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videoyoutube.com· 19 février 2026

Rachida Dati : 20 ans de politique, 20 ans de régalade #quotidienclassics

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Elle est la seule à droite qui à la fois cartonne sur les plateaux de télé et fait des selfies avec des militants et les filles. C'est vrai qu'elle est à droite quand même. Ben largement oui.

Rachida Dati, c'est d'abord un caractère. Chacun sait que j'aime le battre. Remonter comme jamais pour aujourd'hui.

Avec Rachida, on sait jamais à quoi on peut s'attendre. Ça sent la poudre et le soufre. Bienvenue au Conseil de Paris.

Les amis, j'ai un scoop. J'ai été une très bonne élève mais très indisciplinée. Madame Dati, vous êtes devenue Macronie.

Voici Rachida Dati. Ce matin sur France Inter. Bonjour Rachida Dati.

C'était distribution de gifles. Qui veut des tornioles ? Je ne vais pas me plaindre qu'il y ait des talents chez nous quand même.

Il y en a d'autres qui en manquent. Regardez l'état de la gauche et du Parti Socialiste. Il n'y a ni talent, ni candidat, ni concurrent.

Hier, mais quelle claque aux commentateurs et aux sondeurs. Franchement, tous ces médias qu'ont payé à prix d'or les sondages, il faut vous faire rembourser. Ça renfloura les caisses de France Inter.

Monsieur Darmanin, monsieur Dupond-Moretti. Allez, à la trappe. Tout le monde, allez, circulez, il n'y a plus rien à voir.

Vous n'allez pas me dire que ceux qui étaient à la primaire de la gauche avaient une vision de la société française. Ils ont tous fini chez Macron en deux secondes. En marche, c'est quoi ?

C'est des traites de gauche, des traites de droite. Rachida Dati a été notre invité. Belle journée à vous.

Merci. Ce soir, le 20h15, vous emmène dans une arène politique fascinante. Un lieu où se joue depuis quelques mois un duel entre deux femmes politiques.

Les punchlines sont explosives, ça sent la poudre et le soufre. Bienvenue au Conseil de Paris. Le mois dernier, on vous avait déjà montré une première bande-annonce.

Madame Rachida Dati, présidente du groupe Changez Paris. Avec impatience, nous vous écoutons. Personne n'est dupe.

Vous êtes à 4%, abonné à 4% et vous n'irez pas plus loin. Devant la faiblesse de votre candidature, le Conseil de Paris devient une tribune de votre campagne électorale désespérée et désespérante. Ce matin, la maire de la capitale faisait son grand retour au Conseil de Paris, le premier depuis sa défaite présidentielle.

Elle est très affaiblie politiquement. Ses alliés écolos et communistes ont fait alliance avec Mélenchon. Et l'opposition de droite est chauffée à blanc.

Avec Stéphane Chatour et Louis de Saxé, on y était. On sent que ça ne va pas être un Conseil de Paris comme les autres. Les opposants ont le sourire.

Comment ça va ? Très bien. Remontez comme jamais pour aujourd'hui.

Est-ce qu'une seule fois, vous m'avez vu démonter ? Qu'est-ce que vous allez lui dire ? On va faire un petit rappel au règlement dès le départ déjà.

On va la rappeler à sa fonction de maire. Bonjour. Rachida Dati, chef de l'opposition, a commencé à attaquer la maire dès ce matin dans une interview au Parisien où elle déclare Anne Hidalgo n'est plus légitime et n'a plus d'autorité pour diriger Paris.

L'intéressée arrive. Comme d'hab', pas un mot à la presse. Madame Hidalgo, un mot pour qualifier votre tour au Conseil ?

Ça va ? Rachida Dati prend la parole. On le rappelle, on devait parler finance et compte administratif, mais très vite.

Ces 12 derniers mois, votre taux de présence en séance dépasse à peine les 20%. Cette présence est aussi anecdotique que votre score à l'élection présidentielle d'1,7%. Oui, ça fait mal, 1,7%. 20 000 voix.

Eh oui. Eh oui, ça fait mal. Vous pouvez couvrir.

Non, mais plus vous allez couvrir, je vais le répéter. 1,7%. 1,7%.

La mère reste de marbre, Rachida Dati va répéter le score d'Anne Hidalgo, ad nauseum. Anne Hidalgo s'éclipse et se fait temporairement remplacer par son bras droit, Emmanuel Grégoire. Anne Hidalgo s'éclipse et se fait temporairement remplacer par son bras droit, Emmanuel Grégoire.

Mais ça ne calme pas l'opposition, à tel point que la séance va être suspendue. Messieurs, mes chers collègues, nous allons suspendre 5 minutes la séance. Il n'est pas question que vous désorganisiez la séance par irrespect, y compris vis-à-vis des vôtres. 5 minutes de suspension.

Le premier adjoint s'approche du pupitre de Rachida Dati. Les esprits s'échauffent. Il lui reproche d'interrompre les interventions des socialistes.

La séance sera interrompue trois fois. La stratégie de la droite tirée sur l'ambulance Hidalgo. Dans le Parisien, ce matin, vous déclarez qu'Anne Hidalgo n'a plus de légitimité.

Elle n'a plus de légitimité, vraiment, en tant que maire. Son score à la présidentielle en est la traduction. Elle n'a plus de légitimité pour agir au niveau de Paris.

Elle n'a plus de légitimité en termes d'autorité, notamment sur sa majorité, puisque la gauche s'est totalement détournée d'elle, y compris pour les négociations, pour les législatives. Une stratégie de parasitage qui exaspère l'exécutif. C'est fébrile l'ambiance, là.

