Hondelatte Raconte : L'affaire Logan (récit intégral)
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[musique]
Onelat raconte Christophe ondelat. Voici l'histoire d'un fils qui tue son père, un adolescent de 17 ans mineur. Ce qui fait que conformément à la loi, je ne vous donnerai ni son nom ni son prénom. J'ai choisi de l'appeler Logan. Pas plus d'ailleurs que je ne vous donnerai le nom de la victime, son père et vous comprendrez pourquoi à la fin. Il n'en demeure pas moins que c'est une histoire passionnante que je débrieferai avec maître L Takedmith qui était l'avocat de Logan dans cette affaire. Une [raclement de gorge] histoire que j'ai écrite avec Thomas Oudouard. Réalisation Mathieu Fred Europe Christophe Onolat.
En général quand je vous raconte une histoire criminelle ça commence par une disparition. ou la découverte d'un cadavre. En gros, mon l'histoire commence quand l'enquête commence. Et là, je pourrais le faire. Le cadavre, je vous préviens, est dans un sale état. 10 coups de sabre japonais. Mais je vais procéder différemment. Nous allons accompagner le meurtrier de sa naissance jusqu'au carnaval.
[pleurs] Logan né en 1993 dans les fauches 3e enfant de la famille 2e en vérité puisque sa sœur aînée est morte quand elle avait 8 mois donc Logan sort du ventre de sa mère et il découvre le monde des humains et pas sous son meilleur jour père est alcoolique et il bat sa mère chez eux la violence est partout si c'était possible rbobinerait bien la cassette pour retourner dans le ventre de sa maman. Mais c'est pas possible. Quand le vin est tiré, il faut le boire. Et il le boit jusqu'à ses 5 ans quand sa mère décide enfin de quitter son père et de quitter aussi les vauges pour aller [musique] s'installer loin de lui dans la Vienne. Et là, on est tenté de dire ouf ouf.
Et ben non, son père est loin. Il n'est plus là pour battre sa mère. Il n'est plus là pour faire régner la terreur dans la famille, mais il n'est plus là aussi pour être père, pour tenir le rôle de papa, ce papa dont il a tant besoin. D'autant que sa mère, sa mère n'assure pas. N'assure pas du tout. Logan ne va pas bien. Alors à temps, comme pour tirer la sonnette d'alarme, il fait une fume. [rires] C'est an ce qui a une vertu attiré l'attention des assistantes sociales. Madame, je vois bien que vous êtes en difficulté hein avec vos enfants et que même ne vont pas très bien.
J'ai donc décidé de procéder temporairement à leur placement et Logan entre dans la machine de l'aide sociale à l'enfance. La zeux autrefois on disait la DAS. Voyez famille d'accueil foyer famille d'accueil pour le meilleur et pour le pire. Il voit sa mère de temps en temps, mais il n'a jamais [grognement] revu son père.
[musique]
Maintenant, Logan a 16 ans. C'est un adolescent au visage, il vit dans une famille d'accueil dans la Vienne. Et ça se passe bien, très bien même. Il est bien dans cette famille. Les parents qu'il accueille sont optimistes. Il va faire la nique à son destin, d'autant qu'il a trouvé un travail qui lui plaît. Menuisier charpentier, son patron l'embauche à la sortie de son apprentissage et à côté de ça, il fait de la guitare, il fait de la moto. Ce sont ses deux passions. Et c'est pile à ce moment-là que le père demande d'avoir son fils. Son fils qu'il n'a pas vu depuis 12 ans. L'éducateur de Logan prend donc contact avec lui. Mais bien entendu, ça ne peut pas se faire comme ça.
Il a 17 ans, il ne vous a pas vu depuis 12 ans. [grognement] Ce que je vous propose c'est une première rencontre médiatisée dans les locaux de l'aide sociale à l'enfance de Poitier. Je serai là en permanence avec vous deux pour vous aider à renouer un lien. D'accord. Et la date de la rencontre est fixée au 12 juillet 2010.
[musique]
Le père s'appelle Bruno et la rencontre dans les bureaux de la se passe bien. Alors l'éducateur fait une proposition et si vous alliez vous balader, [raclement de gorge] tu pourrais montrer la maison de ta famille d'accueil à ton à ton père. Je serai là bien sûr hein. Je reste avec vous. OK. Et avant ça, ils vont manger tous les trois dans une brasserie de poitier. Vous vous rendez compte ? Logan des jeune avec son père qu'il n'a pas vu depuis 12 ans et ça se passe bien. Du coup, l'éducateur leur fait une proposition. J'ai l'impression que ça roule entre vous, hein. Je me dis que je suis peut-être de trop. Non, il est 13h30. Je vais vous laisser les quartiers libres pendant 2h disons hein.
