un peu socialiste, avec, je pense, une approche, un rapport à l'économie et aux sciences politiques qui n'étaient pas très, très poussées. Et du coup, des questions qui n'allaient pas du tout le titiller, qui n'allaient pas du tout le chercher. Aucune contradiction.

On en parlera aussi après, mais il a prononcé un certain nombre de mensonges au cours de l'émission et aucun dispositif de fact-checking. Alors que, justement, on aurait pu se dire que le fait que ce soit enregistré aurait pu permettre de passer au crible toutes ces déclarations, par exemple sur l'affaire Benalla, et de tout vérifier. Et en fait, il n'en est rien. On a juste eu un format, eux, du coup, ils nous disent que les questions étaient spontanées, etc. En fait, on n'en sait rien parce que c'était enregistré. Et l'avantage, le mérite de ce format aurait pu être de vérifier, de passer au peigne fin ce qu'il a dit. Et ça n'a pas été le cas. Justement, j'en parlais.

Ils auraient pu envoyer par Vimeo ou par un lien privé l'intégralité de l'interview aux médias avant, pour qu'ils puissent rebondir ce matin sur cette interview, vu que techniquement, c'était possible. Mais ils se sont bien gardés de le faire. Oui, et je pense que ce choix me fait un peu penser à la position dont on a placé les candidats et les formations politiques, à savoir que finalement, on leur a proposé de venir, enfin, de débriefer, commenter, on choisit le mot qu'on préfère, l'allocution du président après sur le plateau. Et avec le fait que l'information était gardée secrète finalement très longtemps, on n'a pas donné accès aux médias, aux autres, etc.

Mais ce qu'ils disaient, que ce n'était pas du tout spontané, tout le monde s'est un peu retrouvé pris au dépourvu, à devoir écouter ce qu'il se disait alors qu'il aurait pu en être autrement. Et donc, on a d'une part, du coup, les médias qui ont dû attendre la soirée pour pouvoir voir ce qu'il disait. Et de l'autre côté, les formations politiques sont vraiment réduites au stade de commentateur. Alors qu'en fait, Emmanuel Macron, quand on écoute ce qu'il dit aujourd'hui, c'est plus un concurrent, un adversaire politique que quelqu'un qu'on doit commenter. C'est quelqu'un qu'on doit affronter quand on voit ce qu'il dit.

En tout cas, Jean-Luc Mélenchon, la France infémise de l'Union populaire et aussi Yannick Jadot de ELV ont refusé de se plier à cet exercice. Et ils sont même allés jusqu'à contester cet exercice auprès du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Est-ce qu'on peut espérer, à ton avis, demain, que des choses pareilles ne se reproduisent plus alors qu'on entre vraiment dans la droite ligne électorale ? En tout cas, on devrait, dans une République, on ne devrait pas voir ça. Oui, tout à fait. C'est Emmanuel Bompard, je crois, qui a écrit une lettre au CSA. Il a obtenu une réponse justement demandant à ce que le contenu de l'interview soit décompté du temps de parole.

Je pense que ça, typiquement, c'est une très bonne initiative. Il y a aussi d'autres formations, d'autres candidats qui l'avaient fait concernant le temps d'antenne d'Éric Zemmour avant qu'il se déclare candidat. Et le CSA leur a quand même plutôt donné raison et a mis en garde, en fait, TF1 sur ce genre de pratique. Ce qui l'a été décidé, c'était que 75 % de ce que disait Emmanuel Macron serait compté comme, en fait, du temps de parole d'un candidat. Alors, hier, sur Sud Radio, François Ruffin a estimé tout simplement que la famille Bouygues et plus généralement l'oligarchie médiatique fait campagne d'ores et déjà pour Macron.

Leur canasson, selon son expression, c'est peut-être un peu, disons, un peu dur, mais c'est vraiment très, très proche de la réalité, d'autant plus qu'en 2017, le rôle des médias mainstream a été très grand dans la montée en charge de la campagne de Macron. Est-ce qu'on va revivre ça ? Là, ce qu'on voit, c'est que du coup, effectivement, c'est Martin Bouygues qui semble avoir choisi de mettre en scène une autre personne. Peut-être qu'il va nous proposer un format inédit avec 1h30 de plateau pour chaque candidat. Et après, on pourrait en discuter, mais visiblement, ce ne sera pas forcément ça le choix qui sera fait.

Effectivement, en 2017, les médias avaient permis à Macron d'avoir une figure de faux outsider et l'avaient fait monter en le plaçant comme une sorte d'enfant prodige qui sortait de nulle part et qui allait tout révolutionner. On se rend compte, 5 ans après, que ce n'était pas le cas. Mais en tout cas, les médias sur la narration de la personne, de la campagne, avaient une grande place.

Et là, sur ce qu'on voit hier, sur le déroulé, sur la manière dont Macron se positionne, on a l'impression que finalement, on reprend ce qui s'est fait en 2017 et on l'actualise 5 ans plus tard avec un goût étrange pour les téléspectateurs parce que la différence avec 2017, c'est que là, on s'est quand même coltigné 5 ans de Macron. En tout cas, c'est important de se rendre compte un peu du jeu, en fait, des grands industriels, des grands patrons qui ont des médias. Là, on parle de Bouygues, mais on pourrait aussi parler de Bolloré, qui a quand même fait monter en puissance Éric Zemmour pour le résultat qu'on connaît.

