PROCUREUR DE MARSEILLE: LES PIRES MEURTRES QUI ONT MARQUÉ SA CARRIÈRE (Fourniret, meurtres sordides)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Aujourd'hui, on va recevoir Jacques d'Ast qui était procureur général, magistrat, juge d'instruction. Tu un tête à tête avec Michel Fournier qui était cédé aujourd'hui. J'ai retrouvé Gorge Francis Holmes.
Bah oui, donc les les pires finalement criminels. Je pense toujours à ce gars qui a été tué dans une voiture, une balle dans la tête et les auteurs ont mis le feu à la bagnole et il a fallu lui sectionner les chevilles pour sortir le corps. Est-ce que tu as eu peur pour ta sécurité ou celle de ta famille ?
Ah ouais, un sniper, un gars avec un fusé à lunette, il aurait pu me flinguer hein. En tant que père, est-ce que tu as déjà failli craquer dans un interrogatoire ? Les pères incestueux, ça c'est les plus glo.
Mais c'est ma gamine qui voulait. Elle avait 10 ans mais c'est elle qui voulait. Il y a des types, j'ai envie de leur filer des des coups dans la figure.
Est-ce que toi tu es pour la peine de mort ? Ça c'est difficile de se dire on va on va exécuter quelqu'un mais me met à la place des victimes. Imaginez que le meurtrier de leur fils ou de leur fils soit toujours vivant, c'est insupportable.
Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes. Aujourd'hui, on va recevoir Jacques d'Alest qui était procureur, procureur général, magistrat, juge d'instruction. Il a eu beaucoup de postes au niveau dans la justice.
Il va nous raconter son parcours. Il était venu au départ il y a 2 ans lorsqu'on avait lancé le média. Il était venu une première fois nous raconter quelques anecdotes.
Il a notamment été le procureur général de l'affaire Maelis nous parler aussi. Donc il a évidemment géré l'affaire donc avec Nordal leandais. Il a aussi géré l'affaire du préfet qui était à l'époque en Corse.
Il était procureur à Jacio. Il va nous raconter son parcours, tout les crimes qu'il a pu vivre, voir de ses yeux puisqu'il a eu beaucoup d'affaires. Vous allez voir, il a sorti un livre avec 42 crimes à l'intérieur.
Il va nous expliquer tout ça. C'est parti avec Jacques d'Alest, l'épisode numéro 2 sur Légende. On y va.
Je m'appelle Jacques d'Aleste. Je suis un ancien magistrat. J'ai été juge d'instruction et procureur de la République et je veux vous raconter un certain nombre d'affaires qui m'ont marqué.
Et ben voilà, tu peux claper et puis on commence. Je vais te reprendre le clap. Bienvenue Jacques.
Merci de venir jusqu'à nous pour cette deuxème émission. On s'était vu il y a à peu près 2 ans, on avait lancé le média à l'époque et on avait fait une première émission qui était un petit peu plus courte. Euh, tu m'as dit de te tutoyer aujourd'hui.
Ahc oui. Ben voilà, on peut tout se permettre et puis c'est ça, ça permet justement ça me permet d'être plus libre dans mes propos et d'être plus presque plus sincère. J'ai plus de d'imag de Tu faisais plus attention il y a 2 ans.
Oui, parce que bah c'était le début si tu veux mais maintenant je peux tout me permettre. C'est ça qui est bien hein. Tu vas nous raconter, tu as sorti un livre qui s'appelle sur les chemins du crime, voilà, chez Maruil édition.
Je mettrai le lien si vous allez le commander directement dans la description euh directement sur la vidéo YouTube, il y aura le lien pour vous avez plus qu'à cliquer dessus et vous pourrez trouver le livre directement et en podcast aussi dans la description du podcast, peu importe la plateforme sur laquelle vous nous écoutez, il y aura directement le lien. Tu tu parles de 42 meurtres à l'intérieur, tu expliques des meurres, comment ça se passe. J'ai on a été surpris nous à le lire.
On savait que souvent la fiction racontait des trucs assez incroyables, mais en fait la réalité la dépasse vraiment là dans tes histoires. Il y a des histoires avec des meurtres de boules de pétanque. Quelqu'un qui a tué qui avait une ardoise dans un bar qui va tuer le patron du par qu' a pas envie de payer son petit café.
Ça c'est c'est quand même pas un projet très long terme très long term sur sa vie. Cette fois-ci tu repartiras avec un mug contrairement à avant. Avant on avait que deux mugs.
Maintenant on a fait le shop de l'émission. Donc tu pourras partir avec ton mug. On a fait un un shop.
Voilà. Vous pouvez aller chercher le mug si vous voulez faire un petit cadeau. Si vous avez des copains, des potes, la famille qui aiment bien le le podcast aussi, il y a les t-shirts, les autocollants aussi que vous pouvez mettre à la voiture, ça fait toujours plaisir.
Et voilà, c'est shop.legende-group.fr.
En tout cas, merci beaucoup du du soutien. Euh et comment ça s'est passé depuis que tu es venu ? On t'a parlé de l'émission d'ailleurs.
Ah bah oui, ben mes filles évidemment le regardent beaucoup. Elles aiment bien le côté spontané, direct, sans langue de bois et je trouve qu'il faut que les invités d'ailleurs soient sur ce registre, il me semble. Après, chacun a sa personnalité, hein.
C'est c'est évidemment et c'est ça qui est bien parce que il faut rendre accessible des choses quoi, des milieux un peu mal connu, un peu compliqué. Peut-être le la justice en est un. Si la justice, on s'y intéresse un peu contraint et forcé hein.
On peut passer toute sa vie sans aller dans un palais de justice. Puis le jour on est concerné, là on découvre un drôle d'univers. Euh et il faut je pense qu'on ce soit plus simple dans le dans le discours, dans les mots utilisés, que la justice communique davantage ce film euh explique explique parce que les lois changent tout le temps et c'est pas forcément iné chez les magistrats qui ont une espèce de devoir de réserve qui sont pas toujours bien formés à ça.
Et moi je pousse et je je fais beaucoup dans la communication. J'ai fait des sessions de formation là-dessus. J'étais même été en Algérie il y a pas longtemps pour former les femmes procureur algériennes à la communication.
Jeune femme et c'est vraiment sympa comme quoi tous les pays se mettent à ça et la justice doit faire des efforts et surtout en France. Toi tu as donc pour on va parler de ton moment où tu as été magistrat dans ton parcours. Tu as eu tu as vraiment fait un peu tout toutes les tous les échelons, tous les métiers finalement.
Ouais. Bah le métier de magistrat, moi c'est magistrat pénaliste. Je me suis occupé essentiellement de criminalité parce qu'il y a des magistrats civilistes qui s'occupent d'affaires de divorce et autres.
Moi, j'ai toujours voulu être confronté au crime. Tu tu tu disais un truc, tu disais euh en fait tu as fait concours des magistrats pour être juge d'instruction après ou et tu dis il y a une chose qui me marque quand tu es étudiante, c'est la première fois que tu vois une autopsie. C'est un truc qui t'a un peu souvens encore.
Il y a des gens qui sont pas traumatisés par ça. Il y en a d'autres qui le sont à chaque fois. Chaque être humain est très différent.
On est confronté à l'école de la magistrature, on peut assister à une autopsie. On est en groupe. Mais quand j'étais élève magistraty, je me souviens avoir été à la morque de l'hôpital, il y a un type qui en avait tué un autre et j'avais assisté à ma première véritable autopsie.
J'ai vu un type avec la le ventre ouvert. Je me suis dit "Mais l'autopsie a déjà commencé." En fait, il avait été ventré.
Le gars avait traversé la route avant de s'effondrer dans l'hôpital et j'avais assisté à l'autopsie. Et là, j'ai vu des trucs incroyables et tout de suite confronté avec la mort dans de façon la plus brutale, quoi. Et ça ça marque et je m'en souviens encore.
Ça t'a pas donné envie de changer de métier ? Non, parce que je me suis dit au contraire, je me suis dit bah j'étais un peu préparé à ça. Quand on s'occupe d'affaires pénales, on sera confronté à la mort, à la mort violente, la mort brutale.
Et euh bah ça aurait pu me au final me dissuader. Mais non, au contraire, j'ai appris beaucoup sur la nature humaine et c'est ça qui est avec des choses effrayantes mais aussi des choses plus heureuses. Heureusement, tu as dû faire passer beaucoup d'interrogatoires dans ta dans ta carrière, voir des gens, des rencontres.
Ouais. C'est quoi un bon interrogatoire dans ton métier ? Quand on est juge d'instruction, le boulot c'est d'arriver à faire parler la personne mise en examen ou victime d'ailleurs sur les faits de savoir ce qui s'est passé.
Le boulot du juge, c'est de rassembler un dossier avant que de le transmettre éventuellement à un tribunal ou à une cour d'assise. C'est une instruction. Et donc il faut faire parler les gars ou les femmes.
Et ça c'est un peu un tête à tête. De temps en temps ça marche. Et donc j'ai eu des braqueurs, des escros, des pères incestueux, toutes sortes de gens.
Et on n'interroge pas un père accusé d'inceste comme on interroge un braqueur ou un vendeur de stup. J'ai connu un peu tous ces cas de figures tout comme tout mes collègues d'ailleurs. Toi, tu sais que tu étais père avant.
Tu as combien d'enfants ? Ouais, deux filles. Deux filles.
Euh en tant que père, est-ce que tu as déjà failli craquer dans un interrogatoire ou où le gars a fait des trucs tellement durs ? Ouais, il y a il y a des types, j'ai envie de leur filer des des coups dans la figure. Mais le juge, il doit garder son calme.
Le juge, il instruit à charge à décharge. Donc, il est pas là pour juger, il est là pour instruire le dossier, le préparer. Et donc, j'ai eu des types qui m'ont spécialement antipathique.
Finalement, les types les plus sympas, c'étaient les Brackurs. Espèce de de codes d'honneur, des gars plutôt courageux. Des anciens, tu veux dire ?
Les de Ouais, des anciens. Alors, ils ont un peu disparu, hein, les braqueurs de banque, tout ça, mais des types qui travaillaient en équipe avec une forme de loyauté. Les pères incestueux, ça c'est les plus glo.
Mais c'est ma gamine qui voulait. Elle avait 10 ans mais c'est elle qui voulait. Enfin jamais accepter la réalité.
Tu as eu des mecs qui te disaient ça ? Ah bah oui, il me disaient ils y croient ou il Bah certains y croient ou alors c'est système de défense. Ah mais elle était d'accord, elle m'a laissé faire. rarement ils étaient dans dans la culpabilité si tu veux et donc tu as envie de les secouer mais tu es pas là pour ça.
Donc tu dois les interroger, noter sur un procès verbal ce qu'ils ont dit pour qu'après la cour d'assise juge. Toi tu es pas là pour les pour les violenter. Sinon si tu les engueules, ils peuvent se refermer et puis l'avocat dira "Monsieur le juge, vous perdez votre sang frroid." Donc il faut se maîtriser même si j'ai vu des types enfin tellement ce qu'ils avaient fait était horrible que il fallait que je dépasse ça pour pouvoir les interroger tu vois sur exactement ce qu'ils avaient fait de façon froide un peu clinique donc c'est pas toujours facile quoi.
Est-ce que tu as des questions piège ? Est-ce que tu as été formé pour voir si quelqu'un te ment parler de précé c'est intéressant de comprendre tout ça. Est-ce que tu as été formé par l'armée ?
Je sais pas, il y a des psychologues à l'armée qui sont très for en fait. Non se forme tout seul. À l'école de la magistrature, on donne des cadres généraux.
Bon mais tu es confronté quand tu as tes dossiers et comme tu as des dossiers très différents quand tu es juge, je te dis tu une isroquerie, un trafic de stup, des cambriolage, tu as des profils d'auteur qui sont très très différents et donc au final tu te formes ton tu te formes intellectuellement sur le type que tu as face à toi. Je te dis un assassin qui a tué sa femme, il est pas comme un un vendeur de drogue. Et donc à un moment tu t'adaptes et tu es pas forcément là pour poser les questions piège.
Tu es là pour les les les titiller pour qu'il te dise si possible la vérité. Tu avais ton truc à toi tu savais que tu avais une petite technique. Tu veux il faut jamais rentrer tout de suite dans dans le vif du sujet.
Il faut tourner un peu autour du pont et essayer de de libérer la parole. il faut que le gars ait un peu confiance en toi. Donc peti tu peux parler de choses un peu anodine et cetera et puis petit à petit tu resserses le filet sur les éléments un peu gênants pour le gars et puis tu lui demandes ses explications.
Comment tu peux savoir si un suspect te m ? Est-ce que tu as une C'était quoi ton truc à toi ? Comment est-ce que tu vois ce te prend pour un con tu moi je pense que certains ont largement menti et je je le savais d'ailleurs certains avaient un petit sourire.
Les braqueurs par exemple, les Malfras, il ils te disent ils te disent n'importe quoi avec un petit sourire. Donc tu notes, tu en penses pas moins. Mais d'autres pour les pour qui c'est la première fois qu'ils ont ils sont face à un juge, ils te disent la vérité mais ils vont minimiser, tu vois.
Ils vont atténuer. Je voulais pas le tuer. Je lui ai filé 20 coups de couteau mais je voulais pas le tuer.
Je lui ai tiré dans la tête mais c'était c'était pas pour le tuer. Enfin donc il y a un moment tu mets ça, tu notes leur contradiction et puis tu dis bah vous me dites ça mais bon viez pas le tuer. Vous lui donnez 30 coups de couteau.
Qu'est-ce que qu'est-ce que c'est ? Euh et puis tu as des gens qui ont des malades mentaux. Il y a des gens qui sont tu sens vicieux.
Il y en a qui ont des regards durs, d'autres plutôt naïfs. Enfin voilà, toute une catégorie d'une galerie de personnages. Il y a pas de physique de tueur.
Ouais. Euh ça peut être monsieur madame tout le monde. C'est c'est des gens en fait ils rentrent dans ton bureau, ils sont à peu près normaux, pas tous.
J'imagine tu as vu des gens extraordinaires, mais tu as des gens Ouais. qui a l'air qui ont l'air à peu près normaux. les plus grands tueurs euh que j'ai rencontré euh c'était des types ordinaires qui avaient même plutôt une bonne tête, hein.
Bah Nordalandais c'était plutôt un playboy hein, euh qui a une une paquet de copines au moment du procès, euh séducteur, sportif et cetera. Et bah n'empêche, c'était un sacré un sacré mortrier. Euh donc euh un moment, il faut dépasser le physique.
Ce qui m'a marqué peut-être, c'est des regards. Je me souviens d'un type, je le raconte dans le bouquin, qui avait moitié décapité un gars pour une histoire d'alcool. Le type, c'est un petit bonhomme, il avait un regard noir en tête à tête hein.