On se retrouve ici à 15h30. Ça vous va ? Ça leur va entre nous. C'est une entorse aux règles de l'aide sociale à l'enfance. Les duc étaient censés rester avec eux toute la journée. Mais bon, ça se tente. Personne n'en saura rien.
[musique] [musique] [musique] [musique]
Quand l'éducateur revient au point de rendez-vous à [raclement de gorge] 15h30, personne, le père et le fils ne sont pas là comme c'était convenu. Il appelle Logan sur son portable répondeur. Alors, il appelle la famille d'accueil. Je ne suis pas à la maison là. Ce que je vous propose, c'est de rentrer et puis je vous rappelle.
[musique]
La mère d'accueil rentre chez elle. Personne mais il y a deux tasses à café sur la table passe et sur le canapé, il y a un album photo. Elle le feuillette, ce sont des photos de couple. Elle ne reconnaît personne. Logan Logan Logan Logan, tu es là ? Elle s'approche de l'escalier qui mène aux chambres de l'étage. Sur le sol, il y a des traces de pas ensanglanté. Elle les suit, elle grimpe l'escalier à toute vitesse. Elle va jusqu'à la chambre de Logan. Elle pousse les portes. Il y a un cadavre par terre, un homme sur le dos, les bras en croix. Il a un sabre planté en plein cœur. Un sabre qui fait au moins 1 m de long. Un katana, un sabre japonais. Et auto, il y a du sang partout.
Les gendarmes viennent d'arriver et dans la foulée les techniciens en identification criminelle et un médecin légiste. [musique] Je dirais que cet homme a reçu au moins une dizaine de coups de sabre. Ici, vous le voyez au rein, ici au foie, ici au poumon et ici le coup mortel, je pense qui atteint le cœur. Les gendarmes fouillent les poches du cadavre. Ils en sortent un portefeuille. Dedans, il y a des papiers d'identité. C'est Bruno, c'est le père de Logan. Et la mère d'accueil leur explique. Logan avait rendez-vous aujourd'hui avec son père biologique qu'il avait pas revu depuis 5 ans. C'était une rencontre organisée par son éducateur. Je sais pas ce qui s'est passé.
[grognement] Je sais pas où il est. Il était comment dans la perspective de cette rencontre ? Vous avez remarqué quelque chose de particulier ? [grognement] Il était anxieux, ça c'est sûr. Il redoutait cette rencontre. Ça se voyait sur son visage d'ailleurs. Il était plus pâle que d'habitude. Les gendarmes entendent aussi rapidement l'éducateur de Logan. Il s'en veut évidemment. J'aurais pas dû les laisser partir seul mais le père avait l'air tellement content de revoir son fils. C'est vrai que Logan était plus sur la réserve. [grognement] J'ai fait une connerie. J'ai fait une connerie. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Très vite, les gendarmes sortent les grands moyens.
Le plan épervier est déclenché. Des barrages sont dressés, mais ça ne donne rien. Jusqu'à ce que vers 17h30, une dame se rende dans une gendarmerie à 50 km de là. On m'a pris en oage un jeune homme assez jeune. J'étais en voiture, je allais faire mes courses et puis j'ai ralenti à l'entrée d'un rond-point. Il est rentré dans ma voiture avec un couteau, il me l'a mis sous ma gorge et puis il m'a dit de changer de siège, de me mettre sur le siège passager. Et il a pris le volant. Il avait pas l'air de savoir conduire. Il avait du mal à changer les vitesses [rires] et moi je lui disais "Libère-moi, je t'en supplie, libère-moi." Mais il voulait rien entendre.
Et on a roulé comme ça longtemps, des kilomètres et des kilomètres. "Et vous avez essayé de parler avec lui ?" Oui, il parlait pas beaucoup mais il m'a dit qu'il venait de tuer quelqu'un et qu'il aimerait pas avoir recommencer. Texto. Et ça s'est fini comment ? Il a roulé comme ça ? Je sais pas. au moins 1h45 et puis il a arrêté la voiture à l'entrée d'un d'un chemin près d'un bois et là je me suis dit ça y est quand c'est fini il va me tuer et puis non dès que je suis descendue de la voiture il a redémarré et il est parti et moi j'ai arrêté une voiture pour qu'il m'amène ici. Voilà. [grognement] Donc Logan est désormais au volant de la voiture de la table dont on a l'immatriculation.
