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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 30 mars 2026 26 min

Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : comment protéger nos enfants ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

scolaire. C'est une affaire, vous le savez, qui a empoisonné la campagne des municipales à Paris. Des dizaines d'enfants victimes de violence physique, sexuel à la cantine ou encore à la garderie par exemple.

Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, était l'invité de France Info ce matin. Il dit vouloir en faire une priorité de son mandat. On va l'écouter.

C'est la priorité absolue de ce début de mandage. Il consacrera une part importante de ma journée aujourd'hui notamment pour rencontrer le collectif MIT école mais aussi d'autres collectifs. Nous allons tout remettre à plat.

La table, je l'ai dit, va être renversée et nous allons tout reprendre du début. Il y aura des décisions de changement managérial et cetera à tous les niveaux mais il faut le faire avec entre guillemets méthode respect et et méthodes et donc j'annoncerai ça au fur et à mesure des décisions lorsqu'elles seront prises. Nos experts et nos invités pour en parler.

Audrey Goutard, bonjour Audre. Notre spécialiste des questions de société à France info. Nos invités Anne Sének, merci d'être avec nous.

Vous êtes pédopsychiatre. Je précise votre livre L'anxiété de mon enfant aux éditions Mango. On est également avec Anne, bonjour, du collectif SOS collectif périscolaire et Éric Lecler.

Merci à vous d'être là. Vous êtes directeur périscolaire pardon et syndicat militant pour le SUFAP FSU. [grognement] On a entendu à l'instant Emmanuel Grégoire parler de devoir renverser la table.

Anne, je me je m'adresse à vous pour commencer renverser la table. Ça veut dire qu'il y a un problème structurel, que c'est pas un problème isolé ou des problèmes isolé. Ah non, on en est plus là.

Ça y est. Nous, on disait ça déjà quand le collectif s'est fondé il y a il y a 4 5 ans. C'était notre notre angle de dire que c'était systémique ce qu'on a ce qu'on a compris depuis.

Heureusement maintenant, on s'aperçoit bien que c'est généralisé, qu'il y a des défaillances qui sont donc systémiques et renverser la table. Après, on va voir justement avec lui cet après-midi comment il compte s'y prendre. Mais oui, oui, parce que vous vous allez, il l'a dit d'ailleurs dans cette interview, il va rencontrer les associations différentes associations ou on est Oui, on le rencontre cet après-midi à 15h30 et il parle d'un big bang.

Euh, il y a effectivement beaucoup beaucoup de choses à ça reste des mots pour l'instant hein, mais le le Oui, il a des propositions concrètes et nous en avons aussi. On va en parler après. Le chemin semble assez long en tout cas.

Oui, parce que effectivement le mot systémique, je pense qu'il est adapté à la situation étant donné que l'on se rend compte que finalement c'est une c'est toute une façon de faire, une une méthode, un des embauches, des formations qui sont remises en cause et avec cette incapacité en tout cas de la mairie de Paris à à et de ses services à gérer la crise. Donc on voit bien que renverser la table, ça veut dire restructurer certainement les services, ça veut dire former à nouveau des animateurs qui sont qui seraient vigilants sur ce qu'ils peuvent voir, entendre et suivre dans les écoles. Et puis c'est évidemment identifier les brebis galeuses et mieux informer les parents de ce qui se passe dans leur école.

Éric Leclerc, vous vous connaissez le système de l'intérieur. Quand on vous dit renverser la table, vous pensez à quoi tout de suite ? Je pense qu'il faut effectivement renverser la table, mais pas de manière uniquement parisienne, mais même de manière nationale.

C'est-à-dire que l'animation aujourd'hui, c'est issu de l'éducation populaire. Ça peut parfois être un peu du bricolage. Aujourd'hui, un animateur c'est quoi ?

C'est un BAFA, 2 semaines de formation, un stage et la personne est mise sur le terrain encore dans le meilleur des cas. Alors voilà, il faut tout revoir en terme de formation, c'est une certitude. Après moi ce que j'aimerais, on a pu voir pardon effectivement dans certains reportage constater que le seul critère de sélection c'était le fait d'être disponible hein.

Non, de pas avoir de casier, c'est quand même le critère pardon. Oui, de pas avoir de casier d'être disponible quand même, je pourrais que vous répondre qu'on n'est pas du tout attractif. Euh c'est-à-dire qu'aujourd'hui, le métier d'animateur, c'est quoi pour un vacataire ?