Et je me disais ce gars-là, ce regard il devait encore pire quand il a à moitié décapité sa victime parce que on a des assassins qui finalement ont un regard à peu près normal. Mais quand on a une victime qui elle a survécu à son crime, elle te dit il avait un regard noir. Moi j'ai souvent entendu tel à Pupi qui se dilate.
Et ce gars-là, je me souviens et même au procès, il avait il avait toujours ce regard de tueur. J'en ai pas rencontré beaucoup qui avaient un regard de tueur, mais là ça était un. Est-ce que tu as eu un physique vraiment qui t'a étonné, qui détonnait du reste ?
Oui, bah je me souviens d'un type qui avait un drôle de regard surtout une allure générale. Céit un universitaire qui avait tué sa femme et c'était un monsieur tout le monde plutôt brillant, intelligent et voilà. Donc on voilà, c'est quelqu'un qui m'a marqué mais j'en ai tellement d'autres et finalement on oublie un peu les physiques avec encore une fois des profils très différents mais pas que des assassins.
C'é une personne intelligente. Tu dis que pas Oui. Bah oui quelqu'un qui avait réfléchi qui avait réfléchi et qui avait un langage posé tout à fait analysé et même ces gens-là peuvent être assez manipulateurs parce que comme ils sont assez intelligents, ils essayent de détecter dans le juge un peu comment il se positionnent.
On peut pas les coincer facilement et c'est des gens qui maîtrisent. Après, ils peuvent être aussi détruits par l'acte qu'ils ont commis, hein. Certains ont du mal à s'en remettre par rapport à des délinquants habitués.
Et il m'est arrivé de rencontrer des individus qui pas forcément pour meurtre uniquement, hein, mais pour des délits qui qui avaient tout à fait une allure de monsieur tout le monde. Je dis monsieur parce que les femmes c'est quand même plus rare mais même si j'en ai connu pas mal aussi. Est-ce qu'il y a un détail physique commun à tous les tueurs ?
Toi qui en as vu beaucoup dans ta carrière, procureur, magistrat, juge d'instruction. Non, il y a pas de détail. Il y a que le regard. le regard que dépigne les victimes mais quand elles ont survécu évidemment celle dit le vraiment son regard d'assassin et ça il y a que celle qui dit qu'il le qu'il le s'en souvient si il y a une tentative de strangulation parce que malheureusement beaucoup de victimes sont plus de ce monde et et ça ça revient régulièrement ce genre de chos euh des gens aux yeux bleus aussi j'en ai connu un certain nombre qui pouvaient être des assassins sans en tirer des des des enseignements définitifs si tu Non non mais il y a pas un physique type, tu sais de de de meurtrier, ça peut être un type très gros, un type très très mince, un grand, un petit, il y a pas de de physique.
C'est plutôt dans dans l'allure générale, mais ce qu'on a du mal à retrouver, c'est leur tête au moment de l'acte. Qu'est-ce que tu pourrais donner comme conseil toi qui a vu plein de de meurtres et de voilà de de crimes ? Qu'est-ce qu'il faudrait donner comme conseil à vous tous chez vous ?
Est-ce qu'il y a quelque chose qu'il faudrait éviter de faire dans la rue pour éviter de se faire tuer si on tombe face à quelqu'un d'un peu fou ? Oui. Alors, si on croise un schizophrène, il y a c'est imparable.
Un type qui voit en toi quelqu'un d'agressif parce qu'il te demande une cigarette, tu lui donnes pas, il te plante. Malheureusement imparable. Après, désamorcer la tension, j'ai eu beaucoup d'affaires où un mot malheureux de la victime a pu déclencher l'acte.
C'est tu me fais chier, vous m'emmerdez, j'ai rien. Ça peut être faire gaffe à ce qu'on dit. Cela dit, rien n'est sûr, hein, dans ce domaine et il y a des victimes qui n'avaient strictement rien à se reprocher.
Elles croisent la route d'un type et ça se passe mal. Désamorcé par la parole, il y a eu des victimes qui ont survécu parce qu'elles ont pu parler à leur à leur voleurs, à leur agresseurs, trouver les mots et ça c'est pas donné à tout le monde. Souvent, il y a la panique, la panique qui paralyse et celles qui ont réussi à trouver les mots, elles ont une chance de survivre.
C'est pas certain non plus. Et donc, il y a pas de il y a pas de code particulier. Si on peut parler et dire expliquer bah voilà je suis mère de famille, je suis voilà, ça peut peut-être je dis pas que ce sera forcément obligé mais ça peut permettre de désamorcer cette violence.
Tu parlais avant des des femmes tueuses c'était moins c'était moins nombreuses. En 2023 en France moins de 10 % des personnes mises en cause pour homicides sont des femmes. Donc c'est vraiment 10 % c'est même moins de 10 % donc c'est pas grandchose.
Est-ce que tu as tu as déjà eu une histoire justement de femme tueuse qui t'a marqué ? Bah écoute euh j'étais juge d'instruction à Lyon et au même moment je détenais c'est-à-dire j'avais des femmes inculpées mis en exam j'en avais quatre qui étaiit que j'avais écroué qui avait tout tué un homme. L'une son père avec qui elle couchait depuis des années.
Elle avait 24 ans jusqu'au jour où elle en a eu marre. Elle a des familles. Une c'était son amant qui la qui la maltraitait.
L'autre c'était son mari qui l'humiliait. J'avais quatre femmes qui avaient tué dans des circonstances un peu différentes chaque fois par arme à feu, par couteau et des femmes qui n'avaient pas fait parler d'elles si tu veux et ça m'avait surpris d'avoir autant de femmes meurtrières en même moment. C'était peut-être un hasard et j'en ai j'ai croisé la route de d'un certain nombre de femmes.
Je dis souvent que les femmes tuent peu mais tuent bien. Elles tuent nettement moins que les hommes mais quand elles tuent elles le font directement ou comme complice comme instigatrice si tu veux. Et ça, elles arrivent à manipuler quelquefois les hommes et finalement elles s'enirent quelquefois mieux au moment de la condamnation que l'homme.
C'est étonnant alors qu'elles ont peut-être été l'instigation mais elles ont peut-être des circonstances attinantes. Mais j'ai vu quand même des femmes et qui est d'ailleurs lors des reconstitutions que je faisais les reconstitution c'est quand le juge refait l'acte et ben elle s'est prêté volontiers. J'en ai une qui avait égorgé son son mari lui avait et ben elle le faisait volontiers.
On avait un mannequin, elle avait pris un coin en fer et qu' elle lui avait défoncé la tête. Elle avait le le tranchant du nœ hache, elle le faisait volontiers au moment de la reconstitution. Le tranchant de quoi ?
D'une hache avec lequel elle avait moitié décapité plus des coups en fer sur le tête d'un coin en fer pour couper le bois. Lui avait défoncé la tête et je pensais qu'elle ferait pas la reconstitution. Ben, elle l'a fait et j'ai remarqué qu'elle se prêtait volontiers à aux actes que je leur demandais de faire.
Il y a des des types qui disaient "Non, non, moi je veux pas refaire, c'est trop c'est trop dur pour moi." J'étais j'étais surpris de la facilité avec lequel ell se elles acceptaient de refaire le le geste de leur crime, ce qui était quand même pas évident hein. Plus détaché, tu veux dire ?
Plus détaché, ouais. Comme si c'était elles acceptaient l'acte de justice et finalement à l'audience, elles avaient la même attitude et ça ça leur profitait. Ton livre s'appelle Sur les chemins du crime, voilà par Jacques d'Alest chez Maril édition.
Et si vous voulez le chercher, tu tu parles de 42 meurtres à l'intérieur, ça vous dit d'aller le chercher ? Je vous mettrai le lien, voilà, en click directement sous la vidéo sur YouTube dans la description et sur euh sur Spotify, sur Dieser, sur Apple Podcast, sur Amazon Podcast. Si vous nous écouter en podcast audio, euh merci de faire de légend premier podcast de France.
Je vous le mets dans la description, j'ai plus qu'à cliquer comme ça vous pouvez le chercher. Euh tu qu'est-ce que tu racontes là ? Tu racontes plein d'histoires en gros de meur que tu as pu suivre.
Ouais et j'ai une préface faite par Martine Monteg, première femme flic au PJ à Paris et qui m'a fait qui a été qui a traqué Guyorge d'ailleurs. Ben, j'ai voulu raconter et de façon très simple pour le lecteur qui peut être un juré de cours d'acide des crimes. Les crimes c'est un acte extraordinaire commis finalement par des gens ordinaires, c'est ce que j'ai voulu raconter et montrer la diversité des mobiles.
On peut tuer pour plein de raisons. On va on va y revenir dans 2 secondes. Juste cette femme qui a essayé de tu disais de couper la tête, trancher la tête de son mari avec une hache là.
Tu as fait la reconstitution. Elle a avoué son meurtre. C'était bien elle.
Donc il fait au début tu la reçois machin. Elle l'avoue au bout de 4 jours quand même. Pendant 4 jours, elle va dire que c'est pas elle, c'est pas elle, c'est pas elle.
Elle prend combien de prison ? Bah elle a été condamnée à 15 ans, ce qui était une peine assez lourde parce qu'elle avait été humiliée par son mari qui l'a maltraité psychologiquement. Puis il y a une cassation, elle a été rejugée.
Sa peine est descendue à 12 ans au moment du procès, elle a reconnu les faits. Mais c'est ça été ça avait beaucoup choqué les gens parce que voilà, l'acte était quand même très très violent. On mais elle avait des circonstances atténuantes par rapport à d'autres que j'ai connu où là les circonstances atténuantes étaient quand même moins moins évidentes.
Tu parles dans le livre aussi du du d'une fille de 24 ans qui a une relation particulière avec son père. Tu en parlais juste avant et tu en parles plus précisément dans le livre. Elle est à la fois donc sa fille, à la fois sa femme, sa maîtresse, c'est un peu et sa collaboratrice, son salarié parce qu'elle travaillait avec son père comme artisan.
En fait, il faisait bah sa fille, elle lui servait de femme, de maîtresse, de de de d'ouvrière et cetera et jusqu'au jour, elle en a eu marre. Je me souviens, c'était une une femme grande costaud. Elle avait une corpulence solide et elle supportait plus d'avoir cette relation que lui avait imposé son père au départ finalement qu'elle accepter mais couvre son gré jusqu'au jour où il y a une dispute et elle le plante à mais elle est où sa mère ?
Elle avait disparu. Je crois qu'ils étaient divorcés et lui avait fait d'elle sa femme d'une certaine manière et il l'exploitait parce qu'il était artisan. Mais c'est ça existe en France ce genre d'histoire ?
Et oui et oui et oui et oui. C'est mais c'est des familles qui ressemblent à quoi ? Enfin c'est des vies anormales si tu veux mais on voit des itinéraires incroyables, des gens des familles tuyau de poil où tout le monde couche avec tout le monde dans la famille tu sais des histoire d'e ça arrive hein tout le monde enfin le père les enfants.
Je me souviens d'une affaire que j'avais instruite à Rodèz, premier poche à la campagne d'un type qui venait un paysan et ces deux gamines, elles venaient le voir, je crois qu'elles étaient placées puis elle venaient le weekend et ben il les somaient des gamines pour ne pas laisser de pas de pas de d'effloration mais justement pour ne pas laisser de trace. Et je me souviens enfin c'est sordide hein que le médecin légiste avait parlé d'une béance anale. Je sais pas si tu vois, tu vois le nom.
Ça m'a marqué parce que je me dis mais le type il est il a poussé l'ignomini jusqu'à ne pas violer vaginalement ses filles façon à ce que d'être un peu impuni. Donc c'est sordi ce que je raconte mais tu vois c'est des trucs qui m'ont marqué mais ça tu puestueux ils prennent cher ces mecs-là quoi. Bah il a été Ouais il a dû être condamné à au moins 20 ans de prison je crois.
C'était vraiment il avait reconnu d'ailleurs au bout d'un moment il disait bah oui puis lui il avait l'impression de faire presque quelque chose normal quoi. C'était presque du bétail tu vois. C'est donc des choses pas seulement dans le milieu rural hein, tu peux avoir ça en milieu urbain, des gens qui un moment sont complètement ont perdu des repères si tu veux sont les enfants c'est presque c'est des objets, tu vois ça avec des pervers sexuels, enfin toutes sortes de gens.
En fait, on est confronté à la misère humaine, à ce que l'homme a plus sombre si tu veux dans tous les domaines, hein. Quand tu parles, excuse-moi, mais celui qui sort avec sa propre fille, ils font quoi dans la vie ? Enfin, il ressemble à quoi si tu le croises dans la rue ?
Tu peux voir bah tu t'en rendras pas compte. Tu Ça peut être ton voisin, ça peut être l'artisan qui vient de te voir, ça peut être ton commerçant. Tu es très surpris de ça.
Ça peut être un notable. Il y a eu des affaires célèbres. Regarde Pélico, ces histoires, il fait venir des types pour violer sa femme.
Marie disait péico. Ouais. Donc tu étais très surpris l'quarnec là, le chirurgien qui a été condamné.
Tu sais, il y a pas il y a pas un profil social sociologique particulier. Ça peut être n'importe qui. Puis et donc pardon, excuse-moi, cette fille donc un jour se décidait à tuer son père.
Bah parce que il s'était disputé et je crois qu'elle avait accumulé de la rage, la ranqueur si tu veux. Puis à un moment comme souvent c'est une parole malheureuse ou un geste qui provoque l'explosion, tu sais, c'est un détonateur et il suffit qu'à un moment il y a il y a ce mot là et pour que boum on passe à l'acte alors peut-être que il y aurait pas eu ce mot, ça ser ça se serait bien passé. Et là, elle l'a dit, "J'en ai eu marre." Et elle lui a reproché des années, tu vois, de de presse d'exploitation et elle l'a poignardé.
Il en est mort. Et elle aussi la reconstitution, elle l'a fait volontiers. Et je crois qu'elle était vraiment soulagée de la mort de son père et elle a été condamnée à une peine assez 6 ans de prison.
Je leur rappelle. Ass légère pour Ouais, elle est assez légère. C'était pas un crime prémédité mais c'était un meurtre clair et net.
Et elle avait quand même vécu des années de souffrance. Il y avait un truc qu'on disait à l'époque, on disait tiens si c'est un vrai ami, c'est un mec qui t'appelle pour cacher un cadavre et qui vient t'aider. Euh est-ce que tu as déjà eu des histoires Oui oui oui.
Bah j'en raconte une de copains qui se retrouvent dans une affaire de meurtre parce que juste c'est son ami qui veut bien aider. Bah oui, je raconte une que j'ai vécu milieu un peu de marginaux qui vivaient en caravane, des gens très très modestes et le type alcoolique qui s'est battu avec sa femme, elle-même alcoolique, il l'a tué à coup de point et et il a il a creusé un trou entre le mur et sa caravane et il a fait basculer le corps avec l'aide d'un ami. Il a demandé à un pote de venir pour lui l'aider à faire basculer le corps et il a il l'a fait tomber dans le trou.
