Éléonore Caroit, ministre chargée de la Francophonie, est l'invitée politique de la matinale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Éléonor Carois. Bonjour. Vous êtes, on vient de l'entendre, ministre de la francophonie Brigitte Bardau vient de de mourir.
Est-ce qu'elle faisait partie intégrante du patrimoine français de son rayonnement à l'étranger ? Et bien entendu, ce qui est intéressant, c'est de voir les couvertures médiatiques à l'étranger du décès de Brigitte Bardau. Vous voyez que partout on reconnaît cette icône, cette actrice du cinéma français qui a servi à promouvoir le cinéma français bien au-delà de nos frontières, ce cinéma en français et puis aussi cette femme qui s'était engagée dans la cause animale et qui avait aussi été une activiste en français.
Donc clairement, c'est une icône de la francophonie, une personnalité qui a participé au rayonnement de notre langue à travers le monde. Donc c'est c'est Brigitte Bardau, c'est pas seulement le glamour, c'est aussi il faut le souligner quand même he cinq condamnations pour un injure à la haine raciale notamment vis-à-vis des musulmans de France. Est-ce que c'est une facette d'elle dont on parlait aussi à l'étranger ?
Alors, on en parlait moins en réalité et je me suis intéressée à la question parce qu'évidemment on en parle beaucoup en France et c'est normal lorsque euh quelqu'un décède, on regarde un peu toute sa vie, on regarde les aspects euh positifs, les aspects plus négatifs aussi. Et on à l'étranger, on a surtout retenu cette image de de l'actrice de l'actrice dans les années 60 70. Je vois par exemple à Rio de Jan sur la célèbre plage de Busios qui est un peu comme le saint tropé au Brésil.
Et bien une il y a une statue de Brigitte Bardau. Il y a des hommages qui lui sont rendues et on voit beaucoup plus l'actrice que l'on ne s'intéresse à la vie de la femme qui comme vous le dites a certaines aspérités. Donc depuis dimanche effectivement il y a il y a des hommages de personnalité politique qui afflu assez peu d'ailleurs venant des rangs de la gauche.
Éric Sioti lui demande un hommage national. Est-ce que c'est une bonne idée ? Écoutez moi, je pense qu'il faut lui rendre hommage comme nous le faisons aujourd'hui, qu'il faut rappeler ce qu'elle a été, qu'il faut dire et ne pas cacher toutes les facettes de sa personnalité.
Et puis en ce qui me concerne, vous le disiez comme ministre délégué en charge de la francophénie, dire à quel point elle a contribué à promouvoir justement notre langue. Après sur les question plus générale de l'hommage national, moi je pense qu'il y a aussi une recherche parfois de polémique. Je pense que ce qui est important c'est de dire ce qui a été, ce que l'on en ressent puis surtout de voir comment elle est regarder à l'étranger.
Mais on sait que par exemple Jordon, Jean-Paul Belmandau, pour ne citer que ont eu un hommage national et est-ce que ça doit être le même le le même cas pour pour Brigitte Bardau. et il y a énormément d'autres artistes éminemment connus, éminemment célèbres qui n'ont pas eu d'hommage national. Je pense qu'il y a des critères pour cela.
Ce sont des décisions qui sont ensuite prises par le président de la République et puis il le jugera si c'est opportun ou pas. Mais encore une fois, je pense que surtout dans des moments comme aujourd'hui, surtout en pensant aux familles, aux fans, aux personnes qui ont aimé Brigitte Bardau, je pense qu'il faut voir la personne, la personnalité dans son intégralité et je vous dis sous ce prisme de la francophonie, de la diffusion de la culture de la langue française et sur son engagement animal, je pense que vraiment on peut aujourd'hui lui rendre hommage. Alors, vous dites que la francophonie c'est un outil d'influence, mais est-ce que la France n'a pas un peu perdu de son influence dans le monde ?
