Histoire d'amour et de fantômes avec Charlotte Le Bon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
France Culture Olivia Gesbert bienvenue au club bonjour à tous et merci de nous rejoindre aujourd'hui actrice et réalisatrice la Canadienne Charlotte Lebon est aujourd'hui l'invité de l'entretien de bienvenue au club pour Falcon Lake en salle aujourd'hui prix de Luc du 1er film un teen movie et même beaucoup plus sur les amours adolescentes 12h50 le Book Club du roman des étudiants France Culture Télérama les jurés ont voté et nous voilà enfin en mesure de vous annoncer le nom de la gagnante c'est la romancière algérienne caouther hadimi avec au vent mauvais publié au Seuil qui succède ce mercredi à Matthieu Palin lauréat l'an passé joie de la revoir et de la recevoir à 12h50 avec Sébastien thème et avec trois étudiants de notre jury nous partagerons ensemble vos plaisirs de lecture [Musique] une émission programmée par Henri Leblanc préparée par Joseph Julien réalisé par Camille Mathieu avec Félix de la cour à la technique sélectionnez à la Quinzaine des Réalisateurs au dernier festival de Cannes le film Falcon Lake nous emmène au bord d'un grand lac au Québec face à lui l'horizon de leur vie semble totalement infinie celle du Parisien Bastien 13 ans en vacances ici et celle de Chloé plus vieille que lui canadienne et si belle l'adolescence et ses fantômes bande-annonce [Musique] [Musique] [Musique] il y aura toujours ton fantôme [Musique] Falcon Lake un été de découverte autour de ce lac la fête l'alcool la sexualité et bien d'autres choses le film sort le 7 décembre en salle bonjour Charlotte Le Bon bonjour de ce premier long-métrage ce premier film pris de Luc est-ce qu'il répondait à une furieuse envie pour vous de passer derrière la caméra oui c'est à dire au moment où je l'ai tourné j'étais vraiment dans un état de furie c'est-à-dire que j'étais j'étais on ne peut plus prête pour le faire et mais c'est une envie qui était qui était l'attente c'est-à-dire et puis qui a même pris du temps en fait à se cristalliser je suis pas du tout la typique réalisatrice qui voulait faire ça dès sa plus tendre enfance en fait c'est quelque chose qui est qui a grandi tranquillement alors qu'est-ce qui a pris du temps parce qu'on se dit que prendre la caméra passée derrière la caméra s'oppose alors la question du mais pour filmer quoi est-ce que vous êtes longtemps posé la question du sujet de ce film ou est-ce qu'il s'est imposé à vous il s'est un peu imposé à moi c'est-à-dire que c'est donc j'allais l'espère qui entendu le roman graphique de Bastien Vivès et en fait au départ ça m'a paru comme une évidence mais je crois que ça m'a appris environ deux ans avant de véritablement trouver le la couleur du récit et je sais vraiment à partir du moment j'ai commencé à m'éloigner de la BD et de modifier aussi plusieurs aspects dont évidemment la localisation puisque j'ai transposé ça sur le bordel là qu'au Canada j'ai ajouté des éléments qui de choses qui me plaisent qui sont les éléments de film de genre donc j'ai rajouté une légende de fantôme j'ai rajouté de l'étrangeté qui aussi ont été plutôt symptomatiques de mon adolescence en fait puisque j'ai eu une adolescence assez solitaire et un peu terrifiante parfois et j'ai aussi modifié beaucoup le personnage féminin que je trouvais un peu trop fantasmé peut-être dans la BD et je pense que j'ai écrit un personnage féminin que j'aurais voulu incarner à l'âge de Sarah mon petit donc cette BD c'est une sœur de Bastien Vivès vous parlez tout de suite des pas de côté de ce que vous avez choisi de changer on imagine que d'abord il y a eu le coup de foudre quand même pour cette histoire en tout cas qu'elle a résonné en vous en quoi on m'avait donné le conseil que pour un premier film il vaut toujours mieux écrire sur quelque chose qu'on connaît donc je me suis dit les premiers et moi l'adolescence voilà je pense qu'elle est tout ça est suffisamment digéré à analyser pour me permettre de bien posséder cette histoire et d'en faire quelque chose donc je pense que j'avais besoin de me rassurer qui vous a donné ce conseil et c'est Jalil j'espère toujours lui toujours lui n'est pas loin Hérode avec lequel vous aviez tourné iris notamment en 2016 un premier film c'est un peu quand même comme une première fois celle