C'est l'avantage. Ondelat raconte la suite de votre récit. Le numéro de la plaque est diffusé dans toute la région et une voiture de gendarme finit par repérer la caisse. Mais il ne se laisse pas faire le diable. Il accélère et ils le prennent en chasse. Mais pas longtemps, le gamin ne sait [musique] pas conduire et il finit dans le fossé. Tu ne bouges pas, tu entends ? Tu bouges pas. Tu ne bouges pas. Ouf ! Il n'est pas blessé.
[musique] [musique]
Et voilà donc Logan en garde à vue mutique, totalement mutique. Pas un mot ne sort de sa bouche. Les gendarmes lui posent des questions. Lui, il a les yeux dans le vague au point [musique] qu'au bout de 24 heures, il est présenté à un psychiatre. Et avec lui, avec lui, il se met à parler et à formuler les choses. J'ai tué mon père. J'avais tout prévu. C'était prévu depuis que je savais que que j'allais le voir. [grognement] C'est d'ailleurs pour ça que j'ai acheté le katana, le sable japonais. Je voulais le tuer. Et pourquoi est-ce que tu voulais le tuer ? Il a caché ma vie. Il a caché la vite de toute ma famille. Tout est sa faute.
Ça fait 12 ans que je me disais c'est un salot, il mérite pas de vivre. et il raconte qu'il l'a fait monter dans la chambre, qu'il lui a dit "Je vais te tuer, que son père ne l'a pas pris au sérieux et que c'est là qu'il l'a frappé avec le katana." Le psychiatre conclut qu'il n'est pas fou et Logan retourne devant les gendarmes et il leur répète presque mot pour mot ce qu'il vient de dire au psi. "Je me sens complètement libéré depuis que je l'ai tué. Je peux même dire ça me soulage. Oui, voilà. Voilà, ça me soulage. J'ai pas de regret. Aucun regret. Mais qu'est-ce que vous lui reprochez exactement à votre père ? Des trucs de mon enfance. Mais là, j'ai j'ai pas envie d'en parler maintenant.
Et il se referme comme une huile. Dans la foulée, Logan est donc mise en examen pour assassinat et placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Nant. Le 19 juillet dans les Voges, ont lieu les obsectes Bruno, le père. Aucun de ses enfants et pas non plus la mère de Logan n'insiste à ses funérails.
[musique]
À partir de maintenant, c'est au juge l'instruction de tenter d'y voir plus clair. Et dans ce cadre, le témoignage des parents de la famille d'accueil est essentiel. C'était pas un adolescent à problème Logan vraiment pas. Il parlait pas beaucoup mais il avait l'air d'être bien dans sa peau et tout laissait penser qu'il avait un bel avenir devant lui. Et je vous dis son père devant nous, il a jamais exprimé ni de haine ni de ressentiment à son égard. Jamais. Et tous ceux qui ont approché Logan ces dernières années disent à peu près la même chose. On n'a rien vu venir à une exception. Sa mère.
Je peux vous demander madame pourquoi vous n'êtes pas allé aux obsèques du père de vos enfants et aucun de vos enfants d'ailleurs n'y est allé. Bah parce qu'il nous a fait vivre l'enfer et qu'on s'intéressait plus à lui. Il était alcoolique, il était violent avec moi, il était violent avec les enfants. C'est c'est pour ça que je l'ai quitté quand Logan il avait 5 ans. Vous saviez qu'il était question que votre fils retrouve son père ? Oui. Oui. Oui. On m'en avait informé, on m'a même fait signer un papier mais j'ai dit que j'étais contre et je leur ai dit les laissez pas tous les deux seuls. Et la danse, ils m'ont juré qu'il le ferait pas. Puis voilà, ils l'ont fait quoi.
Je comprends, vous écoutez madame que vous étiez-vous toujours en relation avec votre fils Logan ? Pourquoi est-ce qu'il ne vivait pas avec vous ? Ben, on s'était mis d'accord comme ça. J'allais le voir tous les 15 jours avec sa sa demi-sœur que j'ai eu avec un autre père. Et pour vous dire comme je m'en occupais, il avait deux motos. Mais c'est moi, c'est moi qui payait les assurances. Et puis avec la mère vient la question du pourquoi ? Pourquoi est-ce que Logan en est arrivé à tuer son père ? Qu'est-ce qui [musique] a été d'après elle le déclencheur de cette furie meurtrière ? Est-ce qu'elle le sait ? Oh ben, je crois qu'il lui envolé de la mort de sa grande-sœur.
Notre fille est née, elle est morte à 8 mois et je crois qu'il a toujours pensé que son père était responsable de sa mort. Et c'était le cas madame ? Je sais pas. Ils ont dit qu'elle était morte de la mort subite du nourrisson.