Je pense notamment à certains pays d'Afrique, le Burkina Faso, le Mali, le Niger pour ne citer que vous avez cité les trois pays dans lesquels on a vu il y a eu une grande instabilité politique, des gintes militaires, il y a eu véritablement des bouleversements qui ont fait que notre rapport avec ces trois pays ont changé. Mais il y a 54 pays en Afrique. Et puis vous parlez en général de l'influence de la France.
Moi je le vois, j'étais député des Français d'Amérique latine et des Caraïbes. L'influence de la France, elle est réelle. Il y a une appétence pour la langue française.
On est 320 millions de locuteurs de français aujourd'hui et on sait qu'en 2050, on sera 700 millions. On voit qu'il y a une croissance de notre langue, de cette influence. C'est une langue d'ailleurs qui n'est pas une langue que qui appartient pas à la France, qui appartient à tous les locuteurs de français et puis sur notre pays, sur son influence.
Évidemment qu'on continue à être influent aussi parce qu'on investit dans le développement solidaire. Euh il y a il y a quand même un autre pays où en tout cas il y a de la tension he notamment avec l'Algérie. Euh les députés algériens viennent d'ailleurs d'adopter une loi déclarant la colonisation française comme un crime d'état et demandant des réparations excuses formelles de la France.
Ce texte est soutenu par le président Teboun. Quelle est votre réponse aux autorités algériennes ? Vous avez raison sur le fait qu'il y a beaucoup de pays avec lesquels les relations sont fluctuantes et les relations peuvent être compliquées.
Et je pense qu'il y a beaucoup qui a été fait au cours des 10 dernières années sur ce travail mémoriel, sur revenir sur notre passé y compris sur le passé colonial sans sans tabou, sans honte, sans en regardant les choses de manière assez claire et lucide. Je signale effectivement que lors de sa campagne de 2017, Emmanuel Macron avait qualifié la colonisation de crimes contre l'humanité évoquant la nécessité d'excuses pour ces actes commis. Mais à ce à ce stade, il y a aucune demande officielle d'excuse n'a été formulée par la France.
Est-ce que Emmanuel Macron pourrait le faire d'ici à la fin de son mandat ? Je vous parler d'un dossier que je connais bien parce que justement député des Français d'Amérique latine et des Caribes sur Haïti par exemple, c'est un c'est un pays avec lequel on a une relation qui est fluctuante, un pays dans lequel il y a aussi un passé colonial. il y a une question d'une dette colonielle et cetera.
Bien aujourd'hui, on regarde cette réalité en face. Il y a un groupe d'historiens qui travaillent sur la question parce que évidemment qu'il y a aussi de l'instrumentalisation qui peut être faite de l'histoire. Il faut regarder les faits comme ils se sont produits et regarder vers l'avant.
Intéressant et sur l'Algérie et sur les autres pays du continent africain avec lesquels on a eu justement cette histoire coloniale qui peut être un peu compliquée, il faut justement la regarder de manière très lucide. Et aujourd'hui, on parle aux jeunesse africaines et vous parliez de ces trois pays avec lesquels on a des relations qui sont distendues. Vous parliez du Mali, du Burkina et du Niger.
Et ben aujourd'hui, on parle quand même aux sociétés civiles sur l'Algérie, est-ce qu'il faut des excuses officielles formelles de la France ? Hein ? Cette nouvelle loi euh faite par les députés algériens le le demande formellement.
Et moi, j'ai pas regardé le contenu de cette nouvelle loi. Donc, je vais pas vous répondre oui ou non sans avoir regardé ce que cette loi demande précisément. Est-ce que cette loi est aussi instrumentalisée ?
Est-ce que cette loi décrit les faits comme ils se sont déroulés ? Mais ce que je peux vous dire de manière plus générale, y compris par rapport à l'Algérie, c'est qu'il faut regarder notre passé, notre histoire commune encore une fois pour ce qu'elle a été et surtout regarder vers l'avenir. Un tout dernier mot sur l'Algérie.
Le journaliste français Christophe Glaise est toujours détenu en prison à Alger depuis près de 20 mois. Je rappelle qu'il a été condamné à 7 ans de prison. Est-ce qu'on peut nourrir un espoir proche d'une libération prochaine ?
