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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 29 mai 2018 5 minActualité / polémiqueImmigration & asileSolidarités & familleInstitutions & élections

MAMOUDOU GASSAMA - UN PARIA SURGIT DEVANT NOS SMARTPHONES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Fait
    « un passant vient au secours de cet enfant de manière hyper spectaculaire et en prenant un risque assez fou »
  • 3:30Fait
    « Emmanuel Macron l'a reçu à l’Élysée, lui a annoncé sa régularisation et son intégration au sein des pompiers du Paris »
  • 4:00Promesse
    « il lui a même proposé de déposer une demande de naturalisation »
  • 5:00Fait
    « On se souvient du petit Aylan Kurdi, 3 ans, retrouvé sur une plage turque et qui est devenu le symbole de la détresse des réfugiés syriens »
  • 7:00Fait
    « des régularisations massives de sans papier avait lieu sans que la submersion que nous promettent les prophètes du grand remplacement n'ait lieu »
  • 9:00Chiffre
    « les immigrés clandestins qui s'usent la vie à travailler gagnent 300 € au noir et envoient 100 € à la leur famille »
  • 10:30Fait
    « 3 exilés ont été retrouvé mort dans les Alpes dans un intervalle de deux semaines, en tentant de rejoindre la France à partir de l'Italie »
  • 11:00Fait
    « une loi Asile Immigration contestée par le Défenseur des Droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme et la quasi totalité des associations spécialisées a été adoptée à l'Assemblée Nationale »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Oui alors je rappelle un peu l'histoire – au cas très hypothétique où - quelques-uns de nos spectateurs n'en n'auraient pas entendu parler, les faits se sont déroulés dans le 18e arrondissement de Paris, samedi dernier. Le voisinage aperçoit un enfant suspendu sur le rebord extérieur d'un balcon au quatrième étage d'un immeuble. Il peut tomber à n'importe quel moment et s'écraser au sol.

C'est alors qu'un passant vient au secours de cet enfant de manière hyper spectaculaire et en prenant un risque assez fou. Plus tard on apprend qu'il s'agit de Mamoudou Gassama, qu'il a 23 ans, qu'il est malien et sans papiers. Ce matin, Emmanuel Macron l'a reçu à l’Élysée, lui a annoncé sa régularisation et son intégration au sein des pompiers du Paris pour ce qui sera sans doute un service civil.

Il lui a même proposé de déposer une demande de naturalisation. C'est une belle histoire. Mais également une histoire ambiguë qui devrait nous interroger, déjà, sur les rapports que notre société du spectacle entretient avec des émotions qui sont sur le moment très fortes, teintées de larmes, ponctuées de buzz.

Mais au final éphémère et sans conséquences sur le long terme. On se souvient du petit Aylan Kurdi, 3 ans, retrouvé sur une plage turque et qui est devenu le symbole de la détresse des réfugiés syriens. Qu'en est il resté ?

Pas grand chose, une fois la vague de bons sentiments passée, L'antipathie ou l'empathie vis-à-vis des exilés n'a pas bougée, la nécessité de prendre en compte les fracas de l'histoire mondiale dans notre compréhension de ce qui peut nous arriver au niveau national. La prise de conscience de la responsabilité de nos États dans le chaos militaire, économique et climatique qui produit les vagues de migration. Rien de tout cela ne structure sérieusement le discours médiatique ou politique.

Après ces événements, On pleure un petit coup, on partage sur Facebook et on se sent bien, on se sent bon. La belle histoire de Mamoudou Gassama doit aussi nous faire réfléchir sur notre regard sur l'héroïsme et les héros : quand on est un sans papier, faut-il être héros pour être régularisé en 2018 en France ? Nous parlons d'un pays où jusqu'en 1999, avec le gouvernement Jospin et Jean-Pierre Chevènement - qui était loin d'être un gauchiste chevelu - des régularisations massives de sans papier avait lieu sans que la submersion que nous promettent les prophètes du grand remplacement n'ait lieu.

Plus on abaisse l'humanité du citoyen ordinaire, plus on élève des héros qui écrasent de leur prestance celui qu'on peut appeler le "pékin lambda". Pour être un peu provocateur, on peut dire : "Tu veux avoir des papiers ? Ok, mais avant, il faut sauver un bébé." Mais au fait c'est quoi un héros ?

Si le voisin ou les pompiers ou quelqu'un d'autre avait sauvé le petit garçon du 18e avant Mamoudou, sa pulsion altruiste initiale lui aurait-elle valu le titre de héros ? Et s'il n'était pas parvenu à sauver l'enfant malgré ses efforts ? Et si son acte n'avait pas été filmé et partagé ?

Si nous ne réussissons pas à prouver notre utilité, sommes nous digne de recevoir la solidarité de la société ? Les immigrés clandestins qui s'usent la vie à travailler gagnent 300 € au noir et envoient 100 € à la leur famille restée au pays, ces anonymes invisibles qui en 2016 - par exemple - participaient à contribuer au PIB du Liberia à hauteur de 29% ou des Comores à hauteur de 21,2 %, sont-ils des héros ou des zéros ? De simples profiteurs qui viennent manger notre pain et accessoirement nous imposer leur mode de vie ?

Nous sommes en France, en 2018, 3 exilés ont été retrouvé mort dans les Alpes dans un intervalle de deux semaines, en tentant de rejoindre la France à partir de l'Italie. Et ceux qui se dévouent pour porter secours à leurs semblables sont susceptibles de se faire harceler voire arrêter et traduire devant les tribunaux pour "délit de solidarité". Nous sommes en 2018, en France, une loi Asile Immigration contestée par le Défenseur des Droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme et la quasi totalité des associations spécialisées a été adoptée à l'Assemblée Nationale.

Et dans cette France de 2018, un de ces parias surgi devant nos smartphones, nous montre qu'il est un homme et qu'en tant que tel, il est capable du meilleur, et nous le baptisons "Spiderman" pour lui donner, - sans trop y penser - des droits qu'on refuse à ceux qui lui ressemblent.