Stéphane Lenormand, président du groupe LIOT à l'Assemblée | Politiques, à table ! - 25/10/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Générique (...) Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politiques à table.
J'espère que vous avez faim parce qu'on va encore vous régaler d'actualités politiques et de reportages autour de la consommation et de la gastronomie. Et ce midi, nous avons le plaisir d'accueillir à notre table Stéphane Lenormand. Bonjour ! -Bonjour. -Et bonjour, Jean-Pierre Montanay. -Bonjour Valérie. -Stéphane Lenormand, vous êtes député de la circonscription de Saint-Pierre-et-Miquelon, une île au large du Canada.
Un petit bout de France, au loin là-bas, où l'on écoute de l'accordéon tout en affrontant les vents glacés de l'Atlantique Nord. Professeur de français et d'histoire-géo, vous entrez en politique, fin des années 80, sous la bannière du parti de centre-droit Archipel demain. Vous êtes élu député en 2022, réélu cet été.
Vous présidez aujourd'hui le groupe LIOT pour Liberté Indépendant Outre-mer et Territoires, un petit groupe "avec une certaine agilité", dites-vous, et je vous cite : "avec LIOT, je peux soutenir le gouvernement lorsque la mesure est bonne mais aussi m'opposer lorsqu'elle sera néfaste comme celle sur les retraites où je suis absolument contre. Attaché à la préservation du patrimoine local. Vous militez activement pour la protection de l'environnement et la transmission des savoir-faire ancestraux comme la pêche durable et l'art du tissage des filets.
La devise de Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est : "A mare labor", ce qui signifie "du travail de la mer". Il en sera question dans cette émission, mais pas dans nos assiettes, n'est-ce pas Jean-Pierre ? -Eh bien non, au menu, pas de poisson, mais la vedette du jour, c'est le rognon à la Normande, en dessert : pain perdu avec glace vanille et confiture platebière, "quesaco", à découvrir dans Le pêché mignon. -Dans Le dessous des plats, nous partirons en Martinique, où le coût de la vie et en particulier, le coût de l'alimentation génèrent de graves tensions. -Quel avenir pour la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon ?
Jadis, un paradis pour les pêcheurs. Et demain, de quoi sera-t-il fait ? Elément de réponse à suivre. -Voilà pour le menu, maintenant, on passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec Cuisine et confidences.
Jingle -Quel honneur, Valérie, de recevoir à cette table une rareté, un Saint-Pierrais et Miquelonnais, un des 5 400 habitants de cet archipel du bout du monde, un caillou situé, oui, à 4 000 kilomètres d'ici. Avec Valérie, on s'est dit : "Stéphane Lenormand, il ne va pas faire le voyage pour rien." Forcément, quelle occasion unique pour vous d'inaugurer votre valise isotherme et de la remplir des trésors de vos océans aux eaux froides.
Crabe des neiges, flétans, homards, moules, noix de Saint-Jacques. N'en jetez plus. Ca sent déjà l'excédent de bagages, mais non, rien du tout.
Même pas un bigorneau, rien. Les douaniers m'ont dit que vous n'aviez déclaré qu'un pot de confiture bizarre pour le dessert, mais rien pour nous épater avec vos recettes de la mer. En guise de homard, on se retrouve avec des rognons.
Même pas de baleine, non, c'est interdit. Des rognons de veau. Et j'ai compris pourquoi, Valérie.
Le nouveau président de LIOT est dans l'autopromo et dans la métaphore. Il a choisi des abats pour nous signifier que son combat, il va le mener dans l'hémicycle avec ses tripes et que pour bousculer les choses, il est prêt à donner un bon coup de rein, d'où les rognons ! Et pour finir, donc, cette recette à la Normande, évidemment, c'est clair, c'est pour soigner votre notoriété.
Alors, soyez francs, ce plat, il sert votre marketing politique ou bien c'est une sincère passion ? -C'est une sincère passion, puisque je n'aurais jamais eu l'idée de faire le speech que vous venez de prononcer. Non, c'est tout simplement un souvenir d'enfant, c'est dans l'affect.
Alors naturellement, c'est en lien un peu avec notre histoire. Je suis assez âgé maintenant, il y a 40, 50 ans, on était sur un territoire qui était approvisionné, mais où rien ne se perdait. Et où on mangeait, c'est vrai, les tripes, la langue, les rognons.
Et les rognons, c'était pour moi un plat qui m'est resté dans l'esprit comme un moment d'appréciation de la nourriture, mais aussi, c'était des moments de convivialité. On est sur un territoire qui est petit et où la vie de famille est importante. Et j'ai un souvenir des rognons et en plus...
Je m'appelle Lenormand...
Ils sont à la Normande...
Je pense que ce n'est pas trop mal. -Goûtons. On va le goûter, ce plat, tout de suite.
Comme ça, vous allez pouvoir nous dire ce que vous en pensez, s'il a été bien préparé, comme dans vos souvenirs. Alors, dites-nous. Est-ce que ça ressemble aux rognons de votre enfance ? -C'est une première appréciation positive. -Ah, tant mieux.
Et alors...
On va... -Je voudrais votre avis aussi, je crois que ce n'est pas une fan de rognons, mais elle en a déjà mangé un petit.
Alors Valérie, comment est ce rognon ? -Non, alors, je vais être très honnête avec vous. -Il faut être honnête sur cette table.
On sait que le rognon est clivant, donc parlez. -J'allais y venir. Je...
Vous savez que vous preniez un risque en...
Pour vous, c'est une évidence, le rognon, que la terre entière aime ça, ou... ? -Ah non. -Ben voilà, donc vous saviez que vous preniez un risque.
Non, moi je vais pas finir le plat, je vous le dis, c'est trop fort, ça a un goût... - Vous ne voulez pas risquer ? -Ben si, j'ai goûté, vous voyez, comme quand j'étais petite, j'ai goûté, c'est spécial, c'est très spécial.
Et ça, vous le saviez avant de nous le proposer. -Oui...
Non, puis je vous dis, pour moi c'est un vrai souvenir d'enfance. Une forme d'insouciance et c'était un plat qui toujours me faisait agiter les papilles. -Soit on l'adore, soit on le déteste. -C'est ça. -On l'adore et on le déteste. -Voilà.
Vraiment j'ai goûté. -C'est un peu comme les tripes. Les tripes c'est excellent mais parfois c'est pas forcément...
On aime ou on n'aime pas. -Alors ce plat, il a été disposé sur un drapeau, celui de Saint-Pierre-et-Miquelon, un peu comme ce que vous avez sur votre veste, un très joli pins. Vous pouvez nous expliquer ce qu'on voit dessus ? -Alors bien sûr, c'est notre drapeau, c'est un peu un condensé de notre histoire, puisqu'on retrouve le drapeau des trois régions qui ont constitué à un moment donné l'arrivée des régions de France en Amérique, donc Breton, Basque et Normand, donc des gens qui ne sont pas têtus du tout et qui ont des caractères quand même assez affirmés.
Et puis vous avez naturellement le navire qui est le navire de Jacques Cartier, qui a été le premier à prendre possession de ces îles au nom du roi de France en 1536. Et on ne le voit pas, mais vous avez naturellement notre devise que vous avez reprise, "A mare labor", qui est en fait, on peut la traduire comme : "le travail vient de la mer", puisque l'existence de Saint-Pierre-et-Miquelon, elle est naturellement liée à la mer, à la pêche, et aussi à un moment donné à cette nouvelle France, à ce nouveau monde que l'Europe était en train de découvrir. -Alors justement, sur la mer, Jean-Pierre ? -C'est vrai qu'on est un peu surpris, je l'ai un peu fait dans un petit speech un peu capillotracté, mais on s'attendait à ce que vous nous commandiez du poisson et on a eu les rognons...