On embauche quelqu'un, on lui annonce qu'il va faire 8 he de travail par semaine, donc le midi sur des temps qui en plus où il y a beaucoup d'enfants très pénibles. Et on se retrouve donc avec des personnes qui ne travaillent que 8h, qui sont payé au SMIC et qui donc bah non finalement ont peu de compétences. Donc en fait, il faut qu'on arrive à les faire monter en compétence, qu'on soit plus attractif et qu'on ait aussi du temps de réunion et cetera.

À moins en repar. Juste pour compléter, pour donner quelques chiffres, la ville de Paris embauche chaque année 3000 nouveaux agents pour reconstituer son vivier de 10000 vacataires sur un total de 14000 animateurs. Donc vous voyez, c'est essentiel, c'est énorme.

Et donc il y a une demande très importante et aujourd'hui on parlait donc effectivement de cette nécessaire formation et puis de dire que pour l'instant effectivement il suffit d'avoir un casier vierge de semaines de formation pour être embauché parce que on comprend que la demande est énorme. pardon vous avez acquiessé quand monsieur a dit c'est pas qu'un problème parisien parce que vous le constatez tout le temps problème mondial en fait je pense que il faut être aussi clair là-dessus c'est pas une spécificité parisienne ou française. Il y a cette difficulté véritablement à comprendre ce que c'est un enfant la vulnérabilité qu'il y a et comme dans toute situation avec un une personne en vulnérabilité mais il y a toujours justement des personnes pour profiter de cette vulnérabilité.

Donc ça vous dites que ce que vous dites c'est que de toute façon c'est malheureux à dire mais ce type de profession avec des enfants attire forcément je sais pas si de profil en tout cas ils vont vers eux forcément en tous les cas ça doit attirer notre vigilance à nous qui sommes autour des enfants pour effectivement prévenir ces actes-là qui vont avoir un impact sur le développement de l'enfant mais aussi potentiellement sur sa vie toute entière. Et aujourd'hui, l'acte lui-même est parfois la non reconnaissance de cet acte parce que avec l'acte, il y a toujours le saut du secret. Et euh cette combinaisonl est très délétaire parce que c'est très compliqué pour un enfant qui en plus ne sait absolument pas ce qui se passe.

On lui en a jamais parlé, on l'a jamais protégé en expliquant que parfois il peut il veut se passer des choses et pour autant on n pas besoin d'inventer grand-chose. Tout ça existe. On a le matériel, on sait quoi dire à des enfants même de moins de 3 ans pour pouvoir se protéger du secret des abus.

Ça veut pas dire que ça n'existe pas et que ça n'arrivera pas à ces enfants-là qui sont prévenus, mais au moins ils ont des outils pour justement savoir dire non et aussi quand ça arrive malheureusement de pouvoir se sortir soi-même du secret et pouvoir chercher une personne ressource. Alors, ce qui a particulièrement choqué ou en tout cas encore plus choqué dans cette affaire euh à Paris, c'est que certains animateurs ont récidivé ou en tout cas on savait qu'ils avaient commis certains actes de violence et ils ont été déplacés d'un établissement. Vous dites non, mais alors vous allez nous expliquer pourquoi.

Non, il faut faire il faut faire très attention sur cette affaire parce que vous dites dans cette affaire. Donc là, vous parlez de l'école Saint-Dominique ou en tout cas de l'école des écoles dans le 7e et dans le 15e arrondissement. Je note au passage que aujourd'hui une lettre enfin a été adressée hier à monsieur Grégoire cosignée par plus de 750 parents euh des arrondissements 7 et 15 justement dans le but d'obtenir un audit complet de la CASP, c'est-à-dire du bureau qui gère ces arrondissements puisqu'il y a eu énormément de dysfonctionnement précisément dans ces arrondissements.

Là où je vous arrête juste, c'est que en fait l'animateur qui a été déplacé de l'école Saint-Dominique dans le 7e à l'école volontaire dans le 15e a été déplacé, nous on le sait puisque les parents nous avaient contactés à ce moment-là précis pour des faits de maltraitance. de violence, de brutalité, donc des hurlements, de la terreur et cetera. Donc évidemment, c'est inacceptable mais à l'époque personne ne savait qu'il était soupçonné de fait à caractère sexuel.

