Restos du cœur : "Sans les associations, le pays tomberait", alerte le président de l'association
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:29OuverteRéponse directe
Ça veut dire qu'il y a de plus en plus de pauvreté et de précarité ou ça veut dire simplement que vous prenez plus de choses en charge?
- 1:53OuverteRéponse directe
Oui, eux aussi. Nous accueillons 1,3 million de personnes dont la moitié sont des jeunes de moins de 25 ans.
- 2:40OuverteRéponse directe
Mais comment est-ce que les associations, comment est-ce que l'association, la vôtre, les Restos du Coeur, peut-elle faire face?
- 4:05OuverteRéponse partielle
Alors en cette période où on parle beaucoup de contribution des plus riches où c'est dans le débat politique, on se rappelle que Bernard Arnault, quand vous étiez en difficulté avait versé 10 millions d'euros, le numéro 1 mondial du luxe.
- 4:57OuverteRéponse directe
Mais vous espérez échapper aux économies?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46InvitéFait
« Il y avait eu 5 millions de paniers repas distribués par 5000 bénévoles. »
- 0:49InvitéChiffre
« Aujourd'hui, on est à 163 millions de repas. »
- 1:10PrésentateurFait
« Et aujourd'hui, ce que l'on constate, c'est que cette tendance, elle continue de s'aggraver. »
- 2:12PrésentateurPromesse
« Et effectivement, les enfants et les bébés sont une population que l'on rencontre au Resto du Coeur avec des besoins énormes. »
- 2:34PrésentateurFait
« Et puis des retraités qui sont là aussi aujourd'hui et qui ont besoin d'une association de solidarité, des Restos du Coeur. »
Temps de parole
- Présentateur62 %
- Invité32 %
- Invité 26 %
≈ 7,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et votre invité Marion est le président bénévole des Restos du Coeur.
Bonjour Patrice Doré.
Bonjour.
Et bon anniversaire si j'ose dire, parce que les Restos du Coeur ont aujourd'hui 40 ans tout juste, 40 ans depuis cet appel lancé sur Europe 1 par Coluche. Je ferai un petit peu de publicité tous les jours. S'il y a des gens qui sont intéressés par sponsorer une cantine gratuite, qu'on pourrait commencer par faire à Paris par exemple, et qu'on étalerait après dans les grandes villes de France, nous on est prêts à aider une entreprise comme ça, un resto par exemple, qui aurait comme ambition au départ de faire 2000, 3000 couverts par jour, gratuitement. Et c'est l'acte de naissance des Restos du Coeur.
Le message c'était, ce n'est pas possible que dans le pays de la bouffe, les gens n'en aient pas. Et pourtant, en trois mois d'hiver, fin 1985, début 1986, il y avait eu 5 millions de paniers repas distribués par 5000 bénévoles. Aujourd'hui, on est à 163 millions de repas. Ça devait être une initiative provisoire, Patrice Douré. Ce n'était pas censé durer, et pourtant les restos sont plus indispensables que jamais.
Et oui, et 40 ans plus tard, c'est 163 millions de repas qui ont été distribués. Et aujourd'hui, ce que l'on constate, c'est que cette tendance, elle continue de s'aggraver. Alors c'est à la fois de la tristesse, parce qu'effectivement, 40 ans plus tard, on constate que les pauvres sont toujours là, et que les chiffres ont augmenté. Et puis de l'espoir, puisqu'on voit aussi que cette mobilisation sociétale autour de Coluche, aujourd'hui, continue.
Ça veut dire qu'il y a de plus en plus de pauvreté et de précarité, ou ça veut dire simplement que vous prenez plus de choses en charge ?
Non, ça veut dire que la situation du pays, aujourd'hui, continue de s'aggraver en matière de précarité et de pauvreté. Je crois qu'il n'y a qu'à aujourd'hui constater, tout simplement, l'évolution des trois crises que nous avons traversées. La crise de 2008, la crise sanitaire, et puis la crise inflationniste. Aujourd'hui, les prix restent très élevés, et les personnes sont toujours autant en difficulté pour ne serait-ce que se nourrir.
Et ça fait plusieurs fois que vous lancez des appels aux dons, spécifiquement destinés aux enfants, voire aux bébés. Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas manger à leur faim, à avoir besoin de produits de première nécessité, eux aussi ?
Oui, eux aussi. Nous accueillons 1,3 million de personnes, dont la moitié sont des jeunes de moins de 25 ans. Et effectivement, les enfants et les bébés sont une population que l'on rencontre au Resto du Coeur, avec des besoins énormes. Mais tous les publics sont concernés. C'est-à-dire qu'on retrouve aujourd'hui des familles monoparentales, en très grand nombre, des bébés, des travailleurs pauvres, qui, le 10 du mois, n'ont plus un seul euro pour vivre simplement. Et puis des retraités qui sont là aussi aujourd'hui, et qui ont besoin d'une association de solidarité, des Restos du Coeur.
