Marine Le Pen : " L'inquiétude crée des rumeurs, les rumeurs agravent l'inquiétude"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteRéponse partielle
Avez-vous confiance dans l'éducation nationale et les enseignants face aux rumeurs de cours d'éducation sexuelle en maternelle et primaire ?
- 1:00RelanceRéponse directe
Là, il s'agit d'initiatives pédagogiques qui visent à faire reculer les stéréotypes filles-garçons. Vous pensez que ça n'a pas sa place à l'école primaire ?
- 1:37RelanceRéponse directe
Ce qui provoque l'inquiétude, ce n'est pas le combat contre les stéréotypes sexués. Ce sont des rumeurs sur des cours d'éducation sexuelle, de masturbation ou de déguisement garçon en fille, etc.
- 2:15FerméeÉludée
Donnez-vous raison aux initiateurs de ce mouvement. Est-ce qu'ils ont bien fait de demander le retrait des enfants de l'école ?
- 3:10OuverteRéponse directe
Ce n'est pas une bonne chose que les parents, les enseignants et les chefs d'établissement puissent discuter du contenu des programmes ?
- 3:48FerméeRéponse directe
Vous avez, vous, de la défiance à l'égard du monde enseignant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« le ministre, maintenant, annonce qu'il n'y aura pas, ni un peu, ni beaucoup, de ce type d'apprentissage à la maternelle. »
- 0:41Invité politiqueFait
« les parents, depuis un certain nombre d'années, se voient imposer, ce qui, à leurs yeux, relève de leur rôle, de l'éducation des enfants, éducation qui a pris énormément de place à l'école, au détriment de la transmission des savoirs. »
- 1:15Invité politiqueFait
« Tout ceci crée de l'inquiétude, crée même de l'hostilité. Donc, c'est au ministre, maintenant, clairement, de s'engager à ce qu'il n'y ait pas de théorie, à ce qu'il n'y ait pas de théorie, de cette théorie du genre à l'école. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Il n'en demeure pas moins qu'il existe quand même des documents qui ont alimenté cette inquiétude du type de cette fiche pédagogique sur le livre « Papa porte une robe ». »
- 2:41Invité politiqueFait
« Il en a fait plusieurs, encore l'après-midi à l'Assemblée nationale. »
- 2:58Invité politiqueFait
« D'abord, elle n'est obligatoire qu'au-dessus de 6 ans, au passage. »
- 4:57Invité politiquePromesse
« Non, je ne m'y associe pas. Je plaide-moi pour la dissolution de l'Assemblée nationale. »
- 5:11Invité politiquePromesse
« si, comme je l'espère, le Front National arrivait en tête aux élections européennes, alors je ne vois pas comment François Hollande ne pourrait ne pas dissoudre l'Assemblée nationale. »
- 6:19Invité politiqueChiffre
« 111 000 chômeurs supplémentaires de catégorie A l'année dernière. »
- 6:24Invité politiqueChiffre
« Plus 10% de chômeurs chez les seniors. »
- 6:27Invité politiqueChiffre
« Plus 10% de chômeurs de longue durée en un an. »
- 6:44Invité politiqueChiffre
« près de 30% des Français n'arrivent plus à boucler les fins de mois. »
- 6:49Invité politiqueChiffre
« 60% des Français craignent de tomber dans la précarité. »
- 9:17Invité politiqueChiffre
« j'espère qu'il battra le record de présence au municipal de son histoire, c'est-à-dire plus de 500 »
- 9:56Invité politiquePromesse
« Nous n'avons pas de maires et nous n'avons que 60 conseillers municipaux aujourd'hui. Nous espérons effectivement présenter plus de 500 listes, être présents au second tour dans l'immense majorité de ces communes et faire élire évidemment des maires, mais également des centaines de conseillers municipaux, j'espère plus de 1 000. »
Temps de parole
- Marine Le Pen79 %
- Présentateur21 %
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Bonjour Marine Le Pen. Avez-vous confiance, vous, dans l'éducation nationale et dans les enseignants face aux rumeurs, aux fausses rumeurs de cours d'éducation sexuelle en maternelle et en primaire ?