Il a bouché le trou qui était donc il avait sa victime à 1 m de sa caravane et on l'a découvert on a découvert des ossements que 1 an après, 2 ans après, le gars est venu lui donner un coup de main, lui même alcoolique, il a il a aidé un pote donc il a commis un acte de recelle de cadavres qui c'est pas lui le copain qui a tué mais il a aidé à faire disparaître prend la prison pour ça quand tu vas Ouais. Ouais parce que ça s'appelle le recel de cadavre. Quand on vient aider donner un coup de main à quelqu'un qui a tué après coup si on on aide à le faire disparaître ben on on est coupable d'un délit et on peut se retrouver devant un tribunal ou une cour d'assise.
Et tu prends la prison ferme. Bah oui, ça peut être alors après faut voir hein si ça a été fait délibérément, comment ça s'est fait, si le cadavre a été coupé en morceaux, inhumé, immergé, voilà ça tout ça ça peut donner une idée aussi de de la dangerosité des personnages. des gens qui ont perdu tout sens de la mesure ou au contraire qui sont contentés de transporter un corps.
Mais on le voit hein, c'est souvent le copain ou un membre de la famille, on tue le père et on va on va s'en débarrasser d'une manière ou d'une autre parce que c'est pas facile de transporter un cadavre. C'est-à-dire si la victime elle fait 80 kg, 60 transporter un corps. Alors, j'ai connu des gens qui ont dépossé qui ont coupé en morceaux parce que c'est plus facile transporter un corps dans une valise, sauf qu'on laisse beaucoup de traces.
Euh donc la tentation c'est plutôt de faire disparaître le corps, de le transporter dans un véhicule et de s'en débarrasser. Mais pour ça, il faut pas qu'il y ait trop de voisins, pas trop de gens. Alors ça se fait la nuit.
Euh et après on laissera des traces chez soir mais on laissera des traces dans son véhicule. C'est comme ça d'ailleurs trace de sang. Ouais.
Ou de d'empreinte ou d'ADN, on peut laisser des traces. La petite Mais si Nord Hollandais avait pas laissé, il a pourtant nettoyé à fond sa bagnole, il avait laissé une micro trace de sang sous le tapis de sol dans le coffre arrière, c'était du sang de Mais. On aurait jamais pu le condamner parce que on avait retrouvé l'ADN de la gamine sur le volant mais il avait dit que lors de la soirée, il avait joué avec elle, elle était montée dans sa voiture ce qui expliquait son ADN.
En revanche, il ne pouvait pas expliquer la présence d'une micro trace de sang dans le coffre. Ça veut dire qu'il avait transpé voilà et là il a reconnu l'effet. Et pourtant, ilallait nettoyer sa bagnole.
Donc un moment la ça trahit tout ça. Euh juste une histoire avant c'est c'est une sœur et un frère qui vont tuer ensemble. Ça ça arrive aussi des des des crimes frateries.
Euh oui mais de toute façon tout arrive. Tout arrive. Le père, la mère, les le couple homosexuel, le couple hétéro, les enfants, des tueries familiales, tout arrive.
Celle-là, c'était une fille qui était avec un jeune qui qui ce jeune maltraitait cette fille. Il a il se trouvait il vivait chez elle et le frère de la fille avait pris partie pour elle. Il lui il sentait humilié.
L'autre se jouait les les matador jusqu'au jour. Ils l'ont tué à coup de à coup de poignard à coup de de janette pour pour faire le l je crois que c'est des planches en bois pour sur lequel on on passe le le fer à repassé. La fille le le l'auteur a été massacré et et la femme lui l'a lardé de coup de couteau.
C'était la alors c'était son mec. Oui, tout à fait. Mais elle ne le supportait plus.
Et le frère a aidé sa sœur. Mais pourquoi ils sont pas tout simplement quittés ? Ah bah voilà.
Ben tu sais, il y a un moment où euh les auteurs se sentent pris à la gorge. Ils arrivent plus à à faire partir le le le la victime. Donc il y a un moment la seule pour eux la seule solution c'est de s'en débarrasser.
Le type qui s'incruste. Donc il y a un moment le la chose la plus facile c'est d'arriver à puis tu règles tes comptes. Non seulement tu fais disparaître quelqu'un mais tu tu le tu tu le tues.
Tu vois ? Et ça, malheureusement, je l'ai vécu à plusieurs reprises et et là, la femme, elle avait joué un rôle très très elle a eu pris la même peine d'ailleurs que que son frère, ce qui était ce qui était normal. Il y a une histoire assez assez complexe dans le livre.
D'ailleurs, c'est une femme qui veut se débarrasser de son amant au départ. Elle sort avec un gars et en veut plus. Voilà, pareil, au lieu de tout simplement divorcer, enfin le quitter, elle va l'accuser d'avoir cambriolé sa maison.
Ouais. Bah oui, c'est c'est tu sais quand on veut se débarrasser de quelqu'un, on trouve toutes les explications et euh bah ça peut être par une dénonciation, par une fausse accusation, puis ça peut être aussi par un une organisation criminelle, tu vois, une une entreprise qui est plus ou moins faite et ouais mais de toute façon, je te dis dans ce bouquin, mais j'ai des collègues qui ont vécu aussi autre chose. J'ai essayé de raconter vraiment des trucs qui peuvent surprendre mais qui finalement arrivent régulièrement, tu vois, des des des choses pour qui moi me surprennent encore aujourd'hui, tu vois.
Je me dis [ __ ] et finalement au bout du compte rien ne me surprend plus. Ouais, en fait tu t'y fais. Ouais, parce que enfin de toute façon, le pire est toujours sûr, on m' dire criminel.
Tu vois, c'est le truc le pire est toujours sûr et à un moment tu dis mais c'est pas possible qu'ils ont qu' ben et même un auteur de polar il aurait du mal à imaginer ça. Tu as qu'à prendre l'actualité, tu vois des trucs incroyables, tu vois, tu es des trucs, tu te dis mais comment c'est possible ? Et à chaque fois, j'ai appris des choses et à chaque fois bah tu demandes au psychiatre de t'expliquer pourquoi ils ils ont du mal.
Tu vois là en fait l'histoire de de qui est assez complexe mais qui qui est assez folle, elle va l'accuser d'avoir criolé sa maison. Dans l'histoire, il y a la femme, son mari et l'ami de son mari. Ouais.
Elle va donner rendez-vous à son amant euh pour dire tiens, viens, on se voit. Elle va avec l'ami de son mari. Oui.
C'est qu'elle a mélangé un peu tout le monde. C'est elle qui va la battre avec un revolver. Ouais.
Ouais. Ouais. Euh bah voilà.
Ben elle utilise c'est celle qui a réussi à manipuler son entourage pour arriver à ses fins. Ensuite, c'est son mari qui va l'aider à se débarrasser du corps de son amant. Ouais.
Ouais. Ouais. Et ben c'est ça que j'ai j'ai noté si tu veux.
La femme c'est c'est l'organisatrice, c'est elle qui inspire le truc et puis elle trouve toujours un proche, le conjoint, le mari, l'aman pour l'aider. Euh ah bah oui, tu es trop tu es trop tu es trop tu es trop faible. Donc on va emmener on va emmener la on va se débarrasser du corps, on va y mettre le feu à la voiture.
Ça se fait ça aussi de plus en plus d'ailleurs. Enfin de plus en plus ça se fait parce qu'on sait qu'on on laisse de l'ADN, donc on brûle le corps, on brûle la bagnole. Et là, elle a réussi à monter tout un truc.
Elle a été condamnée d'ailleurs avec l'aide d'un ami pour se débarrasser de l'amant et le mari lui-même est impliqué parce qu'il avait peur de l'amant. On retrouve des scénarios invraisemblables. Ils avaient tous les trois des des une ils ont raconté l'histoire d'une version différente.
Oui. Parce que chacun accusait un moment mais c'est c'est pas la femme qui a tué, c'est pas moi, c'est lui. Lui ditant c'est pas moi, c'est la femme.
Tu sais, il y a un moment c'est chacun, c'est du chacun pour soi hein. Quand il voit que malheureusement le coup a raté, bah chacun aura tendance à dire c'est pas moi, c'est lui. C'est pas moi, c'est elle.
Et là c'est la femme qui a été condamnée. Elle a pris 20 ans ? Ouais, je crois.
Ouais. Euh depuis début 2025, le collectif Nous a déjà recensé 60 féminicides en France. Euh dans ton dans ton livre, tu évoques une histoire d'une femme tuée par son mari qui a explosé.
Je savais pas que ça existait dans la réalité. On entend jamais parler de ce genre d'histoire. On les voit dans les films, vous savez, tu démarres ta voiture et ça explose.
On le voit plein dans c'est plus dans les ambassades, les états qui arrivent à parce qu'il faut quand même brancher des fils. Enfin, c'est quand même pas anodin. Incroyable.
Et ça et tu as eu ça en vrai ? Ah ouais, c'est une affaire que j'ai délicieuse pour moi instruire si je puis dire parce que c'est fallait que je démontre comme juge d'instruction hein, j'ai pas été au procès, j'étais juge d'instruction. C'est une affaire exceptionnelle où une une femme femme de ménage qui divorcait de son mari déjà depuis des années.
Le mari avait pas supporté ça et il savait qu'elle déposait sa bagnole sur le marché le matin. Il avait monté une machine infernale dans sa voiture, un truc artisanal avec de la poudre de chasse gourde sous le siège avant relié avec des filets électriques au au démarreur enfin la [ __ ] d'embrayage et à la batterie. et en en en appuyant sur la [ __ ] d'embrayage, ça a fait 1000 contacts.
Elle a été blastée. C'est elle a été essoufflée par le donc tous les occupants de la voiture seraient morts. Elle était seule dans sa voiture.
Je pense qu'il avait peut-être envie de tuer l'amant de cette femme, mais il était pas dans sa voiture ce jour-là. Et donc, elle a fait quelques mètres dès qu'elle a passé la la première et ben il avait mis quoi pour exploser ? du du de la poudre de chasse dans une gourde, il y avait bien avec des ampoules de véhicule.
Pas trop donné de détails mais Ouais. Ouais. Donc il avait cassé le verre pour que les filaments puissent être en contact avec la poudre et avec un système de relié à la batterie.
Ça ça avait fait une une contact électrique à 1000 feu. Il a il a le truc organisé et moi j'avais essayé de faire toute une instruction pour voir si on avait trouvé chez lui des objets. On avait retrouvé différentes choses.
Il a jamais reconnu les faits même au procès. Il a toujours nié. C'est pas moi.
Et finalement, il a été condamné. Euh c'est pour montrer jusqu'à quelle machination un type qui est acharné à la perte de sa femme peut aller. Tu vois euh le type alors que ils étaient divorcés, séparés, c'était fini.
C'était pas un gamin hein. Le type avait une cinquantaine d'années. Il a été vraiment il avait des connaissances.
Je suis allé jusqu'au pays où il vivait pour savoir s'il y avait eu des trucs. Euh bon, il avait bricolé un engin mortel mais qui a bien marché. C'est des mecs qui habitaient à l'étranger qui venaient non, il habitait en France mais d'origine étrangère si tu veux.
Donc on a fait tout un travail pour savoir si à l'armée il avait eu des connaissances en explosif. C'était un truc artisanal que ni toi ni moi on aurait pu faire mais qui a bien fonctionné si tu veux. Et la preuve et ça aurait pu être gravissime parce qu'elle aurait pu perdant le contrôle de sa voiture tuer des gens en pleine en pleine journée hein dans une en pleine ville tu vois le truc.
Et c'était dans quelle ville ça ? Tu vois ? C'était Lyon près près de Lyon.
Toi tu étais procureur à Marseille. Après là, j'étais jruction à Lyon et ouais à Marseille. Bah là, c'est c'est les règlements de compte essentiellement.
Mais bout voilà, il y en a qui n alors que tout l'accuse. Tu vas avoir une femme de ménage qui est en train de travailler qui se fait sauter dessus par un sans-abri polonais. Oui.
Euh qui qui l'a qui l'a tue ? Euh tu as tu as tout qui tu retrouves vous la retrouvez elle le le salaire et cetera machin. Enfin il y a pas de de doute.
Euh tu dis on peut pas constater le vi car il y a pas encore les tests ADN à l'époque avant que ça ça arrive vraiment bien. Comment ils retrouvent l'auteur des faits s'ils ont pas d'ADN ? Euh il y a tout un travail.
Alors, il avait il avait piqué la voiture de sa victime. C'est une paufme de ménage qui travaillait dans un algeco un matin. Elle est elle est elle est agressée par ce type là qui tente de la vier semble-t-il et qui lui tire une balle dans l'œil.
C'est dire la violence du gars. Tuer une balle de sa victime dans l'œil, en plein œil. Euh et il a piqué la voiture de sa de sa femme et grâce à ça, on l'a reconnu et puis il avait euh et on l'a on l'a arrêté et puis après, on a retrouvé sur lui des bijoux de sa victime.
Donc euh il avait il avait nié il a même nié, je crois, jusqu'au procès euh et il a été condamné à à perpétuité ce gars-là, un vrai assassin qui d'ailleurs avait une dans le dossier, il était irsut barbu parce que cétait il était marginal. Et quand je le vois 3 ans plus tard au procès, je vois un type bien peigné, rasé, c'est le même homme. Il Mais il avait une froideur.
Sais, je pense que c'est un psychopathe parce que ça ces gens-là qui ont une froideur vis-à-vis des autres, j'en ai vu beaucoup, tu sais, comme Nordal Hollandais, ce qu'on appelle des psychopathes. Tu leur parles d'un meurtre, on rien à foution, pas d'émotion. Tu leur montres des photos du crime, rien.
Tu te dis ils sont pas concernés. Et quand on leur annonce le verdict, 20 ans perpète, pas de réaction. Et ça, tu en as de temps en temps.
Et j'en ai quand même croisé un certain nombre. C'est même pas la peine d'essayer de les faire avouer. Faut simplement dire monsieur vous dites ça mais là il y a dans le dossier.
Dit c'est pas moi, c'est pas moi. C'est tout. Pas chercher à lui faire dire ce qu'il a pas envie de dire.
Jusqu'au bout, il n'ira les fait mais il faut que tu montes un dossier pour le faire condamner. Tu t'es jamais senti sale après avoir passé une heure avec un fourniiré, avec des mecs un peu, tu sais, tu dis peut-être Laura, les ondes qui dégagent. Si oui oui si si bors ça j'ai eu des gens qui puaient he non mais est-ce que parfois tu tu pars pré une heure tu as envie d'aller prendre une douche et ouais il y a déjà tu sais les gens qui que quand ils se te sont présentés c'est qu'ils sortent d'une garde à vue qui peut durer 2 jours plus même dans certains cas déjà bon et tu as intérêt d'aérer le bureau quelquefois bon rien que ça et tu te sens ça là ma greffière elle elle se désinfectait d'ailleurs après je me souviens et puis c'est c'est pas tellement ça qui est important c'est sales moralement bien sûr et le pire c'est les histoires de de d'inceste, tu vois, des gens parce que dans les histoires d'autres affaires, tu as tu as une forme de courage quelque part de certains voyou.