J'ai été aussi frappé par le fait qu'Emmanuel Macron, quand on lui parle du risque de cristallisation d'une société de surveillance, parle plutôt, comme pour rassurer, d'une société de vigilance. Cela m'a fait penser à un entretien accordé par Vanessa Codacioni, une politologue, une politiste, à notre camarade Julien Théry. Elle évoquait son dernier livre dont le titre est justement « La société de vigilance » et explicitait ce concept tel que construit par Emmanuel Macron lui-même. On écoute un petit extrait.

22:51
Locuteur 7

Vous êtes politiste, c'est-à-dire spécialiste de séance politique à l'université de Paris VIII et vous venez de faire paraître un livre qui s'appelle « La société de vigilance, autosurveillance, délation et haine sécuritaire ». Et vous prenez pour point de départ dans ce livre un discours d'Emmanuel Macron en octobre 2019 après un attentat à la préfecture de police de Paris. Emmanuel Macron expliquait « Une société de vigilance, voilà ce qu'il nous revient de bâtir » et il développait en disant « Nous mènerons le combat jusqu'à la fin et pour cela, il faut savoir repérer au travail, à l'école, les relâchements, les déviations ».

23:36
Présentateur

Alors, c'est frappant qu'il utilise cette expression parce que société de vigilance, c'est un mot qui semble en réalité adoucir un concept qui ne renie pas et ce concept, c'est la société de surveillance. Et d'ailleurs, on voit un fil rouge dans sa présidence avec la manière dont la crise sanitaire a été gérée, le pass sanitaire, qui est un dispositif d'autosurveillance, de surveillance mutuelle et même la loi séparatisme puisqu'il parle de se traquer même au travail et les relâchements, donc regarder le comportement, les signes de radicalisation et puis finalement, il utilise quand même un mot qui est plus doux.

Est-ce que ce n'est pas justement la méthode de cet extrême centre qui ne montre pas la violence d'Éric Zemmour ou d'une Marine Le Pen mais qui finalement, des fois, sur certains sujets en tout cas, dit la même chose ? Là, effectivement, ce qu'on voit sur toute la soirée hier, c'est qu'il le fait mise, il adoucit beaucoup de choses qu'il a pu faire ou qu'il a pu théoriser effectivement sur la question, du coup, sur la première partie de l'émission où il parle quand même du rebond du coronavirus.

En fait, il est vraiment sur quelque chose qui est du coup, ce n'est pas étonnant quand on voit qu'il parle mais de l'ordre de la responsabilité individuelle, le fait de dire il faut faire attention et que c'est vraiment aux individus, aux Françaises et aux Français de faire attention. Faire attention et de faire attention à leurs voisins. C'est ça, oui, parce que du coup, on a le pendant à la fois se surveiller et surveiller les autres et le pendant sécuritaire mais ce qui est intéressant c'est que quand il parle de ça, le souci aujourd'hui c'est qu'on a des gens par exemple qui veulent se faire vacciner mais qui ne trouvent pas de créneau pour obtenir leur troisième dose.

Le fait de remettre à l'échelle individuelle, le fait de devoir faire attention, c'est aussi une manière de masquer en quelque sorte les insuffisances et les échecs de la politique qu'il mène concernant le coronavirus. Et la crise de l'hôpital public qui est frappante en ce moment, elle ne déborde pas sur ce plateau de télévision. On aurait aimé voir un médecin urgentiste, un médecin qui est en face de cette cinquième vague et justement du mauvais état de l'hôpital public avec beaucoup d'infirmiers et d'infirmières qui ont démissionné avec une sorte de fatigue générale mais ça, on ne le voit pas.

On ne voit pas les aspects sociaux des choix politiques, les conséquences sociales des choix politiques. On l'entend dérouler vraiment son narratif sur le succès du Ségur de la santé qui est contesté vivement par de nombreux médecins et ça, c'est assez frappant selon moi. Oui, tout à fait concernant la gestion de l'épidémie du coronavirus et la manière dont il raconte son quinquennat.

Il y a un moment par exemple que j'ai trouvé frappant hier, c'est quand il revient sur le fameux quoi qu'il en coûte au départ qui visait à sauver entre guillemets les secteurs touchés par la crise et qui en fait sont allés remplir les poches de quelques-uns qui s'étaient aussi assez bien nourris en dividendes donc ils n'avaient pas forcément besoin qu'on les aide. Il revient sur le moment où il a décidé en mai 2020 de réouvrir les écoles et en fait il dit qu'il est parti en banlieue et qu'il a été très touché d'une discussion avec un maire etc.

Et en fait il revient à chaque fois il psychologise entre guillemets tout ce qu'il dit il revient sur lui l'expérience qu'il en a tiré comme on raconterait un stage ou une expérience professionnelle. Il y a quelque chose de très dépolitisant dans son discours et ça lui permet c'est très politique bien sûr mais de contourner tous les échecs aussi de sa mandature et la manière dont il l'aborde fait que au-delà du fait que les journalistes ne sont pas du tout dans la contradiction vu qu'il est sur ce que lui il en a tiré ce que ça lui a appris en quoi ça a joué sur ses choix etc. c'est dur en fait de reprendre un niveau plus global de lui parler de la case de l'hôpital public etc.