Il faut bien le préciser parce que ça a été légèrement instrumentalisé dans la campagne. Donc voilà, c'est pas de ce ne sont pas de simples cris parce que ça ça a été aussi dit ce matin. Ce ne sont pas de simples cri.

Il aurait dû être suspendu de notre point de vue puisque nous aussi on fait partie des des protecteurs des enfants. Donc pour nous des hurlements de la terreur évidemment ça mérite une suspension. Mais en tout cas à l'époque on ne savait pas qu'il s'agissait de caractère sexuel.

Imaginez qu'il allait commettre des crimes à caractère sexuel. Ça dire c'est après que les plaintes ont surgi au moment après le cash investigation et tout l'ex. Alors justement, on va en regarder un extrait réalisé donc d'une interview réalisée par nos confrères de cash investigation.

Je rappelle le titre de ce cachestigation. Périscolaire, établissement privé, enquête derrière le portail de nos écoles. Euh enquête réalisée par Claire Tesson.

Lorsqu'elle reçoit des bad news du terrain, la ville de Paris aurait selon ce responsable [musique] une manière bien singulière de régler le problème enfin de déplacer le problème [musique] surtout lorsqu'il s'agit d'animateur titulaire fonctionnaire de la ville. J'ai fait des signalements sur des titulaires. J'ai dû en faire quatre ou cinq rapports circonstantiel avec des exemples.

Voilà, c'est des gens qui ont été déplacés. J'en ai vu euh maltraitant, c'est-à-dire avoir donné une fessée à un enfant par exemple alors que l'année d'avant elle avait déjà été recadrée pour avoir secoué un enfant en tenant par les oreilles et ben cette personne donc a été déplacée actuellement et est dans une autre maternelle et on dit mais du coup tu as un poste libre donc ça tombe bien parce que il y a machin qui vient se faire déplacer telle école donc qui va venir chez toi donc voilà il y a il y a un petit jeu de chaise musicale sur les animateurs problématiqu les animateurs problématiques on peut faire une carrière entière en fait en étant déplacé tout le temps ça il y a aucun problème. Voilà le reste just alors on on entendait tout à l'heure Emmanuel Grégoire dire il faut renverser la table là quand on entend ce genre de témoignage on en est quand même très loin si j'ai bien compris évidemment il y a des cas des différences et cetera, mais le sujet de déplacer un problème dans différents établissements quel que soit la nature du problème existe.

Oui. Pourquoi ? Je me tendre vers vous parce que vous connaissez le système et ça c'est continuer à faire perdurer le système, c'est pas faire de vagues, c'est que c'est c'est sousffectif.

Non, alors moi je pense que il y a des problèmes de sous-effectif. Je pense également que après faut être faut aussi être honnête he il y a certainement dans la cour de transmission eu des failles entre par exemple un directeur du pércolaire qui informe sa coordinatrice qui après doit informer la chef de la CASPE qui ensuite et en fait peut-être qu'il y a eu des dysfonctionnements dans l'administration dans ce dans là maintenant avec le plan qui a été présenté par la précédente mandature sur les violences faites aux enfants, normalement il n'y a plus de trou dans la raquette. Mais vous concrètement, si on vous signale un cas, on peut vous signaler un cas.

Si vous voyez quelque chose, vous le dites à qui ? Et qu'est-ce qui se passe ? Ça vous est déjà arrivé ?

Alors moi, ça m'est déjà arrivé. Si on me signale un cas, je le signale immédiatement à ma hiérarchie. Et il s'est passé quoi ?

Alors dans les bah là, alors ça alors ça peut être des enfants notamment qui sont maltraités dans leur famille et cetera. On fait des informations après au niveau des animateurs un animateur qui euh non moi malheureusement enfin heureusement jamais vous connaissez la procédure vous savez ce que vous pouvez faire con Ah oui on est formé ouais là alors encore plus récemment on a été même très très formé au niveau des vous avez été formé à quoi on vous c'est on a été formé à respecter cette courie de pardon je vous matraque de question vous az raison mais c'est important c'est essentiel c'est le cœur du problème. On a été formé en fait.

Vous pouvez peut-être expliquer comment ça se passe quand vous si vous avez un signalement à faire d'un d'un animateur maltraitant, ce que vous suspectez d'être maltraitant, à qui vous vous adressez et comment l'information est diffusée ensuite et si c'est Paris ou province parce que c'est pas les mêmes dans votre expéri déjà je suis manager. Donc déjà en tant que manager, si j'ai un animateur qui se comporte mal avec les enfants déjà moi j'interviens déjà directement près de lui lors d'un entretien. Si je vois que la personne continue ses agissements, dans ces cas-là, c'est pas compliqué.

