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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 14 mars 2019 30 minComplaisantFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesCulture, médias & sport

Conférence de presse avec Abiy Ahmed, Premier Ministre d'Ethiopie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:01OuverteRéponse partielle

    Quels efforts pour renforcer la démocratie et l'Etat de droit en Ethiopie ?

  • 9:00OuverteRéponse partielle

    Quels travaux pour améliorer l'Etat de droit ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Que peut apporter la France pour la sécurisation régionale, notamment maritime ?

  • 14:00FerméeÉludée

    Allez-vous interdire le survol de la France par les Boeing-737 ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Comptez-vous répondre à l'invitation du Rwanda pour les commémorations du génocide ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Abiy AhmedPromesse
    « Nous avions un accord pour un partenariat technique et financier pour la réhabilitation des églises médiévales rupestres de Lalibela. »
  • 3:00Abiy AhmedFait
    « L'Ethiopie a une volonté de renforcer ses capacités de défense et tout particulièrement en matière d'aviation et en matière maritime. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -A.

Ahmed: Bonjour à tous. Cher Président Emmanuel Macron, résidence de la République française. Il est aujourd'hui parmi nous en honorant l'invitation que nous lui avons faite pour visiter l'Ethiopie.

Pendant notre séjour en France, nous avons eu plusieurs protocoles d'entente qui ont été signés. Et parmi ces signatures, nous avions un accord pour un partenariat technique et financier pour la réhabilitation des églises médiévales rupestres de Lalibela. Et le président Macron a montré une volonté toute particulière pour soutenir et réhabiliter ces églises qui montraient la civilisation au sein de l'Ethiopie.

Il s'est personnellement engagé dans ce projet. Le gouvernement de la République fédérale démocratique de l'Ethiopie remercie tout particulièrement le président Macron pour cette volonté. Ensuite, l'Ethiopie a une volonté de renforcer ses capacités de défense et tout particulièrement en matière d'aviation et en matière maritime.

Et cette volonté a reçu une réponse positive du président Macron. Il y a aujourd'hui un protocole d'accord qui est signé avec la République française. C'est l'une des parties de la coopération que nous sommes aujourd'hui en train de renforcer avec les pays européens. 3e volet, ce sont les investissements que nous essayons d'encourager de la part des investisseurs européens et français, tout en essayant de résoudre les goulots d'étranglement qui se trouvent dans la partie éthiopienne.

Et nous essayons de convaincre les investisseurs. Et ces investisseurs ont montré, d'ailleurs, une certaine volonté de venir. Et le gouvernement français nous appuie tout particulièrement là-dessus.

Et nous voyons les 1ers résultats. Et il y a un accord qui date de 100 ans à cet égard. Et c'est un des volets qui nous permettra de renforcer cet accord et de lui donner une 2de vie.

Le président Macron est tout particulièrement attentif sur les événements qui se sont produits tout récemment en Ethiopie. Et il a partagé avec nous ses condoléances les plus sincères et cela montre que c'est un pays proche de l'Ethiopie. L'Ethiopie qui est, comme la France, un pays ancien, qui cherche à travailler avec ces pays amis pour la paix, non seulement de la région, mais aussi la paix mondiale.

Merci d'être parmi nous, M. Macron. -E.

Macron: Merci beaucoup, M. le Premier ministre. Merci pour vos mots et pour votre accueil dans votre magnifique pays.

Et permettez-moi en effet d'avoir avant toute chose un mot de condoléances pour les victimes et les familles de victimes de l'accident aérien produit sur la compagnie Ethiopian Airlines de dimanche dernier. Vous savez combien nous sommes à vos côtés et aux côtés de l'ensemble des familles des victimes. Monsieur le Premier ministre, merci de nous accueillir, ma délégation et moi-même, ici dans ce palais du Gebi, ancienne résidence de l'empereur Menelik, qui montre, si besoin en était, combien l'Ethiopie est un pays chargé d'une histoire millénaire prestigieuse.