Parce que vous avez overdose de poisson quand vous êtes à Saint-Pierre-et-Miquelon et ça vous permettait de changer ou vous préférez les produits de la terre plutôt que de la mer ? -Non, je le répète, c'était vraiment un produit dans l'affect enfant. Après, bien sûr, on a cette chance on a un territoire de pêche et de chasse. -Alors, c'est exactement là où je voulais en venir.
Je voulais savoir si vous étiez chasseur. Parce que moi, J'ai lu que la consommation de rognon est liée à l'histoire de la chasse. Saint-Pierre-et-Miquelon est-elle une terre de chasse ? -Ah, bien sûr.
On est chasse, pêche et tradition, que je dis souvent pour résumer. Tout simplement car on est en contact avec la nature. On a toujours eu cette tradition.
Il y a énormément de chasseurs. -Etes-vous vous-même chasseur ? -Non, je suis pêcheur, mais je n'ai jamais été chasseur. -Qu'est-ce que ça veut dire ?
Pêcheur au... -Oui, dans les étangs, où on peut y aller aussi en bateau, mettre des lignes pour pêcher la morue, le maquereau, ou autre. -Je lisais qu'à Saint-Pierre-et-Miquelon, on pouvait chasser les grands oiseaux migrateurs de terre, de mer, les faisans, les lièvres, les lièvres arctiques et même le cerf de Virginie.
Quelle est votre position là-dessus ? Il faut faire de la régulation, la chasse...?
Comment vous regardez les choses ? -Alors la chasse et la pêche, ça fait partie de notre histoire, de notre identité. Alors, c'est vrai qu'à une époque c'était une chasse aussi de subsistance qui amenait des compléments puisque l'approvisionnement du territoire était parfois compliqué.
Puis c'est devenu aujourd'hui une activité plus de loisirs. C'est vrai qu'on a la chance d'avoir du gibier, donc du lapin, lièvre arctique, chevreuil, mais aussi les oiseaux de passage, comme les canards, les outardes. Donc, sur notre territoire, on a quand même une forme d'intelligence territoriale, où on travaille parfaitement avec la société de pêche, avec l'association des chasseurs, parce qu'ils ont bien compris qu'on avait tous intérêt à avoir une chasse durable, à faire en sorte que l'on puisse faire notre loisir tout en préservant naturellement la faune et la flore.
Donc, il y a vraiment un travail extrêmement intelligent qui est fait par les chasseurs et les pêcheurs pour préserver notre faune de façon à ce qu'elle soit finalement régulée par la chasse mais de manière intelligente. Puis, ça reste une autre histoire. Vous venez à Saint-Pierre-et-Miquelon, ça fait partie du décor cra on est vraiment un territoire qui est sur la nature, qui est sur la mer et on a toujours eu cette vocation. -Donc, comment vous regardez ceux qu'on appelle les anti-chasse, ceux qui luttent contre la chasse ici par exemple sur le territoire métropolitain ? -Je respecte toutes les opinions mais souvent, ceux qui sont contre la chasse ne sont pas dans des régions où on la pratique et ne sont pas dans des milieux aussi naturels que celui des îles et de Saint-Pierre-et-Miquelon. -Alors on a compris, vous avez un bon coup de fourchette, et vous êtes gourmand, j'admire, un jeune garçon qui est séduit par les rognons, c'est pas souvent le cas, on apprend à aimer les rognons plus tard.
Mais êtes-vous aussi très bon au fourneau ? Est-ce que vous aimez et vous savez cuisiner ? Parce qu'on aime bien les députés qui savent cuisiner. -Je vais vous faire un aveu. -On va être déçus. -Il m'est arrivé quelque chose dans ma vie.
C'est que j'ai une grand-mère, une mère et une femme qui cuisinent merveilleusement bien. -Il faut se déconstruire, M. Lenormand ! -C'est une vraie chance ! -Mes filles me le disent, qu'il faudrait que je me déconstruise.
Non, je cuisine peu. Par contre, oui, j'aime bien la bonne table, ça c'est évident, puisque c'est toujours des moments conviviaux, soit en famille, soit avec les amis. Mais non, mes talents culinaires se résument à quelques petits plats très simples. -Lesquels ?
On veut savoir. -Allez, on va dire pâtes avec un peu de crème et du saumon coupé en fines lamelles. -C'est déjà pas mal. -C'est assez facile à faire.
J'arrive à me cuire un steak et à faire quelques frites. C'est à peu près tout. -Cette recette-là, vous êtes incapable de la faire ? -Non. -Ok, mais du coup, où est-ce qu'on peut manger de bons rognons sur Paris, vous savez ça ? -Non, franchement, j'en ai mangé à proximité, je ne dirais pas le nom du restaurant, il n'y a pas très longtemps, mais c'est vrai qu'on en voit très rarement maintenant. -Peu, bien sûr ! -Il y a eu toute la vache folle qui a mis un coup à tout ce qui était tripes et abats, effectivement.
C'est revenu un peu en vogue, mais c'est vrai que dans certains bistrots traditionnels qui veulent garder un peu la cuisine française, on trouve des rognons et des tripes, mais c'est vrai que ça n'arrive pas dans n'importe quelle brasserie. Il faut s'y prendre à l'avance si on veut manger des rognons à Paris. Chez vous, on mange des rognons facilement dans les restaurants ? -Oui, bien sûr.
Plus facilement, je ne pourrais pas vous le dire, mais en manger, oui. Mais on mange encore aussi beaucoup les tripes, la langue, la langue à la sauce piquante, etc. On a gardé un peu cette tradition-là dans les familles, mais je le répète, à une époque où il fallait tout manger parce que... -Oui, on ne laissait rien. -On ne laissait rien. -Oui, bien sûr. -Et d'où aussi ce qui est en dessert, qui est un petit rappel à ce que j'ai connu, c'était aussi mon époque, ma jeunesse, et où il fallait faire en sorte de tout consommer. -Avant d'arriver au dessert, je voulais vous demander cette sauce normande.
Pourquoi ? Pourquoi avoir choisi une sauce normande ? -Parce que mes ancêtres viennent de Normandie. -Comme votre nom l'indique peut-être ? -Voilà, quand vous vous appelez Lenormand, il n'y a pas trop de mystère, mais c'est vrai qu'en plus, on a une attache avec la Normandie, on est rattaché à l'académie de Caen. -Ah d'accord ! - Il y a des passerelles. -Il y a des passerelles, il y a beaucoup d'étudiants qui vont faire leurs études en Normandie. -Et les professeurs qui enseignent à Saint-Pierre-et-Miquelon sont de l'académie de Caen ? -Il relève en partie de l'Académie de Caen, oui, et moi par exemple j'ai fait l'Ecole normale qui était à Caen à l'époque, donc j'ai fait mes trois années à Caen pour devenir professeur des écoles, dans un premier temps.
Puis, il y a cet attachement aussi politique, maintenant on s'est rapproché aussi de la région, lorsque j'étais président de la collectivité, on avait fait un rapprochement avec la Normandie, de façon à justement profiter de l'expertise de plus grosses régions pour nous accompagner dans des prospects de développement économique pour remplacer progressivement la pêche par exemple et diversifier notre structure économique. -Existe-t-il, c'est une question qui me taraude parce qu'on a parlé des rognons, on a parlé de la chasse, il y a ces variétés d'animaux qu'on ne connaît pas chez nous, est-ce qu'il existe une vraie spécificité culinaire à Saint-Pierre-et-Miquelon ou alors c'est métissé justement à cause de ces arrivages de Normands, de Basques, ces influences ? Comment on pourrait la caractériser cette cuisine de Saint-Pierre-et-Miquelon ?