Non, c'est pas fébrile. L'ambiance est très sérieuse. Simplement, Rachida Dati ne peut pas ne pas parler pendant dix secondes.

Donc, elle apprenne à respecter les règles. C'est manifestement un peu dur pour elle, mais on va lui faire apprendre. Rachida Dati déclare qu'Anne Hidalgo n'a plus de légitimité.

Anne Hidalgo est maire de Paris. Rachida Dati est maire du 7e arrondissement. C'est pas parce que la candidate de Rachida Dati a fait très peu à l'élection présidentielle que Rachida Dati n'est pas légitime.

Elle a surtout un gros problème à l'idée qu'elle a perdu en 2020, qu'elle ne le digère pas. Et donc, voilà, on fait les suspensions aussi longtemps que nécessaire pour qu'elle appelle que dans un collectif de travail, y compris politique, on se respecte. Est-ce qu'Anne Hidalgo a encore de l'autorité ?

Bien sûr qu'elle a de l'autorité, bien sûr. 2% dans l'électorat parisien, la présidentielle ? C'est pas un sujet d'électorat parisien.

L'élection municipale, c'était en 2020. Voilà, Anne Hidalgo doit tenir encore 4 ans de mandat comme ça, mais tout le monde, alliés comme adversaires, lui ont toujours reconnu une qualité, la résilience. Elles sont en froid depuis des mois, alors on a décidé de les réunir ce soir.

Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Bonjour et bienvenue dans les 4V, Anne Hidalgo.

Merci à vous, Thomas. Merci d'avoir accepté notre invitation. Et même à distance, elles ne peuvent pas se piffrer sur les JO.

Les JO de 2024, ça approche, mine de rien. Est-ce que Paris, dont on dit souvent qu'elle est un vaste chantier permanent, sera prête ? Oui, Paris sera prête.

Les infrastructures pas terminées, la sécurité pas assurée. Il y aura un impôt JO. Madame Hidalgo, encore une fois, elle ne tiendra pas sa parole.

Sur les trottinettes électriques ? Ce n'est pas franchement très écologique, parce que franchement, elles sont dégradées, elles sont jetées n'importe où. Prenez les trottinettes, vous parlez ?

Non, mais moi, je...

Non, mais à Paris, vous avez vu le chaos, j'ai essayé de faire du vélo avec ma fille, ça a duré 10 minutes. Prochain rendez-vous entre les deux meilleurs ennemis au Conseil de Paris. Rachida Dati, vous n'êtes pas contente du nombre de séances du Conseil de Paris, qu'est-ce qui se passe ?

C'est assez inédit pour la ville de Paris. C'est la première fois qu'un maire ne souhaite plus qu'il y ait des Conseils de Paris tous les mois. La dernière séance, c'était début décembre pour adopter le budget.

Et puis la prochaine est fin mars. Ça ne s'est jamais vu. Alors ça promet à les retrouvailles, on va suivre ça.

Elles ne peuvent pas se pifferer. Alors si vous voulez, j'ai un petit bonus, Dati, vous le voulez, j'ai mis le lien sur les retraites. Voilà.

Enfin, je vous rappelle que les LR, ils défendaient la retraite à 65 ans dans la campagne présidentielle il y a 6 mois. D'accord. Non, mais...

Ce n'est pas la peine de le dire sur ce ton ? Non, mais ce que je veux dire, c'est pas ça. Ant, vous voulez zoomer sur Rachida Dati.

La transition est un peu idéale. Effectivement, plus précisément, je voulais faire un lien entre culture et politique. Tu me connais, je ne peux pas m'en empêcher.

À partir du traitement médiatique dont vous faites l'objet. Parce qu'il y a quelque chose dont les médias raffolent, dont tout le monde raffole. C'est votre bataille avec Anne Hidalgo au Conseil de Paris.

Et vos échanges parfois animés. Quand vous gagnerez une élection sur votre nom, surtout vous nous alertez. Parce que nous, les 1,7%, on n'y est pas abonné.

Voilà. Ça, c'est votre bilan. Voilà.

Même dans le hautiel...

Ça fait 20 ans que vous perdez toutes les élections. C'est vraiment dommage sur vous. Vous avez toujours été battu sur votre nom.

Toujours battu sur votre nom. Ça, ça vous collera à vie. Voilà.

Ah, ça fait mal, hein ? Ah, ça ne remet pas, hein ? Ça va vous faire mal.

Ça va vous faire très, très mal. Voilà. Donc, le public adore.

La presse adore. Et ça, ce n'est pas anodin. En fait, c'est même une tradition assez ancienne d'aimer mettre en compétition les femmes politiques entre elles.

Et dans certains articles à propos de vos joutes verbales, j'ai remarqué qu'on trouve énormément, tout un champ lexical de la jalousie. On trouve aussi souvent les termes de clash et parfois même de crépage de chignon de moins en moins. Heureusement.

Oui, la jalousie, vous semblez étonnée ? Non, non, mais chez les commentateurs. Oui, oui, oui.

Bien sûr. Dans les termes employés. Si on tape Rachida Dati, jalousie, on ne trouve pas d'articles d'articles.

Si on tape Eric Ciotti, jalousie, il n'y a rien du tout. J'ai remarqué ça. Alors que dans les articles qui parlent des jeux de verbal entre hommes politiques, il n'y a zéro champ lexical de la jalousie.