Là, c'est glo là, c'est abusé de la de la de la de la de la vulnérabilité, tu sais, des enfants. Et là, tu en as beaucoup de ça, c'est Ah, des affaires de de d'in j'en ai eu des des centaines. Et oui, oui, j'ai été dans endroits où pas que des violes mais des agressions sexuelles, des attouchements.
J'ai eu j'ai eu ça énormément dans ma propre famille. Oui, mais mais comme beaucoup de mes collègues, hein, tu sais. Malheureusement, le crime de viol d'agression, le délit d'agression sexuelle, il est très très fréquent. souvent dans le milieu familial, c'est les victimes parfaites.
Ces types, ils s'en prennent d'abord à ceux qui sont les plus faciles d'accès, c'est-à-dire leurs enfants. Et plus ils sont petit, moins ils vont dire "C'est plus difficile de de violer une adolescente que de violer une gamine de de 7 ans quoi ou de 6 ans ou de moins de plus de plus petit plus petite." Donc euh et ça c'est sûr qu'au bout d'un moment tu te dis euh ces gars-là mais tu dois prendre sur toi même si c'est saturé, tu dois respirer et puis au bout d'un moment toi-même tu banalises peut-être trop mais c'est comme ça.
Tu parlais de l'humiliation tout à l'heure faut faire attention à pas humilier la personne. Ça peut être vraiment euh très grave pour certaines personnes de se sentir humilié. Y a tu as eu aussi un papi qui a tué sa femme parce qu' elle l'humiliait régulièrement. un joueur de boule que sa femme lui lui reprochait de d'être d'être inactif quoi en fait.
Lui il jouait et puis c'est elle qui qui dirigeait le d'être inactif sexuellement. Non non non inactif de elle de plus avoir d'activité de il tournait et elle c'est elle qui tenait les cordons de la de la bourse et qui lui donnait un peu son argent de de poche et puis je pense tenit la culotte quoi. Voilà et puis je pense qu'elle le rudouyait elle le rudouyait verbalement.
Tu m'emmerdes. Elle faisait puis un jour à la cuisine elle faisait son tiercé je crois. Elle était assise.
Lui, il en a eu marre. Je croiselle l'a envoyé balader. Ouais, tu tu vas encore jouer à tes boules ?
Je sais pas quoi. Et il a vu rouge, elle était assise, il a pris un marteau, il lui a défoncé la tête par derrière et dans l'appartement, j'avais été sur place, j'ai vu plein de sang dans l'appartement alors que la victime était prostrée, la tête sur sur la table. Je dis mais comment ça se fait ?
Et en fait, il avait donné des coups de marteau au chien qui avait de mis du sang. Et voulait tuer son chien en même temps. Ouais.
Ouais. Euh et donc euh d'ailleurs le chien était pas mort mais il avait laissé du sang partout et euh et il expliquait qu'il a que lui-même était humilié, que il en avait marre. C'était pourtant ça faisait je sais pas 30 ans de mariage, tu vois le bon papi à tout point de vue euh petit tu vois et qui a explosé et qui a été arrêté presque sur un jeu de boule et il pensait avoir voulu il était parti comme si il voulait faire croire une agression.
Bon ça pas tourné très longtemps. Il a été confondu et il a été il a été jugé. Il a pas été condamné à une peine très lourde.
Mais voilà encore quelqu'un, tu vois, qui a gardé des années d'accumulation, de frustration et un jour parole malheureuse de sa femme qui déclenche P. Je te dis l'humiliation. Il regrette pas ces mecs.
C'est c'est enfin c'est ces mecs ou ses femmes. Si si. Est-ce que parfois ils se disent je il voit sa femme morte, il dit qu'est-ce que j'ai fait en fait ?
Est-ce qu'il se rend compte après quoi ? La plupart la plupart te diront pourquoi j'ai fait ça ? J'étais pas moi-même, je comprends pas.
J'ai une pulsion. Euh, on est rarement sur des actes prémédités, sauf ce que je que je raconte. Ouais. ou même certains qu'on je raconte une femme avec le type s'est pris des battes de des coups de battes de baseball, la femme était au courant, c'était prémédité.
Mais d'autres, c'est des fois la la l'impulsion, tu vois. Et après ils regrettent et d'abord ils ruinent leur vie sûr, ils ruinent la vie de quelqu'un, ils la détruisent et ils se disent que tout est tout s'effondre le leur relation avec tout ça et c'est et ça c'est là ils finissent leur vie quoi. Ils font ça se finir aussi.
Alors ça dépend à quel âge hein ça se passe. S'ils sont jeunes, ils ont un espoir, d'autres mourront en prison ou d'autres seront relâchés et puis ils devront quitter la région. On sait pas trop ce qu'il deviennent d'ailleurs.
Après en 2023, les services de police en France et de gendarmerie tout confondu ont enregistré 353800 victimes de violence intrafamiliale. H c'est une fois et demi Bordeaux. Mais c'est énorme.
Est-ce qu'il y a un lieu qui revient souvent dans les crimes justement intrafamiliaux dans les familles ? Alors la cuisine qui est le lieu le pire. J'ai constaté aussi que la cuisine s'engueuler en couple dans la la cuisine c'est lieu où on fait la on fait la cuisine, on bouffe, on boit, on vit, on boit. souvent et c'est là qu'il y a des altercations.
J'ai eu des affaires, tu m'as tu m'as tu m'as fait du poisson, j'aime pas le poisson, tu m'as tu m'as fait trop cuire le steak mais j'ai eu commence comme ça. Ouais, ça commence comme ça. Tu m Voilà et ensuite ça dégénère et après la dispute, on va Et effectivement dans la cuisine, il y a quoi ?
Ben il y a les couteaux. L'arme la plus usuelle, c'est le couteau de cuisine. Belle lame et boum et on prend et ça peut commencer dans la cuisine ou finir dans le salon et cetera ou dans la chambre à coucher.
J'ai toujours dit que la cuisine est un endroit dangereux. Euh, il y a de l'eau, de l'électricité, de l'eau bouillante. Voilà.
Puis c'est un endroit où ça démarre. Puis il y a des objets dangereux. Il y a des il y a des hachoirs, il y a toutes sortes de trucs.
Il y a des produits chimiques plus ou moins. Voilà, tout ça c'est un endroit dangereux. Puis en plus c'est un endroit propice parce que il y a des une poubelle, il y a l'évier, on peut on peut faire disparaître, faire sous l'eau, mettre sous l'eau la lame ensanglantée, tous ces trucs.
Et euh et ça, j'ai souvent constaté que c'était là que ça se passait. Euh et donc tu te dis que c'est étonnant quoi. Là, on pense être le plus le plus au sécurité, c'est pas tout à fait le cas.
Tu as un jeune qui va se penser ensorcelé par sa mère aussi t'explique. Il a tué sa mère. Ouais, ça aussi c'est une affaire marquante.
Il croyait qu'elle était env qu'il l'avait qu'elle l'avait envoûté et donc il et c'est-à-dire envoûé et bah il était persuadé que sa mère lui avait jeté un sort, que elle voulait sa perte et donc ça alors qu'il était pas malade mental hein, il y avait une atténuation de responsabilité. un garçon intelligent par ailleurs qui était pas un délinquent, à un moment il l'a il l'a tué aussi parce que il voyait en elle une personne maléfique. Il a demandé à son frère de l'aider.
Son frère l'a pas aidé. Il a tué sa mère pour se désenvoûer parce que il voyait en elle quelqu'un qui pouvait ruiner sa vie si tu veux. Donc il y a un problème psychiatrique hein.
Mais il a pas été déclaré irresponsable. Il a pas été déclaré fou par le psychiatre. On l'a jugé et ce garslà, je l'écris d'ailleurs, j'ai eu un bon dialogue avec lui.
Je Il était très intelligent, il avait bien compris. Il était d'où lui ? Il était de de Lyon aussi.
Ouais, c'était dans la région lyonnaise. Il était d'origine étrangère aussi ce garçon. Et voilà.
Et j'ai pu avoir un dialogue et je pense que il a été condamné à une peine pas très importante et je pense que depuis enfin il s'est réinséré vraisemblablement et mais c'était incroyable quoi. À quel moment il décide de tuer sa mère ? Un soir, elle est couchée, euh, il va la voir et il a un couteau, il la il lui il la poignarde à plusieurs reprises euh comme ça.
Lu son frère vient et il demande ce qu'il fait. Ben, il fallait qu'il se débarrasse, tu vois. Et son frère aide pas sa ?
Non, son frère l'aide pas. Sinon, il aurait été jugé pour complicité si tu veux. Ben, c'est pas le cas.
Non, mais il aide pas sa mère. Non, non, non. Il a été bah il a dû être il a dû être paralysé de terreur quoi.
Il voit tu imagines la scène de violence de donner des coups sur sa propre mère. Il y a une autre affaire, on parlera peut-être d'une théorie familiale et donc c'est sidérant. Je veux dire que si tu vois ça, qu'est-ce que tu fais ?
Tu tu ça va tellement vite en plus que voilà, malheureusement. Alors, un chiffre qui m'a choqué, qui m'a vraiment marqué, c'est une étude qui a été faite l'année dernière par l'université d'Ackland. Voilà, qui dit que 30 %, c'est beaucoup hein, 30 % des adultes éprouvent de l'animosité ou de l'apathie.
Donc il détestent en gros leurs frères et sœurs. 30 % vraiment éprouvent de l'animosité. Donc ça vraiment ils en veulent profondément.
Une personne sur trois euh déteste en gros ses frères et sœurs. Et oui, c'est c'est ça explique aussi les violences intrafamiliales, les meurtres et tout dont tu parles depuis tout à l'heure. Ça peut se finir très mal.
Tu avais un jeune qui va tuer son père et ses frères alors qu'ils sont dans une famille plutôt aimante. Ouais. Parce que lui sentait le vilain petit canard.
C'était pourtant l'aîné. Euh ces deux jeunes frères, l'un était brillant dans ses études, l'autre c'était le petit, c'était le plus jeune, 8 ans, il était chéri de sa mère et il s'est senti un peu exclu et puis il s'est dit "Si je tue tout ma famille, peut-être que j'hériterai plus facilement dans dans son délire hein." Et il a tué à coup de à coup de revolver son père et ses deux frères.
Il a tenté de tuer sa mère. Il aurait pu tuer sa sœur mais qui n'était pas là. Ça c'est en France he en France tout à fait.
Et il y a pas si longtemps, on entend pas trop parler de ce genre de bah tu sais c'est des c'est des affaires en pousse une autre quoi. Et c'est c'était terrible parce que ce gars-là il avait tout pour réussir. Euh ses parents avaient bien réussi financièrement.
Ils étaient très à l'aise. Lui on lui avait trouvé des boulots. Il avait une vie et puis un moment ses parents avaient marre de sa paresse et il a il s'est dit ils vont me couper les vivres et il est passé à l'acte.
Et voilà. Et et tu sais au moment du procès, il y avait la mère qui était présente et je dis qu'elle était triplement victime parce que non seulement son mari et ses deux fils avaient été tués, elle-même elle avait été agressée par son fils très gravement et dans le boxe des accusés, elle voyait son autre fils. C'est terrible d'avoir une mère aussi touchée que ça.
Ça ça m'avait ému et évidemment je me disais en je crois savoir qu'elle vit toujours dans la maison des meurtres cette dame. Elle a pas quitté la maison. C'est terrible.
Tu as déjà été touché personnellement à empleur d'une affaire qui t'a un peu où le soir tu es rentré, tu discutes à ta femme, tu racontes, tu tu parlé autour de moi pour les protéger d'une certaine manière puis tu sais au bout d'un moment, tu as envie de t'évacuer quoi. Ouais, c'est ça. Ouais, mais quand tuas quand tu vis un truc fort aussi, ça fait bien de parfois en parler.
C'est pour ça que dans les armées, parfois, il y a des gens qui ont déjà confiance pour parler. Ouais. Ça m'arrivait mais peut-être qu'en l'écrivant après, ça m'a aidé aussi.
Euh on garde sur soi euh au bout d'un moment parce que sinon je dis les autres c'est c'est dur pour eux quoi. De toute façon euh oui moi quand j'allais sur des quand j'ai vu des meurtres d'enfants, des enfants morts, ça c'était meux. C'est peut-être ça parce que tu t'as tu t'identifies d'une certaine manière.
Quand j'ai vu le préfet Ergnac dans sa marque de sang, je l'avais connu de son vivant puisque j'avais travaillé avec lui. C'est la première fois qu'un une personne tuée, je l'avais rencontré vivante. Souvent, enfin, on les connaît pas les victimes et là ça m'avait quand même bien touché.
Euh, on reste des êtres humains, tu es mais après, il faut encore une fois se dominer, se maîtriser. Mais on reste à on a des flash, tu sais. Il y a des il y a des moments d'émotion qui reviennent.
Moi encore aujourd'hui, 20 30 40 ans après, je pense à certaines situations si tu veux, surtout bon quand je les ai écrites euh j'ai rien jamais rien inventé, tu vois, pour être au plus près et et ça ça pèse un peu. Mais bon, après, j'aime bien la montagne, j'aime bien la nature pour justement s'évacuer évacuer l'esprit. 62 % des infractions commises en France sont des vices ou autres crimes sexuels.
Euh tu as une affaire qui a failli jamais être résolue avec un autostoppeur qui va d'un coup avoir une pulsion justement avec une femme qui va faire monter dans sa voiture. Ouais, c'est là aussi mauvaise rencontre. Le type qui revient marche en fore est terminée, il a un peu bu.
C'est dans la campagne, il rentre chez lui avec son fourgon et là il voit une jeune fille qui faisait du stop. Alors aujourd'hui, on fait plus trop de stop avec blabla car et tout ça. Elle monte et là c'est l'été, il voit ses jeunes filles, il discutent et puis boum, il a une pulsion qui a marié hein et puis il s'arrête dans une clairrière, il fait descendre la fille, il la traîne dans un fouret, il essaie de la violer, il y arrive pas, elle se débat et il lui fracasse la tête avec une grosse pierre et ça aurait pu être un crime parfait.
À l'époque, en plus, on connaissait pas l'ADN. Il prend la fuite. On retrouve donc le cadavre de cette jeune fille qui avait 18 ans qui est rentré chez ses parents le weekend mais il a il a signé son crime.
Alors je le raconte dans une histoire, faut peut-être pas que je euh je spoile l'histoire, mais il a laissé une trace. Ah si tu peux pas dire ça. Non en fait on sait qu'il y a beaucoup de détails dans le livre de toute façon.
Ouais. En fait il avait un fourgon et en reculant pour partir une de porte arrière s'est ouverte et un carton de de salaison de saucisson qui est tombé et sur un bout de carton, il y avait son nom au feutre. Mais non, si c'estàd qu'il avait signé son crime le gars.