Justement parlons de la psychologisation de la trame en fait psychologisant de cette émission on ne fait pas le bilan du quinquennat mais du quinquennat tel qu'Emmanuel Macron l'a vécu et du coup on est en empathie puisque c'est lui le héros du film regardons encore un extrait et on en reparle.

27:26
Locuteur 4

Mais d'abord une question sur vous en quoi cette crise vous a-t-elle changé ?

27:33
Locuteur 9

D'abord elle m'a appris comme à nous tous ce qu'était cette vulnérabilité que j'évoquais tout à l'heure et donc cette humilité à laquelle vous devez être confrontés ensuite elle m'a je dirais qu'elle m'a fait sans doute toucher plus plus directement les inégalités insupportables qui peuvent exister et j'ai vécu des moments très côté de nos de nos compatriotes mais des moments qui ont été très marquants pour moi par exemple quand je suis allé durant le premier confinement en Seine-Saint-Denis pour revoir la vaccination il y a eu un moment bouleversant où des habitants étaient à leurs fenêtres et ont chanté la Marseillaise alors qu'ils vivaient dans des appartements minuscules et qu'on mesurait combien pour eux le confinement était difficile et j'ai été ensuite voir un maire du département qui est celui qui m'a vraiment éveillé sur les enfants en me disant moi je suis très inquiet parce que les enfants de la commune je ne les vois plus et je sais d'expériences qu'il y en a plus de la moitié qui s'ils ne viennent pas à l'école ne mangent pas et leurs parents je les vois parce que eux le matin ils vont dans les transports en commun parce qu'ils continuent à travailler ils nettoient ce sont ces emplois invisibles de notre société et c'est ce jour-là où j'ai décidé de rouvrir les écoles pour le coup quoi qu'il en coûte aussi le 11 mai

28:57
Présentateur

Alors on rappellera qu'Emmanuel Macron a connu Brigitte Macron alors qu'elle était sa professeure de théâtre est-ce que les leçons ont été bien assimilées est-ce que c'est crédible cette trame finalement du président qui découvre son pays en descendant chez les pauvres en Seine-Saint-Denis et qui est frappée par les inégalités et puis finalement ne fait rien à la fin contre ?

Là il y a une chose qui est sûre c'est que c'est pas aujourd'hui très évident qu'Emmanuel Macron aura été un bon président pour la France mais en tout cas il aurait aimé être un grand héros romantique ce qui est intéressant avec ce qu'il raconte hier et la manière dont il se met en scène c'est que ça rappelle des éléments de sa campagne en 2016-2017 et ça m'a fait penser à ce que Régis Debré avait écrit sur le génie français et la littérature avec en fait il faisait un parallèle de manière discrète entre les héros de la littérature par exemple Julien Sorel ou d'autres personnages et en fait la manière dont Emmanuel Macron se racontait avec une espèce d'ascension irrésistible de la province vers Paris hier il en parle il dit qu'il vient d'Amiens etc qu'il venait entre guillemets pas de la caste etc et c'est des choses qu'il mettait beaucoup en avant et que les médias aussi mettaient en avant sur lui parce que ça devait faire joli entre guillemets dans les discours de raconter une trajectoire de quelqu'un qui n'était pas prédestiné entre guillemets à devenir président après on s'est rendu compte que c'est faux qu'il avait fait Sciences Po qu'il avait fait l'ENA qu'il était passé par une classe préparatoire etc donc qu'il cochait toutes les cases du cursus honorum de la personne qui allait réussir dans la 5ème république et hier il revient un peu sur cette chose là avec quelque chose de très sensible de très affectueux il dit qu'il aime la France qu'il aime passionnément toutes ces choses là je trouve que ça rappelle un peu cette narration de 2016 où finalement il ressort il s'extrait un peu de la politique des idées des choses programmatiques après quand il en parle on se rend compte qu'il dit des choses de droite mais pour raconter quelque chose un peu de généraux quelque chose de très français storytelling de la narration alors il parle justement des enfants dont les parents travaillent mais qui ne mangent pas à leur faim et justement on attend de lui qu'il dise à partir de 2022 la cantine sera gratuite mais il ne le dit pas on attend qu'il dise ah ben dis donc ces gens qui travaillent qui sont des travailleurs essentiels il faut les augmenter je vais donner un coup de pouce vigoureux au SMIC et il ne le dit pas justement parce que il n'est pas le président de la République il est l'homme qui raconte ce qu'il a vécu et c'est ça qui me semble assez pervers dans ce procédé psychologisant oui tout à fait il aurait pu par exemple ses parents qui partaient au travail pendant la crise du coronavirus il a eu de nombreuses semaines par exemple pour peut-être mettre en place ce que certains appelaient la société du roulement avec des horaires de départ au travail différencié pour que tout le monde ne se retrouve pas dans le RER dans le métro ou dans le bus au même moment c'est des choses qu'il n'a jamais faites donc découvrir avec beaucoup de tristesse que oui des gens ont été en fait en première ligne et ont subi le coronavirus que les familles les plus fragiles qui par ailleurs ont augmenté aujourd'hui on est à 8 millions de personnes en fait qui font la queue pour récupérer de quoi manger parce qu'ils n'ont plus les moyens de se payer à manger étonnamment ça aurait été bien que cette personne qui a découvert la France et qui était par hasard président et agit pendant la crise c'était lui qui avait tous les leviers il ne le fait pas et maintenant il raconte une histoire un peu triste mais je pense que ça ne dut personne Emmanuel Macron il était touché donc au fond peut-être que c'était son chemin de Damas est-ce qu'il est devenu un homme de gauche du moins un homme qui se gauchisse depuis la crise du Covid-19 on ne rigole pas c'est un peu ce qu'on doit déduire de ces échanges avec les journalistes TF1 et LCI donc Darius Rochemin et Audrey Crespo Marat écoutons un peu un petit extrait