[musique] [musique]
C'est désormais face au juge d'instruction que Logan doit s'expliquer. Et ça commence mal. Il revient sur ses œuvres. J'ai menti quand j'ai dit au gendarme que je pensais à tuer mon père depuis des années. C'est pas vrai. Mais pourquoi est-ce que vous l'avez dit alors ? C'est la faute du psychiatre. C'est lui, il m'a forcé à dire des choses qui étaient pas vraies. C'est parce qu'il m'énervait que j'ai dit ça. Je voudrais [raclement de gorge] qu'on revienne Logan sur la mort de votre sœur aînée. Bon, c'est peut-être pas pour ça que vous avez tué votre père, mais vous lui en vouliez là-dessus. Non. Ben oui, puisque c'est lui qui est responsable.
[musique] [musique]
Alors, dans quelle condition est morte la sœur aînée ? Logan dit, c'est la faute de mon père, mais à l'époque, on a conclu à une mort subite du nourrisson. un mal contre lequel on ne peut rien. Sauf qu'évidemment, il y a pas eu d'autopsie. Le doute est né de là et pas que. La mer fait une sacrée révélation. Oh ben, juste après la mort de la petite et ben Bruno, il m'a dit c'est lui qui l'avait tué. Après, il m'a dit non, c'est pas vrai. Mais il me l'a quand même dit que c'était lui qui l'avait tué. Et vous, qu'est-ce que vous en pensez madame ? Moi moi je pense que c'est lui qui l'a fait.
[musique]
Et elle a fait jour après jour entrer cette idée [musique] dans la tête de Logan. Ton père a tué ta sœur. Il est là le moteur de grim. Mais elle n'a pas fait que ça la maman. Elle lui a [musique] donné en secret, sans en informer les éducateurs, un dossier, un dossier vieux de 14 ans. Le dossier [musique] qu'elle avait préparé avec une avocate et qui répertoriait toutes les plaintes pour violence conjugale qu'elle avait déposé contre Bruno. Toutes. Et la suite, c'est Logan qui la raconte.
[musique]
Quand j'ai lu le dossier, ça a été un gros choc pour moi. Un gros choc. Ça m'a pas donné envie de le tuer parce que je vous le dis encore, j'avais pas prévu de le tuer mais ça m'a donné envie de lui demander des explications s'il en avait. Je voulais qu'il s'explique pour ma mère et aussi pour ma sœur. Alors quand l'éducateur il nous a laissé tous les deux, je dis viens, viens, on va à la maison où j'habite avec ma famille d'accueil. Je savais qu'il y avait personne à la maison. Je me suis dit on va pouvoir discuter les cieux dans les cieux. Et alors qu'est-ce qui s'est passé ? Mais on a bu un café et puis là, il a sorti un album photo. Il m'a expliqué.
Je me suis remarié il y a pas longtemps. Voilà ma femme genre regarde comme elle est belle. C'est vrai qu'il avait l'air heureux sur les photos. C'est comme s'il avait oublié tout le mal qu'il nous avait fait. C'était injuste quoi. Et c'est là que je lui ai dit "Viens voir dans ma chambre." Et quand on a été arrivé dans ma chambre, je lui ai dit "On va parler du passé, de ce que tout nous a fait." Et ça lui a pas plu quoi. Il voulait pas en parler. Et c'est là que j'ai attrapé le katana. Je me suis mis à le frapper, à le frapper, à le frapper. Je pouvais pas m'arrêter. J'étais j'étais trop en colère. Mais je vous jure, c'est pas ce que j'avais prévu au départ. [musique] Il est convaincant.
Il n'a pas prémédité son crime. Ça n'est pas un assassinat. C'est le refus de son père de parler du passé qui a été le déclencheur. Et il faut ajouter que sa mère a sa part de responsabilité. [grognement] Elle lui a dit que Bruno avait tué sa sœur et lui a donné dans le dos de l'aide sociale à l'enfance le dossier sur les violences qu'elle avait subie et elle lui a même fait une autre confidence. Bruno lui aurait dit qu'il allait tuer tous les enfants, y compris lui en les noyant. Elle a remonté Logan [musique] comme une pendue. Il m'a frappé. Il a tué ta sœur. Il voulait vous tuer tous. C'est un salot.