Nous avons vu tout à l'heure à Lalibela encore des traces de celle-ci. Et au fond, nous sommes ici dans un pays ami, où nous voulons renforcer, construire, une page nouvelle de notre histoire commune. Et dans un pays qui porte aussi une histoire toute particulière au sein de l'Afrique.

Une fierté unique, une civilisation profonde, un alphabet qui lui est propre et la capacité à avoir constamment résisté à toute forme d'invasion. C'est ce qui fait l'Ethiopie d'aujourd'hui, c'est cette Ethiopie d'hier. C'est pourquoi je suis extrêmement fier et convaincu de ce que nous avons décidé au mois d'octobre dernier, ensemble, à Paris, M. le Premier ministre, et de ce que nous venons ensemble, d'ailleurs, in situ, de confirmer, c'est le fait que la France accompagne l'Ethiopie dans, justement, la restauration, la conservation de ce patrimoine culturel.

Parce qu'il fait partie non seulement de l'histoire de l'Ethiopie, mais il fait partie d'une civilisation multiséculaire, il fait partie aussi de ce qui est le ciment de votre pays, et aussi une des multiples passerelles qu'il y a entre nos pays. Nous avons vu, à Lalibela, au-delà de la beauté spectaculaire des lieux, cette dizaine d'églises construites dans la pierre, qui seront, je dois bien le dire, une trace unique, une présence unique, de l'Eglise éthiopienne. Et qui, au-delà de cette présence architecturale, montre encore la vitalité de toutes celles et ceux qui croient, prédiquent dans ce lieu.

C'est pourquoi nous avons décidé, fort justement, des décennies de coopération, de la présence de nos chercheurs, de nos archéologues, et de nos experts qui, avec beaucoup d'humilité et de passion, accompagnent ce site depuis des décennies, nous avons décidé de répondre à votre sollicitation et d'être à vos côtés. La France mettra ainsi à profit son expertise et son savoir-faire pour préserver, restaurer et valoriser ce site inestimable et le faire avec les Ethiopiens et en particulier, avec l'Eglise. J'ai pu sentir à quel point il y avait non seulement une fierté, mais un sentiment vivant d'appropriation de ce lieu.

Et la restauration, la conservation de ce lieu, parce que c'est une part vivante de ce patrimoine, elle ne peut se faire que si elle est portée en partenariat profond avec toutes celles et ceux qui, non seulement vivent dans ce lieu, mais le font vivre avec beaucoup de ferveur, comme nous l'avons vu. Nous serons donc à vos côtés. Et je me suis engagé à ce que, donc, nous financions cette restauration, cette conservation, que nous puissions avoir ce travail scientifique et humain, qu'il puisse se faire en partenariat.

Et nous le poursuivrons aussi par un travail archéologique que nous ferons sur une partie d'un village ancien du XIIe siècle, qui est à découvrir, et sur lequel nous souhaitons aussi pouvoir coopérer. Plus largement, la France continuera aussi de vous accompagner dans la conservation et la mise en valeur de votre patrimoine. Tel que le musée national ou le palais du Jubilé, ancienne résidence du roi Sélassié, où la présidente de la République et vous-même me faites l'honneur de nous accueillir dans un instant pour dîner.

Pour moi, cette coopération culturelle est extrêmement importante, de ce qu'elle dit de votre pays et de ce qu'elle dit du respect réciproque entre nos pays. Je suis également très enthousiaste face aux perspectives inédites de coopération entre l'Ethiopie et la France en matière de défense et de sécurité. Nous venons en effet de signer à l'instant un accord inédit de coopération de défense, vous l'avez dit, qui offre le cadre d'une coopération renforcée et ouvre notamment la voie à un accompagnement spécifique de la France sur la mise en place que vous avez souhaitée d'une composante navale éthiopienne.

Plus largement, il offre un cadre à notre coopération en matière aérienne, un partenariat entre nos troupes, et une perspective en termes de formation, en termes opérationnels et en termes d'équipements qui sont pour nous extrêmement importants. Importants, parce que nous souhaitons que nos armées travaillent davantage ensemble. Importants aussi parce que l'Ethiopie joue un rôle fondamental dans la stabilisation de toute la région.