Il y a des rapports qui partent en caspe et la personne à un moment donné partira du terrain. Et est-ce que est-ce que cette information pardon je on a vu que ça n'a pas été le cas. Pardon.

Vous dites et la personne par il y a quand même pardon mais vous dites et la personne partira du terrain après un signalement. [raclement de gorge] Bah non, pardon. Mais effectivement, on a dit madame alors là en tout cas c'est ce qu'on a pu constater.

Moi, je vous dis sur ma CASP, après j'ai mon vécu moi sur ma CASP et je sais que ma CASP me suivra dans cette démarche. Le problème si si vous voulez au niveau de la ville de Paris c'est que il y a 10 caspes voilà et que il y a une il y a entre guillemets des différences de fonctionnement entre les CASP. C'est ça aussi.

Vous pouvez nous dire exactement ce que ça veut dire CASP pour [raclement de gorge] CASP c'est une circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance. Les responsables du périscolaire. C'est les responsables du pércolaire.

Donc c'est les responsables du préscolaire sur un territoire. Audrey, pour simplifier, vous avez euh ce qui se passe en maternel avec monsieur par exemple qui est en en mat qui est en maternel qui surveille, qui voit quelque chose qui Imaginez un parent vient le voir en lui disant voilà mon enfant a été agressé sexuellement. [grognement] le monsieur fait remonter un signalement à dans un bureau, prenons un bureau X de la mairie de Paris qui est là pour euh vérifier euh prévenir le procureur qu'une enquête soit lancée et que qu'ensuite l'information devrait circuler.

Le problème c'est qu'il y a des trous dans les raquettes. Je peux vous citer l'exemple par exemple d'une d'une crèche où effectivement il y avait la crèche municipale, un professeur, un animateur a été suspendu pour suspicion d'agression sexuelle et bien il a réussi à se faire réembaucher dans une crèche associative qui était juste à côté dans le même arrondissement alors qu'il y avait une enquête en cours. Mais donc enquête en cours, une enquête policière en cours, ça ne veut pas ça veut dire que ça n'est pas encore inscrit dans son casier judiciaire.

Donc les contrôles ont été faits mais ces contrôles sont évidemment limités. Pourquoi ? Parce que à l'heure actuelle dans la plupart des cas il n'y a pas une il y a pas eu une transmission entre les différentes caspes, les différents services de la ville de Paris pour dire attention ce gars-là il présente un problème, il a été suspendu chez nous, ne l'embauchez plus dans aucune crèche associative nulle part en France le temps de l'enquête, vous voyez.

Ouais mais c'est aussi parce qu'il manque sans doute de moyens. C'est vrai, mais euh je suis quand même obligée de d'apporter plus d'éléments parce que là, on parle euh de de l'article 40 quand on parle du procureur, c'est-à-dire l'obligation qui est faite à tous les professionnels de signaler toute violence qui est euh euh dont il est témoin pendant son temps de travail sur des enfants. Donc ça c'est une chose.

Ensuite, peut-être que vous c'était euh une histoire où il y avait une plainte. Nous dans l'écrasante majorité des cas, dans les témoignages qu'on reçoit chez SOS périscolaire, il n'y a pas de plainte. On est face à des parents qui ont fait remonter, qui ont rencontré le responsable du périscolaire.

Donc vous par exemple et ce responsable se dit ou là là ou alors enfin pour x raisons ça s'arrête là. On va faire juste une réunion avec les parents. On va parfois confronter l'enfant à l'animateur problématique ça arrive souvent avec des représailles par la suite.

Pourquoi tu as parlé à tes parents ? Hyper alors juste et ensuite eux parfois c'est on on signale au CTA c'estàdire le coordinateur qui est au-dessus. Il faut savoir et ça on parle d'entre soi et c'est important parce que dans l'affaire Saint-Dominique la question se pose de la cooptation et cetera.

Les coordinateurs sont souvent des responsables qui étaient eux-mêmes avant animateurs. C'est un tout petit monde. Parfois juste le signalement s'arrête là parce que bon c'est un peu embêtant de dénoncer.