à laquelle se prépare Chloé et qu'il a fait tant flipper vu tout ce qu'on lui en a dit il paraît notamment conseil il racontait c'est absolument dégoûtant bon alors on va pas comparer totalement les deux mais avoir vu les autres faire avoir été actrice dans les films des autres est-ce que ça vous a rassuré sur cette première fois est-ce que ça vous a préparé à devenir réalisatrice ça définitivement a été mon école et j'ai eu la chance de de tourner environ 20 films en 10 ans donc j'ai quand même été confronté à 20 différentes visions 20 différentes façons de de diriger des acteurs et puis j'étais aussi confronté à 20 différents résultats de films donc en fait oui ça m'a permis d'être dans une position d'observation qui m'a pris énormément de choses c'est certain c'est sûr ça s'apprend ou le fait d'être réalisatrice est-ce que ça s'apprend simplement sur le tournage ou aussi au montage vous évoquez le résultat est-ce que parfois vous avez été déçu des résultats alors que le tournage s'est extrêmement bien passé que le scénario vous l'aviez adoré c'est un mélange de plein de choses c'est à dire que c'est la réalisation ça passe ben un film l'essence d'un film passe d'abord par son par son scénario ensuite on se retrouve sur le tournage on découvre la direction artistique qui a été prise les décors les costumes et puis parfois on a l'impression parfois on est un peu déçu on se dit c'est pas exactement ce que j'avais en tête et tout ça et c'est drôle parce qu'il y avait mes acteurs me disaient des choses qui me flattaient énormément puisque je me rappelle du moment où par exemple le personnage de Chloé donc ça rend mon petit lorsqu'elle est arrivée dans le décor de sa chambre la chambre de son personnage elle s'est mise à pleurer parce que pour elle c'était c'était exactement ce qu'elle avait en tête il y avait quelque chose voilà qui faisait énormément de sens et quand j'ai vécu ça avec elle je me suis dit ça veut dire que je suis quand même peut-être sur la bonne route c'est bon signe mais oui mais c'est aussi c'est on apprend à travers les jolies choses évidemment mais on apprend aussi à travers les frustrations c'est c'est une évidence il y en a eu ah bien sûr qu'il y en a eu il y en a eu dans la façon de parfois d'être dirigé dans la façon parfois de de me sentir un peu trop passive peut-être dans mon rôle d'actrice parce que je trouve que c'est un métier qui qui demande énormément de patience on attend beaucoup voilà c'est très passif et puis parfois lorsqu'on propose des choses et que ces choses nous sont un peu refusées ou c'est un peu balayé pendant l'impression d'être un peu le porte-parole des idées de quelqu'un d'autre et en fait c'est pas très agréable quoi donc en tout cas pour moi ça ne l'était pas je pense que certains acteurs le vivent très très bien et sont en sont capables de faire de très belles choses avec ça mais moi je crois que j'avais besoin dans l'activité j'avais besoin d'être dans la productivité dans la créativité et je pense que avec le métier de réalisateur ça me permet de pouvoir toucher à toutes sortes de choses qui me plaisent énormément dans ce métier quoi à vos deux acteurs 13 ans et 16 ans à l'écran Joseph Engel qui joue Bastien et ça rame mon petit qui joue Chloé vous vous leur avez demandé quoi de s'approprier cette histoire qui était la vôtre aussi oui bah c'est important qu'ils sont à l'aise c'est important qui sentent en confiance il y a eu un vrai travail qui a été fait en amont juste par le biais de beaucoup de discussions et pas nécessairement des discussions au sujet de leur personnage ou du scénario je voulais pas tout le temps ramener ça au film parce que parce que c'était pas ça l'important en fait moi je les avais aussi choisi pour le récent je trouvais qu'ils avaient des essences très similaires aux personnages que j'avais écrit et je savais qu'ils allaient me proposer des choses qu'à la m'inspiré donc en fait on a beaucoup discuté et puis on a discuté de plein de choses de leur vie j'ai aussi parlé de la mienne je leur ai fait part de mes propres histoire de mes joies de métronas de mes humiliations en tant qu'adolescente parce que ça nous est tous arrivé et que c'est important d'en parler et je voulais qu'il y a aucun moment ils se sentent jugés en fait sur le plateau et je l'ai aussi beaucoup