Jean-Claude Gaudin : "Je soutiens Nicolas Sarkozy car il a l'expérience et la volonté"
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Pourquoi soutenez-vous Nicolas Sarkozy plutôt qu'Alain Juppé ou d'autres?
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Bonjour Jean-Claude Godin. Bonjour. Il y a eu hier soir au Sénat, vous y étiez, une sorte de reconstitution de ligue dissoute. Toutes les figures de feu, l'UDF, étaient réunies autour de Valéry Giscard d'Estaing, Raffarin, Bayrou, Ménieri, etc. qui pour la plupart se retrouvent derrière Alain Juppé. Pas vous, Jean-Claude Godin, vous êtes l'un des rares centristes à soutenir Nicolas Sarkozy, pourquoi ?
D'abord c'était un peu étonnant hier au soir, parce qu'effectivement, toutes les personnalités que vous venez de citer, certaines de ces personnalités ont choisi de soutenir Alain Juppé, c'est leur droit le plus absolu. Moi, je regardais un peu dans le rétroviseur, et je me disais à l'époque, lorsque je présidais le groupe UDF de l'Assemblée nationale, je l'ai présidé de 81 à 89, pendant 9 ans, pendant que Charles Caduet était le président de l'UDF. Les centristes étaient plutôt très hostiles au mouvement gaulliste et au rassemblement pour la République. C'est vrai. Voyez-vous, il y a même des évolutions de ce côté-là.
Bon, ça ne nous dit pas les raisons de votre soutien à Nicolas Sarkozy, plutôt qu'Alain Juppé ou d'autres.
Alors, d'abord, parce que depuis toujours, j'ai soutenu Nicolas Sarkozy, avant même qu'il ne devienne président de la République. Ça m'avait valu quelques périodes de froid avec Jacques Chirac à l'époque. Il est clair que dans le contexte de la France aujourd'hui, je considère qu'il est, à l'intérieur du camp de la droite et du centre, le mieux placé, parce qu'il a l'expérience, parce qu'il a le dynamisme, parce qu'il a la volonté, parce qu'il a son actif, il y a eu de beaux résultats, malgré tout, malgré tout ce qu'on peut en dire, sous sa période de présidence de la République. Par conséquent, je suis avec Nicolas Sarkozy. Je suis aussi légitimiste, pour tout vous dire.
Bon, rappelez-vous, et ça aussi, on va dire que c'est trop ancien, Léon Blum disait, on n'a jamais raison contre son parti. Le parti, il est pour Nicolas Sarkozy. Oui, le parti, oui, mais les électeurs, on ne sait pas. On verra, vous savez, les électeurs. Les électeurs, il y a surtout aussi ceux qui, à gauche, notamment, souhaitent le succès de M. Juppé. C'est très net dans les sondages.
Et alors, vous redoutez, comme Nicolas Sarkozy, que la primaire soit pervertie ou volée par les électeurs de gauche ?
Je suis assez loin de tout ça, pour ne pas employer des termes que... Volée, volée, c'était le terme de Nicolas Sarkozy. Je me rappelle simplement qu'à une époque, pour cette femme extraordinaire, remarquable, que nous aimons tous, Simone Veil, les sondages l'ont donné en tête de tout. Sauf que quand elle a été candidate, elle a fait beaucoup moins.
Vous êtes en phase avec toutes ces déclarations à Nicolas Sarkozy. Quand Jean-Marie Le Pen dit que Sarkozy se jemmarise, ça ne dit pas quelque chose de son évolution, de ses contenus de discours, de sa...
Non, on a évoqué un peu tout cela hier au soir, à table, dans des conversations personnelles. La France doit se gouverner au centre, mais dans les institutions de la Ve République. Et c'était hier, l'anniversaire du 4 octobre, de la fondation de la Ve République. C'est bloc contre bloc. Voilà. Et donc, il faut assumer la position politique que l'on a choisie. Alors, il y a des moments où la gauche peut avoir l'espoir du succès. Tel n'est pas le cas aujourd'hui. Et de l'autre côté, vous avez la droite. Et donc, il faut tenir le langage clair, net et précis. Et ça, Nicolas Sarkozy le fait mieux que l'autre.