Euh, s'il y avait pas eu ça, football. Ouais. Voilà, c'est le la signature.
S'il y avait pas eu ça, bah on aurait eu du mal parce qu'il y avait pas de témoin. C'était en pleine dans un dans la campagne, on connaissait pas l'ADN. Oh, le carton de sauf là.
Et ouais. Attends, et lui, il a pris perpè par exemple pour voir Non, parce qu'il est mort quelques jours avant son procès. On l'a retrouvé mort dans sa cellule.
Ah, on sait pas trop. Stress, il a été suicidé. Pas vraiment, mais je pense que il a fait un enfin un truc, c'est on sait pas trop de quoi il est mort, mais peut-être le stress et il aurait été condamné à une très très lourde peine.
Ouais, je crois que là c'était c'était abominable mais on aurait pu ne pas l'arrêter. Tu vois, des fois ça tient un peu de choses hein. C'est le travail des enquêteurs bien sûr.
Si comme la petite tâche de sang que j'évoquais pour Mais, mais ça peut être un coup de chance. Le gars qui laisse un truc lui appartenant, un objet qui tombe de sa poche, si tu veux, il avait pas prémédité son truc. Donc un moment il a fait une erreur.
Il a il a un peu je pense qu'il est parti un peu dans la panique. Il a pas vérifié que les portes soient ouvertes et carton carton qui tombe. T pas demandé à l'époque mais quand tu es procureur procureur général sur des affaires comme le préfetac mais cetera est-ce que tu as eu peur pour ta sécurité ou celle de ta famille ?
Est-ce qu'à un moment donné quand on est sur des affaires aussi médiatisées avec des gens qui peuvent être dangereux ou qui sont pas forcément retrouvés tout de suite ou qui font partie de mafia connu tous les types de de procès. Est-ce qu'il y a eu des moments où tu as eu peur pour toi ? Bah, j'ai eu des gardes du corps hein après l'assassinat du préfet pendant plusieurs mois, j'avais trois gardes du corps, trois officiers de sécurité.
J'étais à Jaciot et donc qui m'accompagnait dans tout tous mes déplacements. Cela dit, ça ta femme n'a pas dû apprécier au début. Qu'est-ce que tu fais là ?
Comier non. Puis tu sais quand tu es en Corse, tu as la mer d'un côté, la montagne de l'autre. Tu as pas 36000 chemins pour rentrer chez toi ou aller au travail.
Quand j'étais sur le cours Napoléon qui est une artère centrale d'jacio, j'avais un gars devant et deux de chaque côté. Donc c'était pas très discret. Euh je prenais l'avion, je passais pas à l'embarquement donc c'était confortable si tu veux.
Mais au bout d'un moment, tu passais pas au portique là ? Voilà. Euh j'étais dans sur les premiers rangs.
Bon c'est il y avait un petit côté confortable mais c'était quand même pénible et stressant parce que tu te dis et puis tu sais j'étais assez fataliste. Je me disais de toute façon si un gars Ah ouais un sniper, un gars avec un fusé à lunette comme en Corse tu as toujours des points hauts, il aurait pu me flinguer hein. Et puis il m'arrivait de temps en temps de faire des escapades tout seul.
Je l'ai pas j'en parlais pas aux gardees du corps pour être un peu pour respirer et j'ai voulu éviter que ça soit trop pesant pour ma famille si tu veux. J'avais ma femme et mes deux filles et j'ai de nouveau eu des gardes du corps un peu après pour la faire des paillotes, une autre histoire. Voilà mais c'est c'est lourd et un moment alors c'est ça peut avoir des aspects confortables mais c'est pas discret et ça ça pèse quoi.
Donc j'étais content quand ça s terminé. Tu tes enfants, tu as jamais reçu une menace même ? Si ça m'est arrivé, j'ai eu un petit cercueil une fois sur un dessin, tu sais.
Mais rien de sérieux. Rien de sérieux. Aujourd'hui, je suis un peu inquiet sur les menaces qui peuvent peser sur certains magistrats, tu sais, avec les petits les narcos là, les des des gamins un peu flingueur.
Euh, on n'est pas à l'abri un jour que un magistrat ou un policier se fasse tuer par un jeune euh qui sera à qui on aura donné un peu d'argent pour aller flinguer un juge ou un procureur. Ça pourrait arriver aujourd'hui. Vu le l'abaissement de l'âge des des criminels, c'est pas écarté. une époque ça pouvait être que des gros voyou qui faisaient le juge Michel qui a été tué en 80 c'est par des gros malfaiteurs aujourd'hui.
Ça peut-être des malfaiteurs qui peuvent en vouloir un juge comme ça et qui trouveront un un tuage un gars mais qui sera un jeune he qui aura pas compris que ça c'est un juge. Et ça faut faire gaffe à ça mais c'est quasiment imparable hein. Il peut pas protéger tous les juges de et tous les procureurs de France.
Tu as un crime qui a été résolu 4 ans après euh avec une histoire de c'est un couple en fait une histoire de plan à 3. Alors c'est une affaire assez surprenante d'une fille un peu marginale toxico qui était avec un type transsexuel et qui à un moment ils se prostituaient tous les deux. Ils se sont unis pour aller agresser un client.
Euh donc ils sont allés sur sur le port et puis ils ont ils ont trouvé ce type là qui est monté dans leur voiture euh pour aller faire quelques chose dans un bois. Et là, le type lorsqu'il commençait à se mettre à l'aise, bah la femme derrière la l'a égorgé l'ardé de coup de couteau avec l'aide de du garçon qui était avec lui. Ils sont acharnés sur lui, ils l'ont laissé euh et on a retrouvé un cadavre comme ça.
Ils ont sorti de la voiture, ils l'ont abandonné dans les fours, ils ont pris la voiture de leur victime qu'ils ont abandonné après. Et ce n'est que plusieurs années après, 4 ans plus, c'est 4 ans plus tard que la femme lors d'un contrôle, une discussion a avoué ce crime qu' aurait pu ne jamais être résolu. On retrouve un cadavre dans un dans une forêt.
La victime était identifiée mais on se demandait c'est un lieu connu pour des des des rencontres sexuelles diverses et on aurait pu ne jamais la résoudre. Et cette femme bah expliqué qu'elle elle en voulait aux autres, qu'elle il voulait se faire un client, lui piquer ses sous et surtout une forme de de hargne contre les clients de la prostitution. Elle je pense qu'elle gérait mal ce ce truclà.
C'est une femme avait un drôle de physique et elle a voulu dire quoi ? Bah elle avait un physique de très masculine, tu vois, de catcheur quoi. Vraiment, il est accompagné d'un type qui lui avait un physique très féminin.
C'était un un couple un couple qui vivait pas ensemble en plus, qui se prostituait tous les deux mais qui était dans la drogue et qui tu sais c'est un déchaînement de violence pour un motif dérisoire pour lui voler trois sous. C'est une forme de vengeance sur tous les clients sur leur vie quoi. Ouais parce que tu sais finalement les relations sexuelles tarifées c'est jamais forcément très très très sympathique.
Et donc ils se sont je pense qu'ils se sont vengés sur sur leurs victimes comme si elles se vengaaient de la société tu vois. Il les avaient un peu marginalisé. Elle elle elle avait été entre-temps, elle avait été arrêtée pour des agressions dans la rue.
Enfin c'était un itinéraire terrible. Je crois d'ailleurs qu'elle est décédée cette femme assez jeune. Ils ont de quoi en elle é en prison ?
Oui, elle a été en prison et euh et je j'ai me suis j'ai essayé de savoir de quoi elle était morte. Je c je j'ai j'ai pas su si elle était morte en prison ou si elle avait été libéré. Euh mais c'était un un et ce pauvre gars et c'était un client ordinaire très modeste qui d'ailleurs fréquentait des prostituées à l'insue de sa propre épouse.
Je parle de la victime hein qui qui a pas compris que son mari on les retrouvait comme ça. Tu vois des gens qui ont des doubles vies ou d'autres vies et c'est des destins qui se qui se percutent et tu te dis mais voilà des rencontres fatales et ce garslà il a eu la malchance d'être abordé cette nuit-là par ce couple improbable. Tu tu disais tout à l'heure qu'on pouvait parfois il y avait des gens qui tuaient pour rien du tout.
Qu'est-ce que tu as eu vraiment de stupide ? Vraiment quelqu'un qui a tué quelqu'un pour un truc vraiment nul. Ouais ben je les raconte j'en raconte plusieurs dans dans l'histoire.
Souvent le mobile est complètement dérisoire si tu veux. Alors j'ai pas eu d'affaires directement où l'auteur voulait tuer pour voir ce que ça faisait. J'ai j'ai lu par ailleurs qu'il y a eu des affaires de ce genre. on croise quelqu'un, on le tue pour voir ce que ça faisait de tuer.
Mais j'ai eu des affaires où on comprenait pas pourquoi il y a eu un tel un tel acharnement. Euh alors évidemment quand il y a de l'alcool, ça peut ça peut amener à agir, mais tu tu as du mal à voir le lien entre la violence de l'acte et la raison. C'est souvent ce qui revient depuis tout à l'heure he tu disais souvent c'est des marginaux des un peu des des bah milieu des vrais marginaux, c'estàdire des gens qui sont à la rue et depuis très longtemps, c'est un milieu assez violent.
On vit on vit dans la dans la précarité et une petite un petit bien personnel, c'est vachement important si tu veux se faire voler tr un truc même une bouteille de vin, ça peut dégénérer là c'est une histoire entre entre marginaux où il y en a ils dorment ensemble dans une espèce de squat et puis il y en a un qui ronfle. Ils ont bu celui qui a tué que j'ai mise en examen. Il me disait qu'il buvait 3 4 5 6 L de vin rouge par jour.
Il se détruisait. Et je vois un type arriver tout gris, tu sais, qui était pas très âgé, hein, pas rouge, même pas rouge. Du rou du du vin de table, tu sais.
Il était tout gris, le gris de l'alcoolo profond. Ouais. Violacé un peu là.
Ouais. Gris gris. Bon bref.
Et donc ce gars, il partageait cette nuit-là, chacun dormant dans son coin. Et évidemment, l'un des deux ronflait. L'autre en a eu marre. "Tu me fais chier, qu'est-ce que tu en as à ronfler ?" L'autre l'envoyé balader, il prend son cutter et il le lacre. il le tue à coup de que terre euh et bon il dort à ses côtés puis le lendemain il se réveille, il voit qu'il est mort quoi, son copain.
Euh et il reste là pendant des jours, des semaines et euh des jours, des semaines après, on retrouve le corps et le gars a pris est parti. Il a fallu qu'on on a pu retrouver le le l'agresseur qui était qui était resté dans le quartier. Et quand j'ai fait la reconstitution, on avait des larves séchées par terre puisque le corps s'était décomposé dans dans l'appartement, pas d'aération et donc l'auteur avait dormi pendant encore plusieurs jours à côté d'un cadavre en train de se putrfier pour te dire la la perte la perte la perte d'odorat de goût.
Et bah l'autre avait dit "Bah on s'est disputé et avec ma greffière quand on est rentré dans ce petit appartement ça craquait sous les pieds et l'odeur était infernal. Je me suis dit ça va nous nous imprégner les vêtements et je me disais mais voilà comment peut-on vivre de façon c'est terrible à côté de quelqu'un qu'on a tué et en plus dans un dans des conditions d'odeur insupportable si tu veux et tu dis mais voilà une forme d'animalité même pire que des animaux le gars a reconnu les faits hein c'est pas et il a été condamné à une peine assez basse. Tu as des mecs qui veulent pas sortir de prison, qui font exprès de tuer quelqu'un pour aller en prison parce qu'ils ont une vie à l'extérieur, ils peuvent pas manger.
Non, moi j'en ai pas rencontré. J'en ai pas rencontré. Euh des gens qui volent pour aller en prison, oui, euh ça se fait mais pas pour des meurtres.
Ils en sont pas là quand même parce qu'ils savent que le meurtre, ça peut partir pour 10 20 ans hein. Donc euh parce que sur à la télé, tu vois de temps en temps des enfin, tu vois régulièrement d'ailleurs des histoires de meurtre et cetera, mais on n'imagine pas à quel point il y en a quasiment. Enfin, il y en a tous les jours.
Il y en a tous les jours. Bah oui, il y il y en a. On le voit pas trop.
C'est à peu près 1000 par an. Euh dans dans tous les meurtres, bah tu as des affaires de la vie ordinaire, de la rue, de la maison, euh ouais des des rencontres, des milieux où les gens restent entre eux. Souvent les victimes et les auteurs sont du même même milieu si tu veux.
Alors tu peux avoir un commerçant qui est tué pour un pour un cambriolage ou pour mais c'est souvent des gens du milieu, milieu familial, c'est femmes, enfant, le milieu des marginaux, les voisins aussi. Est-ce que c'est un vrai truc ? Voyez, il y a plein d'émissions de télé puis toujours à l'époque, il y a des émissions comme stripties qui filmait des engueulades de voisins.
Parfois, il y a qui allaient chercher des des fourches. Enfin, tu sais, c'est c'est s'engueuler dans dans dans des fermes et tout. Je me rappelle d'image.
Est-ce que tu as des tuas tu as beaucoup de meurtrre entre vous ? Ouais, j'en ai eu beaucoup. Ouais, ouais, beaucoup.
Je Il y en a qui rigolent pas quoi. Oui, il faut faire attention à ça. On les connaît pas trop bien ces voisins hein.
Alors, il y a ceux qu'on connaît bien mais on sait pas qui en affaire. Et j'ai connu des histoires, je me souviens d'une affaire, je crois que je l'ai pas raconté dans le bouquin où un type est venu sonner à la porte et je sais pas ce qui s'est passé. Le gars, celui qui a sonné à la porte, s'est disputé, il a tué son voisin, quoi, sans trop de raison.
Et c'est souvent alors des histoires de de bruit euh et des histoires de différ de droits de passage et une affaire incroyable. Tu vas peut-être en parler de d'un droit de passage. Droit de passage ?
Ouais. C'est quoi cette histoire ? Tu tu l'expliques dans ton livre sur les chemins du crime, voilà.
Oui. Une photo d'un chemin. Voilà.
Euh avec de de que j'ai faite que tu as faite toi que j'ai faite moi. Je l'ai mise en noir et blanc. C'est un endroit où il y a eu un crime.
Ouais, c'est pas très loin de chez moi. Non, il y a pas eu de crime mais c'est assez illustratif pour montrer que on est dans un endroit où finalement isolé que tout peut arriver. Il y a un mur d'un côté et si vous nous écoutez en podcast audio et puis sur la droite il y a des des arbustes et une ha et on voit et on on pourrait retrouver un cadavre comme malheureusement on retrouve dans des forêts, dans des chemins où c'est l'auteur qui abandonne le corps de sa victime.