On utilise plutôt les mots duels ou bras de fer. Et là, en fait, on met le doigt sur un réflexe ancien qui est notamment inculqué par la culture. La culture regorge de femmes rivales qui se battent pour un homme, un job ou une récompense.

Et ça ne date pas d'hier. Mythologie grecque, trois déesses puissantes se battent pour un prix de beauté donné par un homme, Paris. Conte médiévo, Blanche-Neige, la reine est en compétition avec la princesse pour être la plus belle.

Ensuite, regardez le cinéma. Combien d'affiches où on voit deux femmes se faire face ? Combien d'affiches où on voit un homme entouré de deux femmes qui vont se battre pour lui ?

Et ce, à toutes les époques ? On peut également citer le film Ève de Mankiewicz, où une actrice va remplacer une autre. Black Swan, deux danseuses, une seule place dans le cœur du chorégraphe.

L'hommage de Mon Meilleur Amie, film que j'adore par ailleurs, mais c'est juste deux meufs qui se battent pour un mec. Il y a une infinité d'exemples. Et ça, c'est les rivalités de fiction.

Mais l'industrie a aussi toujours, toujours mis en compétition les artistes entre elles. Les actrices, c'est flagrant. L'exemple le plus connu, Betty Davis et John Crawford, deux immenses actrices.

La presse et le public adoraient la guerre entre elles. C'est même devenu une manne marketing. Tout le monde connaît aussi cette photo de Sophia Loren et Jane Mansfield.

Celle-ci, qu'on érige alors en symbole de la rivalité brune-blonde. Et chez les chanteuses, c'est un classique total. Britney Spears et Christina Aguilera, Jennifer Lopez et Shakira, Taylor Swift et Katy Perry, on ne peut plus les compter.

La presse affirme qu'elles se détestent toutes. Parfois, c'est même pas vrai. Madonna et Lady Gaga avaient même fait un sketch sur leur prétendue rivalité.

Avant d'enterrer la hache de guerre. Je devrais essayer avec Anne Hidalgo. À faire comme ça ?

Et en tenue comme ça, surtout. Avec une chorégraphie et une chanson, bien sûr. Tout ça pour montrer qu'il y a une culture ancestrale qui fait qu'on adore mettre les femmes en compétition.

Et quand deux hommes s'affrontent, on a toute l'imagerie du duel courageux ou de l'émulation. Alors que quand c'est des femmes, on projette toujours inconsciemment plutôt du comique, du fantasme ou du sulfureux. Et c'est un peu toutes ces choses-là qui se mélangent dans ce qu'on entend parfois sur votre relation avec Anne Hidalgo.

C'est du cinéma ou pas ? Non, mais qu'on s'affronte. Vous aimez bien ou pas ?

Alors, plus d'une fois, je me dis, bon, là, fini, voilà. Et vous vous appelez parfois, en dehors du Conseil de Paris, vous vous appelez parfois sans boucler dessus. Est-ce qu'au fond, vous avez une relation normale et saine ?

On avait une relation amicale. On a même aujourd'hui une relation normale et saine. Enfin, on n'est pas mal saine.

Non, non. Elle agresse. Non, mais on n'est pas des perverses.

Non, mais...

Je n'ai pas dit ça. Je n'ai pas dit ça. Non, mais la relation est saine.

Violente, mais saine. Normal, un peu violente ou amicale ? Un peu brutale.

Mais saine. Mais saine. Donc, vous vous appelez parfois en dehors du Conseil de Paris de manière amicale.

Non, mais avant, on s'appelait, c'est vrai, on était en opposition. Mais comme la relation que j'ai eue d'ailleurs avec Bertrand Delanoé. Parce qu'en fait, Anne Hidalgo, pendant le mandat Delanoé, on avait moins de relations directes avec elle.

Et ensuite, avec la campagne et tout. Oui, c'est vrai qu'on a sympathisé jusqu'à la campagne. Et en fait, pendant la campagne, je reconnais que j'ai appris qu'elle ne s'était pas bien comportée, notamment vis-à-vis de certains de mes troupes.

Parce que, comme vous le savez, quand j'ai amorcé ma campagne municipale, même ma famille politique était en vent contraire contre moi. Ils ne souhaitaient pas que je me présente à Paris. Et on en a conforté certains.

Et je n'ai pas aimé. Voilà, je n'ai juste pas aimé. Donc j'ai dit, à partir de maintenant, il n'y a plus de relations amicales.

Donc on n'a que des relations politiques. On parle des trolls du Conseil de Paris. Parce qu'il y en a.

Et parce que les élus de Paris peuvent avoir de l'humour. Tu le sais, cette semaine, le magazine Lops titrait sur Rachida Dati. L'affaire Dati.

Elle aurait été rémunérée 300 000 euros par le GDF Suez quand elle était eurodéputée. Une affaire qui gêne très sérieusement ses plans d'être élu maire de Paris pour les municipales l'année prochaine. Et ceux qui jubilent, ce sont les élus de gauche qui, au Conseil de Paris, cette semaine, ont lu ostensiblement le magazine Lops.

Avec sa une, l'occasion parfaite pour Audrey Pulvar de prendre la pause devant la caméra. Rémi Ferraud aussi, le dauphin d'Anne Hidalgo, qui s'éclate avec le magazine. Il a partagé cette photo sur son compte où il pose avec quatre collègues.

Et ce n'est pas la première fois que ces petits farceurs du Conseil de Paris font ça. Puisque quand Libération avait fait sa une sur le patrimoine caché de Dati il y a deux mois, ils avaient fait exactement pareil. Voilà, la politique, c'est cruelle.