En Somalie, bien sûr, où les forces éthiopiennes sont très engagées et où nous partageons un enjeu commun de lutte contre le terrorisme, mais plus largement, comme en témoigne l'évolution récente que vous avez impulsée. Et je dois le dire, depuis que vous êtes Premier ministre, notre vision a profondément changé, et ce partenariat est évidemment non seulement une composante bilatérale, mais nous avons conscience de le signer avec un pays et un dirigeant qui a décidé de construire la paix dans toute la région et de lutter avec force contre le terrorisme et toutes les formes de menaces. Et donc dans ce cadre, je considère que cette coopération est un jalon important de notre contribution à l'effort de stabilisation de toute la région que vous portez et le fait que nous souhaitions participer à cette stabilisation de long terme, qui ne se fera aussi, et c'est conforme à votre vision, je dirai, à la fois historique et géopolitique, que par une plus grande intégration de toute la région, retrouvant en cela la force d'une histoire commune.

Et nous vous accompagnons aussi, autant que nous le pourrons, sur ce chemin. Enfin, en matière économique, là aussi, nous rebâtissons une nouvelle étape de notre histoire. D'abord, l'Agence française de développement consacrera exceptionnellement un prêt de politique publique de 85 millions d'euros, assorti du assistance technique de 15 millions d'euros.

Pourquoi ? Pour accompagner les réformes de politique économique que vous avez décidées. Vous avez décidé de moderniser l'économie de votre pays, d'ouvrir de nombreux secteurs, de mettre fin à des monopoles, de construire les règles et le cadre d'un investissement de long terme et d'une attractivité.

Et donc, indépendamment de toute opportunité commerciale, nous considérons que c'est un effort, une transformation que nous nous devons d'accompagner et c'est le choix qui est ainsi porté. Ensuite, nous ferons tout pour que la France puisse participer justement de l'accroissement des investissements directs étrangers. Et à cet égard, nos entreprises sont très intéressées de contribuer à cette dynamique d'ouverture économique de votre pays.

Vous m'aviez demandé en octobre dernier de venir avec une délégation d'entreprises. Elles sont là. Certaines sont présentes depuis de longues années et ce sont des partenaires dans la durée.

Je pense notamment à Orange, Bolloré, BGI/Castel. D'autres ont décidé de s'y implanter récemment. Je pense aux malteries Boortmalt et Soufflet, qui ont engagé des investissements importants et qui inaugurent ces jours-ci les premières pierres de ces investissements.

Et d'autres souhaitent s'investir nouvellement. Je pense à CMA CGM, Canal+, Lagardère Travel Retail ou Arianespace et des investisseurs de long terme, comme le Fonds Meridian, qui est également prêt à investir 500 millions d'euros pour financer un ambitieux projet de géothermie. Et donc, vous le voyez, nous souhaitons, à travers cette présence historique, ces nouveaux projets, et celles et ceux qui nous ont accompagnés sont prêts à aller plus loin, à pleinement porter le renouvellement qui est aujourd'hui le vôtre et prendre notre part dans cette nouvelle page de l'Ethiopie.

Nous avons évoqué bien d'autres sujets avec M. le Premier ministre. Bien évidemment, la coopération universitaire également, le renforcement de l'enseignement du français, auquel je suis extrêmement attaché.

Et donc là aussi, nous prendrons des initiatives ensemble. Mais je dois vous dire, M. le Premier ministre, que je suis extrêmement heureux, après votre visite au mois d'octobre dernier à Paris, d'être présent ici avec une délégation de ministres, de représentants d'administrations et d'entreprises, pour vous dire que la France revient, la France est à vos côtés et la France croit dans la politique que vous conduisez, non seulement pour l'Ethiopie, mais dans cette volonté de réconciliation de toute la région.

Je vous remercie. (Applaudissements) -On peut passer à la séance des questions/réponses. (Propos en anglais) -Tout d'abord, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue, M. le Président.