Puisque là, les rognons ce n'est pas très local... -Non. -Parlez-nous de votre terroir, de votre cuisine. -On a une cuisine qui est assez riche.
Ca, c'est vrai. Ensuite, c'est vrai que les différentes régions, Bretons, Normands et Basques ont apporté quelques touches. On a énormément de produits de la mer, naturellement.
Vous avez cité le crabe des neiges, le homard, le saumon, mais c'est aussi beaucoup la morue, il faut savoir que l'âge d'or, un des âges d'or de l'archipel a été la pêche à la morue. On a quasiment, pendant de nombreuses années, nourri une bonne partie de l'Europe et du monde. Donc là, on la cuisine de différentes façons, où on va retrouver parfois une préparation un peu plus épicée avec du piment d'Espelette, mais on peut aussi avoir une influence plus espagnole, parce qu'on a aussi été un port, donc, vous avez toutes ces petites touches qui se retrouvent, et c'est difficile de la caractériser parce qu'en fait, elle est un peu universelle. -Elle est plurielle. -Voilà. -On en sait un petit peu plus sur la gastronomie plurielle de Saint-Pierre-et-Miquelon, mais il nous reste encore des choses à savoir sur les rognons, n'est-ce pas ? -Oui, et écoutez bien, puisque vous allez les refaire aussitôt, arrivée chez vous.
D'abord, sachez que les rognons de boeuf sont les plus classiques, ceux du veau, les plus raffinés, et Le Bourbon nous a offert le raffinement, puisque ce sont des rognons de veau, et ceux de l'agneau sont les plus appréciés dans le sud de la France, ils sont beaucoup plus petits. Ce sont des abats dits rouges, comme le coeur, la langue et la cervelle, tandis que les oreilles, les pieds ou les tripes, bon appétit, sont des abats blancs, c'est-à-dire blanchis ou demi-cuits, ceux qui leur confèrent cette petite couleur ivoire. Il faut impérativement les acheter bien frais et les consommer rapidement.
Ne laissez pas traîner vos tripes au frigo. Demandez à votre boucher de retirer le nerf blanc à l'intérieur, puis faites-les tremper dans de l'eau froide avec du vinaigre blanc pendant 15 minutes pour les nettoyer et éliminer toute odeur qui pourrait être désagréable. Enfin pour la cuisson, il faut d'abord les saisir dans une cocotte à feu vif pendant quelques minutes, ajoutez ensuite du bouillon, du vin ou de la crème puis baisser le feu.
Faire cuire 30 minutes les rognons de boeuf parce qu'ils sont plus gros, 15 minutes pour ceux de veau, et puis très peu pour les rognons d'agneau qui peuvent juste être poilés en aller-retour. -Peut-être le dire, les rognons, ce sont les reins. -Oui, ce sont les reins. -On ne l'a pas encore dit. -Je l'ai dit, si, dans mon petit préambule. -Pardon. -Il faut le répéter, vous avez raison. -Non, mais c'est intéressant de savoir, ce sont les reins que l'on cuisine.
Et pour accompagner ces rognons, vous nous avez ramené de la Sapinette. Alors, la bouteille, elle est juste là. On s'est évidemment servi un petit peu juste avant l'émission.
C'est quoi, la Sapinette ? -Alors, on a une grande tradition avec les alcools, on peut peut-être en parler un peu après, mais on a été une des plaques tournantes de la prohibition. Aujourd'hui, on a de bons produits qui sont faits par des entreprises locales, on a un très bon whisky, on a de très bonnes bières.
Et depuis peu, il y a une nouvelle distillerie qui fait des arrangements. Alors la Sapinette, c'est en lien naturellement avec quelque chose de très spécifique, puisque Saint-Pierre-et-Miquelon est la seule forêt boréale française. -Elle a une forêt de sapin. -Une forêt de sapin, de sapin baumier.
Et donc ce produit qui se déguste comme une petite liqueur, qui est très boisée, est fait à base de jeunes pousses de sapin baumier. -C'est même les épines, non ? -Oui, tout à fait. -Qu'on fait macérer ? -Macérer, puis voilà, avec naturellement une petite touche du concepteur, ce qui donne un produit assez boisé et qui est goûtu. -C'est délicieux, c'est très sucré, ça ressemble un peu à une liqueur, si je ne dis pas de bêtises. -On peut le dire comme ça. -28 degrés, j'ai vu. -Oui, quelque chose comme ça. -Là, c'est uniquement pour vendre le terroir de Saint-Pierre-et-Miquelon.
On ne boit pas comme ça, chez vous, de la Sapinette sur du rognon à table. -Non, c'est plutôt en fin de repas. -Oui, tout à fait.
Est-ce que ça se mélange aussi dans des cocktails ? Ou est-ce que ça se boit toujours pur ? -On peut, vous savez, avec de l'alcool on peut tout faire... -C'est vrai. -Donc, tout est possible en termes d'arrangements, c'est tout à fait envisageable.
Moi, je préfère la déguster comme ça... -Pure ? -On sent mieux le terroir et la forêt boréale. -Oui, vraiment, le goût du sapin, j'essaie de le transmettre mais c'est vraiment ce qu'on ressent, c'est délicieux. -Est-ce qu'on ne peut cuisiner avec ?
Souvent, les chefs aiment bien rechercher le sapin. Il y en a qui cuisinent au sapin. Mais là, c'est peut-être pas mal. -C'est une très bonne idée.
S'ils vous écoutent, vous... -On nous fera des rognons au sapin. -Et je lisais que ça avait des vertus thérapeutiques, des vertus magiques, pour lutter contre le rhume, etc.
On peut s'en mettre dans un grog, par exemple ? -Essayez, si vous aimez le risque, vous m'en direz des nouvelles. -D'accord.
Mais, vous ne l'utilisez pas par exemple pour... -Non, je l'apprécie comme ça, comme une petite boisson rafraîchissante après un repas. -Et aphrodisiaque, Valérie ? -Ah non, ça, je n'ai pas lu ça.
J'en sais rien, je vous dirai après. Je vous le dirai après l'émission. Bon, ben voilà, maintenant, on sait cuisiner les rognons, on connaît l'origine de la Sapinette, mais saurez-vous répondre à notre questionnaire ?
C'est tout de suite dans le Quiz. Jingle -Alors, vous avez bien fait de nous dire que vous avez les passerelles avec les Normands, car il va falloir faire appel à ces passerelles. Figurez-vous qu'à Longny-au-Perche, tous les ans, a lieu la foire aux tripes.
Vous, l'amateur d'abats, sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ? Cette foire, elle a été créée en 1970 en même temps que la confrérie des compagnons du plat de tripes. Vrai ou faux ? -J'aurais tendance à dire vrai. -Oui, vrai.
Il y avait une tradition des tripes puis ils ont décidé de faire une confrérie. Il y a beaucoup en France de confréries, le camembert. -Du brie de Meaux. -Alors, elle se déroule tous les premiers avril de l'année, cette foire aux tripes.
Vrai ou faux ? -Ca sent le poisson d'avril, je dirais non. -Oui, bien vu.
Mais cela dit, ça se passe tous les premiers mai, on pourrait dire la fête du Travail, on a autre chose à faire que de faire cuire des tripes. Non, c'est la tradition de faire des tripes ce jour-là et c'est en surfant sur cette tradition qu'on a décidé d'instaurer cette foire ce jour-là. La confrérie a changé de nom depuis, et s'appelle désormais la confrérie des Mange-tripes.