Et Logan qui allait bien, [raclement de gorge] qui était en train de construire une vie prometteuse, s'est fait berlificoter la tête par sa mère. Elle a sa part de responsabilité dans le crime, même si elle a sans doute été victime de violence conjugale. Elle a manipulé son fils pour se venger. Alors le juge n'en conclut pas qu'il faut la mettre en examen elle aussi. Non, il ne veut pas aller aussi loin. Mais on peut parier qu'au procès. Son attitude, son rôle de remonteuse de pendule offrira à Logan des circonstances atténuantes.
[musique]
Le procès de Logan s'ouvre en mars 2012 devant la cour d'assise des mineurs de Poitier. Il s'agit de le juger pour le meurtre de son père et la prise en otage de l'automobiliste. Et d'emblé son avocat fait une demande assez rare. Monsieur le président, bien que nous soyons devant une cour d'assise des mineurs qui est en général soumise au hclos, je vais vous demander la publicité des débats. Je pense qu'il est important que chacun dans le public de cette audience puisse se rendre compte des conditions dans lesquelles mon client a tué son père. Accordé. Et je peux vous dire que c'est rare un procès d'assise de mineurs devant du public et des journalistes. C'est rare ici.
Ce que la VOA a dans la tête à ce moment-là, c'est de pointer la défaillance des services sociaux dans ce dossier, la défaillance de l'aide sociale à l'enfance. Parce que quand même, si l'éducateur n'avait pas laissé le père et le fils en tête [musique] à tête, Bruno ne serait pas mort et Logan ne serait pas là dans le box, les yeux baissés, fixés sur le sol. Et étonnamment, il y en a une qui est sur la même ligne, la veuve de Bruno, son dernier amour. Elle s'est portée partie civile normale et elle aussi défend l'idée d'une responsabilité de la DAS, enfin de
[musique]
Quand Logan prend la parole à l'audience, ça surprend un peu tout le monde. Il est calme, il s'exprime bien, il est cohérent [grognement] et il assume, il assume ce qu'il a fait et il accepte de revenir dessus en [musique] détail. Il présente même des excuses d'abord à la veuve de son père et ensuite à l'automobiliste qui [musique] l'a prise en otage. À part ça, au fil des audiences, on assiste, il fallait s'y [musique] attendre, à une inversion totale de la logique d'un procès. L'accusée devient victime et la victime se retrouve accusée. Même si la dernière femme de Bruno vient mettre un petit bémol. Je peux vous dire que Bruno, il buvait pas une goutte depuis un an.
Je peux vous dire que ça a pas été facile mais il y était arrivé. Et puis il y a autre chose que je peux vous dire. Il a toujours été doux avec moi. Je sais pas ce qu'il a fait avant mais avec moi, Bruno, il était formidable. La question de la préméditation du meurtre se pose bien sûr. Logan maintient qu'il n'avait pas prévu de tuer son père, mais il y a quand même ce katana, ce sabre japonais qu'il [musique] avait opportunément dans sa chambre. Sauf que l'enquête a permis d'établir que le jeune Logan a acquis ce katana bien avant de savoir qu'il allait rencontrer son père. Et donc a priori il n'y a pas de préméditation.
[musique]
À la fin, le réquisitoire de l'avocat général est très dur, très dur. Et la peine qu'il réclame l' aussi. Je vous demande de le condamner à la peine de 15 à 18 ans de réclusion criminelle. Après 2 heures de délibéré, Logan est finalement condamné à 12 ans de prison. Sur les 12 années de prison, Logan en a finalement fait h et il a été libéré et depuis il a refait sa vie. Et c'est pour ça que je ne vous ai pas donné le nom du père parce qu'aujourd'hui c'est le nom de Logan. C'est le nom que Logan porte. Il était gamin au moment du crime. Il a purgé sa peine. Il a le droit [musique] de reconstruire une vie sans que tout le monde soit au courant de ce qu'il a fait.
Pour commenter son histoire du jour, Christophe On Ondelat reçoit un invité, acteur direct de son récit. Je vous ai raconté l'histoire d'un adolescent de 17 ans que j'ai choisi d'appeler Logan et qui il y a 10 ans dans la région de Poiti a tué son père à coup de sabre japonais. Meurtre pour lequel il a été condamné à 12 années de prison et je débrief cette histoire avec l'avocat de Logan, maître L Takendit du barreau de Paris. Vous étiez l'avocat de Logan maître au au moment du procès parce qu'on va préciser une de vos consœurs l'accompagné toute l'instruction et vous vous le rencontrez quand ? Juste avant le procès. Euh exactement oui euh tout à fait quelques quelques mois avant le procès.