Alors on va minimiser et cetera. Voilà la réalité des signalements quand il n'a pas de plainte et que c'est pas un article 40 souvent c'est plutôt comme ça. On va écouter le témoignage d'un d'un parent dans un instant.

Mais d'abord je voudrais vous faire réagir à ce que vous disiez à l'instant. confronter un enfant avec potentiellement l'un de ses agresseurs. Psychologiquement, c'est c'est enfin c'est c'est ni fait ni à faire.

Ah non, c'est pas ni fait ni à faire. C'est très problématique parce que déjà d'avoir une violence alors que vous êtes en position d'autorité et éducative de surcroix, fait passer le message que écoute, peu importe si tu as raison ou pas, de toute façon à un moment donné avec la violence je résous la problématique et voir je t'agresse. Donc ça fait passer le message implicite aussi que de toute façon quand on est dans une imporse la force et la violence va résoudre le problème.

Ce qui est problématique quand même parce que l'éducation c'est aussi permettre aux enfants de mettre des mots, de ressentir les choses, de savoir la différence entre ce qui est pertinent de faire et ce qui ne l'est pas. Et puis là, on a une figure d'autorité qui vient dire "Vas-y, utilise, il faut utiliser la violence en fait pour y aller." Et lorsque on le remet déjà euh il faut, ça veut dire qu'il n'est pas cru cette confrontation euh vis-à-vis de de l'enfant et euh de l'adulte incriminé, ça rajoute, moi c'est un deuxième traumatisme bien souvent parce que en fait l'enfant déjà il a eu le courage de parler ou en tous les cas de signifier parce que parfois c'est pas toujours des mots et c'est souvent ça la problématique en fait. les enfants ont des difficultés à à mettre des mots là-dessus parce que au départ c'est pas possible en fait.

Quelqu'un qui est responsable de moi n'a pas me taper et n'est pas là pour me faire du mal. Donc possiblement vu que l'autre en plus amène son secret, ben j'ai pas vraiment tout à fait raison. Je me trompe ou quoi que ce soit.

Donc en terme d'estime de soi, de confiance dans la société, les adultes en général, il faut voir aussi que ça ébranle véritablement des fondations pertinentes. Est-ce que ça met en évidence par-dessus tout ? que les gens qui proposent une confrontation enfant éducateur sont complètement hors de la plaque.

Enfin et c'est là c'est vraiment problématique parce que c'est censé être des professionnels de l'éducation. Je voudrais qu'on écoute le témoignage d'une mère dont la fille aurait été violée il y a 7 ans. On va écouter ce témoignage.

Et elle elle dit qu'elle a eu l'impression d'être écoutée par absolument personne en fait. Ouais. Ma fille, elle a peur qu'il la retrouve.

Elle on a déménagé. Elle a peur qu'il retrouve son adresse. Elle avait 4 ans. 4 ans en fait.

On n'est pas entendu. Personne nous a aidé. Personne.

On avait pas d'association. La mairie a fermé la porte. L'école.

Le directeur nous a dit c'est juste un touche pipi entre enfants. Vous inquiétez pas, ça va passer. Vous avez quand même une quinzaine d'enfants qui ont parlé, des signalements mais une dizaine de signalements de psychiatr psychologu et rien ne se passe, rien ne bouge.

Les enfants ont été interrogés, les enfants vont mal, ils continuent à aller mal et rien ne bouge. On nécoute pas en fait, on prend pas en considération cette parole. Alors, on a toujours le le même genre de de mécanisme qui se mettent en place.

On en parlait pour Betaram par exemple l'omerta tout le monde savait en fait mais personne ne parlait ou on parlait mais les choses n'ont pas été pris en compte. Vous tout à l'heure vous me disiez bon ben moi quand j'ai un signalement je le fais et puis voilà les choses se règlent. Non les choses se comment vous l'expliquez en fait ?

Mais moi en fait je alors là je suis responsable éducative ville je représente aussi un syndicat qui est le suap FSU que vous avez cité tout à l'heure. Moi là je suis pas ici pour représenter la ville de Paris. Je préfère vous quand même he c'est ça qu'on clair. [raclement de gorge] Il y a une chose déjà, je trouve qu'il faut clarifier tout de suite avant que je réponde à votre question, c'est de faire un distingo entre les violences sexuelles qui sont le fait de personnes déviantes qui ont une forme de maladie entre guillemets et les violences ordinaires qu'on a notamment vu sur le reportage dans le dans le 15e arrondissement dans cette dans cette école où là ces violences ordinaires peuvent être liées notamment à des conditions de travail, à un manque de formation et donc de réponse. de la part des professionnels et cetera.