demandé d'improviser dans le film donc et j'ai l'impression que l'improvisation leur donne aussi une forme de confiance parce que justement on sort un peu de ce côté passif on propose des choses qui viennent de nous et lorsque ces choses là sont accueillies ben j'ai l'impression que ça bâti quelque chose en eux qui fait qu'ensuite ils se sont plus utiles et qui sentent avec moi à raconter cette histoire c'était leur premier film à tous les deux non c'était le troisième film de Joseph puisqu'elle a joué dans il a joué dans deux films de Louis Garrel il l'a joué dans l'homme fidèle et la croisade et moi je l'avais découvert dans le même fidèle et Sarah c'était son deuxième film c'est pas facile de trouver c'est c'est deux héros pour un film qui est aussi incarné sur ces deux personnages ouais ça a été en fait pour Joseph ça a été un vrai coup de coeur mais puisque quand je l'ai vu dans l'homme fidèle pour moi c'était une évidence après j'ai eu très très peur parce que au début ses parents ont refusé de lire le scénario et c'était même impensable qui puisse refaire du cinéma apparemment donc je vraiment pendant un an j'ai essayé de trouver quelqu'un d'autre mais je ne pouvais pas enlever Joseph de ma tête c'était assez pénible et en fait j'ai retravaillé scénario et un an plus tard j'ai essayé à nouveau et ils ont finalement accepté et Sarah c'était le oui le fruit de notre très très long casting je pense que j'ai vu au-delà de de 200 et 400 filles un truc comme ça c'était j'ai fait un casting sauvage j'ai vu des actrices québécoises qui étaient vraiment certes d'excellente actrice mais j'avais pas de coup de cœur et c'est suite à un casting sauvage où j'ai demandé à des filles entre 15 et 19 ans via les réseaux sociaux de m'envoyer une vidéo d'elle ou à raconter un de leurs rêves et leurs rêves de Sarah était magique il disait quoi il disait qu'elle était elle était avec des amis dans un gros buisson un espèce de Buisson de ronce et qu'elle dansait avec ses amis et à un moment elle réalise que les branches des buissons leur lacérer la peau et les bras et les mains et qu'elle saignait et au lieu d'arrêter de danser ils ont continué vous savez presque réalisé son rêve j'aurais aimé ouais je trouve que c'est un peu un peu du génie mais malheureusement c'est pas moi qui l'a créé il y a une scène où il y a des scènes qui ressemble et qui évoquent ce rêve parce que c'est un film justement très onirique aussi un film tout en fantôme on va en parler comment est né la première image du film dans votre tête c'était celle d'un lac où c'était celle de deux visages la toute première image du film la séquence d'ouverture c'était pour moi c'était le lac le lac est un je pense que c'est c'était une évidence que je devais commencer avec le lac et ensuite le personnage de cloué est arrivé un peu plus tard mais mais oui effectivement le cœur du film sont vraiment mes deux personnages principaux qui sont Bastien et Chloé mais le troisième personnage qui quand même là durant tout le film comme un fantôme justement c'est cela et pourquoi parce que il représente pour vous le lac qu'est-ce qui représente pour moi le lac qui représente plein de choses il représente le il représente cette espèce de dualité je crois qu'on retrouve beaucoup dans les paysages québécois qui sont quand même un très beau reflet de ce qui se passe à l'intérieur de nous je pense quand on tombe amoureux pour la première fois parce que c'est à la fois lumineux attrayant mais c'est aussi il y a un côté un peu sombre et un peu effrayant en fait c'est vraiment l'inconnu quand on se baigne dans un lac ou si on sait pas exactement ce qu'il y a au fond du lac on sait pas si un truc qui va venir nous choper les pieds et en fait c'est moi c'est un sentiment qui ne me quitte jamais même si j'habite sur le bord d'un lac et que je les connais depuis que je suis toute petite il y a cet ambivalence restera toujours mais c'est quelque chose qui me plaît énormément et qui je trouve vraiment exprime parfaitement ce qui se passe à l'intérieur de soi lorsqu'on tombe amoureux pour la première fois et cette dualité de l'adolescence cette adolescence qui n'est pas un long fleuve tranquille qui était l'image de ce lac que vous avez filmé Charlotte Lebon belle fraîche comme l'eau du lac mais ces deux adolescents