Permettez-moi de passer directement à ma question. 1re question : lorsqu'en octobre, le Premier ministre avait visité votre pays, vous aviez fait une promesse d'accompagner le renforcement de la démocratie et de l'Etat de droit. Mais il y a un rapport du projet World Justice qui classe le pays dans le fond du classement en termes de l'Etat de droit.

Quels sont les efforts, à votre avis, sur lesquels vous voulez accompagner l'Ethiopie pendant ce renforcement ou cette mise en place de l'Etat de droit et de la démocratie, M. le Président ? 2e question, M. le Premier ministre, je voudrais vous poser la même question.

World Justice Project nous a classés à la 118e position sur 126 pays classés. Il n'y a pas beaucoup d'amélioration notée en termes d'Etat de droit. Quels sont les travaux que vous voulez initier en termes de renforcement de l'Etat de droit ?

Je vous remercie. -E.Macron: Moi, je vais répondre.

Je vois comme vous les classements, mais je vois aussi comme vous depuis combien de temps le Premier ministre est en place. Et la situation d'un pays, sur des sujets aussi profonds, aussi complexes que celui-ci, ne change pas en quelques mois. Je vois aussi sur le terrain les résultats.

Je vois la réconciliation avec les voisins, les efforts sans pareil pour réconcilier les différentes communautés, aller au-delà des crispations du pays, lutter contre toutes les formes de déséquilibre. Quand il y a de la tension dans un pays, quand il y a des menaces géopolitiques, quand il y a de la conflictualité avec les voisins, il est difficile d'être au meilleur des indices, quand on regarde les systèmes de justice ou les systèmes démocratiques mondiaux. Vous avez un Premier ministre qui, il y a quelques mois, a pris des responsabilités.

A marche forcée, il est en train de moderniser le pays, de tout faire pour le réconcilier et de tout faire pour construire la paix dans la région. Ses efforts ne se mesurent pas par un index qui, bien souvent, regarde le passé. Mais vous n'avez pas un Premier ministre qui est là depuis des décennies.

Donc si vous me permettez de simplement dire : "Laissez-lui du temps pour faire, "pour continuer sur cette bonne voie et pour réussir", nous mettrons toute notre énergie pour l'aider à réussir. Alors vous verrez, les index s'amélioreront. Je n'en ai aucun doute.

Mais ils suivront le mouvement. Il faut du temps pour ça. (Propos en langue étrangère) -A.Ahmed: La primauté du droit est quelque chose d'essentiel.

Effectivement, respecter l'Etat de droit et la primauté du droit est quelque chose d'essentiel. Non seulement pour qu'un pays fonctionne, mais pour qu'un pays continue à fonctionner dans son intégrité. Et un grand pays comme l'Ethiopie est conscient que la primauté du droit est essentielle et qu'il nous faudra des institutions qui le lui permettent.

En Ethiopie, effectivement, la place du droit a perdu petit à petit l'attention qui devait lui être apportée. En France, par exemple, un suspect a affaire à la police. Si le suspect à des gestes un peu brutaux par rapport à la police, la police a tout à fait le droit de se défendre.

Mais aujourd'hui, nous en sommes à un niveau où même lorsque quelqu'un attaque les forces de police, nous avons interdit aux forces de police de riposter, parce que les forces de police avaient massivement commis des abus par rapport à la population. Et nous poussons déjà, par rapport aux forces de l'ordre, d'avoir une attitude un peu plus patiente, parce que nous ne pouvons pas, avant de consolider l'Etat de droit, avant de calmer les griefs que la population a par rapport aux forces qui font respecter la loi, nous ne pouvons aller plus loin. Donc nous avons aussi commencé le travail d'accompagnement des institutions juridiques.

Une réforme juridique est en cours. L'objectif final, c'est que ceux qui vivent dans ce pays, sous le toit de l'Ethiopie, aient une règle commune qui leur permette de vivre ensemble et que cette règle soit respectée, d'abord par les populations et que nous ayons une institution qui a comme objectif de le faire respecter. On ne peut continuer à fonctionner comme nous le faisons aujourd'hui, c'est-à-dire que chacun fasse respecter sa propre loi.