Je crois que, compte tenu de la situation, il faut effectivement, le ministre, maintenant, annonce qu'il n'y aura pas, ni un peu, ni beaucoup, de ce type d'apprentissage à la maternelle. Et en primaire, ça permettrait de régler le problème. Moi, je voudrais parler quand même du problème de fond, si vous voulez, j'ai le sentiment, moi, que les parents, depuis un certain nombre d'années, se voient imposer, ce qui, à leurs yeux, relève de leur rôle, de l'éducation des enfants, éducation qui a pris énormément de place à l'école, au détriment de la transmission des savoirs.
Moi, je pense qu'on ferait mieux de mettre plus de cours de français et de maths pour les enfants plutôt que tous ces cours d'éducation.
Là, il s'agit d'initiatives pédagogiques qui visent à faire reculer les stéréotypes filles-garçons. Vous pensez que ça n'a pas sa place à l'école primaire ?
Je pense que ça n'est pas le rôle de l'école. Je pense que c'est le rôle des parents. Et les parents expriment un désaccord avec le fait d'être dépossédés de leur rôle. Tout ceci crée de l'inquiétude, crée même de l'hostilité. Donc, c'est au ministre, maintenant, clairement, de s'engager à ce qu'il n'y ait pas de théorie, à ce qu'il n'y ait pas de théorie, de cette théorie du genre à l'école. Et encore une fois, de rappeler à l'école que l'école, c'est le lieu de transmission du savoir.
Ce qui provoque l'inquiétude, ce n'est pas le combat contre les stéréotypes sexués. Ce sont des rumeurs sur des cours d'éducation sexuelle, de masturbation ou de déguisement garçon en fille, etc. C'est cela qui a provoqué l'inquiétude des parents.
L'inquiétude crée la rumeur. Et la rumeur aggrave l'inquiétude. Vous avez probablement raison. Il n'en demeure pas moins qu'il existe quand même des documents qui ont alimenté cette inquiétude du type de cette fiche pédagogique sur le livre « Papa porte une robe ». Moi, je peux comprendre, objectivement, que les parents considèrent que ce type d'enseignement à l'école est contestable, est critiquable.
Donnez-vous raison aux initiateurs de ce mouvement. Est-ce qu'ils ont bien fait de demander le retrait des enfants de l'école ?
Non, mais ce n'est pas le problème. Ah si, c'est un problème. Non, ce n'est pas le problème. Moi, je ne suis pas là pour juger des moyens d'action de certaines parties de la population pour exprimer leur désaccord. Ce que je veux dire, c'est que c'est au ministre maintenant, la balle est dans le camp du ministre, c'est à lui de faire une déclaration pour dire que cette théorie du genre, qui est éminemment contestable... Il en a fait plusieurs, encore l'après-midi à l'Assemblée nationale. Non, monsieur, non. Il n'a pas fait cela.
Il a adressé une lettre pour que les parents soient convoqués, comme s'ils étaient convoqués au commissariat, avec presque une menace dans le sens de la lettre, pour rappeler que l'école est obligatoire. D'abord, elle n'est obligatoire qu'au-dessus de 6 ans, au passage. Et ces termes-là, ne sont pas, à mon avis, les termes qui doivent être utilisés, justement, pour rassurer...
Ce n'est pas une bonne chose que les parents, les enseignants et les chefs d'établissement puissent discuter, simplement, du contenu des programmes ?
La tonalité de cette lettre était une tonalité combinatoire, presque menaçante, et je crois qu'en faisant cela, le ministre aggrave la situation. Mais peut-être est-ce son but, somme toute ? Peut-être que c'est son objectif d'aggraver la situation, d'aggraver les tensions, comme, il faut bien le dire, le fait le gouvernement socialiste depuis des mois, en utilisant tous les sujets sociétaux possibles et imaginables pour tenter de créer la division, pour tenter de créer l'inquiétude...