Ouais. Cette affaire c'est incroyable. C'est deux voisins qui qui étaient en maison mitoyenne l'un qui ils avaient un problème de droit de passage et l'un voulait pas céder une parcelle à son voisin pour qu'il passe sa bagnole.
Il y a eu des engueulades comme souvent au début ils s'entend des bien. 30 % des Français se sont engueulés déjà violemment avec des voisins. C'est quand même un sur tr donc c'est on a tous eu une engueulade où quasiment c'était en maison c'était un appart auudessus en dessous bruit les enfants peuvent crier la bouffe l'odeur la bouffe les les feuilles qui tombent et cetera et là c'est pour une histoire de passage.
L'autre voulait pas en démordre il voulait passer sa voiture. Oui mais moi je vais pas je vais pas te vendre ma parcelle. Bref, jusqu'au jour, le type lui aussi, il a accumulé de la ranqueur.
Il s'est posté, il a attendu que son voisin arrive le soir, il le tue d'un coup de fusil. On retrouve donc moi, on on on m'informe de ça et on me rappelle une heure après, on me dit "On a retrouvé un deuxième cadavre." Puain donc il y a un deuxième mort.
En fait, c'était le tireur. Il s'est suicidé ? Non, il avait tué sa victime et comme c'était la nuit, on pense que il est rentré chez lui en passant par le jardin mitoyen.
Il a il est passé près de la piscine de sa victime. Il a sans doute glissé et il s'est noyé dans la piscine de sa victime. [ __ ] le karma.
Voilà, un scénario comme ça, tu le proposes à un auteur de polar dit "Ouais, c'est un peu invraisemblable ton histoire, tu vois ? Alors que ça existe dans et ben voilà, en fait le le voisin tueur, il a été il a été jugé, il a été tué et lui-même exécuté dans la propre piscine de sa victime. Est-ce que toi tu es pour la peine de mort ?
Toi qui a vécu, qui a qui Non, tu vois, moi j'ai j'ai eu la chance de de d'exercer après l'abolition de la peine de mort. Euh et j'aurais eu beaucoup de mal parce que j'en ai vu pourtant des meurtriers à dire ces gens-là, sachant qu'en plus à l'époque le juge devait aller assister à l'exécution, le juge d'instruction. Tu avais le procureur, le juge d'instruction même sur un mec que tu as vu, on va pas citer, on s'en fout, mais des mecs vraiment des salopards, un fourniré par exemple, plein de si tu veux parce que même le pire des criminels, tu vois un être humain quand même tu sais et ben oui, tu vois toujours un être humain, même si il a une sale gueule.
Tu as tu as et d'ailleurs les jurés, tu sais quand il voit dans le box des accusés, il pense il serait vachement remonté contre lui mais quand il voit un type qui finalement a une voix normale qui sait sourire, c'est ça c'est difficile de se dire on va on va exécuter quelqu'un. Euh moi j'aurais pas pu à titre personnel vraiment euh choisir tu vas dire si tu avais eu le choix tiens tu vas être exécuté. Et bah oui, puis voilà.
Par que par contre, j'ai instruit des dossiers, j'ai vu des dossiers où vraisemblablement les gens vont parler du tueur polonais et d'autres, un tueur qui qui a tué aussi dans la drome. Ces gars-là, s'ils avaient été jugés avant 81, peut-être que certains auraient été décapités si tu veux. Regarde notre et la guillotine jusqu'en 71.
Non, je crois non. Jusqu'en 1981. Le dernier exécuté, c'est 1977 pardon.
À Marseille, tu vois. Euh mais regarde nos tu en série là, ceux dont on parle qui sont en prison actuellement, ils auraient tous été décapités avant. Est-ce que c'est grave de quoi de Bah si on avait tué ces gens-là qui ont tué des petites filles sujet, tu sais.
Non, c'est vrai. Non, mais c'est intéressant d'avoir ton avis à toi parce que tu as passé quand même écoute. Oui.
Bah, c'est et tous ces gens qui sont qui ont été guillotinés qui aujourd'hui ne seraient pas ne seraiit pas serait encore vivant si tu veux. Euh tu sais, il y a une affaire Philippe Maurice qui avait tué un policier en 80. Il a été condamné à mort mais avec l'arrivée de Mitteran abolissant la peine de mort euh sa peine a été commuée en perpétuité.
Ce gars-là a fait 20 25 ans de prison. Il a passé un doctorat de droit de d'histoire médiévale et il est sorti de prison. Il a enseigné en fa qui doit être retraité.
C'est gars là il rentrait sauvageon. Il est sorti docteur endroit. Il a enseigné tu vois le la réinsertion c'est pas le cas de tous les il a tu il a tué un policier qui n'a plus la chance peut-être des enfants qui n'ont plus la chance d'avoir leur père.
Non non mais c'est sûr. Bah c'est tout le problème des en fait. Est-ce que c'est pas la loi de tiens tu tues quelqu'un bah tu perds ta vie comme ça tu es sûr que déjà tu réfléchiras deux fois avant de tuer quelqu'un.
C'est c'est un bon débat hein. Bon débat parce que mais tu sais quand tu es dans un Ouais. Mais tu sais quand tu es dans un procès on juge quelqu'un accusé de meurtre les plateaux de la balance sont pas égales parce que d'un côté tu as le gars vivant et la victime elle est plus là. une affaire de vol, la victime est présente, tu vois, ou de tentative de meurtre, la victime est présente.
Mais dans les affaires de meurtre, la victime, elle est disparu, elle est un fantôme. Et donc le type à beau jeu dire "Mais elle m'a provoqué et cetera, tu sais pas." Et finalement, on a peu de choses sur la victime.
Je le dis dans le bouquin, souvent c'est peu de choses d'elle. On voit quelques pauvres photos et finalement ça profite à l'accuser. Mais c'est notre société hein, qui a ces règles-là et peut-être qu'un jour elles changeront.
Mais regarde, la plupart des pays du monde, sauf quelques pays, ont aboli la peine de mort. Donc c'est des gens condamnés à perpétuité et on a beaucoup de gens qui sont condamnés à perpétuité qui ne sortiront jamais de prison, ce qui est quand même en soi aussi une peine pas simple. Mais je me mets à la place des victimes.
Imaginez que le meurtrier de leur fils ou de leur fils soit toujours vivant, c'est insupportable. Mais c'est comme ça aujourd'hui. Oui, je pense que tu dois avoir envie qu'il meur.
Ah bah oui, mais c'est assez naturel si tu veux l'esprit de vengeance, tu sais. Mais bon et la justice c'est pas l'esprit de vengeance. Ça doit être aussi ben peser le pour et le compte.
Voilà, c'est c'était justement une question que je te posée. Est-ce qu'il y a parfois des meurtres que toi tu as vu qui étaient des crimes de vengeance ? Des gens qui ont attendu 20 ans qu'un mec sorte de prison, qui ont tué leurs fils par exemple, j'en sais rien.
Et les parents ont attendu ou les frères ont attendu 20 ans ? Moi j'en ai pas connu des mais il y en a eu. C'est étonnant qu'il y en ait pas.
Il y en a pas beaucoup. Ouais. Ouais.
Il y en a eu en France. Il y en a eu à l'étranger. L'affaire Bamberski aussi le meurtrier de de la fille.
Un type avait tué le meurtrier de sa fille. Moi, j'en ai pas connu. Ça a pas très rare.
Bah parce que tu sais ce qui se passe, c'est que le temps passe hein. La famille de la victime elle-même vieillit, les parents peuvent disparaître. Tu vois, il y a une affaire que j'ai instruite qui est toujours en cours en il y a 30 ans, une jeune lycéenne qui a été violé étranglée à Lyon.
Euh 30 ans après, l'affaire est toujours en cours au pôle de Nanter Colase. Et ben, j'avais été le premier juge chez du dossier. On a toujours pas retrouvé le le meurtrier encore aujourd'hui.
J'avais reçu les parents qui étaient évidemment effondrés. La maman est décédée, il y a plus que le père et un jour le père va disparaître. Donc qu'est-ce qui se passe après ?
Est-ce que c'est les restes de la fraterie ? Tu vois le temps le temps qui s'écoule joue et et au bout d'un moment bah il y a plus l'esprit de vengeance des proches. Il disparaît aussi, tu sais.
Euh sauf dans certains casin, il y a je sais qu'il y a certaines affaires où le père de de victime dit "Je l'attendrai à la sortie de la la prison." Mais si tu remarques, il y a quand même très rarement ce genre de chose. Non pas parce que le gars est protégé mais parce que on passe pas à l'acte, tu vois ?
Parce que les gens oublient, enfin oublient, ils oublient pas mais ça leur sort de l'esprit, ils vont pas se venger. En 2024, en France, il y a eu 980 homicides, c'est moins qu'il y a 30 ans. Est-ce que on est dans une société plus violente qu'avant ou pas ? pas très clair.
Euh son âge, tu as l'impression que oui. Et et dans la rue, tu as l'impression que oui dans plein d'endroits. Ouais.
Alors si tu veux, dans les années 95, il y a 30 ans, il y avait à peu près 1400 1500 meurtres par an. Donc il y en a moins aujourd'hui. Hormis si on met de côté les les attentats qui qui font un peu changer les statistiques.
Le problème c'est qu'il y a une baisse, il y avait une il y a une baisse du nombre de domiciles, mais ça remonte ces dernières années. Donc on était descendu à 800, on remonte à 1000. Mais à ces homicides, il faut rajouter des tentatives d'homicde qui elles ont augmenté près de 3 4000.
Donc il y a plus de violence grâce au Samu au progrès médical. Il y a des gens qu'on sauve qu'on pouvait pas sauver dans le passé, tu vois. Donc les chiffres, ils sont pas forcément extrêmement nets.
Il y a plus de violence agressive, on le voit tous les jours. Et ce qui est un peu grave, c'est que il y a on utilise vite très vite des couteaux, des armes pour des différents banales. Et ça, moi l'inquiétude que j'ai, c'est que ça augmente ça, tu vois.
Heureusement, il y a encore une fois le progrès médical sauve des victimes qu'on qu'on a'urait pas sauvé il y a 30 ans ou 40 ans. Et ça interroge sur la l'agressivité ambiante des deux jeunes ou moins jeunes qui s'excitent avec les réseaux, avec tout ça quoi. Euh tu tu as eu aussi par exemple des armes très étonnantes pour tuer des gens.
Tu as eu des boules de pétanqu par exemple. Il y en a un qui se tue à la boule de pétanque. Ouais, c'est deux deux je enfin un jeune et un moins jeune qui s'en sont pris un troisè.
Ils avaient tous bu et puis il y a une connerie de entre eux, on sait pas trop des propos d'Ivrogne. Et puis les deux les deux gars décide de s'en prendre au gars. Il il l'emmène dans la forêt, il il le roue de coup euh il le larde de coups de couteau puis c'était des joueurs de pétanqu.
Ils prennent des boules de pétanqu, ils lui font le l'effet de cymbal sur les temps, il lui éclate la tête à coup de boule de pétanque. Il le laisse comme ça et à un moment ils disent qu'il est bien mort. ils reviennent et ils commencent à mettre le feu au corps de leur de leur victime.
Donc on sait ils savent pas si elle était morte. Donc tu vois l'acharnement là encore le délire de le délire de violence tu tu as du mal à le comprendre et souvent les meurtriers utilisent les moyens du bord hein. Si c'est boule de pétanque mais ça peut être un couteau, ça peut être une batte de baseball objet souvent ce qui se passe hein.
Ils ont pris 16 ans et 15 ans euh ces deux personnes là. Tu avais requis 25 ans de prison. Ouais.
Bah, ils s'en sont pas pas trop mal tirés d'ailleurs vu la gravité des faits. Euh mais c'était sur un fond de de de conflit alcoolique si tu veux. Ça passe vite 15 ans aussi.
Ouais. Bah surtout que à la moitié de la peine, un condamné peut espérer peut une libération conditionnelle. Ça dépend hein.
Donc tout ça c'est à avoir en fonction de du comportement. Je pense que ces deux gars sont en liberté aujourd'hui. On a eu Gérald Armanin ici, ministre de la justice qui est venu sur le siège où tu assis.
Est-ce que toi tu trouves que c'est la justice est trop gentille aujourd'hui ou trop sévère ? C'est c'est ou tu sais je l'ai souvent dit la justice elle est toujours trop sévère pour soi et pas assz pour les autres. Le fils du de mon voisin, c'est un petit voleur, faut faut le lui donner un coup sur la tête.
Mais mon fils, oui, il a volé mais c'est un gentil garçon. Tu sais, la justice, c'est toujours la géométrie variable ce genre de truc. Il disait toujours bonjour.
Ouais. Voilà. Puis mon fils, il était puis moi on me reproche quelque chose mais je suis un bon mais l'autre c'est un sale type, faut le condamner.
Donc c'est très relatif, tu sais ça, ce genre de chos. Et le jour où on a affaire à la justice, bah oui, on trouvera toujours quand elle est pas assez sévère si on est victime. Et si tu es prévenu, tu trouveras qu'elle est trop sévère pour toi.
Donc c'est une notion tu il y a 85000 près de 84000 personnes détenues. Il y a pas assez de place d'ailleurs de prison aujourd'hui. Ouais.
Ouais. C'est un vrai souci. La loi peut changer et ça c'est au gouvernement et au parlement de le dire.
Les juges ne font qu'appliquer la loi. Euh et le problème c'est qu'aujourd'hui on a beaucoup d'affaires de violence et souvent c'est des affaires qui qui amène les gens en prison. C'est des histoires de violence parce qu'il y a une violence sexuelle ou pas.
Et ça c'est vrai que ça beaucoup de faits de cette nature amènent des gens en prison ce qui explique le nombre de gens qui sont en prison. Ça c'est inquiétant parce que la violence autant un cambrioleur, on peut le maîtriser entre guillemets, autant la violence impulsive, il y en a eu encore aujourd'hui, demain, il y en aura demain. Et ça et ça le le public ne supporte pas le passage à l'acte du violent, donc demande une réponse pénale ferme.
Avant de terminer avec une dernière anecdote, si tu veux bien, qui est dans le livre, ton livre est très il est très épais d'ailleurs, il est très rempli, il est bien rempli d'anecdotes, il y a 300 350 pages ou sur les chemins du crime. Voilà, chez Marœuil édition qu'on embrasse lui de Maruil. Ouais. qui est éditeur de plein de livres avec du du fond et des superers super livres, une super maison d'édition qu'on embrasse fort.
Euh juste avant, est-ce que je voulais savoir l'image qui t'a le plus marqué vraiment de ton image en tant qu'homme, tu as du mal à oublier qui vraiment tu as trouvé ton ton cerveau n'a pas accepté ce que disent parfois des pompiers ou des trucs ? Pratiquement l'affaire qui parce qu'on en parle de temps en temps, c'est l'assassinat du préfet. Encore une fois, je le connaissais avant, je l'ai vu dans une mar de sang.