32:44
Invité politique

c'est très loin de l'image convenue d'Emmanuel Macron président des riches le banquier de chez Rothschild etc est-ce que là il y a eu un moment comme ça où une conscience sociale a grandi d'abord

32:56
Locuteur 9

on a le droit de ne pas être la caricature dans laquelle on veut vous enfermer et donc je pense que je n'ai jamais été moi je n'ai jamais été ça je sais d'où je viens je viens d'une famille à Amiens justement de médecins hospitaliers une grand-mère enseignante et donc je sais d'où je viens et quelles sont mes valeurs mes valeurs ne sont pas celles d'un président des riches je crois dans je suis ambitieux pour notre pays je suis pour l'innovation je suis pour un pays qui est fort économiquement mais je suis pour un pays juste mais c'est vrai que lorsque tant de choses vacillent que le doute est là on mesure sans doute encore plus fortement et dans sa chair l'importance de ces métiers donc oui j'ai appris et sans doute que je suis plus plus sensible à certaines choses que je l'étais avant oui c'est vrai c'est-à-dire que je pense que je vais vous dire je crois sur l'hôpital et les soignants que ce que je dis en 2018 et l'intuition est plutôt juste c'est-à-dire il faut qu'on arrête avec baisser les tarifs il faut qu'on change l'organisation mais qu'on retrouve de l'ambition et qu'on investisse mais je pense que je n'ai je ne mesure pas assez le sentiment d'urgence avant la crise

34:11
Présentateur

vous avez une sorte de marxiste qui est devant vous qui s'appelle Emmanuel Macron c'est assez frappant que justement le dispositif nous empêche de politiser les choses en gros la casse de l'hôpital public on n'en parle pas on parle de lui on parle de lui tout le temps et de et finalement de sa passion pour la France modeste alors que par ailleurs quand il sort donc de ce pathos il évoque des mesures que tu as noté qui sont des mesures finalement très dures vis-à-vis de la France d'en bas oui tout à fait pendant l'émission il parle de la question des retraites à cinq reprises et l'idée claire et d'ailleurs sur ce qu'il dit je pense que c'est assez évident qu'il va être candidat à sa propre succession à sorte qu'il dit qu'il va falloir poser la question du travailler plus longtemps et notamment il précise vraiment de repenser le travail des seniors donc quand on parle de ça moi j'ai du mal à voir quels sont les commentaires qui pourraient les s'étendre à ce qu'il serait devenu un Macron de gauche finalement et que se préparait un homme de gauche pour 2022 au contraire là il y a un certain nombre de mesures qui sont en pause pour différentes raisons notamment parce que je pense que la crise du coronavirus perturbe quand même beaucoup le calendrier mais si jamais il est candidat et qu'il venait à être réélu en 2022 c'est très clair l'une des premières choses qu'il fera ce sera réformer les retraites et ça ça implique du coup ça touche des millions de personnes et ça les précarise il y a une infographie qui est sortie l'autre jour qui montrait qu'on a 25% des personnes qui meurent avant l'âge de départ à la retraite avant l'âge de 62 ans cette donnée là elle est terrible Emmanuel Macron il n'en parle pas et au contraire il veut faire réfléchir à faire plus travailler les seniors pardon donc ça veut dire qu'il n'a tiré aucune conséquence il n'y a pas de vraie orientation sociale finalement dans ce qu'il voudrait faire plus tard alors en plus ce qui est frappant c'est qu'il y a une sorte de décalage de dissonance de hiatus entre Emmanuel Macron qui parle des personnes dans le 93 des travailleurs essentiels qui souffrent dont les enfants ne vont pas à l'école qui n'arrivent pas à bien nourrir leur famille et puis quand il parle de faire travailler les seniors mais ce sont eux les seniors ce sont ces travailleurs qui travaillent dur qui devront être obligés de trimer encore plus longtemps qui ne le pourront pas et donc qui fatalement auront une retraite plus basse parce qu'ils n'auront pas cotisé à 100% mais on a l'impression que c'est deux réalités qui ne se rejoignent pas alors que si elles se rejoignent et c'est en fait aussi quelque chose qui est fait quelque part et qui dépolitise qui peut aussi quelque part profondément irriter voire révolter alors la crise des gilets jaunes a marqué fortement le quinquennat par la violence de la répression les éborgnés les mutilés et même la mort du cinéma Bredouane une mamie de 80 ans à Marseille en fait qui a été tuée parce qu'elle regardait enfin elle fermait ses volets alors qu'il y avait un acte des gilets jaunes à Marseille les journalistes du groupe TF1 évoquent cette séquence en partageant l'analyse d'Emmanuel Macron ça qui m'a frappé sur l'origine de la violence c'est à dire la foule devenue folle dont parle Emmanuel Macron en se référant à Victor Hugo et lui-même d'une certaine manière Emmanuel Macron attribue la paternité de cette crise des gilets jaunes à François Hollande on regarde un extrait

37:41
Locuteur 4

Vous n'aviez pas aussi une part de responsabilité dans cette crise des gilets jaunes avec comme des allumettes qui ont été allumées avec des décisions comme les 80 km heure avec la hausse des taxes sur les carburants vous aviez des remontées ?