Si la réforme ne nous amène pas à fonctionner sous la même règle sous le même Etat de droit, nous ne pourrons continuer en tant qu'Etat à fonctionner. Nous pouvons tomber dans l'anarchie. C'est pourquoi je voudrais, en présence du président Macron, soulever un point.

Les institutions européennes ont plusieurs classements. En ce qui concerne par exemple le blanchiment d'argent, l'Ethiopie a été très mal classée. Mais il y a parfois des exagérations, parce qu'en termes financiers, par exemple, l'Ethiopie est un pays qui lutte contre le financement de groupes terroristes.

Mais effectivement, nous avons des groupes privés, comme nous avons des difficultés à suivre les traces de cet argent qui pourrait atterrir dans des mains suspectes. C'est pourquoi je suis parfois un petit peu étonné par les différents classements que les institutions européennes sortent chaque année. Et je voudrais d'ailleurs essayer de le soulever.

Ces communications que nous avons avec ces institutions européennes en termes d'information, en termes de connaissance du fonctionnement des institutions, nous constatons aussi certaines lacunes. Il y a par exemple aujourd'hui de l'argent qui se trouve dans les banques européennes d'individus corrompus, qui faisaient partie des dirigeants précédents. Est-ce que les institutions européennes sont aujourd'hui prêtes à dialoguer avec nous pour retourner cet argent qui pourrait mieux travailler pour le développement du pays ?

J'ai confiance dans le président Macron, qui va nous accompagner dans ces efforts divers et variés que nous faisons à cet égard. Je vous remercie. -2e question. -Bonjour, M.

Macron. Bonjour, M. Abiy.

Anthony Lattier, journaliste à RFI, Radio France Internationale. Une question conjointe sur la coopération militaire que vous avez évoquée. M.

Abiy, qu'est-ce que la France peut apporter concrètement...

M. Macron, pardon, qu'est-ce que la France peut concrètement apporter pour la sécurisation régionale et notamment sur le volet maritime, vous l'avez abordé. Et M.

Abiy, qu'est-ce que l'Ethiopie attend de la France et pourquoi se tourner vers la France pour évoquer ce sujet ? Vous l'avez évoqué, nous sommes au lendemain du deuil national après l'accident d'avion. Est-ce que, M.

Macron, vous allez faire interdire le survol de la France par les Boeing-737 dernier modèle, comme plusieurs pays l'ont fait aujourd'hui ? Et puisque l'on est sur le continent, M. Macron, comptez-vous répondre positivement à l'invitation du Rwanda à venir assister au 25e anniversaire des commémorations du génocide ?

Merci. -E.Macron: Je vais peut-être répondre à vos trois questions.

Le Rwanda nous a invités aux commémorations. Nous en avons bien pris note. Et la France, je vous le confirme, sera représentée à ces commémorations.

Pour ce qui est des interdictions de vol du 737, la ministre des Transports est en train, avec l'ensemble des services techniques, d'examiner la situation et des décisions seront prises de manière éclairée et en temps voulu. Et je ne ferai ici aucune annonce sur ce sujet. Enfin, sur l'accord de coopération dans le domaine de défense qui a été signé, je l'ai dit tout à l'heure rapidement, nous avons une présence dans la région qui est essentiellement à travers les forces françaises qui sont présentes à Djibouti, parmi lesquelles nous étions tout à l'heure.

Un contingent de 1 500 militaires et 500 civils. C'est dans la région une présence qui, en matière de renseignement, en matière de lutte contre le terrorisme, de lutte contre la piraterie maritime et plus généralement de partenariats a permis de structurer avec beaucoup d'Etats de la région, je dirais, des actions communes. Nous souhaitions renforcer la coopération bilatérale avec l'Ethiopie pour plusieurs raisons.

D'abord, pour donner un cadre véritablement à nos actions communes et pouvoir avoir un cadre légal pour l'envoi de contingent français en Ethiopie. Et inversement, principalement, à des fins de coopération militaire et de formation. L'accord signé permet justement de donner un cadre à ces échanges humains.