Mais ça peut parfois être aussi rigolo. Votre parcours, il est assez rare dans l'histoire de la Vème République, des HLM de Chalons-sur-Saône, au ministère de la Justice, place Vendôme. On va regarder les images de vous et de votre famille.

À quel moment vous avez compris que vous auriez une trajectoire qui n'était pas prévue, que vous alliez vous déprogrammer d'un destin tout tracé ? Parce que, moi j'ai vécu dans des ambiances un peu de brutalité. Je dis ça avec beaucoup de pudeur.

Et donc il y a une chose qui m'a toujours habité, c'est la liberté. Et je me disais, non seulement je vais être libre, mais je ne me renierai jamais. Et je ne tournerai pas le dos à ce que j'ai connu.

Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, dans mon combat politique, tout ce que je peux faire, et vous savez très bien, j'ai des engagements qui sont en dehors de la politique, au sens partisan du terme, c'est de réduire les inégalités, c'est de réduire les injustices. Et donc, je me souviens, j'avais 9-10 ans et je vois exactement où j'étais. Et je me vois face à une scène, une scène très éprouvante.

Et je me suis dit, en tous les cas, il y a quelque chose que je changerai. À un moment donné, il se passera quelque chose dans ma vie. Quand vous faites de la politique, y compris au niveau auquel je l'exerce, vous ne pouvez pas oublier ça.

Là, vous avez quel âge ? Je ne sais pas, vous avez une dizaine d'années, c'est ça ? Est-ce qu'à l'époque, vous avez déjà peur de rien ?

Alors, j'ai été une très bonne élève, mais très indisciplinée. Et donc, par exemple, à l'école, la directrice était une mère supérieure, j'avais des enseignantes qui étaient des religieuses. J'ai appris dans cette école de religieuses qui s'appelait le devoir.

J'ai appris le devoir, le sens du devoir, avec le résultat qu'on connaît. Bonjour à tous, bonjour Rachida Dati. Bonjour.

Rachida Dati est invitée et...

Il y a eu un débat sur Orban, le Premier ministre hongrois. Vous êtes abstenue, Nadine Moreau. Oui, je m'ai dit.

Nadine Moreau a voté contre, vous êtes abstenue, Nadine Moreau. Est-ce qu'on peut revoir le moment, la demi-seconde, où Rachida Dati bug de colère, les yeux ? Vous êtes abstenue, Nadine Moreau.

Oui, je m'ai dit. Nadine Moreau a voté contre, vous êtes abstenue, Nadine Moreau. Heureusement qu'il y a les caméras, sinon elle lui cassait la gueule.

Vous êtes abstenue, Nadine Moreau. Paul, après avoir explosé en 2017, la droite se cherche un champion ou une championne pour 2022. Oui, Yann, l'élection est dans exactement 599 jours.

Ah oui, c'est pas demain, oui. C'est bientôt quand même. En tout cas, ils sont déjà, déjà 6.

Les voici déjà 6 à penser à 2022. Alors on va le voir. C'est dans longtemps.

Il y a 3 favoris et 3 outsiders. Oui, c'est dans longtemps, mais ils y pensent. Et d'ailleurs, on est tous allés les voir.

On va commencer par Rachida Dati à la bol. Et ce week-end, après sa deuxième place au municipal à Paris, elle se met à rêver de l'Elysée. Point fort, elle a de l'expérience.

Et alors, elle nous grille toujours avec nos micros. Pardon, on ne va pas vous faire confiance. Alors, c'est bon, non.

Moi, j'ai déjà un fil dans le mur. Et quand même, vous n'avez pas de la place, moi, la mairie de...

Je ne sais pas, moi, la place de...

Non, non, non, mais il y a l'invite. Êtes-vous candidate à l'élection ? Laquelle ?

Présidentielle. Je dis que je participerais effectivement à ce débat, et notamment au débat présidentiel. Qu'avez-vous de plus que les autres candidates ?

Tout. On commence par cet événement inattendu. Imagine un peu, Yann, Rachida Dati, ancienne ministre Sarkozy, clairement à droite donc, et maire du 7e arrondissement, un des plus riches de Paris, invitée par ceux dont elle est le plus éloignée idéologiquement.

Et pourtant, Dati, c'était la star du week-end. Asdin Ahmed Chahouch l'a retrouvée à son arrivée à la gare. La snipeuse de la droite est accueillie par des militants insoumis.

Dati et Mélenchon vont se rencontrer, mais refuseront de prendre une photo ensemble. Ils sont derrière ses bâches. Et entendant le micro, notre ingé son, Julien Sultan, a entendu Mélenchon dire ça à Rachida Dati.

Ok, il se tutoie, c'est une info. Vous avez vu Rachida Dati ? Ouais, il est dans la base, dans la...

Ça a été ? Il s'est discuté, c'est la parole. Quand on invite les gens, c'est pas pour les maltraiter.

Parce que vous avez quand même des divergences d'opinion, c'est pour ça. Ah, ça c'est clair. C'est pas lui qui va débattre avec Dati, mais un député insoumis, Hugo Bernal, ici.

C'est le débat qui attire le plus de monde. Vous lui trouvez une qualité, une chose positive à Rachida Dati, si oui, laquelle ? Bah, je pense que c'est peut-être le courage.

Son parcours. Avec Rachida, on sait jamais à quoi on peut s'attendre. Le culot, elle a pas peur.