ils ont beau regardé loin ils ont beau regardé l'horizon ils n'en voit finalement pas le fond de ce lac extrait de votre film Falcon Lake j'y crois pas trop donc ce sera un fantôme en fait quand j'étais petit j'ai fait une noyer donc voilà les fantômes de l'adolescence quel souvenir vous en gardez vous de ces fantômes vous avez les vôtres oui bien sûr que j'ai bien vous vous avez les vôtres ou pas c'est loin tout ça déjà c'est vrai moi je pense qu'il continue de me hanter mais oui mais en fait moi j'ai une adolescence qui était pas qui était pas particulièrement joyeuse en fait et je pense d'ailleurs que je n'arrivais pas trop à m'identifier dans les films qui sortaient sur l'adolescence qui était très claquant très vibrant très joyeux ou sinon juste innocent et naïf un peu gaucher en fait moi je me retrouve dans un truc où en fait socialement je n'arrivais pas à me trouver je passais d'un groupe à l'autre et j'avais l'impression d'être jamais suffisamment intéressante ou que c'était eux qui étaient pas suffisamment intéressant je sais pas ce que c'était mais je ne me trouvais pas et ce qui est quand même un peu le cœur de l'adolescence c'est quand même de vouloir se trouver au travers du regard des autres donc quand on y parvient pas c'est quand même assez douloureux et ça m'a fait vivre beaucoup de solitude et donc voilà je crois que les fantômes de mon adolescence c'est ça c'est petit fantôme de solitude et c'est ce que dit d'ailleurs Chloé aussi dans le film quand la question lui est posée de son pire cauchemar sapiens elle évoque cette peur de ne pas trouver sa place dans le monde dans cette peur de rester seul toute sa vie ouais je crois que oui bon ok c'est moi c'est moi c'est bon j'avoue c'est moi elle a quelque chose de très elle a quelque chose de très ambivalent de très duel comme vous l'évoquez sur la dualité de l'adolescence tout à l'heure Charlotte Le Bon cette héroïne parce qu'elle a la fois lumineuse éblouissante et en même temps travailler par une une blessure ou quelque chose de très sombre dans sa personnalité est-ce que ça c'est une profession de l'adolescence c'est quoi parce que ça c'est le propre de l'adolescence aussi où est-ce que je sais pas si c'est le propre de tous les adolescents mais en tout cas je crois que c'était le mien puisque moi j'ai été aussi en contact avec la mort très très tôt dans ma vie puisque j'ai perdu mon père quand j'avais 10 ans donc c'est vraiment la porte de l'adolescence la pré-adolescence et c'est quelque chose qui m'a suivi longtemps et j'ai l'impression que c'était quelque chose aussi qui me qui me différencie à des autres et c'est vrai que quand on est jeune on a pas trop envie d'être différent en fait on a envie justement de fiter et je pense que ma façon à moi peut-être de juris deuil et d'en faire quelque chose de joli c'était de me raconter que que mon père me suivait comme un espèce de fantôme bienveillant et qu'il était là près de moi et tout ça mais mais oui il y avait forcément une petite forme de morbidité qui m'a accompagné des médisants et qui me quitte là mais qui me quittent plus en fait parce que parce que le deuil ça c'est pas quelque chose qui qui ces graines avec le temps ça reste là pour toujours en fait c'est juste que ça prend une forme différente oui c'est aussi le moment où la mort s'introduit dans la vie dans un moment en tout cas ce temps de l'adolescence où on essaye déjà d'être soit de vivre de trouver cette force de vie et tout à coup la mort vient se rappeler beaucoup trop tôt à notre mauvais souvenir se dire qu'elle peut exister à tout instant oui et puis c'est aussi on doit faire c'est la mort de l'innocence et la mort de la donnée pour Chloé Chloé le truc c'est qu'elle a un pied dans l'adolescence et un pied dans l'âge adulte et lui il a un pied dans le fond c'est un pied dans l'adolescence donc il se rend compte dans cette petite jonction où tous les deux doivent faire un peu ils essaient de faire le deuil de quelque chose je pense et et mais c'est mais c'est c'est extrêmement vaste et dans ce comme sujet je sais même pas si on en a assez si on a assez de 25 minutes pour en parler ici vous reconnaissez dans cette ce qualificatif pour parler des films sur l'adolescence oui après je le truc c'est que je vais même pas particulièrement fan moi des team movies