Philippe Vigier : "Le Code du travail est une usine à précarité"
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À l'UDI, comment interprétez-vous ce report du prélèvement à la source ?
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Non, je ne crois pas parce qu'Édouard Philippe dit en même temps que ça reste une bonne réforme à suivre.
- 1:34OuverteRéponse directe
Quel est votre point de vue sur la réforme du code du travail, jugée plus sévère que annoncé ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Est-ce que l'usage des CDDs à l'échelle de l'entreprise vous pose un problème ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Est-ce que ça, ça vous pose un problème ?
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Précisément, quel est votre positionnement à l'UDI sur le pouvoir en marche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Nous nous étions favorables plus simplement à la suppression de cette idée qui est une fausse bonne idée. »
- 0:42Invité politiqueFait
« C'est une source de complexité pour les entreprises. »
- 0:59Invité politiqueChiffre
« En Irlande, l'impôt sur les sociétés c'est 15%. En France, c'est 33%. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Le code du travail, il faut vraiment le toileter. »
- 1:45Invité politiqueChiffre
« La France, c'est le pays dans lequel, lorsque vous créez 10 emplois, il y en a 9 qui sont des CDD. »
- 1:48Invité politiqueFait
« Le code du travail est une usine à précarité permanente. »
- 1:59Invité politiqueFait
« Nous, à l'UDI, nous sommes favorables à un contrat à durée interminée, à droit progressif. »
- 2:19Invité politiqueFait
« C'est ce qui se passe dans les pays nordiques. Et ça marche, et ça marche très bien. »
- 3:05Invité politiqueChiffre
« Regardez ce qui se passe en Allemagne. Vous avez deux fois moins de chômage qu'en France. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« Je vous rappelle qu'en 2004, le taux de chômage en Allemagne était supérieur à la France. »
- 5:21Invité politiqueChiffre
« Ils vont découvrir qu'ils vont perdre 300 euros de pouvoir d'achat par an. »
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Il est 6h22 sur France Inter. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est le député Philippe Vigier, le président du groupe UDI à l'Assemblée Nationale. Oui, l'UDI qui fait cause commune avec les Républicains pour ses législatives. Bonjour Philippe Vigier. Bonjour. Le prélèvement des impôts à la source repoussait d'un an au 1er janvier 2019. C'est Édouard Philippe qui l'annonce ce matin dans une interview aux Parisiens Aujourd'hui en France. À l'UDI, comment interprétez-vous ce report ?
Écoutez, moi je suis favorable à ce report. Nous nous étions favorables plus simplement à la suppression de cette idée qui est une fausse bonne idée. Pourquoi ? C'est une source de complexité pour les entreprises. Vous savez, on dit que l'entreprise France ne va pas bien. Enlevons tout ce qui est source de complexité. Et voilà que le gouvernement socialiste avait rajouté ce prélèvement à la source qui n'est en aucun cas une baisse des impôts. Les entreprises ont besoin de quoi ? De moins de fiscalité. Et je vais prendre un seul exemple. En Irlande, l'impôt sur les sociétés c'est 15%. En France, c'est 33%.
Et on voit bien qu'on vit dans un environnement international où l'entreprise France doit être plus compétitive. Alors tout ce qui permettra de simplifier la vie des entreprises ira dans le bon sens. J'espère que ce report sera un abandon rapide.
Non, je ne crois pas parce qu'Édouard Philippe dit en même temps que ça reste une bonne réforme à suivre.
Écoutez, là il est obligé de le dire au titre de la solidarité gouvernementale. À une époque, il le critiquait, donc c'est normal.
À propos de la réforme du code du travail, Libération, le Parisien, quelques jours auparavant, laisse entendre que cette réforme serait bien plus sévère, bien plus libérale que ce que le gouvernement veut bien dire au syndicat. Quel est votre point de vue là-dessus ?
Moi, c'est très simple. Le code du travail, il faut vraiment le toileter. Vous savez, la France, c'est le pays dans lequel, lorsque vous créez 10 emplois, il y en a 9 qui sont des CDD. Donc, le code du travail est une usine à précarité permanente. Quand vous avez un CDD, vous allez voir votre banquier pour lui demander un emprunt pour acheter votre maison, pour acheter votre voiture, pour acheter un appartement ? Certainement pas. Donc, ce code du travail, il faut naturellement le simplifier. Mais attention à une chose, simplement. Nous, à l'UDI, nous sommes favorables à un contrat à durée interminée, à droit progressif. Ça veut dire quoi ? Qu'il faut à droit progressif.
Ça veut dire protéger le salarié au fil du temps, lorsqu'il est dans l'entreprise, de manière à ce que, si jamais il doit quitter l'entreprise pour des raisons diverses et variées, il puisse avoir un filet de protection, être mieux formé, être réorienté vers un emploi. C'est ce qui se passe dans les pays nordiques. Et ça marche, et ça marche très bien, parce qu'il ne faut pas non plus libéraliser complètement le droit du travail et faire en sorte qu'il y ait toujours plus de CDD. Donc, vous voyez la différence que nous avons. On dirait le débat parlementaire, mais là-dessus, nous tiendrons.
Il y a tout de même aussi, dans ce projet, si on en croit ce qu'on lit dans les journaux depuis quelques jours, un référendum organisé par l'employeur, sans même probablement attendre un accord minoritaire des organisations syndicales. On va trop loin ou pas ?