37:58
Locuteur 9

Vous avez toujours une responsabilité quand vous êtes aux responsabilités donc oui vous dire que je ne suis pour rien dans la crise des gilets jaunes

38:05
Locuteur 4

au premier prémissement de colère ?

38:07
Locuteur 9

Personne n'a vu arriver une telle crise personne soyons collectivement honnêtes mais je pense qu'il y a eu à ce moment-là des erreurs qui ont été faites c'est-à-dire que la mécanique de l'augmentation du carburant est votée dès 2015 la taxe carbone etc comme c'est voté on pense que c'est fait c'est un peu le défaut dans notre pays la loi est faite le décret est fait c'est une vérité et on ne s'occupe pas suffisamment moi je suis obsédé par ça maintenant du moment où ça arrive dans la vie des gens et qui voient le portefeuille

38:40
Locuteur 4

Et les 80 km heure qui tenaient à cœur

38:43
Locuteur 9

à votre Premier ministre ? qui va toujours dans le même sens c'est-à-dire qu'on a donné le pas donné le sentiment on a pris des décisions qui ont été vécues par nos compatriotes comme étant on ne comprend pas pourquoi ils les prennent mais ils viennent nous empêcher de vivre

38:59
Locuteur 4

Les 80 km heure c'était une erreur aussi ?

39:01
Locuteur 9

Le tout cumulé le 80 km heure est une bonne décision pour la sécurité routière et tout ce qui a été fait ces dernières années j'entends les débats qui se trouvent sur ce sujet le président Chirac qui a largement contribué là aussi par l'effort qu'il avait fait quand il était président pour réduire le nombre d'accidents de la route a raison les 80 km heure étaient une bonne mesure pour réduire les accidents simplement c'est arrivé sans doute à un moment où nos compatriotes n'ont pas compris cette décision où peut-être elle a été je dirais appliquée de manière trop uniforme sur tout le territoire il fallait sans doute ce qu'on a ensuite fait la laisser à chaque département pour l'adapter aux réalités du terrain