Une sarkoziste au milieu d'une salle bourrée d'insoumis, c'est parti. Entre les deux, en tende cordiale, forcément, Dati se fait siffler. Plus on construit une place de prison, plus on les remplit.

C'est pas Nicolas Sarkozy qui les remplit. C'est que, il y a des juges, vous remontez. Non mais...

Mais elle est quand même parvenue à se faire applaudir. Vous allez me faire regretter le conseil de Paris, hein. Ça c'est pas sympa.

Je suis pas aux ordres, je suis aussi insoumise. Dati, insoumise, c'est le monde à l'envers. On n'a jamais vu ça ?

Des militants de la gauche radicale font la queue pour des selfies avec la mère du 7ème. Est-ce que je veux taper une photo avec vous ? Tapez une photo.

Non, une photo. Tapez une photo. Je vais me mettre comme ça.

On parait un peu plus grand. Ah, vas-y, tape. Vous allez prendre votre carte, ça va ici.

Merci beaucoup. Si vous pouvez faire ça. Non, faites-le vous.

Je soutiens la marque. Vous êtes plus populaire que chez les LR, là ? Je vais me présenter peut-être chez vous.

Il y a un boulevard. Puis là, on va réformer. Non, parce que vous êtes pas là.

Merci. Merci. Merci beaucoup.

La vraie star des universités d'été, c'est une ministre sarkozyste. C'est comme ça, c'est la vie. Je suis le seul à vous interviewer, là.

Vous savez qu'elle est à droite, quand même. Largément, oui. Oui, mais on n'est pas des ennemis, quand même.

On n'est pas des ennemis, quand même. Celle-là, je pense qu'on peut se la garder en archives. On va la ressortir.

Regardez comment on parlait de vous quand vous avez été nommé au garde des Sceaux. L'un des signes les plus forts de ce gouvernement est la présence de la première personnalité d'origine maghrébine post-régalien. Une jeune magistrate de parents marocains et algériens qui a travaillé dur pour en arriver là.

Cette femme incarne la réussite des enfants d'immigrés. Rachida Dati, qui se définit drôlement comme française, d'origine française, est née d'un père marocain et d'une mère algérienne en Bourgogne. Drôlement.

Oui ? Drôlement. Non, mais la présentation, c'est vrai que ça a été un moment fort.

Politiquement, c'est un moment fort. Et symboliquement, c'est un moment fort aussi. Parce que c'était improbable.

Honnêtement, personne ne l'aurait fait. La gauche n'a jamais osé le faire. La droite l'a fait.

C'est là que vous avez brouillé les lignes, si je puis dire. C'est que vous êtes devenu ministre d'un président de la République de droite. Et pas n'importe qui, puisque c'est justement Nicolas Sarkozy qui, sur la dalle d'Argenteuil, parlait des racailles.

Donc, du coup, ça brouillait un peu toutes les lignes. Pourquoi brouiller ? Parce que je suis une racaille ?

Non. Mais lui avait une image assez agressive. Non, parce que justement...

Entre Zidane et les racailles, il n'y avait personne, en fait. Non, parce que justement, lui, il ne confond pas la minorité et la grande majorité. Moi, quand je commence à travailler pour lui, je suis magistrat.

Et il comprend tout de suite. Il comprend tout de suite ce que...

C'est lui qui dit que je vais vous débarrasser des racailles. Oui, je suis d'accord. Mais quand il parle des racailles sur la dalle d'Argenteuil, sur des gens qui ont quand même commis...

On était sur des violences urbaines et tout à l'époque. Il ne faut pas l'oublier, M. Apathy.

Il ne me confond pas avec eux. Il ne dit pas, tiens, il y a les tiens, comme certains peuvent me dire, chez les vôtres. Lui, il ne confond pas.

C'est comme quand...

Ça brouillait la ligne, quand vous deveniez ministre Nicolas Sarkozy. Non, parce qu'il ne me nomme pas parce qu'il y a la dalle de l'Argenteuil. Il me nomme...

Pourquoi, d'après vous, je suis maire du 7e arrondissement ? Vous savez que la majorité, y compris à gauche...

Regardez à gauche. Ils souhaitaient que j'aille...

Moi, je me souviens, ils m'ont proposé d'être investi à Poissy, ou en fonction d'endroits où il y avait une forte population immigrée. Et Nicolas Sarkozy a dit, c'est une erreur. C'est dans le 7e arrondissement où elle devrait être élue.

Et j'ai été le maire de droite dans le 7e, le mieux élu depuis Frédéric Dupont, pour ceux qui le connaissent. Donc, ça en dit long aussi sur ce qu'est la France. Mais sur ce qu'est la vraie France, et ce que sont le conscient inconscient des élites, qui, eux, ne m'y voyaient pas du tout.

Je vais vous faire juste une petite remarque. Quand j'arrivais dans un dîner, par exemple, j'étais procureure ou j'étais magistrat, on me parlait à peine, et vous, vous faites quoi ? Je disais, je suis magistrat.

Ah, quand même ! Ah, quand même ! Alors, là, subitement, on déniait peut-être un peu s'asseoir à côté de moi.

Et ça ne date pas de s'il y a si longtemps. Donc, elle est là, la réalité. Je voulais vous montrer une image, Rachida Dati.

Et avant, votre réponse, c'était mardi à l'Assemblée Nationale. La députée LFI Ercilia Soudet parle de la réforme des retraites, vêtue d'un jean et d'un simple t-shirt noir, un peu grisat. Même le t-shirt est barré du mot Tokyo, ambiance, t-shirt de rock.

