Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
speechyoutube.com· 5 mai 2026 26 min

Discours du Président Emmanuel Macron à la communauté française d'Arménie.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Emmanuel Macron

Messieurs les parlementaires, madame la consul honoraire, madame la présidente de la Galerie nationale d'Arménie qui nous accueillait, messieurs les coprésidents du CCAF, mesdames et messieurs les présidents d'associations, mesdames et messieurs en vos grades et qualités, chers compatriotes, je suis très heureux d'être là, très heureux d'être de retour, d'abord de nous retrouver dans cette magnifique salle des fresques de la Galerie nationale, d'être de retour, 8 ans après ce sommet de la francophonie qui nous avait permis d'être là dans un contexte bien différent, et 20 ans après la dernière visite d'Etat d'un président français, en 8 années que d'événements, et je sais ici tout ce que vous avez vécu, que nous avons traversé, la guerre, avec ses conséquences sur beaucoup de familles et un chemin si douloureux, les mois d'angoisse, la mobilisation en France, le soutien humanitaire, donc on sont là qu'ils l'ont organisé en cet automne 2020, et je m'en souviens comme si c'était hier, le soutien de la France, j'y reviendrai, puis un chemin de paix qui s'est d'ailleurs jalonné de la rencontre de Prague en 2022 jusqu'au 8 août 2025, une Arménie qui se tourne vers l'Europe, qui accueille aujourd'hui dans sa capitale plus de 40 chefs d'Etat et de gouvernement.

Durant toutes ces années, vous avez tenu, et je veux commencer mon propos par vous dire ma gratitude, mon admiration pour ce que représente notre communauté ici. Oui, durant toutes ces années, l'Arménie a été confrontée à une période difficile, elle a traversé la guerre, elle a reconquis la paix, elle s'est reconstruite et a un taux de croissance extraordinaire, et la communauté française y joue son rôle pleinement. Nos entreprises, petites et grandes, contribuent à cette expansion économique, Amundi, Veolia, Pernod Ricard, le bureau Veritas, Yen Group, Mistral, Aramine, Richel, Alan, AXA et tant d'autres.

L'Agence française de développement a doublé depuis 2023 son encours en Arménie, porté aujourd'hui à plus de 800 millions d'euros, et qu'il s'agisse d'eau, de connectivité, d'infrastructures, nous sommes là des soutiens constants de cette période. Et nous avons bâti des relations qui n'existaient pas jusqu'alors. Lorsqu'après 2020, beaucoup ont tourné le dos, ou oublié ce qui se passait ici, la France a décidé de construire une relation militaire qui n'existait pas jusqu'alors. L'Arménie reconstruit son armée, nous l'aidons, nous formons, nous équipons, nous conseillons les soldats arméniens, et c'est une innovation de la relation bilatérale des dernières années.

On nous l'a parfois reproché dans le voisinage, on nous l'a parfois fait payer dans le voisinage, et nous avons souvent été seuls parmi les Européens à le faire. Mais nous l'avons toujours assumé parce que c'est un effort fait pour pouvoir se défendre et se protéger. Et je voudrais ici, convoquant cette relation, saluer la mémoire du major Arnaud Frion, tombé en Irak le 12 mars dernier, et qui, quelques mois plus tôt, était ici même et formait ses camarades arméniens. C'est vous dire que nous envoyons nos soldats les plus valeureux ici pour cette oeuvre de formation. Oui, jamais depuis l'indépendance de l'Arménie, les relations entre nos deux pays n'avaient été si intenses, si confiantes.

Jamais depuis le tremblement de terre de 1988, la solidarité de la France avec l'Arménie n'avait été aussi active ni aussi concrète que durant ces dernières années. Et nous vous le devons d'abord, parce que c'est dans votre diversité, professeurs, entrepreneurs, travailleurs humanitaires, journalistes, artistes, viticulteurs, hommes et femmes de religion, volontaires de multiples organisations françaises et arméniennes, observateurs de la mission européenne, c'est vous qui êtes les artisans de cette relation bilatérale. Je voudrais ici rendre un hommage particulier au retournant de 1947 et à leurs descendants.

Ceux qui avaient tout quitté pour rejoindre leur avait-on fait croire l'Arménie des beaux lendemains. Ceux qui, trompés, discriminés, persécutés souvent par le régime stalinien, ont tenu bon la France au coeur. Ceux que la France n'a jamais abandonnés, la plupart ont pu repartir grâce aux efforts de notre diplomatie. Ceux qui sont restés sont souvent âgés et fragiles. Et je sais que notre ambassade prend soin d'eux. J'ai demandé à ce que puissent être augmentés les secours qui leur sont versés. Ce n'est que justice. Nous le devons aussi à nos compatriotes d'origine arménienne.

Car le peuple arménien n'a pas seulement honoré notre pays de sa confiance et de sa fidélité, il nous a donné des filles et des fils qui ont fait la France et son histoire, qui ont fondé notre mémoire commune. Ils sont, comme le rappelait le grand Charles Aznavour, 100% français, 100% arménien. Nous le savons. Refusant les assignations, ils prouvent que l'on peut être à la fois patriote français et éminemment fidèle à ses origines.

Nous le devons enfin à celles et ceux qui servent la France en Arménie, à l'ambassade, à l'Institut français, à l'Alliance française, au lycée français Anatole France, à l'université française en Arménie, au sein de l'AFD et d'Expertise France, de l'OFI et bien sûr dans nos armées, représentant avec talent, conviction et dévouement la France en Arménie. Qu'ils soient toutes et tous ici remerciés. Puisque je vois certains plus jeunes, je n'oublie pas, je n'oublie jamais, nos volontaires internationaux, nos volontaires du service civique, qui jouent un rôle important et par leur engagement, continuent de tresser cette relation.

Je voudrais aussi avoir un mot pour notre action consulaire, remarquable, et qui s'est encore illustrée par l'accueil de nos compatriotes contraints de fuir l'Iran. Vous avez joué un rôle tout particulier ces derniers mois et je voulais vous en remercier, et par notre agence consulaire de Goris, ouverte au plus fort des périls, au coeur de la région, qui était alors la plus menacée d'Arménie. Quand ça tirait encore à quelques kilomètres, nous ouvrions, nous, à Goris, montrant le soutien à la population, le soutien aux Arméniens, ne lâchant rien. Désormais flottent les couleurs de la France et c'est notre fierté à tous. Alors cette relation est singulière.

Et au fond, je voudrais aussi vous dire quelques mots de cette relation d'hier, d'aujourd'hui et de demain qu'on est en train de bâtir par cette visite d'Etat. Cette relation est singulière parce qu'elle est faite de passion, à la fois parce que les Arméniennes et les Arméniens ont toujours eu un rôle à part, même lorsque le Royaume de France, on l'évoquait encore hier avec M. l'ambassadeur, ce messier des Marseillais, c'est parfois arrivé, il donnait un statut particulier aux commerçants arméniens pour lesquels il voyait une seule difficulté les chicaillats marseillais qui auraient pu les gêner dans leur commerce.

Puis notre relation a pris un tour singulier autour du génocide où notre marine, évidemment, a joué ce rôle courageux si fort et où la France a accueilli, en plus des Arméniens et des Arméniens qu'elle avait déjà, tant de celles et ceux qui fuyaient les routes du génocide, de la terreur, de la misère. Tant de nos villes, de Marseille à Lyon, évidemment en passant par la capitale, les Hauts-de-Seine ne seraient pas totalement les Hauts-de-Seine non plus, sans beaucoup de communes qui ont été nourries par ces communautés, et tant de nos villes ont construit des liens si singuliers par cette histoire.

Et puis ces liens sont venus nourrir le fait que l'imaginaire français a toujours été arménophile parce que c'était le combat de la liberté. C'était le combat d'un petit pays, d'une civilisation au milieu de tant d'empires, battus par tant d'empires et qui, des Perses au tsar de Russie jusqu'à l'Union soviétique, était comme soumise à une fatalité, celle des dominations, mais ne s'y laissait jamais faire. Et donc ces femmes et ces hommes qui avaient tout traversé pour rejoindre la France trouvaient là des cœurs et des mains à prendre parce que la France, au fond, a toujours aimé ce que l'Arménie représentait et représente.

un goût de la liberté, une volonté de ne pas se soumettre, un amour de la culture, la volonté de ne rien céder, de garder son alphabet, sa langue, sa singularité, là où tant et tant voulaient la soumettre. Ce qui fait que cette histoire n'a cédé à aucun des aléas du temps est avant tout une histoire de passion. C'est celle que vous nourrissez par votre présence ici même, c'est celle de la communauté arménienne en France, de tous les binationaux, c'est celle qui fait aussi que le 24 avril est devenue la journée nationale de la commémoration du génocide des Arméniens partout en France et pour toutes les Françaises et les Français.

Nous l'avons voulu et nous l'avons assumé envers et contre tout. Et c'est ce qui fait aussi que ces dernières années, ce rôle s'est renforcé, ce lien s'est renforcé. Déjà en 1988, la France s'était tout entière mobilisée, oui, il y avait Charles Aznavour que j'évoquais tout à l'heure, évidemment, mais il y a eu tant de familles qui se sont mobilisées pour ce drame qui était vécu dans notre chair et nous y serons demain ensemble. Mais ce qui s'est passé en 2020 a eu une résonance en France toute particulière.

Ce sentiment d'injustice, cette morsure de l'histoire, la mobilisation, je le disais, humanitaire, cette volonté de construire une relation militaire qui jusque-là n'existait pas, de renforcer notre relation consulaire, de renforcer les liens de culture pour tant d'entreprises, de venir ici dès le lendemain alors que rien n'était écrit. Beaucoup d'Européens nous ont regardés ainsi faire. Et demain, nous allons signer ce partenariat stratégique qui vient en quelque sorte consolider tout cela. Et nous l'avons fait en tressant cette relation.

Je vois ici nos sénateurs, plusieurs de nos maires, notre ministre en charge de la ruralité et des collectivités locales, nos parlementaires, nos collectivités territoriales ont multiplié les partenariats durant cette période. Le Fonds Arménien de France qui investit les villages de la frontière, qui joue un rôle essentiel, la relation que CCAF et tant de villes ont nouées ici même, ont joué un rôle déterminant dans cette période, point à point. Nous avons renforcé la trame de la relation bilatérale. Alors nous le faisons dans un contexte tout particulier mais qui donne à ce partenariat stratégique entre nos deux pays encore plus d'importance.

Il va renforcer le lien entre nos diplomaties, nos armées, nos entreprises, nos institutions culturelles, de recherche, d'enseignement et c'est ô combien important. Et j'ai vu durant ces dernières années l'Arménie aussi faire le choix de la paix, de la prospérité et de l'Europe. Et nous n'avons pas le droit de laisser passer ce tournant. Je sais qu'il y aura dans cette salle des différences. J'ai appris à les connaître et à les comprendre. Je sais que parfois il y a plusieurs diplomaties de la communauté française à l'égard de l'Arménie. C'est notre charme. C'est une relation de passion.

Parfois même, le gouvernement arménien a eu à apprendre à connaître ces différences et les soubresauts que nous pouvions avoir. Ce n'est pas rationnel. C'est nous. C'est cette relation. Mais je vais vous dire en conviction ce que j'ai vécu ces dernières années avec ce pays et ses dirigeants. On s'était un peu habitués pendant des décennies et des décennies à ce que l'Arménie, y compris l'Arménie dans ses extensions géographiques les plus hasardeuses, et vous savez la position que j'ai toujours tenue, y compris quand je venais au CCAF ou que j'ai toujours tenue ici, on s'était habitués à ce que l'Arménie soit en quelque sorte un satellite de la Russie.

On s'était habitués à accepter une relation singulière et on s'était dit, finalement, après 2014, encore plus après 2022, ça pourrait continuer. Je dois bien reconnaître qu'il y a eu, avec la révolution de velours et l'avènement des nouveaux dirigeants, des choix courageux qui ont été faits, qui ont été de clarifier cette relation. Et je peux vous dire que la réunion de la communauté politique européenne qui s'est tenue aujourd'hui avec plus de 40 dirigeants ne se serait jamais tenue avec des dirigeants arméniens à la main des Russes ou ambigües avec la Russie.

Et donc, l'Arménie a fait le choix, en effet, en quelque sorte, de la majorité géopolitique, de sortir de cette entrave et de se tourner vers l'Europe. On ne peut pas faire comme si ça n'existait pas, nous, Français. On doit embrasser ce choix et l'engager. Et c'est aussi pour ça que je suis très heureux, et on y a beaucoup contribué, que demain, ici même, au milieu de cette visite d'Etat, il y ait un sommet pour la première fois entre l'Union européenne et l'Arménie qui va permettre d'améliorer la connectivité.

On va essayer d'y pousser les sujets de roaming, pardon de ce terme affreux, mais qui est donc d'améliorer, oui, la connectivité, les interconnexions entre nos opérateurs mobiles, qui va permettre aussi d'aider à la tenue des frontières avec Frontex. Parce qu'on fait comme si ça n'existait pas, mais il y a quand même toujours 4 000 soldats russes sur le territoire arménien, donc plus de 1 000 gardes-frontières. Et donc, il faut que l'Europe s'engage pour aider à tenir les frontières de manière plus indépendante ce pays. Et donc, l'Europe doit s'engager au service de la souveraineté arménienne et de ce choix pour l'Europe et pour l'indépendance qui a été faite.

Ensuite, elle a fait un choix pour la paix, un choix contraint. la guerre de 2020 a été terrible pour tant de familles, peut-être pour plusieurs d'entre vous, à coup sûr pour plusieurs d'entre vous. Je rappelais tout à l'heure une morsure terrible. Mais nous, en 2020, on s'est mobilisés pour l'aide humanitaire, ensuite pour aider militairement. Mais regardons lucidement qui était là aux côtés de l'Arménie. La France, autant qu'elle l'a pu, mais la Russie n'était pas là, je vous rassure, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes, pour la Syrie auprès de ses alliés historiques.

On l'a encore vu pour l'Iran quand elle a des accointances ou pour le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes. Il vaut mieux, vous le voyez bien dans le contexte géopolitique, ne pas trop avoir besoin de la Russie. Mais elle n'était pas là en 2020. Elle ne sera pas là demain sauf à demander une nouvelle dépendance. Et je n'ai pas vu beaucoup d'autres Européens, étrangers, régionaux, venir. Et donc, ce choix de la paix qui a été fait, quelles que soient les frustrations, les ressentiments, c'est aussi un choix de pragmatisme pour construire une stabilité.

Et cette Arménie du XXIe siècle, si on veut qu'elle se construise dans cette région, indépendamment de la Russie, dans la paix et la stabilité, je crois pouvoir vous dire que le choix des dirigeants actuels est le seul choix raisonnable. Alors ça ne veut pas dire pour autant qu'il n'importe pas d'avoir de l'exigence. C'est le dialogue que nous voulons conduire avec la Turquie, avec l'Azerbaïdjan, la libération des prisonniers, le respect du patrimoine religieux et culturel. Et c'est tout le travail que nous avons fait dans les premières heures avec l'Alice, dont je veux remercier l'engagement, en poussant l'UNESCO à aller plus loin et plus fort et par le partenariat bilatéral.

Et nous voulons continuer avec nos actions aussi éducatives, culturelles, par cette exigence géopolitique, mais en s'appuyant sur cette paix et cette stabilité. On a parlé de la paix de Washington, je la salué au mois d'août dernier, mais je n'oublie pas que ce chemin, nous l'avons commencé en obtenant à Prague pendant une nuit de cette même communauté politique européenne. La reconnaissance pour la première fois par l'Azerbaïdjan des frontières d'Almaati, pour la première fois, c'est-à-dire le respect de ce qu'ils étaient en train de menacer et qui était indispensable pour la stabilité que j'évoque.

On a parfois reproché au Premier ministre Pachinan cette même nuit d'avoir abandonné le Nagorno-Karabakh, oubliant ce faisant qu'à deux reprises auparavant, le président Poutine l'avait déjà fait. Il a eu raison de suivre ce chemin. Et puis je vois aussi cette Arménie qui est en train de retrouver la prospérité avec des chiffres de croissance remarquables, avec une innovation dans le numérique, dans l'intelligence artificielle extraordinaire, une part de son produit intérieur brut dans ce secteur qui est comme une anomalie quand on regarde la région. Nous voulons y participer.

Et en quelque sorte, nous voulons participer à l'aventure de l'Arménie du XXIe siècle, une Arménie qui ne dépend plus de la Russie mais se tourne pleinement vers l'Europe et est au coeur de cette communauté politique européenne. Une Arménie qui veut la paix, la stabilité durable et une Arménie de la prospérité et qui la construit par elle-même à travers des partenariats choisis et des alliés fiables comme la France. Voilà, mesdames et messieurs, pourquoi nous sommes là aujourd'hui pour bâtir cette page nouvelle. C'est ça le sens de ce partenariat stratégique. Alors, rien n'est simple et rien n'est écrit. La guerre continue en Ukraine.

Beaucoup des voisins ont encore toutes les options ouvertes. Mais je sais que les choix que l'Arménie est en train de faire, que nous sommes en train de faire à ses côtés, obligeront tous les voisins à clarifier leur jeu et nous à leur demander « Êtes-vous avec les Européens ou contre ? » Ce qui s'est passé aujourd'hui a quelque chose d'irréversible parce que par tout ce chemin, nous avons replacé l'Arménie au coeur de l'Europe géopolitique, recevant, animant les travaux de la communauté politique européenne et demain nouant ce dialogue avec les institutions. de l'Union européenne. Cet acte-là est inédit.

L'Arménie peut en être fière, mais elle ouvre cette page nouvelle et nous serons aux côtés de l'Arménie pour cela. Et c'est une opportunité extraordinaire pour vous toutes et tous parce que le monde dans lequel nous vivons, surtout depuis 2022, nécessitait ces clarifications. Une fois que j'ai dit tout cela, ça n'enlève rien à cet imaginaire qui nous dépasse et à l'amour que nous portons pour ce pays et que nous nous portons. Mais je voulais vous dire ces quelques mots de conviction et du coeur et vous dire que tout cela continuera de nous animer, parfois de nous diviser, qu'importe. Nous sommes là et nous nous aimons.

Et vous savez, on était avec le ministre Founi à l'instant qui me disait tout ce qu'il faisait avec l'Association des maires ruraux de France en lien avec plusieurs villes et villages en Arménie. Et je me souviens comme hier de son prédécesseur, Vanik Berberian, qui était un homme formidable, maire de Gargiles, enfant de la République, président de l'Association des maires ruraux de France, promoteur de Georges Sand et de la ruralité. Cet homme, malheureusement, quand il fut touché par la maladie durant tous les derniers mois, a revécu dans l'Arménie rêvée.

Et il m'écrivait toutes les semaines en m'envoyant des musiques, des poèmes, Michel recevait, je pense, les mêmes, et vous aussi, de l'Arménie de son enfance, d'une Arménie parfois qu'il n'avait jamais connue, d'une Arménie rêvée, le doudou qui était là, les musiques parfois les plus spirituelles, et il a tenu par cela. Il y a quelque chose d'irrationnel dans ce lien qui nous lie, cet amour de la liberté, de l'universel, cette identité qui nous rend plus forts l'un et l'autre. Et je sais combien, ici, tant d'entre vous ont la même nostalgie de France ou la même France tant aimée que vous colportez en Arménie et qui nous rend plus forts.

C'est ça, la communauté arménienne en France, la communauté française en Arménie. Monsieur, merci à vous, mes chers compatriotes, vive la République, vive la France, vive l'amitié entre l'Arménie et la France. Sous-titrage Société Radio-Canada,

Discours du Président Emmanuel Macron à la communauté française d'Arménie. — Emmanuel Macron · Pourquijevote