Mais comment est-ce que les associations, comment est-ce que l'association, la vôtre, les Restos du Coeur, peut-elle faire face ? On se souvient que vous aviez lancé un appel à l'aide en septembre 2023, face justement à la crise inflationniste. Est-ce qu'aujourd'hui, ça va mieux ? Vous avez les moyens de faire face ?
Nous avons la chance de ne pas avoir eu de baisse du nombre de nos donateurs. En revanche, ce que l'on constate, c'est que le niveau moyen de don baisse. Et tout simplement parce que nos donateurs sont aussi affectés par les problèmes de pouvoir d'achat, et font ce qu'ils peuvent pour nous aider. Et tous les dons sont importants. Et ce que l'on constate également, c'est cette fragilité du secteur associatif. Aujourd'hui en France, les associations tiennent le pays. C'est-à-dire qu'il y a 1,4 million d'associations, c'est 20 millions de bénévoles et 2 millions de salariés. Sans les associations, le pays tomberait. Le pays chutera, il faut absolument les soutenir aujourd'hui.
Mais ça veut dire qu'aujourd'hui, vous êtes dans quelle situation ? Pas celle de septembre 2023 ?
Aujourd'hui, nous sommes très vigilants. Parce que l'inflation a baissé, mais tous les prix que nous avions constatés en 2023 restent élevés. Ils sont élevés pour les personnes qui ont besoin d'acheter des produits alimentaires et d'hygiène, mais également pour les associations et pour les restos du cœur. C'est-à-dire qu'on continue aujourd'hui à avoir des achats très importants. Ce sont des volumes colossaux. Et donc on fait ce que l'on peut. Quand on peut faire plus, on fait plus. Et quand on ne peut pas, on fait moins. Donc on doit continuer à s'adapter très régulièrement.
Alors en cette période où on parle beaucoup de contribution des plus riches, où c'est dans le débat politique, on se rappelle que Bernard Arnault, quand vous étiez en difficulté, avait versé 10 millions d'euros, le numéro 1 mondial du luxe. Est-ce que vous espérez voir ce genre de geste de la part des plus riches se reproduire ?
Nous, ce que l'on attend, c'est que tous ceux qui peuvent continuer à nous aider le fassent. Il y a eu autour de Coluche, ce 26 septembre 1985, une mobilisation sociétale très importante. Et c'était presque une évidence que les entreprises, les particuliers, les politiques, toutes les personnalités qui entourent Coluche viennent l'aider. Aujourd'hui, cette évidence, elle n'est plus là. Et c'est bien ça qui nous heurte. C'est-à-dire que la lutte contre la pauvreté n'est plus une priorité.
Dans le discours politique, vous voulez dire ?
Dans le discours politique. Il faut que ça le redevienne. Les chiffres parlent de même.
Mais vous espérez échapper aux économies ? Parce que vous savez que le gouvernement, il cherche des économies. Et notamment, il y a la question de la fiscalisation des dons. Les dons sont en partie défiscalisés aujourd'hui. Est-ce que ça, ça pourrait être remis en cause ? Il y a une partie de votre budget qui est financée par l'État. Est-ce que ces recherches d'économies actuelles, pour boucler le budget, elles vous inquiètent ?
Nous avons alerté le Premier ministre, qui vient d'être nommé. Sur trois choses. La première, effectivement, c'est la situation des associations. L'effort budgétaire qui est à trouver ne doit pas porter sur les associations. Pour les raisons que j'ai évoquées, elles sont déjà en difficulté. Il faut absolument les soutenir. Deuxième chose, c'est la loi Coluche, qui permet la défiscalisation des dons. Cette loi, elle a été créée pour aider les associations. Et il y a quelques mois, il y avait dans l'idée de venir la détricoter. Et puis, troisième sujet, c'est le budget européen. L'Europe finance aujourd'hui un repas sur cinq au Resto du Coeur, et dans d'autres associations.
Il faut absolument que la France tienne ce rôle historique de soutien de ce budget, parce que sans ce repas sur cinq, on serait obligé, effectivement, de continuer à acheter ces produits. Et donc, ce que j'appelle, j'appelle le Premier ministre à aussi entendre le monde associatif.
Vous avez l'impression d'être entendu aujourd'hui ?
Pour l'instant, j'attends une réponse.
Vous espérez disparaître bientôt, parce que c'était quand même pas l'objectif à l'origine ?
C'était l'espoir, effectivement. Aujourd'hui, moi, je ne parie pas sur un avenir sans crise. C'est-à-dire qu'on est plutôt sur une consolidation, et le fait de pouvoir, effectivement, continuer à aider les personnes qui viennent chez nous, avec nos 75 000 bénévoles, et tant qu'il y aura des besoins, on sera là.
Patrice Douré, président des Restos du Coeur, merci beaucoup d'être venu nous répondre ce matin sur France Inter. Merci à vous.