Bon, le préférnac encore. Préférnac. Ouais. un moment très très fort surtout je te dis c'est la première fois qu'une personne que je pratiquais professionnellement trouvait la mort tu vois pas dans un accident de voiture mais assassiné tu sais le sang hein ça ça me tu c'est des choses marquantes mais j'ai tellement été confronté à des morts toutes que finalement j'arrive pas à isoler j'ai des flashes qui me reviennent des des choses des situations.
J'ai tellement été sur des gens pas forcément assassinés mais qui se sont donnés la mort. Je pense toujours à ce gars qui s'est suicidé sous un arbre à coup de fusil. Je pense qu'il avait mis une balle à sanglier.
Il avait réussi à actionner la la la queue de détente d'une certaine manière. Il la tête était arrachée. Il était assis contre l'arbre et au-dessus de l'arbre pendait des guirlandes de de chair et de cerveau.
De cervelle. C'està dire qu' la la la la tête avait explosé et ça pendait comme des guirlandes. Tu vois ça m'est resté ça.
Je me dis mais c'était un suicide, c'était pas un homicide, c'était un suicide. Donc il y a pas eu de suite judiciaire et j'avais été sur place parce qu'on se disait c'était peut-être peut-être un crime. Mais tu vois des des des gens qui sont se suicidés, j'en ai connu un qui s'est qui s'est tranché la gorge avec un avec un comment on appelle ça ?
Une scie une scie circulaire, une sc tronçonneuse. Voilà, je cherchais le mot, pardon. il a mis la tronçonneuse dans un ét dans son garage, il s'est à moitié décapité.
Tu vois des gens et je me dis c'est des gens qui ont à un moment eu tellement de souffrance au point de mettre fin à leur jour dans des conditions effrayantes quoi ou qui empêchaient même leurs proches de de voir le corps. Tu vois c'était presque c'était plus quand tu arrives sur cette scène de crime enfin scène de pardon scène de suicide ouais la famille tu les laisses pas voir ça ? Non non, tu leur dis, tu demandes au policiers de bloquer.
De toute façon, les familles sont rarement présentes. Les seules familles que j'ai vu où j'ai entendu des cris, c'est dans des règlements de compte à Marseille si tu veux. J'ai été sur des dizaines de règlements de compte de jeunes tuels à Kalashnikov dans des voitures et cetera.
Et quelquefois, j'entendais alors il y a il y a un périmètre, tu sais, de j'entendais des hurlements de la mère. Euh mon fils, c'est souvent des jeunes. Euh et ça c'est c'est des choses qui te restent si tu veux.
Mais finalement ell généralement les familles sont pas présentes, elles sont pas forcément au courant parce que on intervient vite et des fois on a un peu de mal identifier la victime. Elle a pas forcément ses papiers sur sur lui. Je pense toujours à ce gars qui a été tué dans une voiture, une balle dans la tête et les auteurs ont mis le feu à la bagnole et il a fallu lui sectionner les chevill pour sortir le corps puisque la voiture avait fondu, le plastique lui avait collé les pieds et les les marins pompiers les marins pompiers avaient été obligés avec leur grande leur grande tonaille là leur grand euh matériel de désincarcération avait lui sectionné les chevilles pour sortir le corps.
Tu imagines ? Je me souviens encore du bruit crac de de de l'objet qui a servi à ça. C'est c'est pour te dire que et ça on peut pas montrer le corps aux famille et le corps carbonisé balle dans la tête enfin il est plus pr les familles demande pas vous autorisez pas.
Non mais à un moment on les dissuade parce que on peut on peut restaurer un corps même. Il y a un travail assez fin des tanatopracteur, on peut restaurer mais quand la la tête a explosé c'est pas possible ou quand la personne a été carbonisée si tu veux et et aujourd'hui la tentation c'est de brûler parce que justement on sait qu'on laisse son ADN et tu as un certain nombre d'assassins, surtout ceux qui ont prémédité, ils mettent le feu. Mettent le feu.
Vous arrivez pas à trouver l'ADN malgré les On peut aussi déjà dans le corps, on peut identifier la victime par son ADN, mais si le s'il y a eu un contact physique avec le feu, on pourra pas retrouver un ADN qui a été brûlé ou noyé sous l'eau. Et ça c'est un vrai problème. Et c'est ça ça c'est des images choc que tu as que les pompiers ont que les policiers ont et qui moi me reste encore à l'esprit.
Tu es déjà allé voir un psi ? Non jamais. J'en ai pas envie de prouver le besoin.
Je crois que le fait d'écrire, d'en avoir parlé souvent dans différentes émissions, dans les conférences, ça m'a aidé. Euh je suis pas un amateur de de films policiers plus que ça, je dois dire, ni de polar. J'ai mon lot, ma ration de d'affaires criminelles.
Par contre, ce que j'essaie de faire moi, c'est d'expliquer aux gens, aux lecteurs, aux internautes un peu comment ça fonctionne, les encourager à se documenter. J'ai qu'une idée en tête, c'est que peut-être parmi les gens qui regardent l'émission, il y aura peut-être des jurés de cours d'assise. Il faut avoir 23 ans pour pouvoir pour être inscrit sur les listes électorales pour être tiré au sort.
Et cette année, il y a des tas de gens qui ne savent pas qu'ils vont avoir à juger des assassins dans les mois qui viennent, à Toulouse, à Paris, à Bordeaux et et toutes les émissions comme la tienne qui qui sont bien faites quoi, qui sont toniques montrent aussi avec des intervenants des des gens de terrain, c'est aussi montrer la réalité si tu veux et ça c'est bien. Est-ce que la la les séries télé les films qu'on voit au cinéma en France sont représentatifs de ce que toi tu vois Il y a eu du progrès pendant longtemps. J'ai trouvé qu'en France les séries enfin les les films étaient un peu calamiteux si tu veux.
Le pro qui a qu'une envie, c'est d'étouffer l'affaire. Le le flic est tout seul avec le commissaire qui dit "Bon ben machin vous allez me trouver le gars puis moi je vais aller faire ma partie de golf." C'est pas la réalité.
Il y a un progrès, je trouve, dans le cinéma français ces dernières années plus réaliste. Il y a de très bons films, la nuit du 12, il y a eu un certain nombre de choses. Le fil avec Daniel Auteuil, il y a eu des bons films où il y a vraiment on se documente parce que pendant longtemps, on voyait des choses incroyables, le président qui dit "Bon, on fait un effort mais rien ne vaut la réalité." Et les gens qui regardent l'émission, moi je les encourage à aller assister à un procès.
C'est ouvert au public, c'est gratuit et ils apprendront beaucoup en assistant à un procès. Lors du procès Myis, on a eu chaque jour entre 500 et 800 personnes qui venaient assister. Tu vois, est-ce que est-ce que tu pouvais bien leur situer juste l'affaire ? début 2022 euh procès de Nordal Hollandais qui avait déjà été jugé un an auparavant pour le meurtre du caporal noyé et donc en 200 il avait pris en stop et tué euh quelques mois avant.
Là on devait juger le meurtre le rapt et le meurtre la petite mais en 2017 dans l'Iser et on juge donc en 2022 nordal hollandais pendant 3 semaines gros procès avec énormément de journalistes énormément de publics plus de 500 personnes, 800 personnes par jour. On faisait la queue à 3h du matin, il y avait des gens qui attendaient devant le palais de justice, des jeunes comme si c'était un concert rock pour avoir une place. On avait deux salle d'audience.
J'ai trouvé ça très bien et c'est là que j'ai j'ai dit il faut que ce soit le procès était était très ouvert ou puis il y a pas d'iclo et c'était très bien qu'on ait du des personnes qui qui voient comment fonctionne la justice. Les gens ont beaucoup de séries mais ils sont pas toujours proches de la vérité. La vérité, c'est ce qu'on voit dans les palis juifs.
Et moi, je serai pour qu'on filme tous les procès et qu'on et que même on les diffuse en direct comme aux États-Unis. Ouais. Moi, je crois qu'ils font qu'on progresse maintenant.
On peut pas comme ça. Euh maintenant, on a que des dessins nous. Des Ouais, mais c'est un peu c'est gentil les dessins, mais c'est un peu vieillot quoi.
On est on est Ouais. Imagine une chaîne où il y aurait des des retransmissions de procès ou d'extraits de procès, ça vaudrait tous les discours si tu veux. Après bon, je il y a peut-être des règles à mettre en place bien sûr, mais je crois que c'est très pédagogique montrer la réalité et la réalité elle est plus violente parfois que ben oui et puis expliquer ce que c'est que la la loi, ce que c'est que la maladie mentale, ce que c'est qu'une autopsie si tu veux.
Pour moi, c'est un travail de citoyen et encore une fois les citoyens peuvent être requis, réquisitionnés pour être jurés. Tu vois, toi, tu es procureur général sur la ferme ? Ouais.
Euh et en rouge avec une hermine. Qu'est-ce que tu n'as pas raconté de de ce procès que tu as vécu genre en tant qu'humain aussi ? Est-ce que il y a quelque chose qui t'a marqué entre la famille de Myis et et Nordal Lolandais ?
Qu'est-ce que tu t'as marqué ce que tu as vu ? Dans dans le dernier chapitre de mon bouquin, j'ai fait un long développement sur le procès Myis puisque j'étais présent et tout ce que ça suscitait en moi, mes interrogations, le moment extrêmement d'émotion de la petite sœur, la grande sœur de Maéice qui avait 8 ans en moment des faits. Sa sœur en avait 16, qui a fait un qui a demande exhorté l'hollandais à dire la vérité et lui il a pas bougé. les pleurs des parents, enfin l'émotion, tu sais, ces moments d'émotion, je l'ai connu ailleurs, ça a été extrêmement fort.
Le procès s'est bien déroulé, on était encore dans l'époque Covid, on a un peu oublié, mais on avait encore des masques. Euh c'est un procès, il y a pas eu d'appel, ça c'était bien. Mais j'ai je pensé à la aux parents qui étaient dans une fête de mariage.
C'est quand même le moment le plus sympa. Plus joyeux de la vie. La petite, elle est avec sa petite robe blanche, tu vois.
Euh il est 3h du matin, tu te dis bon, on va peut-être rentrer et la gamine jouait et tout, elle disparaît. Tu imagines ? Et on la cherche, on est en à la campagne et on pouvait pas imaginer qu'un individu qui était même pas invité à la noce qui était une relation du marié, bon il tiens, tu viendras bah c'était lui qui a qui a enlevé la gamine et qui dont on ne sait pas s'il l'aé ou pas.
En tout cas, on sait qu'il l'a tué. Et encore une fois, on aurait pu ne jamais retrouver la petite Maéice s'il y avait pas eu cette trace de sang. Et aujourd'hui, on la chercherait toujours et peut-être que même l'ollandais serait en liberté parce qu'on aurait pu ne pas le juger.
Faute de preuve. Tu disais que c'était grâce à la goutte de sang. Et ouais parce que s'il y avait pas eu ça, je crois pas qu'il aurait jamais avoué.
Il y avait pas une photo d'une caméra de surveillance, on la voit dans Oui, mais on voit une silhouette blanche. C'est pas une caméra avec une bonne résolution si tu veux. On peut il y avait une tâche blanche mais on pouvait pas en dire plus.
C'était un élément mais à mon avis pas suffisant pour le condamner. Ce qui était très déterminant, c'était la tasse de la tâche de sang. Tu vois, ça tient un peu de choses, hein.
Un dramro, tout le monde s'est identifié à la famille. Tout le monde s'est dit "J'aurais pu, ça aurait pu m'arriver et ça c'est des choses qui qui te qui me restent à l'esprit." Quand j'ai requis 2h, tu sais, j'ai tu quand j'ai fini et c'est quoi ?
C'est quoi ? requier 2 à la fin du procès, on donne la parole au parti civil famille de victime à l'avocat général, il fait une réquisitoire, il prend des réquisitions, il requèt et à la fin l'avocat de la défense et moi j'ai parlé pendant 2 heures comme si ça avait duré 3 minutes pour moi. Tellement j'étais pris là-dedans, rappeler tous les faits, le contexte, la personnalité et cetera.
C'est un exercice fort et qui te met dans un état second. ce que je raconte, je raconte dans le bouquin si tu veux quand je me suis rassis et après tu as plus faim, tu as pas soif tu et tu atterris si tu veux et euh alors moi j'ai évité après les caméras hein parce que je voulais pas être et pour la première fois j'avais jamais fait ça à la fin après le verdict, il a été condamné à perpétuité Nord Lolandais 22 ans de sûreté je plus 22 ans de de sûreté pour la première fois donné une interview au médias je savais que j'allais pas faire appel j'aurais pu contester la décision mais elle était Le rôle du procureur, c'est d'essayer de donner plus. Pas forcément, mais s'il est pas satisfait de la condamnation, qui est le représentant de l'État en tant que Ouais.
Pas de l'État, de la société. C'est pas un représentant du gouvernement comme le préfet, c'est un représentant de la société. On parle au nom de la société et la le procureur a une liberté de parole et moi je l'ai utilisé cette liberté.
Bon, j'ai dit ce que je pensais nécessaire de dire si tu veux et puis voilà. Et ce qui était satisfaisant, c'est qu'il y a pas eu de nouveaux procès. Imagine qu'il ait fait appel le lend.
Il avait tu imagines 1 an après, infliger de nouveau un procès au père, à la mère, à la sœur. C'est c'est terrible ce genre de chos. C'est et heureusement, il a eu la bonne idée de ne pas faire appel.
Il a bien eu raison et ça a mis fin à c et ça a été quand même l'aboutissement d'années de travail et au moins on s'est dit que la justice a été rendue quoi. Qu'est-ce qu'il a dit à la famille le landais ? Rien rien.
Il a pas présenté ses excuses. Tu disais à un moment donné les excuses, ça signifie rien. Euh comme c'est un type très froid, pas d'empathie pour je pense qu'il avait intégré l'idée qui prendrait la peine parce qu'il il avait été condamné pour déjà un meurtre hein.
Ah oui, c'était même le caporal, c'était 4 mois avant Mais donc je crois qu'il était pas il était sans espoir si tu veux et euh voilà et et ce gars-là est en prison à Insisim actuellement. Il a eu un enfant avec une visiteuse de prison en 2024. Il un enfant.
Ouais. C'est quoi ton opinion là-dessus ? Il puisse avoir un enfant aujourd'hui alors qu'il en a tué un.
Alors, tu sais qu'il y a une fascination, c'est pas nouveau, une fascination des femmes, de certaines femmes pour les grands assassins. Depuis l'Andreue qui a reçu plus de 600 demande en mariage dans les années 1910. Vieux tu en série.
Euh, il y a une fascination. Quand j'étais juge d'instruction, je recevais des lettres quelquefois de de femmes qui correspondaient avec certains de mes de mes détenus, pas forcément des assassins et qui avaient qui étaiit qui me jurait que s'il était gentil et cetera et qui était prête à les à l'héberger. Et c'est toujours étonnant, c'est le sentiment de certaines de ces femmes pour des grands criminels qui savent que ce sont des grands criminels et qui sont prêtes à vivre avec eux, avoir un enfant.