Vous pouvez nous raconter la première rencontre ? Comment se présente devant vous ce garçon qui vient de tuer son père ? Euh bah écoutez, déjà il vient pas vraiment de tuer son père puisque il a déjà purgé de mémoire presque 2 ans de de détention. Donc ça fait un petit moment que les faits ont ont eu lieu et euh bah ça peut influer un peu sur la la présentation euh euh que peut avoir un client lorsqu'on le rencontre pour la première fois parce que il y a quand même de l'eau qui a coulé sous les ponts et puis il a eu l'occasion de réfléchir pas mal à tout ça. Donc on n'est pas dans l'excitation entre guillemets de de la présentation au juge d'instruction et d'une première incarcération.
il a eu le temps de de se poser. Alors, il est plutôt calme, il est plutôt euh il me semble plutôt intelligent de de de de premier abord assez facile en en en terme de de discussion de de d'expression orale. Enfin voilà, c'est quelqu'un avec lequel je me dis qu'on va pouvoir essayer de de travailler en bonne intelligence. Euh vous faites souvent ça de défendre les mineurs devant les cours d'assist pour mineurs. C'est parce que tous les avocats ne se lancent pas dans ce genre d'aventure, n'est-ce pas ? Non, parce que effectivement c'est assez assez assez particulier. Après bon, moi je j'ai toujours d'ailleurs voulu plaider aux assises hein depuis le début de ma carrière.
J'étais d'ailleurs assez jeune avocat lorsque j'ai pris cette défense et même pour ainsi dire c'est la première fois que je défendais un un paricide. Euh bon, depuis, il m'est arrivé de d'en défendre un certain nombre d'autres et notamment il y a pas très très longtemps dans dans une affaire qui qui est sortie il y a peu pas très loin d'ici. En deux mots, vous pouvez nous expliquer quelle est la différence entre une cour d'assise pour mineur et une cour d'assise pour majeur ? Bien sûr, d'autant que c'est un sujet d'actualité. La la cour d'assise euh pour mineurs va juger les mineurs qui ont commis un crime euh lorsqu'ils sont âgés de 16 à 18 ans.
En dessous de 16 ans, d'ailleurs, ils sont pas passés d'une d'une cours d'assise mineure. C'est carrément le tribunal pour enfants qui juge au criminel. Mais de 16 à 18 ans, c'est cela. Et la spécificité, c'est que la loi prévoit que la peine qui est encourageur, en l'occurrence pour un meurtre 30 ans, va être divisé par 2 et que donc le maximum légal que va pouvoir prononcer la cour d'assise est la moitié de la peine prévue par la loi.
Sauf dans des cas très très particuliers où la personnalité du mineur ou éventuellement les circonstances de du crime vont justifier que on fasse, passez-moi l'expression, sauter cette excuse de minorité comme on l'appelle, auquel cas le mineur de nouveau encourt la même peine qu'un qu'un majeur. Et il y a pas de jouret. Enfin, c'est pas des jurés comme à la cour d'assise pour majeur. Alors, si il y a il y a il y a des jurés, c'est comme c'est comme c'est la même chose qu'une cour d'assise euh majeure. Simplement, vous savez, une cour d'assise est composée de trois magistrats professionnels et de et de six euh euh jurés tirés parmi les citoyens.
Euh et la spécificité de la la cour d'assise mineure, c'est que les assesseurs, pas le président, mais les assesseurs ou au moins un des assesseurs doit être juge des enfants de sorte qu'on on ait des professionnels qui s'intéressent particulièrement à la question de l'enfance ou de la minorité. C'est un peu la spécificité. Et puis la deuxième, c'est quand même le fait que les procès sont habits. Dès le début [raclement de gorge] du procès, vous demandez la publicité des débats parce que normalement devant une cour d'assise de mineur, il y a pas de public et il y a pas de journaliste. C'est ça. Absolument. Absolument.
Alors, je je dois pas m'attribuer à la paternité de cette idée parce qu'en réalité de mémoire, c'est ça doit être mon confrère Jean-Marc Florent qui à l'époque avait fait ce petit coup d'éclat là lors de l'affaire Deals. Le but étant que bah on mette pas sous le tapis un certain nombre d'éléments qui sont importants dans le dossier. Et ce qu'il y avait de très important dans le dossier, de mon point de vue dans cette affaire, c'était le rôle qu'avait pu tenir la dans cette réunion mortelle. Et donc, vous voulez que vous vouliez que ça soit public, que ça sorte.