39:37
Présentateur

Alors quelque part c'est la faute de François Hollande s'il y a eu la crise des Gilets jaunes puisque c'est en 2015 que la loi sur les carburants est passée donc Emmanuel Macron finalement n'est que le réceptacle de la colère qui aurait dû être adressée à François Hollande si on comprend bien Oui et le réceptacle d'une part et surtout c'est que ce qu'il dit à la fin que ça aurait peut-être pas dû être appliqué comme ça et encore une fois que les gens n'avaient peut-être pas compris ce qui est toujours la manière depuis plusieurs années maintenant qu'un président fait quelque chose et que les gens ne sont pas contents c'est pas qu'ils ne se remettent pas en question ils n'ont pas forcément tort c'est que les gens ne comprennent pas donc il faut être plus pédagogue En plus je trouve que c'est quand même assez spécieux la manière dont les journalistes amènent la question on est 80 km heure le problème c'est pas les foutres du volant le problème c'est que quand on descend à 80 km heure dans certaines agglomérations on augmente le nombre de contraventions et donc l'essence augmente en plus on doit se taper des contraventions c'est ça c'est pas parce que poser la question genre il y a des dangereux et des irresponsables qui veulent aller plus vite alors qu'en allant plus lentement il y a moins d'accidents je trouve que c'est un peu ça aide le président en tout cas quelque part Oui tout à fait un des grands enseignements des gilets jaunes et il me semblait que tout le monde l'avait compris très rapidement finalement après le premier acte etc c'est qu'au delà de la mobilisation qui est un peu le catalyseur concernant la question des 80 km qui pose aussi la question je crois comme tu le dis du fait qu'aujourd'hui pour beaucoup de gens la distance entre le lieu de vie le travail se rallonge donc du coup ralentir la possibilité de rouler peut-être un peu plus vite ça fait qu'on va passer plus de temps au volant dans les transports avant d'arriver au travail donc c'est aussi ces problématiques là et normalement c'est assez évident aujourd'hui qu'on a ce catalyseur qui est la question des 80 km heure mais qu'autour on a aussi une demande de dignité on a une crise sociale profonde et là ce qui est incroyable c'est que les journalistes arrivent finalement à résumer la question des gilets jaunes à d'une part les 80 km heure mais de manière très littérale avec justement en coupant les implications du lieu de vie du lieu de travail etc en faire quelque chose du coup de très terre à terre et du coup de l'autre côté le fait de dire surprenez la phrase de Victor Hugo cette foule qui devient en partie folle donc du coup une condamnation des violences mais du côté des manifestations et un mouvement qui serait avant tout lié à la question de la route alors que c'est pas ça et ce qui est frappant c'est qu'une fois de plus la violence de l'Etat elle est évacuée la question des violences policières qui est quand même montée avec cette crise des gilets jaunes une violence policière qui s'est élargie et qui ne s'est pas arrêtée puisqu'après on a eu la loi sécurité globale en fait cette surenchère on ne parle pas oui tout à fait il y a un moment j'ai noté Macron il explique qu'il définit une sorte de triptyque de ce qu'il voulait être c'était libérer protéger unifier du coup sur le libérer je pense qu'on a montré que c'est surtout une fragilisation de la société avec du coup des personnes plus fragiles qui se retrouvent en danger par exemple avec la baisse des APL le fait qu'il veut revenir sur la question des retraites et sur le protéger non enfin le quinquennat de Macron c'est plutôt celui de la mutilation on a plusieurs centaines de personnes qui ont été blessées lors des actes des gilets jaunes je parlais de madame Zina Bredouane qui est morte son triptyque si on devait le définir aujourd'hui ce serait fragiliser délaisser et mutiler pas libérer protéger et unifier et effectivement avec cette euphémisation qu'il a pendant toutes les missions et le fait que les journalistes ne le relancent pas ne le titillent pas et qu'il n'y ait pas de fact-checking derrière la question des violences policières est totalement évacuée justement on se dit que d'une certaine manière les émissions politiques produites par la télévision finissent par ressembler à des opérations de communication comme celle avec McFly et Carlito où il a toujours tout contrôlé où finalement en fait on lui déroule le tapis rouge et on imagine un dispositif plus sain où peut-être il y aurait des contradictoires politiques puisqu'il est quand même on est quand même dans une période préélectorale peut-être pas ses concurrents directs mais au moins des personnes de ce bord politique là qui viendraient poser des questions un peu plus dérangeantes on pourrait aussi imaginer le surgissement du peuple sur le plateau télévisé mais rien en fait on a vraiment une sorte de conversation avec des gens qui sont comme disait le Figaro ravis d'être là et en fait c'est assez frappant finalement est-ce que si tu ne travaillais pas dessus tu aurais regardé jusqu'au bout cet entretien non pas forcément dans le sens où au bout d'un moment on comprend qu'il ne sortira en fait de cet exercice qui était très long aucune vraie annonce que si on s'intéresse au coronavirus on aura sans doute des annonces dans les prochains jours mais que là en tout cas c'était pas le lieu quand on comprend aussi qu'il répète cinq fois qu'il faudra réfléchir à la question des retraites on sait que si jamais il est candidat a priori il le sera que ce sujet là va finir par être abordé que ça va être très difficile donc non l'exercice n'a aucun intérêt on dirait effectivement un grand exercice de communication avec des journalistes qui sont très complaisants et c'est un peu le parachèvement peut-être de ce qui se passe à l'Elysée depuis le début du quinquennat depuis qu'Emmanuel Macron est élu en fait à plusieurs reprises on a eu des journalistes qui n'ont pas eu d'accréditation pour assister à certains événements je ne sais plus si c'était sur la visite d'une usine des journalistes qui se voyaient remettre un dossier presse et du coup finalement ils ne pouvaient pas poser de questions puisqu'ils avaient tout dans le dossier presse on a quand même un contrôle de l'enquête de l'information qui est très très fort aujourd'hui alors ce qui est frappant c'est que vraiment là c'est un processus de contrôle complètement décomplexé on se rappelle qu'un tel dispositif avait existé par le passé il y a Edwin Plenel et Jean-Jacques Bourdin qui étaient allés à la rencontre d'Emmanuel Macron c'était toujours à l'Elysée c'était toujours assez contrôlé mais un c'était en direct et deux c'était des journalistes qui même s'ils ne sont pas des opposants