Ça s'appelle libristophilie. C'est un syndrome assez connu. Vous savez un peu le Ouais. sauver le syndrome de l'infirmière.
Et ça existe dans tous les pays, c'est pas spécialement français hein. Et ça a toujours existé cette fascination pour les les tueurs qui amène certaines femmes qui sont pas des débiles à oublier l'acte et après prête à se marier, avoir des enfants avec des grands assassins. Mais est-ce qu'il faut pas les interdire pour aller Alors, en France, il y a des parloirs intimes, il des parloirs de vie familiale.
On peut avoir des relations pendant 72 heures dans certains dans un cadre bien défini avec ses proches, avec son épouse. C'est dans la loi française, c'est dans ce qu'on voit dans d'autres pays. Ça peut choquer effectivement.
Euh tout ça est fait avec des conditions de sécurité mais c'est notre c'est dans une vision de réinsertion de de l'auteur des faits. C'est pas que des assassins les gens qui sont en prison. Il y a Heureusement les meurtriers sont quand même une minorité.
Il y a des trafiquants de drogue, des voleurs et tout. C'est un droit français voilà qui est reconnu avec il peut y avoir des abus bien sûr et malheureusement mais et ça ça surprend toujours et ça révulse les familles qui disent "Mais comment est-ce possible ? Oui, je comprends.
Mais bien sûr, il a le droit d'aller voir des filles et ouais mais tu sais c'est la privation de liberté hein. Ils ont une télé, ils travaillent, ils peuvent faire du sport en prison. Voilà.
Et ça c'est la prison, c'est est-ce que c'est du châtiment supplémentaire ou simplement la privation de liberté ? C'est un grand débat hein. Et les pays, tous les pays du monde, tu vois dans les pays nordiques, les détenus sont ont des conditions de détention bien plus sympa qu'au Salvador ou en Amérique du Sud.
Euh c'est un peu le reflet d'une société. Du coup les crimes augmentent dans les pays nordiques et baissent en tout ça ça peut avoir des effets. Alors après avoir parce que après c'est des pays où il y a une grande pauvreté où il y a plus de violence.
Regarde Haïti mais regarde il y a plus de crime au savador quasiment. Alors ouais je sais que ça baissé. Ouais, c'est je sais que alors là c'est une politique carcérale spécifique mais plutôt d'état qui sont pas forcément des exemples de de démocratie hein.
Nous on est une démocratie judiciaire avec nos règles de droit national et international qui fait que c'est pas simple de changer les régimes, de revenir en arrière. Voilà. Salvador c'est les gangs qui ont peur, c'est plus les familles de dans la rue.
Est-ce que on a envie que ça soit les gangs qui ont peur ou les familles cela dit c'est intéressant le débat aussi. C'est un vrai débat. C'est pas tout blanc tout noir.
Non mais on est d'accord mais c'est pour ça qu'il y a des parce que s'il y a du débat. Moi je mets à la place des familles. Je je comprends pas ça si tu veux mais c'est humain.
Après c'est la société d'avoir des raisonnements plus distanciés et évidemment qui peuvent être considérés. Tu sais, aux États-Unis, il y a des familles qui assistent à à l'exécution par injection de condamné à mort dans certains États. Et ben, j'ai lu ça.
Il y a certaines familles, elles assistent derrière une vitre et ben une fois que le mec est mort, elles disent finalement je on n'est pas spécialement apaisé, soulagé, même pas. Bon, elle dire celui qui a tué mon fils, ma fille, il est mort à son tour et ben il y a pas forcément d'apaisement nouveau. J'avais j'avais relevé ça si tu veux euh comme finalement bah ô la vie, tu vois, c'est une forme de loi du talion hein qui n'est plus notre droit aujourd'hui.
Est-ce que pour l'instivre la victime ? C'est toujours pareil, tu sais. Et c'est tout le problème de la justice, tu sais, dans les affaires d'accident, euh la peine qui est prononcée pour l'auteur de l'accident et est jamais en en la hauteur de ou euh et donc les familles en sortent toujours consterné.
Qu'est-ce que c'est que cette justice ? Après, il y a ce qu'on appelle la justice restaurative mais qui s'applique pas aux histoires d'assassinat pour que quand l'auteur et la victime se rencontrent dans des prisons, ça permet de voilà parce que Oui, dans certains cas, mais c'est la justice c'est pas évidemment évidemment ça peut pas être la justice pas toujours juste en fait. Non, mais la justice elle n'est qu'ume.
Tu sais peut-être qu'un jour il y aura plus de juges, il y aura peut-être que des ordinateurs, l'intelligence artificielle. Mais ouais, c'est faisable hein. On mettra Sauf que ce qu'il a fait comment c'est pour ça que ce que dit un tribunal, une cour d'assise, un autre aura peut-être une décision contraire.
Tu crois que ça peut exister ça ? Les futurs juges, ça soit tu te fasses juger par l'intelligence artificielle. [ __ ] mais tu sais que c'est c'est possible.
Ouais. C'est ça. À la vitesse à laquelle ça va, il rentre tout en détail et ilia propose tu mets tous les comme une sorte de membre en plus pendant le procès.
Bien sûr. Tu mets toutes les données du dossier, tu mets les les éléments de personnalité de l'auteur et tu sors une décision. Euh voilà.
Mais après, il y a plus l'aspect humain, les influences et euh la subjectivité. Voilà. Mais est-ce que pour autant ce sera une meilleure justice ?
C'est il y a jamais de de d'idéal de justice, personne ne l'a jamais eu, hein. [ __ ] ça ça bosse déjà sur l'IA ou pas ? Oui, bien sûr.
Bah, on s'en sert déjà les services d'enquête, tout ça se développe. Bientôt, les jugements vont être faits comme ça. Ce qui est vraiment important qu'on développe, c'est rendre accessible les décisions de justice, plus compréhensible.
Tu vois, que le public puisse mieux comprendre les jugements, que ce soit plus vite rendu parce que c'est trop long, trop long les procès, l'instruction, tout ça. Euh mais c'est pas simple parce que malheureusement on a créé des moyens supplémentaires. Le garde des soit a dû le dire mais il y a on fait des on amène des contentieux supplémentaires.
Donc à un moment je dis ça arrive pas à faire face à tout ça. Dans ton livre, tu dis après la lecture de l'acte d'accusation Nord Lollandais eu ces mots, je vais me tourner vers la famille si elle m'y autorise. Je lui présente mes excuses.
J'ai bien donné la mort à Myice. Je ne voulais pas. Est-ce que tu crois qu'il voulait pas ?
Non. En tant procureur général. Non.
Non. Si. Il l'a voulu d'ailleurs un moment après il a il est revenu.
Il a dit "Ben si, quand il lui a porté des grands coups, lui il dit qu'il l'a frappé au visage. On sait pas hein. Pour tuer quelqu'un, faut y aller quand même." Ouais.
Mais une gamine lui, il fait 90 kg 80 kg. La gamine elle fait 20 kg quoi, tu vois ? Un peu donc ou 25 kg.
Donc là, lui il faisait du sport, musculation et tout. Tu imagines un peu le rapport de force. Tu l'as rencontré en tête à tête ?
Je l'ai rencontré euh avant le procès parce que j'allais souvent visiter les prisons du de mon ressort et j'avais été à ville à Saint-Quentin Falavier où il était il était détenu. Mais on avait pas parlé de l'affaire hein. Euh il était un peu bizarre.
Je l'ai trouvé plutôt ragaillardi lors du procès. Euh mais bon tu sais si j'avais été sans juge d'instruction, j'aurais eu un tête à tête comme je l'évoquais tout à l'heure. Je l'ai pas eu.
Là c'était à l'audience. L'audience on est un peu plus éloigné tu vois on est plus dans le même rapport. Ça m'aurait intéressé comme juge d'instruction d'instruire son dossier mais c'était pas le cas.
Pour terminer juste, tu as eu un tête à tête avec Michel Fournier qui est décédé aujourd'hui. J'ai retrouvé Guy George Francis Holm. Bah oui, donc les les pierres finalement criminels, tu les as croisés.
Euh Fourniré, qu'est-ce que qu'est-ce que tu en retiens de de ce que tu as vu avec lui qui était vraiment un une ordure ? Je suis rentré dans la dans sa cellule avec le directeur qui m'a accueilli pour une visite profession enfin pas professionnelle parce que je je j'animais une un séminaire sur les les crimes. J'ai voulu voir cette prison.
Il nous a reçu dans sa cellule. Enfin, il pouvait pas nous recevoir et j'ai vu un petit bonhomme barbu, petits yeux, dans sa cellule, il y avait des fils et sur ces fils des plein plein de petits bouts de papier où il écrivait sur des bouts de papier des choses, des bouquins, des trucs. Il nous disait "J'écoute France Culture toute la journée et pour moi les les jours sont trop courts." Tellement il avait d'activités intellectuelles, tu vois.
Mais c'était vraiment très confus son histoire. On sait pas trop ce qu'il écrivait. il devait ressasser des trucs.
Et à un moment, il nous a parlé, il me dit il nous a dit bah les nuits les nuits sont pas toujours faciles. Ça, je pense que les fantômes de ces 11 12 13 victimes devaient lui revenir à on sait même pas combien enéité, on sait pas. Pour l'instant, il a été jugé pour H mais il y en a trois.
Monicolvier a été condamné mais lui, il était mort donc on peut dire 11 et on pense qu'il en a commis beaucoup d'autres. Euh et je pense et à un moment il a eu comme une petite émotion légère légère et il avait un drôle de regard, tu vois, des grosses mains. Mais sinon un physique plutôt très anodin si tu veux.
Il est plutôt jeune, il est mort là-bas. Euh et euh voilà. Et c'est un gars dont moi je l'ai pas pratiqué comme un collègue le l'a fait.
Euh oui, il aimait bien manipuler ses ses interlocuteurs. Il avait une espèce de d'orgueil, tu vois. Moi, j'ai j'ai pas j'ai pas vu ça, mais j'ai vu quand même un drôle de type et j'ai quand même noté que mes nuits sont pas toujours faciles, tu vois.
Et ça prouvait qu'il avait encore peut-être un fond d'humanité parce que pour moi c'est un des plus grands pervers psychopathes que la France est jamais est jamais connue. Et on ne saura jamais combien il a commis de crime ce gars-là où il jouissait de des strangulations qu'il imposait après des à ses à ses victimes. Tu peux pas faire tellement pire comme profil. et et donc il est mort en prison et voilà même la peine de mort pour lui par exemple, tu penses que bah il est il est clair qu'un gars comme ça aurait été exécuté avant 1980 on peut le dire.
Et pour terminer l'affaire préfér tu en parlais avant mais je je rappelle juste Claude qui était préfet de Corse à l'époque. Toi tu étais en Corse aussi à ce moment-là. Oui.
Donc tu connaissais le préfet. Tu avais quel rôle ? Tu étais procureur là-bas ?
J'étais ou c'était le 6 février 1998, j'étais procureur de la République des Jacixio où j'avais connu mon lot d'attentat de choses comme ça. On s'était retrouvé avec le préfet sur certaines situations et quand on m'a appelé le soir pour me dire "On a tué le préfet, c'était 21h Je lui dis alors là le monde s'écroule. Je me suis empressé d'aller rejoindre le collègue de permanence et ilait dans une marre de sang pas loin de de la salle de spectacle où sa femme attendait puisqu'il avait déposé sa femme.
Il était en retard pour garer sa voiture. Il avait pas de chauffeur ce soir-là et là tu sais enfin quelqu'un que tu as connu, un un monsieur très élégant, très brillant, le grand préfet de la République, de le voir dans une marque de sang, c'était quand même un moment fort. Et après arrivé du président de la République, Jacques Chirac, premier ministre, tout ça, ça a été un moment exceptionnel.
On a fait une manifestation. Il y a eu 40000 personnes dans les rues d'Ajacio. Moi, j'ai défilé pour la première fois avec des avocats en robe.
On a fait un cortège du palais de justice tout seul jusqu'à la préfecture. On était un groupe et j'ai une photo. Voilà, des moments forts dans une carrière.
Et évidemment, je connaissais aussi madame Irgnac, la pauvre femme, donc on avait dont on avait tué le mari et voilà. Et après l'affaire, je l'ai pas traité, elle a été transmise très vite à Paris. Pourquoi ?
Parce que Paris complété en matière de terrorisme. On a vite vu que c'était un acte terroriste et voilà, le monde s'est effondré. Ça a été un bouleversement.
C'est la première fois qu'on tuait un préfet de la République en activité. Euh les les auteurs ont été jugés, condamnés, tout ça des années après, mais un an après, j'ai une autre affaire un peu spectaculaire avec l'affaire des paillotes cette fois qui a mis en cause un autre préfet. Est-ce que tu as déjà eu peur de mettre quelqu'un d'innocent en prison de te dire est-ce que je me là je suis pas totalement certain.
Ouais. Ouais. Bien sûr.
Un moment surtout que j'ai connu les périodes où le juge d'instruction pouvait mettre en prison. Après, c'est le juge des libertés. C'est un autre juge qui décide ça.
Moi c'était donc il y a des moments, j'ai pas toujours été sûr mais moi j'ai une règle, c'est si j'avais un doute trop fort, je le mettais en liberté le gars au bout d'un moment. Ah bon ? Donc j'ai jamais eu vraiment le sentiment qu'un de mes mises en examen inculpé a été jugé condamné alors qu'il était innoc.
C'était à 5050. Non si tu veux, je préférais faire remettre remettre en liberté si vraiment j'avais un doute, même si je savais que le gars était coupable mais que le dossier était pas suffisant pour le faire condamner. Merci Jacques d'être venu.
Merci très sympa sur les chemins du crime. Voilà chez Maruil édition. Je vous mettrai le lien dans la description directement sur la vidéo YouTube ou en podcast audio dans la description sur Spotify 10 Apple Podcast, Amazon Podcast.
En tout cas, merci d'être là de plus en plus nombreux. Je vous mettrai le livre. Il y a la photo de toi justement, on te voit en robe avec le le portrait de la petite Myis.
Le portrait de de Myis est à estat effectivement tu disais c'était pendant le la période de et comme c'était à l'extérieur, fallait que je monte je donne l'exemple en mettant le masque. Tu avais le masque et donc ça nous renvoie à une certaine époque. Merci d'être venu.
Merci Guillaume. C'était un un plaisir de te réavoir. Euh merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission.
On se retrouve très vite de toute façon pour une prochaine émission, prochaine interview. N'hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé en commentaire avant de terminer. un petit pouce en l'air, ça nous aide beaucoup si vous likez la vidéo et puis vous pouvez mettre la petite cloche aussi pour être au courant des prochaines sorties.
Comme ça, on vous a une petite notification tous les mercredis, vendredi et dimanche sur les gens. Ciao tout le monde. [Musique] [Musique] [Musique]
Olivier Faure