S'il y a besoin de contingents français pour accompagner ou aller dans des opérations conjointes, il est maintenant structuré avec cet accord. Et ça permet aussi de prévoir la formation de militaires dans nos écoles d'officiers ou dans nos écoles de guerre. Ensuite, le rapprochement entre nos 2 pays dans le domaine militaire est également précieux.

Parce que nous avons des contingents communs dans de nombreuses missions communes. Et parce que, comme je le disais tout à l'heure, il y a aussi la volonté de l'Ethiopie d'être un acteur structurant de la paix et de la stabilité dans la région. Et donc, à ce titre, cet accord va nous permettre de participer au renforcement et à la modernisation des capacités militaires de l'Ethiopie.

Et donc, d'une part, nous-mêmes, de consolider notre présence dans la région et notre partenariat, et de contribuer au rôle accru que l'Ethiopie souhaite jouer en la matière. Et donc, sur différentes armées, cet accord permet ainsi d'avancer, en particulier la composante navale des forces armées éthiopiennes. (Propos en langue étrangère) -A.Ahmed: La question qui a été posée a reçu une réponse par le président Macron.

Mais juste pour situer un contexte, la coopération et l'amitié entre la France et l'Ethiopie n'est pas une coopération de court terme. C'est une coopération, je pense, stratégique. L'histoire nous le montre.

Le chemin de fer entre Djibouti et l'Ethiopie a 100 ans d'âge. Mais le travail que nous voulons accomplir aujourd'hui avec le président Macron, c'est une vision de long terme. Nous pourrons peut-être dans 100 ans en reparler.

La France, depuis l'époque napoléonienne, est connue pour son armée structurée forte. C'est aussi le cas aujourd'hui au sein de l'Europe. La France a des partenariats stratégiques, même avec des pays très avancés en matière de défense, dans le renforcement de leurs institutions de défense, vous le savez.

Et cette coopération, aujourd'hui, entame ses 1ers pas en termes de forces navales. Je pense que nous pouvons aller plus loin. Peut-être que demain, nous pourrons réfléchir à d'autres domaines.

Et donc il y a aujourd'hui une coopération. Le sentiment de partenariat doit être renforcé, le travail accompli. La France en termes de lutte contre le terrorisme est exemplaire.

Et l'Ethiopie de même. Nous avons beaucoup participé à des opérations contre le terrorisme. Nous voulons jouer un rôle central en termes de soutien à la paix en Afrique.

Et les formations, que ce soit en termes de renforcement des forces de l'ordre, mais aussi en termes de soutien de la paix, sont essentielles. Plus jeune, j'étais militaire au Rwanda et je me souviens de l'appui qu'apportaient les forces françaises pour que la paix soit une réalité au Rwanda. Nous espérons qu'à l'avenir, avec le président Macron, avec la République française...

Nous avons entamé aujourd'hui une coopération qui sera de long terme. Nous espérons que dans quelques années, l'Ethiopie pourra dire qu'aujourd'hui, nous avons commencé un long chemin sur ces aspects. Nous avons soulevé la question de l'accident aérien.

La compagnie aérienne est une compagnie connue pour le service rendu, pour ses capacités techniques de maintenance et de réparation d'avion. C'est une institution qui a une grande place, avec des employés courageux. C'est une grande tristesse qui nous frappe aujourd'hui.

Dans ce pays, cependant, des ressortissants de 33 pays ont perdu la vie. Il nous faudra donc faire une enquête détaillée. Cette enquête donnera des informations non seulement à nous-mêmes, mais à tous les pays du monde qui se posent des questions sur cet accident.

Notre tristesse est réelle. Nous voulons partager cette tristesse avec les familles. Et nous espérons, comme le président l'a fait, que toutes ces familles trouveront le réconfort.

Mais bien sûr, un tel accident nous frappe de plein fouet. Mais, nous, Ethiopiens, nous avons la capacité de dépasser de tels événements tragiques. Et j'espère que nous en tirerons les leçons qu'il faut pour que demain, de telles choses ne se reproduisent sur ce sol.

Je vous remercie.