Bah oui, je voulais qu'on puisse en parler et puis que ça puisse avoir de l'effet parce que c'est sûr que si ça se passe dans le h clos d'une cour d'assise, ça a pas forcément le même effet que si vous savez c'est des procès qui durent plusieurs jours et que si le lendemain en première page du journal local vous avez euh quelque chose qui a trait à au rôle qu'a pu tenir l'aide sociale à l'enfance dans alors évidemment pas dans le crime hein, l'éducateur ne tient pas le katana mais dans la survenue [raclement de gorge] de cette de cette algarade entre le père et le fils et et puis ensuite bah dans le fait que ça ça une fois que c'est hors de contrôle, c'est hors de contrôle mais jusqu'où malheureusement dans ce dossier c'est jus jusqu'au crime.
Moi je suis pas toujours tendre avec l'aide sociale à l'enfance en matière judiciaire mais j'ai envie de dire elle fait ce qu'elle peut et en l'occurrence l'éducateur bien sûr qu'il outrepasse ses devoirs mais il peut avoir un ressenti et tenter quelque chose. Vous trouvez que c'est grave ce qu'il a fait que je moi je me positionne pas en terme de gravité. Il vous aura pas échappé que moi je suis avocat, pas pas magistrat, je suis pas là pour juger. Par contre, je pointe le cas échéant des des des événements qui ont pu participer à un enchaînement parce qu'il était pas écrit que ce gamin, même s'il a eu une enfance difficile, finirait par commettre un crime en en tuant son père.
Donc moi ce qui m'apparaît dans ce dans cette histoire là comme faisant partie des liens de causalité et on abouti à à cela, c'est l'erreur, la faute professionnelle qui va consister après une histoire familiale pareille et après un premier contact subreptice à laisser ce gamin en présence du père. Donc de vous à moi, l'éducateur ne sait rien. Il se trouve que là c'est mon client qui a commis ses violences mortelles sur le père. comment il aurait pu se passer l'inverse. C'estàd qu'on avait aucun élément de personnalité réelle sur le père permettant de penser qu'on pouvait lui faire confiance lors d'une mise en présence avec son fils.
C'était vraiment vraiment d'abord pas malin et puis sur le plan professionnel une faute. Moi, je me permets juste cette petite incise, mais il se trouve que je suis fils d'un éducateur de la PJJ qui a bossé pendant des dizaines d'années auprès de ce type de auprès de ce type de de profil là et que évidemment qu'à lui ça lui est apparu assez étonnant mais que j'ai pas moins d'acconie particulière à l'égard de l'aide sociale à l'enfant. Je pense qu'il faut un travail formidable mais quand à titre individuel on commet une faute, il suffit de dire qu'on l'a commise. Je pense que ils auraient gagné à reconnaître que c'est une faute professionnelle.
Je demandais pas à ce qu'on le à ce qu'on le mette au JB, hein. Alors, il y en a une autre qui qui est responsable, c'est la mère. Évidemment, probablement qu'il n'a jamais été question qu'elle soit mise en examen pour avoir remonté son fils comme une pendule. N'empêche qu'on peut dire quand même qu'elle a été très défaillante et qu'elle a une grosse part de responsabilité. Bah vous savez surtout aujourd'hui on vit un temps dans lequel les les psychologues et et et psychiatres prospèrent beaucoup, y compris les psychanalystes et où on explique que tout ce qui arrive dans la vie des gens est de la faute de leurs parents.
Peut-être que dans le dossier de mon client, c'est encore plus le cas que pour nos autres ici-bas, mais mais effectivement, ça pouvait pas justifier non plus une mise en cause au point où on estimerait que cette histoire de de téléguider le gamin, ça a été une idée évoquée. très honnêtement, [raclement de gorge] après avoir épluché ce dossier et beaucoup creusé la tête parce que si j'étais capable de pointer du doigt une part de responsabilité de la j'étais également très capable de pointer du doigt une part de responsabilité de la maman.
Et pour vous dire le vrai, pour préparer un peu cette émission, j'ai repris mes notes de des premiers rendez-vous et c'est j'avais écrit que que que la maman aurait sans doute [grognement] quelques responsabilités et en tout cas j'avais expliqué au gamin que j'allais sans doute être en en en en obligation de de la mettre un peu sur le grill. Très honnêtement, l'étude du dossier m'a permis de penser qu'il y avait pas beaucoup beaucoup d'éléments. C'était plus de l'ordre du fantasme perçu par le gamin que de l'ordre des informations euh euh de téléguidage de celui-ci pour pour en vouloir à ce point à son père euh qu'on se qu'on se trouvait.