On va en parler, Marine Le Pen. Je reviens simplement à ma question de départ. Vous avez, vous, de la défiance à l'égard du monde enseignant ?
Mais je n'ai pas de défiance, mais je sais...
C'est la question. Ce sont les enseignants qui sont au contact des enfants, finalement.
Il n'y a absolument aucune raison pour qu'il y ait de la défiance à l'égard des enseignants. Mais les enseignants obéissent aux ordres qui leur sont donnés par le ministère. Et si le ministère donne une instruction pour que telle pédagogie... Pour qu'il y ait des cours de masturbation ? Mais non ! Mais écoutez, c'est ça qui circule ! Mais je viens de vous répondre là-dessus. Pourquoi vous voulez créer des polémiques là où il n'y en a pas ? Je viens de vous répondre que l'inquiétude créait des rumeurs et que les rumeurs aggravaient l'inquiétude. Je ne peux que vous répondre cela. Bon, donc il ne s'agit pas de cela. Mais encore une fois, les enseignants sont sous l'autorité du ministère.
Et si le ministère décide de rendre obligatoire une certaine pédagogie, eh bien les enseignants seront contraints et forcés de la mettre en oeuvre. Donc il ne s'agit pas là des enseignants. Il s'agit du choix du ministère et un choix politique et probablement même idéologique.
Est-ce que vous vous associez, Marine Le Pen, aux demandes de démission ou de destitution du président de la République, François Hollande, qui était le mot d'ordre qui fédérait les groupes qui ont défilé dans Paris dimanche dernier ?
Non, je ne m'y associe pas. Je plaide-moi pour la dissolution de l'Assemblée nationale. Et j'ai dit à plusieurs reprises que si, comme je l'espère, le Front National arrivait en tête aux élections européennes, alors je ne vois pas comment François Hollande ne pourrait ne pas dissoudre l'Assemblée nationale. Revenir au peuple pour lui reposer cette question fondamentale de la construction européenne.
Si je vous ai posé la question, c'est que Béatrice Bourge, la leader du printemps français, figure de la Manif pour tous, est en grève de la faim. Elle dit jusqu'au départ de François Hollande. Or, elle a reçu hier la visite de Jean-Marie Le Pen et de sa petite-fille, la députée Marion Maréchal-Le Pen. Oui. Et ? Quelle est la position du Front National ? Est-ce que le Front National soutient cette grève de la faim de Béatrice Bourge pour le départ de François Hollande ?
Je vais vous rappeler une chose. Les Français, M. Cohen, sont excédés par la manière dont les médias se focalisent sur des sujets inintéressants, sur des anecdotes...
Et sur la manière dont les hommes politiques ne répondent pas aux questions qu'ils leur sont posées aussi.
Non, non, non, vous voulez qu'on leur pose des questions sur des anecdotes. Il y a une situation en France qui est dramatique... Vous répondez en 20 secondes et je passe à un autre sujet. Non, non, mais d'abord, on n'est pas dans un cabinet de juge d'instruction, voyez-vous.
Le président d'honneur du Front National et l'unique député Front National de l'Assemblée ont témoigné leur soutien hier à Béatrice Bourge.
111 000 chômeurs supplémentaires de catégorie A l'année dernière. Plus 10% de chômeurs chez les seniors. Plus 10% de chômeurs de longue durée en un an. Des énormes plans sociaux qui se succèdent. Il y a aujourd'hui une étude qui fait apparaître que près de 30% des Français n'arrivent plus à boucler les fins de mois. Qu'il y a un nombre considérable de Français qui ne se soignent plus correctement parce qu'ils n'en ont plus les moyens. Que 60% des Français craignent de tomber dans la précarité. J'ai prévu de parler du programme économique du Front National.