Il faut absolument nourrir cet espoir. Et puis moi je pense surtout à la famille de Christophe Glaise, je pense à ses amis, je pense à toutes ces personnes qui attendent avec angoisse de savoir ce qu'il va devenir de de Christophe Gaise et et je peux vous dire que je suis absolument solidaire et que comme ça a été le cas pour Boem Sansal, comme ça a été le cas pour de nombreuses personnes, de nombreux Français qui étaient détenus à l'étranger, et bien vous voyez qu'il y a des libérations qui se font, qu' y a des la diplomatie en fait joue son rôle et donc j'espère que ce sera le cas également pour lui. Deux dernières questions, une sur l'aide publique au développement.
On sait qu'en ce moment la France croule sous la dette et a bien du mal à se doter d'un budget. Or, l'aide publique au développement, ça représente 3,7 milliards. Est-ce que la France peut encore consacrer autant d'argent ?
Ça le problème avec l'aide publique au développement, c'est qu'elle ne porte pas bien son nom. Ça devrait s'appeler investissement solidaire ou investissement durable. Mais en réalité, il y a cette notion d'investissement parce que ce que l'on fait par ce que fait l'Agence française de développement dans 85 % des cas, ce sont des prêts.
Ce sont des prêts qui sont octroyés à des États qui vont construire des grands projets d'infrastructure qui ont donc un impact sur le changement climatique. Le Transgabonnais par exemple, le métro de Saint-Domingue et cetera. Des prêts qui sont remboursés et d'ailleurs cette agence va redonner des de l'argent des des fonds à l'État. en général, elle est extrêmement contrôlée et donc ces investissements, c'est aussi ça qui vous permet d'avoir une influence, c'est ça qui vous permet de peser dans des relations diplomatiques.
Mais par exemple 100 millions versés à l'Éthiopie sur les inégalités de genre hein, c'est ce que révèle un récent rapport parlementaire qui a un peu détaillé les programmes de l'aide publique, l'aide la Com Voilà, comment vous contrôlez tout ça ? Est-ce que ça c'était par exemple essentiel ? Écoutez, ce qu'il faut regarder, c'est est-ce que c'est un prêt ou est-ce que c'est un don ? vraisemblablement un prêt, mais il faudrait que je regarde ce dossier en particulier et surtout il faut vous parliez de manière un peu macro.
Ces 3,7 milliards, ce sont essentiellement nos engagements à l'international dans les instances multilatérales où la France veut et doit peser. On est quand même membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et c'est important qu'on demeure présent dans les institutions internationales qui permettent d'éradiquer des pandémies, qui ont permis par exemple aujourd'hui de faire qu'il y ait plus de polyomélite en France, qui nous permettent par exemple d'avoir les données GPS, qui nous permettent de naviguer. Enfin, on se rend pas compte à quel point ces instances multilatérales sont importantes dans notre vie de tous les jours.
Et par ailleurs, comme je vous le disais, ce sont essentiellement des financements de projet qui ensuite rapportent de l'argent à l'Agence française de développement. Donc regardons les choses de manière plus lucide. Mais oui, je suis d'accord pour conclure, il faut avoir un contrôle accru et d'ailleurs on a lancé une commission de contrôle et d'évaluation et moi je serai très attentive à leurs travaux. 30 secondes sur l'Ukraine, un Moscou accusé hier Kiev d'avoir visé avec des drones l'une des résidences de Vladimir Poutine en en en Russie.
Volimir Zalinski dément toute attaque. Est-ce qu'on peut prêter foi aux accusations de Vladimir Poutine ? À ce stade, on n'a pas d'information sur la véracité de ses propos.
Moi, ce que je peux vous dire en 30 secondes, c'est que la France continuera de soutenir l'Ukraine dans son combat pour la liberté et qu'il ne faut pas rappeler et qu'il ne faut pas oublier, pardon, qui est l'agresseur et quel est le pays qui aujourd'hui refuse incesser le feu et d'arriver à des à des pour parler avec des garanties réelles de sécurité pour les Ukrainiens. Merci beaucoup. et l'honore carro.
Éléonore Caroit