Donc bon, moi j'ai un peu dépassionné ça euh après l'analyse du dossier. Vous croyez-vous à cette histoire selon laquelle le père aurait tué sa sœur aînée ? Non, vous savez, moi je suis avocat, avocat pénaliste et on croit que ce qu'on voit, on est comme comme Saint-Thomas. Donc euh à partir du moment où je n'ai absolument aucun élément dans le dossier qui me permette de le penser, non seulement je le crois pas, mais en plus en travaillant avec mon client, je lui explique qu'il va falloir qu'il se qu'il se sorte ça de l'esprit. C'est-à-dire que que ça lui a été donné comme information par sa mère, c'est tout à fait possible.
Qu'elle a un peu romancé l'histoire euh assez catastrophique de la famille à l'époque où ils étaient dans les vauges. C'est pas impossible. Et ce qui est certain, c'est que on peut pas, malheureusement ça a été son cas jusqu'à ses 16 ans, mais on peut pas faire grandir un enfant avec l'idée que il a été lui-même, parce que c'était ça la légende familiale, que non seulement le père avait tué la gamine, sa sœur, mais que par ailleurs euh il avait essayé, pas qu'il projetait de le faire, qu'il avait essayé de tuer lui et le petit dernier ou la petite dernière dans la baignoire. Voilà, c'est ce qui avait été raconté euh à mon client pendant d'années, mais il y avait rien dans le dossier.
Et on peut pas en vouloir à un mom de 10 ans, de 12 ans, de 15 ans à qui sa mère raconte raconte cela, de ne pas lui demander euh par des preuves euh x ou y de justifier de ce qu'elle dit. C'est sa maman, il y a quel qui s'occupe de lui et encore par intermittence puisqu'il est placé de foyer en foyer, de famille d'accueil en famille d'accueil depuis des années, ben il écoute ce qu'elle lui dit. Voilà. Mais mais très honnêtement, il a rien dans le dossier permettant de penser que ça s'est produit. Pour terminer, un commentaire sur la peine. Il prend 12 ans.
Alors, les gens qui nous écoutent peuvent penser que c'est pas beaucoup, mais en vérité quand même dans une affaire de mineur marqué par le poids du destin, l'atavisme familial et cetera, c'est quand même beaucoup. Qu'est-ce [raclement de gorge] que vous en pensez ? J'en pense que je n'ai jamais caché notamment à à mes collaborateurs au stagiaire depuis ces 12 années là, depuis ce procès que c'est un de mes grands regrets. Ouais. Je trouve que c'est pas un bon résultat. Je trouve que c'est un une décision qui qui n'est pas très bonne. Mais mais quand on fait ce métier-là, il faut avoir l'humilité de se dire que on ne va pas chercher un résultat à 8 ans, à 10 ans, à 15 ans.
On va chercher une fourchette, une fourchette de justice. On était dans la tranche haute voire très haute de ce que moi j'avais prévu comme acceptable. On en a discuté avec le client. J'aurais pas été contre un appel, mais moi je peux pas géopardiser l'avenir de mes clients si si je ne suis pas sûr d'obtenir mieux un appel. Et quand mon client m'a demandé des garanties quand tu as une peine plus douce en appel, j'ai pas pu lui donner. il a décidé d'accepter mais très honnêtement oui, je pense que c'était sévère. En tout cas, c'était dans la tranche haute et puis c'était surtout dans l'habitude du président de l'époque qui euh était relativement sévère.
Mais il y a des jurés, maître, c'est pas le président qui décide de la peine lol. Ah, écoutez, je crois je crois que vous connaissez bien un ancien grand avocat de cours d'assise qui est devenu ministre de la justice, le grand dupetéti qui avait écrit un bouquin qui s'appelle bête noire. Et dans ce bouquin, il explique et il a raison hein qu'il y a de de très grands présidents d'assise et des très petits. Ben écoutez, le président qui a jugé le dossier dont on parle aujourd'hui et celui qui l'a donné un exemple comme étant très petit dans ce bouquin qui était pas mal d'ailleurs, bête noire pour ceux qui n'ont pas lu et que j'ai adapté et que donc on peut retrouver en podcast et sur YouTube.
Merci beaucoup maître L. Takedmth du barreau de Paris à l'époque du barreau de Poitier qui avait assisté le jeune Logan qui s'appelle pas Logan dans cette affaire. Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes [musique] d'écoute et sur europein.fr. La nouvelle Suzuki Swift Hybrid, c'est un design inspirant, une technologie de pointe et une conduite exaltante à partir de 199 € par mois. Nouvelle Suzuki Swift Hybrid, place à l'exaltation. [musique] Portes ouvertes ce weekend. Swift Hybrid av location longue durée 37 mois à 30000 km. Premier loyer de [musique] 4000 € entretien inclus valable jusqu'au 30 juin 2024 si accord Harval Service Leas. Détail suri.fr.
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