hostiles sont quand même des journalistes qui savent interviewer et qui savent interviewer et poser des questions qui dérangent alors que là on a vraiment des journalistes dans leurs petits souliers est-ce que finalement ça en dit quelque chose sur la manière dont Macron veut contrôler cette campagne et justement ne pas entrer en campagne pour ne pas être celui qui reçoit des coups mais pour être celui qui impose sa prestance tout à fait c'est un peu ce qu'il avait fait déjà en 2017 avec la sortie d'un programme qui était très très tardif et finalement le fait qu'on parlait beaucoup de lui et surtout de lui peut-être plus que de ses idées jusqu'à un certain point et qu'avec ça il se protégeait et hier ce qui était frappant c'est qu'il y a vraiment des moments où ça confinait à l'interview people en quelque sorte c'est ce qu'il avait appris comment il l'avait vécu etc il a aussi dit ce qui est très étonnant à plusieurs reprises qu'il ne faisait pas de politique ça faudra m'expliquer comment un président qui va peut-être être candidat à sa succession peut dire qu'il ne fait pas de politique pourquoi des journalistes quand il dit ça il le dit plusieurs fois pourquoi est-ce qu'on ne l'interroge pas là-dessus moi je ne serais pas très rassurée si je vais voter à une élection je ne vais pas voter pour un manager ou un président de start-up je vote pour quelqu'un qui fait de la politique et Emmanuel Macron dit ça plusieurs fois il incarne le bon sens pendant que les autres sont des politiciens lui c'est un homme d'état il incarne le bon sens il est au-dessus des passions partisanes en gros c'est ça c'est je reste le chef de l'état même quand je descends dans l'arène je reste le chef de l'état et en plus c'est aussi une sorte de trame de l'extrême centre dont beaucoup de penseurs ont parlé c'est-à-dire je suis le bon sens je ne sais pas de politique puisque je suis le bon sens je suis ce qu'il faut faire je fais ce qu'il faut faire alors abordons maintenant les scandales les affaires politico-financières de la Macronie sont absentes du bilan tel que en fait on le laisse le laisse avoir TF1-LCI mais les affaires Benalla et Hulot sont traitées de manière assez spéciale quand elles sont traitées on commence par l'affaire Benalla avant qu'on vienne sur le plateau tu expliquais qu'il y avait une forme de tricherie dans la manière dont elle était présentée bon déjà il a dit il a utilisé une expression c'était pas une ce n'était pas une affaire d'état mais une affaire d'été encore une fois on est sur du feuilleton à l'eau de rose quelque chose d'assez étonnant oui ce qui est étonnant sur l'affaire Benalla c'est que bon déjà cette phrase qui n'est pas incroyable elle coupe court à toute discussion et pour rappel en fait l'affaire Benalla donc le 1er mai 2018 on a le journaliste à Boiv qui donc filme Benalla sans savoir ce qu'il joue vraiment donc place de la contre-escarpe et quelques mois plus tard moyennant en fait un travail d'investigation on a des journalistes au Monde qui identifie la personne et donc c'est quelqu'un qui était chargé de mission à l'Elysée et pas un policier du coup c'est au-delà d'une affaire de violence policière et quand on regarde la chronologie il me semble que même du coup des journalistes du Monde en ont reparlé hier en fait Alexandre Benalla est mis à pied après la révélation de cette affaire donc on a quand même plusieurs mois où quelqu'un qui a eu un uniforme qu'il n'était pas censé porter déjà reste en fonction ça on peut imaginer que c'était quand même quelque chose de su ils disent que quand même quand en mai 2018 ils ont eu les vidéos en interne sans que ça soit diffusé ils disent qu'il a eu 15 jours de suspension mais en fait on n'a aucune preuve de tout cela d'autant plus qu'on a eu des preuves que pendant les 15 jours supposés de suspension il travaillait et même quand les bleus sont revenus victorieux de la coupe du monde en 2018 Benalla était aux premières loges alors que cette affaire n'était absolument pas vieille c'est ça c'est Macron qui avait dit en 2018 je n'ai aucune indulgence pour la violence ou les tenants du désordre et quand on voit comment Alexandre Benalla a été sanctionné par l'Elysée on se dit que c'est une indulgence ou en tout cas des choses qui sont vraiment à degré variable ce qu'on voit aussi du coup sur la chronologie c'est qu'après le scandale on peut laisser le bénéfice du doute sur les mois entre mai et juillet mais après les révélations du monde l'identification et que l'affaire devienne vraiment un scandale public déjà il y a des choses bizarres du côté d'En Marche où il y a des personnes qui ont accès à des vidéos qu'il n'aurait pas dû avoir donc déjà il y a cette première chose là et ensuite en fait Alexandre Benalla il reste dans les cercles du pouvoir il a un badge qui lui permet d'aller à l'Assemblée nationale il dit que c'est pour aller à la salle de sport mais en fait il a accès à tout et on n'a pas besoin d'un tel niveau de badge pour aller à la salle de sport de l'Assemblée il reste dans les premiers cercles en fait d'Emmanuel Macron en 2019 il avait été révélé qu'il avait négocié des contrats auprès de milliardaires russes proches de Vladimir Poutine c'est un scandale d'État dans le sens où il reste en fait dans les premiers cercles de l'exécutif même après les révélations du mois de juillet qui ont quand même entraîné un certain nombre de manifestations et de mobilisation il continue longtemps à avoir un passeport diplomatique aussi tout à fait et aujourd'hui donc il est mis en examen si en fait c'est quelque chose qui se joue dans le temps qui traîne et en fait à chaque fois il y a des choses les gens ils font moins attention les médias en parlent finalement assez peu mais c'est bel et bien un scandale d'État et résumer ça à une affaire d'été qui serait juste l'identification de quelqu'un qui aurait fait une bêtise en manifestation c'est quand même scandaleux et c'est un mépris en fait du travail des journalistes de l'investigation qui était très fort de la part du président en plus l'affaire Benalla ça montre que c'est un système qui déraille et quand ce système déraille il y a toujours des personnes qui protègent la personne qui a déraillé puisque complément d'enquête a révélé que Mimi Marchand qui est une bonne amie du couple Macron qui est au service du couple Macron a cornaqué Alexandre Benalla au pire des moments notamment au moment où il y avait un coffre qui était chez lui on n'arrivait pas à entrer chez lui le coffre disparaissait etc il était toujours lié à l'Élysée via Mimi Marchand comme l'a révélé l'émission complément d'enquête sur l'affaire Hulot c'est pareil qui estime que Macron a fait un doigt d'honneur aux victimes et piétiner la libération de la parole pourquoi ?