Dans l'histoire récente, c'est sans doute la tenue la plus décontractée, portée à l'Assemblée Nationale. Ça surprend, peut-être un peu. Et en même temps, il y a plein de Français qui s'habillent comme ça au quotidien ou au travail.

Question simple, est-ce que vous vous en foutez ? Ou est-ce que ça vous choque ? Moi, je veux dire, quand vous incarnez l'institution, vous représentez les Français.

Moi, je trouve que d'avoir une tenue et d'être bien habillée, moi, je trouve que c'est une forme de respect que vous avez pour ceux que vous représentez. Moi, on m'a tellement reproché de m'habiller, mais ça, c'est depuis maman qui était couturière. Elle ne savait pas lire, pas écrire.

Et elle arrivait à coudre, comme ça, sans patron, sans rien. Et elle disait, être bien habillée, c'est respecter l'autre. Et donc, moi, je considère que c'est respecter l'autre que d'être bien habillée.

Donc, par exemple, moi, je suis présente de groupe au Conseil de Paris. Je m'habille, je suis effectivement...

J'essaye d'avoir une tenue correcte pour respecter ceux que nous représentons. Donc, de venir en tee-shirt, on peut venir aussi en pyjama. Après tout, il n'y a pas de sujet.

Donc, moi, ça me gêne un peu. Et ce n'est pas d'être réa et que vous êtes tout de suite...

Vous êtes d'accord avec Eric Ciotti qui réclamait le retour de la cravate à l'Assemblée ? Non, mais après, on peut dire, il faut...

La veste, moi, j'ai connu, moi, j'ai été magistrat. On n'arrivait pas en tee-shirt au tribunal. C'est un minimum.

Et quand vous tenez une audience...

Alors, vous avez la robe qui met de la distance vis-à-vis du justiciable. Mais quand on recevait, on avait une veste, c'était au moins le minimum. Ah !

J'entends quelqu'un qui veut s'en prendre une. Non, non, c'est pas ça. Justement, non, pourquoi ?

Non, c'est intéressant. Moi, je t'ai voulu la suite. Moi, je me projette.

Vous inquiétez pas pour moi, M. Fort. Non, occupez-vous de vous, vous n'existez plus.

Nous, on existe encore. Rachida Dati, qui était au conseil municipal mardi de Paris, elle est candidate à la mairie de Paris. Et donc, Rachida Dati a passé à la paille de fer le bilan de l'actuel maire de Paris, Anne Hidalgo, Rachida Dati.

Un nouveau panorama catastrophique de la situation financière de la ville. Incapable de réduire votre train de vie, la ville de Paris, à genoux, c'est un scandale. Et puisqu'Anne Hidalgo a pris quelques nions, elle les a rendus.

C'est normal. J'espère que nous saurons ce que sont devenus ces au moins 400 000 euros de bijoux non déclarés. Vous avez peur de dire pour qui vous travaillez ?

Le 26 septembre 2026, vous serez devant un tribunal. Ça taille, ça doit durer comme ça jusqu'au mois de mars. Je ne sais pas comment ils vont finir, toutes les deux.

Et alors du coup, Paul Gassini a suivi Rachida Dati dans les couloirs de l'hôtel de ville. Et regardez bien l'image. Écoutez aussi le son à la fin.

Mais regardez bien l'image et vous allez voir que l'attaque d'Anne Hidalgo a un peu figé le sourire de Rachida Dati. Ça va être compliqué pour vous de faire campagne. Votre procès en corruption arrive en septembre 2026.

C'est Anne Hidalgo qui vous a attaqué là-dessus. C'est normal qu'on vous pose la question. Franchement, vous faites la peine au quotidien.

Vraiment. C'est triste, on n'a pas envie de lui faire de la peine parce que de la peine, elle en a devant elle. Regardez cette une du nouvel OPS.

Voilà, affaire Rachida Dati. Moi, j'ai un peu perdu le compte parce qu'il y en a du poignant, il y en a qui circulent dans tous les sens. Mais donc l'OPS dit, on a retrouvé Engie à verser 299 000 euros à l'actuel ministre de la Culture.

Alors voilà, donc tout ça ne serait pas tout à fait carré. Rachida Dati est candidate pour la mairie de Paris. C'est au mois de mars.

Et Rachida Dati est attendue devant la justice. Et ça, c'est au mois de septembre. Ah, on ne va pas s'ennuyer.

J'ai vu que vous parliez beaucoup avec Brigitte Macron. Non, mais c'est vrai qu'on échange. Vous avez une passion, je cite, pour Brigitte Macron.

Non, mais c'est vrai qu'on se connaît. Et je l'ai connu avant qu'Emmanuel Macron soit président. Et puis, il était très proche d'un ami à moi, très très proche d'un ami à moi, qui est Jean-Pierre Jouillet.

Donc, ça m'est arrivé de le rencontrer ou de le croiser, soit en dînant chez Jean-Pierre Jouillet, ou ensuite, quand il est devenu ministre de l'Économie. Donc, on a un lien, oui. Et vous n'avez jamais imaginé être sa ministre ?

Non. Et vous ne l'avez jamais proposé ? Non, il ne m'a jamais proposé.

Jamais proposé ? Non. Jamais approché ?

Jamais...

Non, mais on parle politique. On parle politique. Je lui dis ce que je pense.

Vous vous parlez combien de fois par, je ne sais pas, par semaine ? Ah non, ce n'est pas par semaine. Enfin, il est président de la République.