Quand vous avez par exemple des animateurs qui hurlent dans un dans une cantine, moi j'ai pu me déplacer notamment sur des écoles où j'ai des ASM qui sont H dans l'école. Des ASS. Asem c'est les personnes, les assistantes maternelles qui interviennent.

Alors elles ont plein de casquettes, elles sont elles travaillent dans les classes, elles font du périscolaire, elles remplacent dans les loges et cetera. Ces personnes-là, elles ont une heure de pause par jour et elles se retrouvent en fait dans un petit résidu, un petit un petit local de 4 m² pour leur pause avec quatre machines à laver qui sont superposées et qui tournent à fond toute la journée. Donc c'est-à-dire qu'on a des personnes qui restent 9h en poste, non ?

Mais et qui sont dans des dans des dans ce que vous dites, c'est que si on a de très mauvaises conditions de travail avec des gamins qui hurlent autour de nous, à un moment donné, on va se mettre à hurler. OK. J'ai envie de vous dire à la limite OK c'est système mais ça ne justifie pas enfin en tout cas ça n'explique pas ni des violences physiques ni après des violence on est d'accord ça explique la ce qu'on appelle la violence ordinaire qui est finalement la violence qu'on rencontre le plus dans les écoles l'écrit.

Oui. Euh la manière peut-être la la manière de sanctionner ou de punir bêtement au coin et quand Emmanuel Régard dit on va renverser la table il va pas renverser la table pour des cris. C'est c'est c'est pas ça.

Mais ça commence par ça. Je voudrais avoir votre avis à tout. aussi effectivement les conditions de travail qui pas la réaction de ces personnes mais en aucun cas ça ne justifie quelque quelque violence quelle qu'elle soit et aujourd'hui on a de toute façon à tous les tous les créneaux tous les secteurs justement travailler sur cette amélioration de conditions mais effectivement cette nécessité à un moment donné parce qu'on en parle énormément mais en fait en consultation on en voit encore toujours énormément alors vous pourriez me dire bah oui on en parle mais très Bien, on en parle mais on devrait parler aussi de comment ils sont accueillis effectiv parce que on a des protocoles, vous parliez des casques tout à l'heure, j'ai envie de dire bah il y a peut-être un système global mais infini c'est toujours des histoires de personnalité d'individus qui sont sur place et qui vont faire passer les transmissions ou pas.

C'est pareil à ces niveaux-là du périscolaire, c'est pareil à la gendarmerie quand derrière on va aller signifier quelque chose à tous les niveaux. Donc en fait cette chaîne de transmission, elle est tellement faible et c'est tellement difficile de lancer des trucs qu'en fait en fait il faudrait un guichet unique et une simplicité de faire les choses. Et aujourd'hui le l'administratif mais c'est c'est complètement dingue en fait et les enfants sont très impactés par tout ça. famille aussi et aussi très culpabilisée de pas savoir comment aider son enfant, mais face à elle, il y a tellement de porteclauses ou même quand on arrive enfin à une condamnation, il se passe tellement rien.

Enfin franchement c'est c'est catastrophique. Alors Audre, on parlait pardon de tout ce chemin difficile au niveau de la plainte. Comment les policiers s'emparent de ce type de plainte ?

Comment ils enquêtent ? Bon, déjà pour rebondir sur ce qui a été dit, il faut savoir que le pédophile profite de cette situation en plus c'est le bazar, plus il y a des violences systémiques, plus euh le le système est déréglé si vous voulez. Plus le pédophile profite euh et surf là-dessus pour passer entre les mailles des filets, les mailles des filets administratives, mais aussi les mailles défilets judiciaires.

Alors, pour ce qui est du travail de la police, d'après les autorités, les effectifs de la brigade des mineurs de Paris, je parle de Paris, ont augmenté de 40 % depuis 2019. Pourquoi ? Et bien parce qu'il y a une surreprésentation des plaintes euh et d'une augmentation des affaires de 600 à 1600 entre 2019 et 2025.