et même voir des coming ovage et je pense que un des plus beaux compliments qu'on m'a fait sur le film c'était de me dire à moi habituellement je déteste les coming of et les Teen Movie mais j'ai bien aimé votre film donc je sais pas si j'oserais vraiment juste le définir comme une vie parce que les Teen Movie en général ce sont des films qui s'adressent seulement aux adolescents alors que là j'avais l'impression qu'il y a une vraie qualité nostalgique dans le film qui s'adresse un peu à tout le monde en fait c'est un film pour tout le monde c'est un film pour tout le monde on rappelle qu'il sort il sort aujourd'hui et qu'il s'appelle la fin de cadenis et qu'il vient d'obtenir de d'être consacré par le prix de Luc du premier film Charlotte Lebon et notre invité jusqu'à midi et demi [Musique] et l'actualité musicale du jour c'est Rosalia pourquoi Rosalia et l'artiste peuple la plus audacieuse de l'année se demande les Inrock cette semaine à 30 ans la Catalane bousculé les ventes de disques et déplacent les foules pour ces concerts en l'écoute [Musique] [Musique] [Musique] [Musique] extrait de la combi Versace de Rosalia sorti de son troisième album moto mamie elle sera en concert le 18 décembre à l'accord hôtel Arena de Paris et elle ne figure pas au générique de votre film Charlotte leboncoin la musique on sait tous le soin et l'importance que votre compatriote Xavier Dolan accorde à la musique de ses films en composant ses propres playlist comment ou quelle place plutôt vous vous lui avez accordé dans le film sachant qu'on passe à la fois des moments de fête à des moments de silence mais le silence ça s'habille aussi bien sûr oui bah alors pour la musique c'est c'est que de la composition originale parce qu'effectivement on n'avait pas assez d'argent pour pouvoir acheter des morceaux après ce qui s'est passé c'est que durant le montage en montée avec des pièces références qui me plaisaient beaucoup et c'était des choses qui tournaient beaucoup autour de Timber timber ou Agnès Obel ou même Mika Levi qui est une compositrice de cinéma que j'adore et en en fait j'envoyais ces références donc à mes deux compositeurs il y a Shida Chaabi qui est une compositrice irano suédoise et et William Brandon qui est un jeune compositeur québécois et toute la musique a été fait à distance donc ça a été un peu un peu ardu mais en revanche il y avait une vraie volonté de toujours vouloir être un peu en fait à cheval entre l'ombre et la lumière c'est à dire que si j'avais une scène qui était plutôt sombre j'avais envie d'avoir quelque chose d'un petit peu plus lumineux et vice versa si on était sur une scène joyeuse j'aimais bien la ramener vers quelque chose un peu plus mélancolique et donc ça a été vraiment cette espèce de trouver cette espèce de dualité pendant pendant toute la fabrication de la musique et puis et puis pour le son ça a été là je me suis aussi découvert une passion absolue parce que c'est inouïe c'est à dire que évidemment il y a un espèce de sous-monde qui sous-tend tout le film et le son le montachon lui a vraiment permis de lui donner une personnalité une densité en fait on l'entendait dans l'extrait tout à l'heure avec le clapotement le sur ce film que c'est aussi votre enquête une enquête sur le désir et ce qui a des musiques qui font pour vous monter le désir oui mais je vais pas les partager ici peut-être je crois que je crois que The Doors en général ça me fait un petit truc je crois que Jim Morrison il vient il vient réveiller des choses chez moi qui sont pas catholiques c'est noté encore c'est trop cher pour l'instant les Doors on le garde pour pour le film le troisième vous êtes une touchette tout ça tout je vous souhaite une touche à tout le temps commence à déraper peinture dessin photos Charlotte Lebon en vous sent quand même gagné aussi beaucoup par la beauté des images quel qu'est-ce que vous aimez représenter vous serez notamment en parallèle de la sortie en salle du film vous préparez une exposition des lithographie et des illustrations autour de ce Falc surtout des peintures parce que des peintures qui a commencé à la galerie item à Paris et qui va probablement voyager ce sera à Paris en tout cas 22 décembre pourquoi représenter qu'est-ce que vous placez dans l'image dans ce monde du toute image quelles sont les images