Ce n'est pas mon pote. Non, je n'ai pas dit ça. On peut s'envoyer des textos, on peut se croiser.

Vous êtes une mère d'arrondissement, vous croisez...

Et s'il vous propose au prochain remaniement d'intégrer son équipe ? Non, mais je vais vous dire, j'ai été...

Vous y allez ou pas ? Non, j'ai été garde des Sceaux. Vous ne pouvez pas imaginer ce que ça représentait, ce que ça incarnait pour moi.

Et mon père était encore en vie à l'époque. Et donc, je l'ai vu avec une émotion assez exceptionnelle. Mes parents ne savaient pas lire, pas écrire.

Ils sont arrivés en France dans les années 60. Maman n'était plus là. Il était déjà très malade.

Et j'ai vu qu'en une génération, je suis devenue garde des Sceaux de ce grand pays qu'est la France. Et moi, je pense que la France, c'est plus qu'une idée, c'est plus que...

Ce n'est pas une entreprise. C'est plus que ça, ça nous dépasse. Et d'avoir été garde des Sceaux, franchement, c'est quelque chose que je ne peux pas exprimer.

Mais moi, je vois ça par rapport à ma vie et ma vie personnelle. Et lorsque quelqu'un comme moi, j'ai été élu maire du 7e arrondissement, j'ai dit que j'ai eu plus d'émotion d'avoir été élu maire du 7e arrondissement que d'avoir été nommé ministre. Parce que vous vous enracinez par l'élection.

Et puis alors, dans le 7e arrondissement, ce n'est pas n'importe quel arrondissement. C'est un arrondissement qui est au cœur de Paris, au cœur des institutions de la République. Et c'est pour ça que mon combat, c'est qu'il ne soit pas emporté dans le déclin actuel.

La politique n'est pas un métier facile. Les Républicains sont tristes. Je ne vous dirai pas ce soir que ça ne m'a pas touché.

C'est un coup dur pour notre famille politique. Quand quelqu'un s'en va, c'est toujours triste. Ça nous a heurtés.

Je peux vous dire qu'il y a une grande déception. J'ai de l'estime pour elle. Rachida Dati ne fait plus partie des Républicains.

Pendant ce temps, les archives. En marche, c'est quoi ? C'est des traites de gauche, des traites de droite.

On n'a pas de cap, on n'a pas de projet, on n'a pas de direction. Ils n'ont pas réussi une implantation territoriale dans notre pays. Ça, c'est l'échec d'Emmanuel Macron.

Quelqu'un qui va un coup à droite, un coup à gauche, un coup il est dans le débauchage. On a vu le résultat. Notre nouvelle ministre de la Culture, Rachida Dati, l'inénarrable, elle a fait une entrée fracassante, improvisée, dans le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Personne ne l'avait vu venir. Et elle est la surprise de ce remaniement. Tout commence vendredi dernier à 9h30 du matin.

La presse est conviée rue de Valois au ministère de la Culture pour la passation de pouvoir entre Rima Doulmalak et Rachida Dati. La patronne qui change, ça vous fait quoi ? C'est une nouvelle ère.

Une nouvelle ère avec une nouvelle ministre donc. C'est une surprise Rachida Dati à la Culture ? Non ?

Pas de commentaire. Pas de commentaire. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Pas de commentaire. Pas de commentaire. Le choix de Rachida Dati a surpris tout le monde.

La voici justement qui arrive accompagnée par celle qu'elle va bientôt remplacer. Dans son discours, tout le monde a retenu cette phrase. Alors chacun sait que j'aime me battre.

N'ayez pas peur. N'ayez pas peur, tout un programme. À la sortie, l'image est forte.

Un tonnerre d'applaudissements pour Rima Doulmalak. Madame Dati, vous êtes devenue macroniste. Rachida Dati serait-elle devenue macroniste ?

Pour le savoir, coup de bol, elle faisait tout à l'heure, juste avant le début de l'émission, son premier déplacement de ministre de la Culture. Et elle était avec Emmanuel Macron. Ça se passait à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, aux ateliers Médicis. 16h, la ministre de la Culture arrive en avance, car protocole oblige.

C'est elle qui doit accueillir le président. Madame la ministre, tout va bien ? Ça se passe bien ?

Parfait. Merci d'être là. Une bise pour bien mettre en scène la proximité entre les deux.

Et c'est parti. Le déplacement a lieu dans cette commune, l'une des plus pauvres de France, pour montrer qu'avec sa nouvelle ministre, on installe la culture partout dans le pays. Ça me touche, il faut qu'on regarde mon histoire familiale, de rencontrer un président de la Ve République, et vous, madame la ministre, qui êtes littéralement iconique, j'ai grandi avec vous, avec votre image, et peut-être que vous avez aussi permis à des jeunes comme moi, issus des quartiers défavorisés, d'espérer.

Le message est parfaitement calibré. Pour certains jeunes, Rachida Dati est un modèle, un exemple, exactement ce que le président répète depuis une semaine. Vous avez vu comme moi la ministre de la Culture, quand elle voit des jeunes de Clichy, ils se disent, je vous aime beaucoup parce que vous me ressemblez.

Vous gouvernez par des symboles aujourd'hui ? Avoir Rachida Dati à la Culture, c'est quoi ? C'est un symbole ?

On gouverne toujours par de l'efficacité et des symboles. Les deux en même temps comme dirait l'autre. Et selon vous, on est gouverné par de l'efficacité ou des symboles ?

Ou les deux ? Ou aucun des deux ? Les symboles sont nécessaires.