Donc ça a plus que doublé donc sur ces affaires de pédophilie. Mais effectivement le périscolaire est en ce moment selon alors je je prends le les termes du ministère de l'intérieur selon le ministère de l'intérieur extrêmement euh chronophage pour les policiers du pour les policiers des des brigades des mineurs, ce qui est assez normal. Ils considèrent qu'ils ont les moyens de pouvoir travailler sur ces affaires-là, contrairement à ce que disent les parents.

Donc ça c'est je reprends encore les c'est la réponse du ministère de l'intérieur. Mais ils disent que ce sont des enquêtes extrêmement dures à mener et très longues à mener. C'est c'est le c'est le ce sont les propos du ministère de l'intérieur que les auditions de toutes les victimes suivent un protocole qui est un protocole très adapté justement aux jeunes enfants.

Alors, c'est une façon de les interroger, une façon de de respecter effectivement leur intimité. C'est tout un travail qui est fait aussi avec des psychologues notamment à la brigade de protection des mineurs et que ce sont des expertises psychologiques mais aussi des expertises physiques puisque vous avez l'unité médico-judiciaire qui doit travailler là-dessus et l'audition de tout l'entourage, y compris des parents en tenant compte du du contexte familial et du contexte scolaire. Donc ils disent que ce sont des enquêtes longues.

J'ai j'ai une question pardon parce qu'on a plus beaucoup de temps sur le recrutement de de ces profils. En ce qui concerne les violences sexuelles, est-ce qu'une étude est-ce que un rendez-vous, plusieurs rendez-vous chez un psychiatre avant d'embaucher des personnes permet d'éviter que des prédateurs rentrent dans Oui. Non mais je la question et là non ça pas possible.

Enfin, c'est bah oui, non mais on a déjà pardon mais on a on le recrutement est déjà hyper difficile. On parle de sous-effectif. Le vivier dont dont vous parliez en disant recrute 3000 vacataires par an pour reconstituer son vivier.

Le vivier c'est justement le problème, il est vide. C'est pour ça qu'on en est arrivé à recruter finalement n'importe qui juste quand on n pas de casier. Je voulais juste rebondir sur un truc très important sur la brigade des mineurs, c'est qu'aujourd'hui dans l'affaire Saint-Dominique, il y a des enfants qui présentaient des lésions physiques.

OK. Ils ont mis plus d'un mois et demi à être entendu par la brigade des mineurs à Paris pour être reçu aux UMJ, donc en fait l'un l'unité médico judiciaire euh et bien il faut d'abord passer par la brigade des mineurs. Et bien évidemment vous imaginez bien que un mois et demi après, l'enfant n'a plus de lésion.

Donc les enquêtes préliminaires, quand je quand je vous entends dire et je comprends qu'elles puissent être difficile, mais nos parents euh là je me place pas en tant qu'asscolaire, mais quand on entend ça, alors que nous de l'intérieur on sait qui, on sait quoi et qu'on s'aperçoit à postériori et même dans certaines enquêtes administratives que non, tout le monde n'a pas été entendu et que ça a mis tellement de temps pour les enfants, évidemment les preuves, c'est comme pardon, je juste j'insiste là-dessus, dans plusieurs affaires, on a vu des perquisitions des mois après alors que on avait vu des des contenus pédopornographiques qui sont un signal très fort. Évidemment que les personnes limite elles ont été informées, on a le temps de tout enlever son ordinateur. Donc en fait c'est ça qui frustre les parents.

Au-delà des preuves, c'est aussi incompatible avec le temps de reconstruction de l'enfant. Et c'est vrai que ce ce temps juridique qui s'étire comme ça est hautement pénible. Et je peut-être juste en en limite, ce qui serait intéressant là, c'est de pouvoir aussi informer et prévenir les enfants.

Et il y a des trucs tout simples à dire. On peut dire et bien quand quelqu'un te donne un secret, si c'est un secret qui fait mal, si c'est un secret que tu ne veux pas, tu n'es pas obligé de le garder et pouvoir donner cette possibilité déjà c'est important. Ce qu'il y a sous ta culotte, ce qu'il y a sous ton slip, c'est non, c'est que pour toi.

Merci. Merci beaucoup. Merci à vous.

Je suis désolée, on aurait on commence vraiment à le faire dans les écoles. En tout cas, ça bouge là-dessus et voilà. Merci beaucoup.

Vous restez avec nous. On se retrouve dans quelques instants pour un nouveau journal avec Valentine, juste après la mé.