Effectivement il a été interrogé sur l'affaire Hulot c'est peut-être les moments où les journalistes ont le plus joué leur rôle de journaliste on peut leur reconnaître ça ils ont fait l'effort sur un sujet de le faire et sur l'affaire Hulot déjà il revient sur la question du dépôt de plainte des victimes et aujourd'hui il dit qu'il n'y a plus de problème il me semble quand même qu'il y a quelques semaines il y a un mouvement qui a été lancé qui s'appelait Double Peine qui justement disait qu'aujourd'hui les plaintes des victimes au commissariat étaient très mal prises ce qui faisait que souvent les plaintes étaient classées sans suite et que les personnes qui étaient accusées de viol n'étaient pas poursuivies parce que justement le dépôt de plainte aujourd'hui est un énorme problème en France et Emmanuel Macron réussit à nous dire qu'il n'y a pas de problème alors qu'il y a quelques semaines il y a un mouvement sur les réseaux sociaux qui s'est lancé sur la question donc soit il résout vraiment très vite les problèmes soit la grande cause du quinquennat ne l'intéresse pas tant que ça je pencherais plutôt pour la deuxième hypothèse et ensuite il enchaîne du coup sur l'affaire Hulot et il n'a pas un mot en fait pour les victimes les personnes qui ont parlé ce qui est quand même quelque chose de très courageux d'autant plus quand on veut parler à propos de quelqu'un qui est puissant qui est connu il n'a pas un mot pour ses victimes et quand on lui pose la question de ce qu'il savait pourquoi est-ce qu'il avait gardé Nicolas Hulot quand l'affaire avait commencé à sortir il y a quelques années il ne réagit pas trop en fait ça doit être encore un moment où il regarde ses pieds il hésite avant de répondre mais il ne revient pas par exemple sur la mise en scène de Marlène Schiappa qui était allée très très loin pour le soutenir avec une pétition une mise en scène qui avait été commanditée comme on a pu le voir avec les révélations justement de la semaine d'investigation de France Télévisions on voit bien que Marlène Schiappa on lui demande de manière pressante de se positionner parce qu'elle est une femme de donner une sorte de blanc-seing à Nicolas Hulot donc je veux dire Emmanuel Macron n'a pas fait que respecter le principe de la présomption d'innocence il a couvert quelqu'un alors que même il y avait déjà eu Hebdo un journal qui n'existe plus aujourd'hui qui avait publié des informations là-dessus c'est ça du côté de l'Elysée il y a une véritable stratégie pour le protéger là c'est des choses qu'on voit à peu près effectivement avec la vidéo de Marlène Schiappa qui était ressortie le moment où elle est briefée avant l'interview qui est très cynique en fait mais en tout cas hier sur ce qu'il a dit moi vraiment j'étais étonnée déjà sur la méconnaissance des sujets en cours du côté de la justice et notamment sur les questions de procédure de dépôt de plainte d'une part et d'autre part ça me semble quand même être le minimum de pouvoir avoir un mot pour les victimes pour les femmes qui osent prendre la parole et même cette chose là il n'est pas capable de le faire en fait alors qu'aujourd'hui il y a eu de nouveaux témoignages concernant Nicolas Hulot qui sont sortis récemment je crois que c'est pas quelque chose de très coûteux il ne s'engage pas à grand chose en fait en ayant de la compassion pour soutenir les victimes et s'engager à agir et il est incapable de le faire et ça vraiment je trouve que dans le contexte dans lequel on est tous les témoignages en fait qui émergent tout le temps et le fait aussi que encore une fois ces questions là c'est censé être les femmes la grande priorité du quinquennat je trouve que l'écart entre ces grands principes affichés et la réalité ce qu'il est incapable de dire et on ne lui demande pas forcément grand chose parce qu'on sait qu'il ne va pas faire grand chose c'est vraiment un moment moi que j'ai trouvé affligeant et vraiment gravissime en fait qu'à partir d'aujourd'hui il faut qu'ils arrêtent de dire que la question de la femme de la libération de la parole que c'est leur priorité parce que depuis hier on en a eu la preuve formelle ça c'est un mensonge Merci beaucoup Marion Marion Beauvalet je rappelle donc que tu es présentatrice et non-présidente de l'émission Plan B sur Twitch et que tu es doctorante et tu es aussi une personne très dévouée qui se dévoue à regarder Emmanuel Macron très tard le soir pour en parler très tôt le matin voilà la contre-matinale du média c'est fini pour aujourd'hui ce soir vous pourrez regarder l'intégralité du reportage de Rémi Kenzo Pagès sur l'association de Bagnolet qui est devenue une obsession pour la fachosphère française et les médias qui l'accompagnent et donc vous pouvez aussi entre temps continuer de liker de partager cette vidéo pour donner à plus de personnes l'opportunité de la regarder par la magie des algorithmes de Youtube et demain la contre-matinale sera présentée par ma collègue et camarade Nadia Lazzouni restez donc connectés aux médias et n'oubliez pas si vous le pouvez de participer à notre mobilisation de fonds de fin d'année donnez-nous de la force donnez-vous de la force de la force

Contre-Matinale #57 | Macron sur TF1, un monarque en pré-campagne · Pourquijevote