Là, le problème, c'est que le symbole, c'est quand même les paroles de Rachida Dati sur le macronisme il y a encore très très peu de temps, et le retournement. Après, je suis méfiante sur l'espèce de mépris de classe dont elle a toujours été l'objet et auquel il faut faire assez attention, comme si, en effet, la culture n'était pas un domaine auquel elle avait droit. Ce n'est pas la première ministre qui n'y connaît rien.

On parlait d'Amélie ou d'Ea Castera. Des ministres qui ne connaissent rien au sujet auquel ils vont avoir affaire. C'est un classique.

Le problème, c'est la question de la trahison politique, de l'ambition. Et du tremplin pour Paris. Et du tremplin pour Paris.

Et ça, en revanche, c'est un message absolument consternant. Mais après, Rachida Dati, au moins, en effet, a un parcours qui fait qu'on ne lui a pas facilité la vie. Donc rien que pour le symbole, ça pourrait marcher.

Quel que soit ce que je peux penser ensuite de ses options politiques. Rachida Dati, ministre de la Culture, qui était, hier soir, nous allons en parler avec Julien un peu plus longuement, l'invité sur Skyrock de l'émission Planète Rap, un peu plus de 50 minutes de dialogue avec l'animateur. Et à un moment, on parle de Aya Nakamura.

Et plus précisément, on parle dans cette émission de Gérard Larcher, président du Sénat, parlant de Aya Nakamura. Gérard Larcher avait été un peu choqué par cette strophe de la chanteuse. « Je ne suis pas ta catin, jadja, genre en kachana, baby. » Je l'ai bien dit.

Alors, « Je ne suis pas ta catin, genre en kachana, c'est-à-dire en levrette. » « Et Gérard Larcher, veux-tu, en levrette ? » « Un timide Larcher, là. » Écoutez et regardez Rachida Dati.

C'est très drôle la réflexion de Rachida Dati à propos de Gérard Larcher qui découvre la levrette. On écoute ! « L'ode à la levrette, je veux dire.

Kachaka, par exemple, qui est l'ode à la... » « Oui, je ne sais pas ce que c'est. » « L'œuvrette ou Kachaka ? » Je synthétise.

La ministre de la Culture dit du président du Sénat, deuxième personnage de l'État, « La levrette, il ne sait pas ce que c'est. » « Des crises politiques, il y en a eu pour beaucoup moins que ça. » Rachida Dati était sur France Inter. « Bonjour et bienvenue Rachida Dati. » « Bonjour Alexandra Bensaïd. » « Elle dit quoi la ministre de la Culture de la France ? » « Je mets tout mon temps utile et mon énergie à parler avec les Parisiens. » « C'est non-stop. » « Je fais du porte-à-porte. » « Je reçois les collectifs, les associations. » « C'est non-stop pour moi. » « Mon enjeu, il est là, c'est de convaincre les Parisiens. » « Tout son temps utile et toute son énergie non-stop pour la campagne. » « Ça veut dire qu'à l'inverse, il y a zéro temps utile et zéro énergie pour le ministère de la Culture pour lequel elle est payée. » « Je mets tout pour Paris. » « Je mets tout pour Paris. » « Traduction, je ne mets rien pour le ministère. » « Je ne mets rien pour le ministère. » « Moi, j'ai mis toute mon énergie dans cette campagne. » « Traduction, je ne mets aucune énergie pour le ministère. » « Est-ce qu'au moment où la campagne officielle va s'ouvrir, début mars, vous démissionnerez du gouvernement ? » « Bien sûr que je quitterai le gouvernement. » « Je ne vais pas vous dire ici quand, mais je quitterai le gouvernement. » « C'est déjà un abandon de poste. » Elle était l'invité hier soir d'une émission politique qui a duré deux heures et demie, BFM TV.

On a parlé de l'action gouvernementale, de la culture et des municipales à Paris. Rachida Dati est candidate. Et la question lui a été posée au second tour. « Est-ce que vous ferez ou pas alliance avec Sarah Knafo du parti Reconquête ? » « C'est le parti d'Éric Zemmour, parce que vous aurez peut-être besoin de voix pour être élu. » Et Rachida Dati, il faut l'en féliciter, a dit non.

Pas d'alliance avec Sarah Knafo de Reconquête, parce que Reconquête est dirigée par Éric Zemmour, qui a été condamnée pour racisme. Alors ça, si on commence maintenant à être à cheval sur les valeurs dans la politique, mais où est-ce qu'on va ? » Et donc elle dit ça, elle dit, parce qu'il faut le décoder comme ça, « Je préfère perdre la mairie que m'allier avec Éric Zemmour. » Et elle l'a dit hier soir sur BFM.

Qui était l'invité principal de l'émission de BFM dimanche ? Eh bien, c'était Éric Zemmour. Parce que les médias ne s'interrogent jamais.

Mais voilà une responsable politique qui dit « Zemmour jamais parce que condamné pour racisme », mais Zemmour, il est invité partout. Et notamment sur le plateau de BFM. Et même hier soir, on ne lui a pas dit « Mais comment ? » « Nous, nous l'invitons, vous pouvez bien vous allier avec lui. » Non, même pas.

Voilà. Nous vivons dans ce monde-là où finalement, pour une fois, nous sommes rappelés à nos valeurs et à l'essentiel par Rachida Dati. Bravo, madame.

Rachida Dati : 20 ans de politique, 20 ans de régalade #quotidienclassics — Rachida Dati · Pourquijevote