que vous que vous gardez que vous sélectionnez je pense que ça dépend ça dépend du de l'âme du film que j'ai envie de créer là là c'est vrai que j'étais un peu obsédé par les paysages par les forêts mais c'est drôle parce que ce sont des choses que je peins vraiment beaucoup et je ne sais pas trop pourquoi en fait j'ai l'impression qu'ils sont à l'intérieur de moi ils ont besoin de sortir et je pense que je l'ai peint pour pour essayer de les comprendre donc il y a pas de réponse vraiment précise ce type de question après c'est vrai que pour le film par exemple j'ai été beaucoup beaucoup inspiré par par la peinture romantique par les préraphaélites il y avait quelque chose au niveau des des noirs et des couleurs et des contrastes et aussi la façon dont ils utilisent la nature comme une espèce de force symbolique qui m'a beaucoup inspiré et c'est dans la peinture et dans la photo que vous avez attrapé votre sens du cadre qui est je pense que oui je pense pas au cinéma le cinéma m'a appris la technicité peut-être mais c'est vrai que pour ce qui est de la composition du cadre et tout ça je crois que je crois que oui le fait de toujours souhaiter raconter des histoires à travers les images même si c'était que sur un support de débat ça m'a évidemment aidé on pense à cette scène de la porte quand quand Bastien votre votre héros a un petit peu trop bu et va restituer ce qu'il a ce qu'il a bu pendant la nuit avec ce cabinet de toilette qui trône au milieu de la porte et ce cadre qui est beaucoup plus élargi en réalité là pour vous il y a presque une peinture déjà une photo qui est réalisée je pense qu'au niveau d'éclairs obscurs et tout ça c'est quelque chose qui qui était très très important pour mon chef opérateur et moi et qu'on travaille constamment évidemment beaucoup travaillé en amont là-dessus pour être sûr que de de vraiment d'apporter le plus de beauté possible dans chaque scène mais sans trop tomber non plus dans un espèce d'esthétisme à outrance qui fait qu'à un moment si tout est beau tout le temps en fait ça perd du sens et ça perd de sa force donc même parfois on faisait des plans où mon chef opérateur me disait je trouve ça un peu moche et tout ça je sais même pas grave il faut qu'on ait des plans un peu moches justement pour pouvoir apprécier les plans plus jolis derrière donc est-ce que vous êtes passé par le dessin dans l'écriture du scénario parce qu'en plus vous êtes inspiré d'une bande dessinée en disait celle de Bastien Vivès c'est une adaptation est-ce que votre scénario ressemble aussi à un storyboard alors j'ai il ressemble pas du tout à la BD je pense que l'univers est visuel du film ne ressemble pas du tout vraiment graphique mais mais oui j'ai du storyboard oui juste reborder quelques scènes et au début je partais sur un truc qui était beaucoup trop chiadé c'est à dire que c'était complètement chronophage je prenais beaucoup trop de temps pour faire chaque scène et puis à un moment je me suis rendu compte que que je pouvais vraiment simplifier mon trait j'ai vu des des storyboards qui avaient été dessinés par Jane Campion en fait qui était il y avait un très très décomplexé mais on comprenait tout de suite ce qu'elle souhaitait exprimer à ses équipes et c'est vrai qu'un certain moment quand je me rendais compte que les mots ne suffisait pas je ne suffisait pas je pren du papier un crayon et c'était beaucoup plus simple Jane Campion quand on a réussi son premier film il faut penser déjà au second ah oui ben je pense il est déjà là mon second il est déjà tourné non pas du tout j'aimerais bien maintenant non c'est pas possible pour l'instant dans votre tête il est dans ma tête ouais il sera bientôt sur papier et falconque est à l'écran dès aujourd'hui merci beaucoup Charlotte Le Bon Sébastien qui nous a rejoint aussi plein d'images dans sa tête et le programme de notre boucle aujourd'hui bien on célèbre la gagnante du prix du roman des étudiants France Culture Télérama kaouterrahimi avec elle et les étudiantes et étudiantes ce jury de plus de 1600 lecteurs et continuer à nous dire quel est votre choix à vous #book club culture romans qui étaient en sélection et on reviendra aussi sur ses plaisirs de lecture partagé autour du livre de kaouter hadimi a tout de suite Sébastien il est 12h29 sur France Culture
Frédéric Falcon