La visite amicale sûrement, j'imagine, de Jean-Marie Le Pen à Béatrice Bourge, c'est la 2665ème probablement préoccupation des Français dans l'ordre chronologique. Donc elle ne représente rien Béatrice Bourge, c'est ça que je comprends. Non mais vous dites ce que vous voulez. Non, je vous pose la question. Moi je veux que l'on parle des sujets qui préoccupent les Français. L'insécurité, le problème des Roms, le problème du chômage, la dégradation de notre système de protection sociale, les choix ultra-libéraux du gouvernement, l'Union Européenne qui nous impose sans cesse des normes, qui fait que notre économie est en train de se détruire, de s'auto-détruire.
Voilà, c'est tout ça dont j'aimerais que nous parlions. Et je pense que les Français aimeraient que nous parlions de ça aussi.
C'est prévu d'en parler, nous allions en parler au moment où vous avez expliqué que je posais des mauvaises questions. Je vais vous les reposer, ces questions. Que vous inspire la manifestation de dimanche dernier intitulée « Jour de colère » Marine Le Pen ?
C'est une agglomération de colères diverses et variées de gens qui manifestement, si vous voulez, ont chacun une raison, une bonne raison ou une mauvaise raison, mais une raison de s'opposer. Plutôt bonne ou plutôt mauvaise ? Mais ça dépend. Écoutez, il y avait un nom. Alors ça passait de l'éco-taxe à l'équi-taxe. Enfin, je veux dire, il y avait mille raisons. La fiscalité, la liberté d'expression, on peut dire là qu'il y avait énormément. Moi, ce que je dis, c'est qu'il faut se méfier, il faut se méfier tout de même de la coalisation des colères. Et le gouvernement ne devrait pas traiter avec mépris l'expression ainsi d'une inquiétude et d'une colère qui monte dans le pays.
Car moi, je peux vous dire une chose, monsieur Cohen, je suis sur le terrain, je fais une grande tournée des municipales. Je peux vous dire que la colère des Français, elle est immense, mais leur détresse est peut-être plus immense encore. Il faut donc la prendre en considération, ne pas la traiter avec mépris et apporter des réponses et des solutions.
Et ça se verra aux prochaines élections ?
Je l'espère. Car le meilleur moyen, je crois, dans une démocratie d'exprimer sa colère, c'est de voter. Bien sûr, c'est même l'expression démocratique première que d'exprimer sa colère par le vote.
Et notamment, d'abord, première échéance, les municipales. Oui. Dans combien de communes le FN sera-t-il présent au municipal ?
Écoutez, j'espère qu'il battra le record de présence au municipal de son histoire, c'est-à-dire plus de 500, je ne sais plus, 10 listes ou quelque chose comme ça.
C'était 490 en 95.
Très bien.
Et vous espérez plus de 500 sur 36 000 communes, ce n'est pas beaucoup ?
Non, pas 36 000 communes, M. Cohen. Non, sur 3 000 communes. Car la réalité, mais qui est souvent d'ailleurs oubliée, c'est que sur 36 000 communes, il y a 33 000 communes qui sont des communes de moins de 3 500 habitants où il n'y a jamais d'élection politique. Ce sont des listes d'intérêt communal et il n'y a pas d'étiquette politique dans ces communes. Donc en réalité, c'est 500 listes sur 3 000 communes, ce qui est assez spectaculaire comme effort compte tenu du fait que nous ne partons de rien. Nous n'avons pas de maires et nous n'avons que 60 conseillers municipaux aujourd'hui.
Nous espérons effectivement présenter plus de 500 listes, être présents au second tour dans l'immense majorité de ces communes et faire élire évidemment des maires, mais également des centaines de conseillers municipaux, j'espère plus de 1 000.
Marine Le Pen, présidente du Front National, invitée de France Inter ce matin, on vous retrouve dans quelques minutes avec d'autres sujets, d'autres questions, celles des auditeurs de France Inter qui nous appellent au 01 45 24 7000. Dans un instant, la revue de presse.
Marine Le Pen