Il faut simplifier la vie. Vous savez, dans 95% des entreprises, ça se passe plutôt bien. Le patron discute avec ses salariés, le rencontre le matin, et on voit comment on organise au mieux. On ne peut pas faire un carcan du fonctionnement quotidien. Ça, c'était la vieille histoire de Mme Aubry, qui voulait appliquer ses 35 heures partout. Faisons en sorte que l'entreprise France se libère de ses fils. Regardez ce qui se passe en Allemagne. Vous avez deux fois moins de chômage qu'en France. On va dire aussi que les emplois sont plus précaires aussi. Je vous rappelle qu'en 2004, le taux de chômage en Allemagne était supérieur à la France. Depuis, on a protégé, on a protégé, on a protégé.
On a tellement complexifié, naturellement. En plus, avec ce compte pénibilité, que va-t-il devenir ? Aller dans une PME, mettre en place un compte pénibilité, et vous en virez toutes les difficultés.
Le point sur lequel insiste Libération ce matin, c'est l'usage des CDDs et leur mise en place à l'échelle de l'entreprise. Est-ce que ça, ça vous pose un problème ?
Ce que je ne voudrais pas, c'est qu'il y ait une explosion du nombre de CDDs. Je vous disais, il y a un instant, que sur 10 emplois créés, 9 étaient des CDDs. Donc c'est pour cela qu'il faut aussi de la liberté pour le chêne d'entreprise, mais une sécurité pour le salarié au travers de ce que j'appelle ce CDI à droit.
Donc ce n'est pas aux entreprises à décider de la manière dont elles encadrent les CDDs.
Il faut trouver un système équilibré, protégeant à la fois le chêne d'entreprise, mais également protégeant le salarié. On est arrivé à un système où on décourage les chênes d'entreprise de prendre quelqu'un. Voilà la difficulté auxquelles on est confronté. C'est comme un autre sujet, les seuils sociaux. Vous vous souvenez ? Il y a eu les seuils sociaux. Lorsque vous passez de 49 à 50, vous avez 23 formalités administrant plus à faire. Donc qu'est-ce qui se passe ? Je me souviens très bien dans la loi Macron, le ministre Macron de l'économie de l'époque était prêt à faire en sorte que ces seuils sociaux, on puisse les passer sans qu'il y ait ces nouvelles contraintes. On verra si ou non.
Ces seuils sociaux, eh bien, ils tiennent les engagements qu'il avait pris à l'époque.
A propos des législatives, l'UDI est donc aux côtés des Républicains pour la bataille. Précisément, quel est votre positionnement à l'UDI sur le pouvoir en marche ?
Nous, c'est très simple. Vous savez, il y en a qui découvrent à l'heure actuelle l'opposition constructive. Mais nous l'avons pratiqué ces cinq dernières années. A l'Assemblée nationale, entre 2012 et 2017, nous avons voté 16 textes. Je dis bien 16 textes du gouvernement socialiste. Demain, tout ce qui ira dans le bon sens, tout ce qui permettra à l'entreprise France, aux salariés, à l'économie française d'aller mieux, eh bien, nous le voterons. Tout ce qui, en revanche, nous posera difficulté, nous y opposons. Par exemple, cette affaire de la CSG.
Chacun va bien découvrir que, pas seulement les retraités à partir de 1200 euros, vous voyez, on en est à dire que les gens qui gagnent 1200 euros par mois sont des gens aisés. Voilà ce qui commence à être dans les têtes. Ils vont découvrir qu'ils vont perdre 300 euros de pouvoir d'achat par an. Mais prenez les fonctionnaires, pour le moment, avec l'augmentation de la CSG. Eux aussi vont être perdants. On attend des mesures. Lesquelles ? Je dis, on ne va pas attendre longtemps. Ces salariés, ces fonctionnaires doivent savoir à quelle chose ils seront mangés.
La compatibilité UDI-macroniste, est-ce que ça fait débat à l'UDI ? Est-ce que c'est une question qui divise ?
Écoutez, vous savez que l'immense majorité des députés UDI sont restés fidèles dans un accord UDI-républicain. Mais c'est pour faire débat, cependant. L'important, c'est demain, qu'est-ce qui va se passer à l'Assemblée nationale pour que la France avance. Une fois de plus, les textes qui permettront, les projets de loi gouvernementaux qui permettront d'aller mieux dans ce pays, il y en a. Et puis, on aura des points de clivage sur lesquels nous n'avons pas la même vision des choses. Entre l'UDI proche des Républicains, le Modem plutôt proche des...
Dans Marche, est-ce qu'il y a encore de la place pour un centre fort, indépendant ?
Quoi qu'il arrive, on a un moment de reconstruction politique. Et le moment de la reconstruction politique, il se fera après l'initiative. Et vous verrez que les choses se feront. N'anticipez pas, vous avez bien compris qu'il y a une sorte de conglomérat. Et on verra, tout cela se clarifiera dans quelques jours.
On verra la parole du député Philippe Vigier, le président du groupe UDI à l'Assemblée nationale. Enfin, en tout cas, formellement, puisque en ce moment, c'est un peu dans l'attente. Merci beaucoup et bonne journée à vous. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Philippe Vigier