Ça veut dire qu'il faut faire campagne à droite pour ensuite présider ou gouverner au centre ?
Je pense qu'effectivement, une fois qu'on gouverne, je le vois bien et moi, à mon modeste niveau dans la ville de Marseille, j'ai toujours gagné à droite. Et j'essaie de gouverner le plus largement possible. J'ai même dans ma majorité des radicaux de gauche.
Et vous pensez donc que Nicolas Sarkozy, redevenu président, ferait une politique beaucoup plus centriste et moins à droite que celle qu'il promène aujourd'hui.
Tout le monde essaie d'ouvrir. Rappelez-vous que M. Mitterrand, il avait fait appel à M. Roche, le maire de Metz. Jean-Marie Roche. Il avait fait appel à Théo Brun à Paris, à M. Jean-Pierre Soissons à Auxerre. Bon, Nicolas Sarkozy, il a essayé de faire la même chose. Il est allé chercher Kouchner, lui. Et puis M. Juillet, tiens, celui qui est en poste important aujourd'hui. Jouillet, Jean-Pierre Jouillet, très bien. Le secrétaire général de l'Élysée. Exactement. Et ça a apporté quoi ? Rien du tout. Donc on est sous la 5ème République, bloc contre bloc. Et cette fois-ci, c'est un peu plus difficile.
Parce qu'alors qu'il y a le bloc de droite et de gauche, aujourd'hui il y a même le bloc du Front National. Heureusement qu'il y a le plafond de verre.
Votre soutien à Nicolas Sarkozy n'est pas lié à sa promesse de revenir sur le non-cumul des mandats et sur la loi qui vous obligera à quitter le Sénat dans un an, Jean-Claude Godin ?
Oui, bien sûr. C'est quelque chose que nous regardons attentivement. Personnellement, j'ai toujours été favorable à deux mandats. Un mandat national et un mandat local, fût-il un exécutif. Il semble aujourd'hui que le couperet de la loi sur le cumul va tomber, que le Conseil constitutionnel avait été saisi en son temps. Et je ne vois pas très bien comment un gouvernement qui arriverait, avec une majorité qui arriverait, aurait comme objectif, en premier, de vouloir revenir sur le cumul des mandats. C'est pourtant la promesse de Nicolas Sarkozy. Peut-être. Mais il y a autre chose, me semble-t-il, qui sera plus importante.
En tout cas, moi, dans mon esprit, je m'apprête à subir ce couperet qui n'est pas bon. Parce que faire deux catégories de députés, les députés de la noblesse, tiens, eux, ils iront et à l'Assemblée nationale et au Sénat. Et les autres, ils s'occuperont des cantines scolaires, des poteliers de circulation, de tout ce que l'on fait sur le plan local. Ce n'est pas bon de séparer ces deux catégories d'hommes politiques. En tout cas, moi, j'ai toujours été dans les deux. Donc, je suis favorable, effectivement, à ce qu'on ait deux mandats. Mais j'appliquerai, bien entendu, la loi, comme je l'applique tous les jours à Marseille.
Même les lois que je n'aime pas ou les décisions prises par le gouvernement qui me semblent, semble-t-il, contraires à ce que les Marseillais souhaitent. Et donc, vous choisirez les poteliers de circulation plutôt que les ors du palais du Luxembourg. Il est clair que pour moi, ça ne pose aucun problème. Je resterai à Marseille. Maintenant, vous me posiez la question sur Nicolas Sarkozy. Je soutiens la bloc Nicolas Sarkozy. Mais si d'aventure, c'était un autre de mes amis politiques qui remporte la primaire, je me rallierai sans problème. J'ai passé l'âge des amertumes. Je n'ai de dette avec personne. Par conséquent, je suis tout à fait à l'aise.
Et Alain Juppé, lui, n'a pas passé l'âge de devenir président de la République.
Je suis un peu plus âgé que lui. Bon, donc, ce n'est pas vous qui allez dire qu'il est trop vieux pour le rôle. Jean-Claude Godin, maire de Marseille, on va aborder d'autres sujets avec vous et des sujets sans doute liés à Marseille avec les auditeurs de France Inter. Tout à l'heure, qui nous appellent au 01 45 24 7000.
Jean-Claude Gaudin