Vrai ou faux ? -Pas très porteur, je dirais plutôt faux. -Faux, exactement, la confrérie des Fins Gourmets. -Ah oui, c'est mieux. -C'est plus porteur.
Mais attention, attention, la confrérie des Manche-tripes existe déjà. -Et oui, on ne pouvait pas copier, ça existe dans le Gard. Enfin, D.
Pour fêter la tripe à Longny, tous les commerçants jouent le jeu ce jour-là, donc c'est vraiment la tripe à l'honneur. On a même vu en 2023, une pizza aux tripes. Vrai ou faux ? -Oh, vrai, je pense que c'est possible. -Oui.
C'est celle que Valérie a prise, d'ailleurs. -Elle rit -Elle a laissé tomber la carte fromage, la tripe. -Moi, je prends de la pizza à la Sapinette, ça, je préfère.
Allez, on passe au deuxième quiz. Comme vous êtes président du groupe LIOT, je vais vous poser des questions sur les présidents de la République. Une fois à l'Elysée, ils ont tous eu des lubies à table.
Sauriez-vous me dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ? Georges Pompidou exigeait des plats tièdes. -C'est possible, vu la personnalité. -Eh bien, c'est faux. -C'est faux. -Non, comme tout le monde, il préfère manger chaud.
Est-ce que la hantise de François Mitterrand, c'était de s'attabler seul ? -Etre seul face à soi-même, c'est possible. -C'était une hantise.
Il demandait toujours, évidemment, à ce qu'il y ait du monde autour de sa table. Troisième question. Nicolas Sarkozy adorait les déjeuners qui se prolongeaient, se prolongeaient.
C'est vrai ou c'est faux ? -Je dirais que c'est faux. -Vous avez raison.
C'est complètement faux. Il préférait écourter la chose. -Vu le personnage, je le vois mal rester très longtemps à table. -Et enfin, François Hollande, n'imaginait pas un repas sans fromage.
C'est vrai ou c'est faux ? -Je pense que c'est vrai. -Vous avez raison, c'est tout à fait vrai.
Il a fait revenir le plateau de fromage à l'Elysée qui avait disparu sous Nicolas Sarkozy. Bon, merci beaucoup pour ces réponses. -Deux sur quatre pour les présidents, c'est bien. -C'est pas mal.
Non seulement on mange bien, mais en plus on apprend plein de choses dans Politiques à table. Et puisque le dîner est une affaire sérieuse, comme le disait Oscar Wilde, on passe maintenant à la Brève de comptoir. Jingle Alors, on vous a demandé de retrouver dans vos souvenirs une anecdote qui mêlerait politique et gastronomie.
Déjeuner, petit déjeuner, dîner, à quoi vous avez pensé ? -Alors, je n'en ai pas eu beaucoup, mais il y en a une qui commence lorsque j'ai débuté en politique, donc j'étais tout jeune, et vous avez souvent à Saint-Pierre-et-Miquelon des navires militaires qui arrivent, et naturellement, il y a le repas au carré du Pacha du commandant du navire, donc il y a les autorités. Et j'ai eu à représenter la collectivité territoriale.
J'étais assez jeune quand même, avec une expérience des us et coutumes d'une table extrêmement bien garnie que je ne maîtrisais pas. Et je suis arrivé là avec quatre fourchettes et quatre couteaux, et je les ai pris dans le mauvais sens. -Ah mais c'est un enfer, bien sûr ! -Au troisième plat, je me suis senti un peu mal parce que je voyais bien que mes ustensiles n'étaient pas en adéquation avec le plat qui arrivait.
Personne n'a osé me le dire, donc j'ai fini le repas un peu honteux et j'ai juré après d'y voir un peu plus clair sur ces us et coutumes pour pas que ça me retombe dessus. Mais c'est un moment, voilà...
Un peu de jeunesse. Un petit moment de solitude, parce qu'on s'aperçoit qu'on n'a pas les mêmes ustensiles que les autres convives. -On n'a pas les codes, tout simplement. -Et, après, quand vous êtes à table, c'est pas facile d'en récupérer d'autres, puisqu'ils sont retirés petit à petit.
Voilà, c'est une petite anecdote sur mes débuts en politique, un peu dans ces cercles que je ne connaissais pas. Et on arrive un peu avec un côté novice, et voilà, on apprend toujours de ses erreurs. -C'est intéressant, car il y a des codes à table. -Evidemment !
Donc, si je ne dis pas de bêtises, on commence toujours à l'extérieur et on se rapproche de l'assiette ? Moi, je ne suis pas une grande spécialiste... -J'aurais fait ça, mais vous avez commencé par l'intérieur ? -Vous avez pris au plus proche. -Le côté pragmatique. -Et pour manger la caille, vous aviez une fourchette grande comme ça. -C'est là que je me suis dit que ça ne collait pas. -Très bien. -On s'est moqué de vous ? -Après, j'étais quand même représentant de la collectivité.
Peut-être qu'ils n'ont pas osé me le dire, ce que j'aurais apprécié du reste. -En tout cas, ça vous a vacciné à vie. -C'est un moment de solitude quand même. -Très bien, on l'imagine très bien. -Avec une délégation chinoise, c'est plus facile, il y a qu'une paire de baguettes. -C'est plus simple, exactement.
Allez, on part maintenant pour la Martinique, où les manifestations contre la vie chère ont émaillé la rentrée politique. On en parle tout de suite dans Le dessous des plats. Jingle Le coût de la vie dans les territoires ultramarins est plus élevé que dans l'Hexagone et la vie chère en Martinique n'est pas une nouveauté, mais elle s'aggrave.
Aujourd'hui, sur l'île, les produits alimentaires coûtent jusqu'à 42 % plus cher qu'en France métropolitaine, d'après l'Insee. Mais face à cet écart, les distributeurs affirment ne pas pouvoir agir. C'est un reportage sur place de Cécile Marre et Thierry Socan pour La Première. -La grande distribution ne réalise pas davantage de profits Outre-mer qu'ailleurs.
Les groupes ont déclaré entre 14 et 22 % de marge à la commission d'enquête parlementaire. Mais cet arbre cache une forêt, celle de la multitude des marges avant l'arrivée au magasin. Prenons l'exemple du plus grand groupe GBH pour Carrefour.
Achats, stockage, dédouanement, ces sociétés sont présentes à quasiment toutes les étapes de l'importation. Chaque entreprise prend sa marge sur les opérations. On appelle ça l'intégration verticale.
Tout retourne à GBH. Un système pratiqué par d'autres groupes, comme SAFO pour Carrefour Market, afin de faire des économies, argumentent les distributeurs. -Est-ce que l'intégration verticale est plus coûteuse que le fait de passer par des intervenants extérieurs ?
Notre conviction, c'est que non. Et qu'au contraire, à chaque fois qu'on passe par un tiers, ce tiers a pour but d'équilibrer son activité, mais également de réaliser une marge. Ce n'est pas notre cas.
Nous faisons des arbitrages en interne pour être plus compétitifs. -Le problème, c'est que la répression des fraudes n'est pas d'accord. Dans un rapport de 2009, juste après la crise sociale, l'organisme d'Etat avait passé les chiffres à la loupe.
Musique (...) Un constat dressé également par l'ancien ministre de l'Outre-mer, Jean-François Carenco, qui ne cachait pourtant pas ses relations avec le président du groupe GBH.
L'idée d'une étude extérieure sur l'accumulation des marges me semble une bonne idée. On n'arrive pas à vraiment trouver la vérité. Il y a un endroit où il y a accumulation des marges, je pense que c'est quand la marchandise arrive au port.
Comme je le pense, je pense que les transitaires...
Là, il y a une accumulation de marges sur lesquelles, notamment en Martinique et en Guadeloupe, on essaie de travailler. Il y a des marges qui ne me semblent pas se justifier. -En 2019, un nouveau rapport de la répression des fraudes répète le même constat.
Si les grands groupes ne font pas de bénéfices excessifs avec la vente en magasin, ils semblent donc les faire avant. -Alors Stéphane Lenormand, l'Etat vient d'annoncer un accord pour baisser les prix de l'alimentaire de 20 % en Martinique. Est-ce que c'est un bon signal ? -C'est un premier signal qui est intéressant puisque cette problématique de la vie chère, on la retrouve dans tous les Outre-mer avec des degrés plus ou moins différents.
C'est une priorité d'ailleurs, du groupe que je préside, cette continuité territoriale des biens et des personnes. C'est un sujet de préoccupation que l'on a porté auprès du Premier ministre parce qu'il n'a échappé à personne qu'il y a énormément de tensions en ce moment dans les Outre-mer, en partie liées à la vie chère et naturellement à la problématique qui a été évoquée dans votre reportage, à savoir l'accumulation des marges, des intermédiaires qui se posent avec parfois, des situations de monopole. -Oui, sur les causes, on va y revenir juste après, mais je voulais aussi vous demander comment c'est à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Là, on voit la situation de la Martinique, on comprend qu'il y aura quelque chose, donc l'Etat s'investit, intervient en Martinique, chez vous, comment ça se passe ? Ca fait partie de vos combats, on le sait. -Bien sûr.
C'est un vrai sujet dans le sens où, en plus, à Saint-Pierre-et-Miquelon, on a un petit marché. Lorsque vous avez un marché qui est plus grand, vous pouvez avoir des phénomènes de volume qui vont, entre guillemets, tasser un peu les marges et les prix. Sauf que chez nous, on a un petit marché.
On a énormément d'intermédiaires et c'est un vrai sujet parce qu'aujourd'hui, le pouvoir d'achat est la préoccupation de tous mes concitoyens et concitoyennes. Lors de la période post-Covid, on a approché une inflation à deux chiffres chez nous. C'est énorme.
Je ne vous donnerai pas le prix des yaourts et fromages. -Ca nous intéresse. -Ecoutez, vous pouvez avoir un camembert à plus de 15 euros. -Ah, ouais... -Donc tout ce qui va être produit frais, c'est horriblement cher. -Et les yaourts aussi. -Aussi.
Donc aujourd'hui, comme on est un petit territoire, on a en concertation avec l'Etat et la collectivité une étude en cours sur la transparence des prix et de la fixation du prix, arrivé à Saint-Pierre-et-Miquelon. du départ de la métropole. L'idée n'est pas de stigmatiser les grossisses, les prestataires, c'est de dire, d'avoir, entre guillemets, un débat objectif sur: "Oui, là, ça monte quand même pas mal, là, pourquoi ça ne monte pas", etc., de façon à comprendre comment se structurent ces prix.
Aujourd'hui, c'est une priorité de baisser le coût de la vie dans nos territoires, et surtout à Saint-Pierre-et-Miquelon. -Ok, vous commenciez à l'aborder justement, ce monopole des distributeurs, c'est aussi ce que vous vivez à Saint-Pierre-et-Miquelon, comme on le dit un peu sur tous les Outre-mer et notamment en Martinique aussi. C'est le même constat ? -C'est le même constat, le même, naturellement avec des sensibilités un peu différentes, mais on a cette problématique dans les Outre-mer, où il y a parfois plus de concurrence.
Chez nous, on a un cheminement, comme je le disais, d'un petit marché. -Alors qu'est-ce qu'on fait ? On les contraint ?
On les oblige ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? -Alors déjà, il faut clairement identifier, comme je le disais, cette étude devrait sortir pour Saint-Pierre-et-Miquelon d'ici quelques semaines, où se font réellement les marges, puisqu'aujourd'hui on a, entre guillemets, une parfaite connaissance.
Je vois à Saint-Pierre-et-Miquelon, on a un logiciel, Sidonia, on sait quels sont les produits qui rentrent sur Saint-Pierre-et-Miquelon, quand, on sait à combien ils ont été achetés. Je pense que c'est vraiment pour objectiver le débat. Ensuite, oui, il peut y avoir des contraintes, il peut y avoir aussi au niveau de ce qu'on appelle les délégations de services publics, qui sont justement dans cet esprit de continuité territoriale.
Une autre façon finalement pour les prestataires qui seront réceptionnaires de cette délégation de services publics, de les rémunérer, peut-être aussi un effort plus important et mieux ciblé de la force publique, Parce qu'aujourd'hui, c'est un sujet extrêmement fort dans tous nos Outre-mer et qui génère naturellement ce qu'on a connu en Martinique. Mais la Guadeloupe a aussi ces problèmes, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon...
Tous les territoires d'Outre-mer. -On a vu des voitures brûlées en Martinique et Guadeloupe, on n'a pas vu à Saint-Pierre-et-Miquelon. La colère est-elle moins forte dans la rue que chez vous ? -Alors, elle ne s'exprime pas de la même façon, mais je peux vous dire pour régulièrement rencontrer mes concitoyens, elle devient aujourd'hui un vrai sujet.
C'est un sujet qui inquiète parce qu'en plus, notre territoire est un des rares qui a un hiver, donc on a aussi des coûts de chauffage qui sont exorbitants par rapport au reste des autres territoires d'Outre-mer, si on veut garder cette comparaison-là, ce qui fait que beaucoup de ménages ont de la difficulté à finir les fins de mois parce que lorsque vous cumulez une vie chère, quand il faut naturellement, vous avez des enfants, il faut acheter de la viande, des produits variés, et que vous avez en plus des frais de chauffage qui sont très importants, et on ne chauffe pas sur deux mois, on chauffe quasiment sur huit mois dans l'année minimum. -Ca s'accumule. -Après, on est un territoire un peu plus apaisé à ce niveau-là.
Mais la colère, elle est très profonde. -En Martinique, on le voit, il y a une action de l'Etat. Mais je me demandais si les initiatives locales ne pourraient pas être plus efficaces, ou en tout cas en complément, vous parlez de ça aussi, de développer le local.
Ca pourrait être une solution ? -Oui, je pense. Moi, je suis naturellement un adepte de la décentralisation.
Je crois beaucoup en l'intelligence territoriale. Et s'il en parle des Outre-mer, c'est une erreur magistrale de penser qu'on peut avoir une solution qui va s'appliquer partout. -Globale. -Donc, on est sur du cousu main, sur de la dentelle.
Et je pense que chaque territoire, en fonction de ses spécificités, doit s'ajuster en fonction de ses réalités. Moi, je suis à Saint-Pierre-et-Miquelon, entouré d'un univers nord-américain et canadien avec des problématiques qui sont particulières. Dans les Antilles, c'est un autre environnement régional.
Donc, il faut vraiment avoir cette démarche, qui se heurte un peu à l'esprit très jacobin de la gestion de la France, et surtout, depuis sept ans d'ailleurs. Mais je pense que la solution est là, dans la décentralisation et dans la capacité pour les territoires à s'adapter, à tenir compte de leurs spécificités. -Avec plus d'autonomie, c'est ce que vous dites ? -Oui. -Question de béotien, vous parlez du camembert et des yaourts, est-ce qu'il n'y a pas moyen, je dis ça...
D'essayer de construire des laiteries ? Sur le côté concret, pour ne plus importer des yaourts et du camembert, mais de manger un fromage qui sera de Saint-Pierre-et-Miquelon, et qui permettra de satisfaire les populations locales à un prix beaucoup plus économique ? -Par exemple, en Martinique, et vous nous direz comment ça se passe chez vous, plus de 90 % des produits de consommation sont importés chez vous ? -On est à peu près dans ce ratio-là. -Vous importez du Canada, vous aussi ? -Du Canada aussi. -C'est cher avec... -Oui, tout à fait.
Il peut y avoir aussi des petits soucis, par exemple sur la viande, où il n'y a pas les mêmes normes entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Mais dans ce que vous dites, on a déjà entamé ce processus à Saint-Pierre-et-Miquelon, d'implanter, d'aller vers une autonomie, entre guillemets, alimentaire beaucoup plus... -Et concrètement, vous avez fait quoi ? -On a maintenant du fromage, on a des chèvres... -Vous avez construit des coopératives, des laiteries ? -Tout à fait, on a favorisé et accompagné, notamment au niveau de la collectivité, des jeunes qui ont voulu se lancer dans cette production agricole pour justement limiter aussi l'impact, disons... sur l'économie durable.
Voilà, c'est beaucoup plus vertueux et ça commence à prendre. Après, on est aussi une terre qui jouit d'un climat particulier donc il y a quelques difficultés mais je vois sur les oeufs, sur le poulet on a eu des bonnes des bonnes expériences, on a aussi développé des ponts d'agriculture sur le fromage. Donc voilà, sur le canard,...
On a cette volonté de. Il faut les porteurs de projets et il faut qu'ils arrivent à supporter les contraintes que l'on a sur un petit territoire. -Je reviens sur la loi Lurel de 2012, et ce bouclier qualité-prix qui avait été instauré en 2022, Vous en bénéficiez, sur le territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon ? -On a un bouclier qualité-prix sur une cinquantaine de produits.
C'est une mesure qui a son sens, mais dont la pertinence n'est pas forcément avérée. -C'est-à-dire ? -Je pense qu'il faudrait l'étendre à beaucoup plus de produits, en tout cas chez nous, de façon à couvrir aussi l'ensemble des aliments et des ingrédients qui peuvent être nécessaires pour vivre.
Ensuite, je pense qu'il y a automatiquement, en parallèle, il faut que l'on arrive à intervenir sur les différentes marges qui se pratiquent, parce que là, il y a un vrai problème. -Oui, bien sûr. -Tant qu'on n'aura pas pu atteindre ce frein, ce sera difficile d'avancer. -Quand vous parlez de marge, vous parlez des distributeurs ou vous revenez sur toute la chaîne ? -C'est sur toute la chaîne qu'il faut le voir. -Pour vous, les distributeurs ne sont pas les seuls responsables ? -C'est pas possible.
C'est une responsabilité collective. C'est pour ça que, pour Saint-Pierre-et-Miquelon, je veux cette étude pour avoir un discours apaisé. Il ne s'agit pas... -Pourquoi il n'y a jamais eu d'études, d'ailleurs ?
Pourquoi on a attendu si longtemps ? J'ai cru comprendre que c'était des problèmes de statistiques. -Oui. -C'est curieux quand même qu'on ait mis tant de temps. -Vous avez des freins.
Là, l'étude, elle est en fin d'exercice, mais son achèvement est un peu plus compliqué. Parce que, voilà, vous allez quand même découvrir des choses, mais si on veut vraiment s'attaquer à un problème qui peut même être un problème vital pour les territoires d'Outre-mer, parce qu'avec le niveau de vie cher que l'on a, on peut à un moment donné voir un exode qui se fait parce que vous n'arrivez plus à vivre, vous allez ailleurs. -Vous perdez les habitants car c'est trop cher ? -On a commencé à en perdre, oui, car le coût de la vie est devenu trop important chez nous. -Quand vous entendez François-Noël Buffet, qui est le nouveau ministre chargé des Outre-mer, qui explique que l'Etat va prendre ses responsabilités, vous le croyez ?
Vous avez confiance ? Vous vous méfiez ? Vous ne savez pas vraiment ce que ça veut dire ? -Ca fait trente ans que je fais de la politique, ça fait trente ans que j'entends un peu ce message-là.
Mais on l'a vu, les tendances sont quand même à la baisse sur les budgets Outre-mer. -L'Etat français oublie les Outre-mer ? -Je ne dirais pas oubli, non, parce qu'il y a quand même de l'argent de mis.
On ne peut pas le dire comme ça. Mais je pense qu'on a eu cette approche un peu trop jacobine pour gérer les territoires d'Outre-mer. Et en cela, on a sans doute fait cette erreur.
Et on l'a vu, on a sorti plusieurs textes qui s'appliquaient à l'ensemble des Outre-mer. Et après, dans les déclinaisons, on s'est aperçus que ça ne marchait pas en Polynésie, territoire immense, qu'à Saint-Pierre-et-Miquelon, petit territoire, et ça ne s'appliquait pas. -Vous avez des prérogatives maintenant en matière fiscale ? -Tout à fait.
L'avantage à Saint-Pierre-et-Miquelon, il faut être très clair, on a un très bon statut qui nous donne l'autonomie fiscale et douanière qui responsabilise automatiquement les élus, parce que quand il faut actionner ces leviers-là, vous prenez directement les contre-coûts, etc. Donc vous le faites avec parcimonie et vous essayez d'optimiser vos décisions. Et je pense que ça, c'est un bon outil quand on est un territoire d'Outre-mer, perdu devant le géant canadien et très loin de Paris, quand même.
Eh bien, on a cette autonomie les élus de Saint-Pierre-et-Miquelon, là-dessus, je pense qu'ils sont plus chanceux qu'une bonne partie de nos collègues des autres territoires. -Vous allez demander à ce que la Corse ou la Martinique, 6 000 aliments sur 40 000, et une baisse des prix, viennent jusqu'à chez vous, soit limitée aux Antilles ? -C'est des choses qui se regardent parce qu'aujourd'hui c'est vraiment devenu un problème crucial. -Alors justement, on parlait de Saint-Pierre-et-Miquelon, on va aller faire un tour chez vous.
On part très précisément au large de Saint-pierre suivre la seule femme pêcheur de l'archipel et avec elle, on met Les pieds dans le plat. Jingle -Alors Valérie, principal moteur de l'économie de Saint-Pierre-et-Miquelon au début du XXe siècle, la pêche souffre de la crise, tarissement des ressources, moratoire sur la morue, les pêcheurs sont moins nombreux, plus qu'une quinzaine de bateaux encore en activité, dont celui d'Agathe et de Yoann. En pleine saison du homard, journée de pêche à une heure trente des côtes en bateau de Saint-pierre.
C'est un reportage de France Télévisions. -Saint-Pierre-et-Miquelon, un confetti français dans les eaux d'Amérique du Nord. Une terre de marins et de pêcheurs, ici, toutes les rues mènent au port.
Depuis des siècles, ces eaux froides sont réputées pour leur richesse. Dès le début du XVIe siècle, les Européens se ruent vers l'archipel pour pêcher la morue, dans des embarcations traditionnelles. Puis dans les années 50, de grands chalutiers du monde entier chargent leurs cales de tonnes de morue avant l'effondrement des stocks et l'interdiction de la pêche en 1992.
Désormais, ils ne sont plus qu'une poignée de pêcheurs et quinze bateaux. Ce matin-là, alors que Saint-Pierre est encore endormie, Agathe Schmid et Yoann Busnot, son compagnon, partent pour leur journée de pêche. -Surtout là, le matin, comme ça, on a le jour qui se lève et tout, c'est des moments assez magiques. -Le couple termine sa saison avec la pêche au homard.
A une heure et demie de bateau de Saint-Pierre... -Ah, je le vois.
Bon, ils sont dans quel sens ? T'es dessus, t'es dessus, mais t'arrives pas à le... -Ils vont relever leurs cinquante casiers immergés à quinze mètres de fond. -Je mets juste le crabe sur le pic. -Seuls les mâles adultes, mesurant plus de neuf centimètres, peuvent être conservés. -Pour préserver la ressource, on laisse les petits grandir, se reproduire avant de les pêcher.
Donc ça, c'est une femelle qui est grainée, qui a des oeufs. Du coup, on les remet à l'eau directement. Vas-y.
Il y a quelque chose de chouette dans le fait de nourrir aussi les gens. Je pense que le fait d'aller chercher de la ressource, ça a du sens aussi. -Il veut pas lâcher son copain surtout.
Le problème, c'est que si je tire dessus, je vais couper la pince de l'autre. -Yoann est fils et petit-fils de pêcheur. Il a commencé à 17 ans. -Ca fait partie de l'ADN des gens d'ici d'avoir un rapport avec la mer.
Comme ça m'emmerderait d'être dans un bureau, j'ai fait ce métier. Le bureau est pas mal. Le bureau est même plus que sympa. -Retour au port.
La pêche a été plutôt bonne. A Saint-Pierre, pas de marché ni de criée. La vente se fait directement sur le bateau. -Il y a deux kilos. -Ici, le homard est vendu, 12 euros le kilo. -En direct, près de marins pêcheurs, c'est toujours agréable, ça les fait travailler. -Merci beaucoup ! -Depuis trente ans, des quotas de pêche ont été instaurés pour préserver la ressource et perpétuer la tradition de la pêche qui continue de façonner l'histoire de Saint-Pierre-et-Miquelon. -L'histoire de Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est l'histoire de la morue qui a fait la richesse de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Il y avait un moratoire sur la morue depuis 1992, il n'a pas vraiment été levé, mais une petite parenthèse s'est ouverte dernièrement, avec l'autorisation pour les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon de pêcher 19 tonnes de morue par an. Est-ce une bonne nouvelle pour la morue, ou pour Saint-Pierre-et-Miquelon ? -Ecoutez, c'est une nouvelle qui nous fait toujours un peu de mal, car l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, comme beaucoup d'autres régions dans l'Hexagone, a été victime à un moment donné d'une richesse basée sur une mono-industrie.
Il faut bien comprendre qu'en 1992, tout s'arrête du jour au lendemain. On dit chez nous, on nous a cisaillé les pattes. -Quand c'est décrété, c'est terminé. -C'est pire que ça, c'est une décision du tribunal international.
La France et le Canada, qui étaient en conflit sur les quotas, ont décidé d'aller dans cette instance qui est sans appel. Et on s'est fait blouser. Il faut dire les choses, la diplomatie française n'a pas été bonne. -J'allais dire, c'est à cause de la diplomatie ?
On vous a abandonné ? -Je pense qu'on n'a pas mesuré quelle était la force des Canadiens dans les négociations. Ce sont des Nord-américains, ils sont vraiment sans foi ni loi. -Mais rappelez-nous le contexte, car, on connaît la morue, nous on la mange à la portugaise, mais qu'est-ce qu'ils ont fait les Américains ?
Ils ont laissé pêcher la morue aux pêcheurs américains ? Ils l'ont interdit aux Français ? -Non, non, non, c'est plus compliqué.
Comme on était naturellement dans les eaux à proximité de Terre-Neuve, etc., il y a eu des tensions sur les quotas, etc. -Et sur les zones de pêche. -Sur les zones de pêche.
Donc, à un moment donné, on est arrivé à cette décision de justice internationale qui est sans appel. Et là, on espérait, entre guillemets, avoir quand même nos droits historiques, puisque la France était là, avec l'histoire du French Shore, etc. On a eu une décision...
On n'a pas été bien défendus. Voilà, et à l'arrivée, le résultat, ce qu'on appelle le French Baguette, quand vous regardez sur une carte, vous avez une petite baguette, une petite bande qui nous reste, c'est complètement ridicule et c'était en deçà de toutes les estimations les plus pessimistes qu'on pouvait faire. Donc on s'est vraiment pris une tarte, il faut dire les choses.
Mais ce qui veut dire que du jour au lendemain, ce qui était notre fierté, notre force de vivre, d'existence, se retrouve arrêté. C'est plus de 450 personnes qui ont perdu leur emploi dans les usines, c'est des navires qui vont finalement ne plus repêcher, des marins qui se retrouvent à chercher du travail. Et finalement, on avait perdu un peu notre sens de l'existence dans ce territoire.
Et on a mis plus de dix ans à s'en remettre, à se dire qu'il faut maintenant relancer le territoire, parce que ça a été un arrêt très brutal, qui est encore aujourd'hui quelque chose qui touche les gens de la génération qui sont un peu plus âgés que moi. -Qui ont connu l'avant... -Oui. -Ca a presque tué la filière. -Ca a quasiment tué la filière.
Et donc aujourd'hui, on essaie de reconstruire une pêche durable avec les différents quotas que l'on peut avoir. On a du flétan, on a entre guillemets... -Quotas en baisse pour le flétan encore.
Donc ça veut dire que les ressources ne sont pas tout à fait là. -Après, il y a eu l'autre facteur que l'on a appréhendé après, c'est qu'il y a eu un certain nombre de changements. Il y a eu de la surpêche, il faut dire les choses.
Puis, je pense qu'il y a eu aussi des phénomènes qui ont été liés au début du réchauffement climatique, avec des courants qui ont bougé, des espèces qui sont parties peut-être plus au nord, qui ont accentué le phénomène. Donc aujourd'hui, on essaie d'optimiser les quotas que l'on a. On se bat régulièrement avec les Canadiens, les Canadiens sont tenaces.
Mais on essaie aussi de faire une pêche durable, de la diversifier et de la monter en gamme. Mais, c'est vrai que je tire mon chapeau encore aujourd'hui à ceux qui continue ce métier... -Ceux qui partent en mer. -Mais d'ailleurs, le jeune homme l'a dit, il préfère être en mer qu'être dans un bureau, c'est aussi une force.
Mais, aujourd'hui, les politiques, on essaie de structurer la filière avec le niveau qu'elle a, la consolider, la diversifier. -On le sent dans votre discours, vous êtes attaché à l'écologie, à l'environnement, mais il y a ce problème de quotas. Alors, vous en pensez quoi ?
C'est une bonne chose ? C'est un handicap ? Ou au contraire, vous comprenez l'existence de ces quotas et on ne peut pas faire n'importe quoi avec la pêche ? -Voilà, je crois qu'aujourd'hui, en 1992, je ne vous aurais certainement pas tenu ce discours-là, car il faut être honnête.
Aujourd'hui, il faut être conscient, indépendamment du résultat, qu'on doit aller vers de l'exploitation durable des ressources, y compris celles de la mer. Donc voilà, ça nous demande un travail au départ avec les porteurs de projets. Mais je crois qu'aujourd'hui, il y a cette génération qui a parfaitement intégré cette approche, à la fois le respect de l'activité et la nécessité pour les êtres humains qui vivent sur le territoire, mais aussi une approche durable.
On ne peut pas refaire les erreurs du passé. -Vous parlez justement de la vocation des jeunes. Aujourd'hui, à Saint-Pierre-et-Miquelon, plus personne ne se lance dans la pêche ? -Si, vous avez encore un noyau de fervent défenseur.
Ils sont une quinzaine de bateaux, oui, tout à fait. Mais ils ont beaucoup de courage. Et ils tiennent à leur métier.
Ils veulent le transmettre. Il faut les soutenir, il faut naturellement les amener aussi vers une pêche plus durable et sans doute aussi les inciter à être plus regroupés dans leurs démarches parce que c'est vrai que la pêche est un milieu un peu individualiste à ce niveau-là car c'est plutôt une pêche artisanale. Non, ils ont encore énormément d'énergie, donc on va bâtir sur ce positif, même si les quantités de quotas sont extrêmement faibles par rapport à ce que l'on a connu. -Vous avez eu du penser l'après-pêche pour redonner de la vitalité, puisque le moteur était en panne, le moteur pêche.
Vous avez développé dans quel secteur d'activité pour essayer de compenser ce manque à gagner ? -On a mis dix ans à rebondir, en espérant que ça allait reprendre. C'est un peu compliqué.
Ensuite, on s'est projeté sur un travail de perspective, on a fait ce qu'on appelle un schéma de développement stratégique avec une vision à trente ans, avec des étapes tous les cinq ans. Et les premiers objectifs ont été naturellement d'accélérer le désenclavement du territoire. Donc on a investi dans un câble sous-marin pour que le territoire soit connecté au haut débit parce que c'est un élément d'attractivité et c'est une forme naturellement de désenclavement.
On a ensuite appuyé sur une politique touristique dans notre environnement. On a Terre-Neuve-Labrador qui est à côté de nous. En trente minutes, avec un bateau rapide, vous êtes à Terre-Neuve. -Voir les baleines. -Par exemple.
Et donc, là, il y a à peu près 550, 600 000 touristes chaque année. Donc, on essaie de les capter. -Valérie va y aller. -Très bien, il n'y a pas de souci. -J'ai réservé. -Vous irez sur nos superbes ferries.
On a investi dans deux ferries qui font la liaison avec le Canada en une heure trente, qui permettent aux touristes canadiens de venir dans un petit bout de France. Naturellement, ils viennent voir la culture, l'histoire, parce qu'on est une histoire très, très riche, mais aussi, ils viennent boire de la Sapinette, du vin rouge et manger du camembert, même s'il est très cher chez nous. -Saint-Pierre, le nouvel Ibiza ? -Ce n'est pas le type de touriste que l'on recherche ! -Je vous propose maintenant de passer au dessert.
C'est le Péché mignon. Jingle -Oui, avec un dessert, ma chère Valérie, hybride. Fusion du continent et de l'archipel, du pain perdu.
En l'occurrence, le bourbon, ils sont un peu aristocrates, c'est de la brioche. Une glace vanille qui n'a toujours pas fondue. Et puis la touche exotique, la voilà.
Ce fameux pot de confiture que les douaniers ont regardé attentivement avant de donner une validation et un feu vert. C'est de la confiture platebière. Littéralement, on se dit que c'est de la bière aplatie et dont on fait de la confiture.
J'imagine que ce n'est pas tellement ça. Je préfère vous laisser la parole, j'aurais pu le raconter. C'est quoi la platebière ? -La platebière, c'est une baie qui ressemble un peu à la mûre, qui, naturellement, vous allez retrouver au Canada, dans les pays scandinaves et à Saint-Pierre-et-Miquelon. -En Finlande, il y en a beaucoup. -Exactement.
Donc, alors déjà, c'est une baie où il faut, entre guillemets...
Merci beaucoup. Il faut avoir beaucoup d'énergie parce qu'à ramasser, c'est dans un milieu un peu spongieux, mousseux. Donc il faut aller la chercher.
Ensuite, il faut la cueillir une par une. -C'est Koh-Lanta... -Et ensuite, ça vous fait une confiture et une saveur particulière que vous allez découvrir.
On s'en sert bien sûr sur du pain perdu avec une bonne glace, mais on en fait aussi des liqueurs. Vous pouvez la mettre dans des cheesecake, vous pouvez aussi cuisiner le gibier avec. Bref, ça se mélange un petit peu à tout.
Puis c'est cette baie orange qui a vraiment un look un peu particulier, qui est très riche en vitamine C. Ca vous donne de la tonicité. - Bon pour le moral et la santé. -Voilà. -Vous avez goûté Valérie ? -Alors j'y vais. -Elle a une saveur particulière. -On l'appelle aussi l'oubliée des forêts, c'est ça ?
Je ne dis pas de bêtises ? -Je ne connaissais pas ce mot-là. -J'avais lu ça, parce que justement, elle pousse, vous l'avez dit, dans des zones marécageuses inaccessibles.
Et donc, c'est pourquoi on lui aurait donné ce surnom d'oubliée des forêts. -Il y a plusieurs noms. -Chicoutai, moi, j'avais lu. -Chicoutai, c'est plus canadien. -C'est délicieux. -On l'appelle la baie arctique aussi. -Alors, on la déguste en confiture là ? -Là, confiture, oui. -Mais vous, par exemple, vous en avez chez vous ? -Quand je ne peux en avoir, oui, j'en ai toujours chez moi. -J'en veux un peu. -On en met dans les plats ? -Dans les plats, ça peut se cuisiner. -Salé, sucré ? -Moi, je l'utilise plus en dessert. -D'accord.
D'accord. Est-ce que...
Et on va parler du reste aussi, le pain perdu, la glace vanille, c'est un dessert gourmand, de Saint-Pierre-et-Miquelon ? -Alors, le pain perdu, voilà, l'enfance, comme je le disais, on ne perdait rien. Et ma grand-mère faisait des pains perdus excellents, elle y rajoutait des raisins, du vrai pain perdu, là, c'est du pain perdu de luxe.
Mais, c'était aussi dans cet esprit que l'on ne perdait rien et le pain perdu était une façon de... -C'est le rognon du dessert, en fait. -C'est un peu ça. -Mais meilleur.
Pour moi. Alors là, on a un exemple, en plus, qui fait appel à...
à votre enfance, quel dessert on mange à Saint-Pierre-et-Miquelon ? -Aujourd'hui, on mange de tout. -Ah ouais ? -Oui. -Il n'y a pas de spécialité ? -On mange de tout, mais c'est très cher. -Ca dépend, mais oui, on mange de tout.
Non, on mange de tout. Aujourd'hui, le mode de vie, il est très proche de ce qui se pratique en Europe. Donc, on va retrouver à peu près tous les desserts, de la forêt noire ou Banana split ou je ne sais quoi. -La panna cotta, le tiramisu, les Italiens sont arrivés à... -On a tout ça, on s'est extrêmement diversifiés.
Et puis, on est assez gourmands, je ne vous cacherai pas. -Ca se voit, ça se déguste. Et pour accompagner ce fabuleux dessert, vous avez choisi une légende.
Le boss, c'est "The River" de Bruce Springsteen qu'on écoute tout de suite. Musique (...) (...) Pourquoi vous avez choisi cette chanson ?
Qu'est-ce qu'elle vous évoque ? -J'aime beaucoup le chanteur, j'ai eu l'occasion de le voir. J'aime ce qu'il fait car c'est l'Amérique du terroir. "The River", c'est une nostalgie un peu au lieu où on devient un homme.
Donc voilà, c'est un peu ça. -Ok. Merci beaucoup.
Merci infiniment Stéphane Lenormand d'avoir partagé notre table. Merci beaucoup Jean-Pierre. Et puis on remercie évidemment le restaurant Le Bourbon qui a concocté ces bons plats en suivant les recettes de l'enfance de Stéphane Lenormand.
On se retrouve très vite pour un prochain numéro de Politiques